Depuis un certain temps, je songeais à écrire un billet sur le concept de traîtrise en raison de l'extraordinaire émergence de cette notion durant la campagne présidentielle. J'avais abandonné ce projet mais la lecture du Journal du Dimanche lui a redonné une actualité que je veux expliquer. En effet, on apprend que Jean-Marie Bockel, secrétaire d'Etat à la Francophonie, s'est vu insulter au Sénat par une exclamation : " On n'applaudit pas les traîtres ". Eric Besson, secrétaire d'Etat à la prospective économique, craint de subir le même sort à l' Assemblée nationale.
Ce qui m'a déterminé à réagir, c'est l'étrange rapprochement entre ces deux personnalités qui n'ont de commun que le fait d'avoir été socialistes.
On a tous dans la tête une image en quelque sorte idéale du traître, caricature humaine suscitant l'antipathie et le mépris. Pour ma part, me souvenant des films de cape et d'épée de ma jeunesse, j'ai gardé en mémoire le nom d'un acteur qui avait cette spécialité de jouer à la perfection les félons et les transfuges, le coup de rapière dans le dos et le duel déloyal étant deux des manifestations les plus scandaleuses de son manque de fair play. Il s'agissait de Robert Porte et il est demeuré longtemps dans mon esprit comme l'exemplaire illustration du méchant.
En politique, c'est tout de même plus compliqué.
D'abord, pourquoi une telle tolérance à l'égard des intellectuels qui glissent avec élégance d'un camp à l'autre sans être jamais véritablement disqualifiés ? Il me semble qu'ils bénéficient de la dégradation civique qu'ils ont contribué à créer. Pour simplifier, il aurait été inconcevable, de la part d'un Jean-Paul Sartre, quelles qu'aient été, par ailleurs, ses graves dérives, de ne pas se camper comme un opposant au Pouvoir, dédaigneux de ses sollicitations et de ses avantages, indifférent à ses ors et à ses pompes, de ne pas se vouloir comme irréductible à toutes les formes de puissance et de domination, de nouer des amitiés qui ne soient pas légitimées par l'idéologie. Je ne dis pas que cette attitude entière n'inclinait pas à la rigidité et au totalitarisme mais l'intelligence faisait ses choix et se fixait des limites. Tout le monde politique n'était pas le prochain de nos philosophes d'alors. La vivacité d'esprit et la capacité d'engagement étaient mises au service d'une cause et ne contribuaient pas à les embrasser toutes.
A partir du moment où la mondanité, les médias, l'argent, le goût et le culte des puissants, la volonté de respirer au moins l'air et l'odeur du Pouvoir ont fait se déliter la pureté intransigeante, loin qu'on tienne rigueur à nos essayistes et écrivains d'aujourd'hui de leurs manquements et de leurs compromissions, on les a félicités comme si les uns et les autres révélaient une ouverture et une tolérance, un sens aigu de l'amitié et une heureuse gestion des carrières. Sans que je prétende qu'ils doivent être mis dans le même sac intellectuel, Jacques Attali, Bernard-Henri Lévy, Alain Minc, André Gluksmann et Max Gallo, pour n'évoquer que les figures dominantes, n'ont eu aucun mal à faire passer leur pluralisme pour une marque de courage plus que pour un noble opportunisme. J'ajoute que l'intelligence, aujourd'hui, n'est plus vécue ni souhaitée comme une créatrice de fractures mais de connivences. Nos penseurs d'aujourd'hui (que les vrais me pardonnent) ne trahissent personne puisqu'ils sont amis avec tout le monde. Ils disent oui et c'est à peine s'ils savent encore que le non existe.
