Le 17 mai était la Journée mondiale contre l'homophobie. Le même jour, une pétition a été lancée pour la dépénalisation universelle de l'homosexualité, qui a déjà recueilli les signatures de cinq Prix Nobel et d'artistes célèbres.
Autant je crois à l'utilité de la seconde démarche qui dénonce un grand nombre d'Etats sanctionnant l'homosexualité (dont une dizaine avec la peine de mort), autant la première me semble plus discutable.
Cette Journée mondiale est avalisée par une cinquantaine d'Etats cette année. J'éprouve pourtant comme un malaise devant une institutionnalisation internationale de la lutte contre l'homophobie. Je ne suis pas persuadé que des instances officielles aient la charge de dicter aux citoyens ce qu'ils doivent ressentir, penser, aimer dans le domaine de l'intimité.
J'ai envie de m'ébrouer devant cette injonction qui, pour se couvrir d'un voile humaniste, n'est rien de plus qu'un impératif adressé à la liberté de chacun. Ainsi, comme l'homophobie est intolérable, serions-nous invités à devenir systématiquement homophiles ? N'a-t-on le choix qu'entre l'hostilité ou la complaisance ?
Je n'ai envie ni d'adorer ni de haïr l'homosexualité. C'est juste un état de fait sur lequel j'ai le droit de discuter lorsqu'on prétend lui donner une place centrale dans la structuration de la société française, sans égard pour les facteurs d'équilibre que les pratiques majoritaires parce que naturelles ont su faire naître tout au long des siècles.
Loin de moi l'idée de contester la nécessité d'une politique contre les violences causées aux homosexuels, contre les multiples discriminations dont ils sont victimes. La sévérité la plus grande doit être manifestée à l'encontre de tous ceux chez qui la haine ou le dégoût se traduisent par des comportements pénalement répréhensibles.
A force de confondre la réflexion collective et la relation humaine au détail, je crains qu'on en vienne peu à peu - et cela s'inscrit dans un mouvement général préoccupant, qui prétend caporaliser ce qui relève de la liberté de chacun - à dénier à quiconque le droit d'apprécier ou non l'homosexuel, au motif que la communauté homosexuelle DOIT être flattée.
La Journée internationale contre l'homophobie m'apparaît comme une énorme machine qui croit pouvoir de l'extérieur façonner les esprits, les goûts et les consciences. Cela ne regarde pas les Etats tant que des transgressions à la loi n'ont pas été perpétrées.
Cette discussion n'est pas anodine car on sait par exemple que le député UMP Christian Vanneste a été condamné en vertu d'une loi réprimant l'homophobie, avec une motivation à mon sens sujette à caution. Un pourvoi en cassation a été formé. L'investiture qui a été retirée à M.Vanneste ne l'empêche pas d'être candidat dans la 10ème circonscription du Nord, et fortement soutenu selon le Monde du 17 mai.
Pour lutter contre l'homophobie, définie de manière si large que le moindre soupir de réserve pourrait être blâmé, on fabrique une obligation de fraternité en confiant cette mission aux Etats.
Pour tout dire, il est lassant de s'entendre dicter une conduite qui ne regarde que vous. Ces grandes messes de la convivialité qui feignent d'oublier le poids des relations, des sympathies et des hostilités intimes dans le tissu quotidien de l'existence sont plus agaçantes qu'autre chose.
Je ne suis pas homophobe. Homophile, seulement si je le décide.
La tolérance était indulgence, elle est effectivement devenue approbation.
Pour reprendre Furetière, tolérer les lieux de débauche à Rome ne nécessite pas de les approuver.
Notre société pourtant a franchi le pas, qui admoneste ceux-là même qui admonestent, en vertu du principe du tout s'approuve rien ne se réprouve. La nouvelle tolérance interdit d'être contre et somme d'être pour, ce qui revient hélas à une abdication de la liberté.
Quand l'intolérance est privation de la liberté d'autrui, la tolérance est parfois privation de sa propre liberté, en ce qu'elle fuit le discernement. C'est que, disent les sans-courage, tout jugement juge et tout libre-arbitre arbitre !
Mieux leur plaît la tolérance systématique, qui enjoint sans effort d'acquiescer. Tout discernement invite à prendre position, et d'abord pour soi-même, mais la mode confortable est à la désertion.
Défroqués de leur position, les déserteurs de la raison pâlissent aux chandelles vacillantes de la conscience atone. "Appelles-tu liberté le droit d'errer dans le vide ?" (Saint-Exupéry)
Rédigé par: Parayre | 20 mai 2007 at 21:56
Cela tombe bien, personne ne vous demande d'être homophile... même pas les organisateurs de cette manif, qui lutte contre l'homophobie.
En luttant contre la xénophobie, personne ne vous demande d'être "négrophile".
Si vous vous sentez attaqué par la lutte contre l'homophobie... c'est que l'homosexualité vous gêne probablement et que vous ne l'acceptez peut-être pas (sans toutefois être homophobe : ne pas accepter un comportement ne veut pas forcément signifier le détester, le rejeter, le persécuter)...
