Pascal Clément n'a pas dit, comme son collègue Renaud Donnedieu de Vabres pour le ministère de la Culture, qu'il était candidat pour se succéder à la Chancellerie. L'action qu'il y a menée a été trop difficile et délicate, quoique très estimable, pour qu'il désire la poursuivre, même dans de nouvelles conditions présidentielles.
Aussi, nous aurons un nouveau ministre de la Justice, mais qui sera-t-il ?
Citoyen, le magistrat suit l'évolution de la composition du futur gouvernement avec un mélange d'attention et de détachement, de vraie curiosité professionnelle et d'étonnement non feint. Il entend des noms et à peine l'un est-il évoqué qu'un autre prend la relève. De cette quête incessante du meilleur pour occuper le poste prestigieux et plus que jamais exposé de garde des Sceaux, on espère que surgira l'homme ou la femme qui donnera l'espoir, constituera par soi-même un signal puissant de rénovation de la justice et de restauration de la paix judiciaire.
Longtemps, il a pu sembler acquis et évident que Patrick Devedjian serait la personnalité choisie. Va-t-il être victime du fait que, selon sa formule très drôle, l'ouverture ne sera pas faite jusqu'aux sarkozystes ? Ou bien, plus sérieusement, de la crainte française, dont on a pu constater au fil du temps moult exemples, de faire appel à une véritable compétence pour un poste déterminé ? Comme si trop de savoir technique et de maîtrise du sujet risquaient de faire perdre la distance dont le politique a besoin ? Il est aussi patent que certains précédents ont démontré, notamment avec le magistrat Pierre Arpaillange, que cela peut être une fausse bonne idée de nommer ministre qui n'a que la qualité d'appréhender correctement le champ de ce qui lui est dévolu. La parole, l'audace et la personnalité comptent infiniment plus pour cette charge.
Puis on a entendu parler de Michèle Alliot-Marie. Plus tard, d'Hervé Morin, rallié UDF qui s'était occupé de la justice auprès de François Bayrou.
Aujourd'hui, le Figaro affirme que le futur garde des Sceaux sera Christine Lagarde, avocate réputée et qui changerait d'attribution ministérielle.
Pourquoi pas ? Si la nouvelle est confirmée, cela signifiera que ce département capital pour la démocratie sera confié à une personne qui n'est pas usée par les luttes politiques et qui pourrait porter de ce fait un regard neuf et libre sur une réalité qu'elle n'ignore pas mais dont elle ne serait pas prisonnière.
Attendons. Avant la fin de la semaine, nous saurons.
En tout cas, s'il n'y a qu'une certitude, c'est qu'aussi pertinentes que soient les deux propositions emblématiques du nouveau président de la République dans le domaine judiciaire - les peines planchers et une répression plus cohérente des mineurs récidivistes -, la lutte sera rude et le combat politique âpre. Certes, si aux prochaines législatives l'UMP l'emporte, l'adhésion parlementaire sera acquise mais qu'on ne sous-estime pas l'opposition d'une grande partie du monde judiciaire à ces réformes pourtant nécessaires. Les syndicats, j'en suis persuadé, continueront leur travail de sape, approuvés par des médias complaisants.
Qu'on ne s'y trompe pas. La justice, pour le pire et le meilleur, est venue au premier plan des préoccupations citoyennes, notamment depuis Outreau dont les effets ravageurs se font encore sentir en matière criminelle. Surtout pour les viols où le prétendu consentement de la victime est de plus en plus plaidé avec succès, comme si les jurys avaient dorénavant peur de condamner en dépit de l'évidence du débat.
Quoi qu'on ait à lui reprocher, la magistrature est forte de la puissance qu'on lui prête à l'encontre des puissants. On aura du mal à lui faire admettre raison, même pour des mesures raisonnables. Le corporatisme va persister. Et, probablement, une fronde d'apparence professionnelle mais, en réalité, politique
Je souhaite bon courage à notre prochain ministre. Ce qui l'attend est un honneur, certes, mais pas une sinécure.
Je suis d'accord avec vous sur le rôle des parents, Francis, mais je crois l'enfant, l'adolescent aussi sensible à son microcosme et lorsque ce dernier glorifie la haine, la violence... il pousse le jeune à appartenir.
De bons parents se retrouvent de ce fait parfois dépassés par ce qui découle de l'environnement périscolaire : les amis, l'éducateur gauchiste qui pousse à le rébellion contre les parents pour faire plaisir à Dolto et par fascination des voyous, la violence distilée par les mythomanes du rap qui se contentent de frapper des singes et des femmes, qui n'ont jamais rien braqué et jouent à Tony Montana...
