On n'en finit pas de déplorer sa mort et de le célébrer. La pompe officielle et étatique puis l'ensevelissement discret et glaçant dans un petit cimetière de Normandie. Tout semble avoir été dit sur cette destinée exceptionnelle et pourtant il manque quelque chose. Ce consensus étonnant, parfait, est trop beau pour qu'on ne tente pas de découvrir l'explication-miracle, l'explication de ce miracle, la cause de ce triomphe. Le pourfendeur de la misère en pleine gloire médiatique, maintenant comme hier. Qu'avait-il donc de si remarquable, cet abbé de société comme il y a des abbés de cour, pour susciter tant d'enthousiasme attristé, comme si nous avions été un peu lui et qu'il avait été beaucoup nous ? C'est sans doute la force de ces personnalités d'exception que de donner le droit à chacun de se façonner son image personnelle. Peut-être chacun a-t-il en effet "son" abbé Pierre qui n'a pas qu'à voir avec les hommages unanimes qui lui ont été rendus.
Certes, je reconnais volontiers que pour cet ecclésiastique hors norme, c'est d'abord son humanité et ses faiblesses qui l'ont rapproché de nous. Avant même de devenir un modèle de solidarité et d'abnégation et de s'inscrire de manière exemplaire dans nos mondes, il a su, par sa vie , créer une familiarité intense avec la nôtre en apportant lui-même des brèches à sa statue. Les tentations d'une vie trop humaine, la chasteté si difficile à supporter, les dérives et abandons assumés, la compréhension des situations dramatiques où, notamment pour le préservatif et le sida, il distinguait si lucidement la faute et le crime, cette capacité à ne pas fuir le mouvement du monde en apposant sur lui la facilité d'un décret absolu, à ne pas fuir l'agitation intime et ses risques en se prétendant faussement au-dessus de soi, tout cela a définitivement ancré l'abbé Pierre du bon côté de l'existence : du nôtre. Même ce que d'aucuns ont rappelé avec délectation, comme si c'était fondamental - son soutien apporté, à travers Roger Garaudy, à la liberté d'expression - est apparu moins comme une intolérable transgression que comme, au pire, la défaillance provisoire et pour certains, sénile, d'un corps et d'un coeur accordés à l'humaine condition. Il me semble qu'il a d'abord été aimé parce que sa respiration le constituait comme notre prochain, ombres et lumières mêlées.
Ensuite, il nous a servi de formidable alibi. Quel bonheur que ce combattant inlassable de la misère et de la détresse qui dispensait, comme il l'avait lui-même si lucidement analysé, les autres du devoir d'agir. Il parlait et agissait pour nous et offrait aux politiques de tous bords cette merveilleuse opportunité, en le soutenant verbalement, de paraître solidaires et, mieux que cela, entreprenants comme lui. L'abbé Pierre - et il n'était pas dupe - a été instrumentalisé par tous ceux qui lui avaient confié avec une allégresse citoyenne la charge de les représenter dans une lutte impossible à gagner. Il était devenu "le coeur d'un monde sans coeur" et le religieux qu'il était ne donnait pas au peuple de l'opium mais de la bonne conscience. Dans cette relation il y avait aussi l'illusion, qui n'était pas en elle-même médiocre, de se hisser vers des sommets d'humanité altruiste grâce à cet homme exemplaire. Il nous tirait vers le haut et c'était bon de croire que, grâce à lui, notre compassion abstraite saurait se muer en action. Dans notre quotidienneté parfois grise, l'espérance d'une sainteté à notre mesure diffusait son charme.
