Le dernier Journal du Dimanche (JDD) fait état des résultats d'un sondage en matière d'insécurité. Loin de constituer un paradoxe comme on l'a trop vite prétendu, il montre que l'opinion publique a au contraire une perception très fine de ce phénomène préoccupant qui est venu se ficher en plein coeur de la campagne présidentielle.
En effet, une majorité estime que la situation s'est dégradée depuis les cinq dernières années et, dans le même mouvement, fait le plus confiance à Nicolas Sarkozy pour garantir la sécurité des personnes et des biens. C'est l'alliance contrastée de l'impossible réussite d'une politique pénale et de la force symbolique d'un langage de vigueur et de rigueur.
En ce qui concerne le candidat de l'UMP, il est inutile d'insister sur sa volonté affirmée d'emblée d'instiller dans l'esprit public, par des mots choisis, la certitude que l'inspiration politique a délaissé la complaisance pour la responsabilité. Ainsi qu'une explication sociale de la délinquance pour une analyse replaçant la liberté de l'individu au centre du débat. Le Je cesse d'être noyé dans le Nous et le singulier n'est plus étouffé par le pluriel.
On verra, pour Ségolène Royal, à quel point les mots ne sont pas vains et comme ils peuvent détruire ou fonder une adhésion citoyenne.
Revenir sur le sentiment d'échec suscité par le constat des quelques années écoulées est en revanche nécessaire, tant il convient d'éclairer les tenants de cette thèse sommaire selon laquelle on pourrait éradiquer les délits et les crimes comme une mauvaise herbe et n'avoir plus à s'en soucier ensuite. Je caricature à peine.
Quelles sont les raisons qui justifient le pessimisme sur ce plan, même quand l'action des forces d'autorité et de contrainte semble la plus cohérente et la mieux assurée ? J'en perçois au moins deux qui rendent inéluctable, dans notre quotidienneté, la commission de transgressions plus ou moins graves, plus ou moins traumatisantes.
La première, c'est que, s'il existe encore une gauche angélique, elle a tort. Il y a plus qu'une répugnance, presque un dégoût de nous-mêmes, à accepter l'évidence sombre que la nature humaine - pour la minorité qui vole, fait mal ou tue -, est le principal moteur de ce qu'elle est amenée à accomplir. Le flot du pire ne pourra pas être arrêté brutalement, tout au plus un temps canalisé. Parce qu'une politique, aussi efficace soit-elle, n'a aucune prise sur les fors intérieurs et la propension à la malfaisance. Il y aura toujours, dans le rapport que cette minorité entretient avec autrui, le risque constamment renouvelé du lucre, de la malhonnêteté et de la violence. L'être humain ne constitue pas une unité vivante susceptible d'être mise entre parenthèses et qui serait seulement le jouet d'une conjoncture parfois déstabilisante. Osons affronter la dure conclusion, même avec le désir d'une tolérance zéro, d'une réalité qui ne pourra jamais être zéro. Même si la droite d'opposition ne s'en est pas privée, peut-être convient-il aujourd'hui de mettre un terme à ce compte absurde qui rendrait un ministre de l'Intérieur ou un garde des Sceaux responsables de ce qui ne dépend pas directement d'eux. Pour le premier, il doit être jugé sur un élan, une impulsion, un langage et la compréhension mise au service de la majorité qui se tient du bon côté de la loi.
La seconde, c'est que dans son application, une politique pénale exemplaire exigerait, à tous les niveaux de son exercice, une cohérence et une solidarité sans faille, un regard identique, une même volonté, une philosophie commune. Force est de relever qu'entre la police et la justice, l'écart au contraire est tel que la qualité des textes est altérée par la dissemblance des pratiques. Au sein de la magistrature elle-même, c'est une banalité que de souligner les divergences impressionnantes dans la manière de juger parce que, pour faire court, les uns se servent de la justice tandis que les autres la servent. Pour les uns elle est une arme, pour les autres une protection et un dû pour le citoyen. Une police souvent plus entravée qu'aidée, des magistrats divisés, un lien médiocre entre la première et les seconds, une telle configuration déj interdit une pleine réussite de l'action répressive.
Alors, on a les mots, on n'a que les mots. Mais ils prennent une importance démesurée. Et Ségolène Royal qui dans le domaine de la sécurité, semblait être, grâce à sa personnalité, en phase avec le bon sens devrait davantage s'en préoccuper au-delà des polémiques politiciennes.