Rédigé par : Ludo Lefebvre | 22 mai 2007 à 21:16
J'ai lu dans les commentaires une proposition qui me semble farfelue. Le garde des Sceaux élu par les syndicats de la Magistrature !
L'attorney d'un Etat américain est élu par les citoyens de cet Etat, là se limite sa juridiction.
C'est assez risible quand en France on critique à tout va les Etats-Unis.
Je pense aux grenouilles de la fable, qui souhaitaient un roi. Le premier qui advint fut un soliveau qui lassa les grenouilles. Il était débonnaire, elles le renvoyèrent. Jupin leur délégua une grue qui les goba.
Ce système comporte le risque de faire une part trop belle à l'immobilisme et à l'inaction.
L'impuissance entraîne le rejet.
Quant aux peines plancher, je suis d'accord sous réserve que le condamné puisse conserver l'espoir d'une sortie préparée. Ce qui dépend du JAP, des conditions carcérales et de la volonté du condamné.
Je n'oublie pas qu'un tiers de la population carcérale est constitué de malades psychiatriques qui nécessitent un traitement adapté dans des lieux adéquats.
Je pense que concernant l'excuse de minorité il est impératif de ne jamais perdre de vue qu'éduquer les enfants est le rôle des parents dans l'exigence de la responsabilité. Les pédagogues de l'enseignement sont tenus de relayer ce principe de base.
Rédigé par : francis | 22 mai 2007 à 17:04
Jacky,
En lisant l'article suivant, j'ai pensé à vous :
http://www.lejdd.fr/cmc/societe/200718/multirecidiviste-a-13-ans_16446.html
« 97 procédures pour vols et vols avec violence » à 13 ans...
Certes, tous n'en arrivent pas à un tel score. Mais les auteurs de certaines infractions ont souvent un STIC de la taille d'un bottin téléphonique.
Le STIC ne fait état que d'enquêtes me direz-vous. Bien sur. S'il n'établit pas de vérité judiciaire, il établit néanmoins l'existence de forts soupçons. Une mention au STIC ne signifie rien, une vingtaine de mentions signifie un certain hasard ou un certain talent à ne pas permettre la découverte d'élément à charge contre soi.
Rédigé par : Marcel Patoulatchi | 19 mai 2007 à 19:57
Je parlais du Syndicat de la magistrature évidemment, je l'ai omis dans mon message précédent .
Rédigé par : AMBROSI | 19 mai 2007 à 14:03
Félicitations pour la venue de la nouvelle garde des Sceaux, une dame efficace, très républicaine, qui fait son travail avec une conscience professionnelle de très haut niveau ; évidemment, on ne va pas dire de même de ces magistrats bobos gauchistes qui passent plus de temps à faire de la politique, de gauche bien sûr, à faire de l'anti-sarkozysme primaire, à dénigrer, à dénoncer, à caricaturer et qui bien sûr ont vivement critiqué leur nouvelle ministre du fait qu'elle fait partie du "clan" Sarkozy ; tout un chacun peut se rendre compte du niveau intellectuel de ces gens-là qui se plaisent à salir les individus, en l'occurrence leurs collègues.
Rédigé par : AMBROSI | 19 mai 2007 à 10:58
Jacky Liebgott,
Le secret professionnel et le devoir de réserve empêche que l'on vous réponde directement, lorsque vous demandez « existe-t-il des exemples concrets, casier judiciaire à l'appui, de ces démissions judiciaires face à des délinquants d'habitude ».
Toutefois, je peux quand même vous dire, rien que pendant ce mois de mai, avoir été en contact : avec un toxicomane avec deux dizaines de condamnations qui persiste à récidiver dans le vol, sans réponse pénale innovatrice ; avec une alcoolique auteur de délits routiers en récidive naturelle (vu les délais d'audience, la comparution immédiate du dernier fait a devancé les convocations pour les faits précédents) ; avec un jeune majeur conduisant sans permis, disposant d'un STIC tout à fait évocateur (témoignant également d'une certaine polyvalence) ; avec une toxicomane qui est systématiquement en possession de quantités non négligeable de stupéfiants, appréhendée plusieurs fois par mois de ce fait (cela pourrait presque être considéré comme du harcèlement). Quant à ces individus surpris les vêtements imbibés d'essence, sentant le brûlé, tôt au petit matin, à quelques mètres d'un véhicule incendié, relaxés, je ne doute pas qu'on ne tardera pas à entendre parler d'eux à nouveau.
