Une image m'a étonné. C'était hier. Le président de la République accomplissait son jogging en vacances et, surprise, notre garde des Sceaux, Rachida Dati, l'accompagnait mais en bicyclette. Certes, on connaît sa proximité avec le couple présidentiel mais tout de même j'ai perçu comme une forme d'incongruité dans ce tableau. Je ne suis pas persuadé que l'univers dont elle a la charge en sorte grandi.
Surtout que l'esprit de sérieux, même dans un repos évidemment mérité, ne cesse pas d'imposer sa loi.
Un inventaire rapide. Une autre plainte pour racket en Corse, le plaignant est menacé. Une première application de la loi sur la récidive qui montre à quel point celle-ci était nécessaire et point du tout liberticide. Un taux record d'occupation des prisons le 1er août 2007 par rapport à août 2006. Surtout, le problème grave posé par Francis Evrard, violeur récidiviste, libéré avec certaines obligations le 2 juillet et qui pourtant en août a enlevé et violé Enis, un petit garçon de 5 ans.
La situation est apparue suffisamment préoccupante au président de la République pour qu'il ait décidé d'organiser lundi 20 une réunion sur ce sujet, avec les trois ministres concernés.
Si l'on veut éviter la sortie "sèche" pour ces condamnés dont tout laisse craindre qu'ils renouvellent leurs agissements, deux solutions s'offrent : la libération conditionnelle ou la "surveillance judiciaire". Celle-ci avait été précisément prévue et mise en oeuvre par le tribunal d'application des peines de Caen pour Francis Evrard. Ce dernier n'a eu aucun mal à échapper à cette observation notamment en ne signalant pas son changement d'adresse comme il en avait l'obligation. Un dispositif qu'on peut aussi aisément tourner doit être revu ou même supprimé dans son principe.
Ce qui est dur à accepter pour nos miséricordieux habituels, c'est de devoir réfléchir sur des destinées qui ne laissent pas l'ombre d'une chance à l'espoir et à la métamorphose. L'interrogation qu'il convient de formuler est forcément brutale : que faire de ces condamnés à l'expiration de leur peine alors qu'on sait qu'une réitération est fatale, coupables et victimes qu'ils sont et seront pour la vie ?
Le Parisien, le Figaro et le Monde ont consacré à cette douloureuse affaire d'excellents commentaires mais, pour l'avenir, il me semble que le sénateur UMP de Paris Philippe Goujon, dans le Figaro, présente les orientations les plus fiables, en suggérant qu'on s'inspire des modèles néerlandais et allemand. En substance, ils imposent qu'à l'issue de la sanction, les criminels dangereux soient maintenus en milieu fermé. Après la prison donc, un enfermement d'une autre sorte qui constituerait une garantie "préventive" pour la société et qui ne serait pas loin de nous renvoyer au système de la peine indéterminée, dont on s'est, à tort, beaucoup moqué.
Cette piste de réforme serait d'autant plus admissible qu'elle ferait écho au remarquable rapport du regretté procureur général Burgelin sur le traitement des malades dangereux.
L'Union syndicale des magistrats et son président Bruno Thouzelier sont dans leur rôle lorsqu'ils réclament plus de moyens pour le dispositif existant mais je crois qu'il faut changer de registre. Une fois que le diagnostic sera formulé par une instance dont la compétence, le sens de la responsabilité et le pluralisme seront reconnus, la conclusion ne sera plus à laisser à la discrétion de la personne habitée par ses pulsions - on voit ce que cela a donné pour Francis Evard - mais à l'Etat. Celui-ci aura la charge de garder ou non sous une surveillance et une thérapeutique effectives les personnes qui, si elles échappaient à son contrôle, commettraient assurément le pire.
L'esprit de sérieux, pour la justice, est une ardente obligation. Et en même temps, si j'ose dire, le décor qui lui convient le mieux. Je suis sûr que mes collègues et moi détestons le badinage.
à Philippe Bilger : je réagis à l'expression "nos miséricordieux habituels" qui me fait bondir.
Et Mauriac, bordel ?!
Vous en avez fait quoi de notre France Mauriacienne ? Il vous en reste quoi ? Jetée par dessus bord, vendue à l'indice Nikkei, abrogée par une directive européenne, dépassée à l'heure d'Internet ?
Que vous reste-t-il du sublime de Mauriac, du sublime de la rencontre de Mauriac et de Wiesel, vous en avez fait quoi du Sagouin et de Thérèse Desqueyroux, pour que ceux qui tiennent contre vents et marées des dix lois votées coup sur coup, inefficaces et publicitaires, pour que ceux qui tiennent "bon(s)" soient réduits, méprisamment, aux "miséricordieux habituels" ?
De quel largage idéologique se tient-on pour voir dans la figure du miséricordieux, le "miséricordieux habituel" ? De quel vau-l'eau ? De quelle fête, de quelle grande fête collective tient-on ce dégagement contre les "miséricordieux" qui ont le mauvais goût d'être un peu trop "habituels" ?
Mieux vaut peut-être avoir trop de miséricorde, en avoir trop très habituellement, plutôt qu'avoir une sombre et sauvage envie de casser la figure de l'Autre, et ceci, très habituellement.
Rédigé par : olivier | 21 août 2007 à 11:42
A vous suivre, quel sens donne-t-on aux longues années passées en prison avant le passage par un établissement spécialisé ?
Si la sortie sans accompagnement est problématique, laisser une personne livrée à elle-même en prison avant de lui proposer un cadre plus adapté, n'est-ce pas également complètement inutile ?
Des questions, à défaut de réponses.
Rédigé par : article33 | 21 août 2007 à 01:50
J'avoue que j'ai du mal à percevoir en quoi Rachida Dati pédalant au coté de notre jogger de président peut nuire au monde judiciaire.
"Ce qui est dur à accepter pour nos miséricordieux habituels, c'est de devoir réfléchir sur des destinées qui ne laissent pas l'ombre d'une chance à l'espoir et à la métamorphose."
Une fois encore, vous visez juste.
Je reste sceptique quant à la solution que vous proposez. Le principe d'enfermement préventif à l'issue d'une peine me paraît totalement anti-démocratique. J'aime beaucoup cette citation attribuée à Benjamin Franklin :"une société prête à sacrifier un peu de liberté contre un peu de sécurité ne mérite ni l'une ni l'autre, et finit par perdre les deux".
Et sur un plan plus pratique, si quelqu'un a besoin d'être enfermé à l'issue de sa peine, c'est peut-être que la peine n'est pas assez longue.
Rédigé par : nicolas | 20 août 2007 à 22:57
Je ne suis pas expert dans le domaine cognitivo-comportemental, mais il me semble que le propre de la pulsion est sa brièveté. Cet homme a stipulé ne pas avoir su y résister, pourtant il se fait prescrire du viagra, puis il trompe la vigilance de son dispositif de surveillance, se rend à Roubaix, trouve un garage pour commettre son triste forfait !
J'y vois beaucoup plus un stratagème, une préméditation qu'un acte soudain et incontrôlé.
Une fois encore, où se trouve l'humanité entre laisser cet homme enfermé ou sacrifier de futures victimes ?
