Ségolène Royal (SR) et Nicolas Sarkozy (NS). Et réciproquement. Ils prennent toute la place et sans doute les médias ne font-ils que constater un état de fait. Ce couple, pour l'instant, domine le champ politique. Qu'on me permette une incursion rapide dans leur "cuisine" pour m'étonner du slogan de campagne qui semble avoir été choisi par NS, puisque SR, apparemment, n'a pas encore fait connaître le sien. Ce serait "Avec Nicolas Sarkozy, tout est possible". Etrange idée qu'une telle phrase dont le coeur est neutre - le possible, selon, est négatif ou positif - et qui risque d'être détournée ou retournée avec infiniment de facilité ! J'imagine déjà les "même le pire" auxquels les adversaires se feront un plaisir de ne pas résister. Je suis frappé, comme technicien de la conviction judiciaire, de voir à quel point les spécialistes d'une discipline - en l'occurrence, les publicitaires - manquent parfois d'une intuition qui devrait leur crever l'esprit.
Revenons, après cette digression qui m'a fait frôler la politique, à un débat infiniment plus sérieux et qui, lui, se rapporte profondément au judiciaire. Il me semble passionnant parce qu'il oblige à réfléchir sur la relation entre la démocratie et la justice, sur la perversion d'une dictature qui salit tout ce qu'elle touche et ne saurait être vantée sans risque.
Ségolène Royal a déclaré en Chine : "J'ai rencontré un avocat qui me disait que les tribunaux chinois sont plus rapides qu'en France. Vous voyez, avant de donner des leçons aux autres pays, regardons toujours les éléments de comparaison".
Une telle appréciation, dans son principe, peut être analysée comme une flagornerie diplomatique, qui ne me regarde pas, ou comme la volonté de penser et de parler librement, même à l'étranger, même sous le contrôle tactiquement bienveillant d'une dictature. Je n'ai pu m'empêcher d'éprouver parfois une allégresse roborative devant certains propos de SR qui tranchaient heureusement avec une double langue de bois : celle de la classe politique et celle du parti socialiste. Il y avait une fraîcheur dans les boutades autoritaires qu'elle proférait, une singularité dans son discours sur les valeurs, les repères et les limites, à tel point qu'on avait du mal à départager son humanisme vigoureux de celui de son adversaire. Mais venir célébrer la rapidité de la justice chinoise, sans percevoir que cette qualité est gravement décrédibilisée dans un système où la justice aux ordres est l'émanation d'un Etat exerçant une emprise totale, relève moins d'un anti-conformisme provocant que d'une terrible inadaptation à la réalité, rencontrée le temps d'un voyage mais subie à vie par une multitude. Cet enfermement dans un système de valeurs abstraites, comme s'il était indifférent de les voir incarnées dans l'espace démocratique ou sous un joug dictatorial, ne laisse pas d'inquiéter. Ce n'est pas la même chose que de vouloir une justice de rigueur et de vigueur dans un pays comme la France - saturée, quoi qu'on prétende, de démocratie - et de l'acclamer sous des cieux infiniment autoritaires. Une justice au service des citoyens s'oppose clairement et frontalement à une justice de l'Etat et pour l'Etat.
Ce n'est pas seulement parce que la Chine condamne à mort ou que la justice chinoise est expéditive, comme le souligne Patrick Devedjian. Ce n'est pas seulement parce que les familles paient les balles des milliers de personnes fusillées, comme le rappelle Bruno Thouzelier, président de l'Union syndicale des magistrats. Ce n'est pas seulement parce que rapidité ne rime pas obligatoirement avec qualité, selon la légère critique de Me Jean-Pierre Mignard, l'ami et conseiller de SR qui l'a accompagnée dans cette galère chinoise. C'est surtout - et une nouvelle fois c'est Paul-Albert Iweins, président du conseil national des barreaux, qui a le mot juste et courageux - parce que "toute personne connaissant un minimum la justice chinoise sait qu'elle est terrible". On n'hyperbolise pas l'efficacité d'une justice quand elle n'est pas justice. Parce que l'espace dans lequel elle se meut ne la rend pas rapide mais indigne. Et que son efficacité n'est que de la brutalité qui se trouve un prétexte juridique.
SR, dans sa déclaration, a abordé également un double thème qu'elle cultive volontiers. Celui de la nécessaire comparaison entre les pays, celui de l'arrogance française qui aime donner des leçons. Qui pourrait nier la pertinence d'un tel raisonnement, même en matière judiciaire ? Encore faut-il savoir mesure et raison garder. Tout dépend des Etats, des systèmes juridiques, des pratiques que l'on compare à la France. Par rapport à la Chine, ce n'est certainement pas accabler notre pays que d'effectuer une telle comparaison, c'est au contraire l'ennoblir pour son respect des libertés et la qualité de sa justice. Pour cette vision internationale de la justice, rarement adoptée, SR part d'un principe directeur valable mais faute de savoir l'ajuster à la diversité incomparable des pays et des régimes, elle lui fait perdre tout sens. Comme si chez elle, en tout cas pour la chose judiciaire, le point de vue théorique devenait délirant parce qu'il refuserait de s'infléchir sous le poids de situations pourtant infiniment contrastées.
