D'abord un peu de ridicule, pour se mettre en train.
Dans le Canard enchaîné d'aujourd'hui, j'apprends que le Parquet de Monaco a requis six mois d'emprisonnement contre un certain Giacone parce que sur internet il avait affublé "le prince Albert II" d'un nez rouge. Le procureur est allé jusqu'à dire, le plus sérieusement du monde, qu'on n'avait jamais connu un tel irrespect dans la Principauté. Confirmation que pour se hausser du col, les régimes comme les personnes sont prêts à n'importe quoi. Rien ne vous pose comme une sévérité outrancière et grotesque. Elle vous fait entrer, croient les imbéciles, dans la cour des grands, en réalité des infiniments petits.
Dans le Parisien d'aujourd'hui, on découvre qu'un jeune homme de 17 ans a tabassé dans sa voiture une femme enceinte de huit mois sous les yeux de son enfant de deux ans, pour la dévaliser. Il a été interpellé quelques jours plus tard. On est informé aussi qu'une personne âgée de 96 ans a été tuée, lardée de 52 coups de couteau.
Le métier de magistrat a beau vous habituer à un univers dont l'angélisme n'est pas la qualité principale, on reste tout de même coi, stupéfait, indigné devant certains comportements qui vous font douter d'appartenir à la même famille humaine que ceux qui ont pu se livrer à de tels actes. Certes, on a envie de connaître, de comprendre les mécanismes intimes bruts mis en oeuvre pour d'aussi ignobles conséquences mais avant et d'abord c'est le sentiment de colère qui domine, on voudrait se désolidariser, refuser la fraternité, ne pas entonner le grand air de l'empathie douloureuse, si proche parfois de l'absolution. Celui qui a agressé cette femme enceinte, celui qui a criblé de coups cette vieille dame, ils sont bien des nôtres ?
On ne peut pas en douter une seconde lorsque, dans le même journal, on parcourt un reportage sur un film consacré à Mesrine et aux séquences tournées sur sa mort. Si je veux bien admettre que la vie de cet homme constitue, pour le cinéma qui ne fait jamais la fine bouche, un formidable roman d'aventures, je suis effaré par les réactions recueillies par la journaliste Catherine Balle et qui pour l'essentiel font l'éloge de ce tueur et le défendent contre la police. Une dame du quartier va jusqu'à affirmer : "C'était un grand bonhomme". Devant une si profonde perversion des valeurs, on se demande bien ce qui pourra un jour remettre notre société d'aplomb, restaurer l'admiration des vertus et favoriser le dégoût des vices. Je crains que beaucoup soient conscients de ces dérives mais que la plupart baissent les bras et l'esprit. Il y aurait trop à faire, à dire, à résister. Même François Besse, partenaire un temps de Mesrine, était plus lucide et sévère à son égard que tous ces citoyens se prosternant devant l'odieux et amplifiant une mythologie qui fait de celui qui a tué à répétition un héros. Le mal qu'on glorifie, le mal qu'on commet, désastreuse logique.
On a les héros qu'on peut. C'est peut-être qu'on ne sait plus nous faire aimer la morale. Pourtant, cette aventure serait révolutionnaire. Le seul véritable anti-conformisme!
@Catherine Jacob : vous avez un lien de parenté avec celui dont l'échelle montait, montait, montait au ciel sans s'arrêter et dont les barreaux se rejoignaient à l'infini ?...
Rédigé par : sbriglia | 30 août 2007 à 16:25
Oui, je sais je vais faire ringard dans mon commentaire, mais je ne peux pas résiter à la tentation de vous soumettre un vieux texte trouvé dans un vieux livre pour une actualité si "actuelle"...
Esaïe 5:20 Malheur à ceux qui appellent le mal bien, et le bien mal, qui changent les ténèbres en lumière, et la lumière en ténèbres, qui changent l’amertume en douceur, et la douceur en amertume !
Si cette citation est d'actualité, ce ne sont pas vers les beaux jours que nous allons... en plus on a eu un été pourri...
Bon c'est pas tout ça, mais faut que je retourne à ma lecture...
Cordialement
Pierre-Antoine
Rédigé par : Pierre-Antoine | 27 août 2007 à 17:48
@ Catherine Jacob
Sinon c'est avec plaisir que je vous prêterais l'ouvrage sur G. D. R. ainsi que les autres documents...
