Ainsi Johnny va quitter la France chaque année durant six mois. Ainsi Johnny va nous quitter. Celui qui a mon âge, à deux mois près, a décidé, après avoir apporté il y a quelques semaines son soutien à Nicolas Sarkozy, de résider en Suisse pour des raisons exclusivement fiscales. Je ne sais pas pourquoi mais j'éprouve une réelle déception, bien plus vive que j'aurais pu le prévoir. Certes, ce n'est pas le premier artiste ou sportif français qui s'expatrie de la sorte mais Johnny, c'est Johnny. Son talent, ses frasques, ses amours, la bête de scène qu'il est, ses tournées gigantesques, sa voix géniale et familière, son laconisme et sa simplicité, tout nous appartenait de droit et aurait dû demeurer à vie dans l'enclos national. Qu'on s'en moque ou non, sa gloire était un peu la nôtre et c'est un peu de nous qui s'affaisse et s'attriste quand beaucoup de lui déçoit.
Car il ne faut pas se leurrer. Dans le Paris-Match de cette semaine, Daniel Rondeau a beau apporter son lustre intellectuel aux questions qu'il pose à l'idole et Johnny répondre en tentant de rassurer et de se justifier, il est clair, pourtant, que le chanteur s'en va parce qu'il gagne beaucoup d'argent et que les impôts sont moins lourds ailleurs. C'est net, réaliste et, de sa part, surprenant, surtout en cette période. Sa promesse de revenir demain, quand la charge fiscale sera devenue plus supportable, ressemble plus à un voeu pieux pour apaiser le bon peuple qu'à un engagement ferme. Johnny ne s'est jamais piqué d'avoir la tête politique, il lui suffisait d'avoir le corps pluraliste et indivis.
Il y a peu de chance qu'il fasse marche arrière un jour. Je devine, dans le lointain de ce blog, des ricanements jugeant dérisoires ces bagatelles et ridicule cet attachement à un tel artiste. On a les admirations qu'on peut, qu'on veut et qui oserait prétendre n'avoir jamais trouvé dans son répertoire "l'air national de son amour" ? En même temps, la déception éprouvée, ce ver dans le fruit, cette ombre triste me font mettre en lumière, je ne sais pourquoi, un autre chanteur qui ne chante plus aujourd'hui, un compositeur et parolier remarquables, un citoyen exemplaire. Jean-Jacques Goldman. Il a écrit des chansons pour Johnny et j'avais cru comprendre qu'à l'époque il n'y avait pas eu une forte complicité entre eux. Johnny, c'est un parcours qui me renvoie avec tendresse et nostalgie à ma vie, il est comme un copain qui m'a accompagné et qui, par le passage du temps sur lui, me rend perceptible ma propre évolution. J'aurais aimé être Jean-Jacques Goldman. Lors d'une récente interview pour VSD, on m'avait demandé quelle personne j'aurais désiré incarner et après avoir hésité j'ai choisi Goldman plutôt que Grégory Coupet.
Jean-Jacques Goldman, c'est cette déchirante chanson " Veiller tard" mais c'est aussi et surtout l'homme qui se dit heureux de payer beaucoup d'impôts en France pour les services publics qu'ils permettent de faire fonctionner, c'est l'homme qui répond "citoyen" à une question sur son occupation, c'est, enfin, le seul qui a osé qualifier de vulgaire la triste équipée friquée de la princesse Diana avec son amant, de la Sardaigne à Paris où elle va mourir. Il fallait un certain cran pour formuler ce point de vue qui tranchait avec le choeur délirant des hystériques de la peopolisation.
Au fond, Johnny et Goldman ne nous font-ils pas replonger dans nos affres scolaires quand nous devions comparer Corneille avec Racine et qu'on nous enseignait que le second peignait l'humanité telle qu'elle était et le premier telle qu'elle devait être ? Johnnny, c'est la France telle qu'elle est et Goldman, le citoyen tel qu'il devrait être. On n'imagine pas une seconde ce dernier prendre ses quartiers ailleurs qu'en France pour des motifs fiscaux. Johnny, lui, le fera.
On a tous en nous quelque chose de Johnny. On continue à l'aimer malgré tout. Quand on admire Goldman.
Je suis désolé mais quel que soit l'argent que puisse gagner un citoyen, il est totalement immoral d'en arriver à bien plus de 50% de prélèvements....surtout quand on considère les 50% de l'impôt de succession.
