On manque de héros, c'est clair. Ce besoin parfois puéril d'aller les rencontrer dans la fiction n'est très banalement que la compensation d'une vie réelle qui ne nous offre rien d'autre, souvent, que la platitude d'instants qui sont tout sauf magiques. On se dit avec tristesse qu'on n'est que soi et qu'on n'est entouré que de personnes ni meilleures ni pires que nous - une grisaille humaine qui rassure parce qu'elle n'exige rien. On se fond avec volupté dans la masse parce que la masse nous cache et nous laisse tranquille. Dans la multitude, nous sommes protégés de nous-mêmes.
Constat sans doute un peu trop pessimiste mais qui survient quand le hasard d'une lecture ou d'une actualité fait naître la nostalgie de l'héroïsme ou suscite le refus de la nullité. Quand, soudain, dans notre champ, les héros viennent peupler les songes et que les zéros viennent nourrir notre amertume.
Doc Gynéco ne cesse de clamer son attachement tout neuf à Nicolas Sarkozy (le dernier JDD) mais le Parisien d'aujourd'hui nous apprend qu'il a passé la nuit au poste à la suite d'un comportement agressif et fortement alcoolisé. Tout cela ne serait que navrant - un zéro de plus - si à la longue certains soutiens n'apparaissaient pas plutôt comme des handicaps que pour une chance. Sans doute, pour tout responsable politique, le plus difficile est-il de savoir résister à l'encens de l'estime, voire de l'admiration qu'on lui porte. Le fait d'être aimé ne garantit pas la compétence ni la qualité humaine ni la capacité d'entraînement de celui ou de celle qui vous adore. Cela donne Doc Gynéco, Johnny pour la Suisse, Pascal Sevran pour des mots de trop et Arno Klarsfeld qui a trop de missions. Il y a quelque chose de répulsif, pour le citoyen ordinaire, à devoir supporter des adhésions et des accolades qui ne le rendent pas fier de son propre choix. Il faut savoir se méfier des zéros.
Mais les héros, où sont-ils ailleurs qu'au cinéma ? Nulle part. Ou, alors, très loin dans le passé dans les tragédies indicibles de l'Histoire. J'y ai pensé à la suite du Grand Entretien paru dans le Monde des 7 et 8 janvier. Saul Friedländer y répondait à des questions sur " La Shoah ou la solitude des justes". Il expliquait " qu'il n'y a pas de groupe dans toute l'Europe, pas un seul, qui ait, en tant que tel, manifesté sa solidarité avec les juifs. Alors, c'est vrai, il y a les Justes. Mais il s'agit d'individus héroïques, pas de groupes sociaux."
J'ai toujours éprouvé une fascination pour les héros et cherché à démêler ce qui distinguait le commun des mortels du mortel exceptionnel. Je sais bien qu'aujourd'hui, et depuis un certain temps, l'héroïsme est mal porté, considéré comme une passion suspecte, flirtant avec le fascisme. Notre époque a définitivement choisi Racine et son humanité contre Corneille et ses exigences surhumaines. Pourtant, n'est-il pas clair qu'une forme de désintérêt de la politique provient aussi du fait qu'elle ne sait plus s'incarner dans des tempéraments et des personnalités non pas comme nous mais à l'horizon du meilleur de nous-mêmes ? Aujourd'hui encore, la politique reprendrait des couleurs, de l'audace et de la jeunesse si elle était portée par des Justes, des êtres capables de rendre enthousiasmants la pratique de la vertu et l'exercice de la démocratie. Le héros, à la fois exemple, modèle et frère.
Ils sont condamnés à être seuls. Le temps que les groupes délibèrent, la tragédie est accomplie, la catastrophe consommée. Contre la massification des lâchetés et des abstentions, le héros pousse son cri, a son sursaut d'existence et sa volonté d'action. Il vient bousculer le désordre choquant du monde pour y mettre l'ordre qu'il a créé et qui résulte d'une morale enfin inscrite dans la pâte du réel.
Il serait commode de se dire que les héros appartiennent à une époque révolue, où de grands malheurs exigeaient de grandes et belles âmes. Ce serait commode mais ce serait triste. La paix, la gestion, une société à améliorer peuvent aussi secréter de formidables destins. On est en manque, partout, d'humains sur lesquels accrocher nos rêves.
Les zéros, ici ou là, surabondent. Je suis sûr que les héros ne sont pas morts, seulement fatigués.
