Et alors ?
On sait maintenant qu'à cause de cette liberté d'expression dont il a usé - et ce n'est pas la première fois que dans ce quotidien il voit et vise juste - il est gravement menacé, qu'il doit être protégé et que le journal ayant osé accomplir sa mission d'informer et de faire réfléchir s'est vu interdire dans deux pays au moins. Redeker en est réduit à évoquer "sa situation personnelle catastrophique" et les craintes légitimes qu'il nourrit sur son sort et, je le suppose, sur celui de ses proches. Quelle naïveté de sa part de n'avoir pas perçu que dire le vrai, en ces temps de folie religieuse, allait inéluctablement lui créer de dramatiques désagréments ! Il a assumé le risque et il a bien fait. On a besoin d'êtres et d'intelligences de cette trempe, qui ne plient pas.
Dans quel monde vit-on pour qu'en aval, devant l'inadmissible, il y ait certes des réactions mais modérées, tièdes, ménageant la chèvre et le chou ? Le ministre de l'Education nationale fait part de sa solidarité mais rappelle l'obligation de réserve des enseignants comme s'il n'était pas indécent de mettre sur le même plan ces menaces et la prétendue absence de retenue de Robert Redeker. Hier, à LCI, un commentaire sur cette affaire n'a pas été loin d'en faire porter la responsabilité sur l'auteur de l'article.
Il n'y a que le Figaro, ce matin, qui dans un rappel solennel signé conjointement par Nicolas Beytout et Francis Morel met en exergue l'atteinte dévastatrice causée et à un principe et à la liberté humaine. Et c'est heureux. Mais est-ce suffisant ?
Va-t-on longtemps encore, devant une stratégie mise en oeuvre par quelques fanatiques de l'islam, courber le dos, presque se repentir des offenses qu'on nous cause et, en définitive, perdre la partie dans ce combat du droit contre l'étouffement, de la parole et de l'écrit souverains contre la haine et l'obscurantisme ? Un processus est déjà enclenché qui risque de ruiner mortellement ce à quoi nous tenons. L'insupportable, à force d'être répété sans être véritablement défait ni même sérieusement contesté, acquiert une sorte de légitimité perverse qui met les démocrates en position de retraite. On peut qualifier celle-ci noblement, avec toute la pompe d'un humanisme abstrait, il n'en demeure pas moins que nous sommes dominés et vaincus à tout coup. Parce que la violence, loin de susciter notre résistance , est dorénavant accueillie comme une sorte d'évidence fatale. Ils sont devenus les plus forts parce que notre faiblesse n'était pas la tactique d'un instant mais l'épuisement d'une société amollie et lassée.
Quelle que soit leur tonalité politique et intellectuelle, si on ne soutient pas les courages et les singularités, ceux qui portent haut le devoir de ne pas se taire, on sera coupable de non-assistance à démocratie en danger. Ce n'est pas parce que les autres religions nous ont habitué à leur tolérance face aux agressions que nous devons faire preuve de résignation devant l'intolérance aux multiples effets, manifestée par une minorité excitée de l'islam.
Il y a tant de comités de soutien ridicules qui se créent qu'on en voudrait un immense et pluraliste en faveur de Robert Redeker et de ce qu'il a porté en notre nom.
Un intrépide, vite, pour que je signe.
OUI, Marcel, des options religieuses ou culturelles différentes doivent pouvoir coexister pacifiquement au sein d’un même pays. Je ne suis pas très érudite sur l’islam mais faut-il le confondre avec l’ islamisme ? Évidemment, écrivant cela , je vous sens sourire, avec d’autres, de ma supposée naïveté " humanitaire ". Mais les mots sont aussi faits pour différencier et hiérarchiser les choses.
Sur la même page du Figaro du 19 septembre, il y a un texte d’A. Sfeir. IL est bon, me semble t-il de le lire également.
Maintenant , NON, je n’approuve pas une collectivité locale qui aménage des horaires dans les piscines exclusivement pour les femmes. Car vivre en France implique de respecter un principe de Laïcité, des valeurs républicaines et d’accepter, sans aucune condition, la liberté les femmes.
Pour revenir à l’article de M. Redeker, pourquoi a t-il écrit que l’interdiction du string à Paris-Plage est une " soumission plus ou moins consciente aux diktats de l'islam " ? Il me semble que ce sont plus l‘air du temps et un certain puritanisme des esprits qui soient à l‘origine de cette interdiction.
Allez-vous à la mer, Marcel ? Depuis quelques années, de moins en moins de femmes enlèvent le haut et de plus en plus d’entre elles hésitent à le faire . Est-ce en raison " d'une soumission inconsciente aux diktats de l’islam et de l’islamisme ? " Ou n'est-ce pas plutôt les temps qui changent ?
Pour finir, je renouvelle mon soutien entier à Philippe et à R. Redeker qui a le droit absolu d‘écrire ce qu‘il pense.
Rédigé par : Véronique Raffeneau pour Marcel | 02 octobre 2006 à 18:02
http://www.gaucherepublicaine.org/
...on peut avoir une sensibilité de droite et se retrouver d'accord sur ce point avec la gauche républicaine et laïque...
Merci à Marcel P. et Jean-Dominique R.pour la très grande qualité de leur intervention: j'ai beaucoup appris et les en remercie... comme les autres intervenants, d'ailleurs !
Rédigé par : sbriglia | 02 octobre 2006 à 17:50
Merci M.Bilger pour cet article. M. Redeker est actuellement lâché par son ministre de tutelle. Aujourd'hui la liberté d'opinion est bafouée dans notre pays ainsi que la liberté d'aller et venir d'un homme. Je trouve ça fort inquiétant. L'intervention du président du culte musulman me semble être une urgence.
Rédigé par : NPC | 02 octobre 2006 à 17:11
Ah j'oubliais ! Comme on dit chez nous :
Si la religion n'existait pas, il ne faudrait pas l'inventer.