Rédigé par : Ludo Lefebvre | 20 août 2007 à 22:31
Finalement, l'Angleterre s'est ralliée au traitement chimique, selon la presse.
"Doit-on castrer les pédophiles récidivistes ? Non, affirme Christopher Earls, de l'Institut Philippe-Pinel à Montréal. «Il faut cesser de penser que la médecine peut tout régler. La pédophilie, c’est plus compliqué que ça.»
Si ce professeur du Département de psychologie s’oppose à la castration comme traitement de choix, qu’elle soit chimique ou chirurgicale, ce n’est pas parce qu’il veut défendre la liberté absolue des pédophiles. «Les pédophiles sont des gens dangereux, dit-il. Castrés ou non, ils ne devraient jamais sortir de prison sans surveillance.»
Psychologue depuis près de 30 ans spécialisé dans le traitement de la pédophilie et autres obsessions sexuelles, Christopher Earls estime toutefois que la castration soulève de délicates questions éthiques. «Le consentement des individus peut-il être qualifié de libre et d’éclairé quand la castration permet de réduire ou de prévenir une sanction? Au bout du compte, s’agit-il encore de médecine ou d’une simple extension à la biologie du domaine de la sanction?»
M. Earls mentionne aussi que la castration, particulièrement celle dite chimique, ne règle pas le problème. Au contraire. Cette approche est pernicieuse, d’après lui. «Elle rassure, à tort, la société, qui croit ainsi empêcher les agresseurs sexuels d’exploiter les jeunes.»
Malheureusement, comme le professeur le signale, il n’y a pas de test fait systématiquement pour vérifier si le dosage d’antiandrogènes est approprié à l’individu. «On ne sait donc pas si le pédophile a encore des capacités érectiles», affirme le psychologue. Il rappelle par ailleurs que les agresseurs sexuels n’utilisent pas toujours leur sexe pour commettre leurs délits. «Certains introduisent des objets dans le corps de leurs victimes. Qu’ils aient ou non des érections ne change rien à l’affaire.»
Pour éviter que les pédophiles passent à l’acte, il faut mettre en place, en collaboration avec la justice, des processus de contrôle extérieur comme l’interdiction de travailler auprès d’enfants et l’obligation d’être accompagné lors de tout contact social avec des mineurs, selon M. Earls. Ce dernier se dit même en faveur de l’utilisation de puces électroniques afin de suivre les criminels sexuels dangereux et de pouvoir prévenir leurs agissements. «Les autorités pourraient délimiter des zones qui seraient interdites à ces personnes, par exemple les écoles, les parcs, etc.»
C’est par pléthysmographie pénienne, une mesure de l’excitation sexuelle par les changements de circonférence du pénis, qu’il est possible de déterminer efficacement si le désir d’un individu s’oriente vers les femmes ou les hommes, vers les adultes ou les enfants, ou vers tout objet de déviation, souligne le professeur. Le sujet regarde des diapositives ou écoute des extraits de bandes sonores qui évoquent différentes situations sexuelles, volontaires ou violentes, avec des femmes, des hommes et des enfants. L’appareil enregistre en même temps les niveaux d’excitation de la personne. C’est comme un détecteur de mensonges, en plus poussé, mais ce n’est pas une science exacte.
L’Institut Philippe-Pinel à Montréal a acquis une réputation internationale dans ce domaine au cours des dernières années. Christopher Earls a lui aussi son laboratoire pour analyser les réactions des pédophiles. Chaque année, il évalue une cinquantaine de délinquants sexuels. Tous lui sont envoyés par le système judiciaire. M. Earls a élaboré des programmes grâce auxquels ces personnes peuvent se libérer de leurs pulsions qui, trop souvent, envahissent leur vie. Mais, dans le cas des pédophiles récidivistes, il est catégorique: «Il n’y a pas grand-chose que nous puissions faire pour eux. Ils doivent rester derrière les barreaux.»
http://www.iforum.umontreal.ca/Forum/2006-2007/20070129/
capsule_1.html
Dominique Nancy
Rédigé par : Marie | 20 août 2007 à 14:19
Marie,
Je ne comprends pas ce que vous dites lorsque vous écrivez "Comment s'opposer à cette libération puisque Francis E. aurait écopé de 27 ans de réclusion criminelle en 1989, dont deux tiers avec sûreté, pour viol sur mineur de 15 ans. Sa remise de peine lui fut refusée. Celle-ci fut donc effectuée entièrement au moment de sa mise en liberté". Sauf erreur de ma part, Francis Evrard a bénéficié des remises de peine automatiques (2 mois par an, 3 mois la première année), seule explication possible d'une sortie en 2007 pour quelqu'un condamné à 27 ans de réclusion 18 ans avant. Bref, cet homme est sorti au plus tôt possible selon sa condamnation, vu la peine de sûreté de 18 ans, choix de la juridiction répressive qui indiquait clairement son sentiment quant à la dangerosité dudit individu. Bref, a liberé au plus tôt un individu dont tout indiquait qu'il était parmi les pires qu'une juridiction pénale puisse connaître.
Vous dites par ailleurs que "l'Histoire n'est qu'un éternel recommencement". Ce n'est vrai que lorsqu'on l'observe de bien trop loin pour saisir les milles nuances et divergences qu'existent entre les périodes, les lieux et les personnes. On ne recommence jamais rien dans un domaine où l'on ne part jamais du même endroit au même moment.
Les néo-nazis sont des marginaux. Tous les quelques années, un journaliste débusque un fait divers et nous annonce une forte croissance de ces groupuscules. Si l'on en croit les documentaires habituellement diffusés sur arté, on devrait depuis des années être submergés de nazis, qui devraient composer désormais près de 50 % de la population. Mais, en réalité, les néo-nazis restent, au fil des ans, des groupuscules d'un ou deux milliers de personnes dans chaque pays européen, il n'y a guère d'évolution. Certains néo-nazis britanniques, et non des moindres, sont, depuis, devenus islamistes, déçus du manque de dynamisme de leur milieu.
(Je ne vois pas bien le rapport entre ce sujet et le billet du jour de monsieur Bilger)
Véronique,
Les JAP, juges de l'application des peines, ne sont pas seuls dans leur suivi des criminels et délinquants. Ils ont à leur disposition les CIP, conseillers d'insertion et de probation. Quoi qu'il en soit, cela ne change pas le fait que le suivi sociojudiciaire, comme le sursis avec mise à l'epreuve, ne semble avoir d'effet que dans la psychologie collective juridictionnelle : cela semble en théorie meilleur que les techniques habituelles, c'est donc privilégié, avec le sentiment que si chacun fait bien son travail, tout ira dans le meilleurs des mondes. Le fait est que ça ne marche qu'avec les individus qui n'auraient probablement pas posé problème de toute façon. Il faut donc plus de moyens, pour assurer un meilleur suivi. Certes. Mais si les moyens nécessaires impliquent de récréer l'univers carcéral hors les murs, en devant suivre en permanence des individus, ce n'est en fait que récréer une prison avec un budget intenable. Car dire qu'il faut plus de moyens, c'est une chose. Mais combien sommes-nous prêts à dépenser par délinquant lorsque, par ailleurs, tant de citoyens méritant sont sous-payés ou dans la gêne ? Peut-on investir sans compter pour des individus qui ont déjà grandement nuit aux autres, tout cela pour leur éviter l'inconfortable prison, encore aux frais des autres ? Est-on près à dire, demain nous fermons une école et un hôpital, car nous avons besoin de leur budget pour permettre à des violeurs et des voleurs de voiture de ne point souffrir l'enfermement ?
