D'abord un peu de ridicule, pour se mettre en train.
Dans le Canard enchaîné d'aujourd'hui, j'apprends que le Parquet de Monaco a requis six mois d'emprisonnement contre un certain Giacone parce que sur internet il avait affublé "le prince Albert II" d'un nez rouge. Le procureur est allé jusqu'à dire, le plus sérieusement du monde, qu'on n'avait jamais connu un tel irrespect dans la Principauté. Confirmation que pour se hausser du col, les régimes comme les personnes sont prêts à n'importe quoi. Rien ne vous pose comme une sévérité outrancière et grotesque. Elle vous fait entrer, croient les imbéciles, dans la cour des grands, en réalité des infiniments petits.
Dans le Parisien d'aujourd'hui, on découvre qu'un jeune homme de 17 ans a tabassé dans sa voiture une femme enceinte de huit mois sous les yeux de son enfant de deux ans, pour la dévaliser. Il a été interpellé quelques jours plus tard. On est informé aussi qu'une personne âgée de 96 ans a été tuée, lardée de 52 coups de couteau.
Le métier de magistrat a beau vous habituer à un univers dont l'angélisme n'est pas la qualité principale, on reste tout de même coi, stupéfait, indigné devant certains comportements qui vous font douter d'appartenir à la même famille humaine que ceux qui ont pu se livrer à de tels actes. Certes, on a envie de connaître, de comprendre les mécanismes intimes bruts mis en oeuvre pour d'aussi ignobles conséquences mais avant et d'abord c'est le sentiment de colère qui domine, on voudrait se désolidariser, refuser la fraternité, ne pas entonner le grand air de l'empathie douloureuse, si proche parfois de l'absolution. Celui qui a agressé cette femme enceinte, celui qui a criblé de coups cette vieille dame, ils sont bien des nôtres ?
On ne peut pas en douter une seconde lorsque, dans le même journal, on parcourt un reportage sur un film consacré à Mesrine et aux séquences tournées sur sa mort. Si je veux bien admettre que la vie de cet homme constitue, pour le cinéma qui ne fait jamais la fine bouche, un formidable roman d'aventures, je suis effaré par les réactions recueillies par la journaliste Catherine Balle et qui pour l'essentiel font l'éloge de ce tueur et le défendent contre la police. Une dame du quartier va jusqu'à affirmer : "C'était un grand bonhomme". Devant une si profonde perversion des valeurs, on se demande bien ce qui pourra un jour remettre notre société d'aplomb, restaurer l'admiration des vertus et favoriser le dégoût des vices. Je crains que beaucoup soient conscients de ces dérives mais que la plupart baissent les bras et l'esprit. Il y aurait trop à faire, à dire, à résister. Même François Besse, partenaire un temps de Mesrine, était plus lucide et sévère à son égard que tous ces citoyens se prosternant devant l'odieux et amplifiant une mythologie qui fait de celui qui a tué à répétition un héros. Le mal qu'on glorifie, le mal qu'on commet, désastreuse logique.
On a les héros qu'on peut. C'est peut-être qu'on ne sait plus nous faire aimer la morale. Pourtant, cette aventure serait révolutionnaire. Le seul véritable anti-conformisme!
De l'odieux à revendre ,vous en trouverez en allant sur le blog de Laurent Dingli intitulé "le carnet de Laurent Dingli".
Cet historien et écrivain dresse un formidable portrait d'une femme, Muriel Arnal, militante de la cause animale.
Laurent Dingli y donne, entre autres, une liste non exhaustive des souffrances endurées par les animaux, victimes de la bêtise et de l'indifférence de l'homme.
Cela aussi donne à réfléchir sur les pulsions destructrices des humains entre eux et envers la nature en général.
Rédigé par : Aude | 16 août 2007 à 16:32
"...On est informé aussi qu'une personne âgée de 96 ans a été tuée, lardée de 52 coups de couteau..."
Cela me rappelle un jugement qui eut lieu en Espagne vers les années 1999/2000, il me semble. Juste avant la réforme de la loi pénale espagnole sur les violences contre les femmes.
