Maintenant que la vie de notre garde des Sceaux nous est bien connue, nous avons hâte de découvrir sa politique. Car celle-ci, à l'évidence, ne saurait se résumer aux peines planchers et à la suppression de l'excuse de minorité mises en évidence durant la campagne présidentielle. Actuellement, ces projets sont à l'étude et nul ne peut dire quelle sera exactement leur substance.
Avant de tenter d'analyser ce qui se prépare et d'imaginer l'avenir judiciaire, un mot sur une voix qui s'est malheureusement tue et sur une autre qui continue de donner des leçons de démocratie et de formuler gravement des banalités.
La première, celle de Jean-Claude Brialy, va manquer à tous ceux qui aimaient son talent et sa grâce. Je me souviens de ce formidable film de Claude Chabrol, "Les cousins". C'était la jeunesse de Brialy et un peu plus la mienne. Je me souviens de l'émission "Les grosses têtes" de Philippe Bouvard il y a deux ou trois ans où Brialy, au milieu d'un aréopage qui n'avait pas sa classe, m'avait offert sa délicatesse et sa curiosité. C'était l'époque où il s'apprêtait à jouer le rôle d'un président de cour d'assises !
Le seconde est celle d'Eva Joly. Apparemment cette dernière ne parvient pas à quitter un pays et une justice sur lesquels, en s'exceptant de la critique, elle avait dit beaucoup de mal. Elle revient cette fois pour énoncer, et nous rappeler, cette évidence que Jacques Chirac allait devenir un justiciable ordinaire et qu'il conviendrait de le traiter comme tel. Un tel poncif et un tel acharnement, quel couple étrange !
Rachida Dati a reçu récemment les deux syndicats de magistrats et la surprise, c'est qu'il n'y en a eu aucune. Le président de la République a changé mais le syndicalisme reste. Le Syndicat de la magistrature (SM) a mis en cause les tendances répressives tandis que l'Union syndicale des magistrats (USM) a déploré le manque de moyens. Vous le constatez, nous sommes en terrain sûr, en dialectique éprouvée !
Difficile, tout de même, d'avancer dans ces conditions, avec un changement d'ère qui n'a pas atteint tout le monde.
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On n'a pas fait le sort qu'elle méritait à une étrange et déchirante tribune libre, écrite par le rabbin David Meyer (Le Monde du 29 mai).
Qu'a-t-elle donc de si singulier, cette pensée ? Pour la résumer, je la qualifierai à la fois de courageuse et de crépusculaire. Elle constate la montée de l'antisémitisme et se distingue avec force et émotion des trois manières radicalement différentes par lesquelles les juifs d'Europe ont tenté de réagir face à la réalité antisémite : la rejeter, la fuir ou la contrecarrer.
On voit bien, au regard de l'histoire, à quoi correspondent ces trois démarches qui, selon David Meyer, ont gravement failli. "Face à ce tableau pathétique des échecs successifs de notre expérience millénaire", il ne resterait pour le rabbin qu'un seul autre choix.
Lequel ?
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Si je n'avais à mettre en exergue qu'un seul avantage du blog, j'évoquerais cette capacité qui lui est offerte de rebondir en quelque sorte sur les médias, de continuer à gratter là où ils ont abandonné et de dénoncer le ridicule de certains comportements, plus qu'eux qui ne s'en soucient pas assez.
Prenons l'exemple de Yannick Noah. Interviewé dans le Parisien du 25 mai par Emmanuel Marolle, un journaliste bien trop complaisant, il se voit rappeler tout de même sa déclaration d'il y a un an et demi :"Si Sarkozy passe, je me casse". Sa réponse révèle le personnage qu'il est, tout étonné d'avoir été pris au mot.
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Je ne veux surtout pas qu'Arno Klarsfeld devienne ma "tête d'avocat" comme on a ses "têtes de turc". Mais force est de reconnaître qu'il y met du sien. On n'est pas non plus obligé d'approuver, pour l'appréciation de la qualité personnelle, l'opinion du Prince.
Lorsque j'ai lu cette déclaration d'Alain Delon dans le Parisien : "Président du jury ? Ce serait un rôle à ma mesure", je n'ai pas pu m'empêcher de penser qu'il y avait un dénominateur commun aux personnalités discutées et discutables, pour rester aimable.
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Il y a la critique automatique comme on parle du pilote automatique. On se demande si les critiques ont lu les livres sur lesquels ils écrivent ou s'ils ne se contentent pas de dérouler une bande d'un roman à l'autre. C'est l'accueil fait au dernier Douglas Kennedy, "La femme du Ve", qui m'inspire cette réflexion.
Avant d'expliquer mon point de vue, un mot sur l'éviction de Jean-Marie Colombani à la suite du vote négatif du Monde. On ne tire pas sur les ambulances, dit-on. D'une part je ne tire pas et heureusement J-MC n'est pas devenu une ambulance. Je ne me fais aucun souci pour son avenir. Sur un registre infiniment plus modeste que la contestation de son action de Directeur, je témoigne que J-M C prend des engagements qu'il ne tient pas. A mon égard, il n'a pas été un homme de parole. Apparemment, pour lui aussi, les promesses ne lient que ceux qui les reçoivent. Dommage.
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Le ministère de l'immigration et de l'identité nationale serait, pour le MRAP toujours aussi bien inspiré, "le ministère de la honte". Il continuerait les politiques de Vichy et n'aurait qu'une obsession, choisir les bons immigrés et exclure les mauvais.
A supposer même que l'ambition du ministère confié à Brice Hortefeux puisse être celle-ci, seules les âmes infiniment délicates pourraient en être choquées. D'autant plus que le ministre a rappelé que c'est avec "fermeté et humanisme" qu'il accomplirait sa mission.
Je pourrais me contenter de répondre à cette absurde philippique que tout ce qui est excessif est insignifiant. Ce serait traiter à la légère un sujet grave.
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Le 17 mai était la Journée mondiale contre l'homophobie. Le même jour, une pétition a été lancée pour la dépénalisation universelle de l'homosexualité, qui a déjà recueilli les signatures de cinq Prix Nobel et d'artistes célèbres.
Autant je crois à l'utilité de la seconde démarche qui dénonce un grand nombre d'Etats sanctionnant l'homosexualité (dont une dizaine avec la peine de mort), autant la première me semble plus discutable.
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