Formuler une telle question est infiniment vulgaire. Comme si une personne, une intelligence, une âme, un souffle unique pouvaient être privatisés, avaient le droit d'être confisqués. On ne songerait pas à aborder ce débat apparemment facile à trancher si François Hollande, récemment, n'avait reproché à Nicolas Sarkozy d'avoir cité à plusieurs reprises dans un discours le nom de Jaurès, dont la gauche aurait oublié les leçons. Il est hors de question de discuter de l'antagonisme politique. Plus passionnante me semble être l'analyse, bien au-delà de leur champ immédiat, de cette attitude et de ce déni.
Dans le domaine privé où la culture de chacun se forme par couches et sédiments successifs par l'apport de mille lectures souvent et heureusement contradictoires, personne n'irait mettre en cause la curiosité multiforme et donc non partisane qui emplit un esprit, aussi bien de Gramsci que de Drieu la Rochelle, de Céline que de Sartre, de Faulkner que de Marcel Proust. Pour demeurer dans un registre purement politique, on peut lire Tocqueville, Taine, Hobbes ou Gobineau avec la même passion, au moins dans la découverte, que Marx, Bakounine ou d'autres théoriciens de la révolution, moins spectaculaires. Un tel éclectisme serait même favorisé, tant dans son principe il rejoint une conception générale de la connaissance et de la formation de la pensée, qui la constitue comme une appétence sans limites et sans tabou pour tout ce qui est à lire et à comprendre.
Ce ne serait pas la même chose dans le domaine de la vie politique. La culture nourrissant chacun dans l'intimité relèverait d'un monde idéal mais les frontières et les camps reprendraient toute leur emprise, les interdictions et les intolérances distilleraient leur venin dans l'espace public. D'un coup Jaurès n'appartiendrait plus à tout le monde et il y aurait des personnalités gardées comme il y a des chasses gardées.
Une telle conception - si elle était radicalement mise en oeuvre et si par exemple seuls les socialistes et les communistes avaient le droit de faire référence à Jean Jaurès -, représenterait une formidable régression par rapport à notre socle d'admirations communes. Un pays ne peut pas vivre ni respirer convenablement si l'histoire, l'art, la philosophie ou le génie ne lui offrent pas, dans cette patrie de l'intelligence et du coeur indivise, dans ce fonds collectif où les apparentes provocations d'hier sont devenues les vérités de tous, où l'humanisme paré d'éternité de quelques-uns rassemble une société, de quoi nourrir sa soif d'absolu et sa volonté d'union. Une multitude a besoin de savoir que certains sont parvenus à échapper au sort habituel de la banalisation et de la domestication; ils ont été plus forts que les clivages et les idéologies qui viennent si naturellement découper nos enthousiasmes en séquences idéologiques. Il y a bien longtemps que Jean Jaurès a dépassé le socialisme pour entrer, par la qualité de son verbe et de sa langue, la profondeur de sa réfléxion, l'évidence de ses élans de coeur et d'esprit et le respect que sa puissance d'être inspire, dans le royaume des intouchables. Cela signifie que son existence, son oeuvre et ses combats ont pris une telle couleur d'universalité que n'importe qui peut aller puiser en eux, sans demander la permission à quiconque. C'est, par conséquent, le réduire que de laisser croire que certaines admirations lui seraient réservées et que d'autres seraient indignes alors que précisément ce qui distingue ces personnalités de toutes les autres, c'est qu'elles-mêmes et le temps passé ont remplacé la contingence des opinions et des choix par la nécessité de l'adhésion. Ne pas estimer Jaurès, aujourd'hui, ce serait se dépouiller d'une part d'un patrimoine commun qui renvoie la politique à ses jeux partisans et parfois ridicules, pour seulement parler de ce qui nous relie les uns aux autres.
