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Voici les sites qui parlent de Pour un grand ministère de la tranquillité publique ! :

Commentaires

Véronique pour Marcel et dab

@Marcel

Je pense, Marcel, pour reprendre le qualificatif " révolutionnaire " utilisé par dab, que cette dénomination vous irait plutôt, à vous, pas mal. Non seulement, je pense que vous êtes un grand idéaliste, ce que je vous ai déjà dit, mais je pense également, et ne le prenez pas pour un compliment, que vous un êtes un utopiste et, un dans cette catégorie, de grande classe.

Votre défense et illustration de la dénonciation et de la délation me donnent des frissons. Enfin, je veux dire ce genre de frissons qui donnent quand même froid dans le dos.
Que le chauffeur de bus suisse puisse, dans la plus grande TRANQUILITE, déposer aux portes du commissariat une personne en situation irrégulière ne manque pas de me sidérer.

Je me souviens, enfant, d’un feuilleton qui passait à la télé et qui s’appelait " Le Prisonnier ". L’histoire d’un homme qui se réveille un matin transporté dans une espèce de monde abracadabrant où les personnes se révélaient des gens très gentils, calmes, souriants, très bien élevés, lisses au possible. En fait, ils n’étaient que des sortes de prisonniers gardés par une gigantesque boule (au sens gardien de prison) effrayante d’angoisse.

Voyez-vous, votre chauffeur suisse et les passagers du bus, ils me font penser à ces personnages de ce petit univers plein de pastels et de douceurs, une gentille version du meilleur des mondes.

@ dab

suite à votre commentaire 07-12 9 :56

" révolutionnaire ", je reprends le terme pour Marcel parce que , là, je pense que vous auriez vu juste.

Non, je ne reproche pas à mon voisin d’appeler la police. Mais je reproche à votre chauffeur de bus d’être allé au-delà des prérogatives qui sont les siennes et d'avoir outrepassé l'objet de sa mission. Il y a tout de même une différence entre prévenir la police de ce qu’on peut supposer être un cambriolage et, TRANQUILLEMENT, déposer un passager clandestin à la porte d’un commissariat. Non ?

dab

A Véronique,

« " révolutionnaire " me concernant, pas tant que ça. Mais vous mettez là en évidence mes paradoxes, auxquels je tiens ».

J’ai écrit ce mot façon pince-sans-rire. Et c’est comme cela qu’il fallait le prendre. Tout le paragraphe de votre commentaire auquel se rapportait ma réaction était,à mon avis, hélas, très juste. De là à exiger la moindre amélioration dans quelque domaine que vous citez, c’est faire descendre dans la rue deux millions de manifestants. N’oublions pas que nous sommes en France. Rappelez-vous la récente affaire des 35 heures des enseignants avec Ségolène.


« Vos petites anecdotes - et ça ne manque jamais - qui illustrent vos commentaires, ce n’est pas qu’elles sont inintéressantes. »

Pour les petites anecdotes j’ai toujours pensé et je continue à penser qu’un petit croquis (ou une photo en couleur) vaut mieux qu’un long discours .

Ici, il s’agissait de faire la comparaison, en très peu de lignes, sans avoir recours à des théories vaseuses de sociologues ou de psychiatres comme on en voit déposer pendant de très longues minutes aux Assises, deux comportements différents face à un même problème, par des personnes physiquement bâties identiquement mais agissant différemment, en raison de leur culture ou leur apprentissage de la vie.

dab

A Véronique,

« Pour votre exemple suisse, ce qui me gêne beaucoup c’est votre notion assez particulière de la Séparation des pouvoirs qu'elle sous-entend ( eh oui! ). En effet, le conducteur du bus est-il un auxiliaire de police? Je pense, moi, qu’il y a d’un côté les conducteurs de bus et de l’autre les policiers. Il ne faut pas que les métiers et que les missions des uns et des autres se confondent. »

En mettant vos actes en accord avec ce que vous écrivez, vous reprocherez à votre voisin d’être un « auxiliaire de police » pour avoir appelé la police et ainsi évité un cambriolage qui était en train de se perpétrer dans votre appartement, en votre absence ?

