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Comment parler vrai ?

Depuis longtemps, je suis passionné par la parole, l'intensité qu'elle crée et les dégâts qu'elle peut causer. Surtout, me frappe l'infinie complexité du langage qui, parfois, creuse son chemin en nous presque de manière autonome en nous laissant craindre le pire, par les mots jetés à la face du silence, ou le meilleur quand miraculeusement ils viennent se poser comme il convient sur les choses.

Pour les êtres, il me semble que les échanges doivent d'abord et de plus en plus se conquérir de haute lutte. Qui n'a pas remarqué, en effet, qu'à l'art de la conversation s'est substituée, la plupart du temps, la dictature de l'exposé, comme si on n'avait qu'une crainte : un dialogue authentique qui nous obligerait à écouter puis à répliquer, à nous fondre dans un mouvement oral dont nous ne serions pas les seuls maîtres. C'est cette inaptitude, cette infirmité délibérée qui conduit tant de moments, du plaisir qu'ils pourraient susciter vers l'ennui qu'ils distillent car il est clair que tout esprit bien constitué a horreur de ne faire qu'écouter et de s'entendre interminablement ressasser ce qu'il sait déjà. La conséquence en est que des haltes susceptibles d'offrir une convivialité stimulante et voluptueuse, comme des dîners réussis par exemple, sont de plus en plus obérées par d'assommants monologues qui n'ont pas d'autre ambition, par leur durée, que d'interdire la parole de l'autre. J'ose dire que cette dérive est devenue un trait de civilisation et le signe que l'humanisme élémentaire, qu'abrite la véritable politesse, s'éloigne avec elle dans le pays des nostalgies et des regrets.

Je ne désire pas seulement évoquer cette régression mais m'interroger, au sujet de la parole, sur les rapports de la liberté et de la vérité. En effet, à force d'entendre vanter le parler vrai, je me suis demandé si on ne confondait pas l'esprit libre avec la pensée vraie.

Pour être franc, l'actualité de ces derniers jours m'a incité à me questionner de même, d'ailleurs, que certains agacements périphériques m'ont stimulé. Le hasard, en effet, a fait que je suis "tombé" sur un obscur site en Grande-Bretagne où du fiel était déversé à mon encontre et où on prêtait à Me Szpiner, qui en serait bien capable, un propos me taxant d'une exclusive admiration pour moi-même. Je risque d'être trop long si je prétends répondre à cette allégation car, et sur lui et sur moi, il y aurait beaucoup à répliquer. N'empêche que cette alliance de l'essentiel et du dérisoire me force à souligner que quelques-uns, dont je suis, ont peut-être abusivement bénéficié d'un compliment sur leur parler vrai, alors qu'ils s'efforçaient d'abord d'avoir un parler libre.

La liberté de la parole impose, sûrement, une double exigence.

Celle de n'avoir pas peur d'aller, grâce aux mots, sous la surface, de ne pas se contenter des idées à portée de soi, posées là comme des animaux familiers, mais de s'aventurer, le plus honnêtement possible, dans un maquis complexe où des défis sont à relever et des prudences à écarter. Car il n'est pas concevable, dans une liberté d'expression qui se veut pleine et entière, de ne pas mettre en cause le couple indissociable que constitue la personnalité intellectuelle et les pensées que l'on conteste. Il y a forcément un combat noblement personnel dans le propos libre qui ne saurait se réfugier, grâce à l'abstraction, dans le confort du dit non-dit.

La seconde exigence nécessite, à mon sens, le refus de la clandestinité, l'assomption de la publicité à visage et esprit découverts.  Exprimer en catimini tout ce que l'on pense d'un être, d'une théorie, d'une politique me semble une contradiction dans les termes. Il y a, dans la liberté,  l'obligation  d'affirmer en face, de  proférer en pleine lumière. Sinon,  c'est du ragot, de la rumeur, du venin ou au mieux de la liberté dévoyée puisqu'elle ne risque rien.