Goldman c'est un peu de la démago, sa position sur les impôts....il gagne tellement d'argent (immensément plus que Johnny) que quelle que soit l'imposition qu'il subisse, il restera très très riche....
Le problème des impôts c'est qu'ils saignent à mort la classe moyenne qui est censée être la force vive du pays.
Rédigé par : hangon | 22 décembre 2006 à 00:19
Johnny était pourtant devenu fréquentable lorsqu'il avait cessé de piller le patrimoine anglo-saxon... Je le comprends, en ayant peu d'argent, j'ai pris l'habitude de vivre sans, mais si la fortune venait m'aimer, je la voudrais avec encore plus de formes. Je suppose juste que sa dinde ne va pas avoir la décence de cesser de nous demander de l'argent pour son désir d'humanitaire.
Véronique, je n'ai pas envie de révolution, mais celle de vivre en paix sinon je laisserai pourrir ou j'irai rejoindre les néonazis ou leurs petits frères de l'extrême-gauche.
Laissez mon vicomte tranquille, il n'est pas de Bragelonne, sa région est prospère, il m'a l'air intègre, j'ai une soif d'honnêteté dans un pays qui se classe en douzième position dans l'échelle mondiale de la corruption derrière l'Italie et les USA,ce qui n'est pas rien (le pays le moins corrompu étant la Norvège et le tout étant dans l'ordre décroissant).
Créez-moi plutôt un royaume, faites-moi roi et je cesserai mes élucubrations.
"Jeune loup", déjà merci pour le jeune, il se fait plus rare, pour le loup après avoir mangé la mère-grand, je ne me contente plus d'avoir un grand nez et de grandes dents, il faut que tout soit proportionnel...
Rédigé par : LEFEBVRE | 22 décembre 2006 à 00:01
A Véronique,
Merci d’avoir pensé à moi en premier,habitant dans le (presque) frontalier, et à mon chauffeur de bus. Moi aussi j’ai pensé à vous aussitôt parue cette note à cause de ce maudit chauffeur de bus !
Alors le pauvre Johnny ,ce qui l’attend!
La retraite à 65 voire bientôt 67 ans.
Les 45 h de travail hebdomadaire.
Les loyers très cher.
Très peu de social.
Pas de marine!Même pas la petite Chapée.
Des avions détournés à l’atterrissage en hiver pour cause de brouillard,ou de neige sur les pistes..
Le froid,la neige…le foehn si agaçant…
Un Chritoph Blocher …
Quelques anciens camarades d’infortune dont celui qui chantait autrefois une chanson du genre « Que c’est triste le fisc ! » et puis ,le week-end , tous ceux qu’on rencontrait dans les années soixante-dix dans le TEE « Le Cisalpin »…
Au fait,une petite anecdote comme vous les aimez et retenez si bien ,à ce que je constate.
En juin 1981,dans ce train TEE à bord duquel j’étais monté (en France,dois-je préciser) pour rentrer à Paris,une très jolie dame,comédienne de son état qui venait de tourner dans un film que je m‘étais empressé d‘aller voir,bien que je ne fus point cinéphile mordu,et qui,revenant en France,m’avait demandé si elle pouvait fumer une cigarette sans que cela m’indisposât. Je lui avais répondu que je n’y verrais pas d’inconvénient,cependant je la mis en garde en lui racontant cette tragique mésaventure qu’eut à connaître ,dans un autre train « Corail » entre Paris et Dijon, une passagère qui, elle, ne s’était pas encombrée des mêmes scrupules.
Il faut dire que nous étions encore au temps de l’horrible dictature de Giscard,peu avant que François Mitterrand eut restauré la démocratie dans notre pays. Cette dame ,bien sous tous rapports,se trouvant seule dans un compartiment « non-fumeurs » de première classe (à six fauteuils) s’était permis de fumer .Par l’odeur incommodé, bien que je fusse dans le compartiment voisin également « non-fumeur » je supportais en silence. Quand passa le contrôleur une discussion s’engagea et le ton vite monta.« Monsieur,je ne gêne personne! » « Madame que faites-vous de la cendre,regardez la moquette sous vos pieds! »
Amende dressée,amende,par mauvaise volonté, non honorée sur le champ !
Sur ce,le contrôleur passa son couloir.
Et… à Dijon,sur le quai,en face la porte du wagon,deux policiers attendaient la Madame pour la ramener à de meilleurs sentiments à propos du règlement de sa dette !