Rédigé par : Bernard de ... | 21 août 2007 à 18:44
@Bernard
"(Gilles de Rais ou la gueule du loup - Gilbert Prouteau, à mon avis l'ouvrage le plus sérieux sur G.d.R)"
Merci de la référence. J'ai essayé de jeter un oeil sur les sites qui en parlent, genre culture et débats, mais la machine avec contrôle parental que j'utilise présentement refuse de les afficher et ne donne accès qu'aux sites des bibliothèques, médiathèques et autres amazon.fr ou alapage.com qui ne disent rien du contenu. Il me faudra donc attendre un peu pour voir s'il vaut la peine d'être lu.
Rédigé par : Catherine Jacob | 20 août 2007 à 17:36
@Véronique
Vous les posez sans les théoriser, certes, mais vous posez néanmoins deux questions extrêmement difficiles et profondes.
La première avec :"Une maternité complaisamment exposée alors qu'on sait qu'en arrière-plan de l’image sera fait référence à d‘autres maternités..."
Qui me paraît poser cette question énigmatique par excellence et qui est celle de la jouissance.
L'autre avec :"Mais votre "pour la vie" ouvre des abîmes."
Qui me paraît poser la question du degré de risque que l'on accepte de courir pour vivre dans le monde qui est le nôtre ainsi que de ce que l'on est prêt à sacrifier de l'humanité due à l'homme, pour limiter ledit risque.
Question que nous pouvons annexer à celle-si, savons nous exactement ce que nous faisons quand nous faisons intervenir un canadair pour éteindre un feu de cheminée, qui plus est intervenu du fait que nous n'avons pas pris la précaution de faire ramoner la cheminée avant d'y allumer le feu à l'origine du sinistre ?!
Les plus grands risques courus par un enfant sont les risques domestiques. Comme on ne peut pas enfermer tous les parents irresponsables et confier leur progéniture à un camp de vacances à l'année le temps qu'ils réalisent qu'il ne faut pas laisser la queue d'une casserole dépasser du plan de travail ou d'une plaque de cuisson, ou encore qu'il faut ranger les produits ménagers ainsi que les médicaments hors de portée des petits etc... il y a des entreprises, par exemple Gaz de France, qui ont conçu une publicité extrêmement intelligente qui consiste à produire de mini émissions télévisées qui analysent à chaque fois un type de risque différent et donnent des conseils pertinents pour limiter le pourcentage de leur survenue.
Il y a encore de jeunes enfants dans notre famille même si moi personnellement je n'en ai plus, en revanche j'ai un gros chien lequel comprend très bien ce qu'on lui dit quand, par exemple, avant d'ouvrir la porte du four on lui dit :"Attention, Upsilon, c'est chaud !", il se recule aussitôt, pour les produits dangereux non seulement il s'en éloigne de lui-même mais son comportement est presque aussi explicite qu'une étiquette.
S'agissant des dangers potentiels représentés par des individus extérieurs au cercle de famille, je me souviens très bien que étant jeunes, il nous était, à tort ou à raison, formellement interdit pendant les vacances où nous étions gardés à la campagne, de nous approcher de la propriété d'un vieux célibataire sans être accompagnés d'un adulte. On ne savait pas exactement pourquoi, mais on savait que si on était pris à flâner près de ses bêtes, on serait sévèrement punis. Je pense donc que problème de récidive ou non, la responsabilité d'un événement dramatique ne peut pas toujours être imputée une négligence présumée des pouvoirs publics, ce qui représenterait une forme d'aliénation qui me paraît tout à fait dangereuse. Quand on traverse la rue, on court un risque, quand on monte dans un véhicule et qu'on s'assied sur le siège du conducteur on s'apprête à courir et à faire courir à autrui un certain nombre de risques, ces risques sont limités par l'apprentissage du respect d'un certain nombre de règles, mais la seule façon de les ramener à un seuil de risque zéro est de laisser son véhicule au garage. Mieux encore ne serait-ce pas plutôt d'interdire leur fabrication de façon ne pas courir le risque que le voisin ait l'idée d'en acquérir un exemplaire et suscite en nous un sentiment de rivalité qui fera qu'on ne pourra pas faire autrement que d'acquérir le même, que dis-je non pas le même, mais le modèle de la gamme supérieure et que dans un esprit de compétition imbécile on fonce tous les deux en direction d'un même piéton qu'un malheureux destin aura mis sur notre route, et la faute bien sûr à une législation mal adaptée ! Allez, soyons sérieux !
Rédigé par : Catherine Jacob | 20 août 2007 à 14:35
@ Catherine Jacob
Effectivement, lors d'un congrès d'avocats à Nantes, ceux-ci, pour clore leur assemblée, ont repris à la bibliothèque de la ville le procès de Gilles de Rais, et à leur grande surprise, pour une justice moderne, il n'y avait pas l'ombre d'un motif de mise en examen garde à vue à l'époque dans le dossier, une réhabilitation avait été introduite auprès de l'U.N.E.S.C.O ( Gilles de Rais ou la gueule du loup - Gilbert Prouteau, à mon avis l'ouvrage le plus sérieux sur G.d.R)
Rédigé par : Bernard de ... | 19 août 2007 à 21:55
@Véronique,
"Au fond, je ne sais pas s'il y a un lien avec Gilles de Rais ?
