Ainsi, Nicolas Sarkozy, en proposant la création d'un ministère de l'Immigration et de l'Identité nationale, chasserait sur les terres du Front national. La politique qu'il mettrait en oeuvre aurait "des relents vichystes" et serait honteuse pour les partis de gauche, l'UDF et les associations spécialisées dans la défense des droits de l'homme et habilitées à éclairer les pauvres citoyens que nous sommes sur les bonnes et les mauvaises causes. La symbiose serait telle qu'on pourrait évoquer un téléscopage des identités et que Jean-Marie Sarkozy ferait irruption dans notre espace politique.
Pourtant, à y regarder de près, NS s'est contenté de formuler la nécessité de trois conditions pour qu'un étranger puisse faire venir sa famille en France : qu'il puisse la loger, qu'il dispose d'un emploi et qu'il connaisse des rudiments de langue française. Conditions minimales et de bon sens. Deviendraient-elles indignes à partir du moment où elles seraient exigées sous l'égide d'un ministère de l'Immigration et de l'Identité nationale ? Ce procès est absurde qui renvoie à des polémiques qu'on espérait dépassées. Apparemment, il est urgent pour certains de continuer à se payer de mots pour se dissimuler la réalité, alors que celle-ci s'inscrit, surabondante et préoccupante, dans l'espace public. A nouveau, plutôt que d'appréhender le contenu, on détourne l'attention sur l'étiquette. L'indignation facile remplace la pensée lucide et opérationnelle. On sort le diable de sa boîte et tout serait dit, tout serait joué.
Il convient de tenir les deux bouts de la chaîne et d'analyser ce qui se rapporte au Front national et ce qui concerne NS.
Pour le premier, ne serait-il pas temps, et surtout depuis 2002, de mettre au clair notre perception ? Il y a une véritable schizophrénie qui consiste à la fois à l'accepter dans les univers politique et médiatique et à le traiter, sur le plan de l'analyse et de la dénonciation, comme s'il était interdit. Tous les responsables de gauche qui participent à juste titre sur les plateaux à des débats avec des représentants du FN peuvent-ils, dans le même mouvement, dénier à cet adversaire le droit d'exister ? Si on estime que le FN viole les règles fondamentales de notre République par son inspiration et par ses modalités d'insertion dans la vie publique, qu'on n'hésite pas à l'interdire. Comme on sait qu'une telle entreprise, à la supposer possible, serait injustifiable, on s'accommode de sa présence mais on met en cause de manière permanente la légitimité de celle-ci. Ce n'est pas que le FN, dans sa substance, intéresse particulièrement les familles de gauche mais elles s'en servent comme d'un pion, d'un poison pour troubler, entraver et polluer la stratégie des partis de droite, des structures aptes au gouvernement. Le FN est ainsi jeté, comme un empêcheur de penser librement, dans les esprits adverses par une gauche plus soucieuse de détruire les possibilités d'une écoute et d'une gestion profondes du réel que de se donner les moyens de maîtriser ce dernier. Pour prendre un exemple signifiant, Olivier Besancenot, dont le talent personnel est éclatant, propose une politique sommaire et dangereuse dont il faut bien admettre que le slogan principal, voire exclusif, de faire payer les riches est un peu court. Lorsque les socialistes s'aventurent sur ce terrain qui crée une familiarité entre cette gauche extrême et celle qu'ils représentent, personne ne va leur dénier le droit de penser et d'élaborer au prétexte que ce champ serait miné.