Venons-en à la dénonciation de la confusion à laquelle j'ai fait allusion. Dans le monde politique comme dans les autres sphères de la vie sociale et intellectuelle, les rares qui fuient le conformisme, qui secouent, agitent et stimulent leurs auditeurs, se voient généralement crédités d'un rapport privilégié avec la vérité. Je le souligne d'autant plus volontiers que sans le vouloir j'ai moi-même longtemps fait se téléscoper ma passion d'aller au fond des choses quoi qu'il en coûte et la certitude de la vérité. Or, la première ne coïncide pas avec la seconde. Donc, lorsqu'on évoque par une commodité de langage le parler vrai, il conviendrait plutôt de le qualifier de parler libre.

Tout de même, on peut comprendre cette assimilation, dans l'expression, entre la liberté et la vérité. Pour atteindre le vrai, la liberté doit se contraindre à ne pas s'enivrer d'elle-même, à percevoir qu'elle n'est qu'une étape fondamentale vers le but ultime qui est d'apposer sur le réel une définition vraie.

J'entends bien qu'on pourrait me rétorquer l'argument trop exploité de l'inévitable relativisme. Le doute, la modestie, l'incertitude, le questionnement n'empêchent pas, quand on le peut, d'identifier des repères solides, des socles essentiels, des données fiables, bref de la vérité au milieu de l'écume des choses et de l'ambiguïté des êtres.

Cette confusion constante entre la parole libre et la parole vraie manifeste à quel point notre monde est devenu frileux. Il s'émerveille tellement, ou s'étonne, d'audaces si peu fréquentes qu'il les surestime et prend pour des héros de la vérité ceux qui ne sont - et c'est déjà beaucoup - que des adeptes de la liberté.

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Voici les sites qui parlent de Comment parler vrai ? :

Commentaires

Ah ! que vous me faites plaisir en écrivant :
« La seconde exigence nécessite, à mon sens, le refus de la clandestinité, l'assomption de la publicité à visage et esprit découverts. Exprimer en catimini tout ce que l'on pense d'un être, d'une théorie, d'une politique me semble une contradiction dans les termes. Il y a, dans la liberté, l'obligation d'affirmer en face, de proférer en pleine lumière. Sinon, c'est du ragot, de la rumeur, du venin ou au mieux de la liberté dévoyée puisqu'elle ne risque rien. »

Je vais griffer l’un de vos liens favoris « Eolas ».
J’ai écrit ceci en février 2007 sous le titre "L' anonymat des "pseudo" est une forme de lâcheté*".
Lettre ouverte à un confrère
Je n'aime pas l'anonymat.
Je l'ai dit récemment à un blogueur prolifique voire prolixe (Eolas pour le nommer), au surplus confrère qui se cache sous un "pseudo".

C'est son droit. C'est le mien de ne point apprécier... et de le lui écrire publiquement !
Pourquoi se cacher ?
On peut trouver mille bonnes excuses du genre " je ne veux pas me faire de pub".
Trop facile comme réponse.

L'anonymat permet d'écrire de façon "libre" sans ne prendre aucun risque.
C'est là que son bât (nonymat) blesse.
Cependant, il n' y a pas de vraie liberté sans risque.
Risque d'être reconnu.
Risque d'être nommément critiqué.
Risque de savoir ce que vous pensez.
Risque d'être pris "pour soi-même".

Ecrire une bêtise, sans dire qui vous êtes, cela n'engage que la bêtise.
Ecrire une bêtise en disant qui vous êtes, cela vous engage vous et votre bêtise
Tenez, regardez-moi, en ce moment !

L'anonymat c'est le masque. L'anonymat c'est carnaval.

Mais tout carnaval a une fin.
Bas le masque !
Un jour il faut... enfin... avoir le "courage" de dire qui l'on est.

Dans le noir, on n'a que le négatif, la lumière vous révèle tel que vous êtes. Eolas est certainement le plus beau ! J'ai horreur des "pseudo".
J'aime, par exemple, "Justice au singulier".
Que je partage ou non les idées de Ph. BILGER, je sais, en revanche, qui est mon interlocuteur, et j'aime dia(b)loguer avec lui, à écriture découverte, comme pour le visage (sans masque).
Je n'aime pas "l’anonymat" d’Eolas.
Il écrit des choses intéressantes, d'autres discutables aussi.
Pour lui répondre, je voudrais d'abord savoir qui il est. Mais somme toute, je n'ai qu'à m'abstenir de le lire... et donc de lui répondre.
Cependant il me plaisait de lui écrire ce billet en forme de "lettre ouverte" pour lui dire que sous de mauvais prétextes, il avait choisi de cacher son identité.
Je respecte l'homme, je critique son anonymat.
Plaide-t-il avec un masque ?
Je sais, cependant (presque) qui il est. Je "brûle".

