La violence des autres
Depuis l'élection de Nicolas Sarkozy à la présidence de la République dimanche soir, dans diverses villes, notamment Paris, des bandes d'énergumènes, des "jeunes" comme les appellent volontiers les médias, cassent, brûlent, jettent des pierres sur les forces de l'ordre, créent un désordre d'autant plus intolérable qu'il ne semble nourri que de lui-même. Il est clair qu'il s'agit d'une violence sans cause qui, au mieux, en espère une autre légitime en réplique.
Nicolas Sarkozy se trouve actuellement à Malte avec sa famille. S'il a annoncé avec précision ce qu'il avait l'intention d'accomplir durant son mandat présidentiel et si les élections législatives lui donnaient la majorité pour sa politique, on ne peut pas dire que depuis ces deux jours, entre la salle Gaveau, la place de la Concorde, le Fouquet's et les people amis, il ait fait preuve d'un triomphalisme arrogant et que ses deux discours ont été provocants et vindicatifs. Au contraire, selon la tradition mais avec une conviction ferme et répétée, il a martelé, notamment place de la Concorde où derrière lui, sans tenue et sans respect on riait et plaisantait, qu'il était exclu de dresser une France contre l'autre.
Et il est parti.
Cette situation, la violence de quelques-uns ici, lui là-bas, démontre s'il en était besoin qu'hier comme aujourd'hui, on n'a pas besoin de ses oeuvres pour mettre en branle une pulsion de haine sociale et de répudiation démocratique. Qu'ils soient peu nombreux à agir de la sorte dans plusieurs grandes villes est une évidence. Qu'il n'y ait sans doute pas en leur sein beaucoup d'enseignants et d'ouvriers - même si, selon France-Info et le site de l'Express, c'était le cas à Rennes - semble acquis même si le peu qui se mêle à ces dévastations est déjà trop et ne rassure pas sur l'avenir que ces minorités préparent. Il faut louer la modération républicaine de François Hollande qui a invité ces trublions à tenir compte du vote et à combattre avec les armes pacifiques de la démocratie. Je crains que cet appel n'ait guère de succès tant depuis quelques années, et notamment contre Nicolas Sarkozy, l'explication sociale et l'analyse politique échappent à l'entendement pour faire dans le fantasme. Ces petites troupes en marge d'un Etat font du bruit et du mal comme mille et se soucient comme d'une guigne de s'accorder à des règles qu'elles récusent. Protégées, de manière anticipée, par le scandale qui naîtrait absurdement d'une répréssion légitime exercée à leur encontre, elles s'ébattent sans frein ni véritable opposition dans un espace démocratique qu'elles méprisent. La violence est devenue tristement leur seul langage.
Et ce sont des jeunes ! Même les médias les moins complaisants à l'égard de ces dissidences forcenées ne peuvent s'empêcher d'éprouver comme une révérence devant la jeunesse. Qui osera dire un jour, véritablement, les méfaits du jeunisme sur tous les plans, du dérisoire à l'essentiel, dans la société française ? Il y aurait comme une sanctification du niais et du primitif au prétexte qu'ils émaneraient de jeunes gens, la jeunesse, pour reprendre un mot de Goethe, étant un défaut dont on se corrige vite. On est effaré, à les entendre, par la bêtise des propos de certains de ces manifestants. Une jeune fille, ce matin, trop sûre d'elle pour ne pas être bornée : il y a tout de même une partie de la France qui a voté contre Sarkozy ! Certes. Il me semble que c'est le propre de toute élection et que l'esprit d'une République digne de ce nom consiste, pour le camp qui a été défait, à accepter la victoire de l'autre. Apparemment, un raisonnement aussi simple est encore trop difficile pour des neurones ancrés dans la révolte comme d'autres dans l'intelligence.
Peut-être conviendrait-il, pour les responsables politiques et médiatiques, de prendre garde à ce qu'ils disent ou ne disent pas. Contrairement à ce qu'on pourrait croire, il est des messages qui sont immédiatement perçus au pied de la violence et de la casse. Lorsqu'un Olivier Besancenot, sur un autre registre, affirme qu'il faudra tout mettre en oeuvre pour empêcher la réalisation d'une politique approuvée par une majorité des citoyens, on comprend bien qu'il reste dans son rôle d'opposant systématique mais les malades qui, ici ou là, l'écoutent ne voient sans doute dans cet avertissement que la licence de semer le désordre et tuer ainsi dans l'oeuf les bienfaits, pour l'esprit public, d'une participation électorale massive.