Il y a longtemps, par une formule qui n'a pas vieilli et qui demeure formidablement juste, Laurent Fabius a su résumer la force et les limites du FN sur le plan de l'immigration. Il a déclaré que ce parti posait de bonnes questions mais apportait de mauvaises réponses.On peut dire que rien n'a changé et que c'est son inaptitude à fournir des solutions fiables et imprégnées d'autorité républicaine à une crise qu'il avait annoncée avant tout le monde, qui constitue l'irrémédiable faiblesse du FN. Malheureusement, Laurent Fabius, parce qu'il paraissait rendre hommage à la lucidité sociale du FN à l'époque, s'est vu désavoué par son propre camp alors qu'il avait exprimé l'essentiel. Peu ou prou, aujourd'hui, NS va dans le même sens lorsqu'il souligne que pour le FN, l'immigration est "un cheval de bataille" - au demeurant, avec un programme réduit à mille variations sur cette unique obsession - alors que pour lui elle sera "un thème d'action". Les interrogations d'alors sont les débats fondamentaux d'aujourd'hui. Elles n'ont pas changé de nature mais ont pris une amplification sans commune mesure avec leur ancienne portée. Que faire des immigrés qui viennent chercher chez nous l' Amérique et se retrouvent clandestins, dénués de tout et dans une très grande précarité ? Que faire des délinquants étrangers sans attaches véritables et qui surpeuplent les prisons, notamment en Ile-de-France ? Que faire pour favoriser l'instauration d'un authentique contrat entre ceux qui honorent la France en respectant ses lois, et l'Etat qui doit faciliter, comme une équitable contrepartie, leur intégration. Que faire, en un mot, pour qu'une politique d'immigration soit en même temps vigoureuse, humaine et efficace ? Ces questions d'hier, ces préoccupations d'aujourd'hui n'ont pas de caractère iconoclaste ni sulfureux. Elles réunissent Le Pen, Laurent Fabius, qui apparemment feint d'oublier sa clairvoyance d'hier, Nicolas Sarkozy à tant d'autres qui n'ont pas peur de regarder la réalité de notre société en face. On sait bien que l'immigration n'est pas systématiquement une chance pour la France et qu'elle ne le devient qu'à certaines conditions. Pensons, au sein du parti socialiste, à Ségolène Royal, Manuel Valls ou Jean-Marie Bockel. La familiarité est indiscutable entre ceux qui pour réfléchir se fondent sur le réel, qu'on a le devoir d'observer. Le vrai partage est là : d'un côté les idéalistes avec leurs oeillères, rêvant sur le réel pour croire en un réel de rêve, de l'autre les réalistes actifs pour construire un réel acceptable.
Lorsque NS est mis en cause par ce reproche de "banaliser" le FN ou de favoriser la "lepénisation des esprits", ce poncif ressassé et si commode dans sa confortable généralité, quand le ministère de l'Immigration et de l'Identité nationale suscite l'indignation, force est de se demander dans quelle République on vit. Je le répète, ce qui distingue les esprits lucides aujourd'hui, ce ne sont plus les questions - elles sont admises - mais les réponses. Pour peu qu'on ne dénie plus au FN le rôle d'éclaireur qu'il a eu, on le sort de l'autarcie sulfureuse dans laquelle on l'enfermait. Pour l'immigration, il n'est plus un porteur de pancarte scandaleuse mais il a simplement annoncé ce qui aujourd'hui apparaît comme une évidence. Comme il a toujours été incapable de fournir des solutions à la hauteur démocratique espérée, il était urgent et nécessaire qu'un responsable politique tirât les conséquences de la profondeur de la crise et des réponses républicaines à lui apporter. Si celles-ci étaient demeurées en deshérence, nul doute que le ressentiment social et l'exaspération citoyenne auraient explosé et que par une conclusion logique, le FN en aurait profité, en dépit de l'outrance techniquement peu argumentée des mesures qu'il suggère. Loin de banaliser le discours du FN, NS l'étouffe. Comme, d'une certaine manière, François Mitterrand a accentué la chute du parti communiste. Cela n'empêchera pas demain peut-être un score de haut niveau du FN mais il est déjà significatif de constater qu'il est pour l'instant en quatrième position, précédé par un candidat de rupture et de dissidence, mais très classique. Essayons de concevoir l'impact d'une campagne présidentielle où Jean-Marie Le Pen aurait été le seul à proclamer les réponses aberrantes aux pertinentes questions sociales formulées depuis des lustres : nous serions assurés d'un nouveau 2002.
Alors cessons les grands mots pour éviter d'avoir à affronter les grands maux. Il n'y a rien de vichyste dans le ministère proposé. L'immigration et l'identité nationale sont deux phénomènes qui sont naturellement reliés. Si on ne maîtrise pas l'immigration, l'identité nationale, qui est une valeur respectable et donc à défendre et à préserver, sera menacée. Un ministère doit avoir en charge cette double démarche d'humanité et de sauvegarde. Qu'on cesse de croire que la République se renie forcément lorsqu'elle se défend. L'aveuglement de certaines controverses purement partisanes réside sans doute là, dans cette incapacité à constater ce risque : si on refoule le réel, si on a peur de le nommer et d'en tirer les leçons, c'est la démocratie qui sera gravement atteinte. Faute de savoir mettre en oeuvre un humanisme rigoureux, on aura seulement la force.
NS a répliqué sur ce plan aux reproches absurdes qui lui étaient adressés. Il n'a besoin d'aucun conseil. Un républicain n'est pas condamné à la mollesse. Sinon, triste République à venir.
Plus généralement, qu'il songe seulement à l'image qu'on peut avoir parfois de sa campagne présidentielle : il devance ses adversaires dans tous les sondages et pourtant, il donne l'impression de les suivre.
C'est une autre histoire qui mériterait un billet purement politique, je me contenterai d'en être le lecteur.
