Docteur, je ne me sens pas bien. On l'a prononcée souvent, cette phrase. On ne sait pas exactement ce que l'on éprouve mais on ressent une gêne, un malaise, une difficulté d'être. Pour la France, c'est pareil. Pour une France en tout cas. Elle a mal au coeur, une crise à l'âme et cela empire.
Cela fait déjà plusieurs jours que j'ai envie d'écrire sur cette souffrance mais je retarde encore quelques secondes ce moment pour faire un sort à deux appréciations récentes, politique et judiciaire. François Bayrou d'une part, qui déclare que les Français sont profondément logiques alors que les cohabitations d'hier ont montré le contraire et qu'on pourrait craindre qu'une volonté affichée d'union nationale soit, par paradoxe, brisée net aux prochaines législatives. Les Français ne sont pas logiques mais adorent mettre dans l'ordre de la politique le désordre de leur vote.
A la suite de l'acquittement de Jérôme Verrando d'autre part, Me Gilbert Collard, conseil des parties civiles Leschiera, a osé déclarer , je cite de mémoire, que cet arrêt criminel était une honte pour l'institution judiciaire. Je tiens pour rien qu'une possibilité d'appel existe encore. Ce qui me scandalise, c'est qu'un avocat méconnaisse à ce point l'indépendance, l'intelligence et la qualité du jury populaire qu'il puisse ainsi s'autoriser une phrase définitive, absurde et insultante sur une décision de justice. Certains avocats devraient savoir résister à la tentation de la parole à tout prix.
Mais ce n'est pas l' essentiel. Une France ne se reconnaît plus dans son pays et il me semble que nous mesurons mal l'ampleur du traumatisme.
C'est à nouveau, dans le Monde, un remarquable reportage de Luc Bronner à Creil (Oise) qui a sollicité mon attention. Annoncé en première page sous le titre "Peur, sentiment d'humiliation : le terreau du vote Le Pen", ce document, avec une stupéfiante économie de moyens et une honnêteté absolue, communique le ressentiment de ces "petits blancs" - retraités, employés, ouvriers - qui ont l'impression "de devoir baisser la tête ou modifier leur propre comportement face aux immigrés". Cette révolte incrimine surtout la gauche, "accusée de privilégier les immigrés sans papiers et de se désintéresser de leurs difficultés de pauvres Français". Le vote des personnes entendues par Luc Bronner choisira clairement Jean-Marie Le Pen comme barrage contre la peur.
Pour concerner quelques habitants de Creil, on aurait tort de minimiser l'importance de ce phénomène et l'intensité de cette angoisse. Il me semble que ce reportage est emblématique d'une sorte de lassitude vindicative qui imprègne beaucoup de nos concitoyens résidant ou non dans des quartiers dits " difficiles".
C'est d'ailleurs l'une des caractéristiques impressionnantes de cette fronde au quotidien qu'elle dépasse, et de très loin, le constat sur la dégradation de la vie dans des lieux objectivement sacrifiés ou délaissés. Elle se rapporte bien davantage à l'évidence d'un sentiment de méfiance et d'étrangeté, dans tous les sens du terme, qui pourrit le coeur et la tête. Celui-ci tient à l'insécurité, à l'Europe qui a fait de la France "une passoire", aux transports en commun où on change de parcours pour éviter "bandes" et "racailles", au trucage des chiffres qui sous-estiment le chômage et la délinquance, à tout ce qui façonne, structure ou détruit une vie sociale. Le malaise n'est plus enclos dans les murs d'une cité où les maux sont insupportables mais limités. Il touche le lien de l'habitant avec son pays, du citoyen avec la politique, de l'usager avec les services publics, de l'homme avec l'humanité proche. C'est le rapport au monde qui est atteint. C'est la confiance en demain qui est blessée. C'est autrui qui devient indésirable.
Certes, ces "petits blancs" se disent envahis par les Maghrébins et les Noirs mais ce serait trop commode que d'étiqueter cette sensation de surabondance et en retour, de dépossession, sous la seule appellation de racisme. En ce sens, rien ne me paraît plus contre-productif que cette morale et ces phrases toutes faites qui prétendent guérir par des pétitions de principe une douleur civique profonde, un exil intérieur. Lorsque Robert Badinter se contente de souligner que la présence de Jean-Marie Le Pen au second tour le 6 mai serait une catastrophe pour la France et que l'immigration dans son principe est une chance, il fait plaisir à son humanisme mais ne répond à rien. Il faut d'abord prendre en charge cette détresse avant de la juger peu républicaine. Ce n'est pas de politique classique qu'elle a besoin mais d'une psychanalyse sociale qui tranquilliserait sans mépriser, remettrait le pays en état de marche et de confiance, les esprits et les coeurs dans le bon sens d'une reconquête. Ce pays est le leur, la France est faite de mille paysages mais ils ont le droit de voir respecter leur conception de la familiarité et de l'urbanité.
Qui peut dire en toute bonne foi, qu'il n'a jamais été, même symboliquement, sur la même longueur d'inquiétude et d'étrangeté que tel ou tel habitant de Creil ? Je me souviens d'un retour de soirée très tardif vers l'avenue de Clichy, et de mon impression, non d'avoir affaire à des étrangers réunis en petits groupes glissant dans l'obscurité, mais de m'être perçu moi-même comme étranger dans ce quartier, une inquiétude sans cause et une peur sans motif coulant dans mes veines. Rien objectivement ne me menaçait et pourtant un trait de temps, tout m'a semblé menace. J'ai tenté de réfléchir sur cette expérience et sans doute est-ce la cause fondamentale de ma compréhension pour ces "petits blancs", "pauvres Français" que ma vie professionnelle m'a aussi permis de connaître.
Votant demain en faveur de Jean-Marie Le Pen, ils s'égareront eux-mêmes. Non parce qu'ils n'en auraient pas le droit ou que Le Pen, inscrit et accepté dans l'espace démocratique, deviendrait forcément un ogre casqué et botté mais parce que celui-ci, quoi qu'il s'en défende, demeure dans le registre politique classique quoique extrême et ne changerait rien à ces graves troubles de l'identité individuelle et collective.
Lorsqu'on a eu la chance de lire ce dense et terrible reportage, j'ose avouer la compassion qui vient naturellement au coeur. Je suis surtout frappé par le décalage considérable entre les propositions et l'action prévisible de la classe politique et cette impalpable, diffuse et indéracinable tristesse de vivre dans cette société, cette mélancolie aigre installée dans les profondeurs de l'être. La politique dispose d'un pouvoir mais celui-ci sera impuissant devant l'évanescent douloureux et amer, le stress civique, faute de pouvoir même les saisir.
D'autres problèmes , notamment sur les plans économique, financier et international, vont requérir le talent et l'énergie de nos futurs gouvernants mais que Nicolas Sarkozy et Ségolène Royal ne s'y trompent pas, une France qui ne se sent pas bien mérite une approche, un regard, une médication qui devront sortir des sentiers battus de la politique. Celle-ci pourra, par son intervention sociétale, partiellement apaiser les difficultés d'être en communauté mais la guérison exigera une invention et une finesse incomparables.
Laissons à la porte les gros sabots usuels. Comme Georges Simenon l'a fait dire au commissaire Maigret, il va falloir raccommoder des destinées humaines. Toucher avec délicatesse l'âme de la France.
Qui en est capable parmi nos douze prétendants ?
Mustapha,
Je vous comprends bien aussi et de façon positive ;).
Vous aussi, vous avez touché et en plein coeur.
C'était bien ce temps où nous étions simplement français ne se défiant pas de nos particularismes, où il n'y avait pas les sos racisme et autres fabriquants de discordes organisées. Nous nous apprécions mutuellement parce que nous aimions la même musique, qu'un tel jouait bien au foot ou appréciait la littérature... Nous ne nous aimions pas pour des faits similaires. La couleur de peau, la culture, la religion n'entraient pas en ligne de compte.
Le 11 Septembre fut un énorme bouleversement pour nous tous.
Il faut remiser les religions dans la sphère privée avec l'application stricte de la sphère privée, nous unir à nouveau autour de l'idée d'une République une et indivisible. Que les patrons et les bailleurs fassent un effort contre la discrimination comme il faut aussi enlever l'irrespect des lois dans les quartiers, les bandes ethniques qui font du tort à tout le monde, ne pas laisser le confit israélo-palestinien prendre une si grande place. Avec du temps et des efforts communs, tout ceci peut s'appaiser.
Voyons si c'est encore possible... attendons déja de voir ce qui va se passer après le second tour.
Merci pour votre belle ouverture d'esprit et de comprendre aussi ce que je peux ressentir.
Rédigé par : Ludo Lefebvre | 29 avril 2007 à 03:01
Touché. Oui, vos positions sont parfois fortes, et peuvent en effet peiner mais on devine qu’on les doit à la peine que vous-même éprouvez pour la France un peu déboussolée de ce début de siècle. Je ne résiste pas à un petit emprunt au grand Charles (très respectueusement je vous le promets et dans ce contexte précis), je vous ai compris :-)
Rédigé par : mustapha | 28 avril 2007 à 21:36
Non, Mustapha, vous avez raison, les problèmes ne sont pas uniquement dus à l'immigration et à l'incompatibilité entre la pensée musulmane et celle des lumières.