Rédigé par: Tom | 20 mai 2007 at 22:37
Les homosexuels sont purement et simplement exécutés dans les régions wallabites comme l'Arabie Saoudite. Il y a des antiracistes, des antihomophobes qui défendent les deux à la fois, n'est-ce pas antinomique qu'au nom de l'ignorance on combatte une barbarie fictive pour déifier une abjection ?
Et ceux-là de leur couardise ou de leur manque de savoir se nomment résistants, représentants des droits de l'Homme... Une belle farce qui nous est vendue à moindre frais.
Le problème en France ne sont pas les homosexuels, mais les associations qui les représentent, la gay-pride...
Je ne suis pas homophobe et à la vérité je me fiche de la sexualité d'autrui, je suis heureux qu'ils ne soient plus juridiquement réprimés, c'est une belle avancée.
Je suis par contre "associationophobe", je n'aime pas qu'au nom de l'intime, on revendique, sévisse, réclame, exige, déforme la réalité, mendie des droits, de l'argent.
Aids qui va sur le mémorial de la Shoa en hurlant "nous aussi", qui répand du sang au nom de tous les homosexuels chez des éditeurs, des plateaux de télé, qui s'autorise une violence interdite par notre code pénal, qui revendique de changer les bases de notre société, qui se ghettoïse dans le Marais alors que personne ne leur a rien demandé, ni ne leur interdit de vivre au milieu des autres.
Je n'aime pas cette outrance, cet excès injustifié, ce jugement méprisant sur les hétéros qui ressort si souvent de ces associations victimaires, pleurnichardes, revendicatrices.
Enfin je me suis trouvé un jour à une terrasse de café parisien à voir défiler les chars de cette indécente Gay Pride. Il y a un respect pour autrui qui m'a semblé complètement bafoué. Dans mes règles de savoir-vivre, on ne se roule pas des patins en strings de cuir à la vue de tous, voire actes plus intimes.
Je ne m'imagine pas faire de même avec ma compagne et exhiber autre chose qu'un geste d'affection. Nos vivons en société et c'est par la politesse, la pudeur que nous avons choisi de nous respecter...
Encore une bonne idée de Jack Lang pour laminer cette France qu'il semble parfois détester au point de vouloir en anéantir tous ses fondements (pas d'amalgame).
Les homosexuels ont une place dans mon univers peuplé de Genet, Proust et tant d'autres, le cirque qui est fait autour de l'homosexualité certainement pas.
Pour les violences faites aux homosexuels, je pense notre justice devenue suffisamment évoluée pour condamner les auteurs de ces délits et parfois crimes comme il est fait pour les hétéros.
Nous devons pénaliser en fonction de la nature de l'agression et non de l'agressé pour que nous restions égaux ou du moins à peu près.
Je trouve très important qu'il n'y ait pas des citoyens de première zone en fonction de leur orientation sexuelle, de leur religion, de leur race et les autres qui seraient moins entendus ou moins réparés. Ceci crée le déséquilibre et les tensions que nous vivons aujourd'hui.
Enfin à titre personnel, je tiens à pouvoir rire des Belges en disant qu'on les reconnaît dans un aéroport parce que ce sont les seuls à jeter du pain aux avions pour les nourrir. Comme je veux pouvoir dire qu'on appelle un avocat qui a perdu son porte-feuille un grand dépressif. Comme je veux pouvoir dire que si Bertrand Delanoë n'en avait pas, on ne l'appellerait pas ma tante.
Tout ceci est de l'humour et en aucun cas du harcèlement ou de la discrimination.
Le harcèlement serait plutôt de vouloir nous faire vivre dans plus d'interdits que ceux nécessaires pour notre vie commune.
Rédigé par: Ludo Lefebvre | 21 mai 2007 at 00:16
@M.Bilger, votre post me laisse vraiment perplexe. L'homophobie c'est l'hostilité violente aux homosexuels avec tous les dérapages qu'elle entraîne ; vouloir lutter contre elle me parait légitime ce n'est pas pour autant que vous devez devenir un combattant, un militant de l'homosexualité ; personne ne vous le demande... Cela dit je vous rejoins dans cette manie très française de commémorer, anniversariser, célébrer chaque jour que le calendrier fait des journées nationales contre ceci, internationales contre cela. Ce qui nous donne des concerts de faux-culs, des palanquées de bonnes intentions, de promesses la main sur le coeur, oubliées dès le lendemain ; je ne prendrai qu'un exemple : ce 8 mars, journée internationale des droits des femmes qui donne à la féministe que je suis des bouffées violentes d'urticaire. Bien à vous. Catherine A.