Et, bien entendu, je ne parle pas de ces auteurs de délits divers qui circulent à scooter (livraison de stups, vols à l'arraché, ou tout simplement délits routiers), qui n'ont pas tardé à comprendre que ce n'était pas un hasard s'ils ne sont jamais suivis - et donc jamais appréhendés. Mais là est un autre débat, dépassant la question du rôle des magistrats, intéressant néanmoins la thématique de la récidive, qu'elle soit naturelle ou légale.
En fait, ce qui est rare et surprenant, c'est de trouver des primo-délinquants. Une denrée rare, de luxe.
Ceci étant dit, évidemment, tous les magistrats, toutes les chambres correctionnelles, ne sont pas défaillants. L'action néfaste d'une poignée suffit, comme souvent, pour nuire à l'entreprise publique.
Rédigé par : Marcel Patoulatchi | 18 mai 2007 à 22:28
@ J. W
Votre nuit, dans la note de Philippe, fut-elle blanche ou noire, ou les deux ?
Vous voyez, je connais des classiques. Même si je ne le dis pas tout le temps.
Allez.
A très bientôt, à vous lire, je l'espère, pour La partie ou le Tout ?
Rédigé par : Véronique | 18 mai 2007 à 07:49
@ Véronique
Hélas j'en suis incapable.
Par pitié ne vous moquez pas des infirmes de l'esprit !
Tout roi n'a-t-il pas son bouffon ?
Et ce soir avant d'aller rêver le bouffon vous dira que "l'orgueil du savoir est pire que l'ignorance".
Ainsi que vienne un ignorant au poste de GDS...c'est ce qui peut nous arriver de mieux. Voilà mon commentaire sur "Qui sera Garde des sceaux ?".
C'est un peu plat...mais c'est bouffon.
Bonne nuit Véronique.
Rédigé par : JW | 17 mai 2007 à 23:27
dac avec Dame Véronique !
sinon faut aussi éviter que le sot si trop sec scie déjà son Sceau en quelque sorte et ce, avant son éventuelle nomination !!
Rédigé par : Cactus qui en perd son lutin, au garde, avoue ! | 17 mai 2007 à 22:22
@J. W
Mais,
plutôt que de rêver de Philippe et de cauchemarder sur son absence ou sur la mienne, ce serait pas plus mal de rêver de ses notes et, au réveil, de les commenter.
Mais si !
Rédigé par : Véronique | 17 mai 2007 à 22:00
@ à Véronique ( le 16 mai 2007 à 19:26)
« C'est quand même curieux tous ces mecs qui rêvent de vous et qui font des cauchemars à l'idée de devoir renoncer à votre blog, si vous êtes le nouveau GDS .Vous ne trouvez pas ? »
Vous n’avez rien compris Véronique !
La fermeture de « Justice au singulier » était un cauchemar, car j’avais réalisé que je ne pourrais plus vous lire.
Et puisque vous interprétez les songes d’une nuit de printemps, que pensez-vous de mon rêve de cette nuit ?
En effet, j’ai rêvé de vous…et ce n’était pas un cauchemar, car "le rêve est une seconde vie" dit le poète.
Je me suis efforcé de trouver pour vous une citation en français...mais il m'arrive de rêver en latin ...voire même en lutin !
Rédigé par : J.W | 17 mai 2007 à 19:55
"c'est dommage,on avait vraiment besoin d'un vrai drone pour surveiller
les Bush nerfs...
@Cactus,dis cactus,je suis second?..."
dit Monseigneur S.
Cactus d'or aussi , allez , c'est mérité ! :-)
Rédigé par : Cactus à M.Sbriglia | 17 mai 2007 à 09:37
Sbriglia et Jérôme,
Véronique a raison, faites attention si un jungien (souvent spécialisé dans la psychanalyse des rêves) lit ce blog, vous risquez de vous retrouver avec une drôle de réputation.
Je ne parlais pas du jeune juge Burgaud, son humiliation publique m'a également révolté, bien que je ne veuille pas lui enlever une part de responsabilité, mais du procureur Gérald Lesigne.
Pour l'anecdote, monsieur Burgaud fut juge d'instruction dans une autre affaire concernant mon agresseur (celui-ci a tué deux personnes sur trois qui faisaient du co-voiturage en excès de vitesse, ivre et franchissement de ligne blanche). Mon agresseur, médecin entre autres responsabilités à la commission des permis de conduire, l'insulta en termes si lourds que je ne puis les livrer décemment sur ce blog et ne fut pas poursuivi par monsieur Burgaud pour outrage... Justice de classe ?
