Le ministère de l'immigration et de l'identité nationale serait, pour le MRAP toujours aussi bien inspiré, "le ministère de la honte". Il continuerait les politiques de Vichy et n'aurait qu'une obsession, choisir les bons immigrés et exclure les mauvais.
A supposer même que l'ambition du ministère confié à Brice Hortefeux puisse être celle-ci, seules les âmes infiniment délicates pourraient en être choquées. D'autant plus que le ministre a rappelé que c'est avec "fermeté et humanisme" qu'il accomplirait sa mission.
Je pourrais me contenter de répondre à cette absurde philippique que tout ce qui est excessif est insignifiant. Ce serait traiter à la légère un sujet grave.
Ce ministère de l'immigration et de l'identité nationale n'est pas arrivé dans notre espace politique comme un intrus, en catimini. On sait quelle polémique est née quand Nicolas Sarkozy a évoqué pour la première fois ce problème. La démocratie n'a pas été prise à revers et au contraire la transparence a régné. Personne, ayant voté au second tour pour Nicolas Sarkozy, ne peut soutenir que la composition gouvernementale, sur ce plan, a étonné. Il y a donc une majorité tout de même impressionnante de citoyens qui ont avalisé cette politique et ce qui l'inspire. Dans ces conditions, si on a le droit évidemment de vilipender ce qui a été légitimé, il me semble qu'on doit le faire avec toute la modestie républicaine requise. Une démarche contraire, donc, à celle que le MRAP a adoptée. Comment ne pas percevoir que cette agression constitue la manifestation d'un mépris du peuple, la traduction triste d'une mise entre parenthèses de l'élection présidentielle, le constat amer d'une insupportable défaite ? Mais qu'on ne s'y trompe pas, en dépit du leurre agité par le MRAP, ce n'est pas l'humanisme qui a été vaincu le 6 mai, c'est une certaine conception de la gauche.
Le MRAP, au lieu de s'enfermer dans cette autarcie si peu lucide, aurait dû au contraire admettre que le seul barrage contre les dangers objectifs qu'il lui arrive d'évoquer se trouve dans une politique d'immigration et d'intégration à la fois vigoureuse et équilibrée. Une démocratie qui saurait se défendre sans se renier. Suivre le MRAP , c'est à coup sûr faire le lit de ce que notre communauté nationale récuse. Un extrémisme sans solution ni avenir. Ce n'est pas heureusement le choix majoritaire du 6 mai.
Le MRAP, plus profondément, ne sait plus sur quel esprit danser. Rendu inutile sur sa droite, dégoûté par sa gauche, il s'acharne, il s'échine à demeurer dans le jeu, avec force protestations vides de sens et la volonté de créer l'illusion de périls en réalité imaginaires. Alors, comme il n'a plus rien à dire, il le dit mal, il l'affirme avec grossièreté. Moins la cause est bonne, plus la forme est outrancière. Le ministère de la honte ! Derrière cette enflure, on sent la nostalgie, le regret, l'envie du créateur frustré. Levez-vous, orages désirés ! Le problème est que le MRAP a le désir mais qu'il n'y pas d'orages en vue, sinon ceux que l'élucubration théâtralement indignée cherche à susciter. Le MRAP va se faire un torticolis à force de regarder le présent en se tournant vers le passé. L'invocation lancinante de Vichy, ce n'est pas non plus précisément l'avenir. Mais que deviendrait donc le MRAP sans les catastrophes qu'il maintient en vie, aussi usées soient-elles dans les mémoires, en pratiquant la respiration artificielle ?
Alors, qui devrait avoir honte, vraiment ?
Bravo pour cet article lucide. Je trouve, à mon humble échelle, que votre analyse porte à tous les coups.
Rédigé par : Sébastien V. | 04 décembre 2008 à 19:26
Ne vous fatiguez pas M.Patoulatchi, laissez le "S ' égo siller" en vain.
Rédigé par : Ambrosi | 30 mai 2007 à 09:35
Ségo,
Vous vous étonnez que « par exemple, le FN fasse ses résultats les plus importants dans les petits villages de la campagne aslacienne où l'insécurité est quand même très loin d'être palpable si ce n'est au poste de télévision ».