Bernard de,
Je ne vois pas ce qui permet très exactement de lier l'évolution générale des moeurs avec le viol de gamins. Je ne crois pas que l'un fasse l'apologie de l'autre.
Ne vous en déplaise, je ne crois pas que l'on puisse dire que le sexe soit particulièrement débridé aujourd'hui alors qu'il y a un siècle, les lupanars avaient pignon sur rue. Le sujet est moins dissimulé qu'autrefois mais je doute fort qu'il soit réellement plus fort.
Plus avant, j'ai tendance à penser que des individus épanouis, y compris sexuellement parlant, présentent moins de risques de devenir des violeurs que des bigots et autres handicapés de l'expression des émotions.
Rédigé par : Marcel Patoulatchi | 20 août 2007 à 13:50
@ Parayre
"Pour ce qui est de Francis Evrard, sans évoquer avec vous la "miséricorde" de certains - la Bible nous enseigne que celui qui croit au Seigneur aime la miséricorde - son itinéraire criminel soulève effectivement la question des nombreux malades mentaux condamnés puis incarcérés dans nos établissements pénitentiaires."
Je ne comprends pas votre allusion, Monsieur, à la "miséricorde" et à la Bible.
Ce fait divers n'a rien à voir avec la Bible. Vous déformez le sens donné au mot « miséricorde ».
Lorsque l’on vit en société, il y a des règles et il y a des lois internes à la République.
Le devoir d'un magistrat, d'un législateur, est de faire en sorte que ce genre de fléau ne se reproduise pas, donc de faire respecter la loi.
Le Catéchisme présente la doctrine catholique tant sur la foi que sur la morale, à la lumière de l’ensemble de la Tradition de l’Église. Ses sources principales sont l’Écriture Sainte, les saints Pères, la liturgie et le Magistère de l’Église. Le Chrétien, par le sacrement du Baptême, s’engage à vivre, à essayer d’appliquer ces préceptes dans le respect et l’amour d’autrui.
Le pardon ne peut être accordé que par la victime et la miséricorde par le Seigneur, lui-même, ou par son représentant, à travers le sacrement de Pénitence, dans le cadre d’une volonté sincère de repentance et de contrition, émanant de l’auteur des faits.
Nous n'avons aucun droit d'ingérence dans cette malheureuse affaire. Un enfant de 5 ans n’a pas la moindre notion du mal, celui qu'il a subi, et donc d’une éventuelle commisération.
Je m’appuierai, j’en demande pardon, par avance, aux agnostiques, que je vais heurter, sur quelques extraits du catéchisme :
" JE CROIS AU PARDON DES PECHES "
.....
976 - Le Symbole des apôtres lie la foi au pardon des péchés à la foi en l’Esprit Saint, mais aussi à la foi en l’Église et en la communion des saints. C’est en donnant l’Esprit Saint à ses apôtres que le Christ ressuscité leur a conféré son propre pouvoir divin de pardonner les péchés : " Recevez l’Esprit Saint. Ceux à qui vous remettrez les péchés, ils leur seront remis ; ceux à qui vous les retiendrez, ils leur seront retenus " (Jn 20, 22-23).
....
982 - Il n’y a aucune faute, aussi grave soit-elle, que la Sainte Église ne puisse remettre. " Il n’est personne, si méchant et si coupable qu’il soit, qui ne doive espérer avec assurance son pardon, pourvu que son repentir soit sincère " (Catech. R. 1, 11, 5). Le Christ qui est mort pour tous les hommes, veut que, dans son Église, les portes du pardon soient toujours ouvertes à quiconque revient du péché (cf. Mt 18, 21-22).
Les prêtres ont reçu un pouvoir que Dieu n’a donné ni aux anges ni aux archanges. (...) Dieu sanctionne là-haut tout ce que les prêtres font ici-bas (S. Jean Chrysostome, sac. 3, 5 : PG 48, 643A).
....
1422 - " Ceux qui s’approchent du sacrement de Pénitence y reçoivent de la miséricorde de Dieu le pardon de l’offense qu’ils lui ont faite et du même coup sont réconciliés avec l’Église que leur péché a blessée et qui, par la charité, l’exemple, les prières, travaille à leur conversion "
....
II. Les actes bons et les actes mauvais
1755 - L’acte moralement bon suppose à la fois la bonté de l’objet, de la fin et des circonstances. Une fin mauvaise corrompt l’action, même si son objet est bon en soi (comme de prier et de jeûner " pour être vu des hommes ").
L’objet du choix peut à lui seul vicier l’ensemble d’un agir. Il y a des comportements concrets – comme la fornication – qu’il est toujours erroné de choisir, parce que leur choix comporte un désordre de la volonté, c’est-à-dire un mal moral.
1756 - Il est donc erroné de juger de la moralité des actes humains en ne considérant que l’intention qui les inspire, ou les circonstances (milieu, pression sociale, contrainte ou nécessité d’agir, etc.) qui en sont le cadre. Il y a des actes qui par eux-mêmes et en eux-mêmes, indépendamment des circonstances et des intentions, sont toujours gravement illicites en raison de leur objet ; ainsi le blasphème et le parjure, l’homicide et l’adultère. Il n’est pas permis de faire le mal pour qu’il en résulte un bien.
....
1780 - La dignité de la personne humaine implique et exige la rectitude de la conscience morale. La conscience morale comprend la perception des principes de la moralité (" syndérèse "), leur application dans les circonstances données par un discernement pratique des raisons et des biens et, en conclusion, le jugement porté sur les actes concrets à poser ou déjà posés. La vérité sur le bien moral, déclarée dans la loi de la raison, est reconnue pratiquement et concrètement par le jugement prudent de la conscience. On appelle prudent l’homme qui choisit conformément à ce jugement.
1781 - La conscience permet d’assumer la responsabilité des actes posés. Si l’homme commet le mal, le juste jugement de la conscience peut demeurer en lui le témoin de la vérité universelle du bien, en même temps que de la malice de son choix singulier. Le verdict du jugement de conscience demeure un gage d’espérance et de miséricorde. En attestant la faute commise, il rappelle le pardon à demander, le bien à pratiquer encore et la vertu à cultiver sans cesse avec la grâce de Dieu.
....
1849 Le péché est une faute contre la raison, la vérité, la conscience droite ; il est un manquement à l’amour véritable, envers Dieu et envers le prochain, à cause d’un attachement pervers à certains biens. Il blesse la nature de l’homme et porte atteinte à la solidarité humaine. Il a été défini comme " une parole, un acte ou un désir contraires à la loi éternelle " (S. Augustin, Faust. 22, 27 : PL 42, 418 ; S. Thomas d’A., s. th. 1-2, 71, 6).
....