Une femme avait été tuée de 66 coups de couteau par son mari. Le magistrat avait estimé qu'il n'y avait pas eu acharnement de l'époux !!!
Cette personne de 96 ans a donc subi et traversé deux guerres. Finir sa vie de cette manière, tout comme ce bébé qui vient au monde en connaissant déjà la violence. Quelle misère.
Cet enfant sera t-il considéré comme un enfant hyperactif ? L'avenir le dira.
Monsieur Lefebvre a tout à fait raison lorsqu'il dit :
"Je n'ai aucun souci pour le jeune agresseur et celui qui a poignardé le presque centenaire, ce seront des victimes du système ou de l'éducation parentale."
En effet entre : "son jeune âge, le milieu parental, son lieu d'existence, le contexte social..." n'en jetons plus la coupe est pleine !! Ces refrains, nous les avons suffisamment entendus.
Le Cardinal Lustiger disait et pensait que la France payait le prix de la révolution française pour s'être coupée de Dieu...
Maintenant peut-être que certains individus déforment ou renient sciemment l'éducation et la culture qui leur furent transmises.
Tacite aurait dit : "Est considéré comme fainéant celui qui se procure par la sueur ce qu'il peut se procurer par le sang".
Je vais vous faire hurler, monsieur Bilger, mais il me semble que dans certains cas, la guillotine serait la bienvenue, au lieu de la faire rouiller. Quoi que Zola ait dit.
A une certaine époque, la guillotine était paraît-il dissuasive ?
A ce propos, je viens de découvrir un livre qui s'intitule "l'Obéissance", écrit par François Surreau. Editions Gallimard.
L'histoire se passe durant la Grande guerre en mars 1918. Il n’y avait pas encore d’issue au conflit franco-allemand.
Arrive, alors, une requête du gouvernement belge au gouvernement français : le prêt de la guillotine et du bourreau de Paris, Deibler.
Cela faisait cinquante ans que la Belgique n'exécutait plus ses criminels. Le roi des belges voulait, pour exemple, faire pratiquer à Furnes, en zone d’occupation allemande, l’exécution d'un soldat condamné à mort, coupable du viol et de l'assassinat de deux femmes belges.
La France accepte. Deibler se met en route vers Furnes, avec sa machine, sous la protection d'une petite escorte. Il leur faudra traverser la ligne de front, munis de sauf-conduits délivrés par tous les belligérants. Les États se sont mis d'accord, non pour arrêter la tuerie, mais pour permettre à un bourreau d'exécuter un homme de plus.
S'inspirant de faits réels, François Sureau nous présente un récit dramatique sur l'obéissance aux ordres.
@ monsieur Patoulatchi,
Lorsque l'on a une adresse internet qui commence par "riesling", il serait plus naturel d'avoir sur ce site, une bouteille d'Amer et non une bouteille de Picon. Un amer bière, à mon goût, est nettement meilleur qu'un picon bière !!!
Pardonnez cette incursion.
Rédigé par : Marie | 16 août 2007 à 14:22
Je suis toujours choqué de l'admiration dont bénéficie Mesrine alors que cet homme n'était pas du tout admirable. Il n'a rien de ce gentleman cambrioleur des bons vieux romans qui ne tuait jamais ! Mesrine lui, a tué et malgré ça il est décrit comme un homme admirable. Je sais bien que son histoire peut plaire mais l'homme lui ne doit pas plaire car il a ôter des vies, ce qui dans l'échelle du mal arrive en tête ! J'ai entendu des personnes dire que Mesrine avait été victime d'un meurtre. Comme si la police n'avait que ça à faire !
Rédigé par : jean philppe | 16 août 2007 à 14:15
«Certes, on a envie de connaître, de comprendre les mécanismes intimes bruts mis en oeuvre pour d'aussi ignobles conséquences mais avant et d'abord c'est le sentiment de colère qui domine, on voudrait se désolidariser, refuser la fraternité, ne pas entonner le grand air de l'empathie douloureuse, si proche parfois de l'absolution. Celui qui a agressé cette femme enceinte, celui qui a criblé de coups cette vieille dame, ils sont bien des nôtres ?»