Mais connaissez-vous cette campagne, au-delà du poste de télévision ? Croyez-vous que les habitants de cette campagne ne se rendent jamais dans les agglomérations urbaines de ces régions ? Croyez-vous que les fêtes de villages s'y font toujours dans la joie et la bonne humeur ? Croyez-vous, image d'Epinal s'il en est, que ces campagnes vivent en autarcie ?
« alors que parallèlement dans les grandes villes où la violence, au vu toujours des images télés, est la plus présente eh bien le FN fait un score dans la moyenne nationale que ce soit à Strasbourg, à Marseille ou même dans le 93 ».
Avez-vous des chiffres à l'appui ? Je ne crois pas que tout fut toujours aussi simple que vous le décrivez.
Ces points de détail étant précisés, pourquoi parlez-vous encore de l'extrême-droite, extrême-droite qui, si l'on prend l'exemple de l'Alsace que vous avez évoqué, s'est trouvée, aux dernières élections, en 4ème place, après Sarkozy, puis Bayrou, puis Royal ?
Pourquoi, lorsqu'on parle d'insécurité, nous parlez-vous de l'extrême-droite ?
« alors quel est le pourcentage entre la vraie insécurité et l'imaginaire : mythe ou pas mythe ? Je crois que si la télé en faisait moins, le sentiment d'insécurité se dégonflerait comme un ballon de baudruche »
Je crois que cela fait quelques années que la télé en fait le moins possible. Mais si vous connaissiez votre opposant politique, à présent président de la République, vous vous en seriez rendu compte depuis longtemps. Au PS, on est manifestement trop préoccupé par ses querelles internes et ses diktats idéologiques pour prendre le temps de connaître ce à quoi on dit s'opposer. Vous avez trop peur de reconnaître l'insécurité comme fléau présent, impliquant de devoir renoncer à l'univers symbolique de la révolution, que vous seriez prêt à assurer que l'insécurité n'existe plus si on vous remettait un tableau de statistiques commodes à cet effet.
Rédigé par : Marcel Patoulatchi | 24 mai 2007 à 19:01
Ségo,
La télé n'en montre que très peu et pas pendant les moments clefs, par exemple les agressions hormis l'épisode de la gare du Nord (j'ai vécu dans la rue de cette gare, rue de Dunkerque, ce genre d'émeutes sur fond de solidarité ethnique est aussi fréquent que les emmerdeurs qui exigent que tu leur donnes une cigarette) furent gommé du paf pendant les présidentielles.
Partout où j'ai vu des zones de non droit, j'y ai vu des agressions, du racket, de l'intimidation.
J'habite dans une de ces zones, j'ai vécu à Montmagny et j'ai vu la différence avec les paisibles villes de province, Paris et les staions balnéaires où j'ai résidé.
Vous ne pouvez pas me faire croire que mon constat est faux.
La TV responsable de quoi, ils n'inventent pas les images filmées, je trouve au contraire qu'elle minimise beaucoup.
Je ne pense pas que ce soit pertinent que l'on fasse comme à Strasbourg, comme si cela n'existait pas, car ce fut l'escalade en retour.
Si la télé en montrait encore moins, elle désinformerait encore plus.
C'est pratique, le déni.
Rédigé par : Ludo Lefebvre | 24 mai 2007 à 18:13
@ Ségo : Je ne pense pas qu'en Alsace le vote FN soit dû à l'insécurité, j'avancerais doucement en évoquant peut-être une certaine tradition... Bien que dans certains petits villages normands le score du FN a dépassé la moyenne nationale.
Quant à moi je ne pense pas être victime du lavage de cerveau télévisé quand je parle de sentiment d'insécurité vu qu je n'ai pas la télévision, et je renverrais dos à dos les B.B.B.
Rédigé par : Bernard | 24 mai 2007 à 16:42
@Ségo
"à vous lire, je me demande si on a encore le droit de ne pas se sentir en insécurité"
Autrement dit : Faut-il être sécurophile ?