Quand cela me plaira, je le dirai. Maître-chanteur en plus !
Mais pour l'heure, je lui laisse encore son masque de carnaval. C'est presque de saison !
M'en voudrez-vous, Eolas, de vous écrire à nouveau, pour finir, que votre anonymat recèle une forme de «lâcheté*»-voir note infra-?

Quand je vous l'ai écrit une première fois, cela n’a pas eu l’heur de vous plaire.

Je sais, c'est un peu dur à lire, mais vous êtes habitué à entendre de vilains mais confraternels propos ! A la barre, on se dit tant de choses dans l’adversité, tout en se respectant !

Vous m’avez même, aimablement, répondu que vous n'étiez "pas absolument certain que [je sois] en position de [vous] donner des leçons là-dessus".

Je n’entends vous donner aucune leçon ni "là-dessus" ni là-dessous... mais précisément pour savoir dans quelle position nous nous trouvons mutuellement, agissons à visage découvert.

Vous voyez, Eolas, mon honorable confrère, vous apportez vous-même la preuve de la faiblesse de votre argumentaire sur "l'anonymat".

Car, vous, vous tirez unilatéralement avantage de votre anonymat. J'ai une autre conception du dialogue.

Ainsi, vous, vous savez que je suis " lâche " et "que je n’ai pas de leçon à vous donner", car je signe mes notes (sans pour autant me faire des clients !) et vous savez ainsi qui je suis.

Vous, vous pouvez m’écrire que j’ai des leçons à prendre. Je l’accepte volontiers.

Mais vous, dites-moi, dites-nous... qui vous êtes. Nous verrons alors si nous ne devons pas prendre ensemble quelques cours particuliers de « courage ».

Sinon, si vous continuez à respecter le secret de votre identité, je vous propose un autre « pseudo » qui conviendrait peut-être mieux...«Eolâche» par exemple.

A moins que vous ne préfériez "Eh! oh! Lâche-toi" !

Souriez Eolas, personne ne sait qui vous êtes !
J.W, avocat. Février 2007.
Eolas est toujours dans l’anonymat… et ne risque rien, même s'il parle souvent vrai. Ce serait encore plus un parler "vrai" s'il se risquait à nous dire qui il est.

Si les points de suspension pouvaient parler, ils pourraient en dire des choses et des choses !

Très respectueusement, Monsieur l'Avocat Général, si vous parlez vrai, avez-vous subi des pressions pour admettre votre prétendue "maladresse d'expression" ? Si oui, lesquelles ?
Merci


Concernant « le refus de la clandestinité, l'assomption de la publicité à visage et esprit découverts », que dire sinon que dans certains contextes, lorsqu'on sait qu'il ne suffit pas d'avoir raison et d'être raisonnable pour être irréprochable, une telle exigence confinerait au silence celui qui ne veut pas se contenter de signaler mais qui veut, aussi, agir ?

Dans certaines positions, il est impossible de parler en son nom. Ce n'est pas une question de courage mais de productivité. Que gagne-t-on en parlant en son nom si c'est pour, illico, être teint en mouton noir, mis au ban, ostracisé ? Cela n'apporte pas plus de crédit à ce que l'on rapporte, cela ne fait que fermer des portes. In fine, dans ce cas, la parole n'est que facteur de régression, du moins à court terme.

Peut-être y a t-il « dans la liberté, l'obligation d'affirmer en face, de proférer en pleine lumière ». Mais lorsqu'on ne dispose tout simplement pas d'une telle liberté, doit-on se confiner au silence ? Qu'est-ce que cela change à ce que l'on dit, à sa véracité ? On peut l'argument d'autorité et on se doit de le remplacer par des arguments précis. Je ne crois pas qu'il s'agisse d'un mal.

C'est un exercice passionnant que celui d'avoir une pensée libre. Il y a des égarements temporaires, des découvertes inattendues, de l'apprentissage, de la stimulation, des conflits désagréables...