Catherine, pouvez-vous nous éclairer ?"
"les Dutroux et autres pédophiles cités dans ce billet ou autres pages" n'ont jamais été Maréchal de France. Normal dirait un plaisantin, au moins le premier est un belge.
Je ne sais pas si je vais pouvoir grandement éclairer la lanterne que comme Diogène vous promenez en plein jour à la recherche de l'homme... En ce qui concerne Gilles de Montmorency-Laval, baron de Rais (ou encore de Retz, comme le Cardinal aux célèbres mémoires) qui avait épousé une Catherine, il y a la figure mythique et la figure historique. Dans quelle mesure les deux se recoupent-elles effectivement je l'ignore. Le mythe a son intérêt quant à ce qu'il nous dit des peurs et des rancoeurs du peuple vis-à-vis de la figure des puissants. Si on se penche sur les pamphlets qui ont circulé à la révolution à propos de Marie-Antoinette on y lira toutes les turpitudes y compris la pédophilie incestueuse à propos de laquelle la reine qui, contrairement au modèle de la Barbe Bleue, n'a pas été soumise à la torture ni menacée d'y être soumise, se serait magnifiquement défendue lors de son procès. Le personnage historique a-t-il effectivement écorché ou fait écorcher comme des lapins un nombre impressionnant de pages, marmitons et autres menus enfants (si vous me passez l'expression), le type de torture pratiqué au 20ème siècle dans les geôles afghanes officielles sous le nom de 'déshabillage', nous dit qu'il n'est pas le seul auquel l'idée a pu venir, quant au nombre de victimes retrouvées dans les charniers d'Europe de l'Est il dépasse largement celui qui lui est attribué, donc la chose est également possible, mais l'a-t-il fait ? Un tribunal d'experts l'en a acquitté à l'occasion d'une sorte de procès en révision qui s'est tenu au Sénat en 1992. Je ne suis pas expert en la matière, mais les divers aspects de la figure tant historique que mythique représentée par ce présumé compagnon de Jeanne d'Arc, ont chacun leur intérêt d'un point de vue différent, du moins il me semble. En ce qui concerne Dutroux et les autres pédophiles du même acabit, les faits ont me semble-t-il également été établis. Ils n'ont aucune stature ni historique, ni mythique et l'intérêt que leurs crimes présente est qu'ils ont été commis par des gens communs 'sans particularités' au sens de Robert Musil (Eigenschaften).
En ce qui concerne le Roi des Aulnes, je ne connais que celui de Goethe ainsi que le Lied de Schubert qui le met en musique d'une façon magnifique, mais je vous parlerai des Aulnes qu'on peut voir comme une figure du Dasein, une autre fois, car j'ai un certain nombre de kilomètres dans les pattes et je squatte présentement l'ordinateur de quelqu'un d'autre.
Rédigé par : Catherine Jacob | 19 août 2007 à 18:13
@Véronique
Le roi des Aulnes est plus une symbolique du nazisme, Tournier a surtout fait de Gilles de Rais un amoureux transi de Jeanne d'Arc dans "Gilles et Jeanne" et qui commet ses monstruosités après le supplice de celle-ci à Rouen, certains historiens n'en firent-ils pas son amant ? Quant au petit poucet et l'ogre... Chez Charles Perrault c'est à travers "Barbe Bleue" qu'on a cru voir l'image de Gilles de Rais.
Les seules fois où ce personnage apparaît au cinéma c'est dans les films où il est question de Jeanne d'Arc ou du sacre à Reims de Charles VII, n'est-ce pas lui qui portait la Sainte ampoule ?
Coupable ou pas coupable, l'histoire a voulu oublier ce personnage ; personnage qui a quand même fait la première moitié de l'histoire de France du XVème siècle, il était certainement l'homme le plus puissant du royaume tant par son armée que par sa fortune, il était l'homme le plus riche de France... d'Europe ? et le serait toujours s'il revenait. Mais comme le dit l'adage : "Dans le doute abstiens-toi" et faute de savoir si oui ou non il était coupable des horreurs commises sur 220 enfants ou s'il a été victime d'une machination de l'Inquisition et du Duc de Bretagne, l'histoire a préféré l'oublier. Nous retiendrons surtout que Gilles de Rais comme Jeanne d'Arc finirent pareillement, oubliés de la couronne de France, ayant été tout deux pris en "grippe" par la très puissante Yolande d'Aragon, l'un pour avoir pris parti pour Xaintraille et l'autre pour en avoir trop fait après Orléans.