Ces faits racontés à la comédienne qui m’écouta avec beaucoup d’attention,elle s’en alla fumer sa cigarette dans le couloir près d’un cendrier et revint aussitôt après,pas du tout contrariée. Je devais la revoir trois mois plus tard dans le même train,j’étais avec deux amis ,elle est venue nous rejoindre et on n’a jamais tant rigolé que ce jour-là dans ce train.
Selon vous,qui fut le meilleur des deux dans son travail,le chauffeur de bus suisse ou le brave contrôleur français?
Rédigé par : dab | 21 décembre 2006 à 23:13
Véronique,
Quelle justesse !
Beau cadeau de Noël que vous nous faites.
Que serions-nous sans des femmes de votre trempe ?
J’en suis tout raidi plus comme un jeune communiant que comme un cierge de Pâques car rebelle, je ne suis pas de « ces gens-là » du grand Jacques.
Mais que serais-je sans vous tous ?
Même Marcel me manque dans ses certitudes quand il « nous » absente…
Rédigé par : doc | 21 décembre 2006 à 23:05
A force de parfois trop écrire, je peux en devenir lassant donc j’oublierai « l’intellectuel » Goldman, très bon comptable de formation et l’affect de notre Johnny qui n’a jamais été un homme d’argent sauf depuis quelques années : influences du cercle familial ?
Je passerai sur les « courbettes » de notre république qui continue de répandre ses légions d’honneur à tous ces déserteurs fiscaux (« la cravate » pour un Ch. Aznavour quand même…) pour en venir à ce qui me semble le vrai problème.
Et si ce vrai problème n’était pas Johnny mais la voix discordante, dans le concert fiscal européen, de la Suisse ?
On a une tendance naturelle à accabler les Hommes pour mieux oublier les institutions ou Etats.
Que la Suisse n’ait comme blancheur que la croix de son drapeau, n’est un secret pour personne.
Qu’elle ait fait un effort en voulant faire laver plus blanc par le Liechtenstein n’est point mystère : la preuve en est que le prince régnant de l’époque (il a donné la régence à son fils depuis peu) menaça comme ses ancêtres d’aller vivre ailleurs (Vienne est quand même plus belle que Vaduz !).
C’est sûr, si en Europe la Suisse était plus éthique sur le plan de la fiscalité, quelques-uns reculeraient à devoir courir dans des contrées beaucoup plus lointaines !
Saluons, comme César qui les reconnut comme ses adversaires les plus courageux, nos amis belges qui en refusant leur nationalité à Johnny, n’étaient pas dupes de ses espérances fiscales monégasques.
Let’s twist again !
Rédigé par : doc | 21 décembre 2006 à 22:42
Je ne connais pas Philippe Bilger personnellement mais je pense que nous sommes différents sur de nombreux points et pourtant nous aimons Johnny et Jean-Jacques Goldman. Voilà à quoi on reconnaît de vrais artistes, ils savent toucher des publics larges.
Johnny restera notre star nationale. Il a fait le choix de changer de nationalité mais il garde son talent ! J'ai hâte de le voir prochainement dans "mon Zénith" tout neuf !
Pour Jean-Jacques Goldman, en plus d'être un modèle de citoyenneté c'est un homme de talent. Malgré sa fortune et son succès il est resté simple, jamais il ne s'est retrouvé à la une d'un journal pour une infraction même minime. Il est celui que nous devrions tous être, c'est-à-dire un homme de valeurs. C'est peut-être le fait d'être né un 11 octobre comme moi qui le rend si bon !!! Il est toujours resté en adéquation avec ses idées et celles de sa famille (avec son frère Pierre qui était un militant d'extrême-gauche).
Sur le plan artistique c'est quelqu'un de très complet. Ses textes sont simples mais ils traitent des sujet parfois surprenants. Par exemple dans "né en 17 à leidenstadt" il dit qu'il n'aurait pas forcément mieux agi que les soldats allemands s'il avait vécu en Allemagne lors de cette période si terrible de notre histoire, que nous connaissons tous. C'est d'ailleurs la raison pour laquelle je ne porte pas de jugement sur le départ de Johnny car si j'avais sa fortune, qu'aurais-je fait ?
Jean-Jacques Goldman ce n'est pas seulement un auteur compositeur interprète c'est aussi un homme de scène. Je vous souhaite si ce n'est déjà fait de voir un concert de JJG. Il lui suffit d'arriver seul sur scène simplement avec une guitare en chantant "Je marche seul" pour démarrer deux heures de plaisir. Son dernier album "Chanson pour les pieds" a déjà cinq ans et il nous manque beaucoup, j'espère qu'il reviendra rapidement sur scène !