Les outrelois ont pu délivrer les anomalies de leur dossier, les miennes sont encore plus dignes de la science-fiction, heureusement que j'ai les pièces qui attestent mes dires, je pourrais passer pour un mythomane tant c'est énorme.
Rédigé par : Ludo Lefebvre | 17 mai 2007 à 03:11
@ Sbriglia...d’un cuistre à l’autre
Ze vous guettais....
Non Cher Sbriglia : voici en « copier-coller » le présent du verbe « vousoyer » issu de la meilleure grammaire française.
Hanse n’était pas français.
La seule « bible » en la matière c’est notre savoyard, Claude Favre, baron de Pérouges, seigneur de Vaugelas. Vous le savez.
A l’indicatif Présent, on écrit
je vousoie
tu vousoies
il vousoie
nous vousoyons
vous vousoyez
ils vousoient
Et en prononziation ...c'est "s" et non "z", malgré la présence des 2 voyelles.
Inutile de zesticuler Sbriglia
Don Léopold Auguste réplique à Don Fernand, dans « le Soulier de satin »
« Chère grammaire, belle grammaire, délicieuse grammaire, fille, épouse, mère, maîtresse, et gagne-pain des professeurs ! Tous les jours je te trouve des charmes nouveaux ! Il n’y a rien dont je ne sois capable pour toi »
J’ajouterai
« Même de taquiner Sbriglia ».
Allez, « je m'en vais ou je m’en va, l'un et l'autre se dit, ou se disent ! »
Très bonne fin de zemaine.
Au fait…on est très loin du garde des Sceaux dont parlait PB.
Il y a des gardes-barrières, des garde-fous…
Il nous faut un Garde des Sots pour nous censurer sur ce site !
Rédigé par : J.W | 16 mai 2007 à 20:04
C'est quand même curieux tous ces mecs qui rêvent de vous et qui font des cauchemars à l'idée de devoir renoncer à votre blog, si vous êtes le nouveau GDS .
Vous ne trouvez pas ?
Rédigé par : Véronique | 16 mai 2007 à 19:26
@Ludo Lefebvre: Si mes souvenirs sont bons ce magistrat n'était pas procureur mais juge d'instruction et peut-être bien jeune en expérience pour instruire une telle affaire - Au dela de ces considérations nous ne pouvons émettre une opinion que sur la forme et non sur le fond faute d'avoir des éléments et un savoir nous permettant de pointer un doigt accusateur (hormis les spécialistes du droit pouvant intervenir sur ce blog). Après tout le tapage qui a été fait sur et autour de cette affaire il est difficile de l'aborder avec un esprit serein et objectif. Ce que j'ai écrit fut mon sentiment personnel, le sentiment de voir un homme livré en pâture pour contenter l'opinion publique remontée par les médias et la dictature de l'émotion, une opinion qui avait le pouce en bas.. Vae Victis
Quant à l'affaire d'Outreau, elle a été jugée. Donc je m'abstiendrai de commentaires. Amen
Rédigé par : Bernard | 16 mai 2007 à 19:05
JW a écrit:
"Je ne la "vouvoie" pas....
Je la "vousoie"
C'est plus français... me semble-t-il. Tout le monde ne peut pas parler et le latin...et le français !"
...non,cher JW : je vous renvoie à la Bible en la matière, le Hanse:
"vouvoyer a couramment remplacé voussoyer, idem entre vouvoiement et voussoiement..."
En tout état de cause vous la "voussoyez" avec deux ...zestes !...
C'était la parenthèse des chieurs de mouches, sod...de coléoptères qui demandent platement aux intervenants de ne pas trop leur tenir rigueur de leur insane cuistrerie...
Bon, à part ça, on est en train de passer de Claire Chazal à Catherine Nay, ça va décoiffer sec !
Je serais Cécilia, je ferais attention à me tenir correctement sur l'estrade et à ne pas singer Paris Hilton !...
Et puis que de nouveaux sujets en perspective pour notre hôte!
Ah ! Ségo, d'un coup d'un seul Nico a effacé le Fouquet's et le Paloma !
J'aurais du choisir ce pseudo !
Bon week-end à tous et ...à lundi, si vous le voulez bien...
