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Voici les sites qui parlent de Un passé pas si simple :

Commentaires

Jean-Dominique Reffait pour Cactus

"Et si j'étais né en 17 à Leidenstadt Sur les ruines d'un champ de bataille Aurais-je été meilleur ou pire que ces gens Si j'avais été allemand ?" chante Goldman (qui a bien du mérite à se poser cette question).

Je vous suis pleinement et sans les réserves de mes prédécesseurs. Je trouve dommage seulement que cet aveu ne soit pas intervenu plus tôt : Grass aurait eu alors plus de force pour démontrer la perversité d'un système qui savait prendre un jeune homme gentil pour en faire le complice d'une industrie criminelle. Car toute l'histoire du nazisme est comprise dans cette révélation : sans ces dizaines de milliers de jeunes ou moins jeunes qui, sans être des nazis fanatiques, ont suivi le mouvement par on ne sait quelle quête d'idéal ou de reconnaissance, la tragédie nazie n'aurait pas été possible.
Grass a donc tort de se dédouaner en disant qu'il n'a pas tué, car les tâches qu'il accomplissait permettaient à d'autres de tuer, parce qu'il fut un rouage volontaire dans l'industrie criminelle. Sa stature lui interdit de se comporter comme un Papon.

Non, son autorité morale n'est pas atteinte et pourquoi le serait-elle ? Au nom d'une grave faute commise à 17 ans qu'il a, comme vous le dites, continuellement disséquée dans son oeuvre ? Qui sera le juge ? Ne vaut-il pas mieux profiter de cet éclairage nouveau, et lui savoir gré de l'apporter alors qu'il n'y est pas contraint, pour re-examiner rétrospectivement son travail et son influence ? N'a-t-il pas contribué fortement, dans l'Allemagne des années 60, à faire émerger la conscience enfouie ? Nous apprenons aujourd'hui qu'il s'agissait aussi de sa propre conscience et ça n'en fait guère qu'une de plus ajoutée à des millions d'autres de l'époque. Est-ce que nous nous rendons compte, nous autres français (ou polonais, tchèques), de l'importance considérable de l'oeuvre de Grass en Allemagne? C'est LE grand écrivain, adulé ou détesté mais central.

Et puis que gagnera-t-on à lui faire ce mauvais procès ? Veut-on qu'en Allemagne les esprits qui ont contribué à la catharsis deviennent illégitimes ? Pour faire place à quoi et à qui ?

Parayre

Je partage la majeure partie de votre note mais " l'affaire Günter Grass " ne concerne pas tant l'engagement volontaire dans les Waffen SS de cet écrivain que sa révélation tardive ...

Pourquoi cette procrastination alors même que l'intéressé , depuis de longues années , se montre intraitable et donneur de leçons ?

Remémorons-nous qu'il avait vertement critiqué le Président Reagan et le Chancelier Kohl lorsque ces derniers s'étaient rendus ensemble au cimetière de Bitburg motif pris qu'y étaient inhumés , certes aux côtés de soldats américains et allemands , des membres de la Waffen SS ...

Pour paraphraser Shakespeare - in Roméo et Juliette - sa confession équivoque me parait mériter une absolution équivoque .

koz

"Je n'apprendrai rien à ceux qui me font le plaisir de me lire en disant que je n'aime pas le personnage d'Arno Klarsfeld"

Marrant : je n'avais pas besoin que vous l'écriviez pour en être parfaitement certain.

Comme vous (mais j'extrapole peut-être un peu), bien que l'angélisme de certaines associations, leur absence d'exposé clair de leur vision de l'immigration, et les outrances de certaines, m'amèneraient volontiers à défendre, par action-réflexe, la politique de Nicolas Sarkozy, le choix d'Arno Klarsfeld m'atterre.

Je partage votre appréciation de la CIMADE. On peut ne pas être d'accord avec leurs positions, mais elle les exprime sincèrement et avec une honnêteté que je ne reconnaitrais pas au "RESF" et à ses positions idéologiques.

Sarkozy l'a choisi par "pure tactique" mais, précisément, je crains que ce ne soit un choix tactiquement erroné qui ne fait qu'appuyer les reproches faits à Sarko de privilégier la com' à l'action. Je l'avais déjà écrit mais Klarsfeld, le people-paillette est pour moi l'archétype de la superficialité.

En ce qui concerne Günter Grass, je suis partagé. Je citerais volontiers une phrase découverte récemment et qui m'est chère :

"les bonnes consciences que l'on polit sur l'infamie des autres me font horreur" (H. Denoix de Saint-Marc)

Ceci étant, l'absence d'explication donnée par Günter Grass au motif qu'elle se trouve dans son livre me dérange un peu. Je veux bien comprendre que certaines choses méritent une explication écrite, mieux formulée, pensée, argumentée, mais la situation appellerait tout de même quelques commentaires. Au moins assumera-t-il lui-même les conséquences de cette révélation, plutôt que d'espérer l'emporter dans sa tombe. Au risque, d'ailleurs, qu'un historien ou un journaliste, ne viennent la ressortir lorsqu'il ne sera plus là pour se défendre.

En somme, je reste partagé, incapable d'avoir un avis sur la sincérité la démarche de Grass.

jules (de diner's room)

Votre jugement sur Günter Grass, emprunt de pardon, fait tout de même l'économie de la stature morale du personnage.

Il n'a pas dédaigné les honneurs, et les a recherché, même. Et il s'est érigé en modèle, à sa façon.

Vous vous plaignez des professeurs de morale - moraliste est un abus de langage, ici - mais Günter Grass en était un. Il n'est pas si injuste que ses élèves lui en demandent compte aujourd'hui.

Patere legem quam ipse fecisti, en quelque sorte.

Au reste, le premier juge de Günter Grass sur ses actes est bien lui-même, qui s'est abstenu de faire état de son histoire, et a menti même.

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