2356 Le viol désigne l’entrée par effraction, avec violence, dans l’intimité sexuelle d’une personne. Il est atteinte à la justice et à la charité. Le viol blesse profondément le droit de chacun au respect, à la liberté, à l’intégrité physique et morale. Il crée un préjudice grave, qui peut marquer la victime sa vie durant. Il est toujours un acte intrinsèquement mauvais. Plus grave encore est le viol commis de la part des parents (cf. inceste) ou d’éducateurs envers les enfants qui leur sont confiés.
Enfin, je ne crois pas que l'on doive considérer M. Evrard comme un malade mental.
Il a calculé une tentative de remise de peine, en utilisant le traitement qui lui était proposé. La liberté conditionnelle lui ayant été refusée, il arrêta le traitement.
Sur lui fut retrouvé du Viagra. Il ne pouvait ignorer l'action de ce médicament.
Personnellement, je n'appelle pas cela de la folie. Ce serait, à mon sens, de la préméditation.
Rédigé par : Marie | 20 août 2007 à 13:17
Bien entendu, on n'est jamais certain qu'un délinquant sexuel ne s'amendera pas.
Ce dont on est certain c'est que sa ou ses victimes n'ont, eux, pas d'espoir de sortie.
De deux maux il faut choisir le moindre.
J'opte pour l'enfermement spécialisé des maniaques et la sécurité pour les enfants.
Souvent, notre société ne veut pas choisir pour ne peiner personne ;or choisir c'est renoncer.
Renonçons à nos compromissions avec les prédateurs même inconscients.
Rédigé par : mike | 20 août 2007 à 11:28
@ Bernard de...
Pour répondre avec retard… ;
Que l'incendie de Rome soit accidentel ou voulu, le doutes subsiste, même si Tacite dans les Annales laisse entendre que Néron voulait reconstruire une Rome moderne, et qu'il a fait propager l'incendie, mais que les chrétiens aient été accusés à tort Tacite qui les méprise l'affirme. Mais Tacite sans doute n’était pas objectif, sa fidélité était à celui qui l’avait promu sénateur. Pouvons-nous en savoir plus d’une période si lointaine ?
Peut être que les chrétiens cherchaient ils le martyr, mais de toutes façons sans le chercher ils l’auraient eu car Rome avait à ce moment là besoin d’un bouc émissaire.
Quand à Néron, je doute sincèrement qu’il soit utile de le réhabiliter, il suffit de garder à l’esprit que même les tyrans les plus dépourvus d’humanité peuvent ici ou là faire des œuvres utiles ;
Ainsi, même le plus noir des accusés n’est que gris.
Rédigé par : Jean-Marie | 20 août 2007 à 11:23
@ francis
Le question que l'on peut se poser est: "la libido des malades sexuels étant déclenchée par l'inconscient, ceux-ci ont-ils une place dans un établissement pénitentiaire traditionnel ? Ne faudrait-il pas créer un établissement spécialisé comme il en existe un à Sarreguemines mi prison-mi H.P.
D'autre part n'y a t il pas une réforme morale importante à faire dans notre société dite "tolérante". Le "lubrique" est en passe d'être banalisé. http://cf.news.yahoo.com/s/afp/070812/
insolite/soci__t___sexualit___femmes_1
D'après l'actualité les clubs échangistes, sado-masochistes et autres perversions ou salons du sexe (comme il y a un salon de l'auto) ont le vent en poupe. Quelque part, dans le cerveau des adeptes de ces clubs (sectes ..?) leurs dépravations inconscientes doivent se recouper avec celles des pédophiles et vice-verça, si on y ajoute la publicité qui est faite là-dessus on provoque un cocktail explosif dans la tête de ces malades... et je passe Internet où le "sexe" est ce qui arrive en tête de l'utilisation de cet instrument. Si on veut réduire la pédophilie c'est une thérapie de groupe de fond qu'il faut faire. C'est comme les "braquages" qui ont du considérablement se réduire en 50 ans avec les cartes bancaires et les virements des salaires sur des comptes en banque. Réduisons le sexe-business et sa publicité et peut être réduirons-nous les maniaques sexuels. Et quand j'écris publicité il ne s'agit pas d'un simple encart dans un journal gratuit, ce sont d'immenses panneaux publicitaires en bordure de nationales qui annoncent un salon du sexe au parc-expo de Rouen ou de Caen, ou alors, il y a quelques années l'ouverture d'un supermarché du sexe à Rouen.
Maintenant je ris quand je lis à la une de la presse qu'Evrard avait du viagra alors qu'il a été assigné à Rouen. Il faut savoir que Rouen est quand même la 2ème ville de France derrière Paris dans le domaine du sexe, ce qui a inquiété le maire Pierre Albertini (qui était aussi sur la liste des ministrables à la justice), on y trouve avec pignon sur rue des clubs pour à peu près toutes les perversions, clubs qui ont fleuri avec l'ex municipalité .. PS ... et trouver du viagra à Rouen doit être aussi facile que de trouver une baguette de pain chez son boulanger. Je connais la ville pour habiter à quelques kilomètres de celle-ci.
Rédigé par : Bernard de ... | 19 août 2007 à 21:27
@ francis
Les larmes de Camille enfermée à Montdevergues dont on voit les traces sur les lettres qu'elle envoyait à Paul et à sa mère nous bouleversent aujourd'hui.
@ Philippe
"que faire de ces condamnés à l'expiration de leur peine alors qu'on sait qu'une réitération est fatale, coupables et victimes qu'ils sont et seront pour la vie ?"
Le fait divers de Roubaix suscite de l'indignation et de l'émotion.
Mais votre "pour la vie" ouvre des abîmes.
Les miséricordieux?
A t-on le droit - au sens éthique - de condamner un être humain à un enfermement à vie ?
Sans ménager, même à l'état infime, un espoir de sortie ?
Rédigé par : Véronique | 19 août 2007 à 20:36
Il est possible que j'ai inséré tantôt une adresse mail erronée (point au lieu de tiret) mais c'était bien moi. C.J-L
Rédigé par : Catherine Jacob | 19 août 2007 à 19:18
Le délinquant sexuel, surtout le pédophile, est un malade psychiatrique dont le délire (dérailler) l'emporte sur sa raison. Il faut le dire, les traitements sont inefficaces. L'incarcération, même avec un suivi approprié, ne garantit pas une sortie sans problèmes. Hélas, on le constate ! La thérapeutique médicamenteuse et psychologique reste incertaine. C'est compréhensible. L'instinct sexuel est commandé par le cerveau, comme la boulimie. Le coupe-faim ne bouche pas l'estomac. La castration chimique, même entretenue n'empêche pas l'acte, si on le désire à toute force. C'était connu chez les eunuques, il n'y a pas que le testicule qui produit de la testostérone. Tant pour l'obèse qui veut moins manger que pour le malade sexuel qui désire s'abstenir, le résultat ne s'obstient que par l'adhésion volontaire du sujet à son traitement. Alors que faire pour mettre la société à l'abri ? Il y a 50 ans, les hôpitaux psychiatriques comme maintenant les prisons. Le système asilaire y maintenait à vie les psychotiques, dénommés dangereux pour eux-mêmes et la société, ainsi Camille Claudel. Cela ne choquait personne ni même son frère. Il n'y avait pas de drogues efficaces.Quelques années après des remèdes tant efficients que ces hôpitaux dégonflèrent leur effectifs cela dure. La plupart des malades psychiatriques le demeurent, comme on reste diabétique et vivent dans la société. Or si toute thérapeutique s'avère impuissante pour les criminels sexuels récidivistes, pourquoi ne pas en venir à un système asilaire adapté à leur cas ? C'est une grave faute professionnelle que de prescrire du Viagra à de tels sujets ; encore faut-il que ce soit avéré, une feuille d'ordonnance peut facilement etre dérobée. Il y a 250 JAP qui auraient chacun 750 persnnes à suivre, il y a des cas cas faciles, ils sont les plus nombreux. Certains sont compliqués voire urgents. LE JAP fait partie d'une chaîne qui doit communiquer l'information autrement que par dossier à transmettre chnonologiquemt. Ce serait l'efficacité.