Elle est due aussi à l'ingérence des politiques et pas simplement dans ce domaine, à une promesse de caste pressentie par la mondialisation et mille autres conjonctures dont Mahomet est totalement absent.
Il y a des moments comme cela dans l'Histoire où plus rien ne s'emboîte, où les connexions sont rompues.
Paris est déjà devenu un musée pour touristes américains et russes. Il ne manque plus que des figurants avec un béret basque et une baguette sous le bras. On y viendra...
Notre de Gaulle national avait le nez creux dans tellement de domaines.
Ce que j'ai écrit, dans d'autres posts, a dû vous faire de la peine, à vous, à d'autres. J'en suis conscient et ça me navre d'autant plus que les individus ne sont pas responsables des textes et des politiques menées.
Je crois important de s'exprimer aussi sur ces points malgré tout. Déjà pour donner son avis, puis pour que nous ne soyons plus collectivement malades du non dit. C'est comme cela que, peut-être, nous trouverons une solution avec un peu d'humanité.
Rédigé par : Ludo Lefebvre | 28 avril 2007 à 15:38
J’ai fait l’inverse, Marie : j’ai survolé le billet de notre hôte et par contre lu tous les commentaires. Résultat des courses le pessimismo-mètre est au plus bas et je suis tenté par un Xanax ou alors par … l’émigration (sic), euh … mais au fait vers ou ? Retour au bled ? Je ne tiendrai pas quinze jours !
Je rassure au sujet du Xanax, je n’y ai pas accès, juste un petit coup d’emphase pour souligner un malaise bien réel et puis, après ce que j’ai appris dans ces mêmes colonnes sur la France et sa consommation d’anxiolytiques, ce n’est pas de très bon goût. L’autre alternative par contre, je la considère sérieusement, par ego, par lassitude, par manque d’horizon autre que bouché. Oh, je me rends bien compte que je prête le flanc a une tirade facile, du style « mais qu’est ce que vous attendez ?? Bon vent !», mais ce n’est évidemment pas aussi facile, parce que nous avons finalement tous une ou des histoires qui nous lient à ce pays, pour s’en défaire il faut être sacrément balaise ou insensible car ces liens, ces histoires, ne sont pas qu’économiques, et puis le déracinement quand vous avez connu une fois, vous n’avez pas envie de recommencer de sitôt en général …
Du coup à travers mon petit prisme, je gage que si les musulmans français, allez faisons large, musulmans résidents en France, lisaient ce que pensent certains français non-musulmans d’eux, ils se sentiraient mal eux aussi … Pourtant, à la manière de la marionnette de Ben Laden sur Canal + : « y-z-ont la belle-vie : l’appart 5 pièces cuisine, le RMI, les assistantes sociales, Fleury-Mérogis et d’autres établissements respectables du même genre, ils manquent de rien… » Et pour couronner le tout, ils ont la gauche dans la poche : « Cette gauche incurable avec son idéologie criminelle est complice » dixit Citoyen ignare. Avec ça on est bien partis, ça sent la success story.
Ces musulmans m’as-tu vu quand même… C’est peut être là que le bât blesse : au secours ! ILS SONT VI-SI-BLES ! Tant qu’ils se font des crasses entre eux ça va, mais alors s’ils viennent nous enquiquiner sous nos fenêtres rien ne va plus … Je remarque aussi que l’Islam a bon dos : il explique à lui tout seul la délinquance, le terrorisme et les mœurs rétrogrades.
Que faire alors ? « S’occuper d’abord des problèmes des Français avant d’en créer d’autres avec l’immigration incontrôlée (emploi et logements) qui nous coûte 50 milliards par an, c’est encore une vérité ». Fichtre ! Success story vous dis-je … Et puis, 50 milliards par an… J’aimerais vraiment connaître le calcul savant qui a permis d’arriver à ce chiffre. Plus loin, on apprend que c’est même 67 milliards selon la Tribune je crois, citée par Citoyen ignare … Serait-ce peut être parce qu’ « ils ont choisi de vivre dans des foyers SONACOTRA» hé oui, du coup, ils ont envoyé le reste au pays, c'est ça? Ils ont choisi. Vraiment Monsieur Lefebvre ? Ils avaient le choix ?
Soyons sérieux : de l’abus il y en a, des situations graves aussi mais la baisse de régime que connaît le pays est-elle due au seul problème de l’immigration ? Non, non, c’est vrai, il n’y pas que le problème de l’immigration, il y a aussi celui de nos élites, si nous avions «des décideurs de la trempe des Allemands ou des Scandinaves, ou même des Canadiens » mazette ! Que n’aurions-nous pas fait, nous serions une superpuissance c’est garanti !! La France n’a pas de pétrole, elle a des idées, mais aussi une vision du monde qu’elle ne partage pas avec l’actuelle superpuissance du globe, pensez-vous que la dite superpuissance nous laissera agir à notre guise ? Sommes-nous plus corrompus, moins efficaces que d’autres ? Je n’en ai pas l’impression, peut être ai-je tort, mais il me semble que nous attendons une sorte de messie pour nous sortir du marasme, tout en pleurnichant que les gens que nous portons au pouvoir sont finalement comme la plupart d’entre nous : des individualistes de plus en plus forcenés, repliés sur eux-mêmes, des hédonistes bercés par les sirènes du l’ultralibéralisme. Julian Barnes, dans son roman « England, England », décrit de manière drolatique une Angleterre devenue une sorte de gigantesque musée ; dans mes pires cauchemars c’est ce qui arrivera un jour en France, à choisir la crispation, le repli sur soi.
Rédigé par : mustapha | 28 avril 2007 à 08:32
Avant de lire tous les commentaires, je préfère laisser ma pensée se dérouler suite à votre post Philippe.
Je suis contente que vous évoquiez ce sujet qui me tient à coeur.
J'en parlais encore hier avec ma voisine-copine qui est d'origine algérienne.
Je lui parlais de ces personnes qui ne votent pas Le Pen parce qu'ils sont profondément racistes mais plutôt parce qu'ils en ont marre de cette injustice présente en permanence dans les banlieues et dans les médias.
La vie est ainsi faite ... va-t-on me rétorquer...
Toutefois, loin de leur ( = personnes qui votent FN) donner raison (contrairement à certaines personnes d'origine maghrébine), elle arrivait à comprendre que certaines personnes soient amenées à voter Le Pen afin de se faire entendre, de crier à l'injustice.
Ces personnes ont d'ailleurs échoué le 22 avril 2002 ...
Eh oui loin d'être le cataclysme (?) tant proclamé, la présence de Jean-Marie Le Pen lors de ce second tour n'a rien apporté dans la vie politique française et également dans les médias.
Tout ceux qui vivent cette injustice au quotidien (les délinquants sont des pauvres petits qu'il faut consoler... :-) ne peuvent l'accepter.
Que faire ? Comment réagir ?
Je vous avoue que la personne qui aura une réponse à toutes ces questions, je vote pour lui immédiatement. Malheureusement, en ce qui me concerne, je ne pense pas que le moindre politicien ait la solution ou un début de réponse...
Pour cela, je pense que les années qui vont suivre vont être très difficiles en terme de vie sociale, politique et économique.
La France est dans une mauvaise passe ...
Si vous avez une solution... Philippe n'hésitez pas à la donner.
Rédigé par : marie | 20 avril 2007 à 14:11
J'ai habité quelques années en haut de la rue de Dunkerque, c'est-à-dire sur le côté 9ème du boulevard de Clichy. Il est vrai qu'il suffit de traverser ce boulevard pour se trouver dans l'autre monde. J'ai trouvé le boulevard de Clichy peu agité cependant, c'est souvent rue de Clignancourt, rue Myrrha, boulevard Barbès, à Château-Rouge où je distribuais des seringues pour le bus "Médecins du monde" que je ressentis l'angoisse que décrit monsieur Bilger, que je vis des altercations avec les stoïques forces de l'ordre. Quelques mètres en amont, mon radar tripal sonnait le tocsin, je croisais ces bandes (il ne faut pas dire ethnique, alors faisons semblant qu'elles ne l'étaient pas) et invariablement venait la question ou la remarque de fond :
-Ouaich, qu'est ce que tu fous là, cousin ?
- T'as pas une clope ?
-Il est beau ton blouson... et la même réponse tantôt polie, tantôt excédée : -Désolé, je suis au RMI.
Pour ceux qui passent boulevard de Clichy, il y a le curé de Sainte Rita, qui tient un tout petit restaurant peu cher, convivial et sa paroisse juste en face du Moulin-Rouge, qui est un homme adorable.
Si les rabatteurs vous importunent pour aller boire un verre dans un de leurs établissements, répondez que vous êtes du quartier et ils vous laisseront en paix.
Rédigé par : Ludo Lefebvre | 18 avril 2007 à 18:19
@ Veronique
" Oui il est vraiment dommage que nos élites couardes s'ingénient à opprimer notre peuple et dilapider le potentiel de notre pays,.. "
Vous n'avez pas pu écrire cela, pour la bonne raison que c'est moi qui l'ai écrit.
