Dans Le Parisien d'aujourd'hui, Renaud donne une interview sous le gros titre suivant : "Sarkozy me fait peur". Il réplique aux multiples réactions qu'a suscitées sa chanson "Elle est facho... elle vote Sarko". Avec verve et sans détour, il répond aux questions, explicite son point de vue infiniment critique sur Nicolas Sarkozy et démolit, au final, Johnny Hallyday.
Cet événement ne serait pas suffisant à lui seul pour justifier mes retrouvailles avec Renaud si celui-ci ne faisait pas allusion à mon blog en précisant :"Je me suis fait insulter sur des blogs, notamment celui d'un magistrat qui prétendait que j'étais le symbole de la gauche intolérante".
Je n'ai vraiment pas eu l'impression "d'insulter" Renaud, dont beaucoup de chansons de sa grande époque demeurent dans ma tête, en posant le problème de la variété politique, du vocabulaire et de la démocratie. Je continue à penser qu'il est dangereux de vouloir redonner du prix au politique - objectif infiniment souhaitable - en en gommant par militantisme la complexité et la gravité.
Cette note, je dois l'avouer, va me permettre de faire amende honorable sur un autre plan. J'ai pu lire, au bas de la page, les paroles intégrales de la chanson controversée et contrairement à ce que laissait entendre Le Parisien du 26 août, ce n'est pas Sarko qui est déclaré "facho" par Renaud mais la facho, dont le portrait est outrancier mais non absurde, qui va voter Sarko. Ce n'est pas un point de détail que ce glissement qui renvoie à une évidence que l'élection présidentielle illustrera : même la frange la plus dure du FN sera amenée, je le suppose, si elle désire servir à quelque chose, à voter pour Nicolas Sarkozy sinon au premier du moins au second tour. Comme, peut-être, l'extrême-gauche inflexible pour le ou la candidate socialiste. Celle-ci se voit reprocher par Renaud de "flirter aussi avec les idées de Sarko en voulant mettre les racailles à la caserne."
Je continue à soutenir qu'il y a de l'abus de langage. A force de voir du facho partout et mal à propos, Renaud banalise ce qui devrait demeurer un souvenir unique et terrifiant.
Quel dommage qu'il ait quitté "Banlieue rouge" qui faisait entrer la politique dans la chanson mais par la grande porte.
Découvrez l'affaire des disparus de Mourmelon qui illustre parfaitement l'incurie et les dysfonctionnements de la justice En France, et ou l'état fut condamné pour fautes lourdes le 26 janvier 2005:
www.disparusdemourmelon.org
ce site attend vos soutiens, vos commentaires et témoignages.
Rédigé par : Paul Mirande | 05 octobre 2006 à 15:20
C'est vrai que Renaud avait été courageux à l'époque des bombardements "humanitaires" sur la Serbie, mais entre-temps je suis lassé de son air de chien battu misérabiliste, et de ses pleurnicheries comme dans son tube "Manhattan-Kaboul".
Plus politiquement correct, tu meurs...
Rédigé par : mauvais | 02 octobre 2006 à 11:40
Sur RTL, Renaud ajoute « Il n'y a pas de polémique [...] Il n'y a pas d'incohérence, ni d'insulte, ni de calomnie. Si je dois débattre avec Sarko (sic), j'ai d'autres arguments : le traiter de populiste, de démago, lui reprocher d'insulter la jeunesse des banlieues »
Lamentable : http://riesling.free.fr/20060924.html
Rédigé par : Marcel Patoulatchi | 24 septembre 2006 à 01:33
Ras, je reçois vos pardons auxquels je suis naturellement sensible .
davideo, les échecs, ça peut être très bien. Et comme nous parlons de méthode. Avec ce qui est écrit dans le post de Philippe comme limite à l'échiquier, je veux bien tenter d' approuver les clairvoyances et les phosphorescences de mon "roi". Mais aussi, essayer de contester ses emportements et ses colères, les discuter fort quand elles sont discutables. Par à coups.