Rédigé par: catherine A. | 21 mai 2007 at 09:51
Philippe, je vous suis pleinement sur ce sujet. A mon sens il y a deux homophobies, confondues en une seule. Est-ce que ne pas aimer l'homosexualité revient à ne pas aimer les homosexuels ? Je le dis tout net : je n'aime pas l'homosexualité, ça me révulse gentiment, je déteste voir, comme on nous le montre parfois, deux hommes s'embrasser. Je n'arrive même pas à imaginer comment un homme peut ne pas être attiré par une femme... Mais, conscient de ce que l'homosexualité est une orientation des personnalités, que cela ne fait de mal à personne, je soutiens les homosexuels dans leurs demandes de non-discrimination, je suis favorable au PACS ainsi qu'à tout ce qui facilite la vie sociale de chacun.
Je me situe sur le même terrain concernant les religions que je tiens, en tant qu'idéologies, pour responsables de la quasi-totalité des régressions intellectuelles et sociales de l'humanité. Mais bien évidemment, je n'ai rien contre les chrétiens, musulmans ou juifs et qui, à l'exception du fait qu'ils croient encore au Père Noël alors que je n'y crois plus, sont mes soeurs et frères en humanité.
Je revendique donc le droit à l'aversion vis-à-vis de l'homosexualité, je revendique le droit de considérer la Gay Pride comme un monument de vulgarité, tout en souhaitant que les homosexuels puissent vivre librement et dans un cadre administratif et social commun à tout le monde.
Rédigé par: Jean-Dominique Reffait | 21 mai 2007 at 10:04
La France à cette particularité, c'est qu'à force de vouloir lui dicter les conduites à tenir, on obtient souvent l'effet inverse. La lutte contre la racisme a été lancée sous la même forme que cette lutte contre l'homophobie, une forme que n'aurait pas renié l'inquisition : "Si on est pas coupable par des paroles ou par des actes, on l'est peut-être par la pensée" le premier tour des élections présidentielles de 2002 ne fut-il pas la réponse à cette chasse aux sorcières racistes, ou au moins un des éléments (avis personnel qui n'engage que moi qui ne suis pas raciste... j'insiste).
Demain donc, au sujet de l'homosexualité il faut encore s'attendre à des discours empuantis d'"euphémismes" se finissant par "Je dis tout haut ce que les Français pensent tout bas".
Au niveau mondial : la lecture de Bourdieu "Questions de sociologie" chapitre "Le racisme de l'intelligence" .... m'a inspiré cette réflexion : - Les Etats peuvent toujours se donner bonne conscience en "dénonçant" l'homophobie et en promettant de lutter contre, mais ne faut-il pas aussi s'attendre à avoir des discriminations euphémisées et justifiées scientifiquement. La médecine avait pu démontrer que l'homosexualité était une maladie (l'homosexualité a été retirée en tant que maladie psychiatrique du registre DSM-3 en 1973), ne risque-t-on donc pas de voir des Etats avoir recours à la science ou des sciences se mettre au service d'Etats pour marginaliser ou discriminer avec bonne conscience l'homosexualité (sociologiquement, psychologiquement, philosophiquement ....) et non médicalement puisque l'homosexualité n'est plus une maladie ... Malgré le fait que la génétique qui en était à ses balbutiements en 1973 pourrait bien "trouver" un chromosome X ou Y marqué - Je n'ironise pas sur un entretien entre un "philosophe" et un présidentiable, mais anticipe sur ce qui pourrait effectivement être.
De conclure avec Philippe Bilger: "Je ne suis pas homophobe. Homophile, seulement si je le décide."
Rédigé par: Bernard | 21 mai 2007 at 10:36
C'est dur de faire le viaduc avec notre hôte : on se retrouve vite débordé face à sa prolifique bloguitude !
Merci à Ludo et Parayre pour leurs remarquables interventions sur les quatre derniers post de PB...
@Ludo : j'avais été étonné, lors d'une Gay Pride il y a cinq ou six ans, de retrouver en tête du cortège, sérieux comme un pape (l'a-t-on d'ailleurs jamais vu autre que sérieux?..."la permanence du sérieux est la triste nécessité des médiocres") notre "plus jeune ministre de la France", celui qui "aboya" comme un roquet un soir de débats...
...mais PB a raison : le culte de la chasteté, de l'hétérosexualité, de l'homosexualité n'a pas à figurer aux frontispices de nos monuments et le prosélytisme en la matière a de redoutables effets contraires ...
Il est assez plaisant de voir les arthroses du cortex mettre au rancart des générations d'esprits formatés au politiquement correct...
Ai-je le droit d'écrire que les tenues cuir et latex des défilés de la Gay Pride me mettent aussi mal à l'aise que les bonnets pointus des pénitents de Séville ?...
Ai-je le droit de préférer les "Chansons de Bilitis " aux galipettes répétitives de Catherine Millet, Gide à Biskra aux incontinentes "Nuits fauves", la modernité de George Sand à la "rancitude" de Christine Angot...et d'aimer les escargots sans me faire le chantre de l'hermaphrodisme ?
Rédigé par: sbriglia | 21 mai 2007 at 10:45
@Ludo Lefebvre : TOUTES les avancées en matière de lutte contre l'homophobie et contre les discriminations (le PACS, l'inclusion de l'orientation sexuelle dans la liste des discriminations, entre autres) ont été arrachées de haute lutte par des associations. AUCUNE de ces associations n'a JAMAIS présenté les homosexuels comme des citoyens de première zone. Elles n'ont fait que montrer à quel point ils sont considérés comme des citoyens de seconde zone. Elles n'ont fait que demander l'égalité, pas plus, pas moins.