Revenons de Chine et demeurons en France. NS aurait-il vanté, lors de son voyage aux Etats-Unis, leur justice humaine ou, en Chine, l'obéissance des magistrats, quelle immense et durable bronca aurait éclaté ! Elle ne se serait pas arrêtée de sitôt. La polémique suscitée par la déclaration judiciairement et démocratiquement choquante de SR est demeurée, elle, circonscrite et nos grandes consciences, si promptes à se mobiliser dans le cadre d'une démocratie irréprochable comme la nôtre, n'ont rien trouvé à redire au sujet de propos tenus sous une dictature. Deux discours, deux poids et deux mesures.
Nul doute que demain ces belles âmes, humanistes mais sélectives, sauront rechercher dans tous les recoins de notre Etat de droit du grain à moudre et de la controverse à développer. On s'attaquera au bilan de NS en oubliant qu'on ne peut, en même temps, critiquer les résultats au demeurant estimables d'une politique et sans cesse lui refuser les moyens d'être encore plus efficace. Les mêmes qui dénoncent l'échec du ministre d'Etat dans la lutte contre l'insécurité et la délinquance se plaignent de résider dans un Etat totalitaire où les citoyens seraient trop protégés et surveillés. Il faut choisir : Etat désarmé et impuissant ou Etat dangereux et omnipotent ?
Je suis persuadé qu'en dépit de son faible écho médiatique, cette polémique sino-française aura tout de même les plus heureux effets sur le citoyen de notre pays. Il aura compris que dès lors que le terreau démocratique est assuré et la vigilance républicaine en éveil, la justice peut se permettre de ne pas répudier l'efficacité, de favoriser la rigueur, de vouloir la rapidité et de s'assigner des objectifs au service de la société des honnêtes gens. On va enfin arrêter tous les faux procès qui jouent à nous faire peur comme si nous étions en Chine alors que nous sommes en France. Une société démocratique, et on n'a rien à craindre évidemment d'une justice exemplaire. La justice, qui se dessine et se construit, sur fond de paysage civilisé et policé, ne peut que donner du prix et de la valeur à ce qui fait un service public efficient. Là où la rapidité, en Chine, est une descente aux enfers, elle constituerait une heureuse surprise en France.
La démocratie ne constitue pas une immense machine molle au gré de ceux qui la servent ou s'en servent. Elle peut, elle sait se défendre. Et elle aura la justice de sa force et de sa qualité. Les institutions ne créent pas forcément la démocratie. Elles dépendent aussi d'elle. Qui est première et source de tout.
Citoyen ignare,
Je comprends votre souffrance et vous n’êtes pas le seul sur ce blog dont c’est un des nombreux mérites, à pouvoir venir vous décharger un peu de votre fardeau moral.
A part quelques esthètes, quelques passionnés, quelques « addictifs » aux blogs intellectuels, beaucoup ici sont comme vous en souffrance d’une « mauvaise justice ».
Je citerai déjà cette phrase du Professeur Israël, éminent psychiatre : « il n’y a pas de victime innocente » !
Il faut prendre cette phrase avec discernement à savoir qu’en tant que médecin, il intégrait des paramètres autres que ceux qu’on entend dans les prétoires.
Voici une petite liste personnelle non exhaustive de « conduite à risques » que je vous livre.
En premier, pour être coupable faut pouvoir être « coupé » donc un mis en cause affaibli sur le plan mental est déjà une proie.
Avoir fait des erreurs : facile, tout le monde en fait…
Avoir dérangé assez de personnes ou personnages avec influence(s) pour avoir fait se constituer une ligue anonyme contre soi, sans le savoir.
En clair, peu nombreux sont ceux parmi les notables qui veulent votre bien.
Prendre un avocat du terroir dont on ne sait pas les liens affectifs (l’hymen entre magistrats et avocats est aussi fréquent qu’entre médecins et infirmières, donc moins qu’on ne dit mais fréquent) ou relations sportives (la durée du parcours de golf est propice à des jugements officieux faisant le lit des officiels).
Ne pas s’aider soi-même donc ne compter que sur le ciel, ne respectant pas ainsi le vieil adage.
Faire des envieux (Cf. César Birotteau de Balzac).
Etc.
Je pourrais vous faire un dictionnaire des conduites qui facilitent des châtiments injustes ou au mieux largement disproportionnés.