;-))
Rédigé par : Stubborn | 24 mai 2007 à 11:44
@ Marcel Patoulatchi et Ludo Lefebvre,
à vous lire, je me demande si on a encore le droit de ne pas se sentir en insécurité
je sais que tout est fait à la télévision et ailleurs pour que ce ne soit pas le cas mais moi personnellement, et vivant en banlieue, je ne me suis jamais senti en insécurité
Quant à la vidéo de Marcel Patoulatchi : vu les commentaires qu'il y a en-dessous : ça en dit long sur le fossé qui s'est creusé entre les Français
Mais loin de moi l'idée de dire que certaines personnes ne vivent pas dans un climat d'insécurité bien au contraire
mais je m'étonne que, par exemple, le FN fasse ses résultats les plus importants dans les petits villages de la campagne aslacienne où l'insécurité est quand même très loin d'être palpable si ce n'est au poste de télévision
alors que parallèlement dans les grandes villes où la violence, au vu toujours des images télés, est la plus présente eh bien le FN fait un score dans la moyenne nationale que ce soit à Strasbourg, à Marseille ou même dans le 93
c'est quand même étrange que ce soit dans des villages où il ne se passe rien que le FN fasse les plus gros pourcentages
alors que dans les villes où les banlieues sont nombreuses, le FN reste dans la moyenne nationale
je me dis qu'on devrait être plus en insécurité dans le 93 que dans une petite commune d'Alsace et donc que le FN, qui ne joue que sur le sentiment d'insécurité, devrait faire ses meilleurs scores dans le 93
moi je crois que ce sentiment relève dans la majorité des cas de l'imaginaire des personnes et que la télévision en est la grande responsable
mais il est indéniable que pour d'autres, il relève de la réalité
alors quel est le pourcentage entre la vraie insécurité et l'imaginaire : mythe ou pas mythe ? Je crois que si la télé en faisait moins, le sentiment d'insécurité se dégonflerait comme un ballon de baudruche
Rédigé par : Ségo | 24 mai 2007 à 10:53
Une bonne nouvelle pour commencer la journée
Mrap: Aounit sur la selette
Des membres du Mouvement contre le racisme et pour l'amitié entre les peuples (Mrap) ont demandé à Mouloud Aounit de se retirer de la présidence du mouvement, estimant que ses prises de position ne respectaient pas "les valeurs universalistes et laïques" du mouvement. Les 26 signataires de cet appel, dont plusieurs membres du conseil d'administration, reprochent à Mouloud Aounit - qui brigue un mandat de député dans la 3e circonscription de Seine-Saint-Denis - de se présenter comme le "candidat des populations issues de l'immigration", et l'accusent de "rhétorique communautariste et éthniciste".
(Avec AFP).
ps : tellement content le secrétaire de rédac qui a titré qu'il en a oublié un L mais on lui pardonnera
Rédigé par : catherine A. | 24 mai 2007 à 09:06
@Stubborn
Le mythe de l'insécurité ? Plutôt que vous pensiez que je viens cautionner certains partis extrémistes, je préfère croire que vous vivez en ermite, reclus, loin des réalités quotidiennes.
Rédigé par : Bernard-27400 | 24 mai 2007 à 09:04
Ce soir, si mes sources sont bonnes, Mouloud Aounit a été congédié du MRAP, justement pour les raisons que Catherine et moi invoquions.
C'est-à-dire que même maintenant ses "co-légionnaires" de l'extrême-gauche ne sont plus dupes à condition qu'ils le furent un jour, et ont enfin osé se rebeller contre ce qu'il avait fait de leur mouvement.
Il y a des gens brillants chez les communistes ou affiliés, c'est ou c'était souvent le parti politique des historiens de renom, par exemple.
J'ai toujours été étonné que des gens bien informés et bien intentionnés (je le dis sans ironie) le laissent à ce point distendre les définitions, la sémantique.
Rédigé par : Ludo Lefebvre | 24 mai 2007 à 02:58
Marcel Patoulatchi
"je sens une pulsion agressive poindre en moi."
La violence n'est pas toujours là où l'on croit...
Rédigé par : stubborn | 24 mai 2007 à 00:07
Quand, en 2007, je lis quelqu'un qui parle de « mythe de l'insécurité », je sens une pulsion agressive poindre en moi.
Où vivez-vous, Stubborn, pour décrire comme mythe le vécu d'une part non négligeable de la population ?
Par curiosité, vivez-vous dans un tel cadre urbain :
http://www.dailymotion.com/video/xr7x6_hautepierre-banlieu-hardcore-67
Rédigé par : Marcel Patoulatchi | 23 mai 2007 à 23:05
Un ministère de l'identité nationale.
Le ministère de l'identité nationale me rend dubitatif. J'aurais préféré l'identité de la France. Pour les uns l'identité est statique, pour d'autres elle varie en fonction des changements. Elle tourne la Terre ! C'est la mémoire de cette histoire qui contribue à notre identité.