Vous-même, comme la majorité des citoyens dits "normaux" et l'hôte de ces lieux ce me semble, n'auriez jamais pensé naturellement à donner aux homosexuels les mêmes droits qu'aux autres, puisqu'il est clair dans vos propos qu'ils feraient mieux de rester des personnages de romans, c'est-à-dire de retourner dans leur placard. C'est la visibilité qui vous gêne, parce qu'elle vous montre la différence, différence que vous ne pouvez tolérer que dans la littérature passée. Bienvenue dans le cirque de la vie, où existe le droit à la différence, où vous avez le droit d'être indifférent.
M. Bilger, le mot fraternité est le troisième dans la devise de la République Française. Faut-il le supprimer, selon vous ?
Rédigé par: padawan | 21 mai 2007 at 10:59
@Ludo Lefebvre : Au sujet de la Gay Pride - C'est vrai qu'on est en droit de se demander comment cet exhibitionnisme géant qu'est la Gay Pride puisse avoir un droit légal de défiler. N'importe quel citoyen pris individuellement à se livrer à certains actes visibles de tous dans ce défilé se verrait emmené manu militari par la police et traduire en flagrant délit pour motif d'attentat à la pudeur. La Gay Pride n'est plus une revendication d'homosexuel(le)s, (je connais des homosexuels, tout comme les hétérosexuels ils sont très discrets quant à leur sexualité) mais une revendication à la liberté de la pornographie et de la dépravation sexuelle . A quand les pédophiles dans la rue au nom de leur sexualité ?
Quant à Jack Lang .. Peut être faut-il se rattacher aux paroles de François Fillon : les socialistes n'aiment les Français que quand ils votent pour eux.
Cordialement
Rédigé par: Bernard | 21 mai 2007 at 11:01
@ Ludo Lefebvre,
vous savez, je préfère encore être dans un pays qui a un Jack Lang qui a mis en place cette Gay Pride que dans un pays qui n'a pas de Jack Lang mais un Poutine et qui envoie les militaires sur les homosexuels lors de la Gay Pride de Moscou
Mais pour en revenir au début du billet de PB : je ne vois pas où est le mal ou l'inutilité d'instituer une journée mondiale contre l'homophobie
Il y des journées mondiales pour quasiment tout et n'importe quoi
Ensuite je ne crois pas que c'est en instituant une telle journée que les Etats changeront les mentalités ou dicteront aux citoyens ce qu'ils doivent ressentir ou aimer dans le domaine de l'intimité
La preuve en est que la journée mondiale de la femme n'empêche en rien des hommes de frapper leurs épouses sans être dans la plupart des cas inquiétés, cela n'empêche pas certains extrémistes d'avilir les femmes dans certains pays du moyen-orient
Mais la journée mondiale reste un symbole de lutte contre toutes les formes de racisme, de violence, d'indifférence
Et je crois que pour la question de l'homophobie : celle-ci mérite bien une journée mondiale vu le traitement réservé dans de nombreux pays à tous ces hommes et femmes
Et même chez nous, on nous dit que l'homosexualité est parfaitement acceptée et intégrée dans notre société
et bien moi je pense tout le contraire : l'homosexualité est encore très largement regardée de travers
J'en veux pour preuve les débats sur le PACS, les propos de certains députés sur les homosexuels, mais également tous les actes homophobes qui se multiplient dans notre pays, mais également les débats sur l'adoption et le mariage homosexuel...
et toujours cette même phrase : "Moi les homosexuels, je les accepte mais quand même ..."
et généralement on ne finit pas la phrase gêné d'avouer que finalement on ne les accepte pas vraiment
on les accepte mais on ne leur reconnaît pas les mêmes droits qu'aux hétérosexuels
Un pays comme le nôtre qui fait des différences, dans l'accès aux différents droits ( adoption, mariage...), uniquement fondées sur l'orientation sexuelle est-il un pays qui accepte l'homosexualité ?
Non et même dans la vie de tous les jours : quand vous passez dans la rue et que vous voyez un couple hétéro s'embrasser dans la rue : tout le monde trouve ça normal
alors que si ce couple est homosexuel : tout le monde se retournera et ira de sa petite phrase : oh oui je sais juste pour l'humour, pour faire rire
On est libre : libre de faire de l'humour sur le dos des homosexuels mais pas libre, pour ces derniers, de se marier ou d'adopter, d'avoir des enfants => de vivre comme vous et moi en fin de compte
Alors s'il vous plaît laissons-leur au moins une journée mondiale
Rédigé par: Ségo | 21 mai 2007 at 12:00
Je ne comprends pas ce que vous entendez par homophilie.
Lors de cette journée, il ne s'agit pas de promouvoir l'homosexualité (dans le sens "devenez gay").