Un détail à la fois rassurant mais qui intrigue. Elle a raison d'affirmer "qu' un adversaire politique n'est pas un ennemi, c'est un partenaire du débat démocratique" mais pourquoi a-t-elle, il y a quelques semaines, si l'information est exacte, refusé de serrer la main d'une femme d'un parti opposé au sien ?
Sur le fond, en répliquant à Nicolas Sarkozy qui avait accusé la gauche d'être du côté "des émeutiers" et des "fraudeurs" de la gare du Nord, la candidate socialiste a déclaré - je cite des extraits - "...quand les jeunes commencent à dénigrer la police, ou réciproquement,...ce qui est inquiétant, c'est qu'il y ait une telle rupture entre les citoyens et les professions en uniformes... ce qu'il faut, c'est rétablir le lien de confiance entre les grands services publics que sont la police, la justice, la gendarmerie et les citoyens. Voilà ce que c'est qu'une République, c'est le lien de confiance."
Le constat n'est pas faux même s'il élude, à mon sens, la question principale sur cette crise de confiance. Pour la police, qui pourrait nier que son implication nécessaire et bienfaisante dans la vie sociale est de plus en plus difficile à assurer ? Que le citoyen n'ait pas immédiatement une adhésion forte pour cet appareil de contrainte se comprend aisément. Le Français exagère qui veut le fonctionnaire de police, en même temps, à sa disposition et comme cible. Certes, autant notre police est globalement remarquable dans ses missions d'interpellation - en dépit des difficultés et de la dangerosité de celles-ci, les forces de l'ordre savent demeurer exemplaires -, autant dans la vie quotidienne, dans les rapports tranquilles qu'un citoyen doit pouvoir nouer avec les gardiens de "sa paix", on a le droit de souhaiter plus de politesse républicaine, davantage d'urbanité professionnelle. Les citoyens ne sont pas des ennemis et si certains sont des adversaires déclarés et agissants de la police, la plupart n'attendent que d'être traités comme il convient dans une société démocratique. C'est quand il n' a rien à se reprocher que le citoyen est parfois perçu comme un coupable par une police tendue et crispée parce qu'elle s'imagine sans cesse vituellement détestée. On n'en sortira pas si on ne se rappelle pas qu'on est en paix et que nous sommes membres d'une même communauté.
Au-delà de cette évidence, je voudrais attirer l'attention sur ce que les propos de Ségolène Royal peuvent avoir de subtilement dévastateur pour l'estime due aux grands services publics qu'elle évoque. En effet, placer sur le même plan la police et les jeunes gens qui la dénigrent, mettre en cause les modalités des interventions de la première, comprendre les motivations des seconds, refuser toute condamnation nette des dérives et des transgressions, c'est précisément accentuer la dissolution de la relation d'estime et de confiance qu'on affirme vouloir instaurer ou restaurer. Cette dernière n'a une chance d'exister que si aucune complaisance n'est prodiguée à l'égard de la minorité qui, spéculant sur la démagogie politique et la mansuétude judiciaire, s'en donne à coeur joie pour semer le désordre et perpétrer des infractions. En faisant généralement masse pour échapper à toute incrimination personnalisée.
On est revenu au coeur des mots. C'est d'abord avec un même langage et une résolution collective accordée sur l'essentiel que l'on parviendra à redonner sens et légitimité à ces "fondamentaux" de la démocratie que sont en effet, le respect des services publics et la considération du citoyen.
Quand on a les mots, on a beaucoup. Encore faut-il qu'ils ne disloquent pas symboliquement la République au lieu de la rassembler.
Plutôt que la vérité partielle du parti, que les responsables, pour une fois à l'unisson, assument le parti de la vérité.
Il est toujours utile de relire Alain et en particulier lorsqu'il s'agit du rapport du citoyen avec l'Autorité.
Il recommandait l'obéissance méprisante. Obéissance parce qu'il s'agit d'une autorité et mépris parce qu'il s'agit d'une autorité.
C'est le seul moyen de rester libre.
Rédigé par : vincent campion | 06 avril 2007 à 15:51
A Lefebvre,
"Voici un bref aperçu de mon lieu de résidence"
Vous n'êtes pourtant pas très loin d'une "Cité radieuse"!