Les médias aussi devraient veiller à ne plus succomber, sans discriminer, aux charmes de l'étiquette de la jeunesse appliquée à tout et n'importe quoi. Parce qu'il y aurait des étudiants dans ces bandes, forcément une forme de légitimité s'attacherait à ces actions pour lesquelles l'adjectif libertaires serait encore trop beau. Si on tentait d'adopter une logique inverse ? Ceux qui saccagent et se comportent avec ce ressentiment profond contre ce qui fonde le vouloir-vivre ensemble ne peuvent pas être de VERITABLES étudiants, enseignants et ouvriers. Gagner la bataille du vocabulaire est un impératif. L'imprécision des mots offre un abri trop commode au scandale des actes.
Peut-être certains, à me lire, estimeront que je me fais du souci pour rien et qu'il faut bien que " jeunesse se passe", avec une sorte d'indulgence amusée qui représente sans doute l'attitude psychologique et intellectuelle qui fait le plus de mal à la santé de notre société. Je ne crois pas m'émouvoir sans raison. D'une part ces violences collectives se répètent chaque soir en dépit des interpellations et de quelques condamnations. D'autre part et surtout, elles risquent de préfigurer, si on n'y met pas le holà par tous les moyens dont la vigilance démocratique dispose, l'opposition sauvage que la France présidentielle et parlementaire aura à affronter chaque fois que l'adhésion populaire viendra l'approuver et la soutenir.
Contre les urnes, le pavé. Ce qui inspire ces graves débordements, outre une infinie bêtise, c'est la haine et le mépris du peuple.
A Nantes, la fête a été gâchée. J'étais avec mes camarades en train de fêter la victoire quand on a vu cette troupe d'anarchistes venir nous provoquer. J'en profite pour tirer mon chapeau à la police nationale pour sa rapidité. Je n'ai pas été surpris de voir chez les énergumènes des membres de la LCR, en revanche ma surprise fut grande quand j'ai vu des étudiants membre du MJS. Je sais bien qu'ils représentent une minorité mais ils trahissent l'image d'un mouvement qui est avant tout en accord avec les valeurs républicaines.
Même si nous avions les résultats dès 17 H nous étions tous d'accord pour dire que si Ségolène Royal était élue nous l'aurions acceptée comme notre présidente.
Je regrette ces débordements car la campagne s'était déroulée dans une ambiance conviviale. A Nantes ville majoritairement à gauche nous avons symboliquement rebaptisé la place Royale en place Sarkozy quelque jours avant le scrutin et cela s'est fait dans une ambiance correcte ! Alors pourquoi gâcher cela ?
Rédigé par: Jean Philippe | le 08 mai 2007 à 11:25
Le Fouquet's, le jet du Glam, le yacht privé ne vous choquent pas, et tous les people qui l'entourent ? Quelle image du président de la République !
Rédigé par: Toneiv | le 08 mai 2007 à 11:34
Bonjour
L'excellent JP Chevènement les appelait des "sauvageons", en d'autres temps ils furent appelés "racailles" ou "caillera". Ces casseurs et protagonistes de l'insécurité ne sont que des voyous sans cause qui devront répondre de ces méfaits commis qui n'ont rien à voir avec la "politique" du jour. Les urnes ont tranché; que ceux qui contestent la décision du peuple militent au sein d'un parti, d'associations ou autres rassemblements dans lesquels, seul l'art de la parole est utilisé. Dans le cas contraire, si ces "perturbateurs" ont affaire avec les forces de l'ordre, qu'ils ne s'en étonnent pas et surtout qu'on ne vienne pas dire que nous sommes dans un Etat policier.
Marc Fievet
Rédigé par: Marc Fievet | le 08 mai 2007 à 12:08
Je partage complètement votre analyse mais j'aurais aimé connaître votre sentiment sur un détail : le Fouquet's...
Quelle faute ! Comment NS, après avoir adressé un message de paix, de rassemblement, une promesse de lutte contre tous les malheurs du monde, a pu, devant des millions de Français, heureux ou sous le choc, aller s'enfermer dans un haut lieu de la frime ultra-parisienne en compagnie de people !! Et pas 5 minutes ! Plus d'une heure ! La France entière pouvait contempler les Arthur (!!!), Clavier et autres sortir de leurs berlines pour rejoindre leur pote sur les célèbres banquettes des Champs-Elysées.