Certes non, cette proposition n'est pas fascisante. Mais est-elle vraiment pertinente?
Souvenons-nous qu'en 1995, la première action contre le chômage de J. Chirac après son élection fut de...réunir les préfets pour leur tenir un discours destiné à les mobiliser. Comme si une administration d’Etat pouvait, mieux que les individus, les entreprises et les syndicats, apporter des réponses aux difficultés de notre pays.
La proposition Sarkozy d'un ministère de l'Immigration et de l'Identité nationale est une initiative qui va hélas dans le même sens. Soit, créons un ministère : louons des locaux pour ce ministère de l’Immigration (dans le 7ème arrondissement, on ne va quand même pas s’exiler au-delà du périph’…), achetons des Vel Satis de fonction, recrutons un directeur de cabinet, d’accortes attachées de presse, organisons des comités ou des conseils, de belles réunions au cours desquelles on tiendra un discours mobilisateur. Et puis quoi ?
Quant aux actions concrètes, elles sont connues : l’identité nationale n’imprègne plus des populations ghettoïsées, sans logement décent, sans écoles de bon niveau, sans emploi. Il faut donc favoriser la mixité sociale dans l’ensemble de l’espace urbain (l’objectif de la loi SRU, que l’UMP voulait casser), créer les conditions d’un redémarrage économique qui conduirait notre pays à faire appel à tous les bras disponibles, basanés ou pas et donc à les intégrer par le travail comme dans le passé…
Et puis enfin, un ministère de l’Immigration ne serait-il pas autre chose qu’une coquille vide ? Quels services lui seraient-ils rattachés ? Certainement pas la police de l’air et des frontières, qui n’accepterait pas de quitter le giron de la place Beauvau, ni l’OFPRA qui doit conserver une certaine indépendance compte tenu de ses missions, ni aucun autre service conséquent de l’Etat.
Ni fascisante, ni immorale, cette proposition de Nicolas Sarkozy est tout simplement inutile.
Rédigé par: Alexandre | 11 mars 2007 à 17:39
De retour après une absence prolongée, je vous retrouve, Philippe, sur un sujet où vous apparaissez aussi habile que NS pour détourner le véritable enjeu de la proposition du ministre-candidat.
En effet, la politique de l'immigration du ministre de l'Intérieur est ce qu'elle est et que l'on soit d'accord ou pas avec elle, elle n'était jusqu'à présent pas sortie du cadre républicain. On ne peut que noter qu'en 5 ans, cette politique n'a donné aucun résultat autre qu'anecdotique.
Et personne ne doute que la France doit se doter d'une véritable doctrine politique sur l'immigration : ce phénomène ne s'arrêtera pas sans fermer le robinet, robinet qui se trouve non pas chez nous mais dans les pays d'émigration. Je rêve aux milliards de bénéfices d'EDF dont une petite partie serait tellement utile ailleurs...
En revanche, lier la question de l'immigration à celle de l'identité nationale constitue bien une sortie de route républicaine. Cela suppose premièrement que la question de l'identité nationale ne se pose que pour les immigrés : bien sûr que non. L'identité nationale est aujourd'hui en cours de dissolution dans toutes les couches de la population en fonction de facteurs qui ne sont d'ailleurs pas tous négatifs : L'Europe, la mondialisation, internet, l'empire américain, la mixité sociale, etc. C'est un processus de civilisation qui touche de nombreux pays européens.
D'autre part, les étrangers qui arrivent en France n'ont pas tous vocation à devenir français : il leur est demandé de respecter les règles de la République et non pas forcément de se fondre en elle.
Ensuite cette proposition renvoie les Francais de deuxième ou troisième génération à un statut particulier les rattachant à la faute originelle de leurs aïeux, celle d'avoir émigré.
La question de l'identité nationale mérite d'être posée mais en aucun cas la population immigrée n'est responsable du déficit de cette question.
Vous aurez d'ailleurs noté que NS a vite renoncé : lorsqu'il lui a été demandé, sur Canal+, de préciser si un ministère de l'Immigration et de l'Identité nationale était indispensable, il a répondu : "Un ministère de l'Immigration, bien sûr."
Hélas le calcul politique est évident : NS est coincé entre Royal et Bayrou. Il n'a plus qu'une seule réserve de voix pour le premier tour (et pour le second en cas de duel avec Bayrou) : sur le dos du 4ème homme.
Rédigé par: Jean-Dominique Reffait | 11 mars 2007 à 19:21
La France est le seconde terre d'accueil après les USA, elle ne fait que 551 000 km2 et depuis le regroupement familial de VGE, les émigrés rentrent, rentrent de plus en plus nombreux. Il faut vivre en ces endroits abandonnés de la République pour se rendre compte qu'il faut avoir une réponse à ce problème.