Rédigé par : dab | 05 avril 2007 à 13:14
Une voiture de pompiers aurait essuyé un coup de feu à Uckange (Moselle)
Le 02/04/2007 à 23:18
Un véhicule des sapeurs-pompiers de Moyeuvre-Grande (Moselle) a, selon toute vraisemblance, essuyé un coup de feu lundi vers 20H20 à Uckange (Moselle) alors qu'il rentrait d'une intervention, a-t-on appris de sources concordantes à Metz.
La vitre latérale gauche du véhicule a éclaté sous l'impact d'un projectile mais les trois occupants, un sapeur-pompier et deux infirmières, n'ont pas été blessés, a indiqué la préfecture de la région Lorraine.
Le coup de feu a pu être tiré avec un revolver à grenaille d'une voiture qui a croisé le véhicule tous terrains des pompiers près d'un rond-point, a indiqué le Centre opérationnel départemental d'intervention et de secours (Codis) de Metz.
Le chauffeur de la voiture de secours a vu l'un des deux occupants du véhicule de tourisme, une Renault Clio blanche, tenir une arme de poing avant l'éclatement de la vitre, a-t-on ajouté de même source.
Les pompiers venaient de l'hôpital de Thionville (Moselle) où ils avaient déposé une personne victime d'un malaise grave et rentraient au dépôt.
Leur véhicule été immobilisé au centre de Moyeuvre-Grande où il était examiné en soirée par des techniciens de l'investigation criminelle de la gendarmerie.
Le préfet de Lorraine, Pierre-René Lemas, a demandé aux gendarmes de "faire le maximum" pour retrouver les auteurs du coup de feu présumé qui ont réussi à prendre la fuite, a précisé la préfecture.
article paru sur Orange.fr
Voici un bref aperçu de mon lieu de résidence pour ceux qui auraient des doutes sur mes mots, pour rester dans le sujet et qui pensent que j'ai une vision noire de la réalité.
Rédigé par : LEFEBVRE | 04 avril 2007 à 20:49
@ catherine A.
En effet, il s'agissait de Mme de Panafieu qui avait pris à partie Mme Royal dans une émission politique suite à la vraie fausse affaire de la traduction en Israël lancée par l'UMP
Mme Royal a eu raison de ne pas serrer la main à cette dame qui avait repris à son actif la polémique grotesque de l'UMP sur un sujet qui, par son côté dramatique, ne mérite certainement pas de telle polémique affligeante
Pour en revenir au sujet, les mots conservent une importance considérable de surcroît en période électorale
De la "bravitude" à la "racaille" en passant par l'identité nationale, il me semble que les hommes et femmes politiques doivent peser chaque mot avant de les utiliser
Un homme politique ne peut pas traiter les jeunes de banlieue de racaille et encore moins parler de "karcherisation"
oui les mots ont une importance notamment quand ils sont utilisés par des hommes et des femmes qui veulent accéder à la présidence de la république
alors certains estimeront cela comme pas très important
mais pourtant j'ose espérer que le vainqueur saura, au cours des 5 prochaines années, s'exprimer avec toute la retenue qu'impose un tel poste
et ne pas exploser à la moindre contrariété
Je ne vise personne mais un candidat me paraît un peu trop "excité" pour pouvoir accéder à la présidence de la république
et d'ailleurs dans le choix de ses mots, il éprouve quelques difficultés
d'ailleurs son plus grand soutien (sic) Mme Veil s'est réveillée avec la "gueule de bois" au lendemain du fameux ministère de l'immigration et de l'identité nationale
... et oui le choix des mots : c'est pas sa plus grande qualité à Mr ...
Rédigé par : Ségo | 04 avril 2007 à 20:28
Le sondage que vous citez renforce mon opinion, plusieurs fois exprimée ici, que NS a davantage porté son attention sur le sentiment d'insécurité que sur l'insécurité elle-même. Alors qu'en 2002, des villageois, qui n'avaient jamais vu un banlieusard, tremblaient à l'idée du déferlement de hordes hurlantes rien qu'à regarder TF1, il apparaissait bien que l'action politique porterait sur la peur de la délinquance. Et c'est tant mieux, parce que c'est rudement plus facile !
Les mots et les postures ont tenu lieu de politique. Et, au bout du compte, NS n'a pas eu tort : la très grande majorité des citoyens n'est pas confrontée à la délinquance et ne juge de son évolution que par ce qu'on lui en dit.