Vous avez soulevé à juste titre l'inculture économique de nos élites...Nos élites ont un gros problème avec l'économie de marché et c'est bien là le drame de notre pays. La gestion hasardeuse dans tous les domaines, la dépense publique incontrôlée, le recours à l'emprunt pour assurer le fonctionnement confortable de l'Etat sans se soucier des réformes urgentes, laisser filer la dette, tout cela contribue a notre déclin de plus en plus rapide. De ce fait, une augmentation du chômage car la France n'a plus les moyens d'investir dans la recherche et les secteurs de pointe comme le font les autres pays.C'est la fuite en avant car la France continue les énormes gaspillages, qui pourraient être affectés à la recherche, la justice, la création d'emplois.
Etre au fait des réalités économiques n'implique nullement adhérer à toutes les absurdités. Il y a également les réalités a prendre en compte. Si nous étions comme les Allemands N° 1 mondial des exportations, je comprendrais mieux votre raisonnement, mais nous sommes NULS et ne pouvons pas nous payer le luxe de nous laisser envahir dans tous les domaines. Quand Le Pen propose de rétablir un minimum de contrôle des changes avec la Chine, comme le font les USA et les autres pays, ce n'est pas du protectionnisme absurde mais une précaution judicieuse pour rétablir l'équilibre et protéger nos intérêts. Le FMI vient d'imposer à la Chine de réduire sensiblement son excédent commercial avec l'Occident.
Rédigé par : Citoyen ignare | 16 avril 2007 à 21:38
Véronique,
J'ai dit tout ce que j'avais à dire sur l'immigration, l'Islam, les communautarismes, la dérive internationaliste des élites, notre culpabilité autodestructrice dans laquelle j'ai bien versé aussi pendant des années. Je suis en train de verser depuis quelques semaines maintenant dans une monomanie qui me déplaît. Tout cette littérature n'est pas la mienne. J'ai voulu comprendre après le 11 Septembre, j'ai ouvert des ouvrages religieux, historiques et autres, c'est alors que ma perception si proche de la vôtre a considérablement été bouleversée. Cette étude orientaliste, théologique est maintenant une parenthèse que je souhaite fermer pour retourner vers mes chères lettres. J'en ai eu une autre dans le domaine du Droit suite à mon histoire, j'ai fini un témoignage, je finis un essai et j'envoie le tout aux maisons d'édition, ce sera une autre parenthèse.
Mes romans et nouvelles que j'ai mis de côté pour ces deux apartés sont bien différents dans le fond comme dans la forme que ce que vous pouvez lire depuis quelques mois. Voici donc le mien de chemin, je ne suis même plus certain d'ailleurs d'accepter la proposition politique qui m'est faite (qui n'est pas au FN).
Je vais donc parler avec vous de ce que je pense économiquement de la situation : comme vous le savez, je suis un libéral modéré, un gaulliste de de Gaulle (ce n'est pas un pléonasme, mais une précision nécessaire). Je pense qu'un libéralisme permet la révélation des talents et compétences, l'aide de ceux qui ont les moyens innés de réussir, de s'offrir l'opulence vers les moins chanceux physiquement, intellectuellement. C'est ma grande démarcation d'avec le système économique socialiste qui égalitarise, qui nivelle.
Ceci dit, une politique entièrement libérale, internationaliste ne fait plus que se tourner vers les profits au détriment de la qualité, du service, du respect humain, elle déshumanise de plus aussi certainement qu'un système soviétique. Vous l'avez remarqué dès à présent lors de vos divers achats, ce ne peut être que pire dans ce sens continué. Il y a les délocalisations et nous ne pourrons jamais lutter avec les conditions salariales honteuses mais rentables des pays du sud-est asiatique. Ce n'est pas à mon sens en perdant tous nos potentiels d'offres, d'appels, de particularisme qualitatif dans un avalement par le modèle anglo-saxon que nous pouvons survivre aux monstres économiques.
Ce vers quoi nous allons ne va pas privilégier notre justice, notre politique, nos talents, nos chercheurs, notre qualité de vie, de production.
Ce sont les amoraux du commerce qui vont tout régir et le pire est à craindre. Le mien de libéralisme sera détruit parce que plus encore que maintenant, ce sera le népotisme, le corporatisme, l'inaccessibilité de la personne de bonne volonté qui seront maîtres.
Il n'est pas irréaliste de voir une coopération entre des nations libres et indépendantes européennes obliger un contrôle mondial du "tout- argent". Il faut laisser, en résistant, la place à des valeurs autres que mercantiles et même la priorité tout en gardant une prospérité. Il suffit que le protectionnisme soit entre Etats membres et pays autres dans une situation de rejet du monopole des multinationales.
Ce système ultra-libéral est très bien pour les dirigeants des grands groupes, mais risque de nous propulser en masse dans des castes économiques d'où nous ne pourrons plus jamais sortir. Ce qui ferme toute innovation, toute découverte de talent et qui va aspirer les couches aisées, moyennes et basses vers le même bas. Seule la poignée d'individus déjà en place prospérera et ce ne sont pas des rois avec la noblesse de coeur et leurs obligations, des chefs d'Etat avec un souci de gouverner et une abnégation pour leur peuple, ils ne donneront rien en contrepartie.
La France rayonne par sa médecine, le luxe, le tourisme, le domaine maritime et agricole, ce sont des secteurs qui n'auront pas à souffrir d'un léger renfermement, bien au contraire. Je pense enfin qu'en retrouvant un élitisme de compétence notamment au niveau de la recherche et des sciences, nous nous apporterons beaucoup et au reste du monde également par mimétisme ou ricochet.
Nous pouvons dire non comme de Gaulle le fit avec le machin, le tutorat américain d'après-guerre, la non-invitation à Yalta...
Rédigé par : Ludo Lefebvre | 16 avril 2007 à 17:51
@ Ludo
Ce que je refuse c’est une grille de lecture unique de la note de PB. Et c’est bien cet "en deçà de la politique et des opinions" et cette "lassitude vindicative à l'évidence d'un sentiment de méfiance et d'étrangeté, dans tous les sens du terme, qui pourrit le coeur et la tête" illustrés par l’exemple de Creil qui m’intéressent.
J’ai seulement essayé de dire qu’enfermer ce que dit Philippe dans la question de l’immigration confondue avec celle de l’islamisme et de l'insécurité et défendre la vision FN pour venir à bout de ce qui est dit dans la note, préparent à de grandes désillusions et à d’autres amertumes et désespoirs.
Je ne sous-estime pas ce que vous voyez à votre fenêtre. J’ai voulu dire que notre pays vit dans des illusions, notamment par son manque de maîtrise et de goût pour ce que sont le marché et le libre-échange. Ignorer ces questions pour ne mettre en avant que l’intégrisme religieux comme grille de lecture fabrique de l’utopie.
Je pense que ceci :
"C'est le rapport au monde qui est atteint. C'est la confiance en demain qui est blessée. C'est autrui qui devient indésirable."
qui ne serait interprété que dans la perspective du discours FN ou de tout discours politique qui ne théorise qu’en termes de protectionnismes de gauche ou de droite et de replis obsessionnels sur soi ne pourrait qu’aggraver notre inadaptabilité aux réalités irréversibles de la mondialisation. Le débat sur l'immigration n'étant qu'une composante de ce "sentiment de méfiance d'étrangeté."
@ Citoyen ignare
Il est tout de même surprenant que lisant vos commentaires, vous sembliez, d’une part, assez au fait des questions économiques et que, d’autre part, vous persistiez à défendre la vision protectionniste jusqu’à l’absurde du FN.
" Oui il est vraiment dommage que nos élites couardes s'ingénient à opprimer notre peuple et dilapider le potentiel de notre pays,.. "
Je n’ai pas écrit cela concernant nos élites. J’ai seulement souligné, qu’à mon sens, il y a une inculture économique dans notre tradition politique qui fait que nos débats politiques et de société restent irrémédiablement prisonniers des idéologies. Que ce soient celles de droite ou celles de gauche et des clientélismes qui vont avec.
Je pense que le modèle social français n’est pas adapté aux réalités d’une économie mondialisée. Et que l’absence de réformes structurelles dans ce domaine a contribué à créer des précarités qui attisent le sentiment d’étrangeté et non appartenance à une société. C’est sur ce terreau que prospèrent les peurs, les angoisses et les immobilismes.
Rédigé par : Véronique | 16 avril 2007 à 09:23
Djus
« Je ne suis pas sûr que la situation économique soit directement liée à la démographie ».
Vous avez raison de douter car c’est la démographie qui est directement liée à la situation économique d’un pays et bien sûr, du pouvoir d’achat de ses citoyens, ce qui est différent.
C’est d'ailleurs ce que vient de révéler une récente étude en Russie, qui démontre une baisse significative de la natalité depuis la chute du mur et l’effondrement du pouvoir d’achat des ménages. Ce qui est également le problème de l’Europe. C’est lié également au manque de confiance dans l’avenir. Pour la France, avec ses 1.9, en Europe, je crois également que c’est en grande partie la culture des 6 millions de musulmans immigrés qui assurent ce taux. Nos dirigeants sont incapables de tracer des perspectives claires, efficaces et surtout crédibles pour l'avenir du pays. Un éminent économiste et historien français nous apprend que le pouvoir d’achat des Français pourrait augmenter de 9000€ par famille et par an, sans que cela coûte un € au budget… Il y a environ 25 millions de familles en France, je vous laisse faire le calcul.