Je pense que, malheureusement, on ne peut pas faire l'économie d'une réflexion sur 'la nature humaine' de qui se comporte en temps de paix comme un criminel de guerre, tels ces soudards qui éventraient les femmes enceintes ou comme cette vieille qui a mis sa servante à la broche pendant la guerre de trente ans (attesté dans les annales du Duché de Lorraine).
Je me souviens avoir été terriblement impressionnée le jour où j'ai vu dans un film, produit il me semble par l'actrice britannique Joan Collins, une explosion de violence qui est allée jusqu' à envoyer un bon crochet du droit dans le ventre d'une femme enceinte. Je n'avais pas été aussi impressionnée depuis le jour où, dans un film de guerre, j'avais vu suspendre des hommes à des crochets de boucherie. L'événement sortait du livre d'histoire pour se présenter devant nos yeux avec une brutalité et une crudité qui me paraissaient totalement superfétatoires en ce qu'elles mettaient davantage mal à l'aise qu'elles ne permettaient à la fonction cathartique de se produire, et donc d'assez mauvais goût. Un peu comme le sexe mis en scène dans un film pornographique ne représente pas même une bonne leçon d'anatomie, on cherchera donc en vain la morale de l'image.
C'est à la fois indécent et dénué d'intérêt en dehors de ce que cela dit sur les gens qui l'ont produit et le public d'attardés mentaux qui en redemande.
En même temps cependant, j'ai compris quelque chose de l'avancée d'un siècle, on peut presque dire d'une ère maintenant, auxquelles les superbes cascades comme celles qui ont truffés les magnifiques combats à l'épée du jeune d'Artagnan l'autre jour sur France3, ou encore les films de Bruce Willis paraissent fades au point qu'il faille mettre en scène une forme de violence qui ne passerait pas même la rampe dans un dessin animé où pourtant on en voit des évènements violents entre les combats contre des créatures infernales venues d'une autre planète et les morts-vivants qui nous envahissent d'outre-tombe : il me semble que nous péchons par défaut d'imaginaire.
Rédigé par : Catherine JACOB | 16 août 2007 à 12:11
@C.Jacob
votre commentaire de Lustiger est captivant !
Rédigé par : Jean-Marie | 16 août 2007 à 11:39
Des regrets, des regrets et encore des regrets... On peut effectivement regretter que la justice monégasque prenne des allures de justice chinoise ; un Chinois avait été comdamné à 20 ans "d'autocritique" pour avoir barbouillé une photo du Grand Timonier, mais vu certains privilèges fiscaux accordés dans cette principauté et l'argent (plus ou moins propre ?) qui y circule, celle-ci est en passe de devenir "L'empire du mileu". Mais on peut regretter que la sentence ne soit pas chinoise lors du procès de ses individus abjects tabasseurs de femmes enceintes ou assassins de grands-mères .
Pour la petite histoire, je me suis trouvé il y a longtemps à assister comme simple citoyen et non prévenu à une audience du TGI de Pontoise. Un homme fut jugé pour des coups portés sur une femme enceinte. La peine prononcée fut à la hauteur du réquisitoire du substitut, ce qui fut justice. Mais ce qui m'a le plus surpris c'est que la solennité qui règne dans un tribunal fut coupée, quand le Président prononça la peine, par un tonnerre d'applaudissements unanimes et spontanés, même de la part de ceux qui semblaient être des "clients privilégiés" de ce tribunal et qui contestaient à bas mots toutes les peines prononcées.
Quant à Mesrine, c'est l'éternel remake du voyou victime de la société, un plat réchauffé et indigeste à force d'en manger. Celui qui a écrit que le crime ne paie pas devrait revoir sa copie.
Rédigé par : Bernard de ... | 16 août 2007 à 08:40
Six mois de prison pour un nez rouge même à une représentation symboliquement forte du pouvoir, c'est en effet beaucoup ! Chacun ses lois, je ne serai jamais citoyen monégasque, hélas pour la feuille d'impôts, tant mieux pour le site qui est assez laid et la population détestable qui y réside.
