Il n'est pas bienséant, paraît-il, dans un billet d'évoquer une personne, de l'analyser, voire de la critiquer. Mais lorsqu'elle est en permanence, et d'une manière surprenante, en pleine lumière, qu'elle vous inonde d'un éclat qui fait réfléchir, lorsqu'elle vous oblige à vous interroger sur les tréfonds de son humanité et sur les étranges chemins qu'elle emprunte pour oublier sa condition mortelle, on a le droit de se pencher sur son être en se demandant ce qui le meut.
Arielle Dombasle, en couverture de Paris-Match, est photographiée, très belle et les seins nus. Elle s'entretient longuement à l'intérieur avec Jean-Marie Rouart qui la questionne comme s'il attendait à chaque seconde, de sa bouche, une révélation essentielle sur notre monde, au-delà de sa passion pour elle-même. Quelle dilection il faut manifester pour soi, pour son corps, quelle curiosité inlassable on doit avoir pour lui, quelle angoisse doit vous étreindre à l'idée de vieillir pour que rien ne vous détourne d'un exhibitionnisme au fond gênant et, pour des êtres simples comme moi, un tantinet indécent ! Quel rapport de complaisance il faut avoir envie de nouer avec soi, avec ce qui vous constitue physiquement pour avoir le courage de s'afficher ainsi ! Ce serait pathétique si, heureusement, la félicité du couple triomphant médiatiquement ne nous donnait pas plutôt envie d'évoquer le ridicule de la posture. Tous les professionnels du spectacle connaissent l'âge véritable d'Arielle qui s'adonne à une surenchère éperdue qui la conduit, au fil du temps, à se rajeunir au fur et à mesure que le temps passe. On a envie de lui dire que loin de gommer l'érosion et ses atteintes inévitables, cette attitude les met en exergue et les rend douloureusement claires. Sa quête forcenée de jouvence nous démontre le contraire de ce qu'elle s'acharne à mettre sous nos yeux.
J'oppose si volontiers à une telle lutte caricaturale l'attitude de mes actrices préférées ou de la femme de ma vie qui, composant avec le temps, acceptant son enseignement, réduisent à néant ses menaces et font de ses outrages possibles des caresses à venir. En ne résistant pas absurdement à l'inéluctable, on gagne contre celui-ci, on se fait une gloire de ce qu'il croit imposer et on le renvoie dans sa triste morosité. Rien de plus affligeant qu'un jeunisme forcené qui veut prétendre mécaniquement retarder la douceur des déclins et l'émotion des merveilleuses décadences. Ces deux actrices en sont loin mais quelle allégresse de voir des visages et des personnalités comme ceux de Meryl Streep et d'Isabelle Huppert, par exemple !
Le jeunisme fait vieux.
Je ne me précipiterai pas au kiosque pour acheter Match. Mais quand la télé nous détaille la plastique d'Arielle, je ne change pas de chaîne. L'artifice est courant. Ici, essentiel. Qui vous dit que sans lui notre fausse Vénus trouverait un public ( quoique, aujourd'hui...): elle chante faux ou, si l'on veut être très indulgent, elle ne chante pas juste. Que les moins jeunes des lecteurs de ce blog se souviennent de la justesse et du charme de la voix ( pourtant éraillée )de Nat King Cole qui chantait les mêmes chansons...
Quant au dîner BHL-Ségolène tel que le premier le rapporte dans Le Point, sauf à nous apprendre qu'il s'est prolongé tard dans la nuit, qu'il a été relativement frugal, et que Ségolène boit de l'alcool - pour la distinguer d'un autre candidat qui ne boit pas ? - je n'ai pas compris pourquoi la presse en a fait tout un plat.
Rédigé par : Peroixe | 09 février 2007 à 12:03
D'évidence la beauté aujourd’hui se conçoit de plus en plus comme le résultat d’une conquête possible : hier considérée comme un don divin ou un don de la nature, la beauté peut /pourrait désormais s’acquérir. Et ce d’autant plus que des techniques d’embellissement se banalisent : médecine et chirurgie esthétique, soins cosmétiques… Par un effet d’aller-retour, le fait qu’il existe des outils de gestion de son apparence renforce la conception d’une beauté" constructible ".