Evidemment la fuite quand elle est possible, semble le rêve face à toutes ces nuits sans dormir mais même à 10000 km le cancer moral qui ronge, colle aux basques…
Reste le combat qui fait l’essence de la vie.
Que serait une vie sans combat ?
Alors courage…
Rédigé par : doc pour citoyen ignare et tous | 15 janvier 2007 à 14:50
Véronique,
J'ai bien suivi et je ne faisais pas du tout allusion à P.B. mais à vous entre autres et ceux qui parlent de politique à l'oral de l'ENM.
P.B. a assez de grandeur d'âme pour s'abstenir d'influencer son jugement, dans de telles circonstances, par ses opinions. Opinions d'ailleurs connues, ce qui laisserait le flanc à la critique donc, comme vous savez comme beaucoup qu'il est intelligent, nous pouvons être sûr de son intégrité à double titre.
Rédigé par : doc | 15 janvier 2007 à 14:48
@ doc
Je n'arrive pas à suivre.
PB n'a jamais parlé de politiser les oraux du concours d'entrée à l'ENM.
La seule allusion à cette épreuve a été de ma propre initiative - et aussi pour sourire - dans des réponses à notre postulant magistrat, Ségo.
Rédigé par : Véronique | 15 janvier 2007 à 14:11
Personnellement je ne vois pas tellement le but à atteindre en souhaitant la « politisation » d’oraux de concours ENM ou autres…
Si ne n’est un souhait, il en ressort déjà dans vos différents propos une « expression » qui me gêne.
Ainsi devrait-on écarter un candidat qui serait favorable à la peine de mort alors qu’il apparaîtrait équilibré (on relèvera déjà le courage à répondre franchement à cette question), non sectaire et tout à fait compétent donc apte à appliquer notre droit qui a exclu cette condamnation ?
Dans l’affirmative, on devrait s’interroger sur les Magistrats encore en exercice qui ont requis cette peine dans un cadre légal ??
Personne n’est neutre et comme le rappelait J. D. : il vaut mieux un juge compétent, juste avec ses opinions qu’un butor qui n’en aurait pas ou beaucoup trop pour être le reflet d’une personne de valeur.
Il reste que je défends toujours un « internat » juridique pour les futurs magistrats, le compagnonnage restant pour moi la meilleure formation à la pratique.
Rédigé par : doc | 15 janvier 2007 à 13:45
Un jour de novembre 1993, un artisan innocent tombe dans la "toile d'araignée" du Tribunal de Commerce de Tarascon.
Sur la base de faux en écriture publique dans un acte authentique, le 6 Mai 1994, un jugement de liquidation judiciaire est rendu.
Cet Artisan ignare, Citoyen et père de famille ordinaire, sans histoires, dans sa naïveté croyait en la justice...Croyait que son avocat allait redresser la situation et dissiper l'erreur puisqu'il était dans son bon droit... Grave erreur...Au bout de son 5° avocat et ruiné par leurs honoraires, sans autre choix, il décide en extrême limite de reprendre lui-même son dossier devenu très volumineux. De surprise en surprise (des pièces importantes ont disparu du dossier), il avance comme il peut...Les courageux procureurs et procureurs généraux sont les champions toutes catégories du classement sans suite pour des crimes et délits d'une telle gravité... La suite sur Google. Taper : Antoine TALENS ou affaire TALENS.
Ce cas réunit tous les dysfonctionnements organisés volontairement, dans le but de spolier ceux qui produisent et prennent des risques dans un environnement hostile... Des prédateurs aux aguets ont leur "toile d'araignée". D'apres une récente étude, 500 000 entreprises liquidées par an. Les 3/4 des PME pourraient être sauvées. Si on s'en tient au bouquin d'Antoine Gaudino, un million d'emplois par an sacrifiés pour alimenter les réseaux des tribunaux de commerce...Encore une autre exception française, de celles qui vous font mourir... Jusqu'à quand notre pays et notre "démocratie" pourront continuer de la sorte ?
Venir ici et lire des billets comme celui de LEFEBVRE de 20h48 est réconfortant. Enfin un peu de lucidité... Mon affaire terminée, si Dieu me prête vie, je ferai comme lui, je quitterai ce pays en faillite, comme tant d'autres Francais opprimés l'ont déjà fait. Comme le dit Jacques Marseille, c'est le seul pays au monde où les politiciens véreux et couards font une carrière de 50 ans en politique...Cherchez l'erreur...La démocratie ? Quelle imposture !!
Rédigé par : Citoyen ignare | 15 janvier 2007 à 12:57
@ lefebvre
J'ai juste oublié de vous dire:
Par rapport à votre "goulag à ciel ouvert"...
"La démocratie fait toute la différence !"