Même à une époque où j'avais un point de vue autre que celui de maintenant, je n'ai jamais bien compris cette fascination pour Jacques Mesrine, un homme plutôt idiot, sanguin, vulgaire... une brute en résumé ! Entre le mythe et la réalité, je me souviens de la sortie de la chanson du groupe Trust, de l'engouement des milieux gauchistes intellectuels autour desquels je grandissais, pour cet assassin, j'ai encore bien moins compris lorsque je l'ai découvert à travers un reportage. Les trotsko-maoïstes de ma famille étaient en pâmoison pour ce qu'ils qualifiaient de beauf habituellement : un gros type rougeaud en col roulé ou costume mal taillé avec un collier de barbe, des lunettes fumées qui tuaient des gens égoïstement lors de ses braquages. Je me souviens de ce journaliste de Minute laissé pour mort par ce barbare parce qu'il avait commis l'outrage de blesser l'orgueil de ce petit monsieur, j'avais trouvé à la fois la réaction du crétin armé et de la population soixante-huitarde hors de l'humanité première. Le doute, c'est l'intelligence disait madame de Sévigné (je crois) et on ne peut douter de la véracité d'une telle citation lorsque l'on voit un homme trop sûr de lui qui donne des leçons à l'Etat français sous forme revendicative alors qu'il tue pour de l'argent...
Jacques Mesrine n'a jamais eu la reconnaissance qu'il méritait, celle d'un pauvre type !
Je n'ai aucun souci pour le jeune agresseur et celui qui a poignardé le presque centenaire, ce seront des victimes du système ou de l'éducation parentale... La jeune mère et la vieille dame, qui se souciera d'elles ?... On a l'habitude !
Rédigé par : Ludo Lefebvre | 15 août 2007 à 20:53
«On est informé aussi qu'une personne âgée de 96 ans a été tuée, lardée de 52 coups de couteau.»
Pourquoi 52 quand un seul est déjà de trop pour ne pas dire suffisant !
Cela m’évoque cette momie naturelle datée grosso modo de l’an 1000, si je ne m’abuse, et retrouvée dans une région de Chine actuellement plus ou moins inhabitée en compagnie d’autres corps momifiés dont celui d’une Dame d’un certain âge dont le costume a pu être reconstitué ainsi que la coiffure.
La momie à laquelle je pense était celle d’un jeune adolescent dont les spécialistes ont expliqué que l’expression que la mort avait figée sur son visage, vieux désormais de mille ans, était celle d’une insoutenable souffrance qui s’expliquait par le fait que le corps portait encore la trace de coups méthodiquement portés sur tout le corps, puis que ce corps avait été retourné et que d’autres coups ont été méthodiquement de même portés sur l’autre face.
Puis le spécialiste a ajouté que probablement, mais on ne pouvait l’affirmer, ce corps ainsi retourné comme une crèpe ne l’avait pas été qu’une seule fois.
Ensuite il a dit qu’on ne pouvait pas expliquer ce type de mise à mort dont les textes ne portent pas de traces.
On pense alors à cette phrase du Cardinal Lustiger que j’ai relevée dans l’un des articles indiqués par Marie et qui date de son arrivée à l’archevêché de Paris.
Elle est extraite de l’interview accordée alors à des journalistes israéliens .
«Enfant, je me suis trouvé devant la souffrance des enfants, le problème du mal palpable, la mort. J’ai reçu là, en mon intelligence, comme une confirmation absolue de l’existence de Dieu, seul juste devant l’injustice faite à l’homme.»
Ce qui m’a particulièrement interpellée dans ces mots, c’est cette expression: «L’injustice faite à l’homme.» Je laisse au Cardinal Lustiger sa conclusion personnelle, mais en me remémorant ses mots à propos de cette vieille dame de 96 ans ainsi que de cet adolescent de mille ans, je comprends cette expression ainsi dans ce contexte : l’injustice faite à l’homme ce n’est pas de le tuer, ce n’est pas, pour lui, de mourir, ce n’est pas, pour nous, de nous retrouver confrontés au scandale de la mort, c’est que tuer ne suffit pas, c’est que mourir ne suffit pas. Il faut autre chose. Cet autre chose qui est recherché par la somme de coups infligés à des corps que la vie avait nécessairement du déjà abandonner à un certain moment.