dab

A Parayre,

Je crois que nous sommes un tout petit peu sortis du sujet initial et que nous sommes en train de faire des heures supplémentaires au noir.
Je n’ai pas lu ce rapport des deux parlementaires que vous citez et par conséquent je ne connais pas la date à laquelle il a été rédigé d’autant plus qu’il n’a pas retenu mon attention, comme relevant de la banalité, lorsqu’il a été publié, mais à la lecture de ce qui est écrit dans votre commentaire, je crois que j’en aurais appris autant, sinon plus, d’une certaine presse française, toujours la même, qui ne fait d’ailleurs que plagier Jean Ziegler lequel, en écrivant ses livres, n’existe que par la pérennisation « d’une stratégie bien ordonnée de captation des capitaux venus du monde entier ».
Quelle stratégie de captation? Imaginez-vous un quelconque détenteur de capitaux, censé réfléchir un tout petit peu, aller mettre en sécurité ses disponibilités obtenues de manière douteuse en Argentine (parlez-en donc aux Italiens honnêtes qui avaient investi dans ce pays et demandez-leur qui sont les vrais prédateurs ) ,au Zimbabwe ,en Côte d’Ivoire, au Venezuela ou en Bolivie ?Il ne faut pas être naïf.
La Suisse est une démocratie exemplaire, donc à l‘abri de tout soubresaut politique, un pays neutre et néanmoins bien défendu étant le seul pays européen capable de mobiliser 700.000 hommes en 48 heures, un pays facile d’accès où le secret bancaire est bien gardé. Il n’en faut pas plus pour bénéficier d’une réputation de pays sûr en matière d’argent.
Le problème des fuites de capitaux vers les « paradis fiscaux » est d’abord celui des pays d’où les capitaux fuient, les « enfers fiscaux ». La question est de savoir si dans ces pays il est plus avantageux de s’adonner à des trafics illégaux, en principe risqués et par conséquent plus rentables pour ceux qui ont de solides appuis ou qui peuvent se payer les meilleurs avocats, que de gagner son argent à partir d’occupations honnêtes et de le voir dilapidé via les prélèvements fiscaux, en dépenses de gabegies par l ’État.
Ainsi, assez souvent, on nous apprend qu’une « grosse quantité de drogue » a été saisie par les douanes françaises. Y a-t-il en contrepartie de toutes ces saisies des suites judiciaires et les gros bonnets ne bénéficient-ils pas le plus souvent de ces « inutiles voies de recours » et des « erreurs de procédure » pour être relâchés avant de retrouver la clandestinité?

A ce qui est écrit dans votre commentaire et ainsi rédigé:

« Les autorités fédérales suisses n’ont pas encore été capables, à ce jour, de combattre efficacement ces mécanismes fiduciaires que l’on retrouve systématiquement utilisés, de manière détournée, à des fins de blanchiment. »

J’opposerai simplement une partie de l’éditorial de Pierre Taribo de l’Est Républicain du 1er février 1989 titré « Manque de certitudes » dont je reprends partiellement ces quelques lignes :

« Le rapport tant attendu est arrivé. Mais comme il pose plus de questions qu’il n’apporte de réponses, on est tenté d’écrire qu’il s’agit d’un coup pour rien. Certes le fameux document relance l’affaire Péchiney au lieu de l’enterrer mais la version qu’il propose des événements nous laisse en manque de certitudes. C’est un peu comme un roman policier dont le lecteur ignorerait la fin parce que l’auteur n’a pu écrire le dernier chapitre, celui où justement le coupable est démasqué. »
Puis un peu plus loin
« Une chose est sûre, la COB, en dépit de son ardeur à la tâche, n’a pas et de loin, fait le tour de la question. Mais en réunissant un certain nombre de présomptions elle éclaire un peu le scandale et laisse au judiciaire le soin de lever complètement l’abat-jour. »
Plus loin encore
« De tout cela, il faut retenir la grande misère de la COB qui ne peut enquêter efficacement sur les délits d’initié et l’apparent souci du pouvoir de démêler l’imbroglio financier »

Je crois que la France, sur le chapitre en question, n’avait à cette époque rien à envier à la Suisse,et j’aimerais assez jeter un coup d’oeil aujourd’hui sur le tableau de chasse de Tracfin ou avoir confirmation de l’absolue efficacité de l’AMF, version améliorée de la défunte COB.

Et au passage
« Il lui faut maintenant faciliter la coopération judiciaire encore entravée par d’inutiles voies de recours et ne plus opposer l’exception fiscale.»

J’objecterai que les « inutiles voies de recours » ne sont pas spécifiques au cas de l’argent sale, qu’il y aurait une équivalente exigence au niveau de l’extradition et je demanderai qu’on reconsidère ce qu’à fait la France dans le cas de « l’écrivain » Battisti depuis qu’il s’est réfugié dans notre pays.

Alors je dirai, moi aussi, que je n’en tire, à titre personnel, aucune conclusion sur les Français, qui ont dans l’affaire évoquée plus haut (Péchiney-Triangle), sans doute pour « lever complètement (ou partiellement) l’abat-jour », beaucoup bénéficient des compétences et de la ténacité de gens comme le procureur fédéral Rudolph Giuliani, Bruce Baird un de ses adjoints, le procureur fédéral Charles Carberry ainsi que Gary Lynch, chef de la section de l’application des lois et règlements à la SEC.

LEFEBVRE

Ministère du droit et de la protection civile pour rappeler que nous sommes dans un état de Droit et que tout individu peut compter sur son institution, c'est valorisant et la sémantique donne un symbole prioritaire de mission. Le terme civil pourrait même être supprimé, celui de protection serait alors mise en valeur. Ministère du Droit et de la protection, voici un intitulé sécurisant avec une valeur altruiste, apaisante. Ministère de la protection sans le droit apporte plus un sens infantilisant qui serait alors néfaste à une société où l'effort et l'autonomie ne sont pas assez mis en exergue.

Jean-Dominique Reffait

Marcel, vous êtes trop systématiquement dans l'invective, l'anathème et l'incantation, c'est fatigant. Les décharges d'adrénaline successives ne constituent pas un raisonnement.

Que l'Education Nationale soit le premier employeur en France ne prouve qu'une chose : c'est que les enseignants sont rattachés à l'Etat alors qu'ailleurs, pour des raisons historiques, ils sont rattachés à des régions ou landers. En effectif cumulé, les nombres sont comparables. Voir les rapports de l'Unesco sur le sujet.