Rédigé par : asteroid257 | 02 octobre 2006 à 13:32
Pour Bulle, vous écrivez:
"Comment peut-il affirmer tant d'inexactitudes sur l'islam en les mêlant à d'exacts comportements islamistes ?"
Sans qu'il soit besoin d'examiner le bien-fondé de ce que Monsieur Redeker a écrit je pense qu'on peut tous être d'accord pour considérer que les menaces dont il fait l'objet ne pourront jamais être justifiées.
Peut-être se trompe-t-il, peut-être a-t-il blessé des Musulmans à travers cet article.
Mais dans ce cas, pourquoi ne pas lui répondre avec les même moyens que ceux qu'il a employés ?
Pourquoi d'autres intellectuels musulmans ou pas ne lui répondent-ils pas à travers d'autres articles. Je suis sûr que le Figaro serait tout disposé à publier cette réponse.
Comment peut-on justifier de telles menaces ?
Pourquoi ceux qui se sentent blessés ne lui intentent pas un procès pour obtenir réparation du préjudice subi ?
Bref, il y a tellement de moyens pour répondre, contredire ce qu'untel écrit qu'on n'imagine pas possible d'en arriver à de telles extrémités.
Le pire ? C'est que ceux qui profèrent ces menaces risquent de discréditer tous ceux qui, musulmans modérés (vrais musulmans pourrait-on dire ?), n'ont rien à voir avec ces fanatiques.
Rédigé par : asteroid257 | 02 octobre 2006 à 13:24
Non, Marcel, non ! Certes, ce n'est pas le sujet que développe Philippe dans sa note, mais enfin, je ne laisse pas passer des interprétations fausses.
J'ai écrit que le christianisme n'avait pas besoin de se référer à une queconque violence dans la mesure où il s'est développé sur un terreau monothéiste. Ce qui rend le judaïsme et l'islam très proche, ce sont les conditions de leur naissance : tous deux sont nés dans un environnement païen et avaient donc besoin d'imposer le dieu unique, contrainte qui ne s'est pas imposée au Jésus de Palestine déjà monothéiste. Mais, dès l'instant où les chrétiens se sont retrouvés en force confrontés au paganisme, la violence a aussitôt commencé. La violence est consubstantielle au monothéisme.
Mahomet théorise davantage le concept de communauté politico-religieuse, sous-jacent dans l'Ancien Testament et mis en pratique dans l'Empire romain avec Constantin. Il n'invente rien, ni la guerre de conquête, ni l'exclusion des autres, ni les règles morales, mais, arrivant 6 siècles après dans une société familiarisée à l'écrit, il le couche noir sur blanc. La violence de ses conquêtes correspond à l'esprit du temps. Se souvenir de la brutalité effrayante des croisades ou de la reconquista espagnole. A l'époque, partout on égorgeait sans discuter.
Aujourd'hui les musulmans vivent dans une double terreur : terreur intellectuelle d'un entourage jamais sûr (voir la tyrannie religieuse exercée par de jeunes hommes sur leur famille) et terreur métaphysique (s'opposer à l'intégriste, n'est-ce pas offenser dieu?). Nous sommes donc dans une situation totalement comparable à celle que vivaient les florentins avec Savonarole, les genevois avec Calvin ou encore les espagnols avec Torquemada et l'inquisition. Eh oui, l'islam a un décalage de 600 ans et vit son moyen-âge, c'est pas facile pour eux.
Un peu partout émergent des groupes de musulmans laïcs (www.manifeste.org) et qu'il faut soutenir.
La solution viendra du monde musulman et du soutien effectif que nous pourrons apporter aux éléments les plus progressistes de cette communauté. Par la force des choses, le moyen-âge musulman durera moins longtemps que le nôtre.
En conclusion, je recommande la lecture savante mais réjouissante du livre d'Israel Finkelstein "La Bible dévoilée", où l'archéologie nous démontre que Yahvé était, à l'origine, une sorte de Zeus juif, avec une femme, Eshera, et avec une multitude d'autres divinités associés. La foutaise de la révélation explose en vol.
Rédigé par : Jean-Dominique Reffait | 02 octobre 2006 à 12:09
Jean-Dominique, vous dites que « le monde musulman ne met pas nos libertés en péril : la liberté des musulmans est la première qui soit sacrifiée sur l'autel de la religion, les victimes de l'intégrisme musulman sont les musulmans eux-mêmes. Un récent sondage nous montre que [...] »
Les sondages récents nous promettaient un second tour Chirac / Jospin. Les sondages récents n'engagent que ceux qui y croient.
Le fait est qu'en l'état actuel des choses, le monde musulman met nos libertés en péril. Avez-vous vu Dalil Boubakeur, par exemple, accourir à la défense de la liberté d'expression ? Avez-vous vu le monde musulman en Europe défendre la liberté d'expression des Danois, ou avez-vous vu des manifestations où des individus scandaient des « après le 9/11, c'est le tour de l'Europe » ? Avez-vous vu notre propre société imposer la liberté d'expression comme droit inaliénable, ou avez-vous vu la chaîne de magasin Carrefour revendiquer, dans les pays musulmans, dans ses magasins le fait de boycotter les produits danois ?
Vous dites que les musulmans sont les premières victimes des intégristes. Il serait bon que l'absence de consentement de leur part se manifeste.
Lorsque le Front National dans les années 1990 louait le Palais des Congrès à Strasbourg, Catherine Trautmann, alors maire, ne lui refusait pas la liberté d'expression. Non, elle organisait une manifestation. Elle respectait le droit de quelqu'un dont elle ne partageait pas les idées, elle respectait le sens de son mandat de maire en ne l'abusant pas, elle prenait position en tant que citoyenne, pour ne pas rester les bras croisés devant ce parti ni pratiquer de terrorisme intellectuel.
Tant que le monde musulman ne clarifiera pas son rapport avec ses dangers, on sera contraint de suspecter le danger partout. C'est dommage mais il n'existe aucun moyen objectif (certainement pas un sondage) pour faire le tri, pour savoir qui soutien quoi et comment.