II ne peut y avoir de nouvelle architecture sans un grand coup de pelleteuse et avant le beau, il va falloir savoir assumer et traverser le dégueulasse.
La passe magique pour savoir transcender la difficulté est de le faire dans un but altruiste et esthétique, cela permet de se salir les mains tout en ayant conscience du côté éphémère du désagréable.
Le sculpteur ne se cagne-t-il pas les mains, ne respire-t-il pas la poussière de marbre avant de transformer son vulgaire caillou en délicieuse nymphe ?
@ Sbriglia :
Sartre le défenseur des pogroms staliniens, d'un autre fascisme : un parangon.
Il y a meilleur modèle, non ?
J'espère que c'est de l'ironie, non de la méconnaissance ou de la paramnésie...
Rédigé par : LEFEBVRE | 10 janvier 2007 à 17:35
@Véronique , je vais même plus loin que vous en oubliant le clivage droite-gauche .En effet , de Drieu à Aragon , de Brasillach à Sartre , deux générations d'écrivains se sont dévoyées en exigeant du champ politique qu'il satisfasse leur quête poétique .Le passage de la révolte à la révolution se traduit immanquablement par la soumission aux pires des tyrans , ceux dont le cerveau est plâtré d'idéologie .
La politique , en fait , n'est pas l'école d'application d'un rêve de cité idéale , mais l'art tout empirique d'organiser la cohabitation d'une population en faisant en sorte que les gens ne s'entre-tuent pas et que les faibles soient protégés des rapaces .
Art contingent : le politique ne saurait infléchir le cours d'une civilisation , il agit à court terme sur une pâte humaine dont la substance n'est pas de son ressort .
Il peut sauver un peuple de l'anarchie ou de la servitude .Il ne peut pas tirer du tombeau une âme collective .Je n'ai , pour être sincère , jamais cru que la France puisse redevenir le foyer d'un civilisation par la seule magie d'un politique avisé .
De Gaulle a sauvé l'honneur , et les meubles , de ce vieux pays brinquebalant , il n'a pas empêché l'univers de devenir , selon son terme, " mécanique ".Ni les Français de tâtonner dans le huis clos de leurs contradictions : l'appel du sud et de septentrion , la passion de l'universel et la volupté des mesquineries hexagonales , l'amour romain et cartésien de l'ordre , le culte du moi , le goût de la palabre , l'esprit de division .
Rédigé par : Parayre | 10 janvier 2007 à 17:04
@ Véronique
"On y apprend, par exemple, que Bernard Frank (petit hommage à ce dernier et à son écriture) disait que les Grognards (Chardonne, Morand) avaient très juste sur le style et la langue, mais tout faux et même plus que tout et très faux sur la politique."
Il est vrai que les Sartre et autres "philosophes des lumières de l'après guerre" sont des parangons de lucidité politique...
une belle phrase de Chardonne ,qui tempère quand même sa prétendue "malvoyance" :"avant deux siècles les Chinois couvriront le monde;ce sera la grande nuit...déjà on peut en respirer la fraîcheur..." (1935)
...c'était ,semble-t-il,l'auteur favori d'un Président lettré...
Rédigé par : sbriglia | 10 janvier 2007 à 13:51
@véronique
Je vous le garantis, je ne souffre pas, je ne m'abandonne pas... au contraire je me délecte avec les Anciens (votre panel est très large!). On prend son plaisir où l'on peut que l'on soit zéro ou héros. Et surtout, que vive l'Eros, toutes générations confondues, et sur ce point j'en suis sûr, nous serons d'accord. Souriez Véronique !
J. WEDRYCHOWSKI
Rédigé par : WEDRYCHOWSKI | 10 janvier 2007 à 13:28
@ Parayre, Philippe et les autres
C’est désarmant, à la fin, ceux de votre génération.
Que des hommes qui souffrent et qui s’abandonnent à Chardonne, Morand, les grecs, les latins, les de Gaulle. Je ne sais plus trop quoi faire, moi, pour vous consoler.
Allez, un petit conseil de lecture :
Le soufre et le moisi, la droite littéraire après 1945 – François Dufay
On y apprend, par exemple, que Bernard Frank (petit hommage à ce dernier et à son écriture) disait que les Grognards (Chardonne, Morand) avaient très juste sur le style et la langue, mais tout faux et même plus que tout et très faux sur la politique. Dans le livre il y a aussi les Hussards, que de bons souvenirs !