Pendant ce temps les militants patientaient sagement sur la place de la Concorde.
Quel égoïsme.
Alors, on me dira que c'est ça la modernité. Peut-être, mais dans l'avenir, attendons-nous dans ce cas à voir nos futurs élus filer sous nos yeux, immédiatement après l'annonce des résultats, dans des clubs de strip-tease ou au Casino, pour fêter "dignement" leur victoire.
Vive la modernité.
Rédigé par: az | le 08 mai 2007 à 12:18
Comme une révélation, j'ai compris l'an passé au cours de la révolte contre le CPE dans mon université le centre des ces révoltes populaires. Il s'agit, exactement comme en ce moment, d'une minorité ridicule en nombre mais ultra bien organisée de militants d'extrême-gauche. Ils savent manipuler une assemblée générale étudiante, ils savent laisser croire que la banlieue et les jeunes contestent une élection démocratique.
Il est fort probable qu'ils vivent leurs dernières heures de gloire. N. Sarkozy ayant à juste titre réaffirmé des valeurs fortes de droite, le PS va être obligé, par ses échecs répétés, de recentrer son discours et de délaisser ses attaches avec l'extrême-gauche (cf. les propos de Hollande). Ainsi, le feu trotskiste révolutionnaire s'étendra... Et tout le monde sera bien content !
Bravo pour votre note une fois de plus ! Quel talent.
Rédigé par: Jean | le 08 mai 2007 à 12:33
D'accord avec les commentaires, mais il faudrait insister davantage sur le fait que ces "violences" sont le fait, semble-t-il, non d'habitants des banlieues mais de groupuscules d'extrême-gauche (du type de ceux qui, en d'aures temps, ont "fait" 1968) et dont l'orgine sociale est sans doute différente (petite info, dont vous ferez ce que vous voudrez : dans un Institut d'Etudes Politiques, une enquête a fait apparaître que 10% des étudiants de 1ère année s'autopositionnent à l'extrême-gauche). Cela dit la réaction de Toneiv n'est pas infondée, même si les moeurs du parisianisme de gauche ne sont guère différentes. Le vote de dimanche est sans doute plus culturel que politique, et le discours sur les valeurs ne peut pas être qu'à usage électoral...! Où sont donc passés les conseillers en communication de l'UMP ? Comment n'ont ils pas prévu l'usage qui serait fait - notamment par des médias qui sont les grands vaincus du 6 mai - du Fouquet's, des boîtes de nuit branchées, du jet privé, du yacht etc ...?
Rédigé par: guzet | le 08 mai 2007 à 12:44
Désillusion ??? La droite française est-elle vraiment la droite la plus bête du monde ? J'ai voté pour Sarkozy, pas pour Johnny Halliday. Une droite décomplexée n'est pas une droite qui parade au Fouquet's.. Je n'ai pas voté NS pour que la droite-caviar succède à la gauche-caviar.....
Rédigé par: Duprat | le 08 mai 2007 à 13:26
C...HOSES LUES, ENTENDUES ( à propos de la présidentielle )
1 - "Les candidats qui se dévoilent trop à l'avance ne sont jamais présents sur la ligne de départ" (Plusieurs experts). Depuis que Nicolas Sarkozy, le premier, a déclaré publiquement qu'il "y" songeait en se rasant ( "et pas seulement"), combien de tubes de crème a-t-il usés ? Si l'on remonte à la décision prise in petto, il faut parler d'un rayon entier de parfumerie. Quant à Ségolène, durant combien de semaines a-t-elle prétendu réfléchir avant que des sondages flatteurs ne lui fournissent l'argument libérateur ? Matthieu souffre donc l'exception : les premiers peuvent bien être les premiers.
2 - "Vous verrez, Ségolène candidate, la misogynie se déchaînera". En effet, mais du côté des éléphants. Et d'ailleurs éphémère. Le rire, qu'il soit jaune ou gras, n'est plus correct en politique. Comment qualifierait-on aujourd'hui la gaillardise de ce sénateur de la 3ème République (il s'appelait Duplantier !) qui déclarait dans l'hilarité générale : "Je ne prétends pas que la main de la femme rabaisse tout ce qu'elle touche".
3 - "L'inscription massive sur les listes électorales de nouveaux électeurs, recommandée par la gauche et la gauche de la gauche, glorifiée par les médias, fera basculer le résultat côté Ségolène". La bascule a mal fonctionné. Les appels ont été entendus (voir participation) mais l'étalonnage est à revoir.