Personne ne vous demande, en tant qu'individu, d'aimer l'homosexualité dans ce sens-là.
Pour moi qui suis gay, il est d'ailleurs absurde de penser que l'on peut convaincre quelqu'un de devenir homosexuel.
Nous demandons d'être aimés comme tout être humain, d'être respectés, à égalité avec les autres citoyens blancs ou noirs, chrétien ou juif, hétéro ou homo.
Si c'est ce que vous appelez homophilie, si c'est l'amour du prochain, alors oui je la revendique.
Cette journée a surtout pour but de sensibiliser la population sur ce que vivent les homos.
Les agressions, bien sûr, sont intolérables (et déjà traitées par la loi), mais ne sont pas le seul problème.
A mon sens il est tout aussi important de savoir que presque tous les gays et lesbiennes de France, à un moment ou à un autre, vivent ceci :
- dénigrement systématique de l'homosexualité dans les conversations quotidiennes (remarquez comme les moqueries les plus méprisantes sont liées à l'homosexualité)
- injures directes, fréquentes dès que l'on est "visible" (par exemple se tenir par la main) en dehors de rares zones comme le centre de Paris
- moqueries répétées de la part de certaines personnes (pouvant aller jusqu'au harcèlement), particulièrement en milieu scolaire
- discriminations diverses dans le milieu professionnel
- mensonge obligatoire et peur d'être découvert pour ceux qui sont "dans le placard"
- isolement social : rejet de la part des amis ou de la famille après un coming out
Ceci a une influence catastrophique sur la confiance en soi. On peut en arriver à se haïr soi-même.
Une étude a montré qu'en France les jeunes homos ont un risque de suicide 15 fois plus élevé que les hétéros.
Je ne pense pas que la meilleure solution pour répondre à cela soit de nier le problème et de ne pas en parler.
Nous ne demandons pas un changement du droit, mais une prise de conscience.
Demandez aux gays et lesbiennes de votre entourage de vous raconter leur adolescence et leur début de vie d'adulte, et jugez par vous-même de la situation.
Rédigé par: Fade Out | 21 mai 2007 at 15:33
"Le fait de décréter un changement d'ordre culturel déclenche généralement un peu plus d'immobilisme dans les systèmes humains ; ressentant le diktat comme une non-acceptation de leur identité, ces systèmes le vivent comme une agression et réagissent en opposant toute l'énergie de leurs résistances. Rien n'illustre mieux la difficulté à générer un changement qualitatif que cette fameuse phrase attribuée à Edgar Faure lors de la mise en place de sa réforme de l'Éducation nationale : « En décrétant le changement, dit-il, l'immobilisme s'est mis en marche et je ne sais plus comment l'arrêter. »
Rédigé par: d'après F. Kourilsky | 21 mai 2007 at 17:14
Padawan,
Lorsque quelqu'un m'insulte ou me lèse, il n'y a pas une association qui se porte partie civile, une manifestation, du sang répandu dans des locaux, des coups de poings donnés, des gens qui se roulent par terre. Je suis donc un citoyen de seconde zone par rapport aux homos à qui il est reconnu une discrimination, un acte supplémentaire à leur préjudice initial qu'est le verbe ou le coup de poing.
Lorsqu'au cours de thérapies de groupe, des gens idiots, méchants riaient ou faisaient de bons mots sur les années de viol que j'ai subies, je me levais et je les chopais par le colbac en exigeant des excuses. Les gens suffisamment lâches pour ce type d'agression le sont généralement dans d'autres domaines et ils se répandaient, par la peur, en excuses et autres prévenances. J'ai choisi un jour de répondre à l'humiliation par l'humiliation, plutôt que par la compréhension, la gentillesse, l'ouverture d'esprit que les faibles prennent et prendront toujours pour une invitation victimaire. Depuis ce temps, je vis mieux et c'est l'essentiel.
Je n'appartiendrai jamais à une association d'hommes violés, à une autre d'enfant sans père, à une autre de ceux lésés par la justice. Je n'aime pas cet état d'esprit et je préfère la puissance obtenue par ce que j'ai pu surmonter. Je ne suis qu'un Français parmi d'autres et je suis attaché à cette valeur.
Je souhaiterais que les associations qui se battent contre une société qui les accepte, prennent plutôt l'engagement courageux pour les homos décapités en Arabie saoudite, les rabbins israéliens qui mettent leur tête à prix, comme Besancenot serait plus courageux de s'occuper des esclaves contemporains de Dubaï, des E. A. U plutôt que de ceux d'il y a deux siècles.
Rédigé par: Ludo Lefebvre | 21 mai 2007 at 19:21
Padawan,
Vous vous trompez complètement, je donnerais naturellement des droits aux homosexuels.
En outre, j'ai des connaissances homosexuelles, hommes et femmes. Excusez-moi, je ne vais vous donner leur nom, ils n'aimeraient pas du tout cela.