Rédigé par: LEFEBVRE | 11 mars 2007 à 20:54
Depuis des années, le FN ne construit son discours qu'en fonction et que dans l’obsession de l’idée qu’il se fait des immigrés. La question de l’immigration constitue pour ce parti la grille de lecture exclusive de tous nos maux. Pour résoudre l'ensemble des problèmes, il ne propose que son slogan de préférence nationale.
NS deviendrait JMLP si son projet politique était articulé de cette façon.
Je suis d'accord avec NS. Pour s'intégrer dans un pays, comme dans toute communauté humaine, je pense qu'il est nécessaire de maîtriser sa langue et de la comprendre.
D’autre part, s’intégrer à un pays, c’est implicitement choisir et respecter les valeurs essentielles qui le définit et les imaginaires qui le porte.
On peut se poser, on doit se poser la question "Qu’est-ce que la France?" (titre d’un ouvrage dirigé par A. Finkielkraut). Je pense également au livre de F. Braudel "L'identité de la France"
Je commence à tiquer si cette question se transforme en "Qui est Français?"
Concernant ceux qui s’obstinent à penser notre pays capable d’accueillir tous ceux que l’extrême pauvreté font fuir de leur pays, leur irresponsabilité est sidérante.
Par la création d’un ministère de l’Immigration, je pense que NS est cohérent avec la politique qu’il a conduite en tant que ministre.
Rédigé par: Véronique | 11 mars 2007 à 21:45
Je veux bien admettre que le programme du Front National sur l'immigration comme sur beaucoup d'autres points n'est pas très crédible voire carrément simpliste, soit.
Je ne vois pas, par contre, en quoi Sarkozy serait plus crédible sur le sujet.
Qu'a-t-il fait depuis cinq ans ?
- Expulsé en 2006 10000 clandestins de Guyane et 5000 Roumains ou Bulgares de métropole, ce qui ramène le chiffre réel des expulsions d'illégaux de 25 à 10000 ? (Ne parlons pas des 30% criminels étrangers - je dis bien criminels, c'est-à-dire ayant été condamnés en cours d'assises - qui ne sont pas expulsés à la fin de leur peine, faute d'effectifs, sans doute)
- Durci et proposé de durcir les conditions du regroupement familial alors qu'il faudrait le suspendre sauf dérogation exceptionnelle tant que les problèmes de l'intégration, du logement, du chômage, de la délinquance ... n'ont pas été résolus ?
- Donné le pouvoir au sein du CFCM qu'il a créé, aux extrémistes de l'UOIF (branche française des Frères musulmans) et aux puissances étrangères (Algérie et Maroc) ?
- Milité pour la discrimination positive qui n'est rien d'autre qu'une forme politiquement correcte de racisme ?
Non, vraiment, le bilan de Nicolas Sarkozy est nul - vous êtes bien placé pour le savoir, Monsieur l'avocat général - et ses projets en la matière sont tout aussi inconsistants.
Le seul candidat sensé me semble être Nicolas Dupont-Aignan; malheureusement, son poids politique est, pour l'instant, nul.
Donc, qui reste-t-il ?
Rédigé par: tibo | 11 mars 2007 à 23:14
Pourtant, à y regarder de près, NS s'est contenté de formuler la nécessité de trois conditions pour qu'un étranger puisse faire venir sa famille en France : qu'il puisse la loger, qu'il dispose d'un emploi et qu'il connaisse des rudiments de langue française. Conditions minimales et de bon sens (...)
Mais pourquoi ai-je le pressentiment que la troisième condition (langue française) ne s'appliquera pas avec une rigueur excessive aux nombreux expatriés ango-saxons qu'emploie la multinationale pour laquelle je travaille ?
Peut-être pour la même raison qui fait que mon entreprise a pu m'obtenir un passeport en deux jours, presque sans intervention de ma part, alors même que les informations de signalement mentionnées sur celui-ci sont incorrectes. Les modalités concrètes d'application de la loi laissent une certaine latitude .
Quoiqu'il en soit, j'y vois surtout un pretexte permettant de refouler l'immigration "non choisie".
Rédigé par: Tweakie | 12 mars 2007 à 00:25
Est il digne de mettre du Vichy dans chaque mesure difficile pour tout le monde, mais tellement nécessaire ?
La Shoah est une tragédie unique, non de part son ethnicisation, mais bien par son industrialisation. Brandir ce spectre comme un sceptre n'est pas un hommage humble et honnête aux victimes des camps. Je suis un peu dépité que des intellectuels juifs ne se dressent pas contre ces abus de langage. Faire de Sarkozy, Villiers, Chevènement, Le Pen des Hitler en arrêt avant la curée est un ridicule qui heureusement ne tue plus. Par contre, l'efficacité de mauvaise conscience insufflée est là en lobbying, puissante, tenace comme une odeur de détergent.