Les résultats de la police dans différents pays s'évaluent en fonction du niveau de sécurité atteint. Suis-je plus en danger à Dusseldorf qu'à Lyon ? Non, et pourtant il y a 50% de policiers de plus en France.
Mais avec un taux record de 1 policier pour 270 habitants, on dénombre à peine 1 policier pour 800 habitants dans certains quartiers pourtant dits sensibles : tâches administratives, absentéisme, inorganisation.

Si vous ne voyez pas qu'un ministère qui s'occupe des cultes aussi bien que de l'implantation d'un giratoire, de l'organisation des élections ou de sécurité publique est un ministère fourre-tout et tentaculaire, je n'ai pas de solution pour vous le démontrer.

"Chatouiller" est une litote, mon bon Marcel.

Enfin, il ne vous est pas venu à l'esprit que le vieux monsieur de 80 ans et son ordre du mérite pouvait être quelqu'un de suffisamment proche de moi pour que je puisse vous dire sans hésitation que des innocents en prison, cela existe, même si je concède volontiers qu'ils ne constituent pas la majorité du genre. Ce n'était pas mon propos d'ailleurs, de signaler ce fait, mais plutôt de montrer que deux racailles, aussi éloignées que possible socialement du vieux monsieur, se sont comportés fort civilement en lui portant ses paquets tandis que le gardien qui virait tout ce monde-là dehors avec morgue n'a pas eu l'ombre d'un geste d'humanité. Sur cet exemple précis et constaté, vous permettrez que mon respect aille aux uns plutôt qu'à l'autre, quand bien même seraient-ils du mauvais côté de l'ordre.

Tourner sept fois son mulot avant de maltraiter son clavier...

Marcel Patoulatchi

Dab, Parayre,

Si nous devons parler de la Suisse, n'oublions pas que c'est un modèle de démocratie en Europe, où l'on fait des votations pour tout et rien, où les citoyens de chaque canton ont toujours leur mot à dire sur la destinée de leur canton, où l'on vote plus souvent pour des idées que pour des personnes.

Le fait que la Suisse jouisse de l'omniprésence de ses banques au secret très bancaire est une autre question.


Jean-Dominique,

Le fait est que l'Education nationale est le premier employeur de France, que c'est incomparable par rapport à d'autres pays. Vous parlez de nombre d'élèves par classes, vous oubliez au passage que dans d'autres pays les études sont largement plus réduites. On peut facilement arguer que nous avons trop d'enseignants dans notre pays, et certains ne manquent pas de le faire, notamment les adorateurs de l'hyperbole du mammouth.
Bien entendu, je ne partage pas leur avis.

Mais je vois très mal comment vous évaluez les résultats des activités de la police. Ne me dites pas, je vous en prie, que vous fonctionnez en terme de simples résultats statistiques, c'est-à-dire exactement le point qui à permis à UNSA-Police et au SNOP de ne pas trop souffrir de la progression d'Alliance et de Synergie Officiers. Ne mes dites pas que vous croyez que le judiciaire et le sécuritaire sont affaire de chiffres brut.

Vous me dites que l'organigramme de l'Intérieur serait incohérent ? Je ne trouve pas. DCRG, DCCRS, DSCP, DST, DCPJ, DFPN et DAPN, ces services ne se chevauchent pas dans leurs attributions (je ne parle pas des annecdotiques SPHP et compagnie). Trop de services concurrents ? Allons, nous ne sommes plus à la grande époque BRB contre OCRB... Et franchement, je ne sais pas si nous devons avoir honte face aux homologues européens. A de nombreux égards, la police et la gendarmerie nationale sont considérées comme des références au niveau international (et je ne parle pas uniquement du GIGN, GIPN et RAID). Rien qu'au niveau du maintien de l'ordre, nos compagnies républicaines de sécurité et gendarmes mobiles arrivent à gérer des mouvements contestaires de masses sans mort d'homme, on ne saurait en dire autant de certains homologues européens, notamment carabinieri. Alors c'est sûr, on peut bien hurler « CRS SS » mais c'est du négationnisme.

Quant aux hools qui saluent les bobbies, je vous assure que la culture anglaise est très différente de la culture française. Quand on prend les Britanniques pour des furieux, c'est un peu comme lorsqu'on prend certains auteurs romains antiques très critiques sur leur temps pour présenter les Romains comme tous débraillés et orgiaques. On ne se rend pas compte que leur force d'attraction repose sur le fait qu'ils sont apparus dans des sociétés beaucoup plus rigoureuses que la nôtre. Un peu comme si dans 400 ans on prenait les films de Catherine Breillat comme l'exemple des relations homme-femme de notre ère. A quoi bon chanter « God save the queen", "the fascist regime, they made you a moron » aurait-il eu tant d'impact dans une société moins coincée ?


Par ailleurs « chatouillé vivement », ça veut dire quoi ? Excusez-moi, mais j'ai un faible degré de tolérance à l'égard des violences volontaires. On ne « chatouille » lorsqu'on éborgne presque un individu.