On ne peut pas mettre sur le même plan, dans la même catégorie honteuse, des comportements politiques qui ont été radicalement différents. Le partage à faire est sans doute dans un affinement du caractère politique ou non de la démarche d'abandon. Trahir au sens courant, c'est, par déloyauté, quitter un camp pour un autre. L'important est de faire comprendre au citoyen pourquoi, à un moment donné, une personnalité publique éprouve le besoin, d'une manière à ce point ostensible qu'elle éveille la suspicion, de passer avec son esprit et ses convictions de l'autre côté, tandis qu'une autre emporte avec elle armes, bagages, livre préparé et ressentiment haineux sans doute éprouvé de longue date. J'oppose clairement, par ce contraste, Jean-Marie Bockel ou Bernard Kouchner à Eric Besson. Que, pour notre ministre des Affaires étrangères, il y ait une part d'orgueil, voire de vanité, c'est possible mais il n'empêche que pour lui comme pour Jean-Marie Bockel, le ressort principal était politique, et le désir d'action, intense. Pour Eric Besson, je ne crois pas m'avancer en soutenant que derrière une apparence politique et une blessure d'humiliation, se dissimulait une stratégie personnelle, des desseins secrets avec une hostilité et une fuite à ce point précipitée qu'elles semblaient l'une et l'autre préméditées.
Mais là n'est pas l'essentiel. La traîtrise se rapporte moins au lieu qu'on rejoint qu'au parti qu'on quitte. Le traître abandonne, la personnalité de bonne foi est abandonnée. Ce qui doit être souligné, par exemple pour Jean-Marie Bockel, c'est qu'on sait depuis longtemps qu'il était infiniment minoritaire au parti socialiste, qu'il a tenté avec courage et persévérance d'y transmettre un message de raisonnable sociale-démocratie, de blairisme pertinent, qu'il n'a jamais été pris au sérieux et que, devant une nouvelle conjoncture politique qui lui offrait un champ pour son énergie et un projet guère éloigné du sien, il a tranché. Sans paradoxe, on peut considérer qu'il a été quitté par les socialistes orthodoxes bien avant de s'en séparer dans les conditions qu'on sait. Il a mis en oeuvre une cohérence fondée sur la désaffection d'hier et la chance d'aujourd'hui. Eric Besson, sans que rien le laisse prévoir sinon un antagonisme sur le calcul d'un programme qui pouvait se régler de manière interne, a planté sa trahison subitement, comme un coup de force, un coup de théâtre, et a tout fait pour laisser croire, par l'animosité déversée, qu'il avait eu raison de déserter un naufrage annoncé. Il a été le premier à quitter le bateau et il en a tiré les fruits.
La trahison n'est pas qu'une affaire de dates, selon le mot de Talleyrand. On trahit quand on n'a jamais été abandonné par ce qu'on quitte, quand on crache sur ce qu'on a quitté. On trahit quand on profite sans vergogne. On trahit, au fond, quand on n'offre que sa trahison à ses nouveaux alliés, à ses amis vite trouvés.
Non, décidément, ce sénateur qui a traité de "traître" Jean-Marie Bockel ne brille ni par la lucidité politique ni par le sens des nuances. Je sais que cela fait toujours bien d'invectiver au nom de la morale dont on s'affirme dépositaire. Encore faut-il ne pas se tromper de cible.
Il ne faut pas voir des traîtres partout.
Je ne voudrais pas trahir mes "amis" socialistes, mais ce sont tout de même eux qui ont trahi le peuple qu'ils étaient censés défendre (bon, je sais, c'est facile, invérifiable, etc, mais c'est BON...).
Rédigé par : olivier | 02 juillet 2007 à 10:01
M. Bockel étant insulté au Sénat illustre pour moi le retard du monde politique par rapport à la société.
On nous a expliqué dans les médias que l'élection de mai dernier constituait une sorte de tournant dans la façon d'adapter un discours et une action politiques aux attentes de la société.
Je pense que ceux qui ont rejoint NS sont simplement des politiques d'un genre rénové.
Je peux comprendre que compte tenu de vos schémas anciens, de vos imaginaires héroïques ambiance cape et d'épée et de votre désir d'une "pureté intransigeante", cela puisse vous déconcerter.
Mais enfin, qu'ont-ils abandonné et trahi ?
Certainement pas un monde transcendant et enchanté, à l'image de vos capes et de vos épées.
