Bernard-Henri Lévy (BHL) a donné une interview dans la presse écrite et sur LCI, où il justifiait le vote des lois dites mémorielles (adjectif qu'il récuse, d'ailleurs) et où il soutenait celle contre le génocide arménien, en discussion devant le Sénat après que l'Assemblée nationale l'a votée.
Il développait une double argumentation un rien désinvolte et presque condescendante à l'égard de ceux qui avaient la faiblesse de penser que la liberté pour l'Histoire et pour chacun n'était pas une ambition médiocre.
Les génocides étant des crimes contre l'humanité, il était naturel, selon lui, que le législateur s'en emparât pour édicter une interdiction de les nier. Cela déblaierait le terrain pour les véritables historiens et les mauvais, eux, n'avaient aucun titre à faire valoir. BHL, plein de la certitude que le terme de génocide pour telle ou telle tragédie collective n'avait pas à être débattu, soutenait qu'il était même illégitime de prétendre qu'il pouvait être inapproprié. Les politiques définissent et les historiens se débrouillent avec ce qu'on leur laisse. Le champ est débarrassé de ses mauvaises herbes , il reste les bonnes. BHL ajoutait que personne de sérieux ne pourrait se plaindre de voir son espace de réfléxion ainsi circonscrit et délimité. Bien au contraire. Au fond, la société et ses aspirations à l'esprit critique, à la liberté et à l'autonomie, le savoir et ses exigences, la curiosité et son infini désir de recherche et d'ouverture n'auront plus de souci à se faire. On leur mâchera le génocide comme toutes les autres interrogations angoissantes susceptibles d'entraîner des polémiques stimulantes pour l'esprit mais dérangeantes pour la morale. Les panneaux sont bien orientés, la route est fléchée. Au sujet des génocides vous pourrez parler de tout, historiens, sauf d'eux. Je parie que personne ne se révoltera contre un tel mépris de l'intelligence des autres, auxquels est refusé le droit de l'exercer pleinement.
Comme tout de même BHL doit percevoir que, pour l'intellectuel qu'il est et les droits qu'il s'octroie, une telle approche peut sembler choquante, devant Michel Field il peaufine. Ainsi on apprend que la loi Gayssot a été une bonne loi parce qu'elle a interdit à Le Pen, à Faurisson et à feu Bardèche de s'exprimer, qu'elle les a condamnés heureusement au silence. Il n'y a bien sûr qu'eux que cette loi a pu gêner. Et tant mieux pour la démocratie.
Double absurdité. A cause de ce texte, ces personnages ont peut-être été entravés un temps dans leur volonté de dire n'importe quoi sur cette période de l'histoire inscrite dans le marbre législatif. Mais au regard de ce minuscule gain politique, que d'avantages ils ont pu retirer d'être ainsi étiquetés sulfureux, martyrs de la liberté d'expression et protestataires professionnels. Avant, leurs absurdités étaient contredites. Aujourd'hui, tues ou étouffées, elles bénéficient de l'impunité que le silence imposé par la loi permet. C'est laisser parler qui est dangereux pour la supercherie intellectuelle et le scandale historique, parce que la contradiction tue aisément l'une et l'autre. Interdire de dire, derrière l'apparente victoire, constitue une profonde défaite pour une démocratie en même temps, d'ailleurs, que le mouvement qui accompagne cette régression: la judiciarisation forcenée de la pensée. Plus gravement, et c'est la seconde aberration, peut-on sérieusement soutenir qu'une loi mutilant la liberté d'expression - il est facile de la respecter conforme, il est beau et honorable de la célébrer iconoclaste et dissidente - a atteint son objet lorsqu'elle concerne quelques clampins et qu'elle ne nuit à personne ni à rien d'autre ? Au-delà de Le Pen, il y a la démocratie, un trésor de valeurs et de principes parmi lesquels, au premier chef, il y a le droit pour des citoyens d'emprunter les chemins qu'ils désirent. La loi Gayssot, si elle ne faisait mal qu'à ceux contre lesquels elle a été élaborée, leur donnerait déjà trop d'importance et détruirait ce qui est l'essence de la loi : sa généralité. Mais elle a offensé gravement des consciences et des intelligences qui ont été contraintes de se retrouver dans un combat avec quelques alliés douteux mais pour une bonne cause, un enjeu capital : ceux de la liberté pour tous, au risque de la perversion de quelques-uns, plutôt que la censure de quelques-uns, au risque d'une atteinte à la liberté de tous. Alors, qu'on ne vienne pas alléguer que seul Le Pen est concerné par la loi Gayssot, quand celle-ci touche le coeur même d'une certaine image de la République.
Je devine bien comme ce débat, qui me semble fondamental - il relève de l'écologie intellectuelle pour emprunter à une obsession à la mode - passionne peu de monde parce que très banalement, une multitude a accepté de laisser penser et parler les autres à sa place. Elle ne comprend pas que le monde, à la longue, deviendra irrespirable à force de rationnement et de domestication intellectuels, d'appauvrissement de la parole et de l'écrit.
BHL, quant à lui, est cohérent. Il n'aime pas les livres qu'on fait paraître sur lui. Il crée le plus possible de silence autour d'eux. Qu'il veuille limiter la liberté des historiens en leur désignant par avance la route du génocide ne m'étonne pas.
Il nous désigne l'emplacement du bon grain et celui de l'ivraie. Mais on a tout de même le droit d'aller voir de près et de n'être pas d'accord, non ?
@ Lefebvre
Il ne me semble pas opportun d'engager une discussion à propos de "L'idéologie française" de BHL.
Ce n'est pas le propos de la note de Philippe.
Je veux seulement dire fortement que ce livre n'est en rien des pages de haine ou de mépris contre la France et les Français. Mais une interrogation sur ce qui dans l’histoire idéologique de notre pays a nourri les extrémismes de droite et de gauche.
Je peux seulement vous affirmer que lors de sa parution, en 1980, ce livre avait provoqué de la polémique violente. On reprochait à son auteur le cousinage qu'il opérait entre les deux extrêmes. Je pense que compte tenu du climat intellectuel de ces années, ce livre apportait une avancée importante dans l’évaluation des tentations extrémistes de notre pays.
