Ainsi, Nicolas Sarkozy, en proposant la création d'un ministère de l'Immigration et de l'Identité nationale, chasserait sur les terres du Front national. La politique qu'il mettrait en oeuvre aurait "des relents vichystes" et serait honteuse pour les partis de gauche, l'UDF et les associations spécialisées dans la défense des droits de l'homme et habilitées à éclairer les pauvres citoyens que nous sommes sur les bonnes et les mauvaises causes. La symbiose serait telle qu'on pourrait évoquer un téléscopage des identités et que Jean-Marie Sarkozy ferait irruption dans notre espace politique.
Pourtant, à y regarder de près, NS s'est contenté de formuler la nécessité de trois conditions pour qu'un étranger puisse faire venir sa famille en France : qu'il puisse la loger, qu'il dispose d'un emploi et qu'il connaisse des rudiments de langue française. Conditions minimales et de bon sens. Deviendraient-elles indignes à partir du moment où elles seraient exigées sous l'égide d'un ministère de l'Immigration et de l'Identité nationale ? Ce procès est absurde qui renvoie à des polémiques qu'on espérait dépassées. Apparemment, il est urgent pour certains de continuer à se payer de mots pour se dissimuler la réalité, alors que celle-ci s'inscrit, surabondante et préoccupante, dans l'espace public. A nouveau, plutôt que d'appréhender le contenu, on détourne l'attention sur l'étiquette. L'indignation facile remplace la pensée lucide et opérationnelle. On sort le diable de sa boîte et tout serait dit, tout serait joué.
Il convient de tenir les deux bouts de la chaîne et d'analyser ce qui se rapporte au Front national et ce qui concerne NS.
Pour le premier, ne serait-il pas temps, et surtout depuis 2002, de mettre au clair notre perception ? Il y a une véritable schizophrénie qui consiste à la fois à l'accepter dans les univers politique et médiatique et à le traiter, sur le plan de l'analyse et de la dénonciation, comme s'il était interdit. Tous les responsables de gauche qui participent à juste titre sur les plateaux à des débats avec des représentants du FN peuvent-ils, dans le même mouvement, dénier à cet adversaire le droit d'exister ? Si on estime que le FN viole les règles fondamentales de notre République par son inspiration et par ses modalités d'insertion dans la vie publique, qu'on n'hésite pas à l'interdire. Comme on sait qu'une telle entreprise, à la supposer possible, serait injustifiable, on s'accommode de sa présence mais on met en cause de manière permanente la légitimité de celle-ci. Ce n'est pas que le FN, dans sa substance, intéresse particulièrement les familles de gauche mais elles s'en servent comme d'un pion, d'un poison pour troubler, entraver et polluer la stratégie des partis de droite, des structures aptes au gouvernement. Le FN est ainsi jeté, comme un empêcheur de penser librement, dans les esprits adverses par une gauche plus soucieuse de détruire les possibilités d'une écoute et d'une gestion profondes du réel que de se donner les moyens de maîtriser ce dernier. Pour prendre un exemple signifiant, Olivier Besancenot, dont le talent personnel est éclatant, propose une politique sommaire et dangereuse dont il faut bien admettre que le slogan principal, voire exclusif, de faire payer les riches est un peu court. Lorsque les socialistes s'aventurent sur ce terrain qui crée une familiarité entre cette gauche extrême et celle qu'ils représentent, personne ne va leur dénier le droit de penser et d'élaborer au prétexte que ce champ serait miné.