Enfin, et il me semble que c'est le plus important, l'abbé Pierre a constitué, dans un univers de faux-semblants, une preuve absolue d'authenticité. Ce serait une absurdité que d'analyser son rapport avec les médias comme le signe d'un quelconque narcissisme alors qu'il le désirait opératoire et qu'en définitive il l'a été. La concordance entre sa morale, son existence, sa parole et son comportement n'a cessé de faire naître en nous une inguérissable nostalgie : celle d'un monde politique où la vérité imposerait son exigence, où ne pourrait plus être tournée en dérision cette comédie contemporaine des apparences nobles et des coulisses obscures. Ce que l'abbé Pierre a rendu insupportable, ce sont ces vies, ces discours et ces pratiques, non seulement désaccordés mais utilisés pour échapper à la charge accablante de la rectitude. L'éthique est remplacée par les mots, la passion affichée du peuple se marie avec le clinquant de coteries friquées, la politique n'est qu'une manière de placer un écran de fumée entre ce qu'on propose et ce qu'on vit, rien ne vient persuader le citoyen que pour obtenir ses suffrages, va se dresser un être dont la vérité sera la seule arme et qui pourra proclamer l'unité de sa personnalité. Tant de distance entre les concepts et la réalité, entre les promesses et leur accomplissement, entre l'intime et le superficiel, entre la parole lucide et la parole politique. L'abbé Pierre, c'est au contraire l'absence de tout hiatus entre la source et la mer, entre les origines et l'aboutissement. Je crois que c'est sur cette coïncidence totale que se fonde l'admiration de tous. On se dit qu'une telle honnêteté n'est pas possible et qu'il convient de la saluer comme un exploit personnel qui ne portera pas à conséquence. Trop humain donc, cet abbé de société, mais aussi trop ailleurs pour constituer un remords vivant. Trop loin, trop dur, trop difficile : on ne peut qu'applaudir respectueusement cet artiste de l'humain et s'en tenir à notre médiocre condition qui a ses petits plaisirs comme ses grandes joies. Au fond, l'abbé Pierre n'a gêné personne.
La clé de son apothéose réside probablement dans ces injonctions du coeur qu'il adressait, dans ces appels à la générosité et dans son indignation renouvelée, dans ces foudres fortes mais indolores qu'il laissait tomber sur les politiques. Il châtiait mais ne faisait pas mal. Sa politique du coeur n'abordait jamais le coeur de la politique. Il était révéré comme une sorte de Savonarole sympathique et compatissant mais dont on n'avait pas peur parce que l'écouter était commode et gratifiant mais qu'il n'avait rien à sa disposition pour contraindre à suivre et à respecter ses chemins rugueux et nécessaires. L'abbé Pierre était profondément désarmé. En ce sens, il n'inquiétait pas, il rassurait.
Pas une seconde, me viendrait à l'esprit la pensée vulgaire de juger surabondante l'adoration de ces derniers jours. Je voudrais seulement que dans ce miroir que l'abbé Pierre nous a tendu tout au long de son existence et, au-delà, par sa mort, nous n'oubliions pas de nous regarder nous-mêmes. Au fond des yeux, au fond du coeur.
J'ai toujours eu une certaine admiration pour notre abbé bien que je sois non croyant ! C'est aussi là que réside sa force. Croyants, non croyants ont été sensibles à son "insurrection de la bonté". De nos jours peu de personnes savent toucher des personnes aussi différentes. Il avait un charisme exceptionnel.
J'espère que son oeuvre va se poursuivre même si sans lui les choses risquent d'être différentes. La loi sur le droit au logement opposable devrait porter son nom, je regrette cette décision car cette loi n'est pas aussi ambitieuse qu'il l'aurait voulu.
Rédigé par : jean philippe | 28 janvier 2007 à 20:58
Je ne suis pas d'accord avec PB sur la fin de son billet.
Désolé, mais je trouve surabondante l'adoration de ces derniers jours.
Non pas parce qu'il ne méritait pas une telle adoration, bien au contraire.
Mais surabondante dans la mesure où celle-ci peut venir de personnes ou politiques qui n'en ont que faire des pauvres mais qui, pour se donner bonne conscience ou s'attirer la sympathie dans un but électoral, viennent pleurer au bord du cercueil de ce saint homme.
Son message vieux de dizaines d'années est malheureusement toujours valable en 2007 et j'ai envie de dire : est de plus en plus actuel.
Oui, il y a de plus en plus de pauvres en France. Oui, il y a de plus en plus de SDF en France. Oui, il y a de plus en plus de RMistes en France.