Qu'en 2007, l’argumentaire de ce livre mérité d'être discuté et actualisé, cela ne pose pas de problème. Je n'y vois là que quelque chose de très normal. Il n’empêche que pour qui s’intéresse d’un peu près aux dernières convulsions électorales de notre pays, ce livre, en dépit de ses faiblesses, et peut-être de ses approximations, que je ne suis en mesure de discuter, demeure d’une incontestable actualité.
Maintenant, on ne peut pas dire les choses sereinement, si en face de soi, l'interlocuteur décide de rester et de s’accrocher dans son fantasme.
Votre dernier commentaire à ce sujet-là est parlant. Vous savez très bien que ceux qui voteront SR seront animés par mille et une motivations en rapport avec leur vie quotidienne, leurs soucis et leurs préoccupations du moment. Ces interrogations dépassent de loin la caricature que vous en faites.
Je ne sais rien des difficultés que je devine dans votre quotidien et cela vous appartient. Je pense seulement qu'il serait judicieux pour vous de mettre de côté les ressentiments que des duretés dans votre vie ont pu ou peuvent nourrir.
Mieux que quiconque, je crois, je peux comprendre une désespérance et une impuissance à agir sur un environnement difficile et hostile. Ce que je sais, c'est que le ressentiment mobilise une énergie considérable, qu'il rend injuste et qu'il peut handicaper et carrément plomber pour avancer.
Vous me dites plus haut que l’économie ne fait pas tout. Évidemment oui. Mais sa maîtrise et le respect de règles simples, inscrites dans le réel et confrontées aux réalités mondiales peuvent beaucoup. Un programme comme celui du FN nie cela. C’est une machine à fabriquer de l’illusion et des déceptions innombrables à venir.
Ne vous enfermez JAMAIS dans le costume de l‘exclusion, ne vous identifiez JAMAIS aux vocabulaires que d‘autres veulent créer pour vous pour justifier leurs propres représentations du réel. Vos difficultés et les souffrances qu’elles engendrent sont légitimes. Mais elles ne doivent pas prendre toute la place. Il y a une délicatesse et une intelligence dans vos mots, souvent, qui, face aux simplismes ou aux simplifications en tous genres, seront offensées. Vos expériences et votre indépendance d’esprit restent votre force.
Je souhaiterais que l’espace de liberté que nous apporte le blog de Philippe soit l’occasion pour vous de faire une halte et de respirer, et qu'il vous permette de vous abriter dans la réflexion exigeante et sophistiquée. Non pas pour faire de la littérature et refaire le monde, mais parce que, et vous le savez, les réalités sont infiniment complexes et compliquées à affronter et à maîtriser.
Voilà, je désirais vous dire tout cela...au fond des yeux, au fond du cœur et... au fond de l’esprit.
Rédigé par : Véronique | 03 février 2007 à 07:56
@ Lefebvre - A contre-pied
J'ai une soudaine envie d’hilarité.
Je suis pour qu'il y ait des frontières au bout de chaque arrondissement.
Je suis aussi innocent que l’enfant qui va naître.
Vu du ciel, je confondais Bouvard et Pécuchet.
Les flics sont tous bons et les avocats meilleurs encore.
Faut construire des maisons closes et y enfermer tous les maquereaux
de gauche comme de droite.
Je suis pour l’expulsion de tous les citadins.
« Les esclaves sont des meubles » ( cf. article 44 du Code noir).
C’est pourquoi je suis pour les Indiens, je saurai où les caser dans ma maison.
Je suis aussi contre toute discrimination,
du p’tit Mouloud à la Grande Epicerie.
Je suis pour la trottinette, elle ne fait pas de bruit.
J’suis égoïste et en guerre contre tous.
Je suis enfin pour la construction de minarets mais avec des cloches
Je vais voter pour Nicolène Sarkoyal qui n’a aucun programme.
Me voici devenu pire encore que Lefebvre, qui lit trop Ancelin et rève d’aller chez Ruquier.
Vite ! que l’on siffle la fin de l’entracte (toujours trop long disait Flaubert)!
M.Lefebvre, faut pas arrêter aussi subitement de fumer…la moquette
Sinon, à la fin de l’envoi, je tousse….
Rédigé par : J.W | 03 février 2007 à 01:03
J'oubliais : Une idéologie française est une oeuvre majeure et Bernard Henri Lévy un véritable intellectuel humaniste, c'est d'ailleurs le seul.
Rédigé par : LEFEBVRE | 02 février 2007 à 21:36
J'ai une soudaine envie de popularité :
Je suis pour qu'il n'y ait plus de frontières du tout.
Je suis coupable par essence et naissance d'antisémitisme, d'esclavagisme, de colonisation.
Angot écrit bien mieux que Flaubert.
Les flics sont tous des cons et les magistrats sont tous pourris.
Il faut fermer les prisons et que tout le monde vive en liberté.
Je ne m'inquiète que de la souffrance des délinquants.
Les gens de droite sont idiots.
Je suis pour la régularisation de tous les clandestins qui sont et qui viendront sur le territoire.
Napoléon et Hitler, c'est la même chose.
Louis XIV n'a fait que le code noir.
Je suis pour la disparition des Européens, mais pas des autres.
Je suis pour la discrimination positive, le petit Julien qui vient des cités, n'a en effet pas à avoir de travail, c'est une saloperie de Français.
Je suis pour les voitures à pédales, car elles ne polluent pas.
Nous sommes tous frères, pacifiques.
Je suis enfin pour la destruction des églises et la construction de mosquées, car toutes les religions sont pacifiques surtout l'Islam, sauf celle de ce nazi de Benoit XVI.
Je vais voter pour Ségolène Royal qui a un programme réaliste et on ne pourra pas dire que je suis sexiste.
Me voici devenu aussi con que Aude Ancelin, privilégiant mon paraître à mon pays, voila j'ai su rentrer dans le rang du médiatiquement correct, il ne me manque plus qu'une émission de Ruquier pour jouer au Jean Moulin de bazar et récolter des applaudissements sur commande.
Rédigé par : LEFEBVRE | 02 février 2007 à 21:33
Véronique,
Le terme « double peine » n'a pas de sens en droit. Le terme écrou si.