Rédigé par : sbriglia | 16 mai 2007 à 17:12
@ Bernard,
Ce procureur m'a lésé ainsi que d'autres justiciables dans des dossiers n'ayant aucun rapport à la pédophilie et n'étant pas médiatisés. Au lieu de se redresser, il s'est mis à ne plus rendre de verdict, pensant plus à sa personne qu'à la sacro-sainte justice. L'erreur vient bien de lui, rien ne l'empêchait de faire des vérifications basiques qui auraient rapidement démontré qu'un brave homme comme le taxi Martel que je connais bien ne pouvait de façon probante avoir commis ces actes. En dehors de son erreur "magistrale", il aurait dû avoir à coeur de continuer son métier avec professionnalisme. Cet homme m'a inventé un beau-père alcoolique, incarcéré et fratricide, une complicité avec une autre victime retrouvée, a couvert un pédophile pour ce qu'on appelle l'intérêt de la société et qui n'est qu'un paravent au corporatisme, à l'incompétence... Ne comptez pas sur moi pour dédouaner Lesigne, Pêtre Renaud, Pouille-Deldique de leurs malversations. Ces petits êtres ne méritent que ce qu'ils donnent.
Madame Royal a effectivement sacralisé la parole de l'enfant en affirmant que ce dernier ne mentait jamais, ce qui est une absurdité, à une époque où l'enfant n'était jamais écouté. L'erreur viendrait également des théories stupides de Dolto, mais ce serait trop long à développer... Quoiqu'il en soit un avocat général doit être apte au discernement, à la recherche de la vérité ou changer de métier. C'est aussi une force de savoir faire avec la confrontation des médias. Ce ne sont en aucun cas à ces derniers de faire la pluie et le beau temps dans une affaire judiciaire. Je ne dis pas que ce soit facile, mais il est impératif de savoir garder un raisonnement neutre lorsqu'une telle responsabilité vous incombe... Pas d'excuses donc.
Rédigé par : Ludo Lefebvre | 16 mai 2007 à 16:13
"Je veux simplement conclure que ce magistrat qui a été cassé par les politiques, les médias, une partie de l'opinion publique victime d'un procès digne de l'Inquisition a toute ma sympathie."
...a écrit Bernard...
...et ceux qui ont été brisés dans leur vie, stigmatisés à jamais, humiliés mentalement ou réellement détruits, morts pour beaucoup dans leur tête et dans leur coeur, eux "les obscurs, les sans-grade" qui n'ont pas eu de poste de rattrapage au Palais de Justice de Paris, qu'en ont-ils à faire de ce teint un peu trop terreux qui, lorsque des questions courtoises lui étaient posées par des gens infiniment respectueux de ses droits, trouvait toujours l'un ou l'autre de ses avocats pour répondre à sa place et qui put repartir, tranquille, vers de nouvelles fonctions et d'inéluctables promotions ?..
Un peu de pudeur, Bernard, tous les moulins ne méritent pas des Don Quichotte...
Rédigé par : sbriglia | 16 mai 2007 à 13:51
@ sbriglia
Je ne la "vouvoie" pas....
Je la "vousoie"
C'est plus français... me semble-t-il. Tout le monde ne peut pas parler et le latin...et le français !
Quant à la démocratie...cela n'a rien à voir, cher Sbriglia.
Pourquoi ?
Dans un couple, l'amour se conjuge à toutes les personnes, car le "verbe" se fait "chair".
Redevenons sérieux. La récréation est terminée depuis ce matin 11 heures. Avançons...au son du canon. Qu'un sang très pur abreuve son sillon !
Rédigé par : J.W | 16 mai 2007 à 13:35
Le nouveau Garde, à l'instar de ses prédécesseurs, va devoir à la tête du ministère donner les moyens aux juridictions de répondre aux fortes demandes dont elles sont saisies.
L'omniprésence du droit marque indubitablement ce début de siècle : notre société est devenue une société contentieuse dans laquelle tout conflit prend la forme procédurale du procès et du recours à l'institution judiciaire.
Cette inflation des saisines du juge a indéniablement conduit à un engorgement de nos tribunaux et à une "justice" trop souvent approximative, rendue dans l'urgence.
Cet appel accru au juge a transformé la mission de ce dernier qui est devenu un acteur social, "un négociateur" jouant le rôle d'arbitre ou de médiateur. Le juridisme rampant a conduit logiquement à un interventionnisme social croissant de l'institution .
Plus encore, ce besoin de justice semble lié au besoin de combler le vide moral ouvert par le pragmatisme ambiant. En quelque sorte, cette récente pression de l'opinion sur la justice constitue l'autre face d'un moralisme, le contrepoids d'une déflation éthique .
