L'Express nous apprend, sous les signatures d'Elise Karlin et d'Eric Pelletier, l'existence de "grandes manoeuvres autour de Battisti". Deux candidats à la présidentielle, Ségolène Royal et François Bayrou, se seraient entretenus, pour le second à plusieurs reprises, avec Fred Vargas, soutien inconditionnel du fuyard, afin de faire échapper Battisti à son extradition s'il était interpellé ou s'il venait, assuré du sort favorable qui lui serait réservé, se rendre aux autorités françaises.
Quant à Bernard-Henri Lévy, il continue sur une lancée où, à mon sens ,il s'était déjà tristement illustré : il faudrait que le prochain président de la République, quel qu'il soit, renonce à cette extradition " conformément à la parole donnée en son temps par François Mitterrand au nom de la France".
J'ai déjà écrit deux billets sur l'affaire Battisti, le 28 mai 2006 sous le titre "L'impunité par le livre : Saint Battisti !", le second, le 22 octobre, "Un sombre bonheur : retour sur l'affaire Battisti". Dans celui-ci, j'évoquais le livre écrit par le fils gravement handicapé d'une victime assassinée par Battisti et ses amis terroristes de l'époque.
Apparemment, rien n'y fait. Les interventions les plus modestes, les mises en garde les plus officielles comme celles des autorités et de la magistrature italiennes. Quelle étrange fascination exerce cet homme dont le courage civique, que ce soit en Italie ou en France, ne semble pas être la principale qualité.
Ainsi, tout continuerait comme avant. On vante la transparence, la fin des négociations clandestines et l'instauration ou la restauration d'une démocratie de la pleine lumière qui ne prendrait plus le citoyen pour un imbécile mais pour un partenaire. C'est promis, on ne manipulera plus personne. Demain, une nouvelle ère va commencer. Celle de la morale triomphante. On voit ce qu'il en est si l'information de L'Express est fiable.
François Bayrou, qui croyait il y a quelques années qu'il lui suffirait d'un claquement de doigts pour faire modifier la législation italienne sur les accusés en fuite, palabre avec Fred Vargas à notre insu, dans notre dos, pour faire revenir en toute tranquillité Battisti. Et nous, les citoyens, on a droit à quoi, on dit quoi ?
Quant à Ségolène Royal, combien de fois a-t-elle déclaré que c'en était fini des méthodes du Pouvoir d'avant, qu'elle avait l'intention d'avoir une pratique de l'Etat exemplaire, le moment venu. Je sais bien que François Hollande, en se précipitant, était allé serrer la main de Battisti en prison mais à l'évidence il ne connaissait rien de l'implication criminelle de celui-ci. L'ami et conseiller judiciaire du couple, Maître Jean-Pierre Mignard, a écrit un article pour défendre Battisti et affirmer, comme BHL, que François Mitterand avait donné sa parole et qu'il fallait la respecter. J'ai confiance, sur le plan de la rectitude, en Ségolène Royal. Elle ne devrait même pas accepter de mettre la main dans de telles coulisses, qui sont celles de la honte. Si demain la France l'élisait présidente, j'espère qu'elle saurait se tenir droite et grâce à elle, la République.
Battisti a tué avec d'autres. Il a été également complice d'assassinats. Il a fui la justice de son pays. Il s'est réfugié en France où rien de tel qu'une aura de criminel prétendument politique pour émoustiller la classe intellectuelle. Interpellé puis remis en liberté par la justice française sous contrôle judiciaire, il a violé l'engagement qu'il avait pris et fui à nouveau. Parce qu'il a écrit un livre honteusement préfacé par BHL, on l'a porté aux nues.
Cela ne suffit pas ? On se demande bien ce qui pourrait faire cesser ce soutien choquant apporté à cette cause ignoble ? De nouveaux crimes ? Je n'en suis même pas sûr. Y aurait-il une impunité pour le sang versé au prétexte qu'on a écrit des livres, ensuite ?
Quant à la parole de François Mitterrand, d'une part je ne suis pas persuadé que les conditions dans lesquelles elle a été donnée devraient engager nécessairement ses successeurs, d'autre part elle excluait formellement de son bénéfice ceux qui avaient du sang sur les mains. Qu'on demande notamment au fils du bijoutier Pierluigi Torregiani assassiné ce qu'il en pense !