Rédigé par : Marcel Patoulatchi | 02 février 2007 à 17:48
@ Marcel
"Sur le blog d'un avocat général, nous n'allons pas employer cette expression grossière de « double peine ». Notre code pénal prévoit moultes peines complémentaires, dont l'interdiction du territoire de la République. Parler de double peine à propos d'une d'entre elles est du plus saugrenu, même si on en comprend l'intérêt de la part de militants immodérés voulant jouer sur le non bis in idem."
Juste comme ça:
Sur le blog d'un avocat général, nous n'allons pas employer cette expression grossière d' "écrou" ou d'"écroués". Nos dictionnaires prévoient moult mots complémentaires, dont ceux de prison et de détention, de prisonniers et de détenus. Parler d'écrou ou d'écroués à propos de répression et de sanction est du plus saugrenu, même si on en comprend l'intérêt de la part d'un militant de l'ordre et de la sécurité voulant jouer sur une forme de raffinement froid dans le choix de ses mots ."
ps: pour le latin de la fin de la phrase, je ne suis pas assez au point.
Pour votre contestation de Jean-Marie Le Pen, je suis d'accord avec vous.
Rédigé par : Véronique | 02 février 2007 à 06:56
@ véronique et Marcel,
Je pense que l'économie s'adapte toujours à la politique, la Révolution française en est un exemple et qu'il est concevable de croire que nous pouvons faire autrement que de ne plus être défini et géré par elle. Il est possible qu'elle redevienne un moyen et non un but sans que cela nous mène à la famine.
Faire de la qualité de vie un enjeu économique me semble être le bon avenir à choisir y compris économiquement. C'est un pari osé mais auquel je crois.
Non Marcel, JMLP n'obligera pas les maires à construire des mosquées via Machelon, n'ira pas serrer la louche au massacreur du FLN en négociant des venues privilégiées de migrants d'Algérie, ne continuera pas à donner l'intouchabilité aux extrémistes du CFCM, n'obligera pas à une France métissée et prônera un retour à nos valeurs.
Je ne vois pas l'incompatibilité avec les droits de l'Homme et du citoyen.
Que ce petit pays de cinq cent mille kilomètres carrés soit la deuxième terre d'accueil après les États-Unis est depuis longtemps une aberration au réalisme.
Je suis fortement opposé à l'idéologie islamique, mais mon ambition n'est pas de décimer un milliard et demi d'êtres humains, elle est simplement que la charia et les revendications communautaires se barrent de France pour que nous retrouvions une sérénité, je pense d'ailleurs la même chose de tous les autres communautarismes sur ce territoire, nous n'avons pas à imposer notre façon de vivre à toute la planète. Pour le métissage, je suis d'accord à condition que les pays arabes, asiatiques, Israël, les dictatures africaines aient dans la même temps un désir identique, or tous ces pays sont entièrement fermés sur leur identité et incitent l'Europe à perdre la sienne.
Je pense aussi fortement que si nous continuons sur la pente de l'abandonnisme, du manque de courage, de la non-défense de nos valeurs nous courrons, dans les dix ans à venir, au massacre.
Je crois enfin que nous n'avons plus trop le choix.
Je donne ma confiance à un homme qui a interrompu de bonnes études pour entrer dans la Légion étrangère afin de servir son pays, qui se fait démolir depuis plus de quarante ans et reste debout, qui aime la France.
Nous n'en sommes plus, il me semble, aux vues intellectuelles de luxe, mais à la reconstruction urgente de l'essentiel.
Je n'ai pas l'âme d'un idolâtre, aussi je ne voue pas plus un culte à cet homme qu'à un autre, j'observe juste de la façon la plus neutre possible ce qui est le mieux pour mon pays et ma famille d'après mes valeurs, mes connaissances.
Pour la mondialisation, je ne cherche pas à y échapper, je dis simplement haut et fort que je suis bien plus qu'un client, un numéro, une source de consommation, un identifiant, un productif : je suis un homme.
Pour BHL enfin, je suis un de ceux qui prendraient un fusil pour que la Shoa n'ait plus lieu et je suis entièrement sincère, alors que dans "Une Idéologie française", il exprime clairement ce qu'il pense de la France et des Français : du mal.
Pour ceux à qui je ferais peur comme vous l'avez signalé avec raison, je répondrais que faire l'autruche et continuer de ne pas prendre ses responsabilités ne fera que décupler les problèmes qui ne nous arrangent pas.
Vous êtes un homme lucide et intelligent, Marcel et vous savez bien que si les pouvoirs publics étaient intervenus il y a vingt-cinq ans lorsque les premières voitures étaient brûlées pendant les fêtes catholiques à Strasbourg, nous n'en serions pas là aujourd'hui.
Rédigé par : LEFEBVRE | 02 février 2007 à 05:14
Lefebvre,
Sur le blog d'un avocat général, nous n'allons pas employer cette expression grossière de « double peine ». Notre code pénal prévoit moultes peines complémentaires, dont l'interdiction du territoire de la République. Parler de double peine à propos d'une d'entre elles est du plus saugrenu, même si on en comprend l'intérêt de la part de militants immodérés voulant jouer sur le non bis in idem.
Concernant la fin de la corruption, il faudrait juger sur pièce, n'est-il pas ?
Concernant l'islamisation de la France, je vous invite à vous demander pourquoi Jean-Marie Le Pen ne soutenait pas le Danemark mais au contraire faisait des déclarations de compréhension à l'endroit de ceux qui incendiaient des ambassades.
Que Jean-Marie Le Pen ait compris l'importance d'avoir une identité, cela ne fait nul doute. Mais quelle est-elle son identité, au fait ? Régionaliste certains matins, jacobin d'autres ? Favorable aux services publics ou favorable à leur démantelement ? Que pense-t-il de la Déclaration des droits de l'homme et du citoyen de 1789 ? Quel est son programme économique précis ? Croyez-vous que Jean-Marie Le Pen est prêt à expliquer à son électorat qu'une politique protectionniste lui imposerait de payer à juste prix tous les produits achetés, ceci impliquant une évidente baisse immédiate du pouvoir d'achat ?