La morale traverse désormais la loi et pénètre dans les prétoires de sorte que l'action judiciaire se réduit de moins en moins à l'application de la loi et constitue plutôt une création de droit.
Plus que d'avoir à rétablir et appliquer le droit, les juges ont aujourd'hui la mission de promouvoir ce même droit.
Tiraillée entre "juridisme" et "moralisme", la place de l'institution doit indubitablement être redéfinie.
Rédigé par : Parayre | 16 mai 2007 à 10:45
@Ludo Lefebvre : L'affaire d'Outreau a révélé un dysfonctionnement dans l'ensemble du système, qu'il soit juridique, judiciaire ou politique, dont la conclusion fut un magistrat livré en pâture aux médias. Mais un magistrat qui dans l'absolu n'a fait qu'appliquer la parole du politique. Pas une seule fois on n'a pu entendre l'implication (qui peut être indirecte) de Ségolène Royal, laquelle en 1997 alors qu'elle était ministre déléguée à l'Enseignement scolaire et suite à sa circulaire du 27 août 1997 faisant obligation aux enseignants de signaler aux Procureurs de la République les abus sexuels dont aurait pu être victime un élève après que celui-ci se soit confié au dit enseignant - est venue (Ségolène Royal) tirer la conclusion de sa circulaire à la télévision (Emission "Mots croisés", France2 du 21 janvier 2001) en disant "L'enfant dit le vrai", on voit tout ce qui peut découler d'un tel propos quand ils sont tenus par un ministre. Je déplore dans cette affaire de ne pas avoir vu Madame Royal venir soutenir avec autant de virulence qu'elle a soutenu sa thèse un homme qui a été livré à des fauves. Aller plus loin dans mon argumention dépasserait la bienséance autorisée. Je veux simplement conclure que ce magistrat qui a été cassé par les politiques, les médias, une partie de l'opinion publique victime d'un procès digne de l'Inquisition a toute ma sympathie.
* Source:"Fausse route" d'Elisabeth Badinter, édition: livre de poche page 63
Rédigé par : Bernard | 16 mai 2007 à 10:00
@JW
ce n'est pas la démocratie dans votre couple :elle vous tutoie et vous la vouvoyez ?...
@JDR
c'est dommage,on avait vraiment besoin d'un vrai drone pour surveiller
les Bush nerfs...
@Cactus,dis cactus,je suis second?...
Rédigé par : sbriglia | 16 mai 2007 à 09:14
"En tout cas, s'il n'y a qu'une certitude, c'est qu'aussi pertinentes que soient les deux propositions emblématiques du nouveau président de la République dans le domaine judiciaire - les peines planchers et une répression plus cohérente des mineurs récidivistes -,la lutte sera rude et le combat politique âpre."
Oui.
Sauf que je pense que ces deux mesures ne doivent pas devenir emblématiques, ni comme étant, pour ainsi dire, la marque de fabrique ou l'étendard d'une politique pénale.
Ces mineurs sont des enfants plus que d'autres enfants. En faire des symboles d'un "on va voir ce qu'on va voir", c'est aussi les transformer en vecteurs d'une vision de la société qui refuse de prendre en considération qu'un mineur qui agresse à répétition, et de plus en plus violemment, peut illustrer ce qui relève également, en amont, d'un échec collectif.
Rédigé par : Véronique | 16 mai 2007 à 07:58
Bonjour,
Il y a séparation des pouvoirs et la justice est un de ces pouvoirs. Ne serait-il donc pas plus judicieux que celui ou celle qui sera appelé à devenir ministre de la Justice soit élu par l'ensemble du corps judiciaire, magistrats et avocats, avec bien sûr des barrières pour éviter de tomber dans le corporatisme. Une telle élection, à mon avis, marquerait vraiment l'indépendance de la justice, indépendance que l'on ne ressent pas vraiment avec un ministre nommé par un gouvernement. Bien sûr on pourra toujours argumenter que les magistrats ou avocats ont eu aussi des positions politiques, mais même si cela est indéniable, avec une telle élection, le ministère se doterait d'une femme ou d'un homme de terrain alors que nos ministres actuels sont très polyvalents. Il serait aussi souhaitable que ces conseillers viennent du même corps, pourquoi pas des différentes représentations syndicales ; toujours élus par les spécialistes de la Justice et du droit. Mais bon, peut-être que constitutionnellement c'est plus compliqué que ne le pense le citoyen lambda que je suis.
Rédigé par : Bernard | 16 mai 2007 à 07:45