Rédigé par : Véronique | 02 juillet 2007 à 08:35
Je connais quelques médecins qui le sont devenus parce qu'ils avaient raté l'école des Mines, l'intelligence de Minc n'est donc pas à remettre en question, loin de là. Bernard-Henri Lévy a tous les défauts de la terre ou presque, mais il connaît les livres et les auteurs, c'est un bon orateur également. On sent chez le gentil Max Gallo qu'il se cherche, qu'il n'aime pas tout cela, l'Europe, la nouvelle politique. Finkielkraut est un sioniste honteux alors qu'il n'y a rien de mal et a du mal à assumer ses véritables convictions, c'est dommage, il se perd. De même qu'il était bien parti dans la lutte contre le communautarisme, mais qu'il a oublié d'enlever le sien croyant peut-être à tort que cela lui enlèverait sa communauté, son identité. Il n'y a rien de plus faux, le régionalisme a perdu en France, on reconnaît toujours les corses, les bretons, les alsaciens. Enfin Glucksmann a été le premier de ceux ayant une voix à la télé à parler des outrances du communisme.
Ils ont tous des qualités personnelles importantes, mais ils trahissent la fonction de clerc, de publiciste. Ils vont où le vent les porte et est clément. Ils ne représentent plus qu'eux-mêmes et se fichent de la France et de ce qu'ils nomment les franchouillards, comprendre par là, les pauvres et les ploucs.
Rédigé par : Ludo Lefebvre | 02 juillet 2007 à 07:16
Talleyrand, le diable boiteux, ne disait-il pas que la traîtrise est affaire de dates ?
Le temps, seul, nous permettra en effet de juger si les "traîtres" par vous évoqués réussiront ou non dans leurs desseins.
Il n'en demeure pas moins que l'histoire, la "petite" et la "grande", fourmille de noms et notamment ceux cités par Marcel Patoulatchi.
Mais la pire trahison n'est-elle pas celle contre soi-même comme le suggère "hag" dans son judicieux commentaire ?
Faut-il, pour réussir, se trahir soi-même au risque de se perdre et de se vivre, secrètement, comme un imposteur ?
Ou faut-il poursuivre cette quête intime, au risque de se taire, dans l'espoir que l'autre, un jour imprévisible, fera retour ?
Mais comment fabrique-t-on de la trahison ?
Cette dernière est souvent faite de deux histoires différentes qui se percutent dans un même espace : celle d’un engagement, et celle d’un changement.
Selon que notre fidélité nous attache au contrat passé ou à l’opportunité future, nous sommes un sympathique chevalier blanc spécialisé dans les causes perdues ou un redoutable traître à la stratégie efficace, un peu limite parfois mais, comme le disait l’immortel Vito Corleone : « nothing personal, just business ».
Quel type de profil réussit le mieux ? Et lequel est le plus recherché par les gouvernants ?
Questions de "grand oral", pour revenir à la précédente note ou tout au moins à certains des commentaires qu'elle a suscités, de nature à désorienter les candidats idéalistes…
Le bon traître ne passe pas sa vie à trahir. Il choisit ses combats avec discernement, et même si ses alliances sont exclusivement et cyniquement inspirées par son intérêt personnel, il n’oublie pas de leur donner un contenu affectif et symbolique.
Personne n’a envie de s’allier avec un fourbe calculateur ayant la réputation de vous briser dès que vous ne lui apportez plus rien.
Il faut toujours acheter à la baisse. Détournez-vous, jeunes ou moins jeunes ambitieux, des leaders entourés par des foules de courtisans empressés pour tendre la main à l’homme à terre, que tout le monde a piétiné et humilié. L’alliance avec lui est moins coûteuse et lorsque ses actions remonteront, il ne vous oubliera pas.
Le traître efficace est donc capable d’alliance. Il discerne cependant la traîtrise, où l’on abandonne son ex-allié pour rejoindre des intérêts concurrents, du renversement d’alliance, figure classique et acceptable, où l’on bâtit avec son futur ex-allié des portes de sortie honorable pour chacun.
La pire des trahisons, c’est donc bien se trahir soi-même. D’abord parce que tout le monde s’en moque et que l’on n’a rien à y gagner.
Mais surtout parce que cela vous détruit définitivement une image : les gens vous considèrent ensuite toute votre vie avec une lueur de pitié ironique dans le regard.
Le bon traître connaît donc ses limites et conserve un repli intérieur, un espace de silence intact et fragile, préservé de toute mise en marché.
C’est cela qui lui donne de la profondeur et suggère qu’il existe avec lui une possibilité d’alliance sans mauvaise surprise.