Il y a longtemps, par une formule qui n'a pas vieilli et qui demeure formidablement juste, Laurent Fabius a su résumer la force et les limites du FN sur le plan de l'immigration. Il a déclaré que ce parti posait de bonnes questions mais apportait de mauvaises réponses.On peut dire que rien n'a changé et que c'est son inaptitude à fournir des solutions fiables et imprégnées d'autorité républicaine à une crise qu'il avait annoncée avant tout le monde, qui constitue l'irrémédiable faiblesse du FN. Malheureusement, Laurent Fabius, parce qu'il paraissait rendre hommage à la lucidité sociale du FN à l'époque, s'est vu désavoué par son propre camp alors qu'il avait exprimé l'essentiel. Peu ou prou, aujourd'hui, NS va dans le même sens lorsqu'il souligne que pour le FN, l'immigration est "un cheval de bataille" - au demeurant, avec un programme réduit à mille variations sur cette unique obsession - alors que pour lui elle sera "un thème d'action". Les interrogations d'alors sont les débats fondamentaux d'aujourd'hui. Elles n'ont pas changé de nature mais ont pris une amplification sans commune mesure avec leur ancienne portée. Que faire des immigrés qui viennent chercher chez nous l' Amérique et se retrouvent clandestins, dénués de tout et dans une très grande précarité ? Que faire des délinquants étrangers sans attaches véritables et qui surpeuplent les prisons, notamment en Ile-de-France ? Que faire pour favoriser l'instauration d'un authentique contrat entre ceux qui honorent la France en respectant ses lois, et l'Etat qui doit faciliter, comme une équitable contrepartie, leur intégration. Que faire, en un mot, pour qu'une politique d'immigration soit en même temps vigoureuse, humaine et efficace ? Ces questions d'hier, ces préoccupations d'aujourd'hui n'ont pas de caractère iconoclaste ni sulfureux. Elles réunissent Le Pen, Laurent Fabius, qui apparemment feint d'oublier sa clairvoyance d'hier, Nicolas Sarkozy à tant d'autres qui n'ont pas peur de regarder la réalité de notre société en face. On sait bien que l'immigration n'est pas systématiquement une chance pour la France et qu'elle ne le devient qu'à certaines conditions. Pensons, au sein du parti socialiste, à Ségolène Royal, Manuel Valls ou Jean-Marie Bockel. La familiarité est indiscutable entre ceux qui pour réfléchir se fondent sur le réel, qu'on a le devoir d'observer. Le vrai partage est là : d'un côté les idéalistes avec leurs oeillères, rêvant sur le réel pour croire en un réel de rêve, de l'autre les réalistes actifs pour construire un réel acceptable.
Lorsque NS est mis en cause par ce reproche de "banaliser" le FN ou de favoriser la "lepénisation des esprits", ce poncif ressassé et si commode dans sa confortable généralité, quand le ministère de l'Immigration et de l'Identité nationale suscite l'indignation, force est de se demander dans quelle République on vit. Je le répète, ce qui distingue les esprits lucides aujourd'hui, ce ne sont plus les questions - elles sont admises - mais les réponses. Pour peu qu'on ne dénie plus au FN le rôle d'éclaireur qu'il a eu, on le sort de l'autarcie sulfureuse dans laquelle on l'enfermait. Pour l'immigration, il n'est plus un porteur de pancarte scandaleuse mais il a simplement annoncé ce qui aujourd'hui apparaît comme une évidence. Comme il a toujours été incapable de fournir des solutions à la hauteur démocratique espérée, il était urgent et nécessaire qu'un responsable politique tirât les conséquences de la profondeur de la crise et des réponses républicaines à lui apporter. Si celles-ci étaient demeurées en deshérence, nul doute que le ressentiment social et l'exaspération citoyenne auraient explosé et que par une conclusion logique, le FN en aurait profité, en dépit de l'outrance techniquement peu argumentée des mesures qu'il suggère. Loin de banaliser le discours du FN, NS l'étouffe. Comme, d'une certaine manière, François Mitterrand a accentué la chute du parti communiste. Cela n'empêchera pas demain peut-être un score de haut niveau du FN mais il est déjà significatif de constater qu'il est pour l'instant en quatrième position, précédé par un candidat de rupture et de dissidence, mais très classique. Essayons de concevoir l'impact d'une campagne présidentielle où Jean-Marie Le Pen aurait été le seul à proclamer les réponses aberrantes aux pertinentes questions sociales formulées depuis des lustres : nous serions assurés d'un nouveau 2002.
Alors cessons les grands mots pour éviter d'avoir à affronter les grands maux. Il n'y a rien de vichyste dans le ministère proposé. L'immigration et l'identité nationale sont deux phénomènes qui sont naturellement reliés. Si on ne maîtrise pas l'immigration, l'identité nationale, qui est une valeur respectable et donc à défendre et à préserver, sera menacée. Un ministère doit avoir en charge cette double démarche d'humanité et de sauvegarde. Qu'on cesse de croire que la République se renie forcément lorsqu'elle se défend. L'aveuglement de certaines controverses purement partisanes réside sans doute là, dans cette incapacité à constater ce risque : si on refoule le réel, si on a peur de le nommer et d'en tirer les leçons, c'est la démocratie qui sera gravement atteinte. Faute de savoir mettre en oeuvre un humanisme rigoureux, on aura seulement la force.
NS a répliqué sur ce plan aux reproches absurdes qui lui étaient adressés. Il n'a besoin d'aucun conseil. Un républicain n'est pas condamné à la mollesse. Sinon, triste République à venir.