Plus gravement encore, dans une période où la magistrature française a été très attaquée, et légitimement, à la suite du désastre d'Outreau, faudrait-il encore manifester à son égard une marque de défiance et de mépris, en laissant revenir un fuyard criminel sans le remettre aux autorités italiennes, comme la justice française avait enfin su l'ordonner ? Si de tels arrangements avaient lieu en catimini et que nous soyons obligés d'accueillir à nouveau et de retenir chez nous un Battisti, qui n'est ni à l'honneur de l'Italie ni à l'honneur de la France, nul doute que ceux qui ne cessent de proclamer leur volonté de remettre l'institution judiciaire à la place capitale qu'elle mérite l'accableraient davantage et lui feraient perdre une légitimité nécessaire à son redressement. Si la politique occulte et les tractations minables viennent défaire ce que la justice a tranché et les crimes de Battisti imposé, il n'aura pas fallu longtemps pour que les promesses d'un jour deviennent le cauchemar du lendemain pour notre démocratie.
Contre les coulisses de la honte, l'exigence d'une République irréprochable. Tout le temps. Ce n'est pas parce que nous sommes encore dans la campagne présidentielle que la morale publique a le droit d'être proclamée et affichée sans être incarnée.
Ségolène Royal et François Bayrou seulement !
Le texte de sego est le pire exemple de démagogie, ses idées entraîneront fatalement une anarchie incontrôlée et sauvage à force de faire les yeux doux et des ronds de jambes aux criminels et délinquants ; cette personne est de gauche bien sûr, cette gauche terreau du crime par son laxisme et sa lâcheté , 2002 ne lui suffit pas ; quant à moi je me battrai toujours contre cette idéologie gauchiste qui empoisonne la société. Et même s'il n'en reste qu'un je serai celui-là.
Rédigé par : ambrosi | 19 février 2007 à 18:36
Ambrosi,
Ce qui est illégal doit être sanctionné donc critiquer un rappel à la Loi d'un Magistrat vous met hors la Loi au sens stricto sensu !
Si la Loi est mauvaise, il faut donc la changer et il faudra tout autant que celles en vigueur respecter la nouvelle.
On ne peut pas plaider pour un respect à deux vitesses des lois comme vous le faites en faisant un distinguo qui est donc personnel entre les bons et les mauvais textes...
Vous avez peut-être raison sur le fond mais vous devez respecter la forme donc ce qui est écrit dans notre Droit à la date de ce jour.
Pour le moins, c'est votre démarche qui semble "gauchiste" pour ne pas dire anarchiste si on respecte le verbe...
Rédigé par : doc | 19 février 2007 à 16:00
Parce que je suis basque
Parce que je suis fière de l'être...
Comment ne pas être révulsée par la mise en liberté de Bidart...
C'est une honte pour la France et pour la commission qui a permis de remettre dehors un criminel qui ne renie et ne regrette même pas ses crimes!
A quand son prochain crime est la seule question qui vient à l'esprit!
Rédigé par : marie | 19 février 2007 à 14:50
@ ambrosi,
vous avez des réactions qui me font froid dans le dos
vous préférez peut-être vivre dans une société où la justice est expéditive et guillotine à la chaîne tous les criminels de ce pays
heureusement qu'il y a encore des magistrats qui s'offusquent de la dérive prise ces 5 dernières années
interdire les supermarchés aux mineurs parce que certains sont des délinquants : mais où va-t-on ?
et vous semblez remettre en cause les droits de l'homme dont doivent bénéficier tous les délinquants et même le pire des criminels
le respect des droits de l'homme, de la dignité humaine sont les piliers essentiels de toute société démocratique et font la différence avec les dictatures
mais qu'est ce que vous voulez ? mettre des jeunes de 15 ans en prison : c'est ça la solution que vous préconisez ? guillotiner tous les violeurs et meurtriers ?
j'ai envie de dire : heureusement qu'il y a encore des magistrats (comme celui que vous venez de citer) qui s'érigent contre les dérives de notre politique répressive
la solution n'est pas d'enfermer les jeunes délinquants en prison : ils en ressortiront pire
la solution est de mettre l'accent sur l'éducation, l'intégration sociale, la lutte contre le chômage
au lieu de s'attacher aux effets de la délinquance : on ferait mieux de s'attacher aux raisons de cette délinquance
parce que ne traiter que les effets ne résoudra pas le problème
quand je lis qu'il faut arrêter de pleurnicher sur le sort des délinquants en prison : je dis au contraire qu'aucun homme ( quoi qu'il ait fait ) ne mérite d'être traité comme vous semblez le vouloir mais d'être enfermé dans des conditions digne de la nature humaine
enfin je vois que le travail des médias a été bien fait : à vous lire on pourrait penser que tous les jeunes de notre pays sont des délinquants soit multi-récidivistes soit potentiels
heureusement que la réalité est toute autre et que la jeunesse de notre pays mérite certainement un peu plus de reconnaissance que l'interdiction d'entrer dans un supermarché
et au contraire la France devrait être fière de son ordonnance de 1945 sur la délinquance des mineurs : je ne crois pas en une société qui mettrait en prison des mineurs de moins de 16 ans
revenir dessus comme le souhaite le candidat de l'UMP serait un grand pas en arrière ( cela dit on n'en est plus à un près avec cet homme )
Rédigé par : Ségo | 19 février 2007 à 11:39
Sur mon site j'avais dénoncé (ce que dénonce beaucoup de monde , j'insiste) ce fait divers ahurissant qui dépasse les bornes et qui montre bien dans quel monde paranormal on vit du côté de certains magistrats : titre : j'hallucine grave.