Dès lors, la traîtrise, figure de pouvoir sur laquelle se sont bâtis des empires, des fortunes mais aussi des faillites, sort des catégories du catéchisme moral pour devenir une ressource stratégique possible, une option à envisager, comme si Judas, ce membre du Comité de Direction pressé de réaliser ses stock options, avait autre chose à nous proposer que la simple exaltation de l’homéostasie relationnelle comme modèle intangible de réussite.
En somme, sans traîtrise acceptable, aucune alliance ne résiste.
Pour faire court, un véritable allié commence toujours par trahir...
Toute ressemblance avec quiconque serait, bien entendu, fortuite.
Rédigé par : Parayre | 01 juillet 2007 à 22:14
Le traitre proverbial, c'était Judas. Aujourd'hui, on doute. Un converti prête toujours au soupçon, on le suspecte de rouerie pour les avantages qu'il pense en tirer, témoins les Marranes face à l'Inquisition en Espagne. Alors en politique, tout est affaire d'atmosphère, de temps, de date, en supposant qu'il ne s'agisse pas de profits égoïstes sans vergogne. Pierre Laval, ci-devant député-maire communiste d'Aubervilliers devenu Président du Conseil de Pétain, comprenne qui pourra et le voudra moi, je ne sais pas. Or Laval était intelligent, son esprit de faire ses choix, ils furent judicieux avant 1939. Pourquoi pas ensuite... Il eut peut-être le courage d'exercer le rôle du maquignon auvergnat durant l'occupation. Il fallait fusiller à la Libération un traître, même moribond, l'était-il vraiment... Je ne sais pas.
Rédigé par : francis | 01 juillet 2007 à 22:10
Les "intellectuels" cités font une grave trahison à la philosophie. Cette dernière à l'instar de la littérature a souvent une définition qui correspond à ses propres valeurs, donc qui a quasiment autant de définitions que de philosophes.
Ma définition de la philosophie serait donc une pratique qui sert personnellement à apprendre à mourir et à vivre dans la dignité, ne croyant qu'à une approche de l'ataraxie et non une permanence. La philosophie au niveau socio-professionnel serait une recherche à la fois esthétique et sans concession du vrai et du juste sans avoir l'outrecuidance de dénier la part de subjectivité qui appartient à l'observateur.
Le philosophe dans cette quête peut difficilement échapper à l'exigence qui fut celle de Diogène, Marx, Spinoza qui sacrifièrent tout à l'Idée. Rappelons ceux comme Sénèque, Socrate ou Aristote qui influençaient le tyran et qui n'étaient pas sous l'influence de ce dernier, leur rôle était éducatif et non courtisan.
Que font les "intellectuels" contemporains et comptant pour rien, du moins ceux que vous avez cités ?
Ils apportent sacrilège à l'idée pour favoriser le lien avec le pouvoir, la famille au sens large, l'argent, la renommée. Ils ne sont pas philosophes dans ma définition, mais hommes d'affaire.
Comme Rousseau, je me sais faillible, corruptible, faible, aussi c'est ma situation précaire, sans reconnaissance, isolée qui me donne cette vision sans concession, lucide. Je suis sans illusion sur moi-même, on peut m'acheter parce que j'ai envie de l'opulence, de quelques maisons, d'un château, de personnel, de belles voitures, de starlettes, de reconnaissance et je serais transformé de ces apports, de mes fréquentations. Même si j'en doute, je deviendrais peut-être comme l'a décrit le philosophe des Lumières méchant, écrasant. Il y a des concessions que je ne ferais par contre jamais, celle de créer des réseaux d'influence pour descendre d'autres auteurs, se promouvoir et censurer comme le fait Lévy, entrer dans une caste victimaire, communautariste qui génère le racisme
et le divulgue en même temps comme ils le font presque tous, faire de la photocopieuse comme Alain Minc (dans un livre sur Spinoza, en plus... pouah !) et enfin être starisé sans mérite juste sur un ego.
Le jour où Lévy voudra admettre qu'il appartient au monde et que le monde ne lui appartient pas, il n'aura plus de crises d'urticaire comme à chaque fois que ce brave monde qui est le plus juste des justes lui désobéit. La réalité n'a pas à se soumettre à mes exigences, vu que je n'ai pas à en avoir vis-à-vis d'elle.