Loin de moi l'idée de prétendre que cette élite plus forte que le siècle, sans cesse victorieuse des bruits et des combats du monde serait forcément ancrée dans le camp de la gauche, du progressisme et de la révolution. Je pourrais trouver des exemples qui sans doute s'affronteraient difficilement à un monument humain comme Victor Hugo, pour n'évoquer que lui, mais qui pourraient être admises par des sensibilités adverses, comme Jean Jaurès par Nicolas Sarkozy. L'important est d'ailleurs moins ce qu'on pense et l'étiquette que le besoin de définir appose qu'une certaine manière d'exister, de sentir et de compatir. Combien de fois a-t-on répété, avec un peu de condescendance, que Camus ne valait pas Sartre et et que celui-ci, avec son génie sectaire et si prompt à justifier l'injustifiable, était infiniment plus vivant que celui-là avec son humanisme tiède, sa générosité et ses doutes. Pourtant, à y regarder de près aujourd'hui, quel changement de perspective ! Camus, engagé pourtant aussi dans beaucoup de controverses, clairement de gauche, philosophe de la révolte, moraliste scrupuleux, fait l'objet d'une adhésion qui, toutes familles confondues, le distingue de beaucoup d'autres qui se sont brûlé les ailes et le talent au feu de l'actualité. Camus n'a jamais eu le goût du sang et il a tenté d'inscrire sa pensée certes dans les polémiques de son époque mais en veillant à lui garder une spécificité qui ne cesse pas d'interpeller au-delà du politique. Appréhendant avec honnêteté et courage la complexité du monde, il a réussi à la faire entrer en lui pour en fournir une analyse et en donner une vision qui, par l'universel qu'elles portent, rassemblent et rassurent. Au fond, ces personnes qui, comme Jaurès, appartiennent à tous sont habitées elles-mêmes par tous. On pourrait soutenir, même si l'approche est à approfondir, qu'elles ont su quitter le politique élémentaire et quotidien pour présenter, grâce à leurs propres contradictions, une image qui a permis à un camp de rejoindre l'autre dans une estime solidaire. Notre Histoire est riche de ces rencontres, au sein d'une personne emblématique, de la société tout entière. Droite, gauche, quelle importance cela avait-il, à la fin de sa vie, pour un François Mitterrand que les purs accusaient de trahison idéologique et qui, pour la plupart, avaient atteint ce point où il n'était plus contestable ? Le général de Gaulle, statue du Commandeur dégagée de la gangue des jours ordinaires, fait partie de ces phares qui, oubliés les motifs de discorde, ne cessent d'être regrettés en ayant rendu vaine toute imitation.
J'ai insisté sur l'universel. Il me semble qu'en effet certains êtres sont plus universels que d'autres. Ils nous appartiennent parce qu'ils nous possèdent. Interdire, en politique ou ailleurs, de les évoquer à ceux qui n'en auraient pas la légitimité est une absurdité. Tout le monde est légitime à s'abriter sous le meilleur de ce que l'humain a inspiré. Privatiser les grands esprits, ce serait une démarche étrange pour le socialisme. Je conviens que cela peut être dur à accepter mais il n'y a aucun doute : personne n'a le droit de nous empêcher de nous installer dans la belle famille humaine.
DURALEX sed lex !
J.J/J.J d'être récupéré ici et là par d'ignobles récupérateurs à toutes z'heures et de tout bord !
à babord toute : mille sabord'âge plus du tout tendre mais tendance guérilla en hoooooo troubles !
Jaurès de tant se retourner en sa tombe qu'un jour son souffle réussira à ressortir pour que , devenu alors , séries'all kill'heures , il viendra mettre face à leur inconscience les violeurs de sa sépulture pour mieux les ramener à " leur " juste sanction !
le prochain gagnant à la grande loterie électorale se retrouvera , c'est certain , au second tour de cons , face à JMLP/JMLP : aux lendemains des dernières , pourtant , ILS avaient (par)juré : on n'oubliera pas nos erreurs et cela ne se reproduira plus !
et pourtant en ce moment à mon propre sond'âge divers sur Lyon , des petites gens - et pas qu'eux durs- de me dire -entre nous - que , cette fois , ils " sanctionneront" parce que pour eux ce ne peut pas être " plus pire " !
à bons malentendants , ce ne sera ni un malentendu ni un mal entendu , juste une sanction normale attendue !
à me suivre ?
Rédigé par : Cactus aime le maudit blues | 08 février 2007 à 20:38
Je veux bien admettre vous avoir lu un peu vite, mea culpa ...