Oui, les personnes en-dessous du seuil de pauvreté sont de plus en plus nombreuses.
Alors, si cette adoration était si sincère : pourquoi en est-on arrivé à une telle situation ?
La vérité : c'est que le message de l'Abbé dérangeait plus d'une personne. Il nous bousculait nous qui sommes bien logés, bien nourris et qui ne faisons finalement attention aux pauvres qu'à l'occasion de tels événements que celui du décès de l'Abbé.
Je ne suis pas là pour condamner ces personnes car je n'ai aucune légitimité pour le faire.
Si 99% des français étaient d'accord avec l'Abbé : combien ont finalement agi ? 5% au mieux
J'ai l'honnêteté de dire que je n'ai rien fait.
Et a priori est-ce aux citoyens d'agir ? ou aux politiques ? Les deux, me diront certains.
Je ne peux qu'être d'accord mais c'est d'abord aux politiques d'agir. Et force est de constater que ( tous bords confondu ), personne n'a rien fait et personne ne fera jamais rien.
Sauf un qui nous annonce que s'il est élu, dans deux ans il n'y aura plus un seul SDF en France.
Complètement démgagogique et surtout complètement déplacé dans cette période et surtout quand on sait que cet homme fait partie d'un gouvernement qui a contribué à accroître la pauvreté en France.
Je me demande comment on peut récupérer un sujet aussi grave à des fins uniquement "électoraliste".
A priori ce candidat n'a honte de rien et surtout est prêt à tout récupérer, tout ça pour arriver à l'Elysée.
Finalement, le combat de l'Abbé l'aura enterré. Espérons que toutes les larmes versées cette semaine n'aient pas été versées pour rien.
Rédigé par : Ségo | 28 janvier 2007 à 20:24
..."et le religieux qu'il était ne donnait pas au peuple de l'opium mais de la bonne conscience..." a écrit PB... C'est sans doute ce qui a poussé l'évêque de Parthénia , l'ineffable Monseigneur Gaillot à déclarer "il ne faut surtout pas que l'Eglise catholique puisse le récupérer" (sic)
Mais non, Monseigneur, rassurez-vous, comme Jaurès, l'abbé n'est d'aucun clan... Mais on aurait préféré que cela vienne d'une autre voix que la vôtre...
@Wédry : il est des combustions qui durent toute une vie, ce fut celle de l'abbé ; elle vaut tous les bûchers... et ces "trognes" que nous avons aperçues aux obsèques à Notre-Dame étaient les mêmes que celles qui regardaient Savonarole dans ses flammes...
Rédigé par : sbriglia | 28 janvier 2007 à 18:52
Le texte intitulé "Iconographie de l'abbé Pierre", tiré de "Mythologies" de Roland Barthes - ouvrage publié en 1957 , il y a donc cinquante ans - me paraît intéressant en complément de la superbe note de notre hôte. Le voici :
"Le mythe de l'abbé Pierre dispose d'un atout précieux : la tête de l'abbé. C'est une belle tête, qui présente clairement tous les signes de l'apostolat : le regard bon, la coupe franciscaine, la barbe missionnaire, tout cela complété par la canadienne du prêtre-ouvrier et la canne du pèlerin. Ainsi sont réunis les chiffres de la légende et ceux de la modernité.
La coupe de cheveux, par exemple, à moitié rase, sans apprêt et surtout sans forme, prétend certainement accomplir une coiffure entièrement abstraite de l'art et même de la technique, une sorte d'état zéro de la coupe ; il faut bien se faire couper les cheveux, mais que cette opération nécessaire n'implique au moins aucun mode particulier d'existence : qu'elle soit, sans pourtant être quelque chose. La coupe de l'abbé Pierre, conçue visiblement pour atteindre un équilibre neutre entre le cheveu court (convention indispensable pour ne pas se faire remarquer) et le cheveu négligé (état propre à manifester le mépris des autres conventions) rejoint ainsi l'archétype capillaire de la sainteté : le saint est avant tout un être sans contexte formel ; l'idée de mode est antipathique à l'idée de sainteté.