Nous débattions il n'y a pas longtemps dans un des billets sur la vérité historique, et s'il y a une époque où le doute est flagrant, c'est bien sûr cette période qui va de 1400 à 1450 et dont le seul personnage qui est mis en avant est Jeanne d'Arc alors que son rôle fut mineur. Même à Orléans, elle ne commandait pas l'armée contrairement à une histoire officielle, l'armée était sous les ordres du Duc d'Alençon (ce qui est vérifiable) et la France dirigée en secret par cette femme exceptionnelle qu'était Yolande d'Aragon (belle-mère de Charles VII et grand-mère de Louis XI).
Alors, si cette partie de l'histoire de France qui est "rentrée dans l'histoire" est trouble avec ses amnésies et ses enjolivements, je m'interroge sur la valeur de certains procès qui s'appuient sur des faits historiques récents ou présents. Mais y a-t-il une histoire ou des histoires ?
Sources bibliographiques:
Gilles de Rais ou la passion du défi - Jacques Bressler
Le procès de Gilles de Rais - Textes des 2 procès établis sur les minutes et annotés par Georges Bataille
Jeanne d'Arc - Régine Pernoud
Gilles de Rais ou la gueule du loup - Gilbert Prouteau
Gilles de Rais - Michel Bataille
Yolande d'Aragon ou l'unité de la France - Arnaud des Roches de Chassay
Les rois qui ont fait la France Charles VII: Georges Bordonov
Contes de ma mère l'Oye - Charles Perrault
Gilles et Jeanne - Michel Tournier
Le médiéviste N° 10 - Gilles de Rais infanticide, Barbe-Bleue
Là-bas - J.k. Huysmans
Gilles de Rais, la magie en Poitou - J.K Huysmans
Rédigé par : Bernard de ... | 19 août 2007 à 16:34
@ Catherine
Pensant à Paris-Match je songeais à ce que disait Philippe sur la perversion des valeurs.
J'en ai assez des plans médias pour pré-vendre un film ou un livre.
J'en ai plus qu'assez de ces postures.
Une maternité complaisamment exposée alors qu'on sait qu'en arrière-plan de l’image sera fait référence à d‘autres maternités...
Je suis triste quand des Normale Sup ou des agrégés sont dans le registre Delarue.
@ Bernard
Gilles de Rais n'a pas inspiré les cinéastes.
Spontanément.
Et les versions cinématographiques du Petit Poucet ? Et le film Le Roi des Aulnes adapté du roman de M. Tournier ?
Au fond, je ne sais pas s'il y a un lien avec Gilles de Rais ?
Catherine, pouvez-vous nous éclairer ?
Rédigé par : Véronique | 19 août 2007 à 10:41
@ Marie
Vous relatez l'exécution d'un Belge pendant la grande guerre. Dans le livre "Le métier de bourreau du Moyen Age à aujourd'hui" de Jacques Delarue, il est écrit que ce Belge avait assassiné des Françaises assez odieusement ce qui avait ému l'opinion belge. Ce dernier étant en Belgique et les victimes françaises, la guillotine fut installée à la frontière franco-belge, le corps resta en Belgique mais la tête tomba en France.
Pour la petite histoire, c'est la même famille qui eut en charge l'exécution des Hautes Oeuvres en France, de Samson exécutant Louis XVI au dernier exécuteur ; même si la machine passa sous Napoleon III d'une filiation directe à une filiation indirecte.
Rédigé par : Bernard de ... | 18 août 2007 à 18:53
@ Jean-Marie (suite Néron)
Si je n'ai pu vous citer l'émission consacrée à Pierre Grimal, mais en fouillant dans ma bibliothèque j'ai retrouvé un ouvrage qui va dans le même sens (bien qu'il y ait un peu plus de chrétiens aux lions) il s'agit de "Néron" d'Eugen Cizek, lequel d'ailleurs cite ses sources :
Editions Marabout édition de 1988 page 358
"..Paul de Tarse et plus tard Jean Chrysostome font état de l'existence dans la communauté chrétienne, au temps de Néron, de fanatiques qui provoquaient les autorités romaines et cherchaient le supplice : ils attendaient l'apocalypse et la fin du monde (Homélie sur les mots,9). De là venaient peut-être les rumeurs qui leur attribuaient la responsabilité de l'incendie."