Notre socle "Liberté égalité fraternité" n'existait pas avant 1789 ; l'identité se transforme comme notre langue ; enrichie de vocables cosmopolites.
ps : je n'aime pas le franglais
Rédigé par : francis | 23 mai 2007 à 23:01
"Ce ministère de l'immigration et de l'identité nationale n'est pas arrivé dans notre espace politique comme un intrus, en catimini."
Ah ça non ! Il a été bien préparé ! Et comment !
On ne se rend malheureusement pas bien compte ; mais songez aux heures de travail accomplies tout au long de ces vingt dernières années.
D'abord il aura fallu longuement travailler le vocable.
« Il y a une overdose d’immigration », Jacques Chirac.
« Le seuil de tolérance est franchi », Alain Juppé.
« Le seuil de tolérance est dépassé depuis les années 1970 », François Mitterrand.
Puis asseoir confortablement le mythe de l'insécurité. Enôôôôrme travail là encore. Songez un peu à toutes ces lois :
http://lmsi.net/spip.php?article283
Puis vint le temps d'inventer l'un des plus beaux concepts philosophiques jamais conçu, j'ai nommé L'anti-racisme.
Miracle du génie français !
[Grand merci à A.F.]
Puis, encore, parachever le travail, avec d'autres vocables, d'autres images, et surtout, un autre concept, plus subtil, plus fin, plus sensible encore : la non-repentance.
Une merveille.
[Encore merci Alain.
Merci merci, vraiment.]
Voilà.
Philippe Bilger avec sagacité peut bien écrire : "Ce ministère de l'immigration et de l'identité nationale n'est pas arrivé dans notre espace politique comme un intrus, en catimini."
Il a — effectivement — raison.
Rédigé par : Stubborn | 23 mai 2007 à 21:04
@ ambrosi,
vous voilà de retour : c'est pas que vous m'avez manqué mais vos commentaires sont tellement emplis de tolérance et d'ouverture ( sic ) que ces derniers manquaient à ce blog
j'aimerais bien savoir ce que vous entendez par "sale boulot" ?
et surtout ce que vous mettez sous l'expression "identité nationale" ?
je pense que ça en dira long sur vos opinions
ceci dit je comprends votre enthousiasme au lendemain de l'éléction de NS et la consécration des idées du FN sur la question de l'immigration
mais je vous en prie : ne prenez pas mon commentaire pour une provocation : je ne suis qu'un utopiste larmoyant ou un droit de l'hommiste ou encore, comment vous dites déjà, un béni oui-oui
une chose est sûre c'est que vous faites preuve, à l'égard de ceux qui ne sont pas d'accord avec vous, d'une très grande ouverture d'esprit
Rédigé par : Ségo | 23 mai 2007 à 18:09
Monsieur l'avocat général, j'aime vos habits, j'aime vos écrits, j'aime vos amis (vos détracteurs aussi d'ailleurs, ils exaltent le brio de vos amis), mais cet orange, mais ce costume... Vous nous quittez ?
Rédigé par : Nudiste daltonienne | 23 mai 2007 à 13:52
Bien d'accord avec le commentaire de Jean-Dominique.
Par ailleurs l'idée même de créer un ministère de l'Identité Nationale fige ce concept dans une appellation digne d'Ubu (on songe particulièrement au "Ministère de la Vérité" inventé par Orwell en 1984, et pourquoi pas un ministère du Bien du Beau du Vrai tant qu'on y est?). L'accoler au terme "immigration" avait pour objectif implicite de racoler le petit peuple des électeurs de Jean-Marie Le Pen. Succès garanti.
Tout cela consacre un repli sur soi, la défense de "vrais valeurs" qui sont le cache-sexe d'une logique habituellement réactionnaire. Ce que d'aucuns ont nommé assez justement la France moisie.
Rédigé par : Marc | 23 mai 2007 à 12:15
Il y a eu un ministère de l'immigration, de la chance... Il y a maintenant celui de l'identité nationale, c'est un progrès. Nous commençons à avoir moins honte de nous-mêmes.
Je ne parlerais pas de ministère de la honte, mais de ministère de la fin de la honte avec toutefois, un petit bémol sur ce que peut être sa définition et sa fonction.