4 - Pour célébrer ses 18% au premier tour, F. Bayrou annonce l'extraordinaire bonne nouvelle : la politique ne sera plus jamais la même. Il a oublié qu'il était disqualifié et que les 15,6% de Lecanuet n'ont pas été suivis d'un destin fabuleux. Il n'a pas envisagé l'hémorragie de ses "fidèles" partisans (les OPA sur les bayroutistes se font plus discrètes). Il annonce la création d'un parti démocrate qu'il débaptisera vite en se rendant compte que cette appellation de PD ferait sourire (toutes choses égales, Wagner avait bien changé le titre de son opéra Vénusberg en Tannhäuser devant les sarcasmes des carabins).
5 - Notre journal de référence promettait, "autant que faire se peut", l'impartialité. Illustration : les "éditoriaux" de Plantu, dessinateur sacralisé. D'un côté, le nanisme (le tabouret), l'ambition insane (les dents qui rayent le parquet), la félonie (Iznogoud) et même la puanteur (les mouches qui volètent). De l'autre, la lévitation, le sourire éclatant de jolies quenottes (parce que limées, comme on l'a perfidement prétendu ?), les petits drapeaux tricolores...
6 - La langue française n'est pas sortie indemne de ces douze plages d'égalité de parole.Elles est certes d'un maniement difficile. Ah! ces accords de participe, un parcours du combattant, une mine de chausse-trapes.
7 - "Le débat télévisé entre les deux finalistes fera ressortir leur vraie nature : l'une zen, indéfectiblement souriante, l'autre bouillonnant, incapable de rester calme". Zéro pour ces scénaristes. Côté Sarkozy, une maîtrise de soi au point de le tasser dans son fauteuil. Côté Royal, une "saine" colère ( préparée, spontanée ? ) mais surtout des interruptions intempestives de son adversaire. Et puis, mielleuse le lendemain avec ses prêches, fielleuse le surlendemain avec son chantage au désordre des banlieues. Courageuse, toujours.
8 - Le soir de l'élection, les socialistes ont donné un spectacle surréaliste. Les militants qui attendaient Ségolène Royal (et Ségolène elle-même) étaient aussi joyeux que les vainqueurs d'en face. Ils venaient d'inventer le perdant-gagnant. Mais le clou nous était réservé pour la soirée à la télé. Jack Lang a été lui-même. Il a encore porté le débat à la hauteur que l'on attribue à la lune (son titre:... conseiller spécial). Fabius, après avoir dynamité le PS avec le non à l'Europe, appelle à l'unité : à gauche toute. Modernissime. Acculé, François Hollande a été pathétique dans le rôle d'avocat de l'impossible : défense du parti, de sa compagne, de la candidate, de lui-même, areu, areu... A t-il pris conscience que DSK vient de glisser une bombe sous "la vieille maison" (Léon Blum dixit) déjà minée ? Après ce coup de pied au fondement, la refondation indispensable...
9 - Putain, comme on dit aux Guignols, 17 ans de présidence de droite, peut-être 22...
10 - Le vent se lève !... Il faut tenter de vivre ! (Valéry, le grand : Paul).
Rédigé par: Peroixe | le 08 mai 2007 à 13:45
Cette violence qui refuse la démocratie était prévisible ; certes, de la salle Gaveau à la Concorde, NS a eu le triomphe modeste, réfléchi et humaniste mais l'instant d'après, festoyer au Fouquet's parmi les histrions et devant le bon peuple fut la première erreur de notre President. Cela s'est vu et su. Cela suffisait pour que quelques trublions professionnels allument la mèche du brasier. Il suffit ensuite d'entretenir l'incendie en y précipitant quelques idiots utiles, jeunes de préférence. Je repense a la manifestation étudiante du 11 novembre 1940, la jeunesse avait alors l'arme d'une révolte légitime face à l'adversité.
Rédigé par: francis | le 08 mai 2007 à 14:50
Ces heurts ne sont que des provocations répondant aux sottises répandues par les médias : si Sarkozy était élu, la France flamberait. Dieu sait si je ne suis pas ravi de cette élection, mais n'accordons pas d'importance à ce qui veut s'en donner une de force.
Je suis plutôt mort de rire devant la retraite monacale du nouvel élu ! Habiter la fonction présidentielle en T-Shirt rayé dans le jacuzzi du yacht de 60 mètres de Bolloré, ça c'est inédit !