Plus généralement, qu'il songe seulement à l'image qu'on peut avoir parfois de sa campagne présidentielle : il devance ses adversaires dans tous les sondages et pourtant, il donne l'impression de les suivre.
C'est une autre histoire qui mériterait un billet purement politique, je me contenterai d'en être le lecteur.
Vous me pardonnerez pour l'ellipse : Je ne résiste pas (au désir de) copier...
Rédigé par : Laurent Dingli | 25 juin 2009 à 11:07
Je ne résiste pas à copier un extrait de la dépêche suivante :
"Des sans-papiers occupant depuis 14 mois des locaux de la CGT à la Bourse du travail, rue Charlot à Paris (IIIe), ont quitté les lieux mercredi sous la double pression de la CGT, qui a tenté de les déloger, et de la police, restée à l'extérieur, selon des sources concordantes.
Devant "l'impasse" des discussions avec les occupants depuis plusieurs mois, la CGT de Paris avait mobilisé dans la matinée "plusieurs dizaines" de militants pour les déloger, selon le syndicat.
"Selon un communiqué de la coordination nationale des sans-papiers, "une centaine de nervis du service de sécurité de la CGT portant des cagoules, armés de barres de fer, de bâtons, de gaz lacrymogènes ont pénétré vers 11h30 au sein de la Bourse (...) se sont jetés sur les présents, notamment des femmes et des enfants pour les jeter dehors" (...).
En voilà une jolie petite morale communiste : les sans-papiers, oui, mais pas chez moi à la Bourse du Travail.
C'est la lutte finale...
Rédigé par : Laurent Dingli | 25 juin 2009 à 10:08
@ Mélano
Merci pour cette évocation de votre roman familial.
Le Monde publie un entretien avec Pierre Nora qui nous parle des identités nationales successives qui ont construit notre roman national.
Pierre Nora : "le nationalisme nous a caché la nation"
http://www.lemonde.fr/web/article
A la lecture de P. Nora, c'est aussi le rapport que chacun entretient avec sa propre identité qui gagne beaucoup en compréhension et en sérénité.
Rédigé par : Véronique | 19 mars 2007 à 09:59
SALUT ET FRATERNITE CITOYENNES CITOYENS...
@ Lefebvre : encore d'accord avec vous pour ce trop "fameux" 18ème siècle, les "lumières" s'étant plutôt "allumées" au 17ème, sautant ensuite à la fin du 19ème avec Nietzsche entre autres !...
"l'injustice et la violence religieuse" contre Spinoza par ses propres co-religionnaires (déjà) ne l'ont pas empêché "d'éclairer" le Monde définitivement !...
N'assiste-t-on pas 3 siècles et demi plus tard, aux mêmes "délires" religieux, en ¨Palestine (Israël étant un territoire de ce Pays), en Irak, en Iran, en Afghanistan, aux USA ou... ailleurs ?... N'oublions pas Bush ayant entendu "Dieu" lui parler!!!... pareil que son "pote" Ben Laden...
@ Véronique :
L'ancêtre de ma branche italienne, artiste peintre, arrivé en France peu avant la Révolution et ayant "marié" une "gente dame normande et française", avec laquelle il a fondé la famille dont je suis en partie issu, s'est intégré honnêtement et fort civiquement... Il a ensuite élevé ses enfants dans les valeurs qui nous sont communes : latino-grecques et certainement chrétiennes que les révolutionnaires n'avaient pas abolies et enrichies de celles de la jeune République qui venait enfin de naître…
L'autre ancêtre de ma branche française la plus ancienne, était picard en 1272 !... Le tombeau de cette famille est encore notre propriété dans le vieux cimetière d'Amiens…
Ensuite que dire ?... sinon que leurs descendants ont continué… et mes petits-enfants continueront après moi je l'espère, dans le respect de la République française et laïque…
Nous avons une certaine idée de notre "identité nationale" en nous rappelant toutefois qu'1 français sur 3, d'après des statistiques dont on ne sait comment elles peuvent être faites (?), auraient des grands-parents étrangers…
Notre "Famille" n'a pas défrayé la chronique et ne se fait par remarquer dans les rouages de l'Etat, des Services publics et des grandes entreprises, pas plus que dans la "jet-set", ainsi que les nombreux vrais ou faux "hobereaux" qui y font la roue et qui figurent au "Who's Who"…
"Noble d'esprit !", telle est notre devise !...
Rédigé par : Mélano | 18 mars 2007 à 11:43
@ Bulle
Je vous remercie des références que vous m'avez communiquées.
Mon propos était d'exprimer la lecture personnelle que j'ai faite de la note de Philippe.