Vous dites que nos dirigeants ne sont pas incompétents…C’est pire que de l’incompétence, que de ne pas explorer cette piste, ainsi que beaucoup d'autres encore qui nous sont offertes non ? Toutes les grandes démocraties modernes, les anglo-saxons et scandinaves ont fait les reformes indispensables...Nous sommes plus idiots ?
Quand vous dites que NOUS vivons au-dessus de nos moyens, je suis désolé de vous dire que ce sont les incompétents corrompus qui nous gouvernent, qui vivent au-dessus de ce que le peuple français est en mesure de payer, ce qui est une différence fondamentale ! La caste des ENArques, que l'on retrouve toujours soit au pouvoir, soit à la tête des grandes entreprises nationales, qu'ils s'emprèssent de couler depuis 30 ans! Si ce n'est pas de l'incompétence, alors c'est pire, c'est criminel ! Le peuple de France paye l'addition ! Et la facture est lourde !C'est là que la possibilité d'une action collective en justice de la part des citoyens serait un moyen efficace de stopper l'émoragie du vendalisme économique !Rendez l'argent volé au peuple !
Je n’ai pas oublié que la révolution a chassé l’église du pouvoir, et je m'en félicite, car comme l’islam, elle est néfaste pour la république ! Si la religion judéo-chrétienne selon vous, n’est pas meilleure que l’islam, elle est en revanche, dans le contexte actuel, infiniment moins dangereuse. Sous-estimer le danger de l’islamisation de la France serait criminel. Il ne vous aura pas échappé à quel point les sociétés islamiques, surtout au Pakistan, en Arabie saoudite et en Afghanistan, sont démocratiques et pratiquent l’égalité entre hommes et femmes ? Dubaï est l'exception qui confirme la règle.
Et enfin je vous « rassure », hélas, notre merveilleux pays est bien sur le déclin.
J'ajouterai pour terminer, que je suis entièrement d'accord avec le post de LUDO. Le vrai courage c'est d'agir, non de subir !
J'ai vecu en Afrique, dans les cités, et travaillé avec des immigrés arabes. J'estime que mon témoignage vaut celui de n'importe quel autre détracteur de vérités qui s'obstinerait dans le déni des réalités.
Rédigé par : Citoyen ignare | 15 avril 2007 à 11:15
Ségo,
Vous voulez dire que ce que je vois sous ma fenêtre, je ne le vois pas ?
Vous voulez dire que ce que les journalistes nous montrent sont des images truquées ?
Que les jeunes policiers ne sont pas agressés, caillassés, non respectés en banlieue ?
Que ce sont des épiphénomènes ?
Hé bien... merci, je vous crois, me voici apaisé, tout va bien.
Véronique,
Oui, je me prénomme Ludovic comme Louis de Funès dans le gendarme de Saint-Tropez.
Djuss,
Voltaire, même si tout comme lui je suis nostalgique des rois et que Candide, Zadig ou le nez me plurent bien n'est pas un modèle, ni même une référence pour moi. Vous faites parler un mort ayant existé dans une époque bien peu comparable à la nôtre. J'espère pour lui qu'il était apte au changement de point de vue. Que savons-nous finalement du for intérieur des écrivains qui sont rarement la transposition exacte de leurs oeuvres à l'exception de Montaigne et d'Angot pour citer deux oppositions dans une même démarche de la confession littéraire ?
Je ne suis pas effrayé comme vous le dites, mes peurs sont ailleurs et je ne les dirai pas ici tant je les trouve ridicules.
Je n'aime pas éluder aussi vais-je vous répondre sur vos quatre points :
- 1 : Je trouve les Anglais admirables et leur communautarisme déplorable.
Au sujet de l'immigration, le R U naturalise et donne des droits à tous sur son sol, mais fait tout dans le même temps pour empêcher l'introduction des étrangers chez eux, d'où Sangatte...
La France a tort, à mon sens, d'être un des seuls pays au monde qui n'ait pas une préférence nationale et une politique claire sur l'immigration. Ca ne choque personne en Israël, en Algérie, aux USA. Pourquoi pas nous ?
-2 : Je tiens ces affirmations des textes coraniques, des faits divers, des interdits qui s'imposent dans les écoles, de la dhimmitude des occidentaux qui confondent racisme et islamosepticisme, de témoignages d'apostats, la plus grande communauté musulmane est d'ailleurs en Indonésie. Je tiens cela de l'Indonésie, de l'Iran, du Darfour, de l'Algérie, des attentats aux USA, à Madrid, Londres, au meurtre de Théo Van Gogh, à la vie de Salman Rushdie, à l'esclavagisme qui a toujours lieu en Arabie Saoudite, aux Emirats Arabes- Unis, aux réactions hystériques sur les propos du pape Benoît XVI, aux filles en burka qui ajoutent des lunettes de soleil, des gants, des chaussettes montantes à leur tenue de Belphégor et que je croise au supermarché, aux propos d'islamologues réputés, à la tête de Daniel Pearl, aux conversations virtuelles avec un ami algérois...
Je comprends ce que sous-tend votre questionnement, non je ne me suis jamais fait maltraiter par des gens de couleur, non je n'ai pas peur d'eux, oui, j'ai hébergé un kabyle trois ans chez moi à Paris, j'ai des cousines et un oncle noir, de la famille juive, j'ai eu dans mon lit des femmes arabes, noires, juives et asiatiques. J'ai des amis d'origine étrangère et je ne suis pas un beauf idiot, je suis costaud, je sais me battre et débattre.
De ma fenêtre, je vois des voitures qui brûlent, des mecs en 4x4 BMW vouloir faire la loi, des gamins de douze ans à peine qui lancent des pierres sur les pompiers, des barbus en troupeau faire des rondes comme des miliciens et des gendarmes se laisser narguer par des jeunes en scooter sans réagir. J'ai déjà vu aussi le Saint Nicolas et son âne se faire lapider parce que ce symbôle religieux est une provocation, des fumistes qui bloquent sciemment les routes pour provoquer des esclandres pendant que les braves cons dans mon genre pensent à leur assurance, à leur fils à l'arrière de leur voiture, aux ennuis judiciares possibles et ne leur foncent pas dessus. Tout ceci n'est certes pas grave, mais le tout mis bout à bout énerve.
Je n'ai pas une vue apocalyptique, militairement, ils ne peuvent rien par rapport à nous. Je me sens juste éloigné de la France que j'aime et qui est tout autre. Oui, nous avons nos Haulme, Mesrine, Emile Louis, mais pas ce mode de vie pleurnicheur et hyper revendicatif dans le même temps.
3 : La question piège où je dois tomber dans le panneau et voir défiler ensuite l'argument de la natalité occidentale, de l'économie productive.
Je réponds que nous nous adapterons dans ce cas, que l'économie a su s'adapter à toutes les histoires, à tous les systèmes politiques et que c'est d'ailleurs à elle à s'adapter, non aux humains de la subir vaille que vaille.
4 : Je suis pour une aide concrète aux pays du tiers monde redistribuée directement aux populations, non à leurs despotes et leurs administrations. Pour le développement de grandes universités, en Afrique notamment, de médecine, de sciences, de Droit avec notre tutorat dans un premier temps puis une autonomie financière à terme, pour leur bien surtout. Je suis enfin pour que ce que coûte les quatre-vingt-quinze pour cent de clandestins qui ne travaillent pas en France et vivent des aides serve en partie à l'implantation de nouvelles technologies et industries. Je suis enfin pour que tout ceci se fasse dans le respect des identités et des traditions et que l'Occident cesse de vouloir uniformiser le monde à son image.
J'ai répondu évidemment de façon sommaire, vous conviendrez que je ne peux me permettre de m'étendre sur des pages dans ce blog sur les points très intéressants et importants que vous soulevez.
Il faut savoir dire non, être impopulaire parfois dans un souci élargi, Djuss. Le rébellion est de savoir soutenir des policiers quand tous les couards les laissent vivre ce calvaire et soutenir des moins que rien, comme il était juste de les apostropher comme le fit Brassens dans un autre contexte lorsque ces derniers étaient injustes avec les population y compris immigrée.
PS : Je n'ai pas mélangé taoïsme et psychopathologie, vous prenez deux détails de phrase distincts, sans rapport, pour me faire passer pour un sot.
Merci, je sais le taoïsme n'est pas une maladie mentale et le consensus une proposition pornographique.
Rédigé par : Ludo Lefebvre | 15 avril 2007 à 01:03
Une brève pour un oubli de ma part sur l'islamisation radicale dénoncée dans de précédents posts.
Vous jugez l'Islam dangereux, en vous gargarisant de quelques passages violents.
Vous oubliez une chose, c'est que l'Europe, grâce à la Révolution française et l'émergence des démocraties qui a suivi, a littéralement chassé l'Eglise du pouvoir temporel, radicalement en France, moins dans certains pays.
Preuve que le christianisme n'était pas inoffensif.
De plus, le prétexte religieux a quasiment toujours servi à justifier des casus belli masquant des intérêts strictement étrangers au spirituel.
C'était vrai pour la Chrétienté, c'est également vrai pour l'Islam.
En outre les musulmans sont extrêmement divisés et incapables encore aujourd'hui de constituer une menace périlleuse pour l'Occident.