Quant à l'ordre du mérite, excusez-moi mais je ne crois pas ce genre de dignités compatibles avec une condamnation pénale. Je sais bien que la légion d'honneur est maintenant affaire de footballeurs, mais je ne m'y résous point.

Quoi qu'il en soit, que des fonctionnaires aient manqué de faire honneur à leur uniforme ne change rien au reste de notre discussion.


Véronique,

Pour les Suisses, la police est le bras de la Nation - enfin du Canton ou de la Confédération. Aider la police, c'est s'aider. Lorsqu'un individu délinque, il paraît naturel aux Suisses, en particulier les Suisses germanophones, de le dénoncer à la police. Ce n'est pas être auxiliaire de police, c'est vivre sa citoyenneté et ne pas considérer les fonctionnaires comme une chose extraordinaire conceptuellement.
Il y a évidemment d'un côté les policiers et de l'autre ceux qui le sont pas. Mais peut-on souhaiter que comme en France, des gens assistent sans rien dire à la destruction du bien commun, sous prétexte qu'ils n'ont pas fait le choix de porter l'uniforme ? Qu'est-ce que le citoyenneté, si on se contente de reléguer son incarnation aux fonctionnaires, profs ou policiers ?

Véronique pour dab

Mais enfin, dab, admettez quand même que " ministère de la Tranquillité publique " ça ne convient pas du tout ! C’est une appellation de communicant, c’est trop suave et lisse. J’admets que " ministère de la Sécurité publique ", ça ne va pas du tout. PB m’a convaincue que l’expression fait trop ministère de l’Intérieur, trop police, trop tout ça. En fait je pensais le mot sécurité au sens commun. Mais, vraiment, le fond de l'idée de PB, je pense qu'elle correspond à un besoin de l'ensemble de la population de notre pays.

Pour votre exemple suisse, ce qui me gêne beaucoup c’est votre notion assez particulière de la Séparation des pouvoirs qu'elle sous-entend ( eh oui! ). En effet, le conducteur du bus est-il un auxiliaire de police? Je pense, moi, qu’il y a d’un côté les conducteurs de bus et de l’autre les policiers. Il ne faut pas que les métiers et que les missions des uns et des autres se confondent.

Pour votre exemple bien de chez nous. A mon avis, le cadre dirigeant de ce chauffeur, disons-le tout net, est une nullité. Je pense que la valeur d’un cadre ou d’un dirigeant se mesure aussi à la façon dont travaillent ou ne travaillent pas ceux qu’il est censé diriger. Évidemment là, c‘est du pire que nul.

" révolutionnaire " me concernant, pas tant que ça. Mais vous mettez là en évidence mes paradoxes, auxquels je tiens.

Je suis profondément attachée à un idéal de Justice et au non négociable dans les principes qui vont avec. Mais je déteste les systèmes qui nous enferment dans des habitudes et des conformismes dans le travail, qui font qu’on ne cherche pas à progresser ou à améliorer concrètement et avec efficacité les choses et les environnements. Tout cela finit par plomber toute tentative de progression, et par désespérer ceux qui ont envie que les choses avancent et réussissent. Dans le travail, je crois à la vertu des actions simples.

PS : ne le prenez surtout pas mal. Vos petites anecdotes - et ça ne manque jamais - qui illustrent vos commentaires, ce n’est pas qu’elles sont inintéressantes. Mais, bon, en ce moment, je suis plutôt cafardeuse, car dans le regret de D. Simonnot dans Libé.

dab, pour faire Simonnot, ce n’est pas encore vraiment gagné… y a encore pas mal de boulot!


Jean-Dominique Reffait

Marcel, soyons sérieux, s'il vous plaît. Le nombre d'enseignants en France, relativement à ceux de nos grands voisins, est fonction de critères démographiques. Le sureffectif des classes en France, qui tend à se réduire d'année en année, indique que le nombre d'enseignants par élèves dans le primaire et le secondaire est moins élevé en France qu'en Allemagne et équivalent à celui de l'Angleterre. En revanche, la proportion de policiers par habitant est de plus d'un tiers supérieur en France que le plus élevé de nos voisins, l'Angleterre. Et cela pour des résultats, soit équivalents, soit inférieurs. J'y vois matière à amélioration et non à auto-satisfecit.

Lorsque je parle de dégraisser le mammouth de la place Beauvau, je n'évoque d'ailleurs pas la question des effectifs, mais la concentration excessive de compétences hétéroclites au sein d'un même ministère. Jetez un oeil sur l'organigramme du ministère de l'Intérieur et trouvez-moi un organigramme comparable dans un autre pays industrialisé. Il y a trop de services, parfois concurrents.

Dans la perspective de Philippe, cette clarification est essentielle.

Les hooligans saluant poliment les bobbies ! Faut arrêter le Riesling !