Rédigé par : Véronique | 15 janvier 2007 à 12:31
@ Lefebvre
Ce que je crois, c'est que défendre telle ou telle personnalité politique n'autorise pas à passer en pertes et profits les positions des uns et des autres avec lesquelles on n'est pas d'accord.
D'autre part, je ne vois pas pourquoi je serais contrainte d'utiliser des comparaisons pires qu'abusives pour exprimer mon avis ou mon souhait, et dire ce que je crois juste et vrai.
A cet égard votre comparaison avec le goulag me semble très excessive et très surprenante.
Pour exprimer à mon tour ma désolation par rapport aux discours politiques:
Hier dans l’émission " Arrêt sur images ", il y a eu une séquence surréaliste. Un extrait d’un programme où Jack Lang défendait le mot " bravitude " a été diffusé et, très heureusement, mis en question par un journaliste de cette émission.
Pour le téléspectateur, ce qui était insupportable dans l’extrait diffusé c’est l’exercice - et pardonnez-moi l’expression - carrément " foutage de gueule " auquel s’est livré Jack Lang.
Et plus encore, peut-être, dans la séquence diffusée, les sourires en coin et les connivences des journalistes chargés de l‘interview m'ont choquée. Tant il était évident que le mot " bravitude " apparaissait à tous ridicule, mais qu'on se gardait bien de le dire ouvertement. Voilà ce qui pour moi pourrait illustrer le mépris et le cynisme vis-à-vis des électeurs.
Cette séquence résume ce que je ne peux plus supporter d’entendre et de regarder de la part des politiques et des médiatiques, quels que soient leur couleur et leurs engagements.
Je demande en premier à un candidat ou à une candidate à une élection, à ceux qui les soutiennent et à ceux chargés d'informer d’être seulement sérieux et authentiques dans leur propos.
C’est tout.
Rédigé par : Véronique | 15 janvier 2007 à 12:23
@ Ségo
En citant la phrase de Ségolène Royal, ce n'est pas que vous bousculeriez et que vous heurteriez Monsieur Bilger et Maître Eolas dans leur " sensibilité politique ".
1 - je pense que pour fragiliser ces deux-là, il faudrait quand même vous lever de très bonne heure, voire ne plus vous coucher du tout.
2 - ce n'est pas leur " sensibilité politique " qui serait heurtée mais les VALEURS que l'un et l'autre défendent en matière de justice et l'idée qu'ils s'en font.
3 - le risque pour vous serait, à mon sens, majeur de vous faire exploser, parce que citer cette phrase serait, avant tout, dire une énormité.
"Alors oui je suis d'accord avec Mme Royal ( même si le contexte était mal choisi ) : avant de donner des leçons de morale aux autres ( ce dont on est les champions du monde ), on ferait mieux de balayer à notre porte."
Ségo, le " balayer à notre porte " ne justifie pas l'autre partie de la phrase de Ségolène Royal.
Mais enfin, jeune homme, pour votre concours, vous n'êtes pas obligé d'être tout le temps d'accord avec Ségolène Royal. Vous savez, vous pouvez exprimer vos désaccords, même s'ils ne sont que ponctuels .
...Ah bon !... c'est pas possible...
...Ben...de mieux en mieux...déjà, pas de carrures dans le jury (!!!)...et en plus, on sait avant... ce qu'il faut dire et pas dire aux correcteurs...
ps: mon petit paragraphe, c'est pour encore sourire... Après j'arrête, promis.
Rédigé par : Véronique | 15 janvier 2007 à 07:25
La réforme de la justice tendant à la rendre plus partiale, à responsabiliser les magistrats, n'a pas eu lieu et n'aura pas lieu, je me suis accroché à un espoir de justice, non plus pour moi, mais pour mon pays.
Nous allons rester dans cette justice de classe, de clubs et de compassion choisie.
Je suis allé vers les bons légistes tentant de tenir le coup en côtoyant une justice saine, honnête, investie, intelligente.
Que mon pédophile de médecin continue impunément ses crimes, que les agresseurs pleurnicheurs de banlieue continuent de mettre mon pays dans le chaos, c'est moi qui dégage, qui part vers des atmosphères encore respirables. J'ai atteint mon seuil de tolérance, puisqu'il n'y a qu'une justice pour ceux qui sont médiatisés, je n'ai plus rien à faire dans cette France qui ne me convient plus.
Si je restais, je deviendrais réellement mauvais, sans plus aucune foi, ni aucune loi. La colère ferait de moi un délinquant et j'ai un exemple paternel à donner.
Vous n'avez pas fini de vous battre dans le vide, monsieur Bilger, pour votre amour de la justice et de la liberté, mais regardez bien, cela sera de plus en plus dans le vide.
Ces gens là n'aiment pas la vérité, elle leur enlèverait le pouvoir.
@ Ségo,
Excusez moi pour cette confusion des sexes, je ne m'était fié qu'à votre pseudo.