Rédigé par : Bernard de ... | 17 août 2007 à 22:57
@ Véronique
Je vous cite: "Je pense qu’en littérature ou au cinéma il n’y a pas de sujet interdit"
Et bien si... Jamais jusque-là un cinéaste n'a osé porter à l'écran la vie de Gilles de Rais.
Si vraiment ce personnage est coupable de tous les crimes qu'on lui prête, les Dutroux et autres pédophiles cités dans ce billet ou autres pages sont des enfants de choeur.
Si la littérature s'est exprimée sur lui, le cinéma s'est pudiquement tu.
Rédigé par : Bernard de ... | 17 août 2007 à 22:04
@ Jean-Marie
Si j'ai bien quelques ouvrages de Pierre Grimal, ce que j'ai cité est suite à une émission donnée sur France-Culture il y a longtemps. Ma femme l'ayant eu comme professeur, nous ne loupions aucune émission consacrée à cette docte personne. Dans l'émission à laquelle je me réfère, il en voulait beaucoup au livre "Quo Vadis" d'Henryk Sienkiewicz ainsi qu'au film qui fut tiré du livre et qui montrent Néron comme un véritable tyran. Il avait également égratigné Suétone... Pierre Grimal qui a passé sa vie à vouloir réhabiliter Néron imputait le célèbre incendie de Rome à un accident bête et non à un ordre de l'empereur dans le but d'accuser les chrétiens (version Quo Vadis). La plupart des habitations romaines étaient en bois et les "pompiers" étaient privés, n'intervenant que chez ceux qui payaient en cesterces sonnantes et trébuchantes, donc pas de cesterces, pas de pompiers, d'où l'embrasement de Rome. Pour en revenir à nos chrétiens, il estimait que l'arène ne fut réservée qu'à quelques fanatiques, les grandes persécutions ayant eu lieu sous Galère et Dioclétien au IV eme siècle. Cela étant dit Néron ne donnait quand même pas dans la dentelle, je pense que nous avons tous ici lu un jour Britannicus de Racine, je vous invite également à lire "Les mémoires d'Agrippine" de Pierre Grimal qui fait quand même de son protégé un matricide. Nous aurons aussi une pensée pour Sénèque...(Peut-être peut-on trouver sur le site Internet de France-Culture des enregistrements d'émissions consacrées à Pierre Grimal ?)
@ Catherine JACOB
La mort chez les asiatiques n'a pas la même signification que nous, Je crois que c'est aux Philipinnes qu'un régiment japonais a préféré se noyer dans des marais plutôt que de se rendre aux Américains... Il y a aussi les kamikases, ceux qui loupèrent leur cible et furent faits prisonniers par les Américains ont préféré après les hostilités rester aux USA, préférant laisser croire à leur famille que le "vent divin" les avait emportés ; rentrer au pays aurait été un déshonneur pour la famille... N'oublions pas non plus le rituel du Hara-Kiri... La mort, même violente, pour un asiatique comme le dit l'un d'eux dans un Indiana Jones, c'est "Prendre la route du grand mystère".
Rédigé par : Bernard de ... | 17 août 2007 à 21:43
Un petit peu de fantaisie dans cette actualité morose et déprimante. Désolée, monsieur Bilger, il ne s'agit pas d'Anne-Sophie Lapix :
1) Hier aux informations, il a été montré une grand-mère australienne de 98 ans qui pratiquait encore des épreuves sportives. En short, s'il vous plaît, elle lançait le marteau. Elle lance aussi le javelot. Et s'éloignait ensuite dans une toute petite foulée.
2) Une autre grand-mère polonaise de 84 ans qui sauta en parachute, avec son moniteur.
"J'ai survécu à la Seconde Guerre mondiale sans avoir eu peur, alors de quoi pourrais-je avoir peur aujourd'hui?" a déclaré Krystyna Zbyszynska aux journalistes qui s'extasiaient devant l'exploit.
Elle compte recommencer pour ses 100 ans.
3) Encore une grand-mère Australienne de 94 ans qui a passé un mastère en science médicale et qui pourrait bien être la plus vieille détentrice au monde de ce diplôme universitaire.
Elle a abandonné ses études à 12 ans pour aider sa mère à élever ses frères et soeurs après l'abandon du père.
Elle a élevé ses 7 enfants.
A 70 ans, elle s'est inscrite à l'université d'Adelaide, et à 72 ans, elle a obtenu une bourse d'un an pour étudier à l'université de Californie. Après la Californie, elle s'est inscrite à l'université nationale d'Australie où elle a décroché une licence.