Rédigé par : Véronique pour Ras et davideo | 14 septembre 2006 à 05:03
Cher Marcel,
Vous avez parfaitement raison sur la dernière ligne de votre dernier commentaire, d'ailleurs c'est moi qui suis infatué...
Mais trop long, c'est trop long !!!
Rédigé par : Ras | 14 septembre 2006 à 00:01
Ha! Marcel Patoulatchi, un point nous rassemble : Tout ceci n'est pas "extrêmement grave" en effet.
Rédigé par : davideo | 13 septembre 2006 à 14:12
Véronique, mille pardons, je me suis trompé d'auteur, rendons à Marcel ce qui revient à Marcel, quant à moi je suis une triple buse....
Davideo, mais vous en êtes un autre, je trouve la comparaison avec le jeu d'échec très à propos et bien vu...
Voulez-vous que j'essaie de dire une connerie pour voir si nous sommes toujours d'accord ?
Rédigé par : Ras | 12 septembre 2006 à 21:16
Davideo,
Je ne conçois pas les commentaires comme un jeu (ou par définition il y a un gagnant et un perdant). Je dis ce qui me vient à l'esprit lorsque le cadre me paraît ne pas y être hostile.
L'écrit a la particularité de pouvoir été ignoré en quelques secondes. En conséquence, je ne trouve donc pas extrêmement grave un débordement en longueur. Les intéressés suivront, les autres n'auront qu'à faire usage de la molette de leur souris, un effort négligeable me semble t-il.
Et à vrai dire, j'aurai le culot d'ajouter que je trouve qu'un commentaire trop long n'est jamais tant obstacle au dialogue que des propos péjoratifs (un fat ?) à l'égard d'un interlocuteur.
Rédigé par : Marcel Patoulatchi | 12 septembre 2006 à 21:13
davideo, dans les échecs, on ne déplace pas une pièce selon son bon vouloir. On ne « sursaute » pas les cases. Ou si cela est fait par inadvertance ou par négligence, on prie son adversaire de bien vouloir nous en excuser. Un jeu sans loyauté, ce n’est plus du jeu. Votre alliance gémellaire avec Ras est plutôt mal engagée et la partie un peu faussée.
Rédigé par : Véronique Raffeneau | 12 septembre 2006 à 20:46
Pour vous répondre plus précisément Marcel Patoulatchi, je pense que vous concevez les commentaires comme un poker où vous abattez tout votre jeu d'un seul coup avec votre long commentaire. Or je vois moi plutôt les commentaires comme un jeu d'échec où l'on joue un coup, puis attend la réaction de l'adversaire pour jouer le suivant.
Rédigé par : davideo | 12 septembre 2006 à 18:31
C'est fou ça. Je suis toujours d'accord point par point avec Ras, quoi qu'il dise. J'attire votre attention sur ce cas très rare de jumellement total de pensées.
Rédigé par : davideo | 12 septembre 2006 à 13:27
Ras, modestement, je ne suis pas l’auteur de la phrase que vous m’attribuez. Sursauter -bonjour, cactus! - les mots réserve parfois quelques déconvenues. Pour le reste de vos gentillesses, vous êtes injuste. Hier, c’était comme un dimanche. Je me suis attachée, dans mes petites réflexions, à ne m’en tenir qu’à 5 lignes, pas plus, et à faire de la conversation. davideo et vous-même sont donc lus, compris et écoutés. Ne me découragez pas dans mes efforts.
Rédigé par : Véronique Raffeneau pour Ras | 12 septembre 2006 à 04:37
Véronique:
"Quand bien même ce serait le cas, une bêtise ne devient pas intelligente sous prétexte qu'elle est populaire, un mensonge ne devient pas vérité parce le nombre y adhère."