Pour l'émission de la vérité, la subjectivité est omniprésente lorsqu'elle sort du cadre scientifique, de la démonstration mathématique. Certains philosophes sont d'ailleurs plus en mon sens cerveau gauche, mathématicien que penseur tel que je le conçois (Descartes, Spinoza...).
Je pense que c'est d'abord l'émotion, la part affective qui prend possession de nous, puis dessus nous brodons notre rhétorique, notre sémantique.
Je vais prendre pour exemple un fait d'actualité : la tension israélo-palestinienne dans le débat français puisqu'il ne se résume plus hélas qu'en cela.
C'est le sentiment qui est le point de départ.
Finkielkraut milite pour son appartenance au point de lui donner toujours raison, d'être obsédé par elle (invité à la regretté émission "Culture et dépendance" sur le racisme antiblanc, il ne parlera que d'antisémitisme quand ses détracteurs ne parleront que de racisme antinoir et antiarabe) et il se heurte à celui de Ramadan, Bouteldja, Todd, Morin, Taubira... Nous voyons ici de façon caricaturale en ayant choisi des acteurs caricaturaux à quel point c'est l'affect qui construit la raison ou la déraison.
Je suis à mon tour, je le constate depuis peu, un communautariste puisque je me refuse à prendre parti pour l'acte américano-sioniste ou l'islam n'étant attaché à aucune de ces deux valeurs qui se confrontent en prenant en otage la majorité silencieuse, car culpabilisée.
Ceci pourrait passer pour du discernement, cependant ce sont mes sentiments amoureux envers la France, sa culture, son mode de vie, la croyance en une domination de l'Europe des nations qui ne tiendrait plus son rôle de vassal qui me gouvernent, non une parfaite objectivité, la seule recherche de la vérité.
Je connais des sommités dans les deux camps que je côtoie via le net avec plaisir, eux ont choisi, forts de nombreux arguments. De mon côté, je ne lâche pas : la France avant tout.
Il faudra pourtant choisir bientôt sa chapelle entre atlantisme et orient même sans le désir d'être un idiot utile et c'est là que toute la complexité va se révéler, dans une France qui semble encline à laisser ses dirigeants la faire disparaître.
Prendre appui sur le tout commerce ou la superstition du XIII ème siècle n'est pas la panacée idéologique lorsque l'on rêve d'Arcole, je continue de penser qu'il y a une troisième voie, celle d'apprendre à nouveau à penser à nous et avec amour.

Superbe texte Philippe que je me suis, après l'avoir lu et relu, empressé de diffuser auprès des miens et qui m'incline, pardon à ceux qui éventuellement me liront eux aussi, à tenter, à mon modeste niveau, de faire appel à mes humanités préférées.

La "vérité" est polyphonique et la "liberté" ne peut être ni pure indépendance, ni spontanéité aveugle et l’alliance de l’une avec l’autre est d’autant plus précieuse qu’elle est fragile et exposée à moultes contradictions.


Si l'on se risque vers nos propres consciences, ce lieu intime où n’existe finalement qu’une seule forme de liberté, celle qui fait droit à la vie de l’esprit et qui ne s'incline que devant la vérité, on constate que cette même liberté est courage de la conscience, responsabilité de l’intelligence et... force d’aimer.


Son contraire n’est pas tant la soumission que la lâcheté. Nous l’avons entrevu en un Sakharov, mais aussi en un Gandhi ou un Martin Luther King.

Sa source est en deçà du savoir scientifique et du pouvoir politique, dans la vérité de la personne elle-même qui, devant l’obstacle, voit juste et fait face, fût-ce au prix de son confort ou même de sa vie.


Cette vérité de la personne résiste au positivisme tant elle est objet, non de démonstration ou de preuve expérimentale, mais d’attestation. Elle résiste au pragmatisme, car elle se révèle irréductible à notre pouvoir de faire et de produire, mais elle suscite et sollicite ce que j’aimerais appeler notre pouvoir d’être.

Enfin, au lieu de conforter le relativisme, elle présente l’originalité d’être à la fois totalement personnelle et capable de nous hausser vers l’universel : en ces hommes témoins de vérité, chacun peut, en effet, se reconnaître...