Vous dites aussi « L'Islam n'est ni plus ni moins violent que le judaïsme ou le christianisme : il est de même nature ». Pour ma part, j'observe que : le Dieu de l'Ancien Testament, le dieu juif donc, est un dieu vengeur prêt à exterminer tous les enfants d'Egypte ; Jésus-Christ, a contrario, est un non-violent patenté, refusant de prendre les armes face aux Romains, au dépit de nombreux juifs qui espéraient voir là la venue d'un nouveau chef de guerre, un nouveau messie, ne se contentant pas de la bonne parole mais d'actes face aux Romains tel Moïse face aux Égyptiens (d'où le choix de Barrabas : non pas parce qu'il était sympa, mais par la haine que suscitait la déception de ce messie pacifiste). Je constate qu'il a fallu longtemps avant que des chrétiens puisse faire de bons soldats, prennent des armes (sans doute l'idéal de non-violence était-il intenable à long terme ; à force de tendre l'autre joue, on risque de disparaître). Je constate que Mahomet de son côté n'eut aucun mal à prendre les armes et à ne pas laisser à César ce qui lui appartient, c'est à dire à d'emblée revendiquer un pouvoir temporel et non simplement spirituel - il fit ce que nous avons précisement rejeté en développant le concept de laïcité. Je constate que la vision du paradis qu'il propose repose sur le charnel que le christianisme dénigra en bloc, promettant moultes vierges pour ceux tombant les armes à la main. On peut certes comparer l'idéologie de l'Islam à certaines formes du christianisme, à son évolution sur les questions militaires au fil du siècle - après tout, se croiser, n'était-ce pas la garantie d'un avenir céleste ? On ne se surprend guère que l'Islam, néanmoins, rejeta le christianisme, prenant la concept de la trinité pour preuve de corruption.
Si l'on retire au judaïsme le droit de régir la vie de tous, si on le cantonne à la sphère privée, il reste la religion des juifs - du moins des juifs qui ne sont pas athées.
Si l'on retire au christianisme le droit de régir la vie de tous, si on le cantonne à la sphère privée, il reste l'image du christ non-violent doué du talent de pardonner.
Que reste t-il de l'Islam si on impose au musulman d'être plus « soumis » dans la sphère publique à autrui qu'à dieu ?
Toutes les religions appellent à l'orthodoxie. Toutes, sans doute, fonderaient des théocraties, si elles le pouvaient.
Mais il serait trop simple de croire que toutes puissent avoir le même rapport à la laïcité.
Ca n'est pas chic à dire, j'en conviens, ça bafoue l'égalitarisme absolu, mais le monde musulman sur ce point doit encore se déterminer. Le flou a un arrière-goût de statu quo trop important pour qu'il ne paraisse pas menaçant.
Rédigé par : Marcel Patoulatchi | 02 octobre 2006 à 09:27
C'est avec beaucoup d'intérêt que j'ai lu sur le net l'article de Robert Redeker, après avoir appris quelles réactions il avait suscitées.
S'il m'est permis de paraphraser Voltaire, voici ce que cet article m'a inspiré : "Je ne suis pas d'accord avec ce que vous dites, Monsieur Redeker, mais je suis prêt à me battre pour que vous puissiez continuer à le dire. Ce n'est pas d'aujourd'hui que je pense que l'Europe devrait inscrire dans son droit, non pas une transposition littérale, mais un équivalent conforme à nos propres traditions du premier amendement de la Constitution américaine; et je pense, à titre personnel, que le droit de s'exprimer doit inclure le droit à l'invective, le droit à l'erreur et le droit à l'excès, que certaines législations nationales trop bien intentionnées protègent insuffisamment (au fait, où est la pétition pour rappeler à la Commission Européenne que cette tâche devrait avoir pour elle la priorité sur bon nombre d'autres?). Cependant, Monsieur Redeker, vous ne verrez pas d'inconvénient, je pense, à ce que, tout en m'associant à tous ceux qui condamnent sans ambiguïté les auteurs de menaces contre vous, je vous fasse part du peu d'estime que vous m'inspirez, pour avoir rendu un aussi mauvais service à la cause que vous prétendez défendre?
Ainsi vous souhaitiez souligner que les activistes islamistes ne tolèrent même pas la critique la plus modérée de l'Islam: dans ce cas, écrire un texte que non seulement aucun musulman, non seulement aucune personne originaire d'un pays de culture musulmane, mais même aucune personne s'étant sérieusement intéressé à l'histoire de l'Islam ne pourra manquer de juger grossièrement partisan et stupidement injurieux envers le fondateur de cette religion, et ensuite prendre l'opinion à témoin que non seulement les esprits les plus échauffés réclament votre tête- résultat que, vous le savez aussi bien que quiconque, vous auriez pu obtenir en dix fois moins de mots- mais que la majorité des musulmans répugne à sembler apporter son soutien à un texte rendu sciemment inacceptable même par les plus oecuméniques d'entre eux, quelle forte démonstration!
Et comme vous êtes bien fondé à stigmatiser l'embarras de la réaction de l'Education Nationale, après avoir rendu publique, tout en vous réclamant de votre appartenance à celle-ci, une profession de foi ausssi radicalement incompatible avec l'idée de laïcité!
Si votre but -je ne suppose pas que ce soit le cas- avait plutôt été de fournir, par l'argument du trouble à l'ordre public que vous ne pouviez pas douter de provoquer en réaction à votre article, des armes aux rédacteurs du projet de loi récemment déposé contre le blasphème, on aurait pu dire que c'était bien joué.
Mais si vraiment c'est de la liberté d'expression que vous vous souciez, elle vous remercie, Monsieur, mais elle se passe fort bien de défenseurs tels que vous.
J'espère que la police et la justice de notre pays feront preuve de l'efficacité qui convient pour mettre les auteurs des menaces de mort qui vous visent face à leurs responsabilités pénales, tout en souhaitant qu'aucun excès de zèle de ces deux institutions ne vous fasse courir le risque que vous soyez privé du bénéfice de la classique culpédothérapie dont à mon humble avis votre cas relève, et dont, j'en suis sûr, tout sincère partisan de la liberté d'expression et de la laïcité est prêt à vous apporter le réconfort".