J'ai simplement essayé de réfléchir à ce que signifiait pour moi une identité française. Car je pense qu'un débat autour de l'identité englobe les questions de l'héritage et de la transmission.
Et que cette question d'appartenance ne concerne pas seulement les populations immigrées.
@ Mélano
"j'imagine ce qu'il a dû faire pour fonder une Grande et Noble famille française et... républicaine !..."
Alors, dites-le.
Cela m'intéresse plus que ce que vous pensez de Simone, d'Alain, de Nicolas ou même de Philippe.
@ Lefebvre
Il ne me semblait pas opportun d'élargir notre discussion au conflit israélo-arabe que je ne maîtrise pas.
Ce qui m'intéresse également dans la note de PB c'est le retour qu'elle peut me permettre de faire en m'interrogeant sur cette notion d'identité nationale.
Que cette lecture vous apparaisse trop personnelle, trop universaliste, trop émotive, trop temps des cathédrales et trop temps des cerises, pas assez antiquité grecque ou romaine et 17e siècle, trop philosophie des lumières , trop juin 40, pas assez monarchie, que je ne comprenne rien à rien, j'ai envie de dire:
eh bien soit!
Je ne veux vous convaincre de rien.
Rédigé par : Véronique | 17 mars 2007 à 18:51
Véronique,
Je ne comprends pas que vous ne compreniez pas... Je ne veux rejeter, agresser, martyriser personne. J'ai juste dit que l'esprit de corps, les différences faites entre communautaristes revendiqués (puisqu'ils ne cessent de se réclamer au nom de leur origine) nuisaient au débat républicain et intellectuel.
Quel rapport avec votre belle-soeur ? J'ai de la famille juive et noire, ce n'est ni une fierté, ni une honte. Ce sont juste des membres de ma famille, quelle étrangeté de magnifier celui qui est venu un temps d'ailleurs, et de dévaloriser les autres.
Il y a dans la rhétorique commune, une volonté permanente de se porter en détracteur du coeur. Ce qu'il faut analyser là-dedans, c'est : regardez moi, je ne suis pas raciste, j'ai des sentiments, car je suis toujours d'accord avec les identitaires tant qu'ils ne sont pas français de souche (les vilains vichystes). On ne parlait pas sentiments, mais corporatisme communautaire et conflit israélo-palestinien. Tout le monde ou presque a du coeur. Maintenant si vous trouvez tout à fait normal que ce dernier soit importé en France et que de petits juifs se fassent frapper en banlieue ou de petits arabes se fassent frapper par la LDJ ou le Bétar, dites-le, mais je ne vois pas l'intérêt. Quant aux autres, n'existent-ils donc pas pour vous ? N'ont-ils pas le droit à autant de considération ?
Si on est universaliste, il faut l'être réellement et n'exclure personne.
Vous vous réclamez d'une culture judéo-chrétienne, je n'y enlève pas l'influence hélèno-latine, celte, les siècles de monarchie et de démocratie. Tout ceci est un patrimoine. De même que l'histoire nationale n'est pas que la seconde guerre mondiale, la philosophie et les lettres ne sont pas que les lumières. Mes critères littéraires seraient même plutôt du dix-septième, dix-neuvième et vingtième siècle, car je trouve le dix-huitième très pauvre en littérature, c'est certainement pour cela qu'il plaît tant aux illettrés des médias.
Rédigé par : LEFEBVRE | 17 mars 2007 à 15:35
à Véronique :
J'ai dit plus haut l'amour que j'ai pour notre petit-fils, "moitié Tos"... J'aurais pu ajouter l'amitié que j'ai pour ma belle-soeur tunisienne et musulmane pratiquante, pour ma cousine semi-marocaine et mariée avec un noir américain, deux cousins semi-espagnols, la grand'mère alsacienne semi-allemande de mon épouse et donc ma belle-fille née portugaise...
Quant à mon ancêtre italien, arrivé en France à la Révolution et marié à une noble normande, j'imagine ce qu'il a dû faire pour fonder une Grande et Noble famille française et... républicaine !...
Rédigé par : Mélano | 17 mars 2007 à 15:20
D'accord avec Bulle...
Cette "identité nationale" qu'on serait bien en peine de définir autrement que par des "arguments circulaires"...
S'il n'y a pas de doute pour moi sur mon "identité nationale", c'est que mes ancêtres "immigrés", sont arrivés ici il y a plusieurs siècles et que je n'ai pas eu à vivre dans une communauté religieuse, quelle qu'elle soit !...