Que ce garçon ait eu envie de prendre quelques jours de vacances invité par un pote, je veux bien, mais que l'on nous vende pas pour de l'ascèse médidative ce qui se révèle être une escapade de parvenu.
On nous prend pour des cons et quelque chose me dit que ça ne fait que commencer !
Rédigé par: Jean-Dominique Reffait | le 08 mai 2007 à 16:04
Très sarkoziste, je trouve malgré tout un peu provocantes les agapes de notre nouveau président. C'est à mon avis une première petite faute. Évidemment, tout cela n'a rien de scandaleux. Le Fouquet's, les jets, les beaux hôtels ou les grands bateaux sont de tout temps fréquentés par les riches et les puissants de notre pays. Ils sont faits l'un pour l'autre ! Mais enfin, un peu plus de discrétion eut été franchement plus responsable. Et surtout plus respectueux des électeurs de gauche et sans doute des électeurs de droite qui n'ont jamais eu l'occasion de franchir les portes d'un hôtel quatre étoiles et plus... Qu'ils sachent, à titre de consolation, que tout cet apparat, quoique coûteux, reste somme toute factice.
Rédigé par: Voltarene | le 08 mai 2007 à 16:39
Dimanche soir, François Fillon, annoncé comme futur Premier ministre, avec l'air grave que vous donne "le poids des responsabilités" (mot-clef de la soirée), affirma que la "retraite" de NS se passerait en France... Seul Napoléon avait cru un instant que Malte en faiisait partie.
Sur le reste.... un bon discours et puis ensuite beaucoup de vulgarité (les deux filles de Jacques Martin qui se font un "deuxième tour" de manège dans la voiture de beau-papa président, la pause casse-croûte au Fouquet's et, après la Concorde, semble-t-il, la nuit encore au Fouquet's (les Sarkozy sont-ils SDF jusqu'à la remise des clefs de l'Elysée...). J'ai raté les people de la Concorde puisque j'ai abondonné Sarkozy à sa première entrée au Fouquet's, je fais partie de ceux qui se lèvent tôt...
Un seul instant imaginez ce qu'on aurait dit de SR si elle n'en avait fait que la moitié... Frivole, non ?
Rédigé par: Bulle | le 08 mai 2007 à 16:55
Je ne peux pas m’empêcher de relier votre note au Sarko facho et au TSS qui, là du coup, ne concernaient pas seulement les "résistants" dont vous nous parlez.
On reste interloqué, quand naïvement on interroge ceux qui récitent mécaniquement leurs slogans, par leur ignorance crasse des périodes auxquelles ils se réfèrent.
On est sidéré quand ceux qui, à priori, possèdent une culture générale qu’on pourrait penser solide et vaste, restent incapables de démontrer au-delà d’un slogan la pertinence de son sens et de son utilisation.
L’imprécision, le vague d’un vocabulaire démontrent l’incapacité chez certains à savoir nommer, c’est-à-dire à différencier.
Alors, qu’après soit utilisé un mot aussi imprécis que "jeunes" pour désigner ceux qui refusent les règles de la démocratie et des institutions et qui s’y opposent par la violence, ne me surprend pas.
On voudrait nous faire croire que les mots jeune ou jeunesse légitiment en quelque sorte cette haine irrationnelle de la démocratie.
Quand on ne veut plus faire de différences en s'efforçant de nommer correctement, on fait entrer de la désinformation, de la confusion et du chaos.
Rédigé par: Véronique | le 08 mai 2007 à 17:04
Oui, NS n'a pas donné les meilleurs signaux en s'installant au Fouquet's pour y recevoir les dévotions de quelques amis peu discrets ; oui, son entourage le plus proche a montré une certaine désinvolture un peu choquante lors du discours du nouveau Président place de la Concorde ; oui, cette retraite sur un yatch a tout l'air d'un week-end de milliardaire ; oui, on pouvait attendre infiniment mieux comme premiers gestes symboliques d'une présidence. Mais je crois que les casseurs n'ont pas grand-chose à faire de cela ; ils ont envie de casser c'est tout ; sans doute l'auraient-ils fait sans les propos inadmissibles de SR "si NS est élu, il faudra craindre des émeutes" ; mais n'empêche ; ce fut une grave faute de la candidate que les appels au calme un peu tardifs de François Hollande ne suffisent pas à effacer, et la complaisance de certains commentateurs est affligeante .