La philosophie, la justice et la politique ne sont chez moi que des annexes par leur généralisation, je les crois importantes, mais mon sacerdoce reste littéraire, lié à l'individu. Ce qui m'intéresse dans ces sciences, c'est le retour sur le quotidien de l'être. Une loi, un inconscient collectif, une décision politique entrent après dans la vie des soixante-cinq millions de Français, ils la changent même en profondeur parfois.
Si NS oblige les maires à construire des mosquées dans leur ville respective ou crée un ministère de l'Immigration pour prendre deux de ses projets antagonistes afin de ne fâcher personne ou plutôt tout le monde, c'est bien plus constructif, c'est l'habitude de chaque habitant de ce pays qui s'en trouve irrémédiablement changée, ce n'est pas rien.
Besancenot a obligé la cinquième à décommander Soral pour cette émission du dimanche, il l'a fait interdire de plateau. Outre le manque de courage et de fair-play de ce dernier, il est à se demander si ce n'est pas un révolutionnaire du monde du spectacle qui a déjà sa propagande molle, son alibi de banlieue pour le devoir de mémoire, sa politique de débat sélectif, ses entrées dans le show ?
La Marx- academy : tapez 1 pour Besancenot qui veut son mémorial noir, tapez 2 pour Autin qui veut que les hommes fassent la vaisselle, tapez 3 pour Buffet qui veut régulariser tous les clandestins, tapez 0 pour les ouvriers (ça existe encore). 3 euros 65 l'appel hors coût de communication supplémentaire selon l'opérateur (Libé, le Monde, le Nouvel obs...)
Rédigé par: LEFEBVRE | 12 mars 2007 à 03:36
"Bonnes questions , mauvaises réponses " : les premières demeurent , les secondes se font attendre .
Tout a été effectivement mis en oeuvre pour occulter ce qui se passait dans les banlieues .Le Pen a prospéré en déclarant tout haut ce que les élus des deux bords osaient à peine chuchoter en comité restreint .
Que l'on se souvienne ! Il n'était pas convenable de décrire le marasme des cités , l'échec de l'"intégration " , les rackets , la " came " et les " tournantes " , l'activisme des barbus .Ou alors il fallait victimiser les " beurs" , et eux seulement .
Seuls, des"fachos" pouvaient diagnostiquer une percée de l'islamisme radical .Plus la situation s'est dégradée , plus les victimes -Blancs , Blacks ou Beurs - ont constaté le déni de réalité et persistent.
On sait aujourd'hui que l'école ne fabrique plus des citoyens et que les incantations sur l'universalisme français sont à la fois pertinentes et naïves : pour les jeunes venus du Maghreb ou du Sahel , la France n'est plus une patrie mais un sas entre leurs racines perdues et les mirages d'une Amérique de "rap" , de basket et de Cadillac glissant sur Sunset Boulevard.Mirages solubles dans le pire islamisme .
Seule , à mon humble sens , une démultiplication révolutionnaire de l'aide au bloc francophone pourrait dissuader les candidats à l'immigration .
Elle éviterait à l'humanité , en outre, un péril mortel : la dictature du " basic" .
On dénonce en France , depuis des années, les ravages de la "pensée unique" mais la perspective d'un imaginaire unique façonné ou plutôt bétonné en langue dérivée de l'anglais par les feuilletons n'est guère évoquée.
Quelles réponses alors ? Certainement pas celles que nous déclinons ou défaisons depuis vingt-cinq ans mais peut-être une - je rêve , allez-vous me rétorquer Véronique - sous la forme d'un plan Marshall , à l'échelle du continent africain , qui permettrait un décollage rapide sur des bases agricoles.
Vaste , coûteux mais avec les Américains , l'UE , le Japon , la Chine et l'implication effective des anciens colonisateurs , chacun gérant et sécurisant la zone dont la responsabilité lui incombe par décret de l'histoire .
C'est à mon humble sens le seul moyen d'éviter que , pendant des siècles , le seul but d'un jeune africain soit d'immigrer vers les pays riches .Car il n'en ont plus d'autres , sauf les voisins de l'Afrique du Sud , et on voit bien que , pour l'ateindre , ils sont prêts à tout .
Puisse la hantise de l'immigration , au lieu de tourner au racisme , nous inciter à surmonter nos égoïsmes ; sinon la haine prêchée sous les minarets qui s'érigent partout sur ledit continent deviendra inexpiable , et on comptera les Lampedusa par milliers .