07/12/2006 : sur RTL ce matin "le président du tribunal de Bobigny déclare qu'il est illégal qu'un supermarché soit interdit d'accès aux mineurs et accuse la direction de ce magasin de, je cite : "discriminations" ; on croit rêver ; après avoir érigée en dogme la création du nouveau statut de multi-multi-multi ...récidivistes intouchables pour ces mineurs qu'il encourage ainsi à continuer, lui et ses collègues du syndicat de la magistrature, ce "grand magistrat" s'érige en donneur de leçons envers les gérants du supermarché et par la même occasion envers tous les gens qui en ont ras-le-bol de voir que cette dérive a fait augmenter dans des proportions inqualifiables la délinquance et la criminalité ; tout le monde sait mais très peu osent le dénoncer, que ces magistrats sont imprégnés de cette idéologie de mai 68, ont la haine absolue de la police, passent plus de temps à dénoncer la politique-réac-facho de la droite et de Sarkozy en particulier, attitude qui les fait prendre "la main dans le sac" de prosélytisme politique en faveur des partis de gauche et d'extrême-gauche ; ces juges avec toutes les associations "droit de l'hommistes" de gauche passent aussi plus de temps à "pleurnicher" sur le sort des délinquants, violeurs, criminels, dealers.. etc.. qu'ils érigent ainsi en "victimes de la société" et méprisent totalement le sort des vraies victimes ; il est évident que ces juges ayant pris fait et cause pour laisser s'installer le désordre, l'anarchie, la délinquance par leurs agissements, on risque de voir s'instaurer des formes de justices parallèlles ; je suis sûr que la majorité des gens sont solidaires de la décision de la direction du magasin ; quant à moi je continuerai à dénoncer l'attitude arrogante et provocatrice de ces magistrats gauchistes .
Ce sera censuré mais au moins quelqu'un l'aura lu.
Rédigé par : ambrosi | 19 février 2007 à 10:21
J'avais oublié : je n'englobe pas tous les magistrats, mr Bilger est un exemple pour moi de droiture mais c'est comme ailleurs dans d'autres corporations, SNCF, écoles, facs ... il suffit d'une minorité pour bloquer ou pervertir un système.
Rédigé par : ambrosi | 19 février 2007 à 09:59
Bon, je ne cherche pas à convaincre car vouloir convaincre c'est douter soi-même or je ne doute pas et ce "je" englobe des millions de personnes qui en ont marre de voir des criminels se pavaner à la sortie des tribunaux, afficher des sourires de mépris, applaudis par des supporters, leurs avocats "expliquant" sans discontinuer "qu'on s'acharne contre eux, que les droits de l'homme sont bafoués, que c'est le résultat de la politique du tout répressif de Sarkozy, etc... pendant que les familles des victimes doivent tête basse d'humiliation se défiler sans broncher de "peur de représailles", et vous trouvez ça normal ? Vous appelez ça une démocratie ? Vous n'avez comme réponse que : "ce n'est pas aussi facile.. c'est plus compliqué que ça... laissez les professionnels ...etc.. ; moi, mes gamins je les ai toujours prévenus :"la prison ce n'est pas le club Med, c'est affreux, c'est la loi de la jungle à l'intérieur" ...je les ai mis en face de leurs responsabilités et si malgré ça ils cherchent à faire des actes délictueux, je leur ai dit qu'ils l'auront bien cherché et que je ne les plaindrai pas ; un point c'est tout ; et je n'irai pas à la sortie du tribunal faire de l'anti-Sarkozy comme c'est la mode aujourd'hui dans tous les débats et émissions, bientôt dans les dessins animés et la météo si cette parano continue .
Rédigé par : ambrosi | 19 février 2007 à 09:51
(Ambrosi,
La prison est une privation de liberté et ne doit pas être une privation de dignité, faute de nier toute possibilité de "rachat" du condamné voire d'aggraver son profil d'asocial.)
L'affaire Battisti pose le problème comme d'autres à des degrés plus faibles (cf. la grâce de Guy Drut) d'un pouvoir régalien détenu par le Président et qui, a priori, mène à des décisions contestables sur le plan de la simple équité.
Il s'agirait donc de réformer ce restant d'absolutisme et de laisser la Justice aux Professionnels même s'ils ne sont pas tous parfaits et que le CSM fait souvent preuve d'un corporatisme compassionnel un peu trop excessif face à certaines brebis franchement égarées, le plus grand nombre étant quand même constitué par des personnes compétentes!