Il y en a parmi eux qui ont gardé la belle subversion de Genet, le beau raffinement de Proust, la culture de Sapho et tous pensent comme moi par rapport à la Gay Pride et aux associations représentatives qui ne les représentent pas du tout, ils sont bien plus virulents que je ne le suis d'ailleurs parce qu'ils en subissent les conséquences et surtout qu'homosexuels eux-mêmes, ils peuvent se le permettre.
Pour finir, on ne nous met plus que le racisme, l'antisémitisme, l'homophobie en avant alors que ce ne sont que des désagréments de la vie ordinaire, il existe pourtant des préjudices, des préoccupations bien supérieures à celles-ci, mais qui ont le tort de ne pas être à la mode ou d'être télégénique.
Rendez-vous dans n'importe quel tribunal, passez-y la journée et vous verrez que les drames de la vie ordinaire sont légions, que l'homophobie et le racisme n'y sont qu'infime.
Ségo,
"Alors, s'il vous plaît, laissons-leur au moins une journée mondiale..."
Excusez-moi, mais là c'est trop, on dirait le gentil ours Colargol qui demande à un Kapo de Buchenwald de laisser vivre des gens encore une journée.
Rédigé par: Ludo Lefebvre | 21 mai 2007 at 19:55
On voit ce que vous voulez dire par homophile, le contraire de homophobe mais les deux appellations sont étymologiquement inexactes.
Les homophiles sont normalement ceux qui sont sexuellement attirés par les hommes et c'est comme cela que je désigne personnellement les "homos".
Pour moi, l'homosexualité ne mérite pas le titre de sexualité puisque c'est un comportement sexuel qui se définit, en psychanalyse, par le déni de l'existence du sexe féminin.
L'autosexualité et l'hétérosexualité, elles, méritent vraiment l'appellation de sexualité normale, même si la seconde est plus riche.
Mais si l'autosexualité était mise en valeur comme elle le mérite, l'homosexualité n'existerait même pas, sauf cas d'incertitude génétique.
L'homophilie, au sens où je l'emploie, désigne une perversion, comme la zoophilie ou la gérontologie, c'est-à-dire une pathologie.
Cordialement, Sigismond
Rédigé par: Sigismond | 21 mai 2007 at 20:53
Monsieur Bilger, personne ne vous oblige à aimer les homosexuels. Si vous n'êtes pas homophobe, en quoi cette journée contre l'homophobie vous gêne tellement ? On ne vous demande pas d'aller dans des lycées parler d'homophobie . Encore que le rôle d'un magistrat pourrait être très utile en expliquant aux jeunes les conséquences pénales du racisme ou de l'homophobie. Beaucoup de jeunes homophobes casseurs de pédés se sentent dans leur bon droit. Il faut dire que certains hommes politiques encouragent l'homophobie en parlant d'homosexualité danger pour l'humanité ...
En ce qui concerne la pétition internationale contre la pénalisation de l'homosexualité, Ségolène Royal l'a signée, pas Nicolas Sarkozy ....
Rédigé par: Têtuniçois | 22 mai 2007 at 00:30
Génial ! Le coming out de notre ami Sigismond ! Autosexuel ! Foin des partenaires, hommes, femmes, chiens, escargots, tous autosexuels ! Je me plais ? Je me plais ! Je m'aime ? Je m'invite au resto, un seul couvert, c'est pour dîner en tête à...queue ?!
Et la leçon d'étymologie, géniale aussi ! Homosexuel, qui aime les hommes ! Et un homonyme, je suppose que c'est un nom d'homme ? L'homéopathie, réservée aux mecs ? On a déjà du mal avec le latin ici, voilà qu'il faut se mettre au grec ! Car, dans le cas précis, Sigismond Autosuffisant, homo vient du grec oµoios (homoios, le "h" correspondant à un petit accent sur le o, l'esprit rude, qui désigne une aspiration) qui signifie "identique". L'homosexuel est donc celui dont la sexualité est orientée vers le même sexe, garçon ou fille.
Et le sort réservé aux gérontologues ? Pervers, ni plus ni moins ! Les gérontophiles peuvent se ruer dans les asiles de vieux, seuls les toubibs seront assommés.
Sigismond, dites-moi, suis-je récupérable ? Mon présent propos relève-t-il de l'enculage de mouche ou de la masturbation intellectuelle ? Zoophile ou autosexuel ?
Rédigé par: Jean-Dominique Reffait | 22 mai 2007 at 08:51
Je suis d'accord avec vous quand nous dites la nécessité pour chaque personne de protéger sa sphère privée des multiples injonctions institutionnelles ou autres.
Mais je pense, Philippe, avec certains commentateurs que vous n'êtes contraint à rien pour ce qui est de l'homosexualité.
Je pense que chacun d'entre nous a une approche intime, complexe, contrastée, évolutive à l’érotisme et à l’amour qu'il serait totalement vain de vouloir absolument normaliser dans un sens ou dans un autre.
L'injonction d'aimer ou de détester, quelle que soit la marginalité, est évidemment insupportable.
Mais, en quoi cette journée mondiale est-elle si offensive et hostile et en quoi porte-elle atteinte à votre liberté d'aimer ou de ne pas aimer?