Rédigé par: Parayre | 12 mars 2007 à 09:45
Relisons "le camp des saints" et méditons sur ce que nous ferons.
Rédigé par: mike | 12 mars 2007 à 11:00
Moi qui ne suis pas habitué à hurler avec les loups et les vierges, même effarouchées, cette proposition m'a mis mal à l'aise. Elle m'a même fortement déplu. Pas sur le fond. J'ai d'ailleurs lu son discours de Caen, dont je partage pratiquement l'intégralité, mais sur la forme. Désolé mais le fait que l'on dispose d'un ministre chargé de l'Identité nationale me semble comique, car je me demande ce qu'il pourra bien faire à cet égard qui ne soit pas déjà fait par d'autres (à la Culture, notamment), mais aussi un peu inquiétante, son intitulé restant, même pour moi, un peu évocateur. En avait-il absolument besoin pour rappeler l'attention vers lui ? Etait-ce vraiment opportun ? J'en doute.
Rédigé par: koz | 12 mars 2007 à 11:09
Ce qui me gêne dans les critères, emploi, logement, maîtrise des rudiments de la langue, c'est qu'à mon avis ils ne sont pas pertinents pour s'assurer, puisque c'est de cela qu'il semble s'agir, de la capacité et encore moins de la volonté de s'intégrer.
Ces trois critères sont ni nécessaires ni suffisants.
Ils sont naïfs.
Rédigé par: vincent | 12 mars 2007 à 11:35
@ Parayre
Détrompez-vous.
J'aime bien quand vous rêvez de cette façon-là.
Mais je crois aussi à la vérité de ceci :
"Le vrai partage est là : d'un côté les idéalistes avec leurs oeillères, rêvant sur le réel pour croire en un réel de rêve, de l'autre les réalistes actifs pour construire un réel acceptable."
Et un idéalisme n'a de valeur que si on consent à le confronter aux réalités et aux difficultés du présent.
Vous ne croyez pas?
Rédigé par: Véronique | 12 mars 2007 à 13:23
Excellente analyse. J'aime votre blog. Si vous avez le temps allez lire mon analyse du problème de la récupération de la mémoire sur http://www.toreador.fr/2007/03/10/banderille-n%c2%b077-les-faux-debats-de-la-presidentielle-viii-le-spectre-de-vichy/
Rédigé par: Toréador | 12 mars 2007 à 14:01
Je partage l'avis de Koz... ce "ministère de l'Identité nationale" fleure trop bon son évangile selon Pétain... Le choix des mots est crucial, en l'espèce, ceux-ci sont mal choisis et ressemblent à de la provocation : je soutiens NS mais il a fait ici un faux pas...
Rédigé par: sbriglia | 12 mars 2007 à 14:13
Avec la proposition de NS, la mission d'assurer l'identité nationale française reviendrait aux "indigènes"...
Rédigé par: bulle | 12 mars 2007 à 14:33
@Véronique : Rêver tout seul, ce n'est qu'un rêve mais rêver à plusieurs, c'est déjà une réalité.
L'utopie partagée, c'est le ressort de l'Histoire !
Rédigé par: Parayre | 12 mars 2007 à 16:42
Ainsi la République doit défendre l'identité nationale face à l'immigration.
Traduisons : il ne faut pas laisser les étrangers altérer la substance de notre bonne vieille France.
Oui, à n'en pas douter, un tel discours est intelligent et sain.
Rédigé par: Julien | 12 mars 2007 à 17:29
@ Parayre
"L'utopie partagée, c'est le ressort de l'Histoire !"
Je suis d'accord.
Mais quelqu'un sur ce blog a évoqué dans une autre note la salle des machines.
Pour faire l'amiral, croyez-moi, il en faut des mécaniciens.
Non ?
Rédigé par: Véronique | 12 mars 2007 à 17:40
Je suis un peu surpris de ce billet.
Je m'étonne que PB ne soit pas choqué de l'association d'idée que fait constamment NS entre immigration et identité nationale.