Rédigé par : Rolland Barthélémy | 02 octobre 2006 à 04:06
M. Bilger m'a fait remarquer que traiter de "saloperie" l'article de M.Redeker sans justifier ce jugement allait à l'encontre de l'exigence de qualité dont je parlais. Mea culpa.
J'ai trouvé cet article mauvais pour plusieurs raisons. D'abord, il laisse transparaître l'ignorance de M. Redeker quant à l'objet de sa critique. "Exaltation de la violence : chef de guerre impitoyable, pillard, massacreur de juifs et polygame, tel se révèle Mahomet à travers le Coran" nous dit l'auteur. Or si vous ouvrez le Coran, vous ne trouverez pas grand-chose sur Mahomet. C'est la "Sunna" qu'il faut consulter pour connaître l'histoire de ce personnage. Il y apparaît certes parfois comme extraordinairement violent, notamment lors de l'époque médinoise; mais on ne peut pas arrêter là son portrait. Le prophète de l'islam est aussi présenté dans la Sunna comme un grand homme de foi, sensible et humain.
Ensuite, cet article pue la peur et la paranoïa. "Les adversaires de ce «monde libre», fonctionnaires zélés de l'oeil du Coran, pullulent en son sein". Quelle rhétorique! On se croirait dans un livre de Philip K. Dick. A lire Redeker, il y aurait un grande organisation internationale djihadiste qui voudrait faire plier l'Europe à ses diktats. Or il n'y a que quelques illuminés qui veulent faire disparaître l'Occident, et ces gens-là se trouvent dans leur majorité au Moyen-Orient.
Plus que sur la raison, cet article fonctionne sur l'affect, comme l'atteste son ton haineux, qui contraste fortement avec ce qu'on est en droit d'attendre d'un homme de culture. "Une foule hystérisée flirtant avec la barbarie": voici la description à peine malveillante que M. Redeker donne du pèlerinage à la Mecque. Il semble oublier que la ferveur religieuse offre parfois des scènes de violences ailleurs qu'en terre d'islam : les crucifiés dans les Philippines, par exemple.
Ceci dit, que l'on puisse se trouver exposé à des représailles comme M. Redeker parce qu'on émet des opinions critiquables est bien sûr intolérable. J'ai trouvé son article détestable, mais ce qui lui arrive est infiniment plus détestable, étant bien précisé que les menaces viennent de loin, de quelques "fous de dieu" prêts à tout, et que les policiers qui l'entourent ne sont pas là pour le protéger d'une vindicte émanant de la population musulmane établie en Europe.
Rédigé par : Julien | 01 octobre 2006 à 22:04
Bonjour,
Je crois que, dans l'"affaire" Redeker, il faut bien distinguer deux choses :
1) Le contenu de ce qu'il a écrit dans le Figaro, que je ne partage pas.
2) Le fait qu'un groupuscule de personnes puisse, dans notre pays de tolérance qu'est la France, condamner à mort un citoyen pour ce qu'il dit ou écrit, sans que nos autorités politiques s'en émeuvent plus que cela. C'est ce deuxième point que je trouve inadmissible (la mort contre un écrit) et c'est à ce titre que je soutiens Robert Redeker, alors même que, encore une fois, je ne partage pas ce que certains taxent chez lui d'islamophobie.
Cordialement à tous,
Lumiel.
Rédigé par : Lumiel | 01 octobre 2006 à 18:53
Un autre texte, la préface du Traité théologico-politique de Spinoza, paru en 1670 (extraits)
-----------
Si les hommes étaient capables de gouverner toute la conduite de leur vie par un dessein réglé, si la fortune leur était toujours favorable, leur âme serait libre de toute superstition. Mais comme ils sont souvent placés dans un si fâcheux état qu’ils ne peuvent prendre aucune résolution raisonnable, comme ils flottent presque toujours misérablement entre l’espérance et la crainte, pour des biens incertains qu’ils ne savent pas désirer avec mesure, leur esprit s’ouvre alors à la plus extrême crédulité ; il chancelle dans l’incertitude ; la moindre impulsion le jette en mille sens divers, et les agitations de l’espérance et de la crainte ajoutent encore à son inconstance. Du reste, observez-le en d’autres rencontres, vous le trouverez confiant dans l’avenir, plein de jactance et d’orgueil.
Ce sont là des faits que personne n’ignore, je suppose, bien que la plupart des hommes, à mon avis, vivent dans l’ignorance d’eux-mêmes ; personne, je le répète, n’a pu voir les hommes sans remarquer que lorsqu’ils sont dans la prospérité, presque tous se targuent, si ignorants qu’ils puissent être, d’une telle sagesse qu’ils tiendraient à injure de recevoir un conseil. Le jour de l’adversité vient-il les surprendre, ils ne savent plus quel parti choisir : on les voit mendier du premier venu un conseil, et si inepte, si absurde, si frivole qu’on l’imagine, ils le suivent aveuglément. Mais bientôt, sur la moindre apparence, ils recommencent à espérer un meilleur avenir ou à craindre les plus grands malheurs. Qu’il leur arrive en effet, tandis qu’ils sont en proie à la crainte, quelque chose qui leur rappelle un bien ou un mal passés, ils en augurent aussitôt que l’avenir leur sera propice ou funeste ; et cent fois trompés par l’événement, ils n’en croient pas moins pour cela aux bons et aux mauvais présages. Sont-ils témoins de quelque phénomène extraordinaire et qui les frappe d’admiration, à leurs yeux c’est un prodige qui annonce le courroux des dieux, de l’Être suprême ; et ne pas fléchir sa colère par des prières et des sacrifices, c’est une impiété pour ces hommes que la superstition conduit et qui ne connaissent pas la religion. Ils veulent que la nature entière soit complice de leur délire, et, féconds en fictions ridicules, ils l’interprètent de mille façons merveilleuses.