Phyllis Turner a expliqué qu'elle a décidé d'aller jusqu'au mastère à la mort de son mari, il y a cinq ans. Elle se sent capable d'obtenir son doctorat mais "il me manque quelques années", sa famille souhaitant qu'elle profite de la vie.
4)Un juge américain a ordonné l'expulsion d'un homme de 92 ans d'origine lituanienne, naturalisé depuis plus de 50 ans, mais qui a participé à la liquidation du ghetto juif de Varsovie en 1943, a annoncé jeudi le département américain de la Justice.
Né en Lituanie en 1915, Vladas Zajanckauskas est arrivé aux Etats-Unis en 1950, expliquant qu'il a travaillé dans une ferme en Lituanie jusqu'en 1944 puis gagné l'Autriche. Il a obtenu la nationalité américaine en 1956 et s'est installé dans le Massachusetts (nord-est).
Mais en réalité, M. Zajanckauskas a rejoint les SS en 1943. Il a reconnu avoir aidé à empêcher les Juifs de fuir du ghetto, à escorter vers les trains ceux qui avaient été arrêtés, à fouiller les maisons à la recherche de ceux qui se cachaient... Des membres de son unité, dont il était l'un des responsables, ont aussi commis "des crimes terribles", notamment des meurtres et des viols, selon le département de la Justice.
http://www.lalibre.be/article.phtml
?id=10&subid=83&art_id=364747
Rédigé par : Marie | 17 août 2007 à 19:38
@Jean-Marie
Vous trouverez ici une liste des ouvrages de Pierre Grimal enseignant de lettres classiques que les romains contemporains ont fait citoyen d'honneur http://fr.wikipedia.org/wiki/Pierre_Grimal
Les ouvrages disponibles bénéficient actuellement d'une réduction de 5% sur Amazon.fr
http://www.amazon.fr/s/ref=nb_ss_w/402-0488431-5184934?__mk_fr_FR=%C5M%C5Z%D5%D1&initialSearch=1&url=search-alias%3Daps&field-keywords=Pierre+Grimal&Go.x=12&Go.y=10
@Véronique
"Si on veut lire une agrégée de philosophie qui s'exprime comme les invités-témoins de chez Delarue, je suggère donc Paris-Match."
Il y a un proverbe japonais qui dit "Les enfants de la grenouille sont aussi des grenouilles."
L'honorable tétard de Fontenay fait partie de la même écurie que le prolifique et mystérieux auteur déguisé en honorable Dame pipi d'une entreprise japonaise dans "Stupeurs et tremblements", un roman où d'aucuns voient un éloge de l'homosexualité sado-maso couronné par l'académie française, ce qu'il est sans aucun doute bien davantage qu'un reflet du monde industrieux japonais.
Les deux poulains étaient d'ailleurs côte à côte sur la photo de famille des prochaines parutions montrée au journal télévisé en illustration de la mention du souhait de la famille de Véronique Courjault, s'exprimant dans l'intérêt des enfants vivants, de ne pas voir mettre l'histoire, très reconnaissable, de leur tragédie familiale sur le marché avant que la Justice ne se soit prononcée.
Je me souviens avoir protesté par écrit et en citant plusieurs passages particulièrement scandaleux, contre ce qui m'apparaissait comme une pure et simple désinformation malveillante sur la culture japonaise, auprès du même éditeur mais en rapport avec une autre de leurs parutions. Il me fut répondu que je manquais tout simplement d'humour.
Or donc, s'il vous paraît curieux que MP fasse voisiner les informations sur sa grossesse de chair avec celles concernant sa grossesse spirituelle, ma chère Véronique, sans doute manquez-vous, vous aussi, tout simplement d'humour... noir !
NB
Au Japon il n'y a pas de Dame pipi parce que les toilettes y sont tenues propres gratuitement et pour des gens qui n'y restent pas des heures précisent les touristes japonais qui viennent en France et pour lesquelles les moeurs des pipi-room parisiens sont un constant sujet d'étonnement...
Rédigé par : Catherine JACOB | 17 août 2007 à 18:19
Pour faire écho au commentaire de Marie.
Si on veut lire autre chose que l’avis de la voisine de Mesrine sur Mesrine, je me permets de suggérer à mon tour :
Contre-enquête sur la mort d’Emma Bovary – Philippe Doumenc (Actes Sud)
Un fait divers, une très grande héroïne, un immense roman... une relecture des trois.
Philippe, l’intérêt de Paris-Match de cette semaine ne vous a sans doute pas échappé. En effet, nous avons Mazarine Pingeot nous entretenant de sa grossesse et de son livre dont le sujet est l’infanticide.
Si on veut lire une agrégée de philosophie qui s'exprime comme les invités-témoins de chez Delarue, je suggère donc Paris-Match.