Pour en revenir aux arrivistes de la pensée, c'est à cette dernière qu'ils font une trahison, pas à un parti politique. J'ai quitté le PS il y a vingt ans pour le RPR, puis ces derniers mois, le FN pour enfin être en train de chercher et d'attendre quelque chose de neuf qui me corresponde mieux. Dans les trois cas, je fus en accord avec mes convictions, je n'y ai pas gagné de popularité, bien au contraire et j'ai eu une vue globale de la politique, pas un intérêt égocentrique.
Pour finir, le statut d'intellectuel n'est pas attribué par un diplôme, une validation des acquis, une chaire médiatique, mais par autrui. Quand quelqu'un parle de soi à la première personne du pluriel pour se faire gonfler l'ego en disant : "il y a nous les intellectuels, les politiques et enfin le peuple" je le mets à travers ce partage de la société pompeux illico dans la catégorie êtres nuisibles, au service de lui-même.
Rédigé par : Ludo Lefebvre | 01 juillet 2007 à 19:54
De tous ces indélicats, Rommel fut prié de se suicider !!
D'autres avaient la rancune tenace.
De nos jours, les archives françaises ne sont toujours pas accessibles !!
Que cachent-elles ?
Sans doute quelques belles surprises ?
Faut-il faire quelques suggestions à nos "héros" transfuges ??
Rédigé par : Marie | 01 juillet 2007 à 19:47
Selon Clemenceau :
"Un traître est un homme politique qui quitte son parti pour s'inscrire à un autre. Par contre, un converti est un homme politique qui quitte son parti pour s'inscrire au vôtre".
Judas était un traitre. Mais dans d'autres circonstances.
Aussi, avant de juger ceux qui ont retourné leurs vestes, laissons les démontrer ce qu'ils valent et faire leurs preuves.
Ensuite, nous verrons si un qualificatif leur conviendrait mieux qu'un autre !
Alors, pourquoi les insulter ?
"La critique est facile, l'art est difficile"
En attendant, je préfère garder en mémoire, l'image de mon enfance du traître barbu, tout de noir vêtu, que représentait un certain Rochefort, sbire du Cardinal de Richelieu, qu'incarnait magistralement feu Guy Delorme, dans les films de Bernard Borderie, d'André Hunebelle.
La littérature de Michel Zevaco et de Paul Féval Fils représentait toute une époque où la moindre traitrise se réglait par les armes.
A cette époque, on ne s'embêtait pas avec les peines planchers ou les récidives !!
Rédigé par : Marie | 01 juillet 2007 à 19:18
Ajoutons que le phénomène n'est pas neuf.
François Mitterrand sympathisant de l'Action Française décoré de l'ordre de la Francisque ; le « renard du désert » Erwin Rommel pourtant au courant de l'opération Walkyrie devant mettre fin aux jours d'Hitler ; Jacques Massu héros de la France Libre et célébrité nuageuse de la décolonisation ; Jean Bastien-Thiry, lieutenant-colonel ayant rendu célèbre la citroën DS au Petit Clamart ; Doriot radical socialiste fondateur du PPF, fleuron collaborationniste ; Sartre, grand dénonciateur de toutes causes qui accepta sans rechigner un poste d'enseignant retiré à un individu n'ayant eu pour seul tort que d'être concerné par la législation antisémite du régime installé à Vichy ; Marcel Déat député SFIO, ami de Doriot cité en sus et fondateur avec lui de la LVF ; l'inspecteur Bonny et son compère magouilleur Henri Chamberlin dit "Laffont" et leur clique de repris de justice et de repris de police, s'instituant en simili gestapo française ; etc, les exemples sont disponibles à l'infini.
Rédigé par : Marcel Patoulatchi | 01 juillet 2007 à 18:10
Pour aller encore plus loin sur le sujet, je recommande la lecture d'un essai de Nicole PRIEUR philosophe de formation et psychothérapeute d'enfants qui s'intitule "Nous nous sommes tant trahis" (amour, famille, trahison) chez Denoël (2004) qui commence ainsi "Qui n'a pas été trahi ? Qui n'a pas trahi ?" et qui explique que la trahison constitue une des expériences au monde les mieux partagées, on se trahit également soi-même...
Rédigé par : hag | 01 juillet 2007 à 17:30