Cet autre chose comment tenter de le penser ? Comment tenter de penser cet impensable ?!
C’est juste que, comme le dit, un peu plus loin dans cette même interview le cardinal, «dans ce monde, l’homme est aux prises avec le pire. Il est aux prises avec sa propre négation.»
Sans doute faut-il néanmoins commencer par prendre de la distance. J'ai été sidérée par le stock d’armes blanches de toutes sortes - y compris les étoiles de Ninja - récemment récupéré par la police britannique dans un établissement scolaire dont les élèves avaient été invités à se débarrasser, à titre de geste symbolique pour lutter contre la violence - tout un container pour un seul établissement dont certaines absolument stupéfiantes- mais je ne connais pas de mise à mort antique faisant intervenir de multiples blessures à l’arme blanche, l’utilisation de ce type d’arme paraissant même, a priori, contradictoire avec la mise à mort rituelle, à savoir celle dans le cas de laquelle la transgression devient la norme. Le rituel introduit du sens. La lacération, par exemple, mode de mise à mort des fauves, transgressait la nature humaine en faisant des ménades des lionnes, ce dans un but précis - celui de la fonction sacrificelle - et dans un temps strictement limité au rituel.
Ou encore quand les gens étaient jetés ou se jetaient eux-mêmes dans la mer, le mythe considère la chose comme une méthode pour accèder au divin. Mais bon, personne n'a jamais vu Dionysos lacéré puis reconstitué ou encore je ne sais plus trop qui ressortir de la mer en ayant transcendé sa nature humaine en nature divine, sachant que pour l’époque considérée le divin participe du monstrueux. Les récits de rites shamaniques racontent des choses assez curieuses de cet ordre dont les femmes, bien sûr, font les frais, mais d’une facon générale, pour nous, l’ordre du mythe est l’ordre symbolique.
Or voici que tout à coup, avec le meurtre insolite de cette vieille dame, le monstrueux fait irruption dans notre quotidien. Et on se demande, mais que peut notre Justice avec cela ? Ou encore est-ce qu'il y a une justice pour cela ?
Tout de même en ce qui concerne l’adolescent de mille ans, l’expression de sa souffrance traverse le temps pour faire irruption dans notre quotidien télévisé et nous met face à face avec quelque chose de l’homme qui est extrêmement difficile, et me remémore également cette parole millénaire de la philosophie chinoise : «Celui qui demande : Qu'est-ce que l'homme ? est semblable a une fourmi qui voudrait porter sur son dos le Mt TAISAN.» Autrement dit cette montagne où les empereurs de Chine rendaient un culte au Ciel et à la Terre. Cela n’a pas été précisé, mais notre adolescent martyrisé a eu nécessairement les os brisés. Or briser les os, ceux des morts, appartenait effectivement à certains rituels qui visaient à faire de l’esprit un esprit errant, autrement dit visaient à atteindre l’homme au-delà de son enveloppe corporelle....
Pour revenir à quelque chose de moins morbide, il me semblait avoir lu que notre hôte appréciait le style Isabelle Huppert lequel est tout de même fort différent du style Anne-Sophie Lapix, mais bon pas dans le même registre.
Rédigé par : Catherine JACOB | 15 août 2007 à 20:15
Eh oui, monsieur Bilger, lire le journal donne le cafard. Tous ces faits divers inciteraient presque à s'inscrire à un club de tir !
Il y a quelques jours, alors que j'avais plusieurs heures d'attente à "tuer", j'avais lu dans la "Provence" :
"... à la tombée de la nuit, vers 22 h, six gamins, âgés de 7 à 13 ans, interceptés par une patrouille de police sur l'autoroute A7, au beau milieu d'un tunnel..."