On voit par là que les hommes les plus attachés à toute espèce de superstition, ce sont ceux qui désirent sans mesure des biens incertains ; aussitôt qu’un danger les menace, ne pouvant se secourir eux-mêmes, ils implorent le secours divin par des prières et des larmes ; la raison (qui ne peut en effet leur tracer une route sûre vers les vains objets de leurs désirs), ils l’appellent aveugle, la sagesse humaine, chose inutile ; mais les délires de l’imagination, les songes et toutes sortes d’inepties et de puérilités sont à leurs yeux les réponses que Dieu fait à nos vœux. Dieu déteste les sages. Ce n’est point dans nos âmes qu’il a gravé ses décrets, c’est dans les fibres des animaux. Les idiots, les fous, les oiseaux, voilà les êtres qu’il anime de son souffle et qui nous révèlent l’avenir.
Tel est l’excès de délire où la crainte jette les hommes. La véritable cause de la superstition, ce qui la conserve et l’entretient, c’est donc la crainte.
[…]
De l’explication que je viens de donner de la cause de la superstition, il résulte que tous les hommes y sont naturellement sujets (quoi qu’en disent ceux qui n’y voient qu’une marque de l’idée confuse qu’ont tous les hommes de la Divinité). Il en résulte aussi qu’elle doit être extrêmement variable et inconstante, comme tous les caprices de l’âme humaine et tous ses mouvements impétueux, enfin qu’il n’y a que l’espérance, la haine, la colère et la fraude qui la puissent faire subsister, puisqu’elle ne vient pas de la raison, mais des passions et des passions les plus fortes. Ainsi donc, autant il est facile aux hommes de se laisser prendre à toutes sortes de superstitions, autant il leur est difficile de persister dans une seule ; ajoutez que le vulgaire, étant toujours également misérable, ne peut jamais rester en repos ; il court toujours aux choses nouvelles et qui ne l’ont point encore trompé ; et c’est cette inconstance qui a été cause de tant de tumultes et de guerres. Car ainsi que nous l’avons déjà fait voir, et suivant l’excellente remarque de Quinte-Curce (liv. VI, ch. 18) ; " Il n’y a pas de moyen plus efficace que la superstition pour gouverner la multitude. "
[…]
Mais si le grand secret […] c’est de tromper les hommes et de colorer du beau nom de religion la crainte où il faut les tenir asservis, de telle façon qu’ils croient combattre pour leur salut en combattant pour leur esclavage, et que la chose du monde la plus glorieuse soit à leurs yeux de donner leur sang et leur vie pour servir l’orgueil d’un seul homme, comment concevoir rien de semblable dans un État libre, et quelle plus déplorable entreprise que d’y répandre de telles idées, puisque rien n’est plus contraire à la liberté générale que d’entraver par des préjugés ou de quelque façon que ce soit le libre exercice de la raison de chacun ! Quant aux séditions qui s’élèvent sous prétexte de religion, elles ne viennent que d’une cause, c’est qu’on veut régler par des lois les choses de la spéculation, et que dès lors des opinions sont imputées à crime et punies comme des attentats. Mais ce n’est point au salut public qu’on immole des victimes, c’est à la haine, c’est à la cruauté des persécuteurs. Que si le droit de l’État se bornait à réprimer les actes, en laissant l’impunité aux paroles, il serait impossible de donner à ces troubles le prétexte de l’intérêt et du droit de l’État, et les controverses ne se tourneraient plus en séditions.
Or ce rare bonheur m’étant tombé en partage de vivre dans une république où chacun dispose d’une liberté parfaite de penser et d’adorer Dieu à son gré, et où rien n’est plus cher à tous et plus doux que la liberté, j’ai cru faire une bonne chose et de quelque utilité peut-être en montrant que la liberté de penser, non seulement peut se concilier avec le maintien de la paix et le salut de l’État, mais même qu’on ne pourrait la détruire sans détruire du même coup et la paix de l’État et la piété elle-même. Voilà le principe que j’ai dessein d’établir dans ce Traité. Mais pour cela j’ai jugé nécessaire de dissiper d’abord divers préjugés, les uns, restes de notre ancien esclavage, qui se sont établis touchant la religion, les autres qu’on s’est formés sur le droit des pouvoirs souverains. Nous voyons en effet certains hommes se livrer avec une extrême licence à toutes sortes de manœuvres pour s’approprier la plus grande partie de ce droit et, sous le voile de la religion, détourner le peuple, qui n’est pas encore bien guéri de la vieille superstition païenne, de l’obéissance aux pouvoirs légitimes, afin de replonger de nouveau toutes choses dans l’esclavage.
