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Voici les sites qui parlent de Outreau : une justice à questionner :

» Faut-il être outré par Outreau ? de Journal d'un avocat
Un peu tard, j'aborde à mon tour ce qu'il est desormais convenu d'appeler l'affaire d'Outreau. l'avocat general Philippe Bilger n'a pas manque de traiter egalement de la question [Lire la suite]

Commentaires

Zouille

Merci pour votre analyse et merci à Gascogne pour son commentaire. j'ai l'impression que depuis cet été, on crie de toute part haro sur les magistrats, tantot trop laxistes, tantot injustement soupçonneux, toujours inefficaces.

Les medias ont répandu de véritables sottises à propos de l'affaire Allègre, ont condamné les accusés d'Outreau alors que l'enquête ne faisait que commencer, sont unanimes aujourd'hui pour condamner la justice.

Une cure de relecture de leurs articles publiés au début de l'affaire d'Outreau ou de l'affaire Allègre serait tout indiquée pour démontrer que les magistrats n'ont pas le monopole du fiasco, puisque fiasco il y a.

Parayre

MERCI !Votre analyse particulierement synthetique me comble par sa justesse , sa mesure autant que son caractère complet .Il me semble , en effet , opportun de rappeler aux médias le rôle " amplificateur " qu'ils ont à l'évidence joué un temps puis oublié, en relatant les audiences du premier procés .Il m'apparait également necessaire de s'interroger sur l'attitude de l'ensemble des magistrats - et non du seul juge d'instruction - ayant eu à connaitre du dossier .Avec vous , je pense que les parquetiers de Boulogne et de Douai comme les juges, conseillers ou présidents ont failli en avalisant au fil de leurs réquisitions ou décisions successives les " préjugés " de leur jeune collegue ...Leur attitude est une illustration de l'inertie de la procedure penale francaise qui fait qu'une fois des mises en examen notifiées , des placements en detention provisoire ordonnés , des appels rejetés , la " locomotive judiciaire "roulent sur des rails démunis d'aguillages conduisant ineluctablement , avec les degâts que l'on sait , à la juridiction de jugement au cours de laquelle enfin , un veritable débat contradictoire permet bien tardivement un reel examen du serieux des charges réunies .Or , cette même inertie dure des mois et des mois au long desquels des individus , leurs familles sont détruits voire broyés sans que quiconque s'en emeuve . Le garde des Sceaux , à la suite de la commission VIOUT , préconise une modification des textes imposant à la chambre de l'instruction - la legislation actuelle le permet déjà - une etude semestrielle et publique de l'évolution de l'information .Très bien mais la cour de Douai aurait pu et même du , saisie à de nombreuses reprises comme elle l'a été , effectuer ce " travail " elementaire qu'elle n'a , à l'évidence pas accompli .Pourquoi s'en est-elle abstenue ? On en revient , comme deja evoqué , à l'inertie qui , subtil mélange de facilité et surtout de solidarité des divers degrés de juridiction , conduit à entériner plus qu'à examiner avec attention les choix , souvent respectables mais cela ne suffit pas ,operés par les magistrats en charge directe du dossier .

Gascogne

Si je vous suit globalement sur l'ensemble du billet, dire par contre que pour éviter un Outreau bis, ça ne dépend que de nous, je ne peux pas être d'accord. Outreau commence avec une floppée de faux témoignages, des condamnés, mais également des victimes. Outreau continue avec des services sociaux qui procèdent à l'établissement de listes apparement discutables, qui s'emballent dans leur signalements, ouvrent les parapluies. Outreau se poursuit avec des enquêteurs qui semblent peu cultiver le sens du doute, difficilement maîtriser l'art subtil de l'audition des mineurs. Outreau s'achèvent avec des juges et des procureurs qui au vu de ces éléments se posent fort peu de questions devant l'invraissemblance de certaines accusations. Outreau s'achèvent avec des médias incapables de se remettre en cause, qui hurlent au réseau pédophile au commencement de ce dossier, pour crier haro sur la justice à la fin, rendant le travail des jurés dans la sérénité impossible : mais qui s'en soucie, puisque le verdict médiatique avait déjà été rendu.
Une enquête pénale ne dépend pas que des magistrats : il faut arrêter de faire croire cette stupidité. En outre, et comme d'habitude, on propose des solutions alors que le corps n'est pas encore froid, la panacée se trouvant dans un "véritable" contrôle des chambres de l'instruction. Qui parle d'en doubler les effectifs ? Qui parle de donner de véritables moyens à la justice ? Qui explique que la limitation actuelle des moyens financiers d'enquête (les frais de justice vont passer de plus de 600 millions d'euros en 2005 à 370 millions en 2006)sont un autre facteur d'Outreau bis ? Qui enfin ose expliquer que si notre système est faillible, il l'est sans doute bien moins qu'un système anglo-saxon, dit de common law, où le juge d'instruction n'existe pas, et les preuves dans un procès sont ramenées par la partie qui en a le plus les moyens ?
Eviter que ce qui s'est passé ne se reproduise est obligatoire. Tomber dans une caricature de justice pour l'éviter serait la véritable catastrophe.

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