Rédigé par : Djus | 14 avril 2007 à 18:33
Citoyen ignare,
Je ne suis pas sûr que la situation économique soit directement liée à la démographie. Beaucoup de pays dans le monde ont une forte croissance démographique dans des environnements économiques littéralement délabrés.
Ce qui semblerait retenir les Français et les Européens de faire plus d’enfants est sans doute lié en effet au sentiment qu’ils ne pourraient pas assumer un enfant de plus (malgré les aides).
L’argument selon lequel tout cela est dû au seul déclin de l’économie n’est pas suffisant à mon sens. D’abord, depuis trois décennies, nous sommes en récession et non en déclin économique, nuance énorme.
De plus, je tends parfois à me demander si nous ne vivons pas globalement au-dessus de nos moyens, stimulés dans une frénésie publicitaire et consumériste. Il suffit de voir le taux d’endettement des ménages français et européens pour s’en rendre compte.
Depuis 30 ans, nous avons vu arriver dans nos vies toute une série de gadgets, purs produits de consommation à forte valeur ajoutée qui ont suivi les frigos, TV, Hi-fi et voitures des années précédentes, et qui sont, en vrac, les ordinateurs, les connexions Internet, les TV satellite, les téléphones mobiles et autres gadgets techno, les dolby surround et compagnie, la cosmétique, j'en passe et des meilleurs.
Tout cela sans pour autant que nos pouvoirs d’achat ne suivent vraiment, par ailleurs.
On a favorisé les crédits à la consommation, permis à de nombreuses personnes de s’endetter, sûrement grâce à l’éternelle promesse de lendemain chantant.
La conjoncture s’est ralentie alors que l’appétit de consommation n’a cessé de croître. Aussi, je pense que nous arrivons au seuil d’élasticité en terme de surconsommation.
Il ne faut donc pas s’étonner de voir les Français hurler car leur pouvoir d’achat baisse à cause de la moindre hausse du coût de la vie, j’entends par là produits de nécessité, énergie, eau, immobiliers. A ce moment-là, la corde casse pour beaucoup de monde, des classes populaires aux classes moyennes essentiellement…
Et quand on voit la charge financière que représente l’éducation et l’épanouissement d’un enfant sur une période bien plus longue qu’auparavant, du fait même de ce que les enfants sont les cibles marketing les plus privilégiées, il ne faut pas s’étonner non plus que les Français, sans aucun doute suréquipées comme les Européens ou les Américains, ne sont pas prêts à renoncer à un certain confort matériel pour un deuxième enfant. Ce qui se comprend aisément par ailleurs, je ne dénonce pas, je constate simplement.
Voilà comment on en arrive à une moyenne du taux de fécondité du monde occidental à 1.5 enfants par femme. Il y a des exceptions dont la France à 1.9 mais aussi les Etats-Unis à 2.1 qui s’assurent ainsi leur renouvellement.
Et pour rejoindre le thème du débat, ces exceptions ne seraient-elles pas par hasard dues à l’immigration importante que connaissent ces pays quand on sait que les premières générations, à l’exigence de confort moindre, dépassent largement la moyenne et que dès la deuxième, on revient dans cette moyenne ? La question est ouverte.
P.S : Il y a certes des problèmes liés à l'élitisme de nos représentants, notamment en terme de corporatisme, de corruption et de réduction de l'ouverture d'esprit ou d'échange, et de renouvellement, mais les taxer systématiquement d'incompétents sans aucun recul me paraît caricatural, inconsistant et inconscient.
Rédigé par : Djus | 14 avril 2007 à 18:10
@Veronique,
Oui il est vraiment dommage que nos élites couardes s'ingénient à opprimer notre peuple et dilapider le potentiel de notre pays, qui pourrait être parmi les meilleurs au monde en revenu par tête d'habitant, si nous avions des décideurs de la trempe des Allemands ou des Scandinaves, ou même des Canadiens. Au lieu de cela, par leur incompétence, nos concitoyens sont condamnés au déclin car sacrifiés au profit du confort et privilèges de nos élites corrompues, alors que notre potentiel est réel et palpable ! C'est une Horreur économique. C'est certainement cette lucidité d'une tranche de la population qui contribue au terreau de Le Pen, qui contrairement a ce que vous semblez penser, est plus au fait des réalités économiques que baucoup de nos énarques. Quel gâchis !!
La statistique est aussi résolument optimiste quand elle nous montre une France extraordinairement « féconde », avec un taux de fécondité de 1,9 dans une Europe ( 1,5) qui se « suicide » dans l’indifférence générale d’une population qui devrait méditer cette réflexion de « bon sens » du philosophe français du XVIème siècle, Jean Bodin : « il n’est de richesses que d’hommes ». Pourquoi cet atout considérable dont jouit notre pays n’est-il pas mis en avant et pourquoi, faute d’une politique familiale responsable, une Française sur deux qui voudrait un enfant de plus doit y renoncer pour des raisons économiques ? Faut-il rappeler cette autre statistique ? Dans un pays qui a choisi un système de retraite par répartition – trop de Français ne l’ont pas encore compris-, ce ne sont pas les cotisations versées au long de la vie active qui serviront à payer les pensions, mais les cotisations que verseront les actifs au moment où les seniors s’arrêteront de travailler. Dans ce système, qui dépend de la démographie, le droit à la retraite n’est pas un droit acquis mais un pari sur la fécondité. Ce n’est pas un hasard si les autres Etats européens, confrontés à une chute de leur taux de fécondité, ont relevé à 65 ans voire à 67 ans l’âge légal de départ à la retraite. Encore une question de statistique aussi « têtue » que les faits.
Surtout, les statistiques ici rassemblées nous invitent à l’humilité. Plutôt que de brandir à chaque instant l’excellence de notre « modèle social » ou celui de notre système de santé, comparons-nous systématiquement aux autres pour tirer de cette comparaison les « leçons » qui nous permettront peut-être de mieux traiter nos problèmes qui ne sont pas minces. Une des statistiques les plus « têtues », en effet, est celle qui mesure notre « moral ». Sans manipulation possible, il est absolument évident que la consommation d’anti-dépresseurs en France a été multipliée par cinq de 1980 à nos jours. Sans mensonge éhonté, on enregistre bien plus de 10 000 suicides par an et 150 000 tentatives avérées, ce qui place nettement la France au-dessus de la moyenne européenne. Sans tricherie aucune, c’est un fait établi que 90% des consultations chez un médecin de ville français donnent lieu à la délivrance d’une ordonnance contre 43% aux Pays-Bas, sans que rien ne permette d’affirmer que l’état de santé des Français est deux fois plus désespéré que celui des Hollandais.
Rédigé par : Citoyen ignare | 14 avril 2007 à 14:09
@ Ludo LEFEBVRE,
Je partage pour l'essentiel le point de vue de Djus sur la question de l'immigration
Habitant également en banlieue, je ne me retrouve absolument pas dans la description qui en est faite que ce soit par vous ou par les médias
Désolé, mais je ne vis pas dans la peur et mon quartier n'est pas dominé par des musulmans intégristes prônant la haine du Français et le rejet de l'Occident
Mes meilleurs amis sont musulmans et désolé de vous décevoir mais ils ne prient pas 5 fois par jour, ils ne voilent pas leurs petites amies, leur mère est totalement libre, leurs soeurs font absolument ce qu'elles veulent
Je vous assure que chez eux, il n'y a pas des posters de Mahomet sur chaque mur ni même de photo de Ben Laden
Mais vous ne voyez que des étrangers défrayer la chronique ; certes il est indéniable que de jeunes arabes ou blacks commettent des actes répréhensibles mais est-ce pour autant une raison pour en faire une généralité ?
Parce que la jeune Goffrane a été assassinée par deux jeunes musulmans : croyez-vous que tous les musulmans sont adeptes des principes de la Charia ?
Absolument pas et ce raisonnement, aussi absurde fut-il, pourrait être appliqué à nous français catholiques et blancs.
Il suffirait de prendre le cas judiciaire d'un individu ayant les mêmes origines ethniques que vous et moi et on serait tenté de faire les mêmes amalgames que vous faites avec les personnes d'origine maghrébine.
La vérité est que certains musulmans sont violents et appliquent les préceptes de la Charia mais 90% sont modérés et vivent comme vous et moi.
Et bien c'est exactement la même propension de violence chez nous autres catholiques. La seule différence c'est que nos crimes et délits ne seront pas rattachés à la Bible ( quoique ).
Enfin, je termine sur les manifestations anti-CPE dont vous semblez attribuer tous les problèmes annexes aux seuls blacks et "beurs".
Désolé encore de ne pas être d'accord et je vais très vite vous expliquer mon cas personnel.
J'étais en amphi un jour de manifestation quand soudain plusieurs jeunes sont rentrés dans la fac et accessoirement dans mon amphi.
Loin d'être cagoulés, ils criaient voire plus exactement vociféraient. Certainement très éméchés par les quelques bières qu'ils tenaient à la main, ces derniers ont saccagé des locaux de la faculté. En résumé, vitres brisées, tags sur les murs, poubelles renversées, locaux mis sens dessus dessous et j'en passe.
Et bien je vous assure, Ludo LEFEBVRE, ces jeunes n'étaient pas blacks ni arabes mais blancs.