Je pense qu’en littérature ou au cinéma il n’y a pas de sujet interdit.
C’est toujours la façon dont les livres ou les films sont faits qui nous transporte ou... qui nous insupporte.
Rédigé par : Véronique | 17 août 2007 à 16:34
@ Bernard de...
Avez-vous les réfèrences de Grimal ?
Je le lirai avec intérêt car je doute toujours de ces explications alambiquées comme celles de la mort de l'enfant palestinien qui avait défrayé la chronique il y a quelques années et valu à Charles Enderlin tant de haines ou la question des bombardments des marchés serbes ou bosniaques, qui se souvient...
En fait je pense que Grimal veut défendre Rome car il ne veut pas voir la culture romaine comme la voit Sloterdijk ou Simone Weil, c'est-à-dire comme une culture de spectacle sanguinaire d'esclavage de guerre et de mort.
Mais lisons-le d'abord avant de conclure.
Rédigé par : Jean-Marie | 17 août 2007 à 15:28
Je ne comprends pas pourquoi on persiste à présenter Nathalie Ménigon comme une révolutionnaire, alors qu'un reportage d'Arte - la République atomique -, les livres de Dominique Lorentz (Secret atomique par exemple) expliquent très bien que les assassinats du général Audran et de Georges Besse était commandités par l'Iran en raison su litige d'Eurodif. Pourquoi ces mensonges ? Action directe était tout simplement une association de tueurs à gage.
Rédigé par : GER | 17 août 2007 à 15:03
@Bernard de ...
J'ai effectivement lu "Surveiller et Punir". Je l'ai acheté avec mon argent de poche quand j'avais seize ans et demi, il me semble, puis je l'ai prêté à une condisciple, en même temps que tout un certain nombre d'autres ouvrages d'ailleurs, et qui a oublié de me le rendre (les autres aussi!). Fort heureusement j'ai une bonne mémoire et je me souviens que ce qui m'avait frappé, allez savoir pourquoi, c'était davantage la description des systèmes de surveillance et ce qu'ils invitaient à penser que l'écartelement de l'auteur du coup de canif donné à Louis XV. Peut-être parce que la première reine de France et l'une des plus grandes têtes politiques qui se soient assises sur ce trône, la reine d'Austrasie Brunehaut, avait subi le même sort en 613 à l'instigation de l'esclave qui avait épousé Chilpéric 1er après l'avoir poussé à assassiner sa femme Galswinthe, la soeur de Brunehaut, j'ai nommé l'horrible Frédégonde, reine de Neustrie.
Ceci étant, la question des victimes émissaires, comme l'était vraisemblablemnt l'adolescent qui vivait sur un territoire qui appartient de nos jours à la Chine, celle des mises à mort par de vrais fauves - qui n'est pas celles pratiquées par les adeptes d'Artémis sous l'apparence de fauves - dans le cirque romain à l'époque considérée, celle de l'écartelement que subit entre quatre chevaux la reine Brunehaut victime de l'infernale Frédégonde et celle du coupable d'un crime de lèse majesté ou bien encore celle du 'saut dans la mer' qui pourrait peut-être même permettre d'expliquer un certain nombre de comportements étranges tel celui de la population japonaise qui se jetait des falaises dans la mer par villages entiers à l'arrivée des vainqueurs américains, me paraissent des questions différentes. Pas sur le plan de la souffrance évidemment qui concerne tout aussi bien la victime d'une négligence hospitalière dont la perfusion d'anti douleurs mal fixée se détache pour se perdre dans son matelas toute une nuit de douleur, que tous les personnages précédemment évoqués!
Ce qui m'a frappée avec le cas de l'adolescent exécuté de la façon indiquée, c'est le rayonnement fossile de sa souffrance qui nous parvient après un millénaire et nous la rend présente alors qu'elle n'existe plus, tout comme la lumière des étoiles disparues nous parvient aujourd'hui dans le ciel nocturne, lui donnant dès lors, du moins il me semble, une dimension universelle...
Rédigé par : Catherine JACOB | 17 août 2007 à 14:45
Les femmes donnent-elles la vie à des enfants pour qu'ils deviennent des mercenaires, des soldats ou des tueurs ?
Lorsqu'il n'y a plus d'activités pour certains, est-ce tout ce qui leur reste ?
L'armée américaine se trouve confrontée à un problème de suicides dans l'armée de terre américaine. Elle a enregistré 948 tentatives sérieuses.
Depuis le début 2007, 44 soldats se sont donnés la mort : 17 en Irak ou en Afganisthan.
Le nombre de suicides enregistrés l'an dernier est bien plus élevé que celui de 1991, année de la guerre du Golfe.