[…]
Je me suis souvent étonné de voir des hommes qui professent la religion chrétienne, religion d’amour, de bonheur, de paix, de continence, de bonne foi, se combattre les uns les autres avec une telle violence et se poursuivre d’une haine si farouche, que c’est bien plutôt par ces traits qu’on distingue leur religion que par les caractères que je disais tout à l’heure. Car les choses en sont venues au point que personne ne peut guère plus distinguer un chrétien d’un Turc, d’un juif, d’un païen que par 1a forme extérieure et le vêtement, ou bien en sachant quelle église il fréquente, ou enfin qu’il est attaché à tel ou tel sentiment, et jure sur la parole de tel ou tel maître. Mais quant à la pratique de la vie, je ne vois entre eux aucune différence. En cherchant la cause de ce mal, j’ai trouvé qu’il vient surtout de ce qu’on met les fonctions du sacerdoce, les dignités, les devoirs de l’Église au rang des avantages matériels, et que le peuple s’imagine que toute la religion est dans les honneurs qu’il rend à ses ministres. C’est ainsi que les abus sont entrés dans l’Église, et qu’on a vu les derniers des hommes animés d’une prodigieuse ambition de s’emparer du sacerdoce, le zèle de la propagation de la foi se tourner en ambition et en avarice sordide, le temple devenir un théâtre où l’on entend non pas des docteurs ecclésiastiques, mais des orateurs dont aucun ne se soucie d’instruire le peuple, mais seulement de s’en faire admirer, de le captiver en s’écartant de la doctrine commune, de lui enseigner des nouveautés et des choses extraordinaires qui le frappent d’admiration. De là les disputes, les jalousies ; et ces haines implacables que le temps ne peut effacer. Il ne faut point s’étonner, après cela, qu’il ne soit resté de l’ancienne religion que le culte extérieur (qui en vérité est moins un hommage à Dieu qu’une adulation), et que la foi ne soit plus aujourd’hui que préjugés et crédulités. Et quels préjugés, grand Dieu ? Des préjugés qui changent les hommes d’êtres raisonnables en brutes, en leur ôtant le libre usage de leur jugement, le discernement du vrai et du faux, et qui semblent avoir été forgés tout exprès pour éteindre, pour étouffer le flambeau de la raison humaine. La piété, la religion, sont devenues un amas d’absurdes mystères, et il se trouve que ceux qui méprisent le plus la raison, qui rejettent, qui repoussent l’entendement humain comme corrompu dans sa nature, sont justement, chose prodigieuse, ceux qu’on croit éclairés de la lumière divine. Mais en vérité, s’ils en avaient seulement une étincelle ils ne s’enfleraient pas de cet orgueil insensé ; ils apprendraient à honorer Dieu avec plus de prudence, et ils se feraient distinguer par des sentiments non de haine, mais d’amour; enfin, ils ne poursuivraient pas avec tant d’animosité ceux qui ne partagent pas leurs opinions, et si en effet ce n’est pas de leur fortune, mais du salut de leurs adversaires qu’ils sont en peine, ils n’auraient pour eux que de la pitié.
[…]
Or l’esprit des hommes étant divers, celui-ci trouvant son compte à de certaines opinions qui conviennent moins à celui-là, de façon que l’un ne trouve qu’un objet de risée dans ce qui porte un autre à la piété, j’aboutis finalement à cette conséquence qu’il faut laisser à chacun la liberté de son jugement et le pouvoir d’entendre les principes de la religion comme il lui plaira, et ne juger de la piété ou de l’impiété de chacun que suivant ses œuvres. C’est ainsi qu’il sera possible à tous d’obéir à Dieu d’une âme libre et pure, et que la justice et la charité seules auront quelque prix.
[…]
Rédigé par : Lumiel | 01 octobre 2006 à 18:40
A Jacques Guy :
A moins d'être devenu citoyen de Monaco ou du Liechtenstein, je ne vois pas de pays sur cette terre dont vous ne pourriez pas éprouver de honte d'être le citoyen.
La France est loin d'être pourrie, elle est le théâtre de débats, parfois cruels, des débats qui la place pleinement dans le mouvement des nations, au coeur du maelström humain.
La République n'a peut-être pas la taille mannequin, elle a parfois des boutons d'acné et des crises d'urticaires, mais je l'aime pour ce qu'elle est, et passionnément encore.
Si vous avez honte d'avoir été Français, c'est sans doute que vous n'avez jamais su ce que c'était de l'être et, pour ma part, je me console aisément de ne plus partager cette communauté de destin avec une personne qui use de la "liberté chérie" de la République pour vomir le biberon qui a nourri ses premières années.
Rédigé par : Jean-Dominique Reffait | 01 octobre 2006 à 18:39
Bien sûr qu'il faut pouvoir tout dire : la vérité naît du débat. Telle est bien la tradition en Occident.
Ceci dit, je déplore quand même que la liberté d'expression soit toujours invoquée, dans le débat contemporain sur l'islam, pour justifier la publication de saloperies telles que l'article de M. Redeker, ou les caricatures parues il y a quelques mois au Danemark.
La liberté d'expression devrait quand même s'accompagner d'une exigence de qualité.
Rédigé par : Julien | 01 octobre 2006 à 16:37
Veronique, les propos de monsieur Redeker vous « heurtent » parce que vous « [pensez] que dans notre pays [...] peuvent coexister avec intelligence, harmonie et douceur toutes les préférences religieuses ».
L'islamisme est une préférence religieuse.
Dans une certaine mesure, le nazisme et le bolchévisme proposent des idéologies qu'on peut voir comme des préférences religieuses (si on excepte le fait que la dimension théologique y devient secondaire ou inexistante).
Peut-on coexister avec des préférences qui prônent l'extermination de l'autre, peut-on coexister avec celui qui n'a pour seul dessein que notre destruction ?
Il est louable que vous défendiez la liberté d'expression. Mais peut-on défendre ceux qu'un phénomène attaque tout en affirmant une coexistence possible avec ce phénomène ?
En 2006, on a du mal à comprendre le sens de la laïcité de combat, du ministère Combes, de la loi Ferry de 1882, de la loi Goblet de 1886 et d'une manière générale de l'esprit « bouffeurs de curés » du début du siècle. On moque les « hussards noirs », curés de la République, en soulignant qu'ils étaient aussi moralistes, voire plus, que les curés et pasteurs. On oublie que nos intégristes, nos ultra-montains, nos furieux, ne se sont pas calmés par l'harmonie et la douceur.
Ils avaient raison, ces furieux, d'ailleurs, lorsqu'ils annonçaient que s'opérait la « déchristianisation » de la société. A nous de voir si maintenant nous acceptons son islamisation par souci humanitaire.
A nous de voir si décidément il est devenu trop ringard pour nous d'imaginer « honorer la patrie par l'amour du travail, par l'honnêteté, par le respect du droit des autres » (Lavisse Ernest, Manuel d'Histoire, 1876) et de croire que demain la France sera autre chose qu'un patchwork de communautés dépourvu de valeurs communes, sans conviction d'un avenir commun.