Une anecdote datant de ce matin. Un vieux monsieur de 81 ans est sorti de la prison de Fresnes. On a entassé dans des cartons tous ses bouquins et ses fringues et on l'a balancé à la porte de la prison sans même avertir sa famille et sans l'accompagner à la sortie du centre pénitentiaire. Pas un gardien pour lui porter ses affaires (plus de 80 kilos) jusqu'à la sortie. Sortent en même temps que lui deux jeunes, disons Rachid et Mouloud, qui venaient de tirer 4 mois pour avoir chatouillé un peu vivement l'oeil d'un policier. "Vous voulez qu'on vous aide Monsieur ?" Les deux racailles ont trimballé sur 200 mètres les paquets du vieux monsieur. Apprenant qu'il avait perdu sa femme, l'un d'eux lui prend la main et lui dit "Je vous présente toutes mes condoléances, monsieur".
Le vieux monsieur est en complet veston de chez Saint Laurent, arborant son ordre du mérite, un notable, un bourgeois. La racaille l'a aidé, avec la politesse que je viens de citer, pas les fonctionnaires présents.

Marcel, la réalité est dix mille fois plus complexe que vous ne l'imaginez, si vous saviez...

Parayre

@dab
Lu dans le rapport parlementaire de MM.Peillon et Montebourg :

"La lutte contre le blanchiment des capitaux en Suisse :
Un combat de façade "


Sous les coups répétés de scandales politico-financiers, la Suisse s’est juridiquement dotée d’un ensemble de mesures spécifiques, destinées à lutter contre le blanchiment des capitaux.
Toutefois l’application de la loi dans ce domaine se heurte à de vives réticences et de graves inerties de la part des acteurs de la place financière.
Négativement qualifiée de " centre offshore " par les experts internationaux, la Suisse, véritable prédateur de la finance mondiale, a mis en place une stratégie bien ordonnée de captation des capitaux venus du monde entier.
Revenus non déclarés, fortunes de dictateurs, commissions occultes, tous ces fonds viennent encore trouver refuge dans la Confédération helvétique où ils sont efficacement et discrètement gérés par des professionnels de la finance.
Des intermédiaires financiers gèrent ainsi les comptes en Suisse de milliers de sociétés domiciliées offshore, derrière lesquelles s’abritent les véritables bénéficiaires de ces sommes.
Les autorités fédérales suisses n’ont pas encore été capables, à ce jour, de combattre efficacement ces mécanismes fiduciaires que l’on retrouve systématiquement utilisés, de manière détournée, à des fins de blanchiment.
La Confédération helvétique ne pourra pas, d’autre part, continuer de rester indéfiniment en retrait par rapport à ses voisins de l’Union européenne, sur la question fiscale et celle de l’entraide judiciaire.
Il lui faut maintenant faciliter la coopération judiciaire encore entravée par d’inutiles voies de recours et ne plus opposer l’exception fiscale.

Je n'en tire , à titre personnel , aucune conclusion sur les Suisses .


dab

A tous,

Depuis trois jours que cette discussion se déroule, où malgré Orwell et Pétain cités respectivement par Véronique et sbriglia, tout n‘y est pas encore passé, et comme je n’ai vu aucun commentaire en faire état, je signale qu’en Suisse, le pays de ceux qui ont un « CH » à côté de leur plaque d’immatriculation sur leur voiture (ce qui ne veut pas dire Chuisse,mais « Confédération Helvétique »), il existe non pas un ministère de l’Intérieur et non pas, d’autre part, un ministère de la Justice, mais un « département » (équivalent de l’appellation de « ministère ») qui rassemble les deux et qui s’appelle officiellement le « Département fédéral de justice et police » dont le responsable actuel (et depuis le 1er janvier 2004) est le Conseiller fédéral Christoph Blocher qui a, entre autres, étudié dans sa jeunesse à Montpellier et à Paris.
A toutes fins utiles:

http://www.dfjp.admin.ch/ejpd/fr/tools/uebersicht.html

A frigobus (premier commentaire)

« Pour le fond, je ne commente pas, j’ai pas réfléchi! »

Mon avis est que c’est mieux ainsi.

A doc

« Quand la chose est si bien dite, il n'y a rien à ajouter.
Donc espérons cette idée de grand ministère concrétisée par nos décisionnaires. »

Le problème est qu’en France il faut entre trente ans et un demi-siècle pour qu’une idée se concrétise... quand il s’agit de modifier quelque chose qui implique l’administration du pays.


A Lefebvre

D’accord, entre autres, pour la « République du mensonge médiatiquement correcte »
Pour une nouvelle dénomination des banlieues, allons-y pour « Zones Périurbaines en Voie de Facilitation »

A Véronique

«Maintenant, il me semble aussi qu’il serait plus souhaitable de commencer par faire le ménage dans chaque ministère concerné : priorités, lourdeurs, budgets mal utilisés et non contrôlés, inefficacité de ceux qui sont censés diriger ou encadrer, ouverture dans les recrutements, pragmatisme et mise en place d'objectifs précis et soumis à évaluation, etc.
»

Vous êtes une dangereuse révolutionnaire. Vous n’avez jamais vu de panneau « Silence prudence Merci » ?


En prime, un fait divers entendu à la Radio Suisse Romande, il y a quelques années.

A Thun, dans un autobus monte un passager sans billet et s’y installe (en France on aurait dit un « jeune »). Le conducteur s’en aperçoit, ne bronche pas et laisse. Puis continue son circuit. Mais très vite les autres passagers s’aperçoivent, en se regardant les uns les autres, inquiets, qu’il a dévié de sa propre initiative de son itinéraire habituel. Puis arrivée du bus devant le commissariat de police. La police cueille le passager en situation irrégulière, sans bruit, sans coup férir. Terminé. Le conducteur n’a jamais eu besoin de recommencer une telle action.