Simplement, les médias vont nous montrer les jeunes blacks et arabes mettant le désordre plutôt que les jeunes blancs qui en font tout autant.
Résultat des courses : tout le monde pense qu'il n'y a que les jeunes issus de l'immigration qui sont des délinquants en puissance et qui terrorisent le pays.
Et ça débouche sur un 21 avril 2002 avec des régions et des villes de France où le FN fait des scores records alors même que ces coins de France ne sont même pas concernés par le problème des banlieues. Et ces gens votent JMLP en raison de ce qu'ils ont vu à la télé !
À force de nous montrer ces images, les médias créent un sentiment d'insécurité chez des gens qui n'ont jamais connu le moindre problème et qui se sont réveillés ( passé l'anesthésie médiatique ) le 22 avril 2002 en se disant que finalement ils n'étaient pas si en insécurité que cela.
Rédigé par : Ségo | 14 avril 2007 à 11:13
@ Ludo (est-ce votre prénom ?)
Il m'est impossible ce week-end de répondre à ce que vous écrivez à mon sujet.
Je le ferai dès que possible.
Juste ceci:
1 - C'est vrai, je n'habite pas à Creil.
2 - Pour le sujet qui nous occupe, je me reconnais dans cette phrase de sbriglia:
"...partagé entre ma faim d'humanisme et de progrès et ma soif d'ordre et de sécurité..."
3 - Le point de vue n'est-il autorisé ou recevable que si, soi-même, on est confronté ou on a été confronté à ce qui est dit dans une note ?
Rédigé par : Véronique | 14 avril 2007 à 07:28
L.L,
Non, je ne suis pas exempt de peur, le papier de PB m'a véritablement parlé, je le disais d'ailleurs dans mon premier post. Qui n'a pas ressenti cette peur dans telle situation?
J'ai également dit que la politique est plus une affaire de raison que de sentiments.
Alors, devrais-je rejeter par des réactions épidermiques telles que la vôtre, tout ce qui m’effraie ? La peur me paraît mauvaise conseillère, du moins c’est ce que je retiens de mes modestes expériences personnelles et celles de ceux qui ont croisé ma route.
Quant à vous, vous semblez nourrir une obsession insatiable à vous acharner sur vos interlocuteurs. Tant qu’on en est à se psychanalyser, j’aimerais vous faire remarquer que la catégorie des sociopathes ne semble pas être le privilège exclusif des taoïstes, puisque vous en faites manifestement partie, et votre riche et très apparente culture ne me dupera pas. A ce propos, je ne pense pas vous égaler en ces termes, mais je me demande immanquablement si vous avez les épaules pour supporter votre lourd bagage ?
Vous êtes un disciple accompli de la philosophie du scepticisme à tendance boulangeo-hébertiste. Voltaire raillait les optimistes en son temps, c’est à vous qu’il s’adresserait sans doute aujourd’hui…
Il est simple d’attaquer plutôt que de raisonner… je n’aime pas ces exercices de style dans le fond très libidineux, mais si ça peut vous faire comprendre que cela ne mène à rien.
J’ai cependant posé à l’issue de brèves réflexions un certain nombre de questions particulièrement précises.
1/ j’ai d’abord proposé une réflexion historique sur l’opposition des modèles de société, en particulier anglaise et française, pour illustrer une crise actuelle de la France dont le modèle est mis à mal et dans laquelle s’inscrit par ailleurs le sujet de l’immigration.
Le but était de dédramatiser votre vision apocalyptique du sujet.
En outre, cela rejoignait le témoignage de PB dans le sens où j’avais ressenti un certain malaise du fait sans doute d’un sentiment de culpabilité lié à l’expérience racontée. Culpabilité en ce sens que PB, peut être, se sentait confronté à la déchirure de la croyance ferme en l’unité nationale et d’écrire alors « C'est le rapport au monde qui est atteint. C'est la confiance en demain qui est blessée. C'est autrui qui devient indésirable. » Et à mon avis, cet autrui-là va plus loin que l’idée du simple immigré.
2/ Pourquoi ce que vous dépeignez ne correspond pas franchement à mon expérience, habitant depuis toujours en banlieue parisienne comme des millions de Français ? Je vous ai demandé d’où vous tenez toutes ces affirmations qui semblent tomber sous le coup de l’évidence, pour vous mais pas pour moi ? Que voyez-vous donc de votre fenêtre ? J’y vois de nombreux problèmes, parfois graves, oui bien sûr, mais pas la menace globalisée de destruction de la France.
3/ Les conséquences de la politique extrême d’immigration que vous soutenez sur les différents domaines que j’ai déjà cités.
4/ J’ai proposé un élargissement du champ de discussion à l’international. Toujours rien là-dessus chez vous.
L’aide au développement – que dis-je ? La libération du développement– des pays sources d’immigration résoudrait à terme le problème du débit du flux migratoire « de fuite », et en des termes plus intéressés, favoriserait l’émergence de nouveaux marchés profitables aux entreprises françaises, tout en maintenant des relations diplomatiques équilibrées et renforcées. C’est certes ambitieux et – ô diable – humaniste, mais fermer les écoutilles me paraît au moins tout autant ambitieux, en revanche très risqué. Cela a également l’avantage d’être une solution durable et sans doute une chance toute particulière pour la France et l’Europe, qui se cherchent encore une place dans l’histoire naissante du XXI siècle, de la trouver dans le respect de ses valeurs ancestrales et contemporaines.
La France a le choix aujourd’hui, faire le hérisson sur les dossiers-phare à traiter ou alors relever la tête et s’exhorter dans l’action, fidèle à elle-même, et elle le peut, car, on l’a dit, elle a des atouts majeurs ; il n’y a finalement que comme cela que le Monde reconnaîtra la France comme un grand de ce monde. Dans le cas contraire, la France devrait se faire au petit costume que lui reviendrait, car comment comprendrait-on un tel renoncement ? Nous redeviendrons très officiellement un petit pays comme les autres, qui a abandonné sa quête de l’universalisme, cette croyance en des idées qui dépassent le simple sens nationaliste.
Je ne suis pas sûr que les Max Gallo et compagnie ne soient résolus à voir la France reléguée à un tel plan.
Rédigé par : Djus | 14 avril 2007 à 03:58
djus,
Dans la mienne d'ouverture d'esprit, il n'y a pas que du gris, il existe aussi du noir et du blanc. Ce que j'entends par là, c'est que dans la manifestation de la vérité, il n'y a pas de relativisation systématique. "Le jugement de Salomon ne vaut que parce qu'il est fait par un seul homme. Imaginez ce même jugement équitable, puisqu'il permit de découvrir qui était la véritable mère de l'enfant réclamé entre les mains de toute notre hiérarchie judiciaire, avec un juge Salomon au cours de ces étapes. Ne prenons pas l'exemple de cet enfant, car il n'est pas applicable, mais un gâteau. Il y a un premier juge qui vous accorde la moitié du gâteau, puis un second la moitié de la moitié donc le quart, au bout de dix juges que vous reste-t-il à déguster ?
C'est une des déficiences du juste milieu et c'est loin d'être la seule, il ne suffit pas hélas de quelques préceptes taoïstes et de trois citations de Lao-Tseu pour avoir découvert l'axiome de la vérité, il n'existe pas. Non toutes les disputes ne sont pas toutes à égale part de responsabilité.
Non toute synthèse honnête n'est pas la juste répartie entre la thèse et l'antithèse.
Tout n'est qu'observation sans préjugés, puis analyse en fonction de ses connaissances du moment et du meilleur de son intégrité morale.
Ceci était une mise au point de mon état d'esprit.
Vous et Véronique seriez donc exemptés de la peur. Vous m'inquiétez tous deux, car je ne connais que trois catégories de gens dispensés de ce sentiment naturel, ceux anesthésiés par des drogues, les sociopathes et enfin ceux éloignés du danger. Je ne vous vois que dans la dernière possibilité.
Il faut cesser de dire aux gens que ce qu'ils voient sous leur fenêtre de leurs propres yeux n'est pas la réalité, que ce n'est pas vrai, qu'ils n'ont pas compris. Premièrement parce que c'est d'un affreux snobisme intellectuel. Deuxièmement parce qu'il n'y a rien de plus vrai que ce qui est perçu de visu.
Je n'ai pas vu des petits blancs tabasser des petits noirs ou des petits arabes lors des manifestation contre le CPE, mais le contraire. Ce sont des bandes ethniques étrangères que je vois défrayer la chronique, des préceptes de la charia appliqués à Goffranne, à cette petite brûlée vive en banlieue parisienne il y a deux ans, à cette autre vitriolée. Ce n'est pas le patrimoine culturel de notre pays. Ce n'est pas à cause des méchants colons blancs responsables de tout parce que dans un masochisme judéo-chrétien que je sache.
Vous êtes d'accord avec Véronique, c'est votre droit, cela fait près d'un an que je la lis être en accord avec les coupables et sans compassion pour les victimes, c'est effectivement une opinion comme une autre, d'ailleurs très largement répandue, pas la mienne.
Tant que ce n'est pas condamné par la loi, je me sens le droit de penser comme bon me semble.
L'immigration venue d'Afrique du Nord et subsaharienne me paraît poser infiniment plus de problèmes que l'immigration venue d'Asie, d'Amérique du Sud, d'Europe ou d'Océanie. C'est ce que je vois encore une fois et non ce qu'il m'arrange de penser. Je préférerais faire un constat plus facile à exprimer, plus confortable y compris pour mon propre regard, simplement, il serait tronqué.