Mais où les choses se compliquent — à l'insu de l'abbé, il faut le souhaiter — c'est qu'ici comme ailleurs, la neutralité finit par fonctionner comme signe de la neutralité, et si l'on voulait vraiment passer inaperçu, tout serait à recommencer.
La coupe zéro, elle, affiche tout simplement le franciscanisme ; conçue d'abord négativement pour ne pas contrarier l'apparence de la sainteté, bien vite elle passe à un mode superlatif de signification, elle déguise l'abbé en saint François. D'où la foisonnante fortune iconographique de cette coupe dans les illustrés et au cinéma (où il suffira à l'acteur Reybaz de la porter pour se confondre absolument avec l'abbé).
Même circuit mythologique pour la barbe : sans doute peut-elle être simplement l'attribut d'un homme libre, détaché des conventions quotidiennes de notre monde et qui répugne à perdre le temps de se raser : la fascination de la charité peut avoir raisonnablement ces sortes de mépris ; mais il faut bien constater que la barbe ecclésiastique a elle aussi sa petite mythologie. On n'est point barbu au hasard, parmi les prêtres ; la barbe y est surtout attribut missionnaire ou capucin, elle ne peut faire autrement que de signifier apostolat et pauvreté ; elle abstrait un peu son porteur du clergé séculier : les prêtres glabres sont censés plus temporels, les barbus plus évangéliques : l'horrible Frolo était rasé, le bon Père de Foucault barbu ; derrière la barbe, on appartient un peu moins à son évêque, à la hiérarchie, à l'Église politique ; on semble plus libre, un peu franc-tireur, en un mot plus primitif, bénéficiant du prestige des premiers solitaires, disposant de la rude franchise des fondateurs du monachisme, dépositaires de l'esprit contre la lettre : porter la barbe, c'est explorer d'un même cœur la Zone, la Britonnie ou le Nyassaland.
Évidemment, le problème n'est pas de savoir comment cette forêt de signes a pu couvrir l'abbé Pierre (encore qu'il soit à vrai dire assez surprenant que les attributs de la bonté soient des sortes de pièces transportables, objets d'un échange facile entre la réalité, l'abbé Pierre de Match, et la fiction, l'abbé Pierre du film, et qu'en un mot l'apostolat se présente dès la première minute tout prêt, tout équipé pour le grand voyage des reconstitutions et des légendes). Je m'interroge seulement sur l'énorme consommation que le public fait de ces signes. Je le vois rassuré par l'identité spectaculaire d'une morphologie et d'une vocation ; ne doutant pas de l'une parce qu'il connaît l'autre ; n'ayant plus accès à l'expérience même de l'apostolat que par son bric-à-brac et s'habituant à prendre bonne conscience devant le seul magasin de la sainteté ; et je m'inquiète d'une société qui consomme si avidement l'affiche de la charité, qu'elle en oublie de s'interroger sur ses conséquences, ses emplois et ses limites. J'en viens alors à me demander si la belle et touchante iconographie de l'abbé Pierre n'est pas l'alibi dont une bonne partie de la nation s'autorise, une fois de plus, pour substituer impunément les signes de la charité à la réalité de la justice."
Rédigé par : Parayre | 28 janvier 2007 à 17:49
Combien sommes-nous, ici, ailleurs, à nous sentir si proches des révoltes de l'Abbé Pierre tout en oeuvrant, au quotidien, à la grande fabrique de la misère humaine ?
Parce que son amour et son indulgence se portaient sur nous tous, devons-nous pour autant croire que nous les avons tous mérités ?
Sans honte, sans pudeur, on pleure l'homme digne, celui qu'il fut, celui que l'on n'est pas.
Dans les bureaux obscurs, de routines en procédures, inlassablement, combien sommes-nous à contribuer à faire le malheur des autres ? Combien sommes-nous, cyniques ou compatissants, à produire de l'expulsion, de l'exclusion, de la détresse au sein de la grande machine de la société industrielle humaine ?