Maintenant mettre les Lumières , Voltaire et les révolutionnaires de 89 sur le même plan que les révolutionnaires radicaux me semble un peu rapide. 89 n'a rien à voir avec 93. Robespierre avec Voltaire. Et les Lumières avec Mao.
D'ailleurs en lisant le texte de Jaurès que je cite ci-dessus, il pourrait très bien être vu à droite aujourd'hui.
Pour ma part, je me sens totalement l'héritier de 89 et des Lumières et pourtant en France je suis classé à droite ...
Rédigé par : Thrin | 06 février 2007 à 21:51
@Thrin : le dialogue nécessite l'écoute de l'autre et lorsqu'il est écrit , une lecture de son propos : vous m'avez manifestement mal lu - ou j'ai été peu explicite même si j'en doute - puisque je ne revendique justement pas "le fonds mythologique" des gauches et me contente de le constater et de le contester en le raillant comme embrassant trop d'icônes - sans y ajouter en plus Pol Pot ou Staline - leur étant étrangères !
PS: pardon à tous d'être décidément "médiocre" !
Rédigé par : Parayre | 05 février 2007 à 20:26
Il faut dire que Jaurès n'avait pas les idées sectaires et réductrices d'une bonne partie de la gauche d'aujourd'hui. En témoigne ce texte que l'on aimerait voir repris par la gauche !
http://www.istravail.com/article93.html
@ Parayre. Je vous laisse Robespierre, Mao, Pol pot, Staline et autres dictateurs. Pour ma part je préfère la droite libérale, qui a amené liberté, prospérité (avez-vous remarqué que seuls les pays capitalistes sont sortis du sous-développement) et démocratie, alors que les pays de gauche nous ont donné le totalitarisme, la misère et la disparition des libertés. Seuls les sociaux-démocrates ont quelques résultats en rajoutant une couche plus sociale aux démocraties libérales.
Rédigé par : Thrin | 05 février 2007 à 19:12
Afin de saluer ma découverte de ce blog, suivant un mystère des déambulations d’un internaute matinal, et pour en revenir à une question ancienne qu’un lapsus, qui n’en fera ? Ravive sans le rénover, comment ne pas préciser et pourquoi ceci ne fut-il pas accompli, que le privilège du cœur s’exerce de deux façons bien distinctes, pour l’un suivant les usages de la charité, pour l’autre d’après des règles de droit, selon la Loi voulue par les représentants élus de la société ?
Rédigé par : Louis Poulet | 05 février 2007 à 08:40
"Lorsque l'ouvrier a tout perdu, lorsqu'on lui a tout pris, il faut lui parler de la seule chose qui lui reste : sa patrie" (Jean Jaurès ). Donc pour moi les seuls politiques à pouvoir se réclamer de Jaurès ne se perçoivent plus dans la dichotomie droite-gauche mais plutôt dans la dichotomie oui ou non à l'approbation d'une Constitution européenne qui supprimerait le droit au Parlement francais de primer sur le Parlement européen !
Rédigé par : dupont | 04 février 2007 à 14:58
Dans son souci de vérité et puisque la gauche décide de tout mettre dans des cases politiques, qu'elle accepte aussi la longue évolution de Mussolini dans le parti socialiste puis dans les journaux de même couleur, Hitler qui disait : "Je ne me cache pas de m'être beaucoup inspiré du marxisme", qu'elle reconnaisse enfin les cent millions de morts du communisme, le régime des khmers rouges, celui de Castro et elle pourra enfin exiger que Jaurès ne soit qu'à elle.
Je ne vois pas pourquoi il ne devrait y avoir qu'une gauche angélique et une droite diabolisée, je ne connais pas un parti, une religion, un pays qui n'aurait pas à rougir de morceaux de son histoire. Or, ce ne sont que des dénis historiques qui animent les débats depuis quelques décennies.
Tout le monde a sa part d'humanité et a envie de crier Jaurès c'est moi, n'est ce pas ?
Rédigé par : LEFEBVRE | 28 janvier 2007 à 04:47
Marcel,
Vous avez raison mais faute de ne pas vouloir se lancer dans de grands exposés « historiques » faisant perdre la spontanéité à toute conversation, le raccourci même maladroit parfois s’impose…
Donc dans l’homme qui se reproduit, on retrouve autant dans sa descendance de similitudes physiques qu’on en trouve sur le plan moral.