Rédigé par : francis; | 19 août 2007 à 16:22
@ Catherine JACOB
La lecture d'Althusser... Je pense surtout à "Positions", qui fait quand même peur et on peut légitimement s'interroger sur le psychisme de l'individu. Je ne suis pas issu d'une formation philosophique donc peu compétent pour analyser "l'oeuvre" d'Althusser, mais j'en ai déduit gratuitement que c'était avant tout un stalinien pur et dur.
Rédigé par : Bernard de ... | 19 août 2007 à 14:46
Il y a un malaise évident dans le système actuel, une incurie ou un laxisme écoeurant, chez certains.
Nous sommes bien protégés en France. C'est une constatation navrante.
Monsieur Evrard s'est soumis en 2000 à un traitement, dans l'éventualité d'obtenir une libération conditionnelle. Il l'arrêta lorsque sa remise de peine lui fut refusée.
Par ailleurs, M. Evrard aurait été condamné en 2004 à 18 mois de prison ferme pour détention d'images pédophiles alors qu'il purgeait une peine de 27 ans à Caen ?
Il est évident que la création d'un poste de "contrôleur général des lieux de privation de liberté" devient urgent.
Faut-il mettre un contrôleur dans chaque prison afin de surveiller les prescriptions ou vérifier les ordonnanciers ?
Cette affaire démontre une fois encore, si cela était nécessaire, que le manque de moyens dans le domaine médicojudiciaire est avéré et indubitable.
Le traitement chimique ne vaut rien. A partir du moment où l'individu l'arrête, les risques réapparaissent. Le danger demeure.
Sur le site du Sénat, on peut consulter l'étude qui fut faite, dans quelques pays d'Europe et aux Etats-Unis, dans l'espoir de trouver une solution à ce fléau.
L'Angleterre propose l'enfermement à vie pour les récidivistes d'agressions sur mineur de moins de 13 ans.
http://www.senat.fr/lc/lc21/
lc212.html#toc30
Rédigé par : Marie | 19 août 2007 à 13:46
Bruno Thouzellier le 17-08:
"Il y a en France 250 juges d’application des peines qui suivent chacun 750 personnes. Il faut souvent attendre 3 à 4 mois avant d'être reçu... Nos moyens ne sont tout simplement pas suffisants pour exercer un suivi réel des délinquants. Le système de lutte contre la récidive française est proche de zéro. Nous sommes sous-développés en la matière. Cela fait des années que l’on dénonce la situation, mais les budgets n’évoluent pas. Les politiques multiplient les effets d’annonce sans concrétisation. C’est aujourd’hui au législateur de prendre ses responsabilités."
Réaction d’un lecteur de Libération le 18-07 suite à un article du journal consacré à Roubaix :
R Pierre - symptôme
"Ce qui est arrivé est la conséquence, le symptôme de ce qui fonctionne mal dans le système judiciaire dans une France clivée. Si le psy dit: "c'est un pervers pédophile dangereux" il doit y avoir une analyse et un travail sérieux sur "Pourquoi ce grand pervers dangereux est sorti de prison sans traitement psy, sans suivi". Le traitement aurait dû bien évidemment démarrer et être apprécié en prison. Dans de nombreux lieux en France on parle de "manque chronique des moyens". Est-ce que ces moyens ne sont pas 'malades' du lien qui devrait permettre à chaque groupe d'intervenants de se concerter et d'agir dans le même sens ? Une personne l'a bien exprimé "Il faut que l'on apprenne à travailler ensemble". Cela est parlant ! Dans un système très hiérarchisé ou le titre est plus respecté que la valeur personnelle, c'est sûr : la parole circule mal donc les informations. Sans compter que partout il y a des rapports de pouvoir qui parasitent la fluidité de l'action collective. Les moyens : on les met en avant pour donner des motifs qui paraissent rationnels (la rationalisation en psy) mais c'est la qualité des individus qui donnent aux moyens la leur. Et j'espère qu'il y aura bien quelques individus à défendre ce qui doit être défendu pour que demain soit un peu plus 'civilisé'."
Si je considère les chiffres communiqués par Bruno Thouzellier et indiqués tels quels, les conditions de suivi et d'encadrement des détenus libérés sont effectivement démentes.
Je rapproche cette insuffisance de moyens de ce qui a été exprimé par le lecteur de Libération. C'est l'analyse fine et dépassionnée qui m'a intéressée dans cette réaction.
Philippe, quels que soient les textes, les dispositions, y compris celles des exemples étrangers et les moyens qu’il faut, de toute évidence, multiplier mais qu'il faut aussi organiser, rationaliser, évaluer et contrôler, je pense que les professionnels de la justice qui interviennent dans ce type de dossier ne peuvent pas faire l’économie d’une interrogation et d’une remise en question des chemins qu’empruntent ou que n'empruntent pas certaines décisions de justice.
Miséricordieux d’un côté, lucides de l’autre ?
Et si on parlait également de professionnalisme pour les uns et pour les autres ?
Rédigé par : Véronique | 19 août 2007 à 09:29
«L'esprit de sérieux, pour la justice, est une ardente obligation. Et, en même temps, si j'ose dire, le décor qui lui convient le mieux. Je suis sûr que mes collègues et moi détestons le badinage.»
Je pense comme vous que le contribuable détesterait le ’badinage judiciaire’. Déjà qu’il n’est pas content comme ça !!
Cela ne dispense pas pour autant à mon sens, d'une réflexion tout ce qu'il y a de plus sérieux sur ce que vous avez appelé les « mécanismes intimes bruts » du passage à l'acte.
Je ne sais pas pourquoi mais je pense à l’affaire Althusser. Louis Althusser, acteur important du courant structuraliste avec Michel Foucault dont il a récemment été question ici, courant qui compte comme autres grandes et respectables figures Claude Levi-Strauss et Jacques Lacan, est un philosophe qui a également engagé une relecture systématique de Marx (que plus grand monde ne lit) et permis à Jacques Lacan d'ouvrir son séminaire à l’Ecole Normale Supérieure où il était enseignant. Il a tué sa femme, Hélène Rytmann, dans leur appartement de l'École normale supérieure le 16 novembre 1980.
J'étais au Japon lorsque j’ai appris la nouvelle et j'en ai été profondement troublée.