Rédigé par : doc | 18 février 2007 à 19:33
même un piano à coulisse faisant ho hisse la saucisse ne nous tirerait pas d'affaire !
shame shame shame shame on THEM ! pas qu'eux , pas qu'eux !
il y aurait tant à dire , non ?
pour l'instant Bayrou est au piano , Ségo à l'accordéon , Sarko au pipeau mais tout peut s'inverser très vite !
l'affaire Battiston à une époque pas si lointaine défraya la chronique amère d'alors - époque amère Denis - bien avant Denis sot !
que tout ceci est compliqué ?
Jean perd son latin ; l'épreuve :
qualis filius , talis pater noster :
duralex said lex ( là j'en perds mon franglais )
Rédigé par : Cactus aime le mot dit | 18 février 2007 à 19:04
Au fait, le texte qui commence par qu'ouïs-je ? qu'acoustiqu'è-je est de moi et non de ségo ; c'est le texte de mon site intitulé : prison break ; mais c'est pas grave ; j'y dénonce l'insolence des gens qui passent leur temps à pleurnicher sur le sort des prisonniers et méprisent les victimes ; comme je dis toujours, on n'oblige personne à aller en prison, par contre les victimes, elles, ont été obligées de subir les divers sévices que leur ont infligés leurs bourreaux.
Rédigé par : ambrosi | 18 février 2007 à 17:55
@ Ségo
Une affaire comme celle de C. Battisti a toutes les chances de nous dépasser "un peu de trop" quand on ne se confronte pas aux difficultés et aux multiples articulations qu'elle peut sous-entendre.
Je veux seulement vous dire que ce j'ai écrit à votre attention m'a demandé de la recherche et du travail.
Sur les 85 articles proposés par Le Monde, j'ai fait la sélection des 8 textes cités, non pas en fonction de ce qui pouvait conforter mon point de vue. Mon critère de choix a été établi en fonction de ce qui, selon moi, dans les articles, synthétisait et illustrait au mieux les difficultés et les complexités de cette affaire.
Je crois aussi que la concentration, la souplesse dans l’approche d’une question et l'acceptation de l’inconfort intellectuel seront, à mes yeux, essentiels pour réussir dans le métier que vous avez choisi.
Rédigé par : Véronique | 18 février 2007 à 17:35
@ Véronique,
on est d'accord sur le fait que cette affaire nous dépasse un peu trop
je crois tant les Français que les Italiens se sont littéralement embourbés dans cette affaire politico-judiciaire
je crois qu'on a dépassé le simple stade de la culpabilité ou de l'innocence de Battisti
et c'est bien dommage pour les familles des victimes
Rédigé par : Ségo | 18 février 2007 à 12:16
Modérés, qu'est-ce que vous entendez par modérés : est-ce que la douleur des familles est modérée, elle ? Je continuerai par tous les moyens à dénoncer ces 2èmes crimes infligés à ces pauvres malheureux par l'attitude ignoble de la justice française dans les cas Battisti et Bidart ; c'est même honteux d'essayer de trouver ne serait-ce qu'une miette d'excuse et même si mon propos est censuré, ça prouvera que j'ai eu raison de l'exprimer.
Rédigé par : ambrosi | 18 février 2007 à 10:21
Ce qui est sûr c'est que pour se défausser les gens trouveront toujours des excuses aux arguments qui ne leur plaisent pas : je cite jw qui ferait un bon procureur stalinien qui condamne ceux qui mettent le doigt là où ça fait mal : la vérité, celle que ressentent des 1000000 de gens auxquels jw devra imposer le silence par la force car tout le monde en a marre de cette parodie permanente de justice et jw est très seul et ce serait plutôt à lui de se calmer. .
Rédigé par : ambrosi | 18 février 2007 à 10:09
@ Ségo
Contrairement à vous, je pense que le cas de C. Battisti est bien plus compliqué que ce que vous avez bien voulu m’expliquer. Si vous le souhaitez, je vous propose, Ségo, de vous adresser par e-mail une sélection de 8 articles (voir liste plus bas) consacrés à C. Battisti, et parus dans le Monde entre mars et juillet 2004.
Il me semblerait intéressant pour notre discussion, qu‘à la lecture de quelques-uns de ces textes, vous puissiez vous faire une idée des arguments contraires à ceux des soutiens de Battisti. A mon sens, ces articles illustrent la COMPLEXITE à la fois juridique et politique de cette affaire.
D’autre part, ils mettent l’accent sur cette difficulté pour nous, Français, à appréhender la réalité et le traumatisme provoqués en Italie par le terrorisme des années de plomb. Que peut-on réellement comprendre à cette affaire si on ne considère pas aussi cette histoire-là au regard de son lien et de ses implications dans l’imaginaire de certains de nos compatriotes plutôt versés dans le romantisme des années 70 et de leur idéal révolutionnaire ?