Reste à souhaiter que ces énergumènes qui ne sont pas des jeunes, mais des voyous, se fatiguent ; surtout si la presse fait peu d'écho à leurs faits d'armes. Quant à leur expliquer que la majorité a choisi, qu'il leur reste la possibilité d'influer encore sur le cours des choses par leur bulletin de vote lors des législatives, je crois hélas que c'est le cadet de leurs soucis.
Rédigé par: catherine A. | le 08 mai 2007 à 17:24
"...on ne peut pas dire que depuis ces deux jours, entre la salle Gaveau, la place de la Concorde, le Fouquet's et les people amis..."
On ne peut pas dire que Monsieur, lui, serait allé dormir au Fouquet’s. Il aurait "reritzé" avec Madame.
"C’est tout simple Céleste, cela veut dire : aller plusieurs fois chez Ritz"
ps: entre les guillemets:
la première phrase c'est Philippe qui parle. Après c'est toujours Lina Lachgar dans son "Vous, Marcel Proust."
Rédigé par: Véronique | le 08 mai 2007 à 17:58
Mais qui casse ?
NS au Fouquet's?
Quel est ce nouveau tabou qui empêcherait un futur président d'y dîner ?
Cela ne peut choquer que les envieux, les haineux.
Que je sache, il n'y a pas eu crime ou détournement de fonds publics.
Bien sûr la morale aurait voulu qu'il s'installât sous une tente visitée par ses people.
Serions-nous un pays de jaloux ? Cela autoriserait donc toutes les violences ?
Enfin, ce sont les contribuables qui payent les réparations entraînées par ces dégradations!
Rédigé par: mike | le 08 mai 2007 à 18:13
On attendait Solesmes, ce fut le Fouquet's...
Il est vite revenu du plateau des Glières...
Napoléon percerait-il déjà sous Bonaparte ?...
Ah, que le pont en teck est loin du pont d'Arcole !
Si ces jeunes des cités sont sans éducation, il semblerait que notre Président manque de classe, à défaut de goût...
"Jai l'habit d'un laquais mais vous en avez l'âme ", disait Ruy Blas...
Ils ont des fringues de marque, il a des faux-pas de marque...
J'ai voté pour lui...
Rédigé par: sbriglia | le 08 mai 2007 à 18:27
Je m'étais permis, sous votre billet intitulé "Un animal politique, une femme d'exception", de qualifier d'assez flatteurs les qualificatifs par vous attribués aux deux impétrants : les premiers "actes" posés par le vainqueur me donnent malheureusement raison .
Nos édiles se distinguent décidément par un trait qui n'est plus distinctif : ils ne disent pas ce qu'ils font et ne font pas ce qu'ils disent !
Plus grave, les accusations de soumission au pouvoir de l'argent paraissent confirmées avec la connivence affichée avec le milliardaire Bolloré et donc le groupe Havas ...
Que peuvent les lois, là où seul l'argent est roi ?
Rédigé par: Parayre | le 08 mai 2007 à 20:31
Il n'y a rien de choquant à mon sens à aller fêter sa victoire au Fouquet's. Sarkozy a même eu tort de s'empêcher de vivre sa victoire en jubilant, c'est tout-à-fait digne et légitime. Il faudrait être coupable d'être heureux sous prétexte que d'autres ne le sont pas... alors nous ne le serons individuellement jamais.
Ce qui me déplaît c'est effectivement le troupeau d'idiots amassé autour de notre nouveau président : Arthur, Clavier, Lambert, Halliday, Macias... tout ce que le show peut engendrer de dégoulinant en matière de mauvais goût et d'argent facile. Le relationnel de Sarkozy inquiète et il répond à ma définition de l'ultra libéralisme : de la mauvaise qualité très chère.
Je suis aussi anxieux par rapport à une crispation hostile des juifs amassés autour de N S, j'ai cru percevoir dans la foule des deux candidats une disparité. A gauche, une France métissée et à droite une France blanche catho et juive, c'est ce que mes yeux ont vu, puis mon esprit, c'était flagrant.
Je m'interroge sur cette campagne à savoir si le fond n'est pas ethnique, si la France n'est pas en train de s'effacer sur des conflits lointains dont je ne veux pas voir l'émergence sur nos terres.
Ce ne sont pas des trotskistes qui brûlent les voitures, les poubelles et qui agressent les pompiers ici, certainement que c'est le cas dans les grandes villes, mais il n'y a pas qu'eux, regardons la vérité par nous-mêmes et ne nous laissons pas avoir par les mensonges des médias qui ont des allures de cloches de Sartrouville.