Rédigé par : Marcel Patoulatchi | 01 octobre 2006 à 16:07
Combat de la lumière contre les ténèbres. La catastrophe planétaire qu'est la révélation abrahamique avec ses pseudopodes israélites, chrétiens et musulmans a plongé l'humanité dans un océan de bêtises et de violences. Le très modéré Dalil Boubakeur n'a pas eu honte de dire qu'il condamnait à égale distance les violences physiques et verbales, renvoyant dos à dos Redeker et ceux qui veulent lui faire la peau. Oui, le Coran, comme l'Ancien Testament, est un long continuum d'appels à la vengeance, de menaces divines, de colères et d'anathèmes au nom d'un dieu fort irascible qui nous veut prosternés et rampants. L'Evangile est exempt formellement de cela uniquement parce qu'il se pose en héritier de l'Ancien Testament dont il n'éprouve pas le besoin de rappeler les menaces. Son histoire montre combien cette violence est inhérente à cette révélation, sitôt que les religieux sont en position de force.
Lorsque Salman Rushdie fut condamné par les ayatollahs, il s'en est trouvé en France pour minimiser la qualité des "Versets sataniques", comme pour atténuer le crime de blasphème. Lâcheté.
Et Louis Chagnon, professeur d'histoire qui avait présenté Mahomet comme un voleur et un assassin, ne fut-il pas sanctionné par l'éducation nationale ? Le Coran raconte pourtant les rapines et les meurtres des premiers compagnons de Mahomet !
Lâcheté.
Le 23 octobre 1988, un groupe fondamentaliste catholique a lancé des cocktails Molotov dans la salle de cinéma Saint Michel à Paris pour protester contre la projection du film "la dernière tentation du Christ". Cet attentat a fait treize blessés dont quatre sévères. Un autre attentat du même groupe a causé le décès d'un spectateur. Votre collègue, Philippe, a requis et obtenu le sursis contre ces terroristes.
Lâcheté.
Deux députés UMP (Raoult et Roubault) ont déposé une proposition de loi pour sanctionner le blasphème, proposition aussitôt soutenue par des groupes musulmans du 93, terre d'élection d'Eric Raoult.
Lâcheté.
Devant l'Infâme, notre société baisse scrupuleusement son pantalon, dans la crainte des colères des inquisiteurs. Religions de paix et d'amour ? Foutaises.
Non, le monde musulman ne met pas nos libertés en péril : la liberté des musulmans est la première qui soit sacrifiée sur l'autel de la religion, les victimes de l'intégrisme musulman sont les musulmans eux-mêmes. Un récent sondage nous montre que les musulmans de France, à une écrasante majorité, sont de braves gens dont la vie religieuse est aussi mollassonne que les autres habitants de ce pays, se réduisant, comme pour beaucoup de chrétiens ou de juifs, à des pratiques familiales et culturelles. Ne tombons pas dans les amalgames faciles. L'Islam n'est ni plus ni moins violent que le judaïsme ou le christianisme : il est de même nature.
Défendons partout et pour tous la liberté absolue de conscience.
Je respecte les croyants mais ne respecte pas leur croyance.
Rédigé par : Jean-Dominique Reffait | 01 octobre 2006 à 14:51
La liberté de la presse
En matière de presse, il n'y a donc réellement pas de milieu entre la servitude et la licence. Pour recueillir les biens inestimables qu'assure la liberté de la presse, il faut savoir se soumettre aux maux inévitables qu'elle fait naître. Vouloir obtenir les uns en échappant aux autres, c'est se livrer à l'une de ces illusions dont se bercent d'ordinaire les nations malades, alors que, fatiguées des luttes et épuisées d'efforts, elles cherchent les moyens de faire coexister à la fois, sur le même sol, des opinions ennemies et des principes contraires.
TOCQUEVILLE - De la démocratie en Amérique (1833)
De la liberté de la presse
Rédigé par : Hal Eurode | 01 octobre 2006 à 13:43
"La religiosité n'est pas la foi, les conventions ne sont pas la morale, assaillir les premières n'est pas critiquer les secondes". Voici ce que disait Emily Brontë il y a déjà... Or, ce que nous servent aujourd'hui les barbus revient exactement à exalter religiosité et convention dans un déluge de haine et de violence.
Aussi longtemps que ne s'exprimeront pas avec plus de véhémence ceux des musulmans et intellectuels qui condamnent sans ambiguïté ce dogme à visée guerrière, je me sentirai en danger.
@ Monsieur Bilger, je vous verrais bien dans la peau de l'intrépide. Et je signe et défile dès que...
P.S. Pour une vision sans équivoque du rapport Islam/laïcité ou Islam/France, voir le blog de Soheib Bencheick, remarquable de courage et d'honnêteté
Rédigé par : Dominique Christau | 01 octobre 2006 à 13:34
Merci M. Bilger pour vos paroles.
Il est en effet des causes qui exigent notre investissement séance tenante. Nous avons d’ores et déjà dépassé le stade des menaces puisque les intentions suivies d'actes se multiplient dans leur sauvagerie la plus éloquente. Ce sont les ressorts, les fondements de notre démocratie qui sont en effet rognés et bafoués depuis trop longtemps pour que les dommages ne nous reviennent pas en boomerang. Il est grand temps de réagir solidairement et de marquer notre refus de la soumission à l’obscurantisme, fût-il islamo-musulman !
Rédigé par : Jenny Dutartre | 01 octobre 2006 à 11:55
Nous sommes, depuis un certain temps, sur une pente savonneuse en ce qui concerne le droit à la critique de l'Islam: "Versets sataniques", caricatures danoises, discours du pape, menaces de mort sur Robert Redeker...
Certains s'illusionnent sur une possible "révolution exégétique" pour règler le problème islamique. Or, si cette solution a pu contribuer à adoucir certaines ardeurs catholiques (via un retour aux sources), il ne peut en être de même pour l'Islam.
