On n'a pas fait le sort qu'elle méritait à une étrange et déchirante tribune libre, écrite par le rabbin David Meyer (Le Monde du 29 mai).
Qu'a-t-elle donc de si singulier, cette pensée ? Pour la résumer, je la qualifierai à la fois de courageuse et de crépusculaire. Elle constate la montée de l'antisémitisme et se distingue avec force et émotion des trois manières radicalement différentes par lesquelles les juifs d'Europe ont tenté de réagir face à la réalité antisémite : la rejeter, la fuir ou la contrecarrer.
On voit bien, au regard de l'histoire, à quoi correspondent ces trois démarches qui, selon David Meyer, ont gravement failli. "Face à ce tableau pathétique des échecs successifs de notre expérience millénaire", il ne resterait pour le rabbin qu'un seul autre choix.
Lequel ?
C'est la première fois que je lis, sous une telle plume angoissée et lucide, l'aveu, le constat que "Nous juifs d'Europe devons apprendre à affronter la réalité de l'antisémitisme sans grandes expectatives et sans espoirs... Pour nous c'est comme une histoire d'amour à sens unique. Nous aimons l'Europe, mais nous savons pourtant que l'Europe ne nous aime pas avec la même ardeur."
Le choix que David Meyer propose est donc de "confronter l'antisémitisme", sur un plan intellectuel. Il s'agit, pour les juifs d'Europe, de faire entendre leur voix pour rappeler leur présence, "mais rien de plus".
Je me suis demandé, devant ce beau texte profond, lamento désespéré et pourtant sans résignation, pourquoi il m'avait secoué presque jusqu'aux larmes. Je crois que l'approche de David Meyer nous change tellement des grandes orgues de l'apocalypse, des donneurs faciles de leçons, des oiseaux obsessionnels de mauvais augure, des indignations tonitruantes et à la longue inaudibles, qu'elle ne peut qu'être considérée avec le plus grand respect et une infinie attention.
Lorsque tant de modestie sereine, tant de chagrin perceptible à fleur de maux s'allient à tant de finesse, on est saisi du désir de faire quelque chose. On se dit que ce n'est vraiment pas possible, que l'antisémitisme dénoncé avec cette pudeur et cette intelligence doit trouver en nous, concrètement, quotidiennement, des adversaires résolus et jamais lassés.
Qu'un rabbin en arrive à une telle désolation qu'il puisse accepter d'aimer l'Europe sans être aimé par elle me semble un message bouleversant de nature à convaincre même les esprits les plus endurcis. Cette confession qui demeure à hauteur d'homme ne se paie pas de mots et oppose la dignité à cette affection qu'on ne veut pas donner, à cette traumatisante incompréhension.
Cette mélancolie du rabbin a de l'allure. Elle convainc bien plus que mille discours doloristes.
Les Juifs d'Europe pensent ne pas être aimés. Est-ce parce qu'ils affichent leur volonté d'être Juifs avant d'être européens ?
La notion d'identité juive est tellement forte qu'elle est automatiquement confrontée à la notion d'identités nationales. Les deux ne sont sans doute pas conciliables.
Le jour où le judaïsme ne sera plus une identité si marquée, les civilisations chrétiennes, musulmanes et judaïques pourront peut-être faire un bout de chemin ensemble.
Rédigé par : Thibault | 07 juin 2007 à 02:26
@ Véronique : Homo homine lupus
Rédigé par : Bernard | 03 juin 2007 à 15:01
@ Bernard - autocritique Les premiers martyrs chrétiens provoquAIENT les autorités romaines :-) Mes fautes m'obsèdent ..!
Rédigé par : Bernard | 03 juin 2007 à 11:51
Sans faire d'amalgame entre "les juifs de France" et Israël, que pensez-vous, s'il vous plaît, de cet article du Monde daté du 2 juin, "Les services secrets israéliens auraient manipulé le raid d'Entebbe".
Où l'on apprend qu'un membre de "l'association euro-arabe" (qu'est-ce que cette association ?) aurait informé un diplomate britannique en poste à Paris : ce détournement serait l'oeuvre du Front Populaire de Libération de la Palestine, aidé du Shin Bet (les services secrets israéliens).
Pourquoi ? Pour empêcher, dixit le membre de l'association euroarabe, le rapprochement entre l'OLP d'un côté et les Américains et les Français de l'autre.