Mais cette vérité de la personne enveloppe elle aussi ses propres paradoxes : l’épreuve du choix d’abord, cette étrange mortification de la "liberté" qui, pour devenir réelle, effective, doit se fermer tous les possibles sauf un, consentir à se limiter à un « ceci » alors que notre élan nous porte toujours au delà…


Vérité du réel et de ses contraintes. Puis l’épreuve de l'obéissance à cet impératif de la conscience qui vient heurter en nous la spontanéité du désir, nous déloger de notre individualisme, accuser nos compromissions, nous assigner une tâche à remplir avec et pour les autres.


Vérité, en somme, du juste et du bien, irréductible à nos préférences individuelles...


Enfin, la double épreuve de la responsabilité, qui nous lie aux conséquences de nos actes, et de la fidélité, qui nous lie aussi aux engagements déjà pris et nous interdit de confondre la vérité avec nos sincérités successives et changeantes.


Vérité de notre être dans le temps et devant autrui...

Mais, ces paradoxes ne sont pas des contradictions mortelles puisque c’est au contraire lorsque nous voulons respecter la vérité de nos choix, de nos responsabilités, de nos fidélités, que nous nous découvrons le plus profondément libres et heureux de l’être.


Alors la loi n’est plus une sorte de contrainte susceptible de nous conduire à la rébellion mais, la charte d’une alliance.

Si choisir c’est exclure, choisir c’est aussi réaliser et se réaliser. Au lieu de rêver d’être ce que nous ne sommes pas, ou de nous heurter aux limites de ce que nous sommes, nous avons à oeuvrer dans ces limites pour devenir ce que nous sommes appelés à être.


Nous découvrons ainsi que le temps, en nous liant aux choix déjà faits et à leurs conséquences, nous permet de construire la cohérence de notre propre histoire, de faire alliance avec autrui dans une temporalité commune et sensée, d’apprendre à... aimer.


Nous sommes une liberté solitaire en état d’apesanteur éthique. Nous sommes « de », « pour » et « avec ».


Ces trois termes définissent la vérité de l’être personnel dans sa relation aux autres, et seule cette vérité est, en dernière analyse, libératrice.

« Dire : me voici. Faire quelque chose pour un autre. Etre esprit c’est cela » a écrit magnifiquement Levinas.


Arf arf, liberté de parole ? Verité ? Ben allons y, que pensent les Français de vous ?

Bonne lecture à la caste des intouchables ; )

"Quand la magistrature est complice de tellement de crimes et délits dans ce pays sans avoir nullement à s'expliquer devant les politiciens ou les citoyens, je comprends qu'elle soit sur la défensive."

"La magistrature de gauche a cru qu'en participant à sa manière à l'insécurité et en refusant toute responsabilité de ses actes (comme tout ce qui est de gauche d'ailleurs (fonctionnaires, enseignants...)), elle pourrait réclamer toujours plus de milliards."

"Aujourd'hui les mentalités ont changé puisque les citoyens souhaitent que les magistrats puissent être jugés par des jurys citoyens et non plus autour d'un buffet."

"Allez lire le rapport de la Cour des Comptes sur le temps de travail dans la magistrature ! Ces courageux magistrats refusent de répondre aux enquèteurs sur le temps de travail et les congés spéciaux. Idem pour le cumul de rémunérations au CSM."

"Ils sont vraiment indépendants ( et inamovibles ) les collègues de M.Bilger. Il suffit de lire les rapports de la Cour des Comptes disponibles sur internet pour s'en convaincre. Les dépendants de la fonction publique de base sont obligés de répondre ou de se démettre ! "

"La pantomime habituelle sur l'indépendance de la justice au seul profit de quelques protégés est indigne."

"La mayonnaise Bilger c'est le café-théatre des nostalgiques des temps perdus avant 1789."