Il n'y a certes pas de quoi s'extasier à voir les deux candidatures majeures pour la prochaine élection. Peut-être devriez-vous vous demander dans quelle mesure vous ne favorisez pas ces candidatures-là en allant dans le camp du grand chambardement. Dans quelle mesure ne contraignez-vous pas ceux qui ne veulent pas jouer à la loterie, à la révolution avec la France, à voter pour ces grandes candidatures ?
Rédigé par : Marcel Patoulatchi | 01 février 2007 à 16:17
@ Lefebvre
Je pense que ce que propose Jean-Marie Le Pen ne vous conviendra pas mieux.
Raisonner l'économie en termes de préférence nationale, de fermetures des frontières et de taxes douanières est une aberration.
Il faut cesser de diaboliser la mondialisation. Et au contraire, réformer structurellement ce pays pour que les entreprises puissent y faire face. Et la poursuite de la construction européenne reste une nécessité.
Rédigé par : Véronique | 01 février 2007 à 13:00
Marcel,
Il y a dans son programme la préférence nationale, le rétablissement de la double peine, la fermeture des frontières, des taxes douanières face au marché chinois, la fin de la corruption étatique, le patriotisme, le non à l'Europe des banques et autres mesures certainement ringardes aux yeux de la caste boboïste, difficiles à assumer mais tellement nécessaires.
Que ce gouffre associatif sans fin, l'islamisation de la France et une fierté retrouvée d'être français soient réellement mis en place sera une oxygénation économique sans précédent.
Il est le seul, me semble-t-il, à avoir compris l'importance d'une identité et qui soit décidé à ne pas nous vendre.
Mon vécu, mon histoire de justice, ma famille noble, mon enfance populaire ne sont certainement pas étrangers à mon opinion. Il y a aussi une observation du paysage politique actuel et ce qui m'est proposé ailleurs ne me convient pas du tout.
Il y a eu trop de fausses promesses, de réformes avortées, d'histoires de corruption, il y a trop de mensonges télévisuels et de manipulations grossières pour que je sois encore de ceux qui vont accepter la tête basse.
Je prends le risque d'être paria pour moi et mon pays ou de me tromper et je suis prêt pour le grand chambardement et ses conséquences.
En 2007, je voterai pour Jean-Marie Le Pen et aux deux tours.
Rédigé par : LEFEBVRE | 31 janvier 2007 à 23:42
Lefebvre,
Tout le problème, c'est qu'être mal « traité ainsi », ça ne constitue pas un programme.
Le Pen aurait bien moins de succès si les gens s'intéressaient réellement à lui.
Pour commencer, les gens pourraient se demander quel bilan tirer des expériences municipales de son parti.
Ensuite, les gens pourraient se demander quel est le sens profond de son non-soutien au Danemark lors de l'affaires des caricatures.
Et puis le programme économique du monsieur pourrait être abordé.
Le constat ne sera pas que tout ce qui est proposé est mauvais. Le constat sera que tout et son contraire y est proposé... Reste à savoir comment un programme contradictoire peut s'appliquer.
Les Français veulent du changement ? Situation idéale pour leur faire avaler tout et n'importe quoi - surtout n'importe quoi.
Rédigé par : Marcel Patoulatchi | 31 janvier 2007 à 18:25
@ Jérome,
Oui, bien sûr. Excusez moi, il y a si longtemps que le cinéma français dégénère vers le film d'auteur sur l'inconnu insignifiant qui va acheter sa baguette de pain que je l'avais oublié.
Maintenant, oui je me souviens, c'est évident. J'ai pourtant lu le livre également et même vu le "remix" avec Adjani. Je suis passé à coté, excusez-moi. Je suis tellement dans la politique, la diatribe que j'occulte le reste, je n'échappe pas au fanatisme du nouveau converti, j'en suis conscient.
Pour BHL, je suis excessif, la loi Gayssot ou Badinter (pas celle sur la peine de mort, l'autre) le sont tout autant. Finkielkraut y a d'ailleurs aussi goûté avant de prendre conscience des ravages engendrés.
J'aime autant les pédants, les Gaulois, les prolos que les bourgeois, je préfère les nobles et les mendiants à eux tous cependant. Les courtisans, pédants par excellence, de Louis XIV étaient des perles de raffinement et d'intelligence, connaissez-vous le poète Vincent Voiture ?
Notre langue et notre culture leur doivent énormément. Sans eux, nous parlerions encore comme des paysans mal dégrossis.
Vous écrivez bien, je ne désapprouve en rien vos envolées littéraires, j'avais juste envie de vous moucher et je n'avais que cet élément-ci sous la main.
Effectivement, je ne suis pas un ironique, je trouve que c'est une intelligence trop facile, mais je fus au sortir de l'adolescence par contre un de ses impassibles, confondant philosophie et abandon...Je me rattrape. Ne changez rien à votre esprit et votre écriture à cause de moi surtout, ce serait dommage.
@ Marcel, je ne suis pas du côté de Dieudonné qui a décidé de se consacrer à l'Afrique, ce qui n'est en rien reprochable, mais ce qui n'est pas ma préoccupation essentielle. Je n'apprécie pas la démarche du devoir de mémoire également, il fait donc parti du clan des pleureuses, c'est vrai, mais cela ne justifiait pas cette diabolisation. Des gens qui chialent, je ne vois que ça dans cette caste médiatique.
JMLP, par contre, je ne sais pas, il est très peu visible à la télévision et les rares fois où il y va, il y a l'insupportable meute d'aboyeurs qui est lâchée sur lui alors, je sais finalement peu de choses sur Le Pen, son parti, son projet. Vous pouvez me donner toutes les informations que vous désirez, je vous en saurai gré. Laissez-moi par contre me faire une opinion propre loin de l'image d'Épinal habituelle ou, au contraire, de l'angélisme. Des points me semblent intéressants, d'autres moins. Outre l'attrait philosophique de ma démarche, je suis en plein flottement actuellement en politique. Ce que je sais, c'est que ce ne sera probablement pas une élection comme les autres. J'ai besoin de savoir si le bon choix réside dans l'éclatement de la politique actuelle ou l'hypothétique volonté de réformes annoncées. Je les sais capable de promettre une fois de plus et de ne pas tenir. Les Français veulent le changement, cela se respire dans les rues, se palpe même, ce sont les politiques qui bloquent. Je suis comme soixante millions de gens, je n'en peux plus d'être traité ainsi. Alors, je m'informe d'une possible mise à l'écart, de ses conséquences.