L'article se conclut en disant que la faiblesse de cette note est de n'apporter aucun élément de preuve... Mais qu'elle éclaire d'un jour nouveau le raid d'Entebbe...
Je trouve que publier une note dont l'origine est aussi douteuse s'apparente à de la diffamation pure. Cet article est déjà quasiment en tête des articles envoyés. Je trouve ça lamentable. Vous, en tant que magistrat, vous avez peut-être accès à d'autres informations, vous avez un point de vue objectif. Ne vous méprenez pas, je suis toute prête à admettre cette thèse, si elle est vraie, si elle est prouvée.
Je ne suis pas juive non plus. Mais j'ai de la famille juive française. Ca sensibilise à un certain nombre de question, c'est sûr.
Ca ne fait pas de moi une néosioniste délirante. Si?
Rédigé par : isa | 03 juin 2007 à 10:25
@ Ludo Lefebvre - Les premiers martyrs chrétiens provoquaient les autorités romaines pour aller aux lions, pensant gagner à travers le supplice l'éternité. Ce n'est pas du fatalisme mais du fanatisme (Pierre Grimal... il faudra que je retrouve le texte).
Le Boudhisme... Religion ou philosophie ?
Achille et tous les héros de Troie appartiennent à la légende homérique.
La religion catholique ou hébraïque monothéiste ? Le passage 3-22 de la Genèse dit le contraire (il n'y a pas de pluriel de majesté en hébreu), Dieu dit :" Voilà que l'homme est devenu comme l'un de nous..."
Quant au particularisme juif ! Fait rare, mais ma première femme était juive et comme l'héritage religieux se transmet par la mère mes deux fils aînés sont donc juifs, dont un qui a pas mal fréquenté les Rabbins et ne renie en rien ses origines. En 35 ans, j'ai eu tout le temps pour m'interroger sur les juifs mais je ne prétends pas détenir la vérité dans ce que j'écris, mes écrits et pensées n'étant pas axiomatiques donc discutables et faillibles.
Rédigé par : Bernard | 03 juin 2007 à 08:28
@ Bernard
"Nous devons avoir le courage d'admettre que l'antisémitisme est bel et bien une réalité endémique qui ne s'éradique pas. Malheureusement les mutations de la pensée antisémite évoluent plus vite que notre capacité à éduquer !" David Meyer - Vivre avec l'antisémitisme?
Pas plus la fatalité que le fatalisme.
Je crois au contraire qu'il faut avoir une grande détermination pour accepter l'idée d'être sans illusions sur la réciprocité de l'amour qu'on éprouve pour autrui.
Albert Cohen avait écrit à peu près ceci dans "O vous, frères humains" (je cite de mémoire) :
"Je ne demande pas l'illusoire amour du prochain mais que les hommes cessent de s'entre-haïr"
Je pense que c'est à hauteur de cela qu'il faut lire la tribune du rabbin Meyer.
Rédigé par : Véronique | 03 juin 2007 à 07:53
"Le fatalisme du rabbin Meyer".
A la suite de l'Empereur Joseph 2, la loi de 1791 confère aux Juifs de France une citoyenneté pleine et entière. Ils peuvent vivre selon leur gré, justifiables devant la loi commune et non plus devant la loi communautaire de la synagogue assise sur les textes. Ainsi Spinoza fut-il expulsé de la communauté d'Amsterdam. Nul ne pouvait maudire la volonté divine, CF le livre de Job. Ainsi le fatalisme était de tradition, au mieux le scepticisme. Aujourd'hui,la majorité des Juifs ne sont pas observants, ils restent cependant au judaïsme pour des raisons philosophiques, culturelles ou par respect hypocrite des traditions familiales. Il n'y a pas de Constitution en Israël, seulement des principes. Il avait paru impossible aux fondateurs de l'Etat de faire admettre aux croyants et aux incroyants un texte commun. Le fatalisme antique n'existe plus guère. L'histoire actuelle montre que l'Etat d'Israël ne l'est pas, pas plus que le judaïsme mondial fier est néanmois attaché à son passé peu ou prou. Il faut admettre qu'un rabbin éminent qui ne peut envisager de nier la volonté divine, reste fataliste face à ce qu'il a vécu et voit actuellement... Il est de notre devoir à tous de lutter pour un monde humaniste, soucieux de l'autre, comme de soi-même, en excluant le fatalisme, surtout si on se réclame juif. Même s'il est raisonnable de penser que l'âge d'or est un mythe, cela ne peut être une raison pour baisser les bras.