Donc ceux qui voulaient abattre Jaurès, ont eu dans les décennies suivantes des « héritiers »…
Voilà ce que j’ai cru vouloir être exprimé ici par quelques-uns.
Rédigé par : doc | 27 janvier 2007 à 22:45
@Marcel Patoulatchi : j'ai effectivement écrit " fonds (volontairement avec un " s ") commun mythologique ". Ce dernier adjectif aurait dû vous éviter d'être "marri" et d'évoquer l'évident anachronisme dont justement - tel était mon propos - les gauches s'affranchissent en s'appropriant partie de notre histoire.
Votre commentaire n'exprime donc, sous une autre forme, que ce je sous-entendais et qu'une autre de mes phrases aurait pu vous faire réaliser : " ... versets d'une litanie qui nimbe la réalité d'une aura religieuse ..."
Rédigé par : Parayre | 27 janvier 2007 à 21:37
Sans vouloir vexer qui que ce soit, certains propos nous font nager parfois dans l'anachronisme le plus farfelu.
Parler de « fond commun mythologique » des « gauches » en évoquant « les Lumières, Voltaire ou Rousseau, le 14 juillet et la nuit du 4 août, Danton ou Robespierre », c'est du grand n'importe quoi, vous m'en voyez marri mais cela doit être dit. La gauche, ou « les gauches » si on veut, n'a pas fait la Révolution française, pas plus que la droite, puisque la gauche n'existait alors pas. Comment pourrions-nous sans distinction mettre le libéralisme du siècle des Lumières dans le même sac que le socialisme de l'ère industrielle ?
Jaurès n'a pas été « tué par une partie de la droite ». Jaurès a été tué par Raoul Villain, un homme. Un homme n'est pas « une partie de la droite ». Et l'union sacrée n'a pas été faite par « une partie de la droite » seulement.
Faire une jonction entre l'assassinat de Jaurès et ceux « que l'on retrouvera plus tard en 1934 devant l'Assemblée nationale et qui n'accepter[ont] jamais le Front Populaire » est également d'une gratuité absolument époustouflante. Et pourquoi ne pas, tant qu'à faire, traiter d'assassin la chambre bleu horizon ? Pourquoi attendre 1934 pour amalgamer à tout va ? Pourquoi se priver d'un amalgame avec les faits de février 34, dans la foulée (pourquoi se priver puisque c'est gratuit ?) ?
Rédigé par : Marcel Patoulatchi | 26 janvier 2007 à 16:00
Je me permets de signaler à vos lecteurs le dossier de Philosophie Magazine n°6 (approche de cette discipline plutôt "grand public", décontractée et plaisante):
Gauche - Droite, pourquoi elles nous divisent encore.
Ce dossier prolonge fort bien les pistes de réflexion contenues dans votre note. Un court entretien avec Marcel Gauchet, auteur de l' article "La droite et la gauche" paru dans "Les Lieux de mémoire" (direction: Pierre Nora - Gallimard), dégage les grandes lignes des complexités nouvelles liées à la question Droite / Gauche.
ps: la somme dirigée par Pierre Nora (près de 5 000 pages, version poche!) est également à la disposition de tous dans les bibliothèques de lecture publique - bien collectif, s’il en est -
Rédigé par : Véronique | 26 janvier 2007 à 06:52
Doc,
J'ai pris goût au combat, je l'aime même, aussi paradoxal que cela puisse paraître.
J'aime également la justice, la vérité et l'esthétisme. Ce sont le squelette de la voie que j'ai décidé d'emprunter en y parvenant par le courage, l'exigence personnelle, l'honnêteté intellectuelle et la réflexion.
Toutefois, je ne suis pas dupe et en regardant le monde tel qu'il est, je constate que c'est par l'intimidation, le meurtre, la malhonnêteté que bien des gens parviennent encore à leur fin.