"...une enfant de deux ans eut la vie sauve, grâce à la présence d'esprit des voisins, sa mère l'avait enfermé sur le balcon, à midi, heure où le soleil est le plus meurtrier. Dans l'appartement, un bébé de 8 mois hurlait et la mère de 27 ans avait avalé des tranquillisants..."
"...une petite fille de 9 ans qui refusait d'aller se coucher, fut battue par sa mère qui s'est acharnée sur elle. La police découvrit une enfant couverte d'ecchymoses..."
"...on ne sait si cet enfant de 7 ans couvert de pustules, affamé et déshydraté, survivra...
"explosion des violences familiales..."
"...quatre jeunes adolescentes de 15 ans à peine ont agressé une jeune femme de 22 ans pour lui voler son sac, la victime appelant Police Secours se vit de nouveau agressée par ces mineures qui firent demi-tour et la rouèrent de coups à nouveau pour lui voler son portable..."
"...un adolescent comparaissait pour avoir écrasé, le 16 mai 2006, une ancienne mercière de 78 ans, avec un véhicule qu'il venait de voler, avec 2 complices. La victime avait tenté de s'interposer. Son corps fut retrouvé sous les roues de la voiture.
La défense demanda la requalification des faits "en violences volontaires ayant entraîné la mort sans intention de la donner".
Le tribunal avait suivi. Le Parquet fait appel...
Pendant mon temps d'attente, un monsieur m'expliquait qu'à Hong Kong il n'y avait pas de prisonniers. Les Chinois appliquant la justice coloniale de l'ancien empire britannique. De cette façon, cela ne coûte rien à l'Etat. La peine : la bastonnade. 50 ou 100 coups !
Chaque jour, en entendant les faits divers, je me demande dans quelle planète nous vivons.
Nos parents ont vécu au moins une guerre voire deux. Ils ont subi des traumatismes. Ils furent moins privilégiés. La plupart des familles étaient plus nombreuses. Mais en réalité, ils furent plus heureux que cette jeunesse d'aujourd'hui.
Le contexte actuel, bien sûr!
Je ne vous envie pas, monsieur Bilger, je n'aimerais pas faire votre "job".
Je ne sais pas si après 30 ans de carrière, on devient blasé ou si on a toujours le même charisme ?
Cela explique peut-être certaines indulgences ou certaines sévérités !
Le problème est que justement, les indulgences sont destinées aux favorisés.
Nous en revenons toujours au même refrain.
"...Je crains que beaucoup soient conscients de ces dérives mais que la plupart baissent les bras et l'esprit. Il y aurait trop à faire, à dire, à résister..."
Rédigé par : Marie | 15 août 2007 à 18:50
Albert Spaggiari n'a pas fait couler le sang. Si tous les délinquants étaient « sans haine, sans violence et sans arme », il ne faudrait pas tant s'inquiéter.
Marc,
Le problème n'est pas tant que la morale ait quitté les Institutions. Les Institutions ne sont pas là pour faire la morale. La justice n'est pas, par exemple, l'incarnation de la morale, même si bien des lois pénales ont une dimension morale - réprimer les violences faites aux personnes, c'est poser un jugement moral sur la loi du plus fort.
Le problème est que la morale semble avoir, partiellement, quitté la cité.
Rédigé par : Marcel Patoulatchi | 15 août 2007 à 18:28
Mesrine, Roberto Succo, Battisti, Spaggiari, les nouvelles idoles à rajouter à la brochette de crétins pipoles, qui n'est pas assez épicée au goût du public.
Le souffle du dragon empuantit l'air.
Rédigé par : all | 15 août 2007 à 17:55
Bonjour,
Albert II en clown séducteur et J.P. Proust en clown ronfleur... Je trouve cela bien vu et regrette qu'un magistrat se soit laissé, dans son réquisitoire, emporter par son sens du service servil.
Bien vu donc pour l'infiniment petit qu'a réussi à atteindre cet obséquieux.
Pour le reste, Philippe, la morale a quitté nos institutions aussi... alors, c'est vrai, quelle aventure ce sera de tenter de la réintroduire comme vertu cardinale. C'est devenu un impératif.
Marc Fievet
Rédigé par : Marc Fievet | 15 août 2007 à 17:55