Parmi ces textes, le 18 avril 2004, Le Monde fait paraître un article signé par le Médiateur du journal, Robert Soulé. Ce texte fait suite aux nombreuses protestations de lecteurs italiens et français reçues au journal, suite à l’éditorial du 4 mars qui prenait position en faveur de Battisti avec des arguments semblables au vôtres:
Extraits du texte de Robert Soulé:
" (...) Le Monde du 4 mars prend position dans un éditorial intitulé « Le droit pour Battisti ». Il y invite la cour d'appel de Paris à « respecter l'autorité de la chose jugée » en refusant l'extradition, comme elle l'avait fait en 1991 (...)
(...) Il n'est plus question, comme dans l'éditorial du 4 mars, d'accuser la justice italienne d'avoir « imputé sans sourciller à Battisti deux meurtres, commis le même jour, à la même heure, à Milan et à Venise ». On précise que la cour d'appel de Milan a condamné l'ancien militant pour quatre « homicides aggravés » , que celui-ci avait «pris part matériellement à trois d'entre eux, tuant lui-même dans deux des cas », et , que celui-ci avait « pris part matériellement à trois d'entre eux, tuant lui-même dans deux des cas », et qu'il avait « prémédité, décidé et revendiqué » le quatrième. (...). "
Pour ce qui est des grandes complexités de l’aspect juridique que je résume par les notions de contumace et de Cour européenne des droits de l‘homme, je vous recommande la lecture des articles d’Ariane Chemin du 02.07.04 (La cour d'appel de Paris autorise l'extradition de Cesare Battisti) et de Nathalie Guibert du 10.07.04 (Battisti et les droits français, italien et européen)
Concernant les rencontres SR - FB relatées dans l’Express, vous me dites:
"... ça ne me paraît pas plus aberrant que le marchandage entre Mr Perben et Mr Castelli à l'époque ministre de la justice italienne et accessoirement membre de la très xénophobe Ligue du Nord
marchandage qui a poussé Mr Perben a faire pression sur la justice française pour déclarer Mr Battisti extradable ".
J’imagine quelques magistrats, et UN, en particulier, dont le décor est celui de la Cour d'Assises de Paris, qui ne manquera pas de vous " féliciter " pour votre affirmation concernant la décision de ses collègues. En effet, la porosité aux instructions de M. Perben que vous prêtez à ces magistrats, risque de pas mal heurter leur sens de la Séparation des pouvoirs. Il me semble également que le UN (lire PB) s’insurge précisément dans sa note de la suspicion que les partisans de Battisti entretiennent à l’égard de la décision des magistrats de la Cour d’Appel.
D’autre part, vous me dites que le volet " politique " de cette affaire ne vous intéresse pas.
Que pensez-vous de François Hollande visitant C. Battisti le 23 février 2004 à la prison de la Santé pour nous instruire de son soutien à Battisti, et de sa " réprobation " à l'égard de la décision française ?
Que pensez-vous du Conseil municipal de Paris plaçant le 1er mars Cesare Battisti, " sous la protection de la Ville de Paris ", par un vote de la majorité de gauche du Conseil de Paris?
Enfin, que pensez-vous de cette affirmation de C. Battisti à Raphaëlle Rerolle dans Le Monde (Cesare Battisti, l'exil de plomb hors d'Italie - 12.09.02):
" Au moment de l'application des accords de Schengen, le ministre de l'Intérieur de l'époque, Jean-Pierre Chevènement, nous a même conseillé de nous cacher quelques semaines ".
Je suis d’accord avec vous. Les partisans de C. Battisti ont parfaitement le droit de souhaiter de rencontrer des candidats à l’élection présidentielle. Ces mêmes candidats doivent-ils pour autant en accepter le principe ? Je pense, pour ma part, qu’une des missions présidentielles n’est pas celle d’un chef de parti, mais celle d’un garant du bon fonctionnement des institutions, comme celle de la Justice.
Liste des articles:
Vous vous trompez sur Battisti 14.03.04 - (Barbara Spinelli)
En 1993, l'ex-membre des PAC est condamné en appel pour quatre " homicides aggravés " 30.03.04 - (Salvatore Aloïse)
L'Italie critique le soutien dont bénéficie, en France, Cesare Battisti 30.03.04 - (Jean-Jacques Bozonnet)
L'autre versant des Alpes 18.04.04 - (Robert Solé)
" BHL " mise sur la raison, Moustaki sur le coeur pour défendre Cesare Battisti - 29.06.04 (Ariane Chemin)
La cour d'appel de Paris autorise l'extradition de Cesare Battisti -
02.07.04 (Ariane Chemin)
L'affaire Battisti et le complexe du marrane (Gilles Martinet)- 08.07.04
Battisti et les droits français, italien et européen (Nathalie Guibert)- 10.07.04
Rédigé par : Véronique | 18 février 2007 à 07:57
@ambrosi
Non vous avez tort, car tout ce qui est excessif est non signifiant: vos post le sont. Vous êtes excessif donc insignifiant.