Rédigé par : francis | 02 juin 2007 à 21:27
Bernard,
nous pouvons dire la même chose des autres principaux monothéismes en ce monde :
Les premiers martyrs chrétiens à Lyon avec Ste Blandine, le fameux mektoub (c'est écrit) des musulmans.
L'acceptation, s'en remettre à une force divine, faire confiance au choix divin pour mieux apréhender les péripéties de la vie.
Les bouddhistes en changeant eux, car ils ne peuvent changer le monde sont dans la même conception.
Et aussi dans le polythéisme, Achille savait par les prédictions de sa mère que sa vie s'achèverait précocément à Troie en l'échange d'une gloire éternelle.
Je ne vois pas de particularisme juif en ce que vous démontrez.
Rédigé par : Ludo Lefebvre | 02 juin 2007 à 20:36
@ Véronique - Pour moi, ce qui résume le plus la fatalité juive face à la religion est dans la Bible : "Le livre de Jonas" : Dieu veut envoyer Jonas à Ninive, terre hostile à Jonas, celui-ci fait prendre une autre route à son bateau pour eviter d'aller à Ninive et berner Dieu, mais il tombe à l'eau, un gros poisson l'avale et le recrache devant Ninive"
L'éxégèse de ce livre se résume à "Tu n'échappes pas au destin que Dieu t'a tracé"
Le rapport des juifs à la religion a effectivement toujours été très fort, bien que maintenant ils semblent quand même faire la part des choses.
Rédigé par : Bernard | 02 juin 2007 à 18:36
@ Bernard
L'histoire est une science humaine. Nous sommes d'accord. Mais un historien travaille avec et sur des archives et des documents.
Le travail d'un historien n'est pas de faire dire ce qu'il veut à un document.
Ce qu'a écrit Léon Poliakof est essentiel. Aujourd'hui encore des documents et des témoignages relatifs à cette période sont exhumés.
Après cela, il y a les méditations et les lucidités déchirées d'un rabbin Meyer.
Je vous remercie de ce que vous nous dites au sujet du choix du mot "fatalisme". Il y a eu au tout départ de la tradition juive un lien avec Dieu basé sur une alliance.
Je pense que nous sommes simplement très loin d'en comprendre tout le sens et toutes les implications.
Rédigé par : Véronique | 02 juin 2007 à 09:12
@ Ludo Lefebvre .. Vous avez raison si vous fractionnez le temps, mais je vous ferais la même réponse qu'à Véronique, l'histoire des juifs ne commence pas avec l'Affaire Dreyfus ou la shoah, il y a cette fatalité à s'en remettre au "Tout puissant" . Quand on lit la Bible qui nous plonge au coeur d'Israël, on ne rencontre que des gens fatalistes qui s'en remettent à Dieu, que ce soit le sacrifice d'un enfant ou être crucifié, on ne discute pas la volonté divine... Mais peut-être que fataliste n'est pas le mot qu'il convient d'utiliser...
Rédigé par : Bernard | 01 juin 2007 à 21:39
@ Véronique L'intérêt de Poliakov c'est qu'il a vécu cette période comme adulte, c'est du présent pour lui... Je ne nie pas les compétences des historiens dont vous citez les noms, tous d'éminentes personnalités universitaires, mais ils étaient jeunes à cette période et bien que leurs écrits fassent autorité, l'honnêteté commande de rester au conditionnel, l'histoire, aussi horrible qu'elle puisse être n'est pas une science exacte. Méditons avec Socrate: "Je sais que je ne sais rien".
Rédigé par : Bernard | 01 juin 2007 à 21:27
@ Bernard
Robert Paxton, Raul Hilberg, Henry Rousso, Jean-Pierre Azema, François Bédarida, Pierre Laborie, André Kapsi, Annette Wieviorka...
"...mais ces historiens ou plutôt néo-historiens subissent une certaine pression que je qualifierais de politique, surtout depuis un peu plus d'une vingtaine d'année"
Ah bon!
Rédigé par : Véronique | 01 juin 2007 à 15:45
Bernard,
Votre notion du fatalisme est etayée et intéressante, mais je vois pas les choses ainsi.
Les juifs largement minoritaires (entre 600 000 et 800 000 en France actuellement) ont toujours fait ce qu'ils ont pu, les pauvres.