Socialement, la femme et l'homme sont responsables individuellement de leur apparence. « J’ai décidé d’être belle », titrent certains hebdomadaires féminins…
La jeunesse, elle, est un critère de beauté prépondérant. La société vieillit mais valorise la jeunesse ; elle lui associe des valeurs positives comme la performance et la réussite, mais aussi la séduction, le potentiel de vie. L’expression "profiter de la vie", ici et maintenant, traduit une nouvelle philosophie opposée à la conception judéo-chrétienne où l’âme, immortelle, survit au corps dans un au-delà meilleur. Le désir d’accomplissement personnel se fait jour de manière plus évidente : la réalisation de soi devient fondamentale. Ce principe de vie, caractéristique de la postmodernité, entraîne le surinvestissement du corps comme repère fondamental de l’identité – c’est le corps qui nous identifie en premier lieu.
On souhaite se maintenir au présent et gommer les signes physiques qui symbolisent le temps qui passe, comme les rides. L’idée d’une jeunesse conservée le plus longtemps possible supplée au déclin de la croyance en l’immortalité.
Le phénomène du "jeunisme "illustré par A.D exprime ce désir de se maintenir au présent, de lutter contre les transformations physiques liées à l’âge et donc de repousser un futur qui ne peut conduire qu’à la mort.
La société renoue ainsi avec le mythe archaïque de l’éternelle jeunesse qui a traversé les époques et les cultures, au travers de nombreux contes, légendes et histoires fantastiques : la nymphe Juventa, transformée par Jupiter en source d’éternelle jeunesse, donne son nom à la Fontaine de Jouvence, censée procurer jeunesse et immortalité à qui s’y plonge ; les vampires sont immortels et ne vieillissent plus ; le portrait de Dorian Gray se modifie au fil du temps alors que le visage du héros reste intact…
Rédigé par : Parayre | 09 février 2007 à 10:45
"Ce que je nomme jeunisme c'est la volonté touchante et ridicule de donner le change sur un état qui est connu de tous."
Votre réponse à ma rêverie Dombasle.
Alors pour donner raison à votre exacte définition du "jeunisme qui fait vieux".
Dans Paris-Match, à mon sens, trois super médiocrités jeunistes. Elles ne sont pas le fait d'Arielle Dombasle, mais bien à l'initiative de la platitude et du rien de ceux qui légendent les photos.
En couverture:
"L'audace d'une femme qui défie le temps".
Dans l'article:
"Aussi belle qu'à 20 ans"
"Arielle parmi les danseuses du Crazy qui ont à peine 20 ans : le même sex-appeal, la même fraîcheur juvénile."
Ces phrases sont dans le pathétique pointé dans votre note. Là est l’outrage très banalement jeuniste fait à ceux et à celles qui vieillissent. Ce qu'on aime dans les photos d'Arielle Dombasle, ce n'est pas une femme de 20 ans, mais bien celle qui a presque 50 ans.
On ne veut pas qu'elle soit obligée ou contrainte à s'en excuser. Ni qu'elle ait à être pardonnée des années qui ont passé. Jamais.
Le propos de votre note est très juste mais, selon moi, il se trompe de cible.
Rédigé par : Véronique | 09 février 2007 à 07:49
J'aurai peut-être une promenade pour vous le moment venu...
Le jeunisme fait aussi beaucoup d'argent dès lors "que vous le volez bien"...
Rédigé par : Fleuryval pour Lefèvre | 09 février 2007 à 07:41
Arielle Dombasle est superbe dans Paris-Match.
Et ce qu'elle nous dit est rempli de douceur et de gentillesse.
"Le jeunisme qui fait vieux" - et l'expression est très juste -, je ne le vois pas dans ces pages. AD prend soin de son corps, de son allure et de sa séduction. Elle poursuit son rêve fait de féminin et de chagrin.
Ceux qui sont jeunistes sont sans grâce, sans intérêt et sans beauté réelle. Juste dans l'obsession d'être le plus conforme possible à des copies grimaçantes d'images de pacotille où tout le monde ressemble à tout le monde. Je pense qu'AD est beaucoup plus que ça.
Je n'oppose pas Isabelle Huppert à Arielle Dombasle. Dans les deux cas, ce sont des femmes qui assument ce qu'elles sont. L'intelligence, le talent, le passé les font belles et désirables. Elle le seront très longtemps.
ps: Je crois savoir que la rencontre AD / BHL s'est passée ainsi:
Arielle, fan du bel écrivain médiatisé lui a tendu un livre pour une dédicace.