À études égales et même inférieures, vous pourriez aujourd'hui être en train de distribuer des médicaments périmés en les vendant très cher dans les pays du tiers monde. Au lieu de sauver des vies, en en prenant même, vous gagneriez cent fois votre salaire et vous auriez même d'autres cons pour avoir de la considération à votre égard.
Le combat du pasteur Martin Luther King empêche-t-il qu'aujourd'hui, l'espérance de vie d'un homme noir dans le Bronx soit de trente-cinq ans ? Sa juste cause n'est-elle pas récupérée par les obscurantistes, perdant là son aura ?
En Inde, certes le colonialisme anglais s'est éteint, mais les fanatismes n'ont-ils pas pris un pouvoir bien plus inquiétant encore ?
Je fais ce que j'ai à faire avec conviction, mais je n'ai nulle illusion sur le fait qu'un vendeur d'assurance a plus de crédit que moi et parfois, fatigué, j'ai la tentation de quitter ce chemin pour fonctionner comme fonctionne le monde contemporain, dans l'immoralité.
Un Jamel, sans culture, ni respect, ni politesse n'est-il pas milliardaire à l'antithèse d'un comédien sociétaire qui aura consacré sa vie au théâtre et qui finira dans la misère ?
Si ces grands hommes sont tant reconnus, c'est qu'ils sont extrêmement rares et c'est un par siècle qui prend le courage de se lever malgré le souvenir du précédent resté couché à jamais.
J'ai reçu aujourd'hui le courrier d'un Bâtonnier de l'ordre des avocats qui évidement n'a rien trouvé à reprocher à son confrère malgré les éléments que j'apporte. Ce dernier menace de me pousuivre si je réitère mes accusations. Que pensez-vous que je vais faire ? Et bien, avec la plus grande des courtoisies comme à mon habitude avec eux, je vais prendre ma plume pour leur dire ce que je pense de leurs pressions et que la vérité n'est pas offensante, sauf pour ceux qui l'évitent, je vais à nouveau montrer les documents en ma possession et demander des comptes. Je suis certain déjà de ne pas avoir gain de cause, il est fort possible que je me trouve condamné et cependant malgré cela, cette lettre, je vais l'écrire parce que je suis dans un État de Droit et pas dans celui du corporatisme, que ce que je mentionne est juste, parce que même si je suis sans illusion, j'ai choisi de dire sans compromis, de me battre. Ce n'est pas le résultat qui compte le plus, c'est la voie qui y mène.
Rédigé par : LEFEBVRE | 25 janvier 2007 à 22:34
« hélas, les belles idées ne servent que les livres et les slogans politiques. »
Lefebvre, accepter cette assertion comme vous l’énoncez, serait encore pire que l’assassinat de ces personnes : on aurait en les tuant, tué leurs idées et surtout leur œuvre !
Or leurs actes et leur héritage ne sont pas tombés dans le néant au moment de leur mort.
Combien de millions de vies Gandhi a-t-il épargné par sa non-violence, tout en obtenant l’indépendance de l’Inde ?
Et le Pasteur King : sa lutte pour les Noirs, rien ?
Etc.
L’homme est un animal cruel et si chaque fois que la barbarie que vous citez, met un homme, une femme à terre, un autre, une autre se relève pour poursuivre leur idéal, leur lutte : l’Humanité peut encore espérer !
Lefebvre, la vie est un combat comme vous avez pu le constater personnellement, alors quelle que soit la cosmogonie de chacun, force est de constater cette lutte éternelle entre le bien et le mal même à l’intérieur du meilleur des Hommes.
Rédigé par : doc | 25 janvier 2007 à 13:04
Cela fait une belle jambe, voire une prothèse doc, de faire partie de la barbarie, je ne suis pas certain que ceux que j'ai cités eussent préféré la postérité à quelques années de vie supplémentaire et pour un qui se dresse, il y en a plusieurs centaines de millions qui se couchent et il n'y eut guère de flambeau de repris à part quelques rares exemples.
C'est tout de même la loi du plus fort qui continue de dominer à travers les siècles hélas, les belles idées ne servent que les livres et les slogans politiques.
Rédigé par : LEFEBVRE | 25 janvier 2007 à 05:51
« Qui ose encore dire après cela que la plume est plus forte que le glaive ? »
Moi…
La preuve : les victimes sont encore dans nos mémoires alors que nous avons oublié les noms de leurs assassins...