Ils ont subi la loi du plus nombreux et du plus fort et je n'y vois aucun fatalisme ou résignation, aucune prétention à aller au billot en philosophe. Ce furent des victimes simplement de ce que l'homme peut engendrer de pire en société, de ce qu'il peut légitimer d'horrible en institutionnalisant la barbarie.
Rédigé par : Ludo Lefebvre | 01 juin 2007 à 12:15
@ Véronique: Je ne discuterais pas des travaux des historiens qui sont certainement plus compétents que moi pour faire la synthèse de la shoah, mais ces historiens ou plutot néo-historiens subissent une certaine pression que je qualifierais de politique, surtout depuis un peu plus d'une vingtaine d'année, c'est pour ça que je préfère avoir comme référence le livre de Léon Poliakov "Le bréviaire de la haine" qui est un livre qui a été écrit en 1951 et qui ne semble pas avoir subi de pression, c'est un livre écrit à chaud qui nous emmène sur d'autres dimensions ou le mot humain est banni, à chacun de tirer sa propre conclusion.. Mais la fatalité est partout, d'autres y verront peut-être de l'indifférence... A travers mes propos il ne s'agit pas de minimiser le rôle du régime de Vichy ou les responsables politiques d'autres pays, où seul le mot complicité s'applique... Le livre a aussi servi de référence à Hannah Arendt... Léon Poliakov a également écrit un livre (2 Volumes) sur l'antisémitisme.
Rédigé par : Bernard | 01 juin 2007 à 10:35
Une nouvelle liste de "sionistes" et "néosionistes" sur le site des ogres proDieudonné.
Rédigé par : isa | 31 mai 2007 à 22:28
L'horreur de la shoah amena une commisération gênée pendant 20 ans. La découverte du drame éclaira l'opinion sur le génie mal connu des savants, écrivains et artistes juifs. Ceux-ci avaient continué, sans l'affirmer explicitement, le devoir qu'a le Judaïsme de l'étude, de la réflexion et du travail. Plutôt que d'une judéomanie, parlons de juste reconnaissance. L'avènement de l'Etat d'Israël, ses combats victorieux, suscitèrent l'admiration. David vainqueur de Goliath ! Mais trop c'est trop ! Surtout pour le gouvernement français englué dans le pétrole, l'atome sa politique arabe. Le triomphe des Six jours, Israël sûr de lui et dominateur l'importunait, ce fut le reflux de la judéomanie, officiel puis dans l'opinion. La situation a changé en 1962. Les sepharades du Maghreb arrivent en métropole comme les autres. Ils sont outrés par la conduite des Evénements mais ils ont réanimé le vieux judaïsme des juifs fatalistes d'avant guerre. Ils ont redonné la fierté d'être juif et de l'affirmer. Mais je le déplore dans un certain communautarisme qui peut déplaire, le Betar me déplaît. Or le judaisme français a toujours désiré s'intégrer dans l'identité française. Ainsi, Rachi le vigneron et bibliste utilisait le parler champenois en 1200. Marcel Proust, tout en persiflant ses demi-coreligionnaires, vivait dans le monde parisien. Aujourd'hui, je réfute le fatalisme du rabbin Meyer, il est suranné. Les Juifs de France dans leur majorité luttent pour magnifier leur héritage culturel, comme ils s'efforcent dans leurs activités de bonifier leur pays, la France. Ils n'ont plus l'âme mélancolique.
Rédigé par : francis | 31 mai 2007 à 21:13
Jean-Dominique,
Je vous avais mal lu ou plus exactement, je n'avais pas compris vos propos dans ce sens, excusez-moi.
Rédigé par : Ludo Lefebvre | 31 mai 2007 à 18:07
@ Jean-Dominique Reffait : Elle a des préjugés à l'égard des juifs, commes des arabes, des tziganes, des homosexuels, des albinos, des roux, des pieds plats, des blondes, des gros, des maigres, du piercing.
Oui mais "Un préjugé est plus difficile à détruire qu'un atome"... C'est un juif qui a dit ça... Albert Einstein.
Rédigé par : Bernard | 31 mai 2007 à 16:49
@ Bernard
Merci Bernard pour votre chronologie !
Mais ce que vous me rappelez, je le savais un peu.
Si vous avez revu Monsieur Klein (le film de J. Losey) qui a été rediffusé il y a quelques semaines, il y a cette image saisissante, quand Delon est aspiré et englouti dans un tunnel.