Et votre idée de "naturel majoritaire" me laisse quand même perplexe.
Je crains un peu pour vous qu'à force de voir et de vouloir identifier partout des menaces contre votre vision viscéralement réactionnaire, vous ne finissiez par construire à votre tour une sorte de grille de lecture ou une représentation unique de la réalité de la société dans laquelle nous vivons.
Rédigé par: Véronique | 22 mai 2007 at 09:40
@ Ludo Lefebvre
Je ne vois pas où vous voulez en venir entre une journée mondiale de ce que l'on veut et Buchenwald. Si vous le pouvez, lisez l'excellent livre de Léon Poliakov "Le bréviaire de la haine"... Deux planètes différentes...
Quant à ces journées mondiales de ce que l'on veut, il ne faut pas oublier le côté démagogique des organisateurs de ces dites journées qui sont souvent à cent lieues du sujet concerné - présentement l'homosexualité - dont la seule vue (que j'estime très populiste) est de se dire que derrière un homosexuel se cache un électeur. Gageons que si nous pouvions faire comme en sciences de la modélisation informatique en se projetant dans l'avenir sur une journée de "Casseurs de pédés" nous retrouverions les mêmes personnages dans l'encadrement de cette très virtuelle journée..
Rédigé par: Bernard | 22 mai 2007 at 10:21
@Sego ..Mea culpa .. ma réponse est pour @Ludo Lefebvre
Rédigé par: Bernard | 22 mai 2007 at 10:27
Bernard,
Il n'y a aucun rapport et je n'en mets pas.
Je me moque d'une prose exagérative dans l'apitoiement, la supplication qui fustige le critique.
Je pense apporter des éléments concrets, en rien discriminant et Ségo me supplie de laisser une journée mondiale aux homos, car ils n'ont que cela. Vous voyez jusqu'où va le ridicule.
Déjà, c'est faux, car les couples homosexuels sont ceux qui ont le plus fort pouvoir d'achat, ils ne vivent pas terrés par la persécution et je ne dis rien qui fustige les homosexuels, mais des homosexuels et cette nuance est énorme.
Je critique du fond de ma conscience la récupération des associations mendiantes et exigeantes, la gay-pride, les gays qui ne veulent pas l'égalité, mais le pouvoir et la transformation de la société au nom de leur ego, non de son intérêt.
Ce petit monde de la communauté, qu'elle soit religieuse, sexuelle, ethnique... passe son temps à monter les Français les uns contre les autres au nom de l'universalisme alors qu'ils font le contraire, à revendiquer alors qu'ils ont tout et à vouloir diriger la pensée d'autrui.
Je suis du pays de Montaigne et libre de ma propre raison, de mes propres choix.
Personne n'a à venir m'imposer quoi que ce soit qui sorte de nos règles de vie commune.
Monsieur Bilger a raison lorsqu'il dit qu'il est homophile si il le veut, ce qui ne veut dire en rien qu'il le soit ou ne le soit pas, mais que ça ne regarde que lui et que personne n'a à lui imposer ce genre de choix intime, personnel.
On ne rentre pas comme cela de force dans la vie privée des gens, les obligeant à accepter, à justifier, à signer, à se laisser influencer le psychisme. On n'oblige pas la réflexion d'autrui. On laisse les autres vivre, être libres, même lorsque l'on n'est pas d'accord avec eux..
Dans les années cinquante, la liberté d'expression était beaucoup plus libre et diversifiée que de nos jours... quelle société de progrès!
Il faudra bien que tous ces gens finissent par ficher la paix aux autres.
Rédigé par: Ludo Lefebvre | 22 mai 2007 at 14:14
Un petit aparté pour vous faire part de mon étonnement
En effet, Christian Vanneste pourra se représenter aux prochaines législatives et ce malgré ses propos homophobes condamnés il y a peu
Pourtant, en janvier dernier notre président avait affirmé que Mr Vanneste ne se se représentera à ces prochaines élections sous l'étiquette UMP
Problème, c'est que Mr Vanneste va se représenter non pas sous l'étiquette UMP mais sous celle de l'UMP-CNI ( filiale de l'UMP )
Et devinez quoi, il n'y aura aucun candidat UMP à se présenter contre Mr Vanneste sous prétexte que l'UMP n'a pas pu trouver de candidat à opposer à Mr Vanneste
Mr Sarkozy, l'homme qui tient ses promesses, a déjà commencé à retourner sa veste
Quant à l'excuse donnée par l'UMP : j'ai envie de dire qu'on nous prend vraiment pour des cons
Voilà donc un homme condamné pour des propos homophobes et qui pourra et qui sera vraisemblablement un député de la République française
et tout ça cautionné par notre bon président
Rédigé par: Ségo | 22 mai 2007 at 20:15
La liberté d'expression plus grande dans les années 50 ? Vous plaisantez j'espère ?
A l'époque les homosexuels n'avaient pratiquement pas droit à la parole sauf la revue confidentielle Arcadie .