Rédigé par : LEFEBVRE | 22 janvier 2007 à 03:54
Lefebvre,
Dieudonné est passé dans le camp des pleureuses, comme son nouvel ami Jean-Marie Le Pen, des individus pour qui le discours de martyr, comme les islamistes d'ailleurs, est l'argument central. On ne s'étonne pas de voir Dieudonné passer des vacances en Iran en compagnie d'anciens du GUD et autres charmants individus.
Je ne dirai rien de plus que ce j'ai déjà dit là http://riesling.free.fr/20061106.html , sinon je radoterais. Je me moque de son délire de persécution, je n'en vois pas l'intérêt.
Rédigé par : Marcel Patoulatchi | 21 janvier 2007 à 14:55
@ lefebvre
« Bref pas de baignoire dans votre "pavillon", et surtout pas si les infirmières se prénomment Simone et Vera.».
Puisque vous aviez écrit, naguère, que vous ne vouliez pas de mes envolées littéraires, j'ai essayé un autre registre. Et voilà que vous pensez que je suis dans le fait divers ! Même si c’est de saison, j’essaie d’éviter. Cette nuit, hanté comme vous par l’insomnie, je ferai dans le registre pédantesque !
Mais non…mais non…, Lefebvre (ce neutre me déplaît, mais le regrettable anonymat trop souvent utilisé sur le weblog nous y contraint).
La clé était située juste sous les deux nommées.
J’ouvre la daraise (je sais que vous aimez les Gaulois et moi les pédants), et vous aurez la solution. Eurêka !
J’avais ajouté «Tout cela est diabolique».
C’était une antonomase abstruse, j’en conviens (ah ! le pédant), pour désigner H-G Clouzot… et par voie de conséquence Simone Signoret et Vera Clouzot. Nous y voilà. Vous y êtes…au bord de cette baignoire, penché sur P. Meurisse. ! En partant d’Archimède vous voyez où vous m‘emmenez !
Cette pelloche de Clouzot est un morceau d’anthologie. Nous serons au moins d’accord sur ce point.
A ce propos, vous vous souviendrez certainement du générique du film: "Une peinture est toujours assez morale quand elle est tragique et qu'elle donne l'horreur des choses qu'elle retrace".
Ce n’est que la reprise de ce qu’écrivait Barbey d’Aurevilly dans la première préface des Diaboliques en se présentant comme « moraliste chrétien …qui croit… que les peintres puissants peuvent tout peindre et que leur peinture est toujours assez morale quand elle est tragique et qu'elle donne l'horreur des choses qu'elle retrace ».
« Il n'y a d'immoral », ajoute-t-il « que les Impassibles et les Ricaneurs »
Vous imputez à BHL, que je n’apprécie guère, « la genèse de l'outrance victimaire qui pollue et encombre nos médias, notre justice, notre politique, notre pensée ». Cette appréciation est sans doute excessive. Je n’ai pas écrit «immorale», car vous n’êtes ni un impassible ni un ricaneur, au sens étymologique de ces deux termes. Certains de vos commentaires établissent, en effet, le contraire. C’est pour cela qu’on vous lit.
@ notre hôte
Mais on lit, aussi, avec le plus grand intérêt ce qu’écrit Ph. B.
Dans sa note « le bon grain et l’ivraie », in fine, il est écrit : « BHL, quant à lui, est cohérent. Il n'aime pas les livres qu'on fait paraître sur lui. Il crée le plus possible de silence autour d'eux. Qu'il veuille limiter la liberté des historiens en leur désignant par avance la route du génocide ne m'étonne pas.
Il nous désigne l'emplacement du bon grain et celui de l'ivraie. Mais on a tout de même le droit d'aller voir de près et de n'être pas d'accord, non ? »
Oui,…mais, dans Mt13.30, le Maître dit « Laissez l'un et l'autre croître ensemble jusqu'à la moisson; et au moment de la moisson je dirai aux moissonneurs : Ramassez d'abord l'ivraie et liez-la en bottes que l'on fera brûler; quant au blé, recueillez-le dans mon grenier".
Le temps de la moisson serait-il advenu ?
Cependant, si les moissonneurs se disputent qui va arbitrer le conflit ?
Si l’un voit de l’ivraie là où l’autre voit du blé, et vice-versa, tout sera brûlé, et le grenier sera vide.
Pour l’éviter le Maître, s’il existe, nous conciliera peut-être ?
Les adversaires d’autrefois s’accorderont. C’est sans doute cela le Paradis et chacun sait que sur notre terre-prison, le Paradis n’existe pas .
Rédigé par : WEDRYCHOWSKI Jérôme | 21 janvier 2007 à 04:13
@ Véronique,
Non, je ne mettrai pas mes griefs vis-à-vis de cet homme de côté, alors il n'y aura aucune discussion puisque c'est la condition que vous demandez.
Je pense qu'"Une idéologie française" est la genèse de l'outrance victimaire qui pollue et encombre nos médias, notre justice, notre politique, notre pensée.
Je pense que cette opposition radicale entre le blanc et le noir, le nazi et le résistant, le bien politisé de gauche et le mal politisé de droite, cette culpabilisation permanente d'une catégorie de la population qui devient insupportable, le raccourci idéologique comme concept du vrai est une hérésie de l'analyse.
Nous sommes instigateurs du fascisme et coupables parce que nous sommes Français de souche, mauvais par essence ??? qu'il y ait une confusion due à la douleur qui fut légitime après la guerre et le drame de la Shoa, c'est compréhensible de part la hauteur des crimes et leur nature. Que les jeunes générations n'ayant pas connu la guerre, la colonisation, l'esclavage soient stigmatisées, muselées dans cette outrance c'est inadmissible.
Jean Robin a raison, ceci risque aussi de se retourner contre les juifs, cela commence déjà.
Soutenir qu'un être humain est mauvais parce qu'il est Français est une ineptie qui équivaut tous les totalitarismes qui servent de paravent à cette idéologie racialiste.