Des milliers, des centaines de milliers, qui raclent les derniers sous du pauvre, qui l'oublient dans un plan de licenciement, qui l'accablent de son insolvabilité sociale, nous sommes des milliers, des centaines de milliers.
Sans méchanceté aucune, avec le meilleur coeur du monde, donnant la pièce à chaque dimanche de quête, révoltés et indifférents à la fois, pendant que nos ordinateurs, à nos ordres dévoués, vomissent des injonctions, des commandements, des contentieux, des saisies, des radiations, sans relâche et sans trêve, pas même le jour d'un hommage national.
Oh, nous pouvons verser toutes nos larmes de crocodiles, aucune rivière n'en naîtra et le monde n'en demeurera pas moins aride. L'Abbé Pierre, dans un effort de vie sans mesure, n'a irrigué qu'un désert de sable, ce sable dont nous sommes faits.
Rédigé par : Jean-Dominique Reffait | 28 janvier 2007 à 16:57
Je me souviens d'une de ses dernières entrevues télévisées où un présentateur, au paroxysme du vulgaire, amenait le débat sur le choquant tandis que l'abbé Pierre répondait toujours avec une grande profondeur à ses questions sans se détourner. La voix agressive de Marc-Olivier Fogiel contrastait aussi avec le timbre posé du co-fondateur d'Emmaüs. Deux monde étaient confrontés ce soir-là.
Je me souviens que cet homme demandait à son Dieu de venir le chercher, tant il était fatigué. Il est aujourd'hui exaucé et j'en suis heureux pour lui.
Il y a parfois des amitiés qui vont au-delà de nos convictions les plus profondes et je ne suis guère surpris que cet homme fut au-dessus du débat commun, cela va avec son passé de résistant, son engagement d'une vie contre la pauvreté. Soyons sûr qu'il était lucide, même sur la manipulation, mais qu'il l' acceptait pensant d'abord à ses compagnons.
Voici des siècles que Machiavel se pense victorieux de François d'Assise, de son mépris, il ne se rend pas compte que le pitre, c'est lui.
Rédigé par : LEFEBVRE | 28 janvier 2007 à 16:03
@ notre hôte
Vous semblez opposer le franciscain-capucin au dominicain en disant que l’un est «une sorte de Savonarole sympathique». Frère Jérôme ne le serait-il pas ? L’un se devait d’être proche des pauvres, et il l’a fait avec le rayonnement indiscutable et admirable que l’on connaît. «Au fond, l'abbé Pierre n'a gêné personne ». écrivez-vous cependant.
L’autre, le prieur de San Marco se devait de prêcher …là, cela dérangeait beaucoup.
Le combat n’était pas de même nature.
L’un meurt avec des funérailles quasi-nationales. L’autre est pendu et brûlé.
Ceux qui finissent sur une potence-bûcher ou sur la Croix ont parfois ma préférence. Pas tous, bien sûr. Il y a chez ces «condamnés» un «courage» exercé au péril de leur vie, dimension qu’on ne trouve pas nécessairement chez ceux qui meurent plus paisiblement.
Vous écrivez « Il me semble qu'il a d'abord été aimé parce que sa respiration le constituait comme notre prochain, ombres et lumières mêlées.» Etrange parallélisme des écritures ! Car Pierre Antonetti termine son livre sur Savonarole (Ed.Perrin Fév.1991) en écrivant « entre les sarcasmes de Machiavel et l’admiration d’abord totale puis réticente et critique de Guichardin, la postérité n’a pas cessé de balancer, comme pour illustrer la difficulté de peindre un portrait de Savonarole où les ombres ne le disputent pas à la lumière ».
Ainsi chacun a ses ombres et ses lumières. Tous les deux étaient des hommes de Dieu, "et lux perpetua luceat eis". Tous les deux ont osé, chacun selon son «Ordre». Tous les deux me sont aussi «sympathiques»…. Je sens déjà que je vais être brûlé vif.
Rédigé par : WEDRYCHOWSKI Jérôme | 28 janvier 2007 à 13:24