Mais quoi, question littérature, ça n’a tout de même pas donné que des impérissables.
C’est vrai, c'est peu, mais c’est tout ce que je trouve pour vous consoler...un petit peu.
Rédigé par : Véronique | 10 janvier 2007 à 11:30
@Véronique , je vous approuve .Ma génération fut souvent - et bêtement - militante , puis tristement cynique .
Puissent les suivantes, je ne veux rien exprimer d'autre , éviter ce genre de parcours en cultivant leur force d'âme .Ce mot -âme - issu de la Grèce , enluminé par les théologiens , redoré par les romantiques , est aussi " ringard" que le mot " réac ".
C'est pourtant le levier qui manque.La preuve , on le galvaude tant et plus ( l'âme d'un club , d'une entreprise , etc.).Si les êtres à venir ne perdent pas leur âme , la télévision et la publicité échoueront à manipuler les psychismes .
D'où l'impérieuse nécessité d'une pédagogie qui enracinerait dès la prime jeunesse les sens cardinaux prônés par toutes les religions , et toutes les sagesses : de l'honneur , de l'élévation , de la gratuité , du recueillement , de l'oubli de soi , de l'harmonie .
Le contraire en somme du "Jouir sans entraves "de Mai 1968 .
Le contraire également de l'hystérie compétitive et du culte de la performance .
La civilisation de l'universel , si elle advient , reléguera l'économique à sa juste place , celle de l'intendance .Si on renonce à cette pédagogie - éminemment politique - l'humanité se disséminera en tribus de fauves sans feu ni lieu , sans rien d'autre qu'une avidité prédatrice et cruelle .
Rédigé par : Parayre | 10 janvier 2007 à 10:25
@ Parayre
J'adore les littératures, les esthétiques, les romanesques et les imaginaires.
Je pense seulement qu'un pays, comme une personne humaine, quand il est à un moment de son existence, trop fragilisé et trop vulnérable dans ses fondements, n'a guère d'autre choix que de faire dans l'ordre, chaque jour, ce qu'il à faire et à surmonter.
Je sais bien que mes héros et mes héroïnes, je le crains, ne peuvent être que... des anti-héros ou que des anti-héroïnes.
Mais l'économie, même si, naturellement, elle ne fait pas tout, est une discipline dont les règles de base sont importantes à prendre en compte et à maîtriser. On les a trop longtemps ignorées.
Alors oui, je pense qu’il faut savoir en affronter les complexités, les rudesses et les non transcendantes réalités.
Je sais aussi que ces héros ou ces héroïnes ne seraient que du mauvais rêve, des sortes de petits cauchemars à répétition pour les communicants, les médiatiques et les faiseurs d'images. Mais de ceux-là, j’en ai plus qu’assez.
Rédigé par : Véronique | 10 janvier 2007 à 07:57
@Véronique : les chefs d'Etat occidentaux , sous-produits d'un marketing indigent , ne sont trop souvent que les VIP de leurs firmes et les pédo-psys de leur peuple .
Conquête de marchés et distribution de neuroleptiques ." La communauté internationale " colle des rustines sur des plaies .Sa légitimité est faible .Il faudra bien pourtant qu'un minimum de " gouvernance " mondiale s'organise , tout en sachant que l'empire du Bien serait par essence totalitaire .On a déjà donné .
Si l'on veut se bercer d'un rien d'optimisme , autant le miser sur une jeunesse qui semble mieux déniaisée que la " mienne" .Moins sujette à ce que Lénine appelait le " crétinisme villageois " .Elle sait obscurément qu'elle est dos au mur , yeux bandés face à la mitraille des trafiquants d'opinion .
Peut-être sauvera-t-elle ce qui importe de la démocratie - la liberté , la citoyenneté - en négligeant ses usages frelatés pour se commettre dans un corps à corps avec le nihilisme .Et le vaincre en levant les yeux vers le ciel au lieu de les pencher sur des bilans comptables .
L'obsession de l'économie est une ruse du Diable pour soustraire l'homme à la tragédie de sa liberté .
Puisque leurs aînés ont failli , il revient à nos jeunes pousses d'inventer un art de traverser cette mutation historique sans qu'elle tourne au cauchemar .