Comment cela se serait-il passé en France?

Entendue cette conversation entre deux conducteurs, place de la Nation, un lundi de Pentecôte à 23h40, ligne 26 Porte de Vincennes-Gare St-Lazare, quand il y avait encore le service militaire.
« Ça y est t’as fini ? Ah oui, dans ce sens là c’est quand même mieux à cette heure. Si c’est à Saint- Lazare à la même heure, il y plein de bidasses qui rentrent de province. Cela me fait cinquante tickets à vendre les uns après les autres. Alors je ne viens m’installer au volant qu’au dernier moment juste avant le départ, ils sont déjà tous installés bien tranquilles dans le bus, et puis je pars ! »

Deux pays,deux comportements...

Véronique

Je suis d’accord avec jpchaume, ce qui est redoutable aujourd’hui chez les politiques et quelle que soit la couleur qu’ils défendent, c’est l’omniprésence des communicants et la faiblesse de leurs clients politiques à ne pas savoir leur résister. Rappelons-nous " la force tranquille " et le " Ministère du temps libre " des années 80 !!!

En face des communicants, il faut impérativement des personnes qui seront garantes de la valeur et du pouvoir des mots et des concepts.

Ce fort penchant chez les " marketeurs " à ne pas appeler un chat un chat m'apparaît dangereux. Dans une entreprise quand un patron est un patron, on peut s’y opposer, car, au minimum, on l’identifie . Quand les responsables se définissent avec des mots aseptisés, ils instaurent une sorte de flou et de perversion dans les rapports.

Je pense, comme l’écrit jpchaume, que " "Le primat de la justice" me semble impératif, et sa séparation de l'exécutif décisivement républicaine ! ".

je pense également que l’idée développée dans la note est très intéressante et novatrice. Mais " la tranquillité publique " , je suis pas d’accord. Car même si je ne maîtrise pas exactement les notions d’ordre public et de séparation des pouvoirs, je crois néanmoins que la dénomination " Ministère de la sécurité publique " (au sens de garantie et de droit à la sécurité) a au moins le mérite de dire son nom et de parler clairement au plus grand nombre.

Maintenant, il me semble aussi qu’il serait plus souhaitable de commencer par faire le ménage dans chaque ministère concerné : priorités, lourdeurs, budgets mal utilisés et non contrôlés, inefficacité de ceux qui sont censés diriger ou encadrer, ouverture dans les recrutements, pragmatisme et mise en place d'objectifs précis et soumis à évaluation, etc.


LEFEBVRE

J'entends souvent les mots : misère, précarité, pauvreté notamment dans les médias, les centres sociaux, les travaux universitaires sociologiques en parlant des banlieues qu'il faut, paraît il, ne plus nommer ainsi.
J'aimerais donc profiter du ton de la conversation pour émettre une critique quant à ces qualifications, qui est en moi depuis quelque temps.
De quoi parle-t-on et avec quelle indécence ?

Je n'ai jamais croisé dans les cités françaises de sans-logis, ces derniers y seraient rapidement maltraités. Personne dans les zones urbaines n'a le scorbut, le ventre gonflé d'air par manque de nourriture solide, les stigmates d'une anorexie forcée, personne n'y est jamais mort de faim. C'est même le seul endroit où la puissance du tissu associatif est telle que les restos du coeur sont ouverts toute l'année.
Ce sont en Lacoste que les bandes mafieuses brûlent les voitures, ils ont tous de la sape de marque, ils n'ont pas l'air mal nourri, au contraire.
Misère, pauvreté, il y a mauvaise foi sur les termes. Dire que les émeutiers sont pauvres, c'est comme supposer une once de talent à Diam's ou à monsieur R. Tout et n'importe quoi est dit dans cette République du mensonge médiatiquement correcte. Avant de redonner une place naturelle à la justice, à la police, à l'enseignement, il faudrait redonner une honnêteté aux mots, un sens vrai au langage usuel. Il y aurait déjà un progrès considérable et une identification des causes réelles de la crise de notre société. Les discours en deviennent systématiquement un métier à tisser les mots pour les vider de leur sens premier. Toute intervention publique semble faite pour enfler le non-dit. Ce non-dit ne fera qu'exploser plus intensément le jour dit.
Ainsi un clochard devient un SDF, mais a-t-il moins froid l'hiver ? Une femme de ménage devient une technicienne de surface, mais est-elle mieux payée ? L'éboueur devient agent de propreté, mais ramasse-t-il autre chose que des poubelles ?
La liste serait longue et incomplète. Ce ne sont pas des pauvres qui ont brûlé des voitures, mais des voyous mégalomanes qui exigent d'être chefs, milliardaires et oisifs. Ce ne sont pas des jeunes, il y avait des trentenaires et c'est insultant pour notre jeunesse prise avec tant de maux dans une situation souvent peu enviable que de la ramener à ces actes délictueux. Nombre de jeunes sont au contraire étonnant de lucidité, de bonne volonté et de courage.

Parayre

" La France nouveau tiers-monde " : je crains , Marcel Patoulatchi , que les plaies dont vous êtes témoin vous aveuglent et vous fassent perdre de vue que sur notre territoire on crève plus d'excès de cholestérol que d'insécurité .