Votre compassion choisie empreinte de masochisme m'ennuie, Véronique.
Pour BHL, je lui dis : La France, tu l'aimes ou tu la quittes.
@ Jérôme,
Non pas de baignoire, ni même un robinet, que l'on cesse enfin de se noyer même si nous sommes tous dans le même bain. J'ai noté vos références à Archimède, Marat, à la Gestapo, Simone est-elle Weber ? Qui est Véra, est-ce celle que je crois ? Sont-ce des références de faits divers, je ne connais pas, excusez moi.
@ Marcel,
Vous avez raison, il n'y a pas musellement, mais par contre c'est bien pire, il y a bannissement, détournement des propos, fissuration de la réalité pour n'en rendre que des éclats.
Dieudo a aussi fait des sketches sur la religion catholique et islamique en amont et ils étaient tout aussi difficiles à entendre pour les gens concernés. Que l'on interdise les trois m'est concevable, les sensibilités à préserver, je comprends. Que les trois soient autorisés au nom d'une liberté d'expression dont on se sert plutôt pour dire le pire, d'ailleurs, je suis d'accord également, mais que des religions ou des ethnies soient caricaturables et d'autres non, je ne suis pas d'accord. Je vous rappelle que Timsit a été bien plus loin en parlant de son grand-père mannequin à Auchwitz, puis chez monsavon.
Les juifs auraient donc le droit de faire ce genre d'humour sur eux et d'y aller franco sur les cathos, mais ils n'auraient le droit à aucune critique, aucune réciprocité, mais c'est injuste.
Que BHL soit pris dans la totalité de ses absurdités et que l'on coupe des morceaux d'interview d'Alain Soral pour ne mettre en exergue qu'une phrase qui vient après toute une brillante démonstration où il dit des mots chaleureux aussi est de l'ordre de la désinformation et je ne l'accepte pas, cette mise à l'écart consécutive moins encore : je ne suis pas une cruche, un produit. De même, que le directeur de Sciences-Po qui l'invite puis le désinvite pour jouer au Jean Moulin qui ne risque pas sa vie, car il sait que des gens comme Soral ne vont pas aller mettre une bombe chez lui, où un groupuscule masqué qui vient le frapper ainsi qu'une vieille libraire avec des agissements dignes de l'Algérie du GIA ou du FLN vont dans un bien mauvais sens. Qu'on ne vienne pas me parler de justice ou de démocratie d'exemple après cela.
Cet homme me ressemble dans ses blessures, son parcours, ses analyses sans compromission, sa soif de vérité et d'esthétisme. C' est un homme que je sais intelligent et honnête et j'aime ces valeurs qui font tant défaut dans notre représentation médiatique.
Rédigé par : LEFEBVRE | 20 janvier 2007 à 21:51
Sans trop de surprise, j'agrée sans réserves au propos de monsieur Bilger.
Quelques réflexions sur les commentaires :
Lefebvre déclare que « Les muselés comme Soral, Dieudonné, les gens de banlieues, le milieu ouvrier, des intellectuels de droite partent vers le Front national pour enfin être entendu. »
Nous devrions plutôt parler de ceux qui se sentent muselés, plutôt que de muselés. En France, personne n'est réellement muselé (sauf en effet les négationnistes) mais la muselière est une authentique obsession, au point qu'elle constitue pour certain un leitmotiv aporiphique (cf Dieudonné dans son spectacle « Mes excuses » http://riesling.free.fr/20061106.html ).
DD déclare qu'« on ne peut pas laisser dire tout à tout le monde et à tout public, on se préoccupe bien de ce à quoi sont exposés les enfants ! Je ne peux pas croire que vous pensiez que nous sommes tous égaux devant l'information ».
Si on ne peut certes pas laisser libre court à l'injure publique, à la diffamation, si tous ne sont certes pas égaux de fait devant l'information, nous sommes tous égaux de droit devant l'information et il importe de préserver ce droit, droit chèrement acquis par la Révolution française (vu les litres de sang versés par la Révolution, je crois que l'on peut dire que ses acquis ne furent pas gratuits, n'est-ce-pas ?), remis en cause notamment à l'occasion de l'intégration en France de pratiques culturelles qui n'ont pas connu cette période.
Jean-Dominique, vous avez raison quand vous déclarez que « BHL n'est que le porte-drapeau d'un mouvement de fond, qui vise à établir pour les générations futures une lecture officielle des événements du présent ». Notons que la pratique n'est pas en soi novatrice, le fameux « vae victis » (malheur aux vaincus) de Julius Caesar étant là pour nous le rappeler. La grande différence entre hier et aujourd'hui, c'est qu'aujourd'hui l'histoire des vaincus trouve plus facilement d'écho, des canaux de diffusion.
Rédigé par : Marcel Patoulatchi | 20 janvier 2007 à 11:30
@ LEFEBVRE
Promettez-moi que dans votre "pavillon de la honte", il n'y aura pas de baignoire. Certes on peut y avoir un éclair de génie, on peut même écrire tout en prenant son bain, sauf à être surpris par une Charlotte. Puis, et hélas, il y a de trop sombres souvenirs attachés à ce sinistre meuble de sdb. On peut même vider le bébé avec l'eau du bain ! Bref pas de baignoire dans votre "pavillon", et surtout pas si les infirmières se prénomment Simone et Vera.
Tout cela c'est diabolique.
Je vous souhaite de retrouver le sommeil du juste. JW
Rédigé par : WEDRYCHOWSKI Jérôme | 20 janvier 2007 à 11:25
@ Jean-Dominique
Dans le livre "Quand l’État se mêle de l’histoire", R. Rémond opère une distinction entre la mémoire et l’histoire.
Ce qu’il conteste c’est la promulgation de lois qui, par leur effet pervers, enferme le travail des historiens et remet en question ce qui constitue fondamentalement le sens et la complexité d'une recherche historique.
Mais il reconnaît à un État le besoin d’instaurer des rituels en matière de mémoire.
Proche, je pense, de la position de R. Rémond, Philippe exprime également son désaccord quant aux lois mémorielles.
Il nous dit le risque de figer la recherche et l’interrogation historiques: "Les panneaux sont bien orientés, la route est fléchée".