Si elles s'avisent que le sens de leur escale ici-bas n'est pas de consommer des mirages mais de prendre la réalité à la gorge , alors je suis prêt comme ...à vingt ans ( moi aussi) pour l'aventure politique .
Contre les spéculateurs et les idéologues .Contre le matérialisme et ses succédanés .La France au cours des âges a produit des héros, des saints , des sages , des rhéteurs , des bretteurs .
Elle n'a pas dit son dernier mot et comme tout est à repenser , elle a sa chance pour peu que ses élites futures méritent l'estime de son peuple .
Le monde a besoin d'une France qui fasse mentir Huntington et Fukuyama en inventant la préhistoire radieuse du cycle de l'universel .
Rédigé par : Parayre | 09 janvier 2007 à 20:37
Ils ne sont pas morts ou fatigués, juste isolés.
Le drame freudien est venu museler le héros :
Aujourd'hui Jésus, Jeanne d'Arc seraient enfermés dans un hôpital psychiatrique pour schizophrénie.
De Gaulle, Du Guesclin, Bouillon seraient des "fascistes néo-nazis".
Malraux, Saint-Exupéry...des mythomanes.
Ne reste que des pisse-froids, des nivelés insignifiants qui font"un travail sur soi", l'égalité est écrasée par l'uniformité.
Rédigé par : LEFEBVRE | 09 janvier 2007 à 20:22
Héros ou Zéros ? Les héros des gens sont ceux à qui ils peuvent s'identifier, alors, savants, philosophes, politiques (ils ne peuvent être tous mauvais - tous les mêmes - comme disent les sots) ils ne pourraient l'être, mais taper dans une babale...peut-être...pousser la chansonette..peut-être ! et c'est tout de même plus facile de rêver être les seconds que les premiers ? Moins dur, moins long, et ON GAGNE PLUS. Les héros étaient des gens brillants, il y en a moins en pourcentage dans notre monde grouillant ! Et médias comme politiques ont besoin de cette foule innombrable, alors on la cajole, plus de temps pour parler des autres, les héros. Jeanne.
Rédigé par : Jeanne Loiseau | 09 janvier 2007 à 19:48
" Je suis sûr que les héros ne sont pas morts, seulement fatigués. "
Mais il y a de quoi aussi... être fatigués.
Voilà un pays dans l'incapacité à réellement se réformer, qui gère au jour le jour, par médiatiques interposés, les secousses et les séismes auxquels il doit faire face.
Les intérêts catégoriels et corporatistes l'emportent sur tout le reste.
Dans une note consacrée au livre " La France injuste ", M. Pierre Bilger pose 7 questions fondamentales quant aux urgences économiques et sociales de notre pays.
http://www.blogbilger.com/la_france_injus.html.
Pourquoi aucun parti politique, aucune femme ou aucun homme politique n'a le projet d'en finir avec les lourdeurs qui plombent et dévitalisent notre société, qui préservent au-delà du raisonnable certains, et qui en exposent d'autres à que de l'aléatoire.
Mon héros ou mon héroïne, ce serait celui ou celle capable de ce courage et de cette détermination.
Mais celui-ci ou celle-là ne fera ni rêver, ni frémir. Ce serait pourtant un bel idéal et un grand défi :
Une France plus juste.
Rédigé par : Véronique | 09 janvier 2007 à 19:02
Les héros sont individuels, fils des circonstances et reconnus a posteriori : leur caractère héroïque est dans leur capacité à reconnaître l’inacceptable et à assumer le risque du refus.
Ce n’est pas simple de voir l’inacceptable, Etty Hillensum montre que la remarque de Saul Friedlander s’étend aux juifs de Hollande eux-mêmes qui n’ont pas vu ou n’ont pas su que faire. Car réagir est évidemment difficile, ce que nous apprend l’Histoire est qu’une réaction collective est souvent impossible et contre-productive (et 60 ans après Auschwitz a-t-on édifié une vraie réflexion sur l’action en temps totalitaire, nos maîtres à penser de l’après guerre, Sartre tout le premier, sont romantiques et donc vides sur ce sujet, comme s’ils étaient incapables de penser le défi posé par Auschwitz, alors que l’on aurait imaginé que seul ce sujet justifiait encore de penser).
Lorsque la réaction reste individuelle et que le pouvoir ne mobilise pas toute sa force et laisse sa violence agir dans une routine arbitraire et donc évitable, là est le territoire du héros, car quand la répression collective bat son plein, le héros n’a pas capacité à s’exprimer et reste cantonné dans l’intime et peut-être dans la sage fuite.