La censure était omniprésente. L'homosexualité était taboue aussi bien à la radio, à la télé, dans les journaux, dans les manuels scolaires. Dans les années 80 la liberté d'expression a nettement progressé.
Aujourd'hui un homme essaye de la remettre en cause : Sarkozy .
Par exemple ces jours-ci il a voulu faire interdire la revue GAY illico comme à l'époque où son grand ami Pasqua a voulu interdire GAY PIED .
Et je ne parle même pas des menaces sur la liberté de la presse avec les multiples pressions : exclusion du rédacteur en chef de Paris Match, menaces sur l'éditeur du livre de Cécilia, exclusion d'un chroniqueur de la radio rires et chansons, pression et censure sur les journalistes du JDD ...
Rédigé par: Têtuniçois | 22 mai 2007 at 23:44
Fade out,
Les gens vous aiment bien, vous acceptent hormis une poignée d'imbéciles qui vous frappent dessus de temps à autres.
Quelques personnes ne m'aiment pas, et alors ?
Ne vous faites pas avoir par cela, vous n'avez besoin de l'autorisation de personne pour vivre et être vous-même. Prenez le risque de déplaire et vous verrez que non seulement ce n'est pas si dramatique que cela, mais que d'autres vous apprécieront pour vos prises de positions.
Têtuniçois,
Je trouve que cette période de cinquante à quatre-vingt fut celle où les gens étaient le plus libres, où il était permis d'être snob, de frimer, d'être un plouc, d'être con, d'être laid, d'être âgé, où les comiques n'étaient pas méchants, mais drôles.
Les gens se parlaient plus volontiers, chantaient au travail, les gros, les petits, les vieux étaient bien dans leur peau.
Il me semble que depuis la culture du paraître, du regard d'autrui, de l'ironie, de la mise à l'écart des moches dans le show, du jeunisme, du nanti qui écrase le faible ou supposé tel, il y a quelque chose de précieux qui a été cassé.
Vous voyez la réalité à travers le filtre de l'homosexualité, moi non.
En même temps dans une société qui était plus virile, les homos vivaient plus cachés, certes, mais ils étaient moins frappés par les bandes de banlieues. Ils étaient plus sympathiques, plus subversifs, moins pleurnichards, moins obsédés par la mode et la musique merdique alors que leurs problèmes étaient beaucoup plus sérieux puisqu'ils étaient interdits par la loi.
Je ne comprends pas ce que veulent les homos contemporains, ne plus être dans la différence, tout en l'étant et comment la société réalise-t-elle ce miracle ?
Moi aussi, je suis différent, je fais avec, mieux, cela me plaît maintenant.
La société est faite par ou pour le plus grand nombre et c'est normal, j'ai aussi des différences par rapport aux gens classiques...
Je vous comprends, Têtuniçois, mais je ne vous approuve pas dans vos revendications sans fin.
Ne croyez pas qu'autrui échappe à la souffrance, au rejet dans d'autres domaines. C'est notre lot naturel à tous, c'est un des éléments de la vie sociale.
Rédigé par: Ludo Lefebvre | 23 mai 2007 at 02:09
@ Têtuniçois : Non..! Des années 50 aux années 80 l'homosexualité sans spécialement avoir pignon sur rue était quand même admise même si celle-ci était un peu prise en dérision, mais gentiment, par des chanteurs comme Brel ou Brassens. Personne n'ignorait les moeurs de Gide, Montherlant, Roger Peyrefitte (qui fut même académicien), Cocteau, Jean Marais, etc etc. "Ils en étaient" comme on disait à l'époque et le pays faisait avec. Au-delà de leurs moeurs on reconnaissait leur génie ou leurs valeurs. Comme le fait remarquer un des intervenants du blog, le monde était plus viril et la virilité n'avait pas besoin de s'affirmer lâchement en allant casser du pédé.
Quant à l'interdiction de l'homosexualité ...
il ne me semble pas qu'il y ait eu beaucoup de procès concernant celle-ci, un peu de tapage dans les années 60 concernant un chanteur depuis disparu qui semblait impliqué dans une affaire de "ballets bleus" mais c'est tout à ma connaissance.
Puis après 80 il y a eu un tournant avec le SIDA, l'homosexualité n'était plus une curiosité mais était devenue un vecteur de mort, le regard des gens avait changé. L'information a quand même permis de déculpabiliser l'homosexualité.
Maintenant l'homosexualité est devenue une référence politique "Dis moi si tu es gay et je te dirai de quel bord tu es (bord politique bien sûr)... Les bobos s'en sont emparés, il est de bon ton d'avoir "son" gay ou sa lesbienne à table ou à dormir à la maison, la presse people couvre l'actualité avec en tête des Gay Pride les personnalités qui cautionnent ces manifestations ; un évêque se sent parfois l'obligation d'y aller de son cantique, l'homosexualité est devenue une mode. Mais attention, comme toutes modes, celles-ci deviennent vite ringardes et finissent dans les poubelles ou les fonds de tiroirs.
Rédigé par: Bernard | 24 mai 2007 at 09:44