Nos échanges passionnants et passionnés sur les problèmes de justice sont un " luxe ", il est vrai non taxé ,autant en profiter donc , que nombre de pays seraient heureux de connaître .

La violence , nos institutions y participent : comme l'eau empoisonnée désaltère avant de tuer , la répression étanche la soif de justice mais en même temps l'empêche d'aller chercher d'autres sources .Il est nécessaire d'empêcher les malfaisants de nuire , et lorsqu'ils ont réussi , il est aussi indispensable de repriser le tissu social déchiré .

Marcel Patoulatchi

Jean-Dominique,

La culture nationale française n'a guère de rapport avec la culture nationale britannique. Baladez-vous avec un T-shirt arborant le drapeau tricolore en France comme de nombreux Britanniques arborent l'union jack dans leur pays, vous constaterez des réactions bien particulières en France.
Par ailleurs, je ne crois pas que l'hooligan n'est pas représentatif de l'ensemble des Britanniques. D'autant plus que les hools au Royaume-Uni ne sont pas forcément des cas sociaux, a contrario du cas habituel français - en quelque sorte, un hooligan saluant un bobby n'est pas forcement impossible.
Finalement, faut-il rappeler qu'évidemment la France à poussé bien plus loin le Welfare State que les pays anglo-saxons ? Doit-on s'en plaindre, en faisant l'effort de ne surtout pas remarquer que nombre de Britanniques (cf le syndicat Amicus à propos des fermetures d'usines Peugeot et open/vauxhall) ne semblent pas forcement si hostiles à notre modèle plus centralisé. L'administration française ayant le plus de personnel est l'Education nationale : comparez-vous aussi ces chiffres avec ceux de l'étranger ? Proposez-vous aussi un dégraissage, sans se soucier de ce que notre modèle centralisé nous apporte ?

Quoi qu'il en soit, je suis de ceux qui ne parlent de tradition que pour les questions culinaires et folkloriques. Pour le reste, le fait qu'une chose soit traditionnelle ou pas ne me paraît sans intérêt, ce qui compte c'est le besoin et la réponse apportée.
Et en la matière, je ne crois pas que les administrations françaises aient à rougir. Sans doute sont-elles perfectibles, je crois néanmoins qu'elles sont loin d'apporter des réponses médiocres aux défis majeurs que la situation nationale apporte (qui ne sauraient être comparés aux défis posés dans des pays scandinaves à faible densité de population et à niveau moyen d'éducation de la population largement supérieur, sans parler du PIB par habitant).

Quant à la séparation des pouvoirs, elle signifie que la Justice se rend sereinement uniquement en fonction de la loi. C'est parfaitement le cas en France, en tout cas sur les fondements théoriques, et nul ne propose le contraire. Un ministère réunissant Intérieur et Justice ne remettrait pas cela en cause, il n'est pas question de rendre les magistrats du siège subordonnés au garde des Sceaux.

cactus et Qwyzyx

"Il s'agit de choisir entre :
Etat de droit ou Etat étroit ?"
okok
just Qwyzyx me don't tease me , célèbre morceau de jazz là !
sinon " marche tout droit même si on est à l'étroit ! "

alors pourquoi pas essayer l'agrandissement à défaut d'ouverture !
rooo " l'ouverture" là c'est Toussaint et plus classique ? tant pis !

à bon entendeur !

Jean-Dominique Reffait

@jpchaume
Il n'y a pas de séparation des pouvoirs dans le cadre d'une politique nationale actionnée par un gouvernement. La politique de tranquillité publique, si l'on retient cette expression, s'appuie sur des acteurs qui doivent agir de concert. Rien n'est plus surprenant dans notre pays que l'opposition quasi-systématique entre la place Beauvau et la place Vendôme, chacun tentant de soumettre l'autre.

Or si l'on peut concevoir, dans une dictature, un ordre policier sans justice, on ne peut imaginer une justice sans le bras séculier de la police. C'est la raison pour laquelle j'aurais tendance à mettre au haut de l'échelle l'institution la plus fragile, qui est la justice, sans préjuger des nécessaires et radicales réformes dont elle doit faire l'objet.

Jean-Dominique Reffait

Marcel, l'outrance ne constitue pas, sauf à vouloir rigoler entre copains, ma façon de penser.
Nicolas Sarkozy rappelait lui-même lors de l'émission avec Arlette Chabot (Pauvre Arlette, qu'est-ce qu'elle fait démodée aujourd'hui !!!) que beaucoup trop de policiers "tapaient le carton" en attendant d'avoir quelque chose à faire.

C'est de tous temps que la France a été un état de tradition policière, bien avant les émeutes de 2005.

Oui, il est pertinent de comparer ce qui est comparable, et la France n'est pas atteinte d'une maladie congénitale qui épargnerait l'Angleterre, l'Allemagne, l'Italie ou l'Espagne. Où avez-vous vu que le holligan anglais, inventeur du genre, disait respectueusement bonjour au bobby ?

Il y a d'autres politiques possible que le nombre, en matière de police comme en matière de justice. Qualité de la formation, revalorisation des salaires, redéploiement sur le terrain.