Rédigé par : Ludo Lefebvre | 13 avril 2007 à 23:51
Le débat commence à me plaire, les propos se relativisent. Enfin, nous allons pouvoir sortir de nos places fortes respectives.
Je vous ai volontairement provoqué pour vous forcer à réagir dans un sens qui me paraît plus constructif. Preuve en est : citoyen ignare, j'approuve un grand nombre de points de votre argumentation dans vos derniers post et j'avais, au passage, déjà apprécié un certain nombre d'entre eux précédemment, rassurez-vous.
Je pense que vous tenez le bon bout et un peu d'optimisme illumine un peu ce débat. J'invite ceux que les données délivrées par citoyen ignare laisseraient perplexe, à visiter la page Wikipédia sur l'économie française, rapide à lire et très instructive.
La France, ce tout petit pays de la péninsule européenne, est un poids lourd économique sur la scène mondiale ! Oui, nous avons des atouts, et de sacrés atouts même. La France est tellement submergée par ses démons et ses angoisses qu’elle en oublie qu’elle est belle, forte et intelligente.
Quant à vous M. LEFEBVRE, j’ai craint un instant que vous réagiriez mal, mais non, réaction exemplaire, alors allons-y discutons sans cherchez à nous opposer ce que j’appelle des arguments d’autorité.
Je reste toutefois fidèle au fait que l’immigration ne devrait pas susciter autant de peur et de réflexe de repli identitaire. Je rejoins d’ailleurs Véronique sur ce point.
Ne craignez-vous pas qu’en renvoyant aux musulmans la même agressivité que vous attribuez à ceux qui parmi eux sont les plus radicaux, vous entraîniez finalement ces modérés dans l’extrême ? Et par effet de cercle vicieux de favoriser par cette montée de la radicalisation islamiste, celle de tous les autres modérés de tout bord, chrétiens, juifs, athées, ou que sais-je encore ? Je ne suis pas en train de vous accuser d’en être responsable, bien sûr, ça serait ridicule, mais il me semble que vous entrez dans un jeu que personne ne peut maîtriser et qui n’a d’issue possible que dans l’incompréhension, la violence voire la guerre civile.
Ne peut-on pas expliquer les problèmes de l’immigration sans pour autant s’enfermer dans un radicalisme de réaction ? Si ! C’est même un devoir tant le sujet est socialement sensible et explosif.
Ceci dit, passons à autre chose.
Il y a de très bons points soulevés dans les derniers posts de part et d’autre. Je tâcherai de les discuter plus tard, cette nuit, car je dois m’absenter maintenant. J’ai des choses à raconter sur les « errances socialistes » au cours des trois dernières décennies que vous rendez responsables des problèmes actuels. Enfin, c’est surtout la position de L. LEFEBVRE, celle de citoyen ignare ratisse plus large semble-t-il en parlant des politiques lâches et incompétents. Je suis relativement d’accord avec cette dernière opinion, mais j’aimerais la relativiser.
Dixit citoyen ignare toujours, « "Si on te trompe une fois, c’est de la faute de celui qui t'a trompé. Si on te trompe deux fois c’est de ta faute" ! (Proverbe chinois) »
Concernant les HLM, notre diagnostic est identique, M. LEFEBVRE, mais quant à la solution à apporter, cet éloquent proverbe parle de lui-même
A très bientôt donc.
Rédigé par : Djus | 13 avril 2007 à 20:22
@ Sego,
Il serait trop facile de vous faire une réponse cinglante. Je suis fair-play et ne cèderai pas à cette tentation. Même si la jeunesse n'excuse pas l'approximation, je pense que vous pouvez encore progresser dans le bon sens, si vous ne persistez pas à répondre aux questions par une autre question. En dehors de la doctrine des mosquées socialistes, il y a des lectures très salutaires. Je me permets de vous conseiller quelques bouquins de Montaldo. Essayez donc...
Rédigé par : Citoyen ignare | 13 avril 2007 à 14:58
Ségo,
Je ne me sens pas supérieur aux musulmans, ce sont leurs textes : Coran, Sunna, biographie du prophète Mahomet.
Ce n'est pas Al Qaida qui a été en procès contre Charlie-Hebdo, mais le cfcm instrumentalisé par l'uoif et l'Arabie Saoudite. Ce ne sont toujours pas eux qui exigent la séparation des sexes dans les piscines, l'interdiction des cours d'histoire faite par les kouffars, le refus des cours de biologie, de sport, de philo, l'interdiction des sapins de Noël dans les écoles, les menus Hallal et la qualification de porcs pour ceux qui ne pratiquent pas.
Toutes les religions ne sont pas à l'identique, c'est absurde l'égalitarisme systématique, sans raison ni réflexion.
Les juifs ont protégé leur population de la violence de l'ancien testament sur la lapidation, la maison de l'impureté... en rendant la plupart des interdits et des superstitions impraticables par le talmud. La chrétienté s'est adaptée à la société et de plus, ces deux monothéismes sont beaucoup moins guerriers et remplis d'interdits que l'Islam. Ils n'ont pas le verset de l'épée, l'ordre d'exterminer tous les impies, l'impôt à faire payer aux chrétiens et juifs en terre d'Islam... La cour européenne des droits de l'Homme a reconnu cette religion incompatible avec nos valeurs, cela ne vous incite pas à vous interroger ?
Vous êtes pour l'Islam, sans même le connaître, par principe, sans être documenté comme beaucoup d'occidentaux, lisez donc leurs littératures, apprenez à ne pas croire la takia et vous comprendrez pourquoi depuis mille ans, ils n'ont rien inventé, rien construit et qu'ils sèment le trouble sur toute la planête.
Il y a des musulmans modérés, pas un Islam modéré, c'est parce que certains ne s'en tiennent qu'au cinq piliers qu'ils sont pacifiques.
Vous trouvez que l'Islam amène la paix et l'harmonie en France ?
Djus,
Je cite les parties d'histoire sciemment ignorées pour rétablir un peu l'équilibre et énoncer aussi d'autres morceaux de vérité.
Ainsi toute la droite traditionnelle ne fut pas collaboratrice lors de la seconde crise internationale, tous les communistes ne furent pas des sanguinaires staliniens aux ordres, la grande partie de cette pensée marxiste ne s'en tenait qu'aux textes, à l'espoir d'un meilleur traitement pour leur sort d'ouvrier et ignorait les pogrom de l'URSS, ce furent d'ailleurs de grands résistants.
Les Français ne sont pas restés sans se battre, tout en se laissant libérer par les immigrés et les Américains, ils furent sur le front aussi et surtout.
Pour la reconstruction idem, il n'y a pas eu les Français feignants qui regardèrent les immigrés travailler sans les payer. Je reconnais contrairement à ce que vous pensez le mérite d'autrui lorsqu'il est là, je suis juste usé que le Français de longue date soit systématiquement dévalorisé, que le magistrat et le policier aient toujours tort dans l'opinion médiatique alors qu'ils sont admirables d'abnégation et de courage (à quelques exception près).
Lorsque deux gamins tuent un troisième qui est cardiaque, il s'agit d'un accident, mais quand ce sont deux policiers qui tuent Malik Oussekine qui est lui aussi cardiaque, c'est une bavure, un meurtre et on en parle pendant vingt ans. Lorsqu'un policier est poussé contre un manège et meurt, c'est accidentel, mais quand deux gamins qui s'enfuient à l'approche de la police et vont s'électrocuter eux-mêmes dans un transformateur de courant, il y a des émeutes, des policiers blessés, des citoyens tués dont personne, surtout pas Ségo, ne s'émeut.
Il y a un tas de gens qui soutiennent une religion pire que le nazisme, sans même la connaître sur le fond ni dans les textes et qui confondent tout. Quel rapport entre une religion que je sais dangereuse et une race ? Non seulement les socialistes et les antiracistes ont toujours un combat de retard, mais en plus, ils confondent tout, bipolarisent l'histoire... Je ne nie pas, moi, les erreurs et errements de la droite, je les reconnais.
Faire son examen de conscience ne suppose pas vivre dans le déni de ce qui ne va pas chez les autres.
Pour les HLM que vous citez, quelqu'un qui naît en France voit systématiquement passer devant lui les familles nombreuses venues d'Afrique, des pays de l'Est et pendant ce temps, on lui demande des cautions parentales, des mois de loyers d'avance donc il reste à la rue et je trouve ceci anormal.
J'accepte les critiques mutuelles, mieux, j'en tiens compte. Cependant lisez les textes musulmans, ne dénigrez pas systématiquement les même corps de métiers, les mêmes populations surtout quand elles n'ont rien à voir et ne faites pas de l'histoire trotskiste post soixante- huitarde, du moins avec moi.
Rédigé par : Ludo Lefebvre | 13 avril 2007 à 14:44
@ Citoyen ignare
Une lacune " très française " est l'inculture économique de nos élites, de nos politiques et des Français eux-mêmes.
Et à cet égard, le FN pourrait en être la caricature.