Si nous continuons à n'être défini que comme terre d'accueil, pays des droits de l'homme et qu'on nous réduit à cela alors ce ne sera pas un changement positif, mais une néfaste continuité.
Si par contre, nous nous réapproprions notre histoire dans son ensemble en ne nous en tenant plus aux quelques collabos honteux, à l'affaire Dreyfus, à Mai 68 et Voltaire, alors nos générations futures se rendront compte que nous ne sommes pas si mauvais que cela, que la barbarie totalitaire n'a jamais été notre lot, que nous ne sommes pas racistes, que nous avons eu les meilleurs écrivains, architectes, gastronomes, scientifiques, militaires, inventeurs du monde. Que nous sommes un état de Droit et que nous avons tous les ingrédients pour bien vivre, que nous ne sommes pas les moins que rien que l'on nous vend.
Si ce ministère est capable de tenir ses promesses, n'est pas une escroquerie alors nous allons retrouver un moral dont nous avons tant besoin.
Rédigé par : Ludo Lefebvre | 23 mai 2007 à 11:00
Cher bouffon,
(J'ai l'impression de vous manquer de respect en vous appelant ainsi) Je suis moi-même amateur de costumes et de cravates pensant que l'habit fait un peu le moine. Je parlais donc de la tenue vestimentaire.
Toutefois tailler un costard trois pièces à Aounit n'est pas déplaisant comme vous en avez si subtilement fait la remarque. Je n'avais pas fait cette analogie initialement, mais puisque vous me mettez dans les rails, disons que la hijab rouge lui irait à ravir.
Ceci dit, il n'a pas besoin de moi pour se décridibiliser, il se débrouille très bien tout seul, qui croit encore en la sincérité de son combat contre le racisme ?
Faites attention au procès cher monsieur Bilger, Aounit parcourt la presse, le net, la télévision, la rue en quête permanente de procès plus ou moins rocambolesque comme disait "roule ta bille".
Rédigé par : Ludo Lefebvre | 23 mai 2007 à 10:45
@ Sego & Ludo Lefebvre : La lecture des livres sacrés ou inspirés sont sujets à interprétation, ou on les interprete de façon fondamentaliste ou de façon exégétique avec toutes les nuances de ces deux visions, on ne peut donc pas dire "moi j'ai lu ..tel livre sacré donc je revendique le droit d'en parler en connaissance".
Je prends parfois l'exemple de Jésus marchant sur les eaux ; le chrétien de base ou le fondamentaliste y verra un miracle qui ne peut être remis en cause. L'exégèse y verra tout autre chose : "L'écriture de ce passage est symbolique et s'adresse à des juifs pour qui l'eau est le symbole de la mort et c'est une image qui nous est décrite démontrant que Jésus est au-dessus de la mort ; marche sur elle et est un espoir de vie ..." .. c'est un exemple de base mais on peut aussi voir dans les textes quelle que soit la religion des appels à la violence, n'est-ce pas l'interprétation que firent les Croisés ou l'Inquisition de la Bible .. par exemple.
Rédigé par : Bernard | 23 mai 2007 à 09:51
Ce blog est merveilleux d'échanges, d'analyses avec des gens sensés qui ont une ouverture d'esprit assez large et tolérante sur l'évolution du monde ; il n'en est pas de même pour Ségo qui, mauvais perdant après avoir clamé haut et fort que sa candidate allait gagner largement, s'échine dans la provocation avec ses idées passéistes et ses utopies larmoyantes ; il est évident qu'aujourd'hui il faudra de plus en plus faire confiance à des gens qui oseront se mouiller la chemise pour faire le "sale boulot" nécessaire et préventif tout en respectant les règles du jeu démocratique, ce qui va devenir un défi titanesque pour ceux qui se proposent de le relever ; je tire mon chapeau à M.Sarkozy ou d'autres qui ont le courage de subir les anathèmes et les cris d'orfraies droits de l'hommistes de ceux qui, bénis oui-oui, préfèrent adopter la position facile de l'autruche avec les conséquences désastreuses qui en découlent ; à l'évidence, je prefère "emplir mes poumons d'un autre air" que celui de Ségo.