Cela dit, lorsque vous caricaturez de votre propre aveu la position de ceux qui jugent sévèrement le bilan de NS, voudriez-vous vous reporter aux déclarations du même NS : la karchérisation promise n'a pas eu lieu, la racaille prospère, des émeutes sont apparues, les violences aux personnes ont augmenté. Fallait voir comment Matamore allait réduire les méchants à merci ! Fallait l'entendre promettre le rétablissement de l'ordre républicain !
Je vous sais gré de reconnaître que la police doit modifier son rapport à la population et ne plus, comme je le disais ici aussi, considérer le reste du monde comme hostile. Car, sans cet effort, la police ne disposerait plus d'aucun soutien et, sans partager l'objectif des casseurs, le citoyen lambda serait tenté de renvoyer dos à dos casseurs violents et policiers antipathiques.
Pour apporter une précision sur l'affaire de la gare du Nord, il convient de savoir que les premiers heurts ont opposé des jeunes à la police ferroviaire, dont j'ai dit ici la mentalité déplorable. Les CRS sont arrivés plus tard et ont rétabli l'ordre que leurs collègues avaient contribué à défaire.
Rédigé par : Jean-Dominique Reffait | 04 avril 2007 à 10:28
La force des mots : un exemple, ce "racaille" non pas lancé spontanément par Sarkozy mais repris au bond après qu'une habitante de la cité l'avait crié de sa fenêtre. Quel tollé. Et pourtant comment appeler ceux qui pourrissent la vie de tout un quartier, y font régner la terreur. Pourquoi cet effarouchement alors que les jeunes des cités emploient eux-mêmes si souvent "caillera". Mais les mots ne sont ni neutres, ni objectifs ; chacun de nous les reçoit au travers du prisme de sa culture, de son milieu, de ses choix de vie et de ses préjugés mais chacun, pour peu qu'il possède une certaine habileté, peut aller vagabonder dans les territoires qui ne sont pas les siens pour y faire une pêche aux mots démagogique et superficielle ; se mettre ainsi à parler "djeun" jusqu'à la caricature formidablement incarnée par un Jack Lang - mais il n'est pas le seul. Les mots vous avez raison donnent à qui sait les manier force et pouvoir. Raison de plus pour ne pas les utiliser à tort et à travers. Ce pouvoir, j'ai envie de dire hélas, s'installe dès l'école. L'enfant qui parle bien bénéficie d'un a priori d'intelligence alors qu'il ne s'agit finalement que d'un dressage culturel. Mais ceci est une autre histoire... Catherine A.
ps : pour votre info, S.R. a bien refusé de serrer la main de Françoise de Panafieu, les télés ont montré en direct son "je ne vous salue pas, Madame" dans le hall d'un hôtel, en Israël me semble-t-il.
Rédigé par : catherine A. | 04 avril 2007 à 09:41
En passant... rapidement... un sondage a été fait par le syndicat Alliance, syndicat du corps des gardiens de la paix; il apparaît d'une manière surprenante pour les médias... (eh oui encore eux...) que la police est majoritairement appréciée par la population...
Pourquoi cette surprise de la part des médias ???
Oui je sais.. je suis obstinée et même têtue en ce qui concerne la qualité de l'information en France mais quand on voit Julien Dray dire que le fossé entre la population et les citoyens est immense, il devrait dire à la place du mot citoyen le mot délinquant... ou politicien :-) cela conviendrait mieux...
m'enfin... vive la France et vivement la fin de ces élections... Je n'en peux plus !!!
Bonne journée à vous Mr Bilger.
Rédigé par : marie | 04 avril 2007 à 09:03
Le grand responsable à mes yeux est l'inconscient collectif chargé de psychanalyse, de trostkisme, de soixante-huitisme maoïste, de sociologie de commande, de culpabilité post seconde guerre mondiale, de sous-estime, de lois liberticides modifiant le comportement.
Il y a certes de bonnes évolutions que je ne rejette pas comme une élévation morale, un plus grand souci de l'autre, une remise en question personnelle. Pourtant ces bons sentiments qui me siéent sont notre perte. On ne peut réalistement gommer le monde, l'extérieur ou le rendre onirique. Si toutes ces belles valeurs, que j'approuve, ne sont pas universelles, globales, elles ne peuvent fonctionner. Nous sommes en train de nous suicider par bonnes ondes, nous serons donc des "morts' auréolés d'un émotionnel riche, des morts qui sont humains, qui ont raison, bonne consolation.