Ayant participé ultérieurement à un séminaire de l’école doctorale de philosophie de Strasbourg sur Althusser, j'ai pu constater qu'il n'a pas du tout été simple de le mettre en place vu que non seulement une bonne partie des participants doctorants et enseignants n'avaient pas encore résolu pour eux-mêmes comment se positionner par rapport à la question de la responsabilité ainsi que de la folie comme possible risque inhérent à l'exercice de la pensée, mais encore, que l’assez jeune (tout est relatif) responsable de ce séminaire dégageait lui-même lors de la séance inaugurale, une sorte d'angoisse tout à fait perceptible.
Autrement dit pour faire court, nous qui nous apprêtions à lire ensemble le plus sérieusement du monde le texte du ’philosophe fou qui a tué sa femme’, étions-nous tous déjà fous ou allions-nous le devenir, en quelque sorte par mimétisme (Salut Bernard de..!.), ou plus simplement le meurtre invalidait-il ou non la portée du texte?
Enfin, comme penser le rapport de la théorie et de la pratique dès lors que la pratique à laquelle nous ne pouvions pas ne pas être finalement confrontés, c'était tout de même celle d'un enseignant de ce prestigieux établissement d'enseignement ayant étranglé sa femme, purement et simplement «parce que c’était une emmerdeuse».
La Justice l'a déclaré dément au moment des faits en février 1981 en vertu de l'article 64 du code pénal de l'époque.
Malgré tout, étant donné qu'il avait contesté les conclusions de la Justice en demandant à assumer les conséquences de son passage à l'acte et entrepris une autobiographie intitulée «L'Avenir dure longtemps» , la question se posait néanmoins, pas pour la Justice mais pour nous, de la portée à accorder à de telles déclarations. Le projet de cette autobiographie est né d'une ligne de Claude Sarraute (celle-là même qui participe à l'émission de Laurent Ruquier) et qui est celle-ci : « Nous, dans les médias, dès qu'on voit un nom prestigieux mêlé à un procès juteux, Althusser, Thibaut d'Orléans, on en fait tout un plat. La victime ? Elle ne mérite pas trois lignes. La vedette, c'est le coupable. » Cette remarque se voulait un commentaire du succès du livre du Japonais Sagawa Issei, qui racontait comment il avait tué et mangé sa jeune copine hollandaise âgée de 25 ans en 1981 alors qu'il était étudiant en lettres à Paris III. SAGAWA-SAN avait effectué un bref séjour en hôpital psychiatrique en France, puis avait été renvoyé dans son pays en bénéficiant d'un non-lieu. Certains parmi ceux qui fantasment sur son cas colportent une sorte d'histoire belge malgré tout assez significative et qui voudrait qu’il s’y soit installé en face d’une boucherie. De fait les Japonais sont davantage des mangeurs de poisson que des mangeurs de viande et les boucheries sont la plupart du temps installées dans des sortes de marchés couverts et on y vend en principe essentiellement du poulet ainsi que du boeuf en tranches fines comme du papier à cigarettes mais bon...
Avec Sagawa nous revoici avec une histoire de congélateur, ainsi qu'avec un écrivain à succès qui a publié entre autres choses : « J'aimerais être mangé » – août 1993 « Cannibale » – février 1996 « Ceux que j'ai envie de tuer » etc... Un manga avec en couverture ce qui doit être un autoportrait cf: http://ec1.images-amazon.com/images/I/210ET11D9YL._SS500_.jpg puisque ça s'appelle tout bonnement «Manga Sagawa», ou encore « le Jeune A» dont le héros est un jeune de 14 ans convaincu du meurtre d'un écolier de KOBE etc,,, Le cas n'a pas échappé à Maître Vergès qui y est allé de son livre sur l'affaire avec «Malheur aux pauvres» Éditions Plon (2006)
Autant pour ma part j'avais été troublée par le meurtre de l'«emmerdeuse», autant les Japonais de mon entourage firent des gorges chaudes de la consommation de la chair de la jeune Renée en se demandant ce que les Français penseraient désormais des Japonais et s'ils allaient croire que le Japon était vraiment un pays de cannibales.
De fait pour leur part, les Japonais ne sont pas tous persuadés que le romancier n'aurait pas dû être déclaré responsable au lieu de bénéficier d'un non-lieu et au Japon son père a été obligé de démissionner et c'est sa mère qui a fini par être internée tandis qu'il vit lui une vie d'écrivain prospère... Une célébrité du monde du théâtre japonais a écrit un livre sur l'affaire qui a obtenu le prix Akutagawa lequel représente le prix littéraire le plus convoité au Japon, la version française en a été publiée chez Robert Laffont. Dans la série un mal pour un bien, nous avons donc une malheureuse jeune fille de 25 ans qui finit pour partie dans un congélateur, pour partie dans la casserole du cannibale, et pour le reste dans le bois de Boulogne, son meurtrier bénéficie d'un non-lieu en vivant d'une littérature passionnante au vu de laquelle on se demande toutefois si l'affaire française n'était pas une récidive (l'idée m'en est venue à propos de «Le Jeune A»), et un tiers y gagne un prix littéraire...
Pour en revenir à Althusser et à cette philosophie de la praxis qui veut que «la pratique surprenne la philosophie sur ses arrières» et qui dit que «toutes les pratiques sociales sont là dans la philosophie, et la fabrication des souliers et des navires, et l’argent, et le salaire, et la politique et la famille,… » -Conférence de Grenade, 1976, La transformation de la philosophie.- à quoi depuis 1980 nous pouvons donc rajouter «et le meurtre des emmerdeuses», au titre de «l' irruption de la pratique dans la philosophie» qui la conduit à «ne plus produire que des vérités et non plus la Vérité», le philosophe secoué par la remarque de Claude Sarraute décide 5 ans plus tard de s'expliquer sur son geste :
il affirme dans cet ouvrage avoir été responsable de ses actes lors du meurtre. Donc psychiatres experts magistrats collègues philosophes tous des c...??? Plus sérieusement, il y a là une réelle difficulté et sans vouloir revenir sur la question de la responsabilité qui est aussi celle de la responsabilité philosophique laquelle fait encore débat parce qu’il y a là un enjeu véritable pour la réflexion, on peut quand même observer que le non-lieu ne le depossède pas que de son acte mais aussi d’une certaine manière de son oeuvre où l’un des temps forts, qui plus est, est ’la ligne de démarcation’, (alors que dans le cas de Sagawa c’est le contraire, c’est l’acte qui génère l’oeuvre ainsi qu’une certaine forme de pensée), et que la seule façon pour le philosophe de restaurer les choses est de réinscrire l’acte dans la responsabilité et la culpabilité dans le lieu d’être et peut-être, pourquoi pas, le lieu de l’être, je ne sais pas, ça vient comme ça sous la plume, pour, aujourd’hui jour de la Sainte Hélène, dire que, ma foi, ce n’est pas simple et la cure, sous ses diverses formes, n’est pas nécessairement la solution...
Rédigé par : Catherine JACOB | 19 août 2007 à 01:01
Pour paraphraser Talleyrand, "on connaît, dans les grandes cours, un autre moyen de se grandir : c'est de se courber... sur un vélo."