c'est à croire que les immigrés sont la cause principale et unique de la désintégration plus ou moins supposée de notre identité nationale
associer immigration et identité naitonale : c'est ni plus ni moins faire un amalgame pour le moins affligeant
c'est ni plus ni moins sous-entendre que l'immigration est de nature à désintégrer l'identité nationale et cela relève plus du racisme que d'une vision politique
d'ailleurs un représentant du FN rappelait que cette proposition de minsitère figure au programme de JMLP depuis bien longtemps
alors pourquoi quand JMLP fait une telle proposition : tout le monde trouve ça choquant et raciste
mais quand c'est NS : y'a des personnes qui arrivent à trouver ça logique, républicain et comme la solution au problème de l'immigration
Faire un tel ministère : c'est dresser une nouvelle fois les Français les uns contre les autres : d'un côté les Français "bien de chez nous" incarnant parfaitement l'identité nationale et de l'autre les immigrés désintégrant celle-ci
et bien dites-moi : si c'est la société que nous propose NS : personnellement je n'en veux pas
Mais d'ailleurs le programme de NS se résume en ces quelques mots : opposer constamment les Français les uns contre les autres et à tous les niveaux
J'espère qu'il ne s'agit que d'un faux-pas pour NS mais j'en doute; il est tout de même l'instigateur de la politique "immigration-charter" et "intégration au Karcher"
avec NS : mieux vaut être blanc, riche avec un emploi que pauvre, immmigré et sans emploi : et c'est franchement déconcertant
à trop vouloir fleurter avec le FN : on peut finir par se piquer
De plus : croire que créer un ministère résoudra le problème : c'est un peu naïf quand même
On a bien un ministère de l'Emploi et de la cohésion sociale : ça n'a pas empêché le chômage d'exploser et la fracture sociale de s'alourdir si j'ose dire
Enfin pour ce qui est de votre référence au sondage et à la 4e place de JMLP devancé par le calimero de la politique française Mr Bayrou
De la même manière que je ne crois pas que Bayrou sera au 2e tour, je ne crois pas non plus au fait qu'il sera le 3e homme
Malheureusement, JMLP sera 3e ( et peut-être même plus proche qu'on ne le croit des 2 ténors )
tout simplement parce que dans les sondés soutenant Bayrou : 50% d'entre eux ne sont pas du tout sûrs de le faire
et d'un autre côté je ne vois pas pourquoi les 17% qui ont voté pour JMLP en 2002 ne le referait pas en 2007
et dire que Bayrou sera le 3e voire le 2e : ça fait le jeu d'une seule et même personne : JMLP
puisqu'on est en train de faire la même erreur qu'en 2002 : on l'ignore totalement, on le marginalise
et après on se réveille le lendemain des élections avec la "gueule de bois électorale"
Rédigé par: Ségo | 12 mars 2007 à 17:41
Identité nationale, ce terme pose question, à la geste de gauche -je me rappelle qu’il fut un temps où la Vendée ne faisait pas partie de la nation-, à la geste de droite assurée de l’existence de la France avant la république -il en fut un autre où il s’agissait des protestants-, et d’ailleurs Calvin si mondialement influent qui le connaît ici ? La Wallonie, le canton de Vaux ont-ils à voir avec notre identité ? Et les Français de l’étranger ? et l’Alsace ?
Parce que nous ne sommes pas d’accord sur ce qu’est la cité et donc le citoyen, il n’est pas souhaitable de charger l’Etat de définir l’identité française, il ne peut en avoir la légitimité ce qui est le propre des périodes de changement profond.
C’est aussi pour cela que nous ne sommes plus capable de dire les choses, car tout mot peut incendier.
C’est ce qui fait que l’immigration peut devenir ce bélier détruisant l’ancien monde, rendant la cité nationale républicaine caduque et définissant la nouvelle cité et citoyenneté, le voulons-nous ?
Rédigé par: Jean-Marie | 12 mars 2007 à 18:00
encore un nouveau candidat ?
là ça devient stressant ! :-)
Rédigé par: Cactus aime le mot dit | 12 mars 2007 à 18:02
" Cactus SUR Jean-Marie Sarkozy "
je ris déjà de me voir ainsi allongé ici hoooo dans " commentaires récents " j'apprécie déjà l'instant :-)
Rédigé par: Cactus aime le mot dit | 12 mars 2007 à 18:42
@Véronique : celui qui a inventé le bateau a aussi inventé le naufrage ...
Rédigé par: Parayre | 12 mars 2007 à 18:51
Participant d'un modeste " prix littéraire" , j'ai récemment eu une conversation avec les autres membres du " jury " et une nouvelle fois , mesuré combien avec eux , mon esprit , la texture de ma sensibilité doivent au Suisse Ramuz , aux Belges Simenon , Verhaeren et Maeterlinck , aux Roumains Eliade et Cioran , aux Haïtiens Alexis , Roumain , Philoctète et Depestre , au Sénégalais Senghor , au Mauricien Maunick , au Camerounais Beti , à l'Irlandais Beckett , au Libanais Schehadé , à l'Egyptien Cossery .
Je cite au hasard et dans le désordre , et je n'oublie pas les Français des Antilles ou de la Guyane -Césaire , Damas , Tyrolien - qui ont grandement contribué au rayonnement de notre littérature .