Rédigé par : doc | 24 janvier 2007 à 22:53
Jaurès appartient à la caste très fermée de ceux qui se sont fait assassiner pour vouloir apporter un mieux, non certes à ce monde géopolitique, mais à ce monde de l'Homme vivant en société.
Il est membre de ce club peu prisé, si ce n'est de manière posthume. Y voici également quelques autres personnalités : J F Kennedy, Robert Kennedy, Gandhi, Indira Gandhi (fille de Néru), Che Guevara, Anna Politkovskaïa et quelques autres journalistes de par le monde, le député hollandais dont j'ai oublié le nom, Théo Van Gogh...La vérité fut tue par une arme.
Qui ose encore dire après cela que la plume est plus forte que le glaive ?
Rédigé par : LEFEBVRE | 24 janvier 2007 à 21:44
Je fais du tourisme sur votre blog depuis de nombreuses semaines, Monsieur l’Avocat Général. De BHL à Jaurès. Pourquoi pas ? L’avantage avec le premier c’est que personne ne cherche à se l’accaparer… En fait, je ne comprends pas très bien l’émoi. NS cite le député de Carmaux. NS est de droite (ce n'est d'ailleurs pas sa principale caractéristique). Jaurès était socialiste. Si je comprends bien les émus, un homme politique de droite, blanc, catholique, hétérosexuel mesurant 1 m 70 ne pourrait parler " que " d’hommes politiques de droite, blancs, catholiques, hétérosexuels et mesurant 1 m 70…
En réalité que cela émeuve pose une autre question. Pourquoi cette émotion ? Deux hypothèses : 1°/ Jaurès contient une charge symbolique telle qu’il y aurait une sorte de relation contre nature à le citer sans être socialiste soi-même (encore que peu de ceux qui le sont aujourd’hui ont du le lire et que chacun fonctionne à cet égard sur le registre purement symbolique) . Le hic c’est qu’un symbole, c’est universel, et donc cela entre dans notre patrimoine commun. À ce titre si je crois que symboliquement Jaurès appartient à tous et à toutes, il en est de même pour des symboles moins glorieux, Staline, Hitler, Pol Pot et j’en passe… 2°/ Le vrai drame ce n’est pas la citation de Jaurès, c’est la volonté politique de cette citation et l’objectivisation d’un grand problème qui dépasse NS et/ou SR : le débat est un show. Les idé(ologie)s sont bien mortes. Nos édiles fonctionnent sur un registre purement émotionnel, elles ne pensent rien à rien, sinon au pouvoir qui est devenu une sorte d’objectif en soi. Bref, une caste d’ignorants, prétentieux, riches à souhait qui prend quelques plumes en location gérance le temps d’une campagne pour rédiger des discours aseptisés et brillants. Les lendemains sont connus. Un jour un ahuri fédère les cocus des scrutins passés. Et après il n’y a plus de scrutins. Après … on réfléchit. Bref NS et SR peuvent bien citer qui ils veulent : leur pensée est vide.
Rédigé par : François | 24 janvier 2007 à 19:04
Il peut y avoir également la possibilité d'une plainte pour faux et usage de faux à envisager, non ?
Rédigé par : LEFEBVRE | 24 janvier 2007 à 16:40
A Jean-Dominique Reffait,
"Et c'est la première fois que j'aurai le sentiment de voter pour une fumiste,"
...et la combustion réglée, la chaleur vous envahira ...en cas d'incendie, vous pourrez présenter aux assurances un certificat de conformité...
Rédigé par : sbriglia | 24 janvier 2007 à 11:26
A Jean-Dominique Reffait,
"Et c'est la première fois que j'aurai le sentiment de voter pour une fumiste,"
Pas si vite !
Attendez qu'elle revienne des Antilles où, paraît-il, elle est très attendue !