Selon elle, il n'y a pas de corrélation entre l'envoi de soldats en mission et les suicides ? Ils seraient dus à des problèmes de couple.
L'armée a du mal à recruter le personnel de santé pour l'accompagnement psychologique qui serait nécessaire à ses militaires.
Une vidéo en VO accompagne cet article :
http://www.lematin.ch/pages/home/actu/monde/
actu_monde__1?contenu=288047
Rédigé par : Marie | 17 août 2007 à 13:49
Bonjour, pardonnez-moi si je fais un hors-sujet, ma seule excuse sera d'en être seulement à mon premier café..
En lisant "sont-ils des nôtres"?, j'ai tout de suite pensé au personnage de Shakespeare, Richard III. Personnage de théâtre inspiré du personnage historique, dont les crimes ont fasciné notre génial auteur.
C'est le monstre dans toute sa splendeur, il ne revendique rien d'humain, son physique que sa propre mère compare à un crapaud, ses sentiments dont il joue avec la complicité du public (seul confident sincère de Richard), et ses actes des plus abominables.
Toutefois, et c'est là pour moi la grande émotion de cette pièce, Richard est probablement le personnage le plus humain de la pièce, sa mise à mort finale m'apparaît à chaque fois barbare et angoissante.
Humain car il a conscience tout au long de la pièce du mal qu'il commet, qu'il inspire. Il est son plus sévère juge. Le monde qui l'entoure le mène au pouvoir, lui donne les moyens de ses meurtres. Il pousse dans leur limite morale chacun des personnage qui l'entourent. Celui-ci ne franchit pas la ligne de l'infanticide, cet autre le fera.
Et finalement, ceux qui se revendiquent porteur du bien et de la morale dansent et festoient autour de son cadavre à la fin de la pièce.
L'humanité profonde de Richard ressort en regard de l'inhumanité de ses pairs. Comble du paradoxe pour celui qui va si loin dans le sang qu'il ne peut plus reculer.
Bon, encore toute mes excuses pour ce moment de réflexion léger, je prends de suite un second café.
Rédigé par : Marc | 17 août 2007 à 09:21
Philippe, vous faites judicieusement injure à la culture de ce collègue devenu "monégasque" par "détachement" mais qui a manifestement lu "Les souhaits ridicules", le conte de Perrault dans lequel on peut relever : "quand on est couronné, on a toujours le nez bien fait".
Sur le rocher, le ridicule ne tue pas, c'est un "état" !
Rédigé par : Parayre | 17 août 2007 à 01:12
@ Catherine JACOB
Il n'est guère besoin d'aller en Chine 1000 ans en arrière pour trouver l'horreur de la mise à mort au nom de la justice. Je vous invite, et certainement avez-vous déjà lu ce livre, à vous reporter à l'exécution de Damiens dans les premières pages de "Surveiller et punir" de Michel Foucault ou l'exécution de Ravaillac dans le "Henri IV" de François Bayrou... C'était hier, en France...
Quant au sacrifice pour accéder au divin, Pierre Grimal avait conclu que les premiers chrétiens qui avaient fini dans l'arène avec les lions sous Néron, avaient volontairement provoqué les autorites romaines pour finir ainsi et de par leur mort violente ils gagnaient l'éternité auprès du Christ.
Rédigé par : Bernard de ... | 16 août 2007 à 21:51
Et que dire de ce pédophile libéré il y a peu et qui remet ça.
La société est devenue lâche.
Peut-être sommes-nous tous des "salauds" ?
Rédigé par : mike | 16 août 2007 à 18:45
« D'abord un peu de ridicule, pour se mettre en train.
...six mois d'emprisonnement contre Giacone qui avait affublé "le prince Albert II" d'un nez rouge... »
Madame Angela Merkel qui, comme chacun sait, n'est pas spécialement épargnée par la presse ces derniers temps, (On se souvient d'une photo d'elle prise par un paparazzi lors de vacances, au début de son règne, il y a plusieurs mois, maintenant) a fait l'objet d'un photomontage malveillant, irrespectueux, par l'hebdomadaire «Wprost», il y a quelques semaines.
La chancelière allemande, en effet, fut particulièrement ridiculisée dans ce magazine polonais, qui la traita par ailleurs "de belle-mère de l'Europe".
D’autres auraient saisi la justice. Monaco en est l’exemple, mais pour quel motif en rapport ?
Faut-il parler, dans ce cas, d'intelligence ?
http://www.lematin.ch/pages/home/actu/monde/
actu_monde__1?contenu=272917
Rédigé par : Marie | 16 août 2007 à 18:02