Vous avez raison pour la police qui m'a parfois spolié aussi, toutefois, elle fait beaucoup moins de fautes qu'elle n'est agressée et injustement détestée. Elle reste beaucoup moins damnable que les voyous, qu'ils aient une casquette, une djellaba ou un costume trois pièces.
Rédigé par : LEFEBVRE | 14 janvier 2007 à 20:48
Merci Véronique de rappeller que je suis un garçon. Oui étonnant vu que 80% des futurs magistrats sont des femmes. Mais je ne désespère pas de faire partie des 20% d'hommes qui garnissent les rangs de l'ENM.
@ LEFEBVRE, je ne dénigre pas systématiquement les policiers qui font un métier remarquable et extrêmement difficile.
Je reste simplement lucide sur le fait que certains policiers ne méritent pas leur badge et sont à l'origine de certains débordements assez inquiétants. Mais j'admets que la majorité des policiers exercent leurs fonctions avec professionnalisme sans pour autant avoir une confiance aveugle, comme certains ici peuvent l'avoir, dans les fonctionnaires de police.
Quant à l'UMP et la droite française, il est vrai que ce n'est pas véritablement ma sensibilité politique. Et d'ailleurs j'invite tout le monde, si ce n'est pas déjà fait, à lire "L'Inquiétante rupture tranquille de Mr Sarkozy" de Mr Eric Besson.
Enfin, pour finir, Véronique, le jour de mon concours, je saurai me tenir à carreau pour ne pas bousculer mes correcteurs et leur sensibilité politique ( merci du conseil ). Mais d'ici les épreuves, l'élection présidentielle sera passée avec sans doute son lot de surprise.
Pour finir et revenir sur le sujet intial, il ne faudrait pas perdre de vue que notre justice "démocratique" est loin d'être parfaite et, que tout en étant longue, elle envoie des innocents en prison ou arrive à relâcher des criminels de guerre pour raison de santé ( comment va d'ailleurs Mr Papon qui était il y a quelques années à l'article de la mort ).
Alors oui je suis d'accord avec Mme Royal ( même si le contexte était mal choisi ) : avant de donner des leçons de morale aux autres ( ce dont on est les champions du monde ), on ferait mieux de balayer à notre porte.
Rédigé par : Ségo | 14 janvier 2007 à 16:44
@ Véronique,
Lorsque les éléments sont apportés clairement au fil de chaque article, que restet-il d'autre que de grossir le trait, pourtant déja énorme ?
Ceci dit dans cette élection bipolaire, où notre choix est devenu plus que restreint entre blanc bonnet et bonnet blanc, y a-t-il encore démocratie réelle ?
Je caricaturais volontairement, cependant dans ma relecture, j'ai fini par me trouver simplement réaliste.
Non seulement, il n'y a plus qu'un cri, mais c'est devenu un murmure. Alors quoi, il faut vivre tout cela et bien plus et ne rien dire et sourire.
Je vais parapher Benoît XVI : montrez-moi ce que le PS a apporté de nouveau, vous n'y trouverez que de la haine de l'autre et de la désinformation.
J'attends autre argument que "la bravitude" ou autres termes abstraits pour masquer la non-action.
La politique a une répercussion directe sur notre mode de vie, chère Véronique, de ce fait, elle me concerne.
Vous vous sentez en pleine démocratie avec des gens dévoués à la France et leurs habitants dans cette élection-ci ?
Vous sentez un amour et un respect des électeurs ?
Rédigé par : LEFEBVRE | 14 janvier 2007 à 15:17
Monsieur Bilger, j'apprécie votre billet, comme j'ai apprécié vos dernières interventions sur la 5 à l'émission d'Yves Calvi.
Cependant, ce n'est pas à vous que vais apprendre qu'il n'y a point de démocratie, là ou il n'y a pas de "vraie "justice:
Force est de constater que cette institution, pour l'avoir subie et la subir encore et encore... manque singulièrement de transparence. Un véritable cancer la ronge.Heureusement, devant l'inertie bien commode des élites, les citoyens commencent à s'organiser pour dénoncer, (ce qui est le devoir de chaque citoyen attaché à la liberté) les dérives mafieuses et les dysfonctionnements organisés qui oppriment la vie de ceux qui créent et produisent, par des prédateurs trop souvent "protégés" et impunis. Les preuves concrètes valent mieux que les longs discours: http://video.google.fr/videoplay?docid=2444358964046354924
Rédigé par : Citoyen ignare | 14 janvier 2007 à 12:18
A Jean Dominique Reffait,
Votre commentaire du 12 janvier à 15h45.