Vous avez sûrement raison, il n'empêche qu'une commentaire de trois pages sur un forum, personnellement j'appelle cela de l'étalement infatué... Quand on a autant de choses à dire, on les dit dans un post de blog ou dans un article de presse, pas dans les commentaires d'un post, sinon cela devient illisible, c'est de la simple et pure netiquette.
La forme du discours doit s'adapter à l'outil de sa diffusion...
Rédigé par : Ras | 11 septembre 2006 à 22:35
Ras,
Le monde est fait par tous ceux qui en font partie. Manifestement, tous ne sont pas adeptes du 5 lignes pas plus.
Quand bien même ce serait le cas, une bêtise ne devient pas intelligente sous prétexte qu'elle est populaire, un mensonge ne devient pas vérité parce le nombre y adhère.
Davideo,
En substance, vous m'accusez de vouloir m'entendre parler, que je ne cherche pas vraiment la conversation. A vrai dire, personnellement, j'évite à tout prix l'attaque ad hominem. Je débats d'idées, et non pas de personnes (ici, quand nous parlons de Renaud, on en parle pour ce qu'il produit, pour les idées qu'il transmet - il est de toute façon extérieur au dialogue). Je donne et critique des idées, je n'amuse pas à caractériser l'état d'esprit de mes interlocuteurs que je ne connais pas réellement. A mon sens, le débat est plus facile quand chacun apporte ce qu'il observe, pense, ressent, plutôt que lorsqu'on conteste à l'autre le fait de dialoguer.
Vous m'attaquez, indirectement, je suis donc obligé de vous répondre. Qu'est-ce que cette réponse apporte au débat de départ : rien. Je trouve cela assez médiocre.
Quand vous dites que vous pensez à ceux qui vont vous lire, du coup, je souris. Car je ne vois absolument pas ce que vous avez apporté au débat d'idée, sinon colporter l'idée qu'il faudrait refaire des autodafés, car, bigre, il en existe des ouvrages qui ont le culot de dépasser les 5 lignes. On se croirait dans un débat sur feu la cinquième tel que caricaturé par les Inconnus, où le temps de parole est compté par un sablier.
La quantité, maigre ou colossale, n'a jamais fait la qualité.
Rédigé par : Marcel Patoulatchi | 11 septembre 2006 à 12:57
davideo, vous avez raison ! L’homme ou la femme, c'est le style. Et la délicatesse, l'attention à l’autre, c’est très important. Mais ces formules essentielles et percutantes, vous vous rappelez : " la boulangère ", " l’huissier ", " les notables " etc., je ne les aime pas bien. Alors va pour le court, mais ça dépend où et comment.
cactus, j’ai oublié de vous dire. " L’effort de Marcel et le bon moment ", j’ai adoré.
Rédigé par : Véronique Raffeneau | 11 septembre 2006 à 08:29
Davideo et Veronique Raffeneau :
(1 ligne)
(Ah non, mince 3)
Rédigé par : Ras | 11 septembre 2006 à 00:30
"5 lignes" est une expression bien sûr, Véronique Raffeneau. Cela veut dire que ce n'est pas un commentaire d'une hauteur d'écran.
Mais je reconnais que "faire court" est difficile: il faut choisir ses mots, les idées essentielles, leur agencements, être percutant. C'est un art! Un commentaire court n'est donc pas obligatoirement l'écrit d'un paresseux, mais de quelqu'un qui pense à la personne qui va le lire. (Là, j'ai dépassé les 5 lignes, mais c'est que je ne peux pas résister à une femme qui me parle, désolé)
Rédigé par : davideo | 10 septembre 2006 à 22:17
davideo, c'est juste que c'est parfois un peu compliqué de faire de la conversation avec ceux qui ne veulent pas lire ou écrire plus de 5 lignes.