J'ai la chance d'avoir un petit-fils de 8 ans que mon fils et son épouse (portugaise naturalisée française à 10 ans) élèvent comme un "bon petit français", respectueux des "usages familiaux et des LOIS françaises"...
Il n'empêche que mon petit-fils adore aller au Portugal visiter de proches parents restés là-bas, voir le "Benfica battre le PSG", mais pas "la triche" de Figo lors du match France-Portugal !...
Avec sa mère "intégrée" totalement à notre pays, nul doute que mon "p'tit bébé Tos" comme je l'appelle (il n'y a que moi de qui il accepte ça)... fera, je l'espère, de brillantes études et sera peut-être l'un des prochains Présidents de notre chère Répubique...
"Quem pode saber ?..."
Rédigé par : Mélano | 17 mars 2007 à 15:05
A Véronique,
A vous qui aimez les livres, il y a de beaux passages dans "Les identités meurtrières" de Maalouf sur la question que vous vous posez. L'identité est multiple et varie d'un "Français" à un autre. Il est donc impossible de "mesurer" l'identité nationale ! Il nous arrive de privilégier une identité à une autre, de "tuer" un ancêtre ou d'en préférer un.
La pièce "Sizwe bandi est mort" d'auteurs sudafricains (mise en scène par Peter Brook) montre aussi que l'identité, cela tient aussi à pas grand-chose, un bout de papier ou le regard de l'autre.
L'identité va de l'inné à l'acquis aussi. Un magnifique sujet qu'il ne faut pas laisser aux politiques.
Rédigé par : Bulle | 17 mars 2007 à 11:32
Nicolas-Simone... "de l'eau dans le gaz" ?...
Ennemie jurée de François, on la voit mal rejoindre les rangs de son parti d'origine...
Le FN n'en voudrait même pas pour contrer son antisémitisme "supposé"...
Philippe peut-être ?... en bon "samaritain"...
Espérons cependant qu'elle se souvienne, vu son grand âge, qu'elle est de droite...
Peut-être serait-elle tentée de remplacer Glucksman au PS ?...
"Entre ici, Simone Veil !...", lui dirait peut-être une Ségolène compatissante ?...
A quand le prochain ?...
"Quand le bateau coule, les rats quittent le bord !..."
Rédigé par : Mélano | 17 mars 2007 à 09:53
@ Lefebvre et Mélano
Dans ce blog, j’ai été impressionnée par ceci :
" Elle (la question) consiste à refuser l’aveuglement des mots et la perversion du langage. Elle consiste à toujours trouver des points d’appui littéraires, pour un progrès personnel. " Tartuffion - note consacrée à J. Bové.
A relire la note de Philippe et à lire vos dernières interventions, je me suis posé la question de ma propre identité française.
Si je dis "je suis française", qu'est-ce que cela signifie ?
Je prends appui pour me définir ainsi sur des valeurs qu'on m'a transmises et que je souhaite à mon tour transmettre.
En raccourci des valeurs républicaines auxquelles je suis profondément attachée qui elles-mêmes, sont en partie issues d'une histoire judéo- chrétienne. La raison et l'espérance, le progrès et la tradition, les travaux de Georges Duby et "Ma France" de Jean Ferrat. Tout cela mélangé. Je me reconnais dans ces appuis et dans cette matrice.
Et c'est aussi en fonction de cette culture qui me structure que je pense l'organisation de notre pays.
Quand je m'oppose à Mélano sur ce qui a été écrit plus haut, c'est ce qui me constitue intellectuellement, moralement, affectivement qui s'exprime et qui se défend.
Mon roman familial fait que j'ai une belle-soeur marocaine et musulmane et son petit garçon qui portent mon nom.
Ils ont dans notre coeur une place que vous ne pouvez pas imaginer.
Pour ce qui est de son identité française, qu'est-ce que je voudrais transmettre à ce petit garçon ? Voilà, au fond, la question que je me pose à la lecture de la note de Philippe.
Me poser cette question c'est, en premier, me questionner moi-même sur ce qui me construit.
Et je suis d'accord avec Jean-Dominique quand il écrit:
"Cela suppose premièrement que la question de l'identité nationale ne se pose que pour les immigrés : bien sûr que non."
Rédigé par : Véronique | 17 mars 2007 à 08:36
Merci Mélano,
Après ces élections trop importantes pour que je m'en désintéresse, je vais d'ailleurs devenir apolitique, je n'ai de toute façon pas l'esprit taché d'ostracisme d'un militant, pour me consacrer à toutes ces influences diverses en essayant de n'en oublier aucune afin de faire une comparaison avec les années d'antan et diagnostiquer au mieux les dérives actuelles. il reste des non-dits et des détournements historiques absolument préjudiciables pour tous. Si nous devons connaître un jour les renfermements communautaires anglo-saxons, nous en connaîtrons des marasmes bien plus importants encore que les leurs de part notre position géo-politique et notre particularité.