« C'est devant les tribunaux que les paysans expulsés ou les ouvriers exploités parviennent à contraindre les structures d'Etat, ou privées couvertes par l'Etat, de reculer. Et en région, où les chefs du PC chinois sont de véritables seigneurs médiévaux, la justice est le seul outil de lutte contre la corruption. Il convient d'ailleurs de préciser que la peine de mort est régulièrement requise contre des responsables corrompus, à la grande satisfaction des populations. »
Les paysans expulsés ( et pas notre Bové national) ?
Les ouvriers exploités ?
Les seigneurs médiévaux ?
La corruption ?
Ai-je fait un cauchemar ?
Mais qui gouverne la Chine depuis 1949 ? Les descendants ,revenus sur le continent à la nage depuis Taïwan, des satrapes de Tchang Kai Check ou les patriotes successeurs plus ou moins « adoucis » de Mao Tsé Toung dont son médecin personnel a tant écrit de bien (si on veut) ?
Rédigé par : dab | 14 janvier 2007 à 09:26
@ Lefebvre
Heu... Ségo est un garçon. Il nous l’a dit il y a quelques semaines.
"Je me sens seul dans mon goulag à ciel ouvert"
Là, cher Lefebvre, je pense que vous êtes , à votre tour, dans une vision fantasmée de la réalité et dans la comparaison pire qu’abusive.
Rédigé par : Véronique | 14 janvier 2007 à 08:56
@ Ségo
Je ne demande pas à Ségolène Royal, quand elle voyage en Chine ou ailleurs, d’être une Super-Héroïne des droits de l’homme.
Je lui demande seulement de ne pas prendre exemple sur la justice chinoise pour nous parler de ce qu’elle souhaite pour la justice de notre pays.
Rien ne justifie son propos. Même dans le cadre d’un devoir de réserve que je peux lui reconnaître, on ne fait pas des comparaisons à ce point hasardeuses et stupéfiantes.
Et la citoyenne lambda que je suis, pense alors qu’une des urgences pour sa campagne et son projet, est de s’entourer dans son staff judiciaire de personnes professionnelles, averties et avisées.
Juste une petite chose, Ségo:
je ne sais pas où vous en êtes par rapport à votre espérance ENM.
Mais, à mon avis, si la question du concours porte sur les exemples étrangers en matière de justice dont pourrait s’inspirer notre pays, ne citez pas la phrase de Ségolène Royal. Si en face, les examinateurs sont, par exemple, Philippe Bilger et Maître Eolas, sans être exagérément pessimiste...ils risquent de pas mal vous exploser.
...Ah bon ! ...ce ne seront pas des carrures comme celles-là.
...Ben alors...vous avez encore toutes vos chances.
...Bon...allez...on y croit.
ps: mon petit paragraphe, c'est juste pour sourire.
Et pour progresser dans votre préparation:
http://maitre.eolas.free.fr/journal/2007/01/11/510-un-projet-de-reforme-de-la-justice-par-segolene-royal
Rédigé par : Véronique | 14 janvier 2007 à 07:07
Pour la position et la diplomatie d'accord, ce n'est pas pour cela qu'elle doit dire cette énormité, elle peut tenir tellement d'autres propos, pourquoi une absurdité ?
Avouez que pour citer Nietzsche en guise de proverbe chinois, il faut le faire... Le pays de Pascal va passer pour inculte à cause d'elle.
Je sais que le stress rend maladroit, mais qu'elle choisisse ses maladresses dans sa panique et qu'au moins, elle les rendent charmantes au lieu de les rendre stupides ou antipathiques.
Le devenir de mon pays m'effraie dans de telles mains, il me reste heureusement la possibilité de la Louisiane ou du Brésil pour fuite à mon exaspération.
Rédigé par : LEFEBVRE | 14 janvier 2007 à 02:05
Ségo,
Vous n'avez pas encore réussi votre concours et vous êtes déjà de ceux qui fustigent systématiquement les policiers et les gens de droite.
Je frémis déjà pour le pauvre petit blanc un peu plouc qui aura le triste statut de Français moyen selon vos images d'Épinal.
Il n'y a pas eu un seul mort chez les barbares émeutiers, il y a par contre eu deux braves personnes tuées. C'est de leur faute, ils sont blancs et pauvres, me direz-vous dans votre compassion choisie. Vous osez encore dire que la police est injuste après cela, je ne vous trouve pas gonflée, mais dangereuse dans votre totalitarisme. Une autre justice, celle sans parti-pris, la vraie, n'est visiblement pas encore née...
Maintenant, Ségolène n'a pas dit cela, mais c'est un avocat, elle n'a fait que répéter.... C'est encore pire.
Vous ne trouvez pas que le minimum pour une personnalité se présentant aux plus hautes fonctions est une réflexion, une intelligence ?
Je sais que SR est une bonne représentation de la caste boboïste avec la médiocrité en exigence, mais il y a une limite.