Il suffit d'un loup dans la bergerie pour en briser la quiétude. Nous avons tout bonnement oublié que nous ne vivions pas sur "le village dans les nuages".
La délinquance et la criminalité ont toujours existé et existeront pour l'éternité, cela ne fait pas plaisir à grand-monde, mais c'est ainsi.
Le langage et sa précision, au mieux de nos capacités, sont les maux des nos mots et non, les mots de nos maux.
Nous n'avons jamais été aussi stressés, dépressifs que depuis que ces termes sont rentrés dans le verbiage vulgaire. Rendez conscient à votre esprit, par exemple, en exercice cette simple citation de Saint-Exupéry : "Seul l'inconnu épouvante les hommes". Vous allez alors être attentifs à cette grande vérité et votre vie va être "pourrie" de cette conscience aiguë, car des changements, nous avons tout le temps. C'est le prix de notre évolution et de notre mode de fonctionnement.
Nous vivons à l'ère du déni. Ainsi, nous ne faisons plus la guerre, nous réglons un contentieux diplomatique.
Il n'y a plus de clochards, mais des SDF, plus de femmes de ménage, mais des techniciennes spécialisées de surface, plus de cohabitation, de voisinage, d'intégration, d'assimilation, mais du vivre ensemble, plus de générosité, mais du lien social, plus de langage, mais de la communication et surtout plus de délinquants et de criminels, mais des jeunes.
À force de réformes, de progressisme forcené, nous n'assistons plus à une avancée, mais bien hélas à une grande perte de repère donc une régression. Dans notre volonté de défaire, d'être créatifs, nous bougeons sans arrêt, sans nous donner la "peine capitale" de la réflexion. Je fais ce jeu de mot simple puisqu'il semble que ce soit le seul individualisme qui soit devenu. Amusez-vous à penser hors des clous et vous serez immédiatement écrasés.
Rédigé par : LEFEBVRE | 04 avril 2007 à 02:10
Écrire , dire , c'est descendre dans la fosse du souffleur pour apprendre à écouter la langue , respirer là où elle se tait , entre les mots , autour des mots , parfois au coeur des mots ...
L'art d'écrire ou de dire se situe dans l'intervalle , mince comme la peau , qui sépare la vie du mensonge ...
Je n'entends toutefois guère chez votre " champion" comme chez S.G ou les autres de mots raisonnables pouvant m'amener au calme et à la confiance .
Ils ne prononcent , à mes oreilles , que des " mots en l'air" et je sais , prudent et averti , que ces mots retombent toujours !
J'ai des "mots de tête" à les écouter ou tout au moins en " tête" en les écoutant : de grandes phrases avant qu'ils ne soient élus , des petites pendant leur mandat et des grossières après ...
Mot d'esprit , es-tu là ?
Rédigé par : Parayre | 03 avril 2007 à 18:18
"Quand on a les mots, on a beaucoup."
...On a l'essentiel et votre blog, l'émergence foisonnante, exubérante des blogs sur le net, apporte chaque jour la preuve que celui qui manie les mots, celui-là détient le levier qui va pouvoir lui faire soulever le monde... Là est la grande, essentielle, mortifiante inégalité, entre ceux qui ne possèdent que quelques centaines de mots de vocabulaire et les autres...L'inégalité n'est pas dans le diplôme de l'ENA ou autre grande école, elle est dans le parfait maniement de la langue qui peut soit opprimer, souvent, soit libérer, trop rarement...
Pourquoi Le Pen, malgré la répulsion qu'entraînent ses idées, fascine-t-il autant certains, si ce n'est par le discours mis au service d'une idéologie pourtant nauséabonde ?... Pourquoi Ségolène Royal a-t-elle du mal à convaincre, si ce n'est par la pauvreté de sa réthorique... Pourquoi de Gaulle, Mitterrand et Pompidou ont-ils été de grands hommes politiques si ce n'est par leur impeccable maîtrise de la langue et des mots ?
Je suis, au soir de ma vie, encore et toujours fasciné par l'éloquence, le coulé de la phrase, la fluidité du style et je me dis que cette jeunesse qui ne connaît que les paroles des chansons de la Star ac est une jeunesse qui un jour sera humiliée par ceux qui posséderont et dompteront les mots qui l'asservira ...ou la libérera...
Rédigé par : sbriglia | 03 avril 2007 à 16:36