Rédigé par : LEFEBVRE | 17 mars 2007 à 05:25
D'accord avec Lefebvre !...
Nous nous sommes laissé importer en France, le conflit "israélo-musulmans (puisque les arabes ne sont pas les seuls en guerre contre les israéliens)"... et cela se sent dans tout notre environnement, que ce soit institutionnnel, régional, politique ou international...
C'est vital pour Israël, de parasiter les pays "amis", qui leur apportent soutien et... subsides !... Les "musulmans" eux, ont toutes les richesses de leurs immenses pays et le nombre de leur côté...
Quand on a compris ça, plus rien ne doit nous étonner dans nos "micmacs" politico-financiers !...
Rédigé par : Mélano | 16 mars 2007 à 21:28
Véronique,
Je pense que les communautés se muent en communautarismes ces derniers temps et que chacun ne fait donc plus que voir midi à sa porte, il n'est pas juste d'être partisan en ne repérant que les comportements musulmans, noirs et arabes. C'est cet état d'esprit fermé et associatif dans toutes ses formes qu'il faut combattre an nom d'une France une et indivisible.
On ne peut pas dire aux Français d'origine maghrébine ou subsaharienne, vous restez au calme dans les quartiers, vous vous êtes stigmatisés donc on vous stigmatise sous l'axe du mal, seul votre communautarisme est nuisible à l'esprit républicain.
Non, c'est en mettant en avant les valeurs françaises comme unique modus operandi que nous pourrons peut-être sortir de ce marasme, pas en faisant deux poids-deux mesures.
J'ai récemment entendu un débat sur la cinquième entre T Ramadan et A Finkielkraut à propos d'une liste d'intellectuel sioniste. Pas un seul n'a eu le souci de la France, ils en étaient à avoir importé le conflit israélo-palestinien dans notre pays, seul ne comptait que leur communauté et cela se passe ici. AF m'a déçu sur ce coup et je dis fermement de mon côté que je me fiche de ce conflit à présent, qu'il n'a pas en entrer dans notre sphère intellectuelle surtout sur les questions liées à l'intérieur. En étant permissif dans cette dérive, nous en arrivons à ne plus voir l'État occidental que sous le prisme de ces deux communautés ethno-religieuses, à ne plus entendre que des diatribes sur ce thème dans les médias.
Les juifs sont un à deux pour cent de la population, les arabo-kabyles 10 pour cent approximativement, il reste donc quatre-vingt-huit pour cent d'autres âmes sur ce territoire qui ne sont pas concernées (sans compter ceux de ces origines qui n'entrent pas dans dans cette polémique) et qui ont le droit à un peu de paix.
Je dis tout ceci sans haine, ni préjugés, je le dis parce que je crois que ce type d'analyse est nécessaire au vu du constat.
Rédigé par : LEFEBVRE | 16 mars 2007 à 13:58
Que disent nos voisins étrangers de "Jean-Marie" Sarkozy : (source Courrier International)
OGONIOK (russe) :
Le "Rastignac hongrois", portrait d'un ambitieux...
Le journal du mardi (belge) :
"le petit Nicolas" et ses grands amis des médias français... Connivence ou calcul ?...
Die Tageszeitung (Frankfurt):
"Nicolas Sarkozy à l'Elysée... la France serait en Irak depuis 3 ans !..."
et sur François Bayrou,( l'info la plus sérieuse à mon avis)
The Gardian :
"Pariez d'urgence tout votre argent sur Bayrou qui sera le prochain Président... N'IMPORTE QUI à l'Elysée !!!..."
Rédigé par : Mélano | 16 mars 2007 à 09:59
@ Ségo
Je pense que tous les gouvernements qui se sont succédé depuis des années auraient DU faire plus et mieux sur les questions de l'immigration et de l'intégration.
Je reconnais à NS l'initiative d'avoir levé des tabous.
Etait-il seulement imaginable, Ségo, dans votre cheminement politique que vous envisagiez la création "d'un ministère de l'immigration et de l'intégration nationale"?
Pour ma part, je pense qu'il est indispensable pour pouvoir agir collectivement de nommer sans faux-fuyants ce qui devient des abcès d'obsession et de fixation.