Comme l'a laissé entendre Robert Redeker, l'Islam est intrinsèquement violent: le Coran n'est pas de même nature que le Nouveau Testament. On peut bien sûr essayer de contraindre le texte à dire ce qu'il ne dit pas (par exemple, en transformant tous les passages violents en simples métaphores spirituelles), mais ce n'est guère crédible à terme, et malhonnête intellectuellement. D'une certaine façon, la "révolution exégétique" a déjà eu lieu, mais ce sont les islamistes qui l'on faite.
Le problème est insoluble
Rédigé par : miaou | 01 octobre 2006 à 09:23
Bulle, beaucoup , et moi en premier, sont heurtés par le propos de M. Redeker. Parce que nous pensons que dans notre pays, qui a fait dans la douleur le choix de la Laïcité, peuvent coexister avec intelligence, harmonie et douceur toutes les préférences religieuses. Ce qui n’est pas imaginable et définitivement condamnable, ce sont les invectives terrorisantes et criminelles à l’encontre de ce professeur qui, en France, a le droit à l’expression. Et que, comme l’a souligné Neville, si ses propos sont porteurs de haine religieuse, la loi peut le poursuivre. Et figurez-vous, il y a également d’innombrables espaces de liberté où qui veut, peut discuter, mettre à distance et condamner LIBREMENT la teneur de ses propos. C’est à cela que nous tenons sans aucune concession possible et qu’il nous faut expressément défendre.
Rédigé par : Véronique Raffeneau pour Bulle | 01 octobre 2006 à 06:13
mike: "Les politiques se taisent, tous à leurs petites affaires."
Et c'est bien là où le bât blesse. Votre France, je dis "votre" car, Diable merci, cela fait quarante ans que je n'y vis plus, votre France est devenue un cadavre pourrissant où les politiques sont les asticots réunis pour leur dernier festin.
Et merci à Lumiel pour la citation de Voltaire. J'ai honte d'avoir été Français... jusqu'à ce que je relise Voltaire, Montaigne, Rabelais, et tant d'autres. Hélas, les asticots les ont bouffés.
Rédigé par : Jacques Guy | 01 octobre 2006 à 00:35
Bon, ce comité de soutien à Redeker avec une manifestion nationale à Paris ? On le fait quand et qui en prend la tête ? Vous êtes partant M.Bilger?
Rédigé par : Hermione | 01 octobre 2006 à 00:10
Les politiques se taisent, tous à leurs petites affaires.
La recherche permanente du compromis au nom de la tolérance frise la compromission.
Tout ceci est dangereux et fait craindre des pogroms un de ces jours, si les musulmans de " bonne foi" aux deux sens du terme ne font pas eux-mêmes le ménage.
Je vous suis dans une pétition à venir.
Rédigé par : mike | 30 septembre 2006 à 17:49
Monsieur l'avocat Général, encore une fois bravo et merci de rappeler ce qui devrait constituer pourtant des évidences, néanmoins quelque peu oubliées ces derniers jours.
Pour ma part, épris de logique, je constate que presque personne n'a relevé le paradoxe suivant, en simplifiant les termes de ce qui est devenu l'affaire Redeker : " vous me traitez d'intolérant violent, et bien pour vous empêcher de tenir de tels propos à mon égard, j'userai de tous les moyens de coercition à ma portée, y compris vous menacer de mort, en appuyant mes menaces d'éléments prouvant que je peux les mettre à exécution ". Ceux qui raisonnent et agissent ainsi ne se rendent-ils pas compte que leur réaction-même démontre la véracité des propos dont ils proclament la fausseté ?
Il est de moins en moins contestable qu'une certaine pratique de l'Islam est incompatible avec les exigences de laïcité de notre société.
Que les musulmans, pacifiques pour la plupart, réalisent enfin leur révolution exégétique, qui ne se passera d'ailleurs pas sans soubresauts, et renoncent clairement, une bonne fois pour toutes, à cette pratique de soumission de la vie publique à la religion !
Qu'ils se désolidarisent toujours plus de ceux d'entre eux, minorité spectaculaire dont ils doivent prouver qu'elle n'est pas représentative !
Sinon, si l'Islam ne procède pas à cette révolution exégétique, il conduira les musulmans qui s'y refuseraient à une véritable schizophrénie.
Remarquez qu'elle a déjà commencé chez les islamistes, qui prônent la guerre sainte et qui contestent qu'on les traite de guerriers : si j'étais un ferme partisan de la violence comme témoignange d'une cause quelconque, je ne m'offusquerais pas qu'on me décrive comme tel, sauf naturellement si j'en avais plus ou moins honte.
De l'autre côté : que nos sociétés, enfin, ne laissent plus bafouer impunément leurs principes fondateurs sans réagir efficacement.
Si le Professeur Redeker a tenu des propos dans le but d'outrager l'ensemble des musulmans, qu'on le poursuive pour incitation à la haine religieuse.
Mais à ce que je sache, la loi qui prévoit ce délit ne le réprime pas de la peine de mort.
Par parenthèse, à en juger par les propos tenus par ce professeur chez JP Elkabbach hier matin, je ne pense pas que le Professeur Redeker ait effectivement commis l'infraction qu'on pourrait lui reprocher.
Rédigé par : Neville | 30 septembre 2006 à 16:11
La liberté d'expression, ce sont deux mots magnifiques mais qui, tel un arbre, peuvent cacher une forêt obscure... Et le texte de Monsieur Redeker manque de lumières... Comment peut-il affirmer tant d'inexactitudes sur l'islam en les mêlant à d'exacts comportements islamistes ? Comment peut-il évoquer l'écriture du Coran sans tenir compte de son contexte historique ? Comment peut-il affirmer que l'islam est une religion qui, dans son texte sacré, exalte violence et haine ? Conclusion sans équivoque : tout musulman ayant reçu une réelle éducation religieuse est donc porteur de violence et de haine.
Le texte de Monsieur Redeker est aussi violent que ce qu'il dénonce... Je ne signerai pas la pétition réclamée par tant de signatures du blog. J'en signerai volontier une sur le devoir d'être éclairé sans tous ces raccourcis indigne d'un professeur de philosophie !
Rédigé par : Bulle | 30 septembre 2006 à 14:21