Il s’interroge sur les risques "de rationnement et de domestication intellectuels, l'appauvrissement de la parole et de l'écrit".
Ces textes, à son sens, compromettent "l'essence de la loi : sa généralité".
Les célébrations et les commémorations comme celle du Panthéon n’entrent pas, à mon sens, dans le champ de ces contestations des dispositions législatives, type loi Gayssot.
La cérémonie du Panthéon s'inscrit dans la continuité de la reconnaissance par l'État français de la responsabilité de Vichy dans l'extermination mise en place par les nazis.
Ces dernières années, les historiens ont travaillé et publié des livres sur la tragédie des communautés tziganes. Une mémoire est en train de se construire.
Mais, il y a eu un gouvernement français qui doublait celui des occupants. Ce gouvernement a instauré le statut des juifs de 1940, le commissariat aux questions juives, la rafle du Vel d'Hiv. Un antisémitisme d'État, d'une violence et d'une virulence inouïes, a été revendiqué, institué et décrété par Vichy.
Comment fallait-il nommer les hommes et les femmes qui ont mis en échec ces pièges meurtriers?
@ Lefebvre
Je discute quand vous voudrez bien mettre de côté les griefs que vous nourrissez contre BHL. La note de Philippe dépasse ce propos.
Rédigé par : Véronique | 20 janvier 2007 à 07:04
Ce matin, j'ai eu une insomnie, je fus donc amené à affronter cet insupportable moment de journée où les gens mal-éveillés sont de mauvaise humeur, où la séduction est absente du regard des femmes, où même mon chien n'a pas le courage de chercher la bagarre aux autres canidés. Des travailleurs font déja un quinté au PMU du coin, rêvant de l'hypothétique gain qui leur redonnera le sourire, il y a un reste de tempête qui salit tout sur son passage, je n'ai rien à faire dehors. Je rentre chez moi pour m'anesthésier devant les chaînes belges épargnées par le télé-achat, espérant trouver ainsi mes quatre heures de repos rapidement nécessaires.
Il y a un reportage sur la Gaule, mon intérêt se crée, tant pis demain matin, je dormirai mieux. La grande nouvelle : des Gaulois échangeaient des esclaves issus d'autres clans aux Romains en échange du vin qu'il leur était interdit de fabriquer à cette époque. Il y eut ainsi des millions de litres de pinard échangés contre 20000 esclaves de notre territoire (fait authentique).
Eureka, comme a dit jadis un de mes héros dans sa baignoire, je suis sauvé, je vais pouvoir exister.
Monsieur le président, je vous sollicite au nom des miens, vendus contre la plus vile des marchandises : le vin. J'exige comme mes confrères du bizness compassionnel : un mémorial, un devoir de mémoire, des associations rémunérées par l'État en subvention, des manifestations, des conflits contre les autres mouvements dans le compétitif victimaire, un procès contre la France pour crime contre l'humanité, l'entière reconnaissance du préjudice moral et physique, le plus grand respect pour ces descendants d'esclaves que sont les Français et enfin un pavillon donnant sur la baie des Anges comme établissement représentatif, je le nommerai : " le pavillon de la honte", il convient enfin que l'empire romain dans l'entière géographie de l'époque et son entière population actuelle se souvienne de ses crimes.
Comment, vous dites que BHL et TF1 ne veulent pas et bien tant pis, excusez-moi de vous avoir dérangé.
Rédigé par : LEFEBVRE | 19 janvier 2007 à 21:05
Véronique, vous ne m'avez pas compris. Celles et ceux qui ont sauvé de la mort des non-juifs n'ont pas leur place au Panthéon, et c'est cela que je dénonce. Je le dénonce d'autant plus fort que cette situation est la conséquence directe de ce qui est évoqué par Philippe Bilger.
Un lieu de commémoration comme l'est le Panthéon devient un lieu de référence historique : cette plaque inaugurée exclut ceux qui ont sauvé des non-juifs ce qui revient à réduire en poussière le génocide tzigane, en le gommant de la commémoration.
Autre point : lorsqu'on place l'histoire dans un glacis sous les lois mémorielles, on prend le risque de se faire dicter cette histoire par d'autres. C'est ce qui se passe. Yad Vashem dit qui est Juste, au regard de son statut d'organisation juive : c'est normal. Là où ça ne l'est plus, c'est quand la République s'en remet à cette organisation pour distinguer ses propres enfants, au risque, comme je le dis, d'opérer une sélection honteuse. Qui est en faute ? Certainement pas la fondation de Simone Veil, femme admirable d'un bout à l'autre de sa vie et républicaine convaincue, et certainement pas Yad Vashem qui a légitimement rempli sa mission dans un cadre communautaire.
C'est la République qui a manqué à ses devoirs en cette occasion, réduisant la notion de Juste à un concept biblique et communautaire. La plaque inaugurée aurait du saluer la mémoire de tous ceux qui ont sauvé des vies menacées d'extermination, sans distinction et, bien sûr, sans omettre l'immense tribut payé par nos compatriotes juifs.
Rédigé par : Jean-Dominique Reffait | 19 janvier 2007 à 12:12
@ Jean-Dominique
Je ne suis pas d'accord avec votre propos.
Les nazis ont sous-traité à Vichy l'arrestation et l'envoi vers la mort de ses propres ressortissants juifs et tsiganes et, parmi eux, ceux qui avaient choisi notre pays comme terre d'asile à la barbarie.
Ceux qui ont résisté se sont opposés et ont combattu ce qui, à leurs yeux, était indigne et insupportable. Ils ont défendu leur idéal. Jean Moulin les représente immensément au Panthéon.
Celui qui était juif ou tsigane a été mis à mort, non pas parce qu'il s'opposait et combattait, mais en raison de ce qu'il était.
Où est le scandale dans une République de graver dans la pierre, dans le lieu le plus prestigieux qui nous parle des valeurs de la République, le souvenir de ceux qui ont protégé de l'ignominie?
C'est pour moi le sens de l'initiative de Jacques Chirac.
Une cérémonie au Panthéon ne relève pas d'une démarche historique, comme celle dont nous parle Philippe dans sa note, mais d'une célébration. Le Panthéon se situe dans le symbole.