@ Mélano
Je conteste avec la plus grande fermeté vos propos concernant S. Veil, A. Glucksman et A. Finkielkraut.
Il est préoccupant, pour ne pas dire plus, que les fantasmes liés à la communauté juive de notre pays faisant le jeu de la politique d'Israël, soient à ce point enkystés dans les esprits.
Rédigé par : Véronique | 16 mars 2007 à 08:05
Dans le billet de PB : "... Il n'y a rien de vichyste dans le ministère proposé."...
A voir le "transbordement" un peu tardif mais effectif de Simone Veil, de Hanin, de Gluksman, Finkielkraut, etc... on est en droit de se poser des questions, ne croyez-vous pas ?... Ils quittent leurs "partis", leurs "familles politiques", à la grande surprise de leurs amis pour aller soutenir un candidat qui veut "karchériser" les "quartiers dits sensibles" pour ne pas dire musulmans, car ce serait de la discrimination religieuse...
Voilà des "gens" qui ont eu maille à partir (ou leurs parents) avec de semblables régimes, qui avaient créé de semblables "ministères ou secrétariats d'Etat aux affaires..." (juives, tziganes, communistes, franc-maçonniques, etc...) et qui soutiennent un candidat de droite de "toutes confessions familiales"... Cette droite n'ayant pas été "nette" dans la période "sous-entendue" (assassinat de Mendel par exemple, qui aurait été le Président de la Libération... et sans oublier ce que Sarkozy a répondu à TF1 sur la mort de Papon...)
Je me perds en "conjonctures" comme dirait ma concierge...
Madame Aubrac, paix à son âme de communiste ayant combattu le flingue à la main,
et qui sera au Panthéon prochainement, n'a pas supporté une telle attitude, et Simone Veil y est peut-être pour quelque chose...
J'avais un "vrai" ami juif, qui s'était sauvé avec bébé et femme, par la fenêtre de sa salle de bain du 20ème à Paris, à la veille du "vel d'hiv", et qui me disait : "jamais à Droite !...", ce qu'avaient compris ceux qui revenaient de "là-bas"... (paix à son âme d'Athée)
Pourrait-on voir dans ces "rattachements", la "main-mise" d'une obédience... non pas juive, mais... sioniste ?... Anti-musulmane viscérale ?...
Peut-on croire qu'Israël resterait bien sagement tranquille dans son coin, attendant le résultat des élections sans "y participer" d'une manière indirecte ?... Etat qui n'a rien à espérer d'une gauche qui ne reconnaît plus l'ancien pays frère, à qui la France a donné les plans de la Bombe !... La France qui n'hésiterait pas une minute à défendre ce pays s'il le fallait...
"Il y a quelque chose de pourri au Royaume... de France !..." et ce n'est pas Hamlet qui vous le dit !...
Ne dormez pas bien !... Tout fout l'camp, à commencer par le respect dû aux parents qui y sont restés !...
Rédigé par : Mélano | 15 mars 2007 à 21:12
un peu Buffalo Bill'ger là non ?
un hommage pour moi grand chef Siou !
depuis l'affaire Karcher de Sarko j'ai appris que c'était très mauvais aussi pour les autos : toutes ces autos peinture abîmée c'est à cause du Karcher " agité" trop près du maudit capot !
allez , belote et rebelote , basque ou pas !
Rédigé par : Cactus aime le mot dit | 15 mars 2007 à 16:43
@ LEFEBVRE,
absolument d'accord avec votre idée
@ Véronique,
ceci n'est pas qu'un slogan mais la réalité de la politique manquée du ministre de l'Intérieur
alors j'ose espérer que si vous vous attendiez à mieux de moi, que vous en fassiez de même avec un ministre de l'Intérieur et accessoirement candidat à la présidence de la République
Rédigé par : Ségo | 15 mars 2007 à 14:54
@ Ségo
"grosse erreur : je voulais dire " finalement je crois que je n'adhèrerai jamais à l'intégration au Karcher et aux Charters de NS "
ça m'apprendra à ne pas me relire"
Je crois que ça doit surtout vous apprendre à ne pas limiter et enfermer votre conclusion dans la seule expression d'un slogan.
On attend, j'espère plus et mieux de vous.
Rédigé par : Véronique | 15 mars 2007 à 07:37
Je suis d'accord avec vous, Ségo. C'est par une vision humaniste et réaliste que nous vivrons mieux ensemble.
Allez encore un petit effort et nous y arriverons, je pense que l'Occident doit aider l'Afrique, l'Amérique du sud... et qu'il serait parfait pour tous que ces pays puissent enfin se développer dans le respect de leur culture.