Quant à la "première application de la loi sur la récidive", elle a été constatée à Lisieux le 12 puis, à Nice le 13.
Dans cette seconde ville, les prévenus présentaient des bulletins numéro un de casier judiciaire éloquents et encouraient quatorze années d'emprisonnement qui, nonobstant la loi du 10 août, leur auraient assurément valu la peine prononcée.
Pour ce qui est de Francis Evrard, sans évoquer avec vous la "miséricorde" de certains -la bible nous enseigne que celui qui croit au seigneur aime la miséricorde - son itinéraire criminel soulève effectivement la question des nombreux malades mentaux condamnés puis incarcérés dans nos établissements pénitentiaires.
La nouvelle récidive dont l'intéressé vient d'être l'auteur démontre que la réclusion, doublée dans son cas d'une période de sûreté, n'est pas une réponse efficace et qu'il convient, en effet, d'envisager un "enfermement" autre voire, comme le suggère @Bernard de..., "la castration chimique" utilisée en Allemagne, Suède et au Danemark.
Je n'ignore pas que pour Roland Coutanceau psychiatre expert déjà évoquée par Véronique, la pédophilie est une pathologie de la relation humaine qui ne saurait se régler grâce à une pilule "anti-récidive".
Pour autant, la situation actuelle, illustrée par ce dramatique fait divers, appelle indiscutablement réforme et nécessite que la sanction pénale ne soit plus, une fois prononcée et purgée, la seule réponse susceptible d'être apportée aux passages à l'acte de criminels sexuels révélant plus une pathologie qu'une volonté de transgresser la loi, aussi sévère et certaine soit cette dernière.
Le devoir de l'Etat est assurément de "débarrasser" la société de ses malades mentaux dangereux mais aussi, si possible, de "débarrasser" ces individus de leurs pathologies criminogènes.
Rédigé par : Parayre | 19 août 2007 à 00:43
Peut-être que ce fait divers arrive fort à propos et qu'il relancera le problème des moyens médicojudiciaires ?
En dehors de la question : que faire des individus dangereux, multirécidivistes libérables ?
Le bracelet électronique est-il une solution ; le traitement chimique n'étant pas la panacée ?
Pour les adeptes de Henry Rousso :
"...
CT : Est-ce que vous auriez des exemples de tabous « créés » par des groupes ou des associations pour des raisons politiques ou sociales plus que pour des raisons historiques ?
HR : C’est le cas du procès intenté à la SNCF par une association qui lui réclame des dommages pour le rôle qu’elle a pu jouer dans la déportation des Juifs sous l’Occupation. Le tabou a servi pour dire que cette histoire avait été cachée par la SNCF, qui a voulu taire son rôle, or la SNCF d’aujourd’hui s’est adressée à des historiens et a demandé des documents à des experts, car elle ne sait rien de sa responsabilité. Et ces documents vont servir aux associations pour déposer plainte. L’utilisation du mot tabou est totalement absurde....
CT : Est-ce que pour vous aujourd’hui il resterait un tabou dans l’histoire de France ?
HR : Nous sommes dans une société qui réclame de la transparence. Sur l’histoire, on commence à demander une transparence absolue à laquelle les historiens ne peuvent pas répondre. L’histoire est un choix, c’est comme la mémoire : c’est un choix assumé, conscient, fait par l’historien. Le rapport à l’histoire, ce n’est pas seulement la transparence, le bruit qu’on remet en mémoire, c’est aussi le silence des morts. C’est quelque chose qu’on oublie complètement, à force de vouloir réparer, construire des victimes etc...."
Je n'ai pas encore eu l'occasion d'écouter les enregistrements vidéos sur le site suivant, vous aurez donc la suite de son interview :
http://www.arte.tv/fr/histoire-societe/histoire/
Tabous-de-l-histoire/France/1420522.html
- Un entretien vidéo dans son intégralité.
- Un entretien en 4 parties :
1) la notion de tabou
2) Le travail de l'historien en général et l'expérience d'Henry Rousso en particulier
3)Problématique de la notion de tabou
4) "Tourner la page"
@ Monsieur Patoulatchi,
"Toutefois, d'ici 200 ans, j'espère très franchement que le génocide nazi sera perdu de vue..."
Pour l'instant c'est mal parti.
Rostock résiste à l'ouverture d'un magasin néo-nazi. Les habitants s'y opposent et crient à la provocation.
Torben a déjà un lourd passé de militant néo-nazi. L'homme à la bosse du commerce et à la croix gammée, s'est lancé dans la création d'une chaîne de magasins de vêtements néo-nazis éparpillés un peu partout dans des villes du land de Mecklembourg-Poméranie. L'emblème guerrier d'ECC: un glaive et un marteau cerclés de flammes.
"il existe chez les jeunes de l'ex-RDA une énorme demande de vêtements agrémentés de symboles néo-nazis". Le marché émergeant néo-nazi existe.
Sweat-shirts barrés d'une phrase clamant sa haine de quelque chose: des droits de l'Homme ou bien des noirs, ou bien des homos, etc."
Maintenant il faudra faire attention, porter certains numéros deviendra suspect : comme le 18 par exemple. 1 pour A et 8 pour H !
système destiné à échapper à la loi interdisant l'apologie du nazisme...
http://rue89.com/2007/08/15/rostock-resiste-a-
louverture-dun-magasin-neo-nazi
L'Histoire n'est qu'un éternel recommencement.
Rédigé par : Marie | 18 août 2007 à 23:27
Je ne m'étendrai pas outre mesure sur le sujet de la pédophilie, histoire de ne pas retourner patauger en circonvolution dans ce marécage. Je ne comprends que partiellement la perversité d'un esprit malade et il me maquera toujours le décodeur exact de sa maladie dans laquelle je me garderais bien d'entrer. Déjà comment quelqu'un atteint de cette déviation ne se suicide pas, c'est ce que je ferais à sa place !
Outreau est connu également pour l'affaire des frères Jourdain, eux aussi récidivistes qui sont allés au bout de leur folie puisqu'une des victimes fut même enterrée vivante !
Il y a les bracelets électroniques, les traitements chimiques, des soins psychothérapiques pour maîtriser les pulsions.
Ne pourrait-il pas y avoir en plus de half way houses où les pervers sexuels seraient sous contrôle dans le cas d'une libération conditionnelle ?
Je sais que ce n'est pas le sommum de la notion de liberté telle que je la revendique, mais il s'agit tout de même de cas exceptionnels où la guérison est bien aléatoire et apparemment peu accessible, à entendre les affaires de récidivistes et il y a de nouvelles victimes à éviter surtout et avant tout, la société fait ce qu'elle peut avec ses impuissances, du moins le devrait-elle !
Ce qui me semble évident, c'est qu'il ne faut pas engendrer d'actes sadiques à des sadiques comme justes représailles, mais conserver son intégrité morale et les isoler.
Dati en bicyclette ne me choque pas, on a bien vu Giscard jouer de l'accordéon avec le peuple, ceci a dû nous vacciner du ridicule. Par contre cette proximité d'avant et d'après la nomination injustifiée de cette dernière à la Chancellerie me navre !