Rédigé par : dab | 24 janvier 2007 à 10:35
Depuis quelque temps, on entend ou on lit, "je suis de gauche mais je vais voter à droite", on entend moins il est vrai "je suis de droite mais je vais voter à gauche". Mais en citant des hommes de gauche, un homme de droite encourage le flou sur une ligne politique que les uns et les autres déplacent au gré des sondages. Et l'électeur a au bout du compte le sentiment que Ségolène Royal ou Nicolas Sarkozy, c'est la même chose... Imaginons que, par erreur, un discours de Nicolas Sarkozy soit lu par Ségolène Royal et inversement. Sur certains thèmes (ou sur l'absence de thèmes...), cela ne ferait guère de différence. Les candidats, eux-même, s'en rendraient-ils compte ?
Tout cela donne de plus en plus de la place à ceux qui ne font pas dans la dentelle... Si ça continue on retrouvera encore Le Pen au second tour !
Rédigé par : bulle | 24 janvier 2007 à 07:46
@ Jean-Dominique
"Le billet de Philippe ressemble à une prière : et pourquoi pas moi ? Pourquoi serais-je exclu de l'héritage d'un Jaurès ?
Et je l'ai déjà dit : un homme de droite d'aujourd'hui n'est pas nécessairement un défenseur de l'esclavage, un ennemi des droits sociaux, il peut y avoir du Jaurès en lui, et c'est tant mieux."
Je pense que Philippe est un Réactionnaire démocrate, social et républicain.
La question - piste de réflexion - pour tenter d'élucider la suprenante référérence de NS :
Si Philippe souhaite revendiquer Jean Jaurès dans son imaginaire politique, quelle(s) articulation(s) pouvons-nous envisager avec l'héritage d'un Jaurès ?
Rédigé par : Véronique | 24 janvier 2007 à 07:28
C'est pas mal, mais alors pas mal du tout ce que vous écrivez.
Vous avez le don d'interpeller astucieusement.
Rédigé par : birgy | 24 janvier 2007 à 04:02
A Jean-Dominique Reffait,
« Au-delà de l'ironie cruelle, le long mouvement de l'histoire moderne explique cela : les progrès de la société s'initient à gauche et se consolident à droite. Et, en Europe au moins, nous voyons bien que la droite sait assez bien gérer les avancées que la gauche met en place. »
Rappel historique cruel ! Questions naïves…
Quels progrès initiés par la gauche en France avant 1958 ont été consolidés par la droite restée au pouvoir entre 1958 et 1981 sans interruption (vingt-trois ans) ?
En Allemagne (Fédérale) ,quelles avancées mises en place par quelle gauche les chrétiens-démocrates (Adenauer,Erhard) ont-ils gérées entre 1949 et 1969 (vingt ans au pouvoir sans interruption) ?
En Italie,quelles avancées mises en place par quelle gauche les démocrates-chrétiens ont-ils gérées de 1948 à 1983 (trente cinq ans au pouvoir sans interruption) ?
En prime:
En Allemagne durant la période citée,les progrès (petites « Trabant » fumigènes à moteur deux temps ) initiés à l’Est se sont consolidés ( Mercédès) à l’Ouest?
En Corée ,après Pan Mun Jon, les progrès initiés au Nord se sont consolidés au Sud?
C’est bien cela?
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« un honnête homme de droite »
N’y aurait-il pas là incompatibilité en suivant le raisonnement d‘un homme de gauche ?
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Rédigé par : dab | 23 janvier 2007 à 23:45
De quelle gauche parle-t-on ?
De celle de Jaurès, de l'espérance des classes moyennes, des petites gens, celle qui aimait les artistes et qui avait des airs du Montmartre et du Saint-Germain des belles années ?
À laquelle j'ai eu l'innocence de croire lorsque j'étais adolescent, qui me portait dans mes aspirations et mes idéaux.
Ou bien celle-ci, manipulatrice de pauvres, détruisant la langue, la peinture, le cinéma au profit des castes et du népotisme, irréaliste dans la situation du temps présent, tournée uniquement vers elle-même, sans coeur ni âme. La gauche des associations qui les servent et nous desservent.
Celle qui m'a fait fuir en courant, vers la droite que je trouve plus honnête.
Il y en a une de Jaurès, l'autre qui le récupère et la nuance est un fossé.
Parle-t-on du modèle original ou de sa caricature ?
Rédigé par : LEFEBVRE | 23 janvier 2007 à 18:13