Calmez-vous. Reprenez vos esprits. Vous retrouverez, peut-être l'esprit, et sans doute la raison.
Sinon, Ambrosi...lence ! Vous faites, par vos excès, le lit confortable de l'adversité.
Rédigé par : jw | 17 février 2007 à 19:09
Le cas Battisti est un des pires exemples de la décrépitude de notre justice, d'ailleurs peut-on encore l'appeler justice ? Sous les prétextes honteux droits de l'hommistes, tous les coups fourrés les plus ignobles sont permis ; viendra le jour, à force d'excès, où se substituera la dictature des victimes et ce jour n'est pas aussi loin que vous pourriez le penser.
Rédigé par : ambrosi | 17 février 2007 à 16:53
Qu'ouïe-je ? Qu'acoustiquè-je ? Nos prisonniers sont mal logés ? Mais c'est un scandale ! Ouf, nos droits de l'hommistes sont intervenus à temps ; des cellules dignes de figurer au Michelin seront "prévues pour effacer cette "honte"; comme nous sommes déjà rodés à demander pardon (les derniers exercices de génuflexion concernaient "les-crimes-horribles-de-la-colonisation") nous allons sans perdre de temps nous reprosterner devant nos "humanistes" de service et leurs protégés. Mea culpa ; il paraît que des familles de victimes se seraient indignées ? Quel toupet ! C'est pourtant de leur faute si leurs agresseurs sont en prison. On l'a echappé belle : sans la Moldavie on avait la cuillère de bois. Les criminels ont droit aux "droits de l'homme", les victimes ont le droit ..... de se taire.
Rédigé par : ambrosi | 17 février 2007 à 16:47
@ Véronique,
vous parlez des rencontres de SR et FB relatées par L'Express : personnellement je trouve que ce n'est pas là l'essentiel de l'affaire
la principale raison en est qu'il ne s'agit que de suppositions mises en avant au conditionnel par deux journalistes de L'Express
et jusqu'à preuve du contraire : rien nous dit que ces rencontres sont réelles
après si elles ont eu lieu : je ne vois pas ce qu'elles ont de critiquables
comment ne pas comprendre que les défenseurs de Battisti essayent de rencontrer des personnes qui seront peut-être à la tête de l'Etat français
ça ne me paraît pas plus aberrant que le marchandage entre Mr Perben et Mr Castelli à l'époque ministre de la justice italienne et accessoirement membre de la très xénophobe Ligue du Nord
marchandage qui a poussé Mr Perben a faire pression sur la justice française pour déclarer Mr Battisti extradable
désolé de m'interesser au fond de l'affaire plutôt qu'à la politique
et de quoi accuse-t-on Battisti ? de l'assassinat du gardien de prison Santoro, du bijoutier Torregiani, du boucher Sabbadin et du policier Campagna entre 1978 et 1979
pourtant Battisti fut emprisonné en 1979 pour appartenance à la PAC avant de s'évader sans être inquiété pour ces 4 meurtres
ce n'est que 9 ans plus tard qu'on s'interroge sur sa culpabilité : je me demande ce qui a bien pu se passer en 9 ans pour qu'on s'aperçoive que c'est lui le véritable coupable ?
et bien ce fait nouveau : c'est Pietro Mutti ( cofondateur de la PAC )
Arrêté en 1982 pour ces 4 meurtres et bien d'autres choses : il va marchander avec la justice italienne son statut de repenti en chargeant Battisti ( exilé à l'époque au Mexique ) de ces 4 meurtres
d'ailleurs l'affaire Torregiani avait été élucidée par la justice italienne qui avait condamné 4 personnes pour ce meurtre
mais la justice italienne changea d'avis quand elle estima que cette affaire était liée avec l'affaire Sarrabin pour laquelle Mutti avait accusé Battisti
et raccourci très simple, si Battisti était lié à l'affaire Sarrabin, il était forcément lié à l'affaire Torregiani au cours de laquelle son fils fut blessé et paralysé à vie
la télé italienne fit le reste présentant ce fils comme l'une des victimes de Battisti
or la balistique démontra que le fils fut touché par une balle perdue de son propre père
ah oui quant à ce fameux Mutti : vous pouvez toujours le chercher : il a disparu comme par miracle dans la nature
alors il y a un "mais" : pourquoi Battisti n'a pas répondu à ces accusations au cours du procès italien ? pourquoi s'être enfui ?
Pourtant la justice italienne est démocratique non ? même pendant les années de plomb ?