Effectivement SR a finalement raison, que nous regardions d'abord chez nous et que cesse la dictature du PS dans la magistrature, la télévision, le cinéma et l'Education nationale et que renaisse une démocratie basée sur le pluralisme, la concertation et l'amour de la justice, de la vérité.
Nous n'avons plus rien à envier à Staline, Hitler au niveau de la propagande forcenée, de la désinformation et de la manipulation du peuple.
Sénèque, Diogène, Nietzsche, Balzac, Brassens ressuscitez, venez m'aidez, venez allumer la lanterne. Je me sens seul dans mon goulag à ciel ouvert. Oui, vite une lampe que je croise enfin une lumière.
Rédigé par : LEFEBVRE | 14 janvier 2007 à 01:54
Chère Véronique, vous auriez certainement la présence d'esprit de faire remarquer à ces avocats et ces officiels chinois les problèmes des droits de l'Homme en Chine.
Mais une candidate à la présidence de la République et peut-être future "présidente" ne peut pas le faire.
Ca s'appelle la diplomatie.
C'est un peu la même chose quand M.Chirac va en Chine avec tout un arsenal de chefs d'entreprise faire du commerce avec nos amis chinois en s'asseyant sur la question des droits de l'Homme.
Imaginez-vous le scandale si Mme Royal s'était emportée en épinglant les autorités chinoises sur le fait de bafouer les droits de l'Homme.
C'est impossible à faire : elle n'avait pas la légitimité pour le faire car pour l'instant elle n'est que candidate à la présidence. Par contre notre cher futur ex-président pourrait le faire lors de ses déplacements en Chine.
Mais vous savez très bien que personne, qu'aucun président au monde n'ose aborder en chine la question des droits de l'Homme. Alors pourquoi mme Royal aurait-elle du le faire là où tout le monde s'écrase.
Et si elle l'avait : qu'aurions-nous entendu de la part de tous ceux et celles qui la critiquent aujourd'hui ?
"Mais quel manque de diplomatie!" ou alors "Encore une boulette" ou encore "Les nouveaux dégâts de Ségo en Chine"
Alors s'il vous plaît arrêtons ces polémiques à 2 francs 6 sous, ces polémiques de bas étage.
Arrêtons de chercher la petite bête là où elle n'est pas à la moindre déclaration de Mme Royal.
Rédigé par : Ségo | 14 janvier 2007 à 00:24
SR et NS : permettez-moi, en paraphrasant France - Anatole bien sûr - un conseil , " caressez longuement vos futures phrases , elles finiront par sourire ..." !
Rédigé par : Parayre | 13 janvier 2007 à 22:04
@ Ségo
Une personne comme moi de très moyennement cultivée, ne lisant principalement que la presse quotidienne et hebdomadaire, quand on évoque la justice en Chine, a de suite dans la tête des images d’exécutions. En raison de ces images, même pour un micro-trottoir, pour un sondage d'opinion ou entre amis pour raconter mes impressions de Chine, je ne pourrais pas envisager de dire:
" J'ai rencontré un avocat qui me disait que les tribunaux chinois sont plus rapides qu'en France. Vous voyez, avant de donner des leçons aux autres pays, regardons toujours les éléments de comparaison ".
Je pourrais rencontrer les meilleurs avocats du monde. Si ces derniers me disaient une chose comme celle-là, j’aurais l’idée, en premier, de leur faire préciser leur propos. D'autre part, je crois que j'aurais la présence d'esprit de ne pas le restituer ainsi. Tant ce propos me semblerait déplacé en regard des images que toute personne, qui s’intéresse même au minimum à l’actualité internationale, sait et voit.
Rédigé par : Véronique | 13 janvier 2007 à 18:54
Regarder le ciel du fond d'un puits n'en fait voir qu'une infime portion ; c'est, en somme, une étroitesse de vue que je reproche, avec respect, à SR.
Rédigé par : mike | 13 janvier 2007 à 17:48
A Ségo,
« SR a fait part de sa rencontre avec un avocat qui lui a dit que la justice chinoise était plus rapide que la justice française.
Et c'est toute la différence : SR ne fait que rapporter des propos qui lui ont été suggérés sans jamais les prendre à son propre compte. »
Et elle a laissé dire cela. Qui ne dit mot consent. Mais c’est pire. Elle ne l’a pas remis à sa place ce bavard ? Elle ne lui a pas rétorqué que ce n’était pas conforme à sa vision d’une justice respectueuse des droits humains ! On ne peut pas compter sur elle alors !
« Arrêtons-nous plutôt sur NS qui critique l'action des juges de Bobigny pour masquer l'échec de sa politique. »
Non, demandons plutôt aux partisans de Ségolène de faire comme elle dit qu’elle fait (elle ne critique jamais les autres, à plus forte raison à l’étranger ) mais pas comme elle laisse faire à sa place sa garde rapprochée et, sur une plus grande dimension, ses partisans qui ne s’en privent pas comme vous nous en faites la démonstration par « la preuve » présentement.