Supporter des Bleus , je n'oublie pas que le coq n'aurait pas chanté au Stade de France en 1998 , sans son plumage multicolore : Zidane (souche algérienne ) , Desailly ( souche ghanéenne ) , Thuram ( souche antillaise ) , Djorkaeff ( souche arménienne ) , Viera ( souche malienne ) .
Les parents de Platini - désormais responsable européen de son sport - n'étaient pas français de naissance .Ceux de Kopa non plus , pour évoquer les gloires majeures de notre foot depuis la Libération .Avant la guerre , l'idole du Parc des Princes s'appelait Ben Barek , il n'était ni de Concarneau ou d'Ambert ni de Neuilly que je sache .
Pour résumer, je ne sais pas/plus ce que signifient les termes d'identité nationale dont un ministère pourrait porter le nom .
Rédigé par: Parayre | 12 mars 2007 à 22:00
J'ai laissé du temps au temps et à ceux qui voulaient en découdre, politiquement parlant s'entend...
Une fois de plus je constate, Chez "le petit Nicolas" comme dans les échanges et même le billet de PB sur ce sujet dont le seul titre en est l'exemple type : DES MOTS !... "l'Art de se payer de mots" !...
Alors ce fameux "Ministère" et sa création ?... DES MOTS !... pour faire plaisir à certains électeurs du FN et, comme Ponce Pilate, SE LAVER les mains derrière un rideau de fumée "nommé" MINISTERE !...
Un "problème" trouble-t-il les électeurs ?... ON NOMME CE PROBLEME qui n'en est plus un puisqu'il est "nommé" !...
Et quelquefois on va même le "sigler"... Alors là, chapeau !... Le problème est enterré !...
Je ne vois aucune intention dans cette proposition de création d'un nouveau ministère, ni bonne ni mauvaise, de la part de l'un des "proches" de NS, car lui n'y aurait même pas pensé...Il a d'autres choses à faire que de penser, clone de Chirac !...
Le "savon" qu'il a dû prendre ce conseiller !!!... vu les réactions de partout y compris dans son camp !...
Du "dissolution de l'Assemblée" à l'état pur !... Mais là, ce n'était pas qu'un simple mot...
Tous vos échanges comportent des vérités connues des citoyens, qu'elles aient été dénoncées par le FN ou par d'autres... QUI, concernant l'immigration, ayant le pouvoir depuis 30 ans, y a apporté non pas une solution, mais seulement une analyse objective et proposé des remèdes ???... Dans le même temps, des guerres ont eu lieu auxquelles la France a participé (les exemples sont tellement nombreux...) et nous en sommes sortis de ces guerres, qui sont autrement plus difficiles à régler !...
Les solutions, parce qu'elles existent bien sûr, passeraient d'abord par des remèdes remettant en cause des "tabous" que nous nous sommes créés de toutes pièces... Deux seuls exemples :
1 - l'abandon de nos contrôles aux frontières !... Comment voulez-vous sans frontières, faire autrement que de faire "à l'intérieur" de notre pays, ce que nous ne faisons plus aux bords ?...
2 - "la misère du monde" : accueillis comme ils le sont, arrivés en France, les immigrés en rêvent au fin fond de leurs villages, pourchassés qu'ils sont par des bandes de brigands, dirigés par leurs élus (?), payés par la France (et d'autres), pour continuer le pillage de leurs richesses, car ils sont riches ces pays-là, mais pas leurs citoyens (comme les Français d'ailleurs, toutes proportions gardées) !...
Ici, avec les seules aides inférieures au RMI (encore un sigle !), ils vivent en paix et en famille sans crever de misère chez eux !...
Le Pen (pas un sigle) a-t-il eu tort de dénoncer ce danger qui nous guettait ? parce qu'il ne nous guette plus... IL EST PRESENT !...
Pourquoi attribuer seulement à Le Pen, cette constatation de bon sens : nous ne pouvons accueillir toute la misère du monde !... Depuis d'autres l'ont repris et même à gauche, il était temps !...
Ce n'est pas en créant un Ministère de plus, ça se saurait, que l'on règlera ce problème... Il y a bien un Ministère du Travail !...
Faudra-t-il créer un Ministère du Chômage pour le régler ?...
Soyons sérieux : un problème ne se règle pas en le "nommant", comme le Vaudou le préconise, mais en apportant des solutions.
Nous pataugeons dans les "noms", les "sigles", les "phrases", les "calembours", les "mots" bons ou mauvais, les "paroles" malheureuses ou d'honneur et nous sommes même entrés en guerre pour une virgule mal placée...
C'est pourtant un "littéraire" qui vous écrit, mais qui connaît le "danger" et la "vanité" des mots !...
SALUT ET FRATERNITE CITOYENNES CITOYENS
Rédigé par: Mélano | 13 mars 2007 à 10:31