Rédigé par : AMBROSI | 23 mai 2007 à 09:30
@ Véronique - J'admets effectivement qu'on puisse s'interroger sur l'obligation qu'auraient certains venus d'ailleurs à respecter ce que d'autres nés sur le sol ne respectent pas - N'est-ce pas le but d'un gouvernement de savoir tourner la page sur le passé et d'éduquer, de dire "Avant c'était comme ça, maintenant ce sera comme ça". Mais il faut que le "Ce sera comme ça" soit harmonisé par les différents acteurs de la vie publique c'est-à-dire : La Justice, la police et l'éducation nationale. En France, le droit est quelque chose de très mal perçu par une grande partie de la société, un justiciable ne comprend pas toujours bien sa sanction, pas plus que l'opinion publique, n'avez-vous pas comme tous entendu autour de vous suite à une condamnation d'un proche :
"Il y en a qui ont fait pire et qui sont passés à côté, si il (ou elle) avait été ministre on aurait fermé les yeux"
Moi même ai tenu ces propos, ai aussi perçu le droit comme une machine sélective et arbitraire "Selon que vous riche ou pauvre ..." Puis un jour j'ai fait un bout de chemin dans la vie avec une fille qui avait fait Sciences Po, diplômée en droit public etc et m'a expliqué la philosophie du droit, pourquoi le droit, et a changé ma vision du droit, de la justice et de me dire que l'essence même du droit devrait être enseignée au moins dès le collège, ce qui aurait peut-être pour conséquence de diminuer de façon visible la délinquance. Je serais même pour envoyer les justiciables pas très ouverts sur le droit et plutôt que de leur donner des travaux d'intérêt général, des amendes ou de petites peines de prisons, faire un stage obligatoire dans ce qu'on pourrait appeler une "Maison de citoyenneté" où ces essences des droits public et pénal seraient inculquées, le droit public car la citoyenneté relève plus à la base de ce droit. Cela pourrait déja être une transition entre l'avant et l'après mais aussi un message de l'Etat vers le justiciable :"On admet que vous n'avez pas bien compris la base des lois de votre pays ou du pays qui vous accueille, on va vous les donner, mais après il n'y aura plus d'indulgence ou de circonstances atténuantes".
Monsieur Philippe Bilger pourrait peut-être nous éclairer sur ma vision un peu utopiste du droit.
PS : J'exclus dans cette utopie ce qui peut relever des Cours d'Assises, les faits jugés étant à des années lumières de la petite délinquance qui empoisonne le quotidien ou sature les tribunaux correctionnels.
Rédigé par : Bernard-27400 | 23 mai 2007 à 09:29
Vous voyez. Je ne suis pas la seule pour le vermillon.
Vous le savez, Philippe. En gros on a toujours plus intérêt à discuter vos notes dans leurs marges et dans leurs nuances.
Vous-même le dites : des ombres circulent.
Alors, pour le gris, d'accord les ombres sont là. Mais pour le rouge, ça manque juste de brumes.
Rédigé par : Véronique | 23 mai 2007 à 09:13
Le bouffon a fauté.
Il vous demande pardon.
"Non contents de rêvez" ai-je écrit, il fallait lire de "rêver".
Le bouffon a "honte".
En pénitence je vais prendre une carte au MRAP pour 3 jours (pas plus). J'irai au cours de mise à niveau de....l'orthomrap.
(Décidément PB vous me troublez.)
Rédigé par : le bouffon | 23 mai 2007 à 08:12
@ Bernard
Quand Ségo pose la question du "de quoi de parle t-on?" en évoquant l'identité nationale et son rapport avec l'immigration, je pense qu'il pose la bonne question.
Je partage ce que vous nous dites au sujet de l'identité. Mais qu'en est-il, pour bon nombre de Français d'origine, des repères que vous nous rappelez et de la nécessité de les respecter. S'y identifier, c'est, à mon sens, une autre question et qui est loin d'être inintéressante.
Etes-vous aussi certain que pour nous tous l'affaire soit à ce point claire, comprise et assimilée?
En gros je pense que la République Française dans sa définition place très haut la volonté d'une éthique collective et d'une morale citoyenne. Est-ce acquis une fois pour toutes par les "nationaux" d'origine?
Pourquoi l'exiger d'autres si nous ne sommes pas nous capables de définir cette éthique collective et de la transmettre d'abord à nos propres enfants ?
N'y a t-il pas dans la juxtaposition des mots immigration et identité nationale quelque chose de grossièrement réducteur, de péremptoire, de blessant et d'injuste?
Rédigé par : Véronique | 23 mai 2007 à 07:20