Je rappelle, et vous ne me direz pas le contraire, que le PS, selon Libération, vient d’éditer un document de 106 pages intitulé « L’inquiétante rupture tranquille de Monsieur Sarkozy », sous le pilotage d’Eric Besson, secrétaire national du PS à l’économie et à la fiscalité.
Personnellement, je ne l’ai pas encore lu mais je crois que c’est mieux que Ségolène n’y ait pas participé car on peut être sûr qu’il y aurait encore plus d’âneries dedans.
Et il faut dire : à quand la sortie d’un ouvrage, droit de réponse : « L’inquiétante imposture de Madame Royal » ?
Laissez-moi d’abord parler et quand ce sera votre tour je parlerai pour vous !
C’est bien comme cela qu’il faut comprendre le débat participatif ? N’est-ce pas?
Rédigé par : dab | 13 janvier 2007 à 17:47
A Mike
Suite à l’intervention de Ségo qui me rappelle Jacques Delors évoquant en 1982 non pas « une pause dans les réformes » mais « une pause dans l’annonce des réformes », je me crois obligé de préciser, en rapport avec ma réponse à votre commentaire ce jour à 14h28, que dans la phrase :
« J’ai rencontré Mike qui me disait qu’un proverbe écrit en chinois en quatre caractères seulement l’était en trente-huit en français » au lieu de « qui me disait » il faudrait lire « qui me laissait comprendre », même si cela ne change rien au niveau de la conclusion.
Rédigé par : dab | 13 janvier 2007 à 17:00
A Mike,
« Ségolène Royal a déclaré en Chine : "J'ai rencontré un avocat qui me disait que les tribunaux chinois sont plus rapides qu'en France. Vous voyez, avant de donner des leçons aux autres pays, regardons toujours les éléments de comparaison". »
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Un proverbe chinois (en quatre caractères seulement) dit:
"Assise au fond du puits, elle contemple le ciel"
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Si Ségolène avait eu connaissance de ce proverbe que vous rappelez elle aurait pu dire : « J’ai rencontré Mike qui me disait qu’un proverbe écrit en chinois en quatre caractères seulement l’était en trente-huit en français. Vous voyez, avant de donner des leçons aux autres pays,regardons toujours les éléments de comparaison ». Elle aurait pu ajouter : c’est pas étonnant que leurs produits soient dix fois moins chers que les français dans nos magasins.
Il y a aussi deux autres proverbes devenus célèbres en Occident pour avoir été vulgarisés par Deng Xiaoping, après la disparition de Mao:
« Quand quelqu'un est enfermé dans les toilettes et qu’au bout d’un certain temps il n’y a aucun résultat, il faut qu’il sorte pour laisser la place aux autres ».
Et « Peu importe qu’un chat soit blanc ou gris, l’essentiel est qu’il attrape les souris »
Rédigé par : dab | 13 janvier 2007 à 14:28
Je ne suis pas du tout d'accord avec ce que M.Bilger a écrit sur Ségolène Royal, ou sur les réactions de mes collègues internautes.
Non ! Non ! et Non ! Ségolène Royal n'a pas fait l'éloge de la justice chinoise. Non, SR n'a pas comparé la rapidité chinoise à la lenteur française.
SR a fait part de sa rencontre avec un avocat qui lui a dit que la justice chinoise était plus rapide que la justice française.
Et c'est toute la différence : SR ne fait que rapporter des propos qui lui ont été suggérés sans jamais les prendre à son propre compte.
SR n'a pas dit textuellement que les tribunaux chinois étaient plus rapides que les tribunaux français.
Elle a juste dit qu'on devrait regarder chez nous avant de donner des leçons de morale aux autres et c'est tout.
Et sur ce point je suis à 300% d'accord avec elle. Regardons ce qui se passe dans nos commissariats pendant les gardes à vues sans parler des interpellations plus que musclées de nos chers officiers de police. Tout n'est pas tout beau tout rose ( à propos, très bon film hier sur ARTE ) dans notre pays : alors réglons nos problèmes avant d'aller régler ceux des autres ou du moins les critiquer.
Alors s'il vous plaît arrêtons de déformer tous les propos de Mme Royal. Arrêtons de fustiger toutes ses interventions.
Mais arrêtons-nous plutôt sur NS qui fustige, textuellement, la position française face à la guerre en Irak lors de sa rencontre avec Bush. Arrêtons-nous plutôt sur l'échec cuisant de la politique tout sécurité de NS. Arrêtons-nous plutôt sur NS qui critique l'action des juges de Bobigny pour masquer l'échec de sa politique.
Rédigé par : Ségo | 13 janvier 2007 à 13:36