Rédigé par : Ludo Lefebvre | 18 août 2007 à 22:36
Les satyres et autres pédophiles obéissent à des pulsions, pulsions que la médecine semble pouvoir annihiler chimiquement d'après ce que relate la presse. Avec ce genre d'indivdus il faudrait leurs mettre le marché en main, soit ils acceptent la castration chimique, même si elle est irréversible et le traitement fini ils sont libérables sous surveillance, soit ils refusent et ils restent en prison sans autres alternatives.
Je ne pense pas que mon point de vue soit réactionnaire, tous les psy nous diront qu'une libido normale a déjà des comportements parfois bizarres, alors une libido tourmentée doit être capable des pires méfaits imprévisibles. D'où aussi mon interrogation sur Evrard, la justice n'a certainement pas du décider seule de sa libération, je pense qu'elle a du demander l'avis d'experts psychiatres avant de se prononcer.
Rédigé par : Bernard de ... | 18 août 2007 à 19:17
Monsieur Sarkozy a révélé au journal Le Monde, en personne, que la villa de ses vacances "a été louée par ses amis, les Cromback et les Agostinelli". Ceux-ci l'invitèrent avec sa famille à y séjourner.
Agnès Cromback est la présidente du joaillier Tiffany-France, et Mathilde Agostinelli est responsable de la communication de Prada-France et une amie proche de Cécilia Sarkozy, l'épouse du président.
Elle est également la belle-sœur du porte-parole adjoint de l’Elysée, Pierre-Jérôme Hénin, toujours selon Le Monde.
Son mari, Roberto Agostinelli est un ancien banquier d'affaires ayant notamment travaillé pour la banque Lazard.
Parmi les convives de ces deux couples se trouvait également la Garde des Sceaux, Rachida Dati.
Les Agostinelli vivent entre Paris et New York. Ils étaient présents lors de la fête donnée au restaurant Le Fouquet's par le couple Sarkozy, le soir de l'élection présidentielle, puis lors d'un week-end au fort de Brégançon, résidence réservée aux chefs d'Etat français.
Ce sont eux qui ont eu l'idée de louer la maison à Wolfeboro, dans cette petite station d'une élégance très "bostonienne", paraît-il.
Elle est visible en vidéo sur le site de 20 minutes pour "les fans à tics".
Materazzi vient de passer aux aveux, il a bien insulté la famille de Zidane... ??? Il avoue, aujourd'hui, car il est plus "mûr" !!!
Rédigé par : Marie | 18 août 2007 à 18:42
Une commission d'experts a autorisé la sortie d'un multirécidiviste, qui vient de récidiver comme chacun sait, malheureusement.
Comment s'opposer à cette libération puisque Francis E. aurait écopé de 27 ans de réclusion criminelle en 1989, dont deux tiers avec sûreté, pour viol sur mineur de 15 ans. Sa remise de peine lui fut refusée. Celle-ci fut donc effectuée entièrement au moment de sa mise en liberté.
Il aurait été condamné une première fois en 1975 à 15 ans de réclusion criminelle pour attentats à la pudeur sur mineurs. Pour les mêmes faits, en 1985, sa peine n’aurait été que de 4 ans !!!
Pourquoi, au passage ??
Le système actuel, l'obligeait à prévenir la justice de tous ses déplacements en dehors de sa région et lui interdisait tout contact avec des mineurs. Le régime de la surveillance judiciaire prévoyait aussi une obligation de soins, un suivi médico-psychologique et un traitement hormonal.
Il s’en est dispensé puisque leur mise en oeuvre n'allait commencer que le 24 août, date à laquelle Francis Evrard avait rendez-vous avec un juge d'application des peines. Est-ce normal ?
Est-il naturel, lorsqu’il y a 3 condamnations effectives, qu’il faille l’autorisation de l’individu pour un suivi médical dans un centre de consultation spécifique ???
Comment un individu aussi dangereux n'a t-il pas fait l'objet d'une surveillance plus accrue, lui permettant ainsi de quitter une région pour une autre, en toute tranquillité afin de perpétrer ses basses œuvres.
Je suppose qu’il faut légiférer de nouveau ? Attention à la Cour Européenne, s’il y avait une peine indéterminée !!
Par ailleurs, face à un récidiviste, qui ne sait pas se maîtriser, qui ne contrôle pas ses pulsions, est-il NORMAL qu’un MEDECIN GENERALISTE, informé de ses penchants pédophiles, lui PRESCRIVE du VIAGRA à sa sortie de prison ???
http://www.lefigaro.fr/france/20070818.WWW000000099_le_
ravisseur_d_enis_se_serait_fait_prescrire_du_viagra.html
Il y a quelques années, dans une émission qui s’intitulait « les dossiers de l’écran », un spécialiste du Canada avait été invité à participer à une émission sur la pédophilie.
Ce médecin était catégorique et affirmait que ces individus étaient "irrécupérables".
A cette même époque en Allemagne, la castration avait été essayée sur un prisonnier, mais… dommage, (peut-être) ! il est mort.
Emmanuelle Caule. (Psychologue clinicienne de l’unité médico-psychologique pour adolescents et jeunes adultes (UMPAJA) du CHU de Bordeaux)
« Mon avis personnel, et il est partagé par beaucoup, c’est que la pédophilie ne se soigne pas et ne se guérit pas. C’est une orientation du délire qui engage toute l’histoire du sujet. Un pédophile en psychothérapie, cela ne sert à rien, le risque de récidive est tout le temps présent. La castration chimique ne sert à rien non plus, car la pulsion demeure et ils font avec ce qu’il leur reste, mains, objets divers. Pour empêcher la récidive, on est dans des mesures de l’ordre de la mise sous surveillance, de l’enfermement. Au Canada, il y a un contrôle social important, ils n’ont pas le droit d’aller dans les jardins publics car il faut rendre leur rencontre avec un enfant le moins probable possible. »
http://www.humanite.fr/2002-01-26_Societe_-Pedophilie
-Une-campagne-d-information-et-de-prevention-sur-les
Entretien avec le Professeur Berner, sexologue et Directeur de l’Institut spécialisé en psychiatrie carcérale à Hambourg.
Il existe d'innombrables typologies de pédophilie, dont ressortent trois grands types.
http://www.carnetdeliens-abussexuels.net/
article-6960457.html
A Berlin un projet unique au monde est mené à l'hôpital La Charité de Berlin: soigner des pédophiles avant qu'ils ne passent à l'acte, par un long travail de psychologie basé sur la maîtrise de leurs pulsions.
http://www.carnetdeliens-abussexuels.net/
article-6960478.html
Les pédophiles auraient leur logo :
http://www.carnetdeliens-abussexuels.net/
article-6960461.html
Qui sont-ils ?
http://www.carnetdeliens-abussexuels.net/
article-6960284.html
Je signale, pour ceux qui l’ignore qu’il y a la journée mondiale de la pédophilie sur internet. C’est la Présidente d’une association Suisse de défense des droits de l’enfant qui l’indiqua, il y a environ deux ans maintenant.
La liberté d’expression est telle, paraît-il, qu’on ne puisse l’interdire ???
Rédigé par : Marie | 18 août 2007 à 17:56