Quant à la décision française d'extrader Battisti, la procédure de contumace italienne n'est-elle pas contraire au droit français et européen ?
Après à chacun de se faire une opinion
Il me semble mais ce n'est qu'un avis : que le procès Battisti n'est absolument pas respectueux des droits de l'Homme
Le pire criminel qui soit doit pouvoir bénéficier d'un procès garant des droits et libertés de ce dernier
alors les copinages politiques et les possibles réunions politiques autour d'un dossier plus politique que judiciaire me passent un peu au-dessus de la tête et ne m'intéressent pas
Alors Battisti doit pouvoir bénéficier d'un procès en sa présence et garant des ses droits
et je n'ai aucune sympathie politique ou une quelconque affection pour cet homme : je suis simplement attaché à la garantie des droits de l'Homme : c'est pas plus compliqué que ça
Rédigé par : Ségo | 17 février 2007 à 12:56
Je pense que où il y a mort d'hommes, il n'y a plus d'anecdotique, on ne devrait pas pouvoir bloquer la justice aussi facilement surtout sur des conséquences aussi dramatiques c'est en plus d'une injustice inexcusable, un doigt pointé sur un grave dysfonctionnement démocratique.
Lorsqu'il y a une France qui est dans la réalité, mais qui est gouvernée par une caste médiatique, politique, intellectuelle complètement déconnectée, exilée dans la repentance et l'émotionnel, complètement à côté de la plaque, je trouve cela gravissime.
Excusez-moi du constat, mais regardons ce fait au milieu d'autres, c'est du faux romantisme, ce n'est plus de la justice ou de la politique, où est le respect du Droit, de la vérité ?
La vérité dérange nos "élites" alors elles la détournent, la changent ou l'ignorent, c'est flagrant. Celui qui n'a pas constaté cet état de folie douce, d'irresponsabilité, c'est vraiment qu'il ne veut pas voir.
J'ai l'impression que nous sommes entre les mains d'enfants qui ne pensent qu'à ce que l'on peut penser de bien ou de mal de leur petites personnnes et qui en font une constante priorité nationale, plus personne n'ose prendre de responsabilité par peur des lobbies et des représailles médiatiques.
Le paraître au détriment de l'essentiel, voilà où nous en sommes.
Rédigé par : LEFEBVRE | 16 février 2007 à 23:21
Enfin dans tout ce concert de « bons » sentiments, ma mémoire si elle ne me fait pas défaut, me rappelle que le cas Battisti a commencé à offusquer certains quand Monsieur Perben alors Garde des Sceaux avant son « transfert » au Transports, aurait fait des promesses aux « Italiens » en échange d’un soutien aux futures municipales de Lyon (où il veut être élu) de la forte communauté d’électeurs originaires de la « botte » !
Donc que des âmes nobles comme notre hôte s’enquièrent du statut « d’intouchable » non justifié du justifiable Battisti.
Rédigé par : doc | 16 février 2007 à 22:57
@ Ségo
Vous vous doutez bien, Ségo, que mon propos n’est pas de vous demander de me démontrer l’innocence de C. Battisti. De la même façon, vous vous doutez bien que mon objectif n’est pas de vous démontrer la culpabilité de C. Battisti. Je ne crois rien, parce que je ne sais rien.
Vous reprenez les arguments que les soutiens de Battisti développent. Et ce qu’ils opposent à l’extradition de C. Battisti serait de nature à créer des doutes sur le dossier et sur le procès où il a été condamné.
Quand bien même ces arguments seraient recevables.
Pourquoi, dans votre démonstration, ne faites-vous pas référence, même en les synthétisant, aux arguments contraires ?
Pourquoi passez-vous sous silence les prises de position de certains magistrats, intellectuels ou personnalités politiques italiennes ?
" Je ne dénigre pas les arguments de l'autre partie " écrivez-vous.
Quels sont-ils ?
Qu’est-ce qui motive vos positions à l’emporte-pièce sur le justice italienne ?
Pourquoi ne citez-vous que la décision judiciaire de 1991 et pourquoi ne mentionnez-vous pas celle de 2004 ?
Ce qui m’a le plus intéressée dans la note de PB, c’est la question de l’opportunité des rencontres officieuses entre SR - FB et les soutiens de Battisti.
Il me semble également que ce que vous appelez ne pas avoir :
"... un avis aussi tranché que vous ou d'autres sur ce sujet. "
et que les:
"... interrogations sur le procès qui l'a condamné ou sur le marchandage politique qui a conduit la France à revenir sur sa promesse et à vouloir extrader Battisti. "
devraient naturellement vous conduire à vous interroger sur l’opportunité de ces rencontres relatées dans l'Express.
Quelle est l’importance de la question de Battisti dans leur campagne ?