Je respecte le vote que j'ai fait sans gaieté de coeur, mais je ne me sens à ma place dans aucune de ces deux factions. Des électeurs de la gauche m'ont fait de la peine, d'autres m'ont agacé, des électeurs de droite me furent antipathiques, d'autres me ressemblaient.
Je trouve que la politique est à son tour touchée par la médiocrité, j'ai trouvé les candidats minables, sans esprit. Nous avons eu Louis XIV, Napoléon, Jaurès, Blum, Mendes France, De Gaulle, Pompidou et nous nous retrouvons aujourd'hui avec ces deux technocrates peu doués en finale, quelle désolation, quel sentiment de décrépitude.
Nicolas Sarkozy a déclaré qu'il y aurait une identité de la France qui serait une tolérance, un accueil... Quelle première tromperie en ne la définissant que comme telle et surtout en ne donnant cette définition qu'après l'élection.
Lorsqu'il dit que la repentance est la haine de soi, il doit lire mes posts et donc se bonifier, toutefois je doute qu'il ait ce même raisonnement qui est de nous mettre sur un plan d'égalité ethnico-religieux. Il parle d'immigration choisie, je pense que nous allons avoir également une repentance choisie.
Je n'ai pas trouvé ma place en politique, mais je pense qu'avec l'effondrement de la gauche et du FN, quelque chose de nouveau, d'authentique va sortir d'outre-tombe.
Les affrontements ne sont que symboliques, ils étaient prévisibles, mais les bandes de banlieues vont s'organiser et ce n'est que progressivement que les émeutes vont prendre leur ampleur. Il n'y aura pas la Commune, ils n'en ont pas les moyens, il n'y aura donc pas de guerre civile, mais c'est une grande amertume de divers horizons qui fera place.
Rédigé par: Ludo Lefebvre | le 08 mai 2007 à 20:51
Une des bonnes nouvelles est que la pensée de 68 tombe en désuétude, que le progressisme est enfin son abandon.
Rédigé par: Ludo Lefebvre | le 08 mai 2007 à 21:01
Je note avec stupéfaction l'étonnement déçu des électeurs de Nicolas Sarkozy face à son comportement sitôt élu : son côté parvenu gagnant de la Star-Ac avec grosse montre et gourmette en or ne date quand même pas d'hier !
On oppose son discours à son style mais son discours, c'est Guaino qui l'écrit, pas lui, c'est Guéant qui gère, pas lui. Vous avez voté pour Guaino et c'est le bénédictin en tongues qui remporte la mise.
And the winner is : "La vérité si je mens à l'Elysée"...
Rédigé par: Jean-Dominque Reffait | le 09 mai 2007 à 10:41
Je n'ai pas particulièrement apprécié la façon dont Nicolas Sarkozy a fêté sa victoire au Fouquet's (et surtout qu'il y ait passé la nuit), puis à bord du "Bolloré". Cela dit, on peut envisager le problème sous deux angles :
- L'affaire est sérieuse. N.Sarkozy doit alors mettre en pratique la formule de F. Mitterrand : "J'ai souvent vérifié que la bonne gestion d'une erreur valait mieux que certains succès" ( préface à "Si demain la gauche..." de G. Defferre ). Au boulot, donc, pour rentabiliser cette séquence people.
- L'affaire a été portée à incandescence par le PS, relayé par les médias:
a) Sarkozy n'est pas (encore) Président de la République. Sa vie privée, pour l'instant, relève de sa conscience.
b) Fallait-il qu'il célèbre sa victoire dans un boui-boui du 20ème arrondissement, puis dans un VVF ?
c) A Canal+, F. Hollande a ironisé sur l'annonce d'une retraite dans un monastère (terme qu'il a retiré lorsque J-M. Aphatie lui a fait remarquer qu'il n'avait jamais été employé). Il a posé deux fois la question : qui paie ? La réponse est facile à imaginer. Nul doute que le groupe Barrière aurait payé pour une telle pub. Ceux qui connaissent le monde des casinos et des cercles de jeux savent que les cadeaux qu'ils font - somptuaires en apparence, repas, chambres ou suites - ne sont que l'amorce de retours fructueux. Quant à la croisière, imagine t-on que V. Bolloré va envoyer la facture des deux nuitées à l'Elysée (un milliardaire de la mode n'a-t-il jamais mis sa modeste masure du Maroc à la disposition de ses amis ?). De mémoire, il ne me semble pas que F. Mitterrand descendait dans un petit hôtel quand il se rendait, et bien accompagné, en Egypte, à Venise ou ailleurs...