Il a seulement écrit: " En attendant". Elle a été conquise.
@ Cactus
Efforcez-vous de revenir très souvent.
Rédigé par : Véronique | 08 février 2007 à 22:06
@ sbriglia
Figurez-vous que non seulement que je lirai Match - et pas comme vous, sournoisement, chez le coiffeur - mais je regarderai également Arielle Dombasle.
Ne vous en déplaise, sbriglia, des femmes peuvent regarder d'autres femmes et se réjouir de leur grâce.
J'ajoute que j'en connais certains qui ne s'offusquent pas du regard qu'une femme peut porter sur une autre. Cela, au contraire... les distrait un peu et... les détend pas mal.
@ Philippe
Pardon pour cet aparté hors du propos essentiel de votre note.
Dès que j'ai lu ce que nous confie Arielle Dombasle dans Match, je vous dis.
Rédigé par : Véronique | 08 février 2007 à 19:22
coucou à vous : après un jeûne prolongé loin de vous me revoici ici ho encore un peu jeune, hi je nie pas mais pas gêné d'être resté ainsi jeune, ho : d'où mes ha loin de tout bah !
le jeunisme fait vieux , c'est bien vrai ça pour reprendre l'amer Denis, hooo ( et notre Arielle lessivée là , seins nus en plus mais pas silly conne née née , mon Dieu , non ! )
sinon IL jaunit à l'idée , non , l'AUTRE ???????????
à souvent , donc !
sinon encore , mieux vaut pieux même si vieux mots peu, choisir aujourd'hui le fait de rester un vieux jeune que de paraître comme ces jeunes vieux, non ?
Rédigé par : Cactus aime cette pierre Dombasle là | 08 février 2007 à 19:02
Arielle Dombasle travaille dans un peep-show boulevard de Clichy ?
Ha non, c'est de l'art, ce n'est pas pareil...
Rage, désespoir et vieillesse ennemie ne sont pas réservés à ceux-là.
Je trouve dommage la métamorphose des corps, la perte d'énergie, de spontanéité, la fin de l'insouciance, une espèce d'Arielle Dombasle au masculin de trente-sept ans, en quelque sorte...C'est l'impuissance devant ce qui nous dépasse, un jour ce sera la mort qui viendra achever une histoire. J'arrive peu à peu à l'accepter au fin fond de mon être, mais avoir à nouveau vingt ans même pour une semaine...
Je n'ai heureusement pas de Bernard-Henri Lévy dans mon entourage, je peux donc dire pour cela que la vie est belle.
L'idée d'être un papy avec des petits-enfants qui sautent sur mes genoux, un banc avec d'autres grand-pères près du terrain de boules sur la place d'un village du Var me font envie.
J'aurai été trop sérieux toutes ces dernières années, je souhaite être un pépé drôle qui boit des apéros et s'amuse comme un gosse.
Je serais peut-être clochard isolé dans le Nord, qui sait ?
Ma mort, je l'espère volontaire, en bonne santé et fatigué de trop de bonne vie dans une fumerie d'opium au Vietnam avec des gens suffisamment humains pour m'enterrer dans un champ avec un pommier en guise de pierre tombale, le marché de la mort et les mouroirs n'ont pas mon approbation.
Rédigé par : LEFEBVRE | 08 février 2007 à 17:22
"J'oppose si volontiers à une telle lutte caricaturale l'attitude de mes actrices préférées ou de la femme de ma vie qui, composant avec le temps, acceptant son enseignement, réduisent à néant ses menaces et font de ses outrages possibles des caresses à venir."
On a beau dire, le style c'est l'homme ! Quelle merveilleuse et émouvante déclaration d'amour que ce sublime hommage à votre épouse et bienheureuse soit la femme qui l'inspire...
Quant à A.D "ne cherche pas à te venger des femmes, le temps s'en charge"
...je ne suis pas sûr que ce soit du Guitry !
PS : Véronique mise à part, les fréquentateurs habituels de ce blog vont-ils acheter Match pour....lire les... courbes pensées d'AD.?
Tiens, je dois justement aller chez mon coiffeur samedi....
Rédigé par : sbriglia | 08 février 2007 à 17:21