Vous nous rappelez que "quand la politique se mêle d'affaires judiciaires, ceci ne cache rien de bon".
Quel est donc l’objectif de la manœuvre ? Quel est le deal ? N’y a-t-il pas là quelque chose qui tient de cette tradition intellectuelle française à se rêver en Zola ? Quelles habitudes et quels conformismes dans les fonctionnements et les mentalités ces rencontres peuvent-elles mettre à jour?
Quel est l’enjeu de tout cela?
Je n’ai évidemment aucune réponse à ces questions. Je regrette seulement que vous, futur magistrat, vous ne vous les posiez pas au sujet de SR et de FB.
A mon sens, ne pas avoir "un avis aussi tranché que d’autres" passe également par ces interrogations.
PB avait écrit dans une de ses notes qu’un exercice intellectuel utile pouvait être celui où on se force à penser contre soi.
D'ici les quelques mois qui vous séparent de votre concours, entraînez-vous.
Rédigé par : Véronique | 16 février 2007 à 21:07
Pour ma part, je me demande ce qu'il est possible d'attendre d'un homme tel que Jean-Pierre Mignard, et par conséquent de ses amis François Hollande et Ségolène Royal (il est parrain de leurs enfants) et de leurs alliés objectifs en tout genre (USM, UNSA police, etc).
Cf :
http://riesling.free.fr/20060718.html
http://riesling.free.fr/20061031.html
Rédigé par : Marcel Patoulatchi | 16 février 2007 à 16:13
@LEFEVRE
Je ne doute pas de la sûreté de jugement de PB, mais je ne veux pas avoir d’avis sur la culpabilité de Battisti. Mon seul intérêt est de chercher à comprendre les fondements démocratiques de l’attitude française, car je pense que les fondements légaux sont faibles sinon la question ne se poserait pas.
Je ne pense pas les trouver dans un doute sur la justice italienne, car elle procède d’un état aussi démocratique que nous ; je ne pense pas que puisse être invoqué le droit d’asile à partir de la justesse de la cause, car l’action violente est-elle justifiée contre la démocratie (le cas des minorités bien sûr se posent différemment) et donc il semble qu’il s’agisse de la participation à une bande de malfaiteurs pratiquant l’extorsion de fonds et le meurtre à l’abri d’une idéologie.
Une fois tiré ce constat Battisti est toujours là, d’où ma proposition visant à inscrire le cas Battisti dans un cas plus général pour sortir par le haut du scandale.
Rédigé par : Jean-Marie | 16 février 2007 à 15:29
@ Véronique,
je vois que comme la justice italienne, vous croyez en la culpabilité de Battisti
personnellement, je n'ai pas un avis aussi tranché que vous ou d'autres sur ce sujet
je ne prétends pas détenir la vérité, je ne fait qu'émettre des interrogations sur le procès qui l'a condamné ou sur le marchandage politique qui a conduit la France à revenir sur sa promesse et à vouloir extrader Battisti
Il me semble que deux avis de la Chambre d'Accusation en 1991 avait déclaré Battisti inextradable
Je m'étonne sur la facilité avec laquelle nous sommes revenus sur l'autorité de la chose jugée de ces décisions
Je me demande ce qui a bien pu pousser la France à revenir sur ces deux décisions et à livrer Battisti à l'Italie
Je crois que quand la politique se mêle d'affaires judiciaires, ceci ne cache rien de bon
de plus, extrader une personne jugée par contumace sans possibilité de rejugement heurte un tant soit peu ma conception de la justice
condamné sur la seule parole de repentis qui sont revenus dessus quelque temps plus tard ( une fois le procès terminé et leur peine réduite bien entendu )
condamné sur les confessions de militants d'extrême-gauche obtenues sous la torture
Excusez-moi véronique de ne pas être complètement convaincu par ce procès
Je ne soutiens en aucun cas le désir de Battisti concernant la lutte armée
Je crois que les idées politiques doivent être défendues par la seule arme de la parole
mais je crois aussi qu'on ne doit pas condamner un homme parce qu'il est le coupable idéal
je crois que tout le monde a droit à un procès juste et équitable
et je ne crois pas que ce fut le cas dans l'Affaire Battisti
Oui je suis candidat à l'ENM, mais contrairement à vous, j'écoute les arguments de tous les côtés
Je ne dénigre pas les arguments de l'autre partie
Je ne fais que peser le pour et le contre
et Je crois que la solution admissible pour tous serait le rejugement de Battisti en sa présence
Et si la justice italienne est si certaine de sa culpabilité, elle n'aura aucun mal à accorder un nouveau procès à Battisti
Mais l'Italie ne semble pas prête à le faire par peur sans doute de voir reconnaître l'innocence de cet homme condamné avant l'heure
Rédigé par : Ségo | 16 février 2007 à 11:44