Parler de fatalisme de la communauté juive au sujet de ce qui s'est passé dans notre pays pendant la guerre m'apparaît être une approche que bon nombre de travaux d’historiens sur cette période ont battue en brèche.
Pour ce qui est d'un fatalisme au sens religieux ou philosophique, je ne suis pas en mesure de pouvoir le discuter car cela fait appel à des notions que je ne maîtrise pas.
Me référant à ce que je sais de la seconde guerre mondiale, ce que vous appelez "fatalisme" a d'abord été pour les communautés juives européennes l'impossibilité d'envisager qu'elles seraient abandonnées par tous dans un piège meurtrier.
Je pense que "le fatalisme" que vous lisez à travers les mots du rabbin Meyer appartient à ce traumatisme majuscule.
Rédigé par : Véronique | 31 mai 2007 à 13:14
@ Ludo Je n'ai pas dit qu'on avait évacué les juifs vers le nouvel Etat mais qu'on s'était débarrassé du "problème" juif en accréditant l'idée que la patrie des juifs européens était ailleurs que dans leurs pays d'origine : on en faisait ipso facto des étrangers chez eux. La détresse des juifs d'Europe après la shoah a permis à certains Etats très antisémites (Pologne, URSS, Allemagne post-nazie) de soutenir la création d'Israël et de fournir les premiers peuplements du nouvel Etat. Les juifs américains, dans le cadre d'une culture américaine d'un Etat nouveau et idéal, ont financé ce nouveau monde qu'ils assimilaient au mythe du "Mayfllower" (voir l'épisode tragique de l'Exodus).
Le sionisme est un mouvement nationaliste dont la légitimité est indiscutable à l'époque où il a été formulé. C'est l'époque de tous les nationalismes en Europe, du pan-germanisme, du pan-slavisme, des nationalismes au sein de l'Empire Ottoman. Aujourd'hui le sionisme a pris le coup de vieux de tous les nationalismes.
Le mythe du droit au retour est une invention politique : la quasi-totalité des juifs d'Europe et d'Amérique n'ont aucun ascendant en Palestine historique et les études génétiques d'archéologues israéliens ont montré que les descendants des hébreux sont aujourd'hui les musulmans et chrétiens de Palestine (j'utilise ce terme en référence géographique et non politique) convertis d'abord au christianisme de l'Empire romain puis à l'islam des nouveaux maîtres arabes ainsi qu'un tout petit nombre de familles juives qui n'ont jamais quitté ce territoire.
La place des juifs d'Europe est chez eux : en Europe.
Enfin, la France vient de montrer de façon claire qu'elle n'était pas antisémite en élisant à sa tête un homme qui a revendiqué ses origines juives. Parmi les personnalités politiques les plus populaires, on retrouve des juifs comme Kouchner ou Strauss-Kahn qui auraient pu prétendre avec sérieux aux suffrages des Français. Non, la France n'est pas antisémite. Elle a des préjugés à l'égard des juifs, commes des arabes, des tziganes, des homosexuels, des albinos, des roux, des pieds plats, des blondes, des gros, des maigres, du piercing...
Rédigé par : Jean-Dominique Reffait | 31 mai 2007 à 10:51
@ Véronique
L'histoire des juifs ne commence pas avec l'affaire Dreyfus, elle doit commencer à peu près vers 1450 avant notre ère avec les Apirou, un des plus connu semble être Moïse ..Peut-être une sorte de responsable syndical ... Il semble avoir défendu des Apirou spécialistes en maçonnerie qui offraient leurs services à Pharaon et que ce dernier voulait exploiter. La suite ..? Il faut faire confiance à la Bible... Lui aussi bien avant Théodore Herzl cherche la Terre Promise mais faute d'être fataliste et de s'en remettre à la puissance divine, il meurt avant d'avoir atteint celle-ci...15 siècles plus tard, un autre Juif appelé Jésus est crucifié, il sait qu'il va être trahi et mis à mort, mais reste très fataliste, c'est Dieu qui le veut .. Bien plus tard, Philippe le Bel s'offre quelques bûchers avec des juifs, là aussi pas de réaction ; le Moyen Age français invente la "roue d'or" pour les juifs, considérés comme autres, les juifs étaient tenus d'avoir une roue d'or (jaune) cousue sur leurs vêtements, ce qui permettait de les repérer au cas où... Là aussi ils restent fatalistes (les nazis n'inventèrent rien avec l'étoile jaune). En Espagne les bûchers d'Isabelle la catholique et des tribunaux de l'Inquisition sont restés tristement célèbres, mais là aussi les juifs semblent fatalistes et c'est par centaines qu'ils iront au bûcher .. La Renaissance apporte une accalmie... Puis il y a l'affaire Dreyfus, là encore ce ne sont pas les voix des juifs qui proteste mais Emile Zola... Un peu plus tard c'est le ghetto de Varsovie, re-fatalisme, sauf au dernier moment où le ghetto eut un soubressaut et tenta un soulèvement... Les chambres à gaz des camps de l'horreur : les corps des victimes étaient enlevés par d'autres juifs qui eux-mêmes devaient savoir que leurs jours étaient comptés, mais rien, uniquement une fatalité qui les faisaient aller à la mort sans rien dire... Une telle fatalité relève même de l'éxégèse... Et si c'était Dieu qui avait rendu les juifs fatalistes parce que Moïse a douté de lui ?