On peut penser aussi qu'il n’y a pas de héros universel, chacun pouvant l’être sur un sujet qui le concerne particulièrement, et que l’acceptation du risque vaut reconnaissance d’une transcendance (là aussi chacun la sienne).
Jean-Marie
Rédigé par : jean-Marie | 09 janvier 2007 à 15:31
A point, dans Chardonne, ce matin :"je ne demande pas à l'homme d'être un héros ; il y a si peu d'hommes simplement convenables".
Rédigé par : sbriglia | 09 janvier 2007 à 15:22
Vous évoquez les Justes en tant que héros, mais je ne peux m'empêcher de penser que justement pendant la sombre période concernée, personne n'a su leur action. Et même par la suite il a fallu énormément d'efforts pour jeter un peu de lumière sur leur rôle.
Je voudrais cependant en tirer une conclusion positive. Ce n'est pas parce qu'on ne les voit pas que les Justes n'agissent pas. L'action des héros est plus discrète qu'on peut le penser, ceux qui agissent aujourd'hui nous ne prendrons conscience de leur rôle que plus tard.
Rédigé par : jmdesp | 09 janvier 2007 à 13:29
Merci pour ce billet.
Le premier signe qui nous montre qu'on manque de héros, c'est bien les luttes intestines des différents partis politiques pour designer leur candidat à la presidentielle.
Le héros est fédérateur. Même s'il ne fait pas l'unanimité, il sait rassembler derriere lui et les valeurs qu'il porte.
Rédigé par : nicolas | 09 janvier 2007 à 11:09
Nous sommes effectivement "en manque" ... Je fais le songe, au risque qui m'indiffère de passer pour "réac", d'une France gaullienne, chrétienne, républicaine qui enrôlerait dans une chevalerie les croisés de saint-Bernard, les soldats de l'an II et les maquisards du Vercors .
Ce même songe m'a toujours attiré vers la politique et si je passais les bornes du raisonnable, j'envisagerais éveillé cette nouvelle chevalerie, pour inspirer une jeunesse qui à l'évidence, se morfond dans l'attente de Godot.
Ses adoubés apprendraient à être inactuels dans des thébaïdes où ils s'imprégneraient des vertus de la lenteur.
Le contraire de l'ENA et des écoles de commerce.
Rien en effet de plus expédient, pour retrouver le sens de l'action, que de fuir le harcèlement médiatique et les stimuli de l'éphémère .
Ils tremperaient leurs âmes aux sources de leur culture, pas aux embouchures ...
Mais je rêve car bientôt la France sera un canton touristique de Mac World et l'Europe, l'un de ses départements ...Sauf, retour à l'onirisme, si elles assument leur raison d'être : un foyer de dissidence et un laboratoire de la fraternité !
Rédigé par : Parayre | 09 janvier 2007 à 09:56
"On est en manque, partout, d'humains sur lesquels accrocher nos rêves."
rien ne vous empêche, monsieur l'avocat général, d'envisager d'autres cimaises... les rêves peuvent, c'est leur privilège, s'accrocher aux nuages...
on va dire que je radote : imagine-t-on Fernand Raynaud animer les meetings du Général ?
on a les Malraux qu'on peut...
Rédigé par : sbriglia | 09 janvier 2007 à 09:26
Lue tôt le matin, votre note incite à faire partie des uns plutôt que des autres. Votre blog devrait se trouver en pharmacie ! Merci.
Rédigé par : Fleuryval | 09 janvier 2007 à 07:00
Doc Gynéco a annoncé sur une radio, (avant d'avoir bu ?), qu'il sort un livre où il explique que "les grands esprits se rencontrent", c'est-à-dire le sien et celui de Nicolas Sarkozy...
Les auteurs des Guignols n'ont plus rien à faire, ni à accentuer le trait, les people et les politiques dépassent leur marionnette.... Et occupent le scène médiatique en expédiant les héros dans l'ombre.
Rédigé par : Bulle | 09 janvier 2007 à 05:14
bonsoir
venu par hasard sur votre blog j'ai lu vos commentaires et je trouve cela trés intéressant.
interessé par vos propos je reviendrai faire des commentaires
Rédigé par : gomes | 09 janvier 2007 à 00:21