Rédigé par: Peroixe | le 09 mai 2007 à 11:00
@ Jean-Dominique
Mais la note de Philippe allait bien au-delà de cette histoire de Fouquet's ou de croisière.
Philippe n'a pas pu s'empêcher de mentionner le Fouquet's et d'autres détails qui ne sont pas de son goût. Cela, hélas, a presque pris toute la place du propos initial de sa note.
"On oppose son discours à son style mais son discours, c'est Guaino qui l'écrit, pas lui, c'est Guéant qui gère, pas lui. Vous avez voté pour Guaino et c'est le bénédictin en tongues qui remporte la mise."
En face de NS il n'y avait, pour ainsi dire, pas de programme.
Je pense que cette élection ne s'est pas faite sur une question de style, de discours ou de bon ou de mauvais goût.
Rédigé par: Véronique | le 09 mai 2007 à 13:16
NS déclare qu'il ne va ni mentir ni s'excuser sur ses deux jours en mer ! Mais nous n'attendions ni mensonges ni excuses ! Cela ressemble à un slogan de campagne électorale mais maintenant nous pouvons juger les actes.
Le Figaro, avec sérieux, nous révèle que dimanche soir Nicolas Sarkozy envisageait encore d'aller en Corse mais que "de fil en aiguille", il a décidé de se rendre à l'invitation de Bolloré. Un président qui saute dans le premier avion sans se poser la question de son indépendance face aux attentes de l'ami du jour me semble assez irresponsable. Si Nicolas Sarkozy ne connaît pas les bases de la corruption, il faut lui faire rencontrer quelques voyagistes célèbres... PPDA doit avoir quelques adresses !
Cela n'a pas coûté un sou à la République aujourd'hui mais demain...
Rédigé par: Bulle | le 09 mai 2007 à 14:23
une première question :
y aurait-il eu autant de monde pour le concert de Sarko si Johnny n'avait pas été annoncé ?
à tort , il l'a dit , mi fugue mi raison :-)
car les "restants" sonnaient un peu vieux , non ? Faudel a toujours fait vieux , même jeune :-(
manquait Hugues , non ?
sinon des jeunes dans la rue - ce fait ne m'étonne pas tant "ON" leur a fait peur avec Sarko ( à tort ou à raison , on verra puisqu'on y survivra :-)- face à des vieux qui l'ont élu ( c'est ce que j'ai lu ) n'est guère étonnant non plus ! ( perso , en bon vieux - même encore un peu de gauche , donc exception culculturelle - , je ne leur donne pas ma bénédiction pour les faits décrits plus hooo là là ( je me surprends là à essayer de péter plus haut que mon petit cuit cuit )
sinon pour NS , lu plus haut , je n'ai pas tout de suite compris - ayant compris Nouveau Socialiste - avant de me rendre " conte" de ma bévue !
sinon l'avis continue ; la vie aussi et c'est temps meilleur voire tant mieux , au choix !
sinon , les législatives sont déjà jouées , non ?
pour conclure je me dis que :
faut reconnaître que les Français sont majoritairement à droite depuis presque toujours :
à part un premier ACCIDENT .........1981 : CHIRAC ne voulant pas de GISCARD BIS fait élire Tonton : c'est prouvé !
deuxième accident :
TONTON l'arnaque " fait tout " pour un FN FORT pour que des triangulaires se produisent le plus souvent !
enfin , troisième accident ou on retrouve CHIRAC qui va dissoudre l'assemblée sans raison voire à l'insu de son plein gré !
voili voilou , alors , comme on ne peut plus compter sur CHIRAC pour aider la gauche et que la droite " est maintenant enfin -unie- ou presque " , faut plus trop rêver , non ?
Bayrou se retrouve bien seul et va vite se faire " avaler " s'il veut continuer à exister !
CQQFD ???????????
j'ai beau chercher une solution pour dans 10 ans car Sarko est là pour 10 ans , je ne vois pas bien comment la gauche peut un jour revenir, même en 2017 !
car il semblerait bien que les moins cons côté stratégie soient "maintenant" côté droit : bravo à eux !
Sissi !
et vive la France même si , pour certains , aux larmes citoyens !
soyons bons perdants !!!!
Rédigé par: Cactus aime le maudit | le 09 mai 2007 à 17:06