Ni l'incantation, ni l'outrance ne constituent une politique.

jpchaume

Le commentaire de J.D.Reffait marque très justement ce qui me dérange.
Fouché Big Brother, non, non et non,surtout dans son incarnation présente, versatile et imprégnée de marketing politique.
Le "primat de la justice" me semble impératif, et sa séparation de l'éxécutif décisivement républicaine !

Marcel Patoulatchi

Jean-Dominique,

Après l'éducation nationale, les dealers de peau de mamouth changent de cible.
C'est sûr, vu novembre 2005, la France a des moyens policiers sur-dimensionnés. C'est sûr, c'est pertinent de comparer la France, pays où il n'existe plus que 9 départements sans banlieues à émeutes, à d'autres pays européens où tous les habitants disent respectueusement bonjour à n'importe quel policier qu'ils croisent.

Allons-y, tuons l'infâme république. On y aura droit, à la France nouveau tiers-monde, si on la veut.

Jean-Dominique Reffait

La France est historiquement un état policier, hanté depuis les Capétiens par la menace de la division et de l'éclatement. Nos ministres de l'intérieur, les Fouché, Marcellin, Pasqua, Chevènement ou Sarkozy, pour ne citer que ceux qui ont marqué l'opinion aussi bien que les policiers, se sont inscrits dans cette tradition policière française : sureffectif policier (comparativement à nos voisins, pour des résultats comparables voire inférieurs), une certaine culture barbouzarde, une surveillance aussi étroite que possible des comportements. Le résultat en est un ministère de l'Intérieur qui fait tout et n'importe quoi, les cultes, l'aménagement du territoire, les collectivités locales, les élections, la police et la gendarmerie, tout cela, en fonction de la coloration du ministre, avec une orientation policière soutenue. C'est la vieille tradition régalienne de l'Etat.

Le ministère de la Tranquillité publique, dont j'approuve la dénomination car elle est simple, calme, non conflictuelle, que suggère Philippe saurait-il s'émanciper de cette culture policière ? Idéalement, ce ministère équilibrerait dans toutes ses composantes les actions de services spécialisés décloisonnés. Mais le risque existe cependant qu'un tel ministère devienne un super-ministère policier avec les pseudopodes misérables de la justice et de l'administration pénitentiaire.

Il conviendrait donc, avant toute chose, de dégraisser le mammouth de la place Beauvau pour en répartir les différentes compétences entre des ministères plus équilibrés.

Je suggérerais même que le siège de ce ministère soit situé place Vendôme, car si je peux noter, avec une once de perfidie, que vous reprenez la notion de tranquillité présente dans la rupture tranquille, je pense, pour ma part, que l'ordre juste implique un primat de la justice.

LEFEBVRE

@ Parayre,
je me permets juste une petite touche d'humour avec une pointe d'ironie, non à votre égard, mais à celui de la vie.
Pourvu que ce procureur de la nation nommé ne soit pas Gérald Lesigne.

Parayre

N.S a formulé l'idée de créer un procureur de la Nation chargé de veiller à la déclinaison au niveau local de la politique pénale préalablement arrêtée par le gouvernement .

Cette proposition ancienne que le ministre-candidat semble vouloir reprendre à son compte me semble intéressante et il me serait agréable , Philippe , de connaître votre avis .

Elle me paraît en effet intéressante car elle présuppose , un peu comme vous l'imaginez avec le ministère de la Tranquillité publique, une véritable implication - non ponctuelle et opportuniste - de l'exécutif dans la détermination des choix de poursuites et donc de la politique pénale .

Or , " exercer l'action publique pour l'application des peines " ( article 1 du CPP ) ce n'est rien d'autre que concilier la politique pénale définie au niveau national et les réalités locales .

Cette adaptation nécessaire ne peut notamment , sauf meilleur avis de votre part , selon la formule consacrée , se concrétiser que par le principe d'opportunité des poursuites qui implique des relations transparentes et lisibles pour nos concitoyens entre les procureurs et une autorité responsable - aujourd'hui le GDS , demain un procureur de la Nation au statut le rendant "insuspectable" de choix partisans .


Cette détermination souhaitée et souhaitable de la politique pénale permettrait un débat de fond préalable sur des questions aussi essentielles que l'adaptation des politiques judiciaires aux moyens alloués à l'institution et , réciproquement , pour retrouver un thème à vous cher , la nature des contrôles qui doivent être exercés sur les magistrats au regard des pouvoirs qui leur sont délégués ...

jpchaume

Oulala, lala, lala...

Et puis peut-être un ministère de l'Economie Féconde, de la Culture Bienséante,des Relations Extérieures Cordiales,de l'Agriculture Raisonnée,des Armées Bienveillantes,etc...

J'y ajouterai volontiers celui de la Mer Calmée.

Mais je persifle.
Pardon.

Mm

On pourrait commencer, par exemple, par donner de vrais moyens pour assurer la sécurité, une bonne informatique aux tribunaux (pas moyen de suivre son dossier correctement ce jour, même sur une escroquerie de 30 MF), et vider les geôles des malades mentaux ( 25% ?)
Après on pourra peut-être mieux se synchroniser, ce qui sera le début du commencement d'un bon fonctionnement du pouvoir judiciaire ?

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