Le discours d'André Malraux pour le transfert des cendres de Jean Moulin n'était pas l'oeuvre d'un historien. Et ce n'était pas son propos. Quand on l'écoute aujourd'hui, quelque chose nous bouleverse et nous parle.
Rédigé par : Véronique | 19 janvier 2007 à 04:16
Bravo pour cette note, que je n'ai pu m'empêcher de citer sur mon blog :
http://judeomanie.blogspot.com
Cela me ferait d'ailleurs plaisir d'avoir votre avis, même en privé, sur mon analyse de la judéomanie ambiante.
Aujourd'hui 18 janvier 2007, c'était presque caricatural.
Je précise que la judéomanie, ou admiration outrée pour la communauté juive, est le fait le plus souvent de non-juif, et se retourne contre les juifs sous la forme de jalousie au mieux, et d'antisémitisme au pire.
Rédigé par : Jean Robin | 19 janvier 2007 à 01:20
@ Jean Dominique,
J'ai donc du lire résistant pendant la guerre alors qu'il s'agissait de résistant au système ou en Algérie. J'apprécie votre analyse, je ne peux cependant pas vous laisser tomber dans l'image d'Épinal, certes il y a les vichystes dont vous parlez, mais également un grand nombre d'anciens combattants qui furent membres du FN, notamment des royalistes qui furent dans la résistance et dans l'armée française et ce dès la première heure. C'est un mouvement patriotique qui est d'ailleurs assez raillé pour cela depuis les années soixante-dix et les nationalistes français n'eurent jamais vocation à épouser la cause nazie. Je ne me souviens pas d'ailleurs de Maurice Papon ou de Paul Touvier au sein du Front national, ceci est une pure désinformation à la Lévy. Je pense que l'héritier de de Gaulle n'est pas rentré dans cette mouvance politique par hasard et que si ce parti est ce qu'il est prétendu être énoncé, il aurait pris ses jambes à son cou.
Un autre élément m'interpelle également, si ce parti est si dangereux, pourquoi ne fut il pas interdit simplement au lieu d'être diabolisé sans être entendu ?
Pourquoi toutes les thèses de Le Pen sont elles ainsi pillées par Sarkozy, Villiers et même parfois Royal, en matière d'immigration et de sécurité si elles sont l'objet du "diable" et qu'elles sont censées être sorties de la tête d'un benêt ?
Cet homme en a pris plein les narines toute sa vie, mais il a continué de dire : La France et les Français d'abord, malgré les attentats, des assassinats jamais résolus, des procès à répétition, Carpentras... alors un homme qui me veut du bien, je décide et je n'engage que moi, d'avoir au moins la décence de l'écouter vraiment.
Oui, les USA se font passer en premier, l'Algérie, Israël, la Russie aussi et nous nous faisons passer en dernier sur notre propre territoire, quel est le sens ?
Une identité est importante, une histoire, une culture, un but commun et national également.
Les justes sont importants, ils démontrent à des gens comme BHL que les Français ne sont pas tous que des collabos, ils ont sauvé des vies innocentes. Je pense tout comme vous qu'il y a aussi les résistants, les soldats, les victimes civiles qui sont tout aussi dignes et qui ne méritent nullement d'être relégués à un second plan, du moins, il serait temps que cela s'arrête.
Rédigé par : LEFEBVRE | 18 janvier 2007 à 23:57
Dab, pardon pour cette coquille d'âge sur JM Le Pen, ce qui n'empêche qu'il n'a jamais été résistant, qu'il ne l'a jamais revendiqué et que ses amitiés sont restées vichystes tant qu'il y eut des survivants.
L'actualité nous donne à repenser au sujet de la note de Philippe : quelque 2700 Justes sont honorés au Panthéon. Ainsi donc la République a sous-traité à un Etat étranger le soin de distinguer les Français pour des actes très particuliers de résistance. Je ne suis pas d'accord, mais alors pas du tout. Ceux qui ont choisi les armes comme ceux qui ont choisi une autre forme de résistance ont en commun d'avoir résisté au péril de leur vie : il n'y a pas d'un côté des Justes et de l'autre,.. les quoi d'ailleurs ? De même, ceux qui ont caché des résistants, des communistes, des tziganes, que sais-je, ceux-là ne sont pas honorés au Panthéon, leur nom n'est pas gravé dans la pierre. Ils ne sont pas justes car ils n'ont pas sauvé les vies qui leur aurait conféré ce titre.
Qu'on ne se méprenne pas : que des juifs, à travers le Mémorial de Yad Vashem, souhaitent honorer la mémoire de personnes par le titre de Juste, cela me paraît légitime dans un contexte communautaire.
Mais la République n'a pas à réécrire l'histoire en gravant dans la pierre une version communautaire de l'histoire nationale, éliminant du souvenir les événements et les personnes qui ne s'inscrivent pas dans cette perspective. Si être un juste à un sens pour un juif, en raison d'une histoire tragique et d'une référence biblique, cette notion n'a aucun sens pour la République : la Résistance au nazisme était multiforme mais une chose est certaine, c'est que les lignes de partage n'ont pas vocation à passer par le filtre auto-nettoyant de Yad Vashem.
Rédigé par : Jean-Dominique Reffait | 18 janvier 2007 à 22:57
@ sbriglia
Et moi ce que j'aime par-dessus tout dans la famille des lumières, ce sont les petites lampes, du genre de celles de Noël, qui font de leur mieux pour clignoter dans le vent et dans les déserts.
En décembre, la nuit, vous traversez des bourgades minables, et sur une église ou sur un arbre pitoyable, vous voyez des guirlandes de rien de tout, faites de lumières de rien du tout.
J'aime bien cette image. Quand on fait de son moins mal.
Sur le blog de Philippe, on essaie juste de causer. Parce que lui, et tous ceux qui viennent chez lui, ils veulent seulement que les choses aillent moins mal. Ils se déchirent des fois mais ils ont inventé, je crois, de l’ affection, qu’on peut dire virtuelle.
Non, ce n’est pas une nouvelle expression.
Merci sbriglia.
Rédigé par : Véronique | 18 janvier 2007 à 20:15