"Justice - corporatisme
Les justiciables Français sont aujourd'hui exapérés de certains syndicats de la magistrature qui donnent une image d'une justice corporatiste.Les magistrats rendent la justice au nom du Peuple français ! Dont les élus de la nation édictent les lois et votent celles-ci en fonction de notre Constitution. Et cela est valable pour ceux qui doivent appliquer le code pénal ! Juges, procureurs, etc... soumis à une obligation de réserve comme certains fonctionnaires de la fonction publique. J'ai toujours entendu dire qu'après un verdict, on ne doit pas contester une décision de justice prise au nom du Peuple français ! Aujourd'hui l'indépendance de celle-ci à l'égard de tout pouvoir politique ou... syndical est une bonne chose mais les magistrats et le parquet ne doivent contester en aucune manière publiquement les dites lois édictées par les élus au sufrage universel, ce qui n'est pas le cas de certains magistrats !!! Ils sont là pour appliquer la loi, rien que la loi ! "

"Mise au point
Sarkozy paraît-il n'aime pas la magistrature. Mais la magistrature aime-t-elle Sarkozy ? Le tout-puissant SM n'est-il pas de gauche ?
Quant aux compétences, certains feraient mieux d'être plus discrets. N'a-t-on pas vu des innocents condamnés, humiliés par un petit juge tout puissant ? Donc un peu de retenue, s'il vous plaît !"

"Quand M.Bilger dit : "notre administration capitale pour la démocratie", il fait 2 erreurs : il n' y a d'administration sans ministre de tutelle ; contrairement à ses dires, cette administration est capitale si elle remplit son travail sans y mettre ses options personnelles".

le 21.09 à 16h06
CHARLES MORALITE
"Que vous soyez magistrats, procureurs, juges, policiers, politiques, chef d'Etat, commencez par fermer vos g... et faites consciencieusement votre travail comme le commun des Français"

Je ne sais pas si je suis hors sujet, mais je suis frappé par le désir affirmé et loué de "briser les tabous" qui va avec le parler vrai.

Ayant quelques références pacifiques, il me semble que ce désir fracassant, ce passage à l'acte verbal, ce casse-tête-de-l'autre, ne présage rien de bon.

Quand il vient de tout en haut, c'est encore plus inquiétant.

Deux superbes billets. Merci Messieurs Bilger et Parayre. A lire et relire et diffuser autour de soi.
Pourquoi, mais tout simplement parce qu'il se dégage une authenticité allègre et vivifiante à cette double lecture, avec des mots qui portent tout droit au coeur et au partage avec les autres.

NB : le billet de M. WEDRY m'incommode fortement, parce que les billets de EOLAS ciselés au fil de sa propre personnalité et de ses engagements, sont devenus incontournables.
Peu importe son état-civil, nous savons qu'EOLAS existe bel et bien et qu'il revêt la robe d'avocat avec exigence et humanité.

Parayre
Belle tirade mais...

« Dire : me voici. Faire quelque chose pour un autre. Etre esprit humain c’est cela »
Se déclarer 'prêt à faire quelque chose', 'prêt à s'investir pour', que ce faire soit en effet possible ou ne le soit pas , c'est comme, au mépris du gardien, tendre une écuelle d'eau au bagnard de la chiourme qui, enchaînée, passe...
Mais c'est aussi répondre présent à qui sollicite : «Qui veut m'aider ? » et c'est encore ne pas se sentir offensé quand cet appel à une disponibilité bénévole répliquera : « Pas toi ! Ton oeil torve et ta sueur m'indisposent, je ne te connais pas mais je sais ! Je sais que ce n'est pas m'aider que tu veux, c'est me voler, c'est me violer, c'est profiter de l'opportunité que je t'offre pour, sous couleur d'agir bien, faire le mal . Vade retro!» «Quelqu'un d'autre veut-il m'aider ? Quelqu'un de bien, au portefeuille bien garni, qui n'ira pas les pieds nus par les chemins de la vie, quelqu'un que je ne connais pas mais qui, je le sais, ne répondra pas à mon appel pour se servir dans la caisse derrière mon dos, quelqu'un comme mouââ... quouââ!! » Car, «Visage et discours sont liés. Le visage parle. Il parle, en ceci que c'est lui qui rend possible et commence tout discours. »Ethique et infini, p. 92-93 «Il est difficile de se taire en présence de quelqu'un ; cette difficulté a son fondement ultime dans cette signification propre du dire, quel que soit le dit. Il faut parler de quelque chose, de la pluie et du beau temps, peu importe, mais parler, répondre à lui et déjà répondre de lui.» Ethique et infini,op. cit., Donc moi qui ne veux pas répondre de toi , qui ne peux être ton garant pour la communauté des humains dont je suis, que puis-je d'autre finalement que de te dire, Valmont au grand pied : 'CE N'EST PAS MA FAUTE! mais, vas-t-en ! »