Rédigé par : Véronique Raffeneau | 10 septembre 2006 à 21:56
D'accord avec Raz quand il dit "Le monde est fait par et pour des gens qui ne veulent pas lire plus de 5 lignes"
Je lis désormais rarement les commentaires de plus de 5 lignes parce que je remarque qu'un commentaire plus long est en général le fait d'une personne qui s'écoute parler et ne cherche pas vraiment la conversation. (il faut que je m'arrête sinon mon commentaire va faire plus de 5 lignes)
Rédigé par : davideo | 10 septembre 2006 à 12:13
Chère Véronique, méfiez vous des préjugés... Le monde est fait par et pour des gens qui ne veulent pas lire plus de 5 lignes...
Rédigé par : Ras | 09 septembre 2006 à 18:02
"Ras, c’est entendu, Marcel va faire, je crois, un effort de concision" dit Virginie ( merci à elle au fait pour ses gentillesses si peu méritées ) avec tact !
ce n'est peut-être pas le bon moment : quand je vois le sire qu'on scie ( notre P.Bilger ) si longuement chez Ruru ( vous me direz : " coupé au montage c'est moins grave que découpé au démontage " )monsieur Patoulachi va peut-être juger bon d'attendre un peu pour faire court coté métrage , non ?
enfin c'est juste une opinion qui n'engage que mon moi voire mon égo ?
Rédigé par : cactus tendre | 09 septembre 2006 à 11:39
Crapulox, quand vous voyez une croix celtique tagguée sur un mur, vous pensez que c'est l'oeuvre d'un druide ?
Marie, le coup de Doc Gyneco (ah, je ne me lasserai jamais d'un pseudonyme d'aussi bon goût) n'est pas forcément si idiot que cela. Déjà, on en parle ; c'est pas rien. Ensuite, ça surprend. On imagine mal Renaud faire sa chanson avec comme personnage principal Doc Gynéco ; forcement, ça collerait beaucoup moins bien.
Rédigé par : Marcel Patoulatchi | 09 septembre 2006 à 00:16
Ras, c’est entendu, Marcel va faire, je crois, un effort de concision. Cactus et Sbriglia sont des génies. Le premier, je le lui ai dit, me fait sourire d‘une façon gentille, l’ironie tempérée du second est agréable et pleine de talent. Je vous recommande quand même les commentaires de Jean-Dominique et d’Alain. Ceux de Jean-Dominique, parce que c’est lui, les mots d’Alain pour ce qu’ils nous ouvrent, toujours, comme portes de compréhension et de réflexion. Quant à moi, j’ai un préjugé assez défavorable , je l’avoue, pour ceux qui, par les temps qui courent, ne peuvent pas lire, ici ou ailleurs, au-delà de 5 lignes.
Rédigé par : Véronique Raffeneau | 08 septembre 2006 à 06:28
Je prends beaucoup de plaisir à la lecture de votre blog aussi c'est en lecteur souriant et amical que je vous le dis: je crois qu'en commentant une chanson dont vous n'aviez pas lu les paroles, vous venez d'inaugurer votre propre "Pan sur le Bec"...C'est le charme d'une précieuse spontanéité propre au net.... Dans le même ordre d'idée j'en profite pour dire à vos commentateurs que la plupart des commentaires qui dépassent 5 lignes sont "zappés" donc que dire des commentaires de 3 pages... Le net est l'endroit de la spontanéité et de l'instantanéité....
Cordialement
Rédigé par : Ras | 07 septembre 2006 à 22:35
Faire des raccourcis et commettre des abus de langage, c'est souvent un moyen de s'épargner la peine de réfléchir et d'élaborer un raisonnement pertinent.
C'est aussi, paradoxalement le résultat d'un raisonnement subtil : il faut des slogans faciles à diffuser et à retenir. Les approximations sont dès lors sans importance si le but promotionnel est atteint.
Le public n'est soit, pas apte à décrypter le biais introduit par le discours servi, soit trop las pour le faire.
Aussi, pourquoi devrait-on se priver d'user de cela, que l'on soit chanteur, homme politique... du moment qu'un message doit être passé ?
Rédigé par : lausannensis | 07 septembre 2006 à 22:03