Notre tout petit pays exigu en sortirait soulagé, les populations migrantes ne mourraient plus en cours de route et seraient heureuses d'éviter le traumatisme de changements si radicaux dans tous les domaines de leur vie.
Puisque nous sommes des pays riches, il ne faudrait pas hésiter à muter le gouffre financier que l'immigration génère en aide concrète à l'essor des pays fragilisés.
Que pensez-vous de ce point de vue que je pense bon pour tout le monde ?
Rédigé par : LEFEBVRE | 15 mars 2007 à 02:01
juste une petite rectification :
j'ai écrit précédemment : "finalement je crois que je préfère l'intégration au Karcher et aux Charters"
grosse erreur : je voulais dire " finalement je crois que je n'adhèrerai jamais à l'intégration au Karcher et aux Charters de NS "
ça m'apprendra à ne pas me relire
Rédigé par : Ségo | 14 mars 2007 à 23:00
Certes la question de l'immigration est très importante et mérite que les hommes et femmes politiques s'y attachent
mais on ne peut pas dire et faire n'importe quoi non plus
simplement NS est atteint actuellement de schizophrénie politique passant de l'homme de droite à l'homme de gauche puis de l'homme de droite à l'homme de l'extrême-droite
il est assez déconcertant comme candidat : changeant d'avis comme de chemise et draguant les extrêmes
je serais un électeur de droite : je ne saurais plus trop à quoi m'attendre avec un tel candidat
d'ailleurs au lieu de créer un minsitère de l'immigration et de l'identité nationale comme il le souhaite
je lui propose, à la place, un ministère de l'immigration et de l'intégration nationale
ça passera mieux dans l'opinion et surtout ce sont les 2 éléments clés du problème : une population d'immigrés bien intégrée ( ce qui demande des efforts des deux côtés que ce soit de celui de ces populations d'immigrés ou du nôtre )et c'est une population heureuse de vivre dans notre pays et beaucoup plus respectueuse de nos droits, devoirs et valeurs républicaines
a contrario une population d'immigrés mal intégrée et c'est toute la société qui en paye le prix : et c'est ce qui se passe en ce moment en France
arrêtons de monter les Français ( de toutes origines ) les uns contre les autres : ça ne mène qu'à la haine et au rejet de l'autre
Pour certains : ce sera une vision un peu trop idyllique de notre société, pour d'autres ce sera une vision de bobo socialiste ou que sais-je
mais en tout cas c'est la mienne et pas celle de NS : encore un point qui nous différencie ( un de plus )
finalement je crois que je préfère l'intégration au Karcher et aux Charters
d'ailleurs j'ai une question : qui porte le plus atteinte à l'identité nationale ?
la famille sénégalaise dont les enfants sont scolarisés et dont le père travaille mais qui ne sait pas très bien parler le français
ou la famille ( 100% " bien de chez nous ") dont le père de famille, parlant très bien le français et travaillant en usine, passe à tabac sa femme tous les soirs sous les yeux de ses enfants ?
Rédigé par : Ségo | 14 mars 2007 à 19:58
... et la "une" de France-Soir d'aujourd'hui ?...
"Sarkozy...cide" ???...
Rédigé par : Mélano | 14 mars 2007 à 08:42
SARKOZY oublie 50 ans de construction européenne. Beaucoup de destins européens se sont formés de par la libre circulation et la libre installation. La création d'un ministère de l'Immigration et de l'identité nationale est contredite par la Charte des Droits Fondamentaux, officiellement proclamée à Nice en 2000.
Chapitre III - Egalité
Article 20
Égalité en droit
Toutes les personnes sont égales en droit.
Article 21
Non-discrimination
1. Est interdite, toute discrimination fondée notamment sur le sexe, la race, la couleur, les origines ethniques ou sociales, les caractéristiques génétiques, la langue, la religion ou les convictions, les opinions politiques ou toute autre opinion, l'appartenance à une minorité nationale, la fortune, la naissance, un handicap, l'âge ou l'orientation sexuelle.
2. Dans le domaine d'application du traité instituant la Communauté européenne et du traité sur l'Union européenne, et sans préjudice des dispositions particulières desdits traités, toute discrimination fondée sur la nationalité est interdite.
Article 22
Diversité culturelle, religieuse et linguistique
L'Union respecte la diversité culturelle, religieuse et linguistique.
http://ec.europa.eu/justice_home/unit/charte/fr/charter-equality.html
Rédigé par : unionsbuerger.de | 14 mars 2007 à 06:50