En ce qui concerne le genre de 'Uates' le mot ancien, considéré comme d'origine étrusque, s'appliquait indifféremment aux oracles masculins et féminins, d'où le choix du masculin qui en français s'applique à la fonction. Ceci dit, vous avez raison et 'vaticinatrice' existe bel et bien et en mauvaise part, tandis que le mot ancien se rattache sans doute à date encore plus ancienne, à une antique divinité protectrice de la petite enfance et de la famille. On la retrouve coiffée d'une dépouille de loup dans l'iconographie bouhhiste ?!!

@olivier
«ce passage à l'acte verbal»

Mais la parole est un agir ! Et c'est précisément cette nature d'acte qui lui permet d'oeuvrer, notamment à l'occasion de l'analyse.

A lire certains commentaires, à l'instar de Louis XVI, vous semblez devoir payer pour les autres. Il y en a même un, bien pigeonné, qui pense qu'avant 1789, c'était l'enfer et que c'est depuis le paradis. Ils vous reprochent, à vous, ce que vous combattez : un comble.

Je ne suis ni un intello ni un littéraire, encore que j'admire d'autant plus la teneur et la tournure de certains participants à ce blog, dont notre hôte. Très naïvement, je crois que la vérité de base, c'est soi et d'apprendre à se connaître, être soi. Sûr de soi et son empire sur son ipséité, il est licite de posséder la liberté d'exprimer sa vérité sur les problèmes du moment et de défendre celle de l'autre, si elle est valable, même si elle n'est pas sienne. Ainsi pensa et écrivit Voltaire pour l'affaire Calas.

"...où on prêtait à Me Szpiner, qui en serait bien capable, un propos me taxant d'une exclusive admiration pour moi-même."

Ah!Ah !

Francis et Philippe sont dans un bateau, Francis tombe à l'eau...(air connu)

...et moi je payerais cher pour une audience Agnelet avec PB comme avocat général et FS défenseur d'Agnelet...

Il est possible que mon ami Francis se soit commis à une telle saillie : lorsque nous partagions la même année de conférence il nous ravissait par ses bons mots et sa voix de stentor... seul rivalisait avec lui Dowrling Carter.

Mon cher Francis, si tu me lis, dis-toi que j'ai eu souvent la chair de poule à t'écouter (ah ! ta plaidoirie de partie civile dans l'affaire de Valérie S... : ceux qui t'ont entendu ce jour-là ont su ce qu'était la force de l'éloquence et l'orage d'une voix d'airain !)

@Parayre : du grand, du beau, du noble Parayre.

@catherine J.
C'est tout ?... c'est un peu court... on pouvait dire, ma foi, bien des choses en somme...
Je vous taquine !
@JW :"Oh là ! Misérable faquin ! Qui es-tu pour t'attaquer à moi ?...Tel le vengeur masqué, dans la salle des pas perdus, à deux pas d'ici je te le fais savoir et n'oublie pas qu'à la fin de l'envoi, je touche (pas de mauvais esprit : je touche... mais ne perçois pas !)"
@PB : on s'essoufle à vous suivre : c'est le jogging permanent du clavier... on dirait un demi de mêlée écossais poursuivi par trois blacks...

@Catherine Jacob : oui, je me suis un peu emmêlé les pinceaux par rapport à l'expression citée, vous avez raison de le noter.

Il n'en demeure pas moins que le rôle du chef n'est pas de transgresser, de piétiner, de binariser, de faire s'opposer, de semer discorde, rancune, amertume, inquiétude. Il n'est pas de brandir la guerre et la faillite à tout bout de champ. Il n'est pas de s'ingénier à brocarder les uns, tout en méprisant les autres. Il n'est pas de faire surgir le doute et le désarroi au coeur du Symbolique.

Le chef (en République) est le Gardien du Temple, donc de mon frère... Il n'est pas chef de