Il ne s'agit pas pour moi de diaboliser le FN. Simplement d'essayer de dire que leur discours est en total décalage avec la réalité économique. Qu'ainsi, ils cultivent chez ceux de Creil et d'ailleurs des peurs et des angoisses qui prennent toute la place .
Dans sa réponse à mon 1er commentaire au sujet de cette note, PB expliquait qu'il s'interrogeait sur " ce terreau en deçà de la politique et des opinions "
Je pense que ce " terreau " a été favorisé par l'incapacité de nos dirigeants successifs à prendre en compte la réalité d'une économie qui devait s'adapter à des environnements nouveaux dans des laps de temps très courts.
Agiter l'immigration comme responsable des désespérances de ceux qui sont placés en première ligne dans cette déconstruction permanente est, à mon sens, favoriser une fiction et tout l‘irrationnel qui s‘y greffe.
Comme est une fiction, celle qui consiste à croire et à faire croire que notre pays peut se gérer comme au temps des trente glorieuses.
ps: Je sais.
Je suis sommaire dans mon approche. Ce que je pense de cette inadaptation de notre pays a été très bien expliqué dans la note que Pierre Bilger a consacrée le 5 janvier dernier au livre " La France injuste." . Pour les nuances indispensables à mon propos, vous pouvez vous rapporter à cette note et à pas mal d’autres de Pierre Bilger.
Rédigé par : Véronique | 13 avril 2007 à 13:26
@Djus,
J'entends bien ce que vous dites et, n'étant pas dogmatique, je ne suis pas complètement opposé a certains aspects de votre point de vue. Je suis pour la vérité, et si quelqu'un me démontre que je suis dans l'erreur, je veux bien le reconnaître. Force est de constater que l'histoire récente depuis 30 ans joue plutôt en ma faveur. Mais je ne veux pas recommencer ce débat, où j'ai déja exprimé mon point de vu dans des posts précédents, et qui précisément sont supposés répondre à vos questions. Par courtoisie, je réponds celle-ci. Coût de l'immigration: 50 Milliards par an.
Que rapporte-t-elle? Des problèmes...
Rédigé par : Citoyen ignare | 13 avril 2007 à 11:29
@ Ludo LEFEBVRE,
je ne vais pas me battre avec vous sur les chiffres et je comprends que vous tombiez de haut quand vous apprenez que les colonies françaises et notamment maghrébines ont participé à la libération de la France
mais que voulez-vous les chiffres sont "têtus" puisqu'il y avait environ 233000 soldats maghrébins à avoir participé à la libération de la France en 1945 soit environ un peu plus d'un tiers de l'armée française
et je vous assure que je n'ai rien demandé à Samy Naceri
Je ne vais pas épiloguer des heures et des heures étant donné que chacun campera sur ses positions
Mais je vous assure que je ne suis pas là pour dénigrer la France et les Français
J'ai simplement une vision diamétralement opposée à la vôtre sur la question de l'immigration
je ne considère pas les populations musulmanes et autres comme un danger pour la France mais bien au contraire comme une chance
et je me demande en quoi vous vous sentez supérieur aux musulmans pour dénigrer leur religion comme vous le faites ?
d'ailleurs donnez-moi la définition du mot français ? ce serait assez intéressant et ça en dirait long sur vos idées ...
@ citoyen ignare,
je ne connais pas la personne que vous citez mais après quelques recherches : j'espère que ce n'est pas le même qui fait des billets sur briffoteaux.fr
rassurez-moi : ce n'est pas le même !?!
non parce que voici un florilège de ses billets : "Royal à l’Elysée, la France courrait tout droit au désastre..." ou encore "La décadence morale de la gauche française !"
mais y'a mieux avec "Les droits de l'hommiste ne méritent que mépris !" où il compare les défenseurs des droits de l'Homme aux nazis
et clou du spectacle avec " le tour du monde de Bécassine" avec comme représentation : SR sur une boîte de Vache qui rit
J'ose espérer que ça n'a rien à voir mais vu le texte que vous nous avez offert : je crains que ce ne soit le même
... faudrait pas qu'un jour : une jeune maghrébin du PS ne soit en passe de devenir président
y'en a qui feraient des crises cardiaques sinon ...
Rédigé par : Ségo | 13 avril 2007 à 11:16
@ Veronique
Pour compléter mon précédent post (sans prendre le risque d'être censuré), je voudrais apporter des arguments supplementaires sur les causes qui nous conduisent au déclin inexorable de notre pays. Ces causes sont dues au manque de clairvoyance et d'ambition de nos politiciens couards. Les statisques le démontrent.
A consommer sans modération : têtues, ces statistiques !
Les statistiques n’ont en général pas bonne presse. « Il y a trois sortes de mensonges : le mensonge, le fieffé mensonge et les statistiques ! » aurait affirmé le premier ministre de la reine Victoria, Benjamin Disraëli. « Les faits sont têtus, ajoutait l’écrivain américain Mark Twain. Il est plus facile de s’arranger avec les statistiques. »
On mesure l’enjeu de ce livre qui n’est rien d’autre qu’une collection de statistiques et qu’un pari sur le bon sens d’un peuple qui ne veut plus se laisser bercer de promesses et de vaines paroles. Car si les statistiques peuvent être régulièrement démenties, quand elles s’ingénient à prédire quel sera le taux de croissance pour les prochaines années ou même peuvent s’avérer assassines quand, mal interprétées, elles servent de support à la mise en place d’un CPE qui engloutira les chances du Premier ministre pour les élections présidentielles de 2007, elles sont le plus souvent aussi « têtues » que les faits.
La statistique est « têtue » quand elle nous démontre, en effet, que ce ne sont pas 21,8% des jeunes Français de 15 à 24 ans qui sont au chômage mais, seulement 21,8% des jeunes qui ont terminé leurs études et qui cherchent un emploi, soit, seulement 7,8% des « jeunes ». Ce qui est moins anxiogène que ne le pensaient les lycéens et les étudiants qui sont descendus dans la rue en mars 2006.
La statistique est également « têtue » quand elle nous démontre que, de 1993 à 2005, la croissance des richesses produites par les Français a été sensiblement inférieure à celle produite par nos principaux partenaires européens et mondiaux.
La statistique est aussi « têtue » quand elle chiffre le montant de la dette accumulée par notre pays depuis vingt-cinq ans et qu’elle nous assure que les intérêts qui y sont attachés sont quasiment du même ordre que l’impôt sur le revenu.
Elle est aussi formidablement « têtue » quand elle nous apprend que 38% des élèves français de 15 ans ont redoublé au moins une fois alors les jeunes Finlandais, qui alignent les meilleures performances scolaires des pays de l’OCDE, ne sont que 2,8% à avoir subi une telle « punition ».
La statistique est par contre sujette à discussion quand elle cherche à mesurer l’évolution des prix depuis l’avènement de l’euro, quand elle évalue le revenu moyen des Français, quand elle interprète l’évolution des crimes et délits ou quand elle recense le nombre d’immigrés ou de demandeurs d’asile.
La statistique est enfin formidablement politique quand elle montre, par exemple, que c’est sous le gouvernement de Lionel Jospin que la construction de logements sociaux a lourdement chuté , que c’est au cours des cinq premières années de la présidence de François Mitterrand que le partage des richesses entre le « capital » et le « travail » s’est renversé d’une manière brutale au profit du « capital » et au détriment du « travail » et que c’est toujours au cours des « années Mitterrand » que la Bourse a le plus accru ses gains.
Tel est bien l’objet de cette collection de chiffres : nous inviter à observer et à réfléchir avant les échéances politiques capitales de 2007.
Les statistiques « têtues » ici rassemblées se veulent tout d’abord résolument optimistes. Certes, beaucoup de Français souriront ou, pire, s’esclafferont quand ils apprendront qu’une étude de la très sérieuse Association européenne du capital-investissement ( EVCA) et du cabinet KPMG place le « site France » au 2ème rang des pays européens les plus accueillants pour les investisseurs après l’Irlande mais devant le Royaume-Uni et l’Allemagne. C’est en fait parce qu’ils ignorent que leur pays a des atouts, considérables, qui ne demandent qu’à être exploités. Que 47% du capital de nos 40 premières entreprises soient en 2006 détenus par des résidents étrangers contre 33% en 1997 et contre seulement 19% des sociétés américaines cotées en dit long sur la schizophrénie d’un pays qui a l’un des taux d’épargne le plus élevé des pays industrialisés mais qui n’oriente pas cette épargne vers ses propres entreprises. Des entreprises grandes et moyennes qui ont démontré leur capacité à surmonter le choc de la mondialisation mais qui, pour les plus modestes d’entre elles, se retrouvent trop souvent étranglées par des prélèvements sociaux et fiscaux excessifs, par des réglementations tatillonnes et des besoins de trésorerie liés à la longueur excessive des délais de paiement.
Sept ans après leur création, les entreprises françaises ne parviennent à accroître leurs effectifs que de 7% en moyenne, contre 22% en Allemagne et… 126% aux Etats-Unis. En voilà bien une statistique qui tue… ! Si la France et les Français étaient plus attentifs au destin de leurs entreprises qui seront plus de 500 000 à devoir être cédées dans les dix prochaines années, nul doute que l’emploi, qui sera légitimement au cœur des débats de 2007, s’en porterait mieux.
Rédigé par : Citoyen ignare | 13 avril 2007 à 08:44