Rédigé par : jean philippe | 21 décembre 2006 à 21:58
100 % ou sang pour sang , on est question revenus , privé de 60% ...
Tu sais la peine
Qu'on se donne
Vaut bien la peine
Qu'on se fait
Tu sais l'amour
Qui nous unis
Ça n'est pas toi mon ennemi
Crois-moi
Je pèse le poids de mes maux
Je suis de moi le bourreau
Je pèse le poids de mes maux
Oui, je suis la plaie et le couteau
Tu sais les coups
Que tu me donnes
Ne valent pas ceux
Que je m'assène
On se démène
Contre soi-même
Je n'ai pas de pire ennemi
Que moi
Je pèse le poids de mes maux
Je suis de moi le bourreau
Je pèse le poids de mes maux
Oui, je suis la plaie et le couteau
Je pèse le poids de mes maux
Ouais, enfant de roi et de salaud
Je paye le prix de tes maux
En étant la plaie et le couteau
L'homme est un loup
Un loup pour lui
Il n'y a pas pire ennemi
Que soi
On pèse le poids de nos maux
En étant de nous le bourreau
On pèse de nos maux
En étant la plaie et le couteau
On pèse le poids de nos maux
Enfants de rois et de salauds
Oui, on paye le prix de ses maux
En étant le cri et le couteau ...
Et oui mieux vaut avoir un compte en Suisse qu'un ...contentieux .
Rédigé par : Parayre | 21 décembre 2006 à 21:12
@ Philippe.B et Véronique :
Il suffira d'un signe, un matin
Un matin tout tranquille et serein
Quelque chose d'infime, c'est certain
C'est écrit dans nos livres, en latin ...
J.Parayre de sa superbe et non "étrange contrée" ...
Rédigé par : Parayre | 21 décembre 2006 à 20:31
Mais nous, on lui demandait rien à ce Johnny en exil dans le pays de la tranquillité publique. M’en fous qu’il vote Sarko ou Ségo, m‘en fous cent mille fois. Et je pensais à dab. Celui-là, il va être content, une vraie publicité pour les chauffeurs de bus qui vont direct dans les commissariats. Maintenant, après l’exil, il y a PB, et là malheureux comme un pierre, il est. Il a beau dire, le Jean-Jacques , pas tant que ça. Parce que, dans le chagrin, faut bien crâner un peu . Non, lui, ce qu’il préfère c’est Johnny. " l’air national de son amour " qu’il dit. Dans le blog va falloir consoler. Finis les magistrats, les responsabilités, l’insécurité publique, la Justice... son amour, sa passion, sa vie... sa brûlure, sa déchirure. Non, que des consolations à écrire à présent. Et Marcel qui n’est plus là, peut-être noyé dans ses exaltations, parfois si froides. Le doc parti en grande conférence , et des fois, ses mots à lui pas faciles à suivre. Y a aussi Parayre avec ses trente années d’expérience, mais on a appris dans l’après-midi, que dans le frontalier, il habitait. J’ai peur que ce soit en étrange contrée, tout à côté de la maudite tranquillité publique. Et le mec très bien, celui qui parle si bien des femmes, lui, Johnny, pas sûr que ce soit son genre. Bien sûr les jeux de mots du tendre cactus, mais pas avant l’Epiphanie, je crains, on ne le retrouvera. Il y a aussi le jeune loup, mais il se pique du vicomte depuis onze heures ce matin. Je redoute qu'il pense que dans le bocage, y a pas encore eu La Révolution. Et, le très gracieux, le très charmant qui, en une ligne exprime tout, sent tout, comprend tout, en villégiature sûrement chez… les Verdurin. Oui pour la consolation, ça va être trop dur. Parce que pour le coup, y a plus que Marie et y a plus que Véro.
Rédigé par : Véronique | 21 décembre 2006 à 20:02
Je n'ai vraiment aucune sympathie pour ceux qui gagnant très gros en France avec la population de France refusent de restituer à l´Etat le montant des impôts dus. Pourtant, à constater la gabegie organisée au plus haut niveau de l´Etat, je ne peux que modérer ma critique quand on sait aussi que, pour ne citer qu'elle, la famille Mulliez fait payer toutes les locations de ses magasins...en Suisse, et pour cela, le bon monsieur Breton qui se dit grand argentier ne dit rien. République des coquins, République bananière...Est-ce cela la France d´aujourd´hui?
Marc Fievet
Rédigé par : Marc Fievet | 21 décembre 2006 à 19:55