Rédigé par : Bernard | 31 mai 2007 à 10:48
A chaque profanation de cimetière juif, médias, politiques et associations affirmaient qu'il y avait une montée de l'antisémitisme en France. Je ne le percevais pas autour de moi, ni dans la sphère privée, ni dans la sphère publique mais on m'affirmait que tel était le cas et j'en étais venu à le croire. Et puis un jour, il y a deux ans peut-être, des chiffres du ministère de l'Intérieur ont été publiés dans une brève dans un grand quotidien, on profane en France des tombes juives mais aussi un grand nombre de tombes musulmanes et de tombes catholiques. Vu l'effet médiatico-politique pour un cimetière juif, je crains que les "malades" qui ont envie de se signaler aillent choisir celui qui assure la médiatisation la plus forte...
Rédigé par : Bulle | 31 mai 2007 à 10:35
Ni trop ni trop peu.
Moins les non-juifs et les juifs étaleront leurs griefs et plus la République sera belle.
J'ai fait mes études secondaires dans des classes où il y avait 90% de juifs et, jamais, je n'ai senti de différences autres que nos pratiques religieuses; j'ai conservé de nombreux amis juifs; nous ne parlons ni de judeomanie ni d'antisémitisme, encore moins de la politique de survie de l'Etat hébreu.
Ainsi les éventuelles frictions sont évitées et nous restons de bons amis.
Puissent les Français qui se disent "le peuple le plus intelligent de la terre" arrêter d'organiser de fausse guerres.
Quant à BHL, il écrit trop.
Rédigé par : mike | 31 mai 2007 à 10:10
Petite mise au point sur les définitions qui peut nous éviter des malentendus, des disputes inutiles.
Un antisioniste est quelqu'un qui est contre l'Etat d'Israël, pas un antisémite qui est quelqu'un qui n'aime pas la race sémite (arabe et juive... les fils de Sem) ou un antijudaïste qui est effectivement quelqu'un qui n'aime pas les juifs.
La nuance à faire me semble très importante, car ne pas être d'accord pour une situation géopolitique et être raciste sont deux notions bien distinctes.
Je ne prêche pas pour ma paroisse, car je ne suis pas antisioniste, pas plus qu'antisémite.
Cependant il y a des juifs et des non juifs qui sont pour des raisons politiques ou religieuses contre l'Etat d'Israël, on peut donc être antisioniste sans être raciste.
Si nous échappons à la confusion, ce sera déjà un moyen d'être plus justes.
Ma vision se rapporte au goût et au partage d'idées et je me refuse aux généralités:
J'aime Zemmour, E Lévy, Cohen, Finkielkraut, je serais donc prosémite.
Je n'aime pas BHL, Cohn-Bendit, Benamou, je serais donc antisémite.
Chabat, Sémoun et Youn me font rire, je suis judéophile. Arthur et Sysley pas du tout, je suis donc judéophobe.
Je trouve suspects les antisémites qui n'aiment pas quelqu'un parce qu'il est juif, mais tout autant les judéomanes qui trouvent les juifs plus intelligents, plus cultivés, qui aiment de façon automatique quelqu'un en fonction de son judaïsme, il y a quelque chose qui sonne faux dans ce raisonnement, un besoin de prouver... étrange.
Nous avons la chance de pouvoir penser en une complexité qui peut échapper au binaire, d'approcher le vrai grace au discernement, aux informations, à la réflexion, ne nous en privons pas.
Rédigé par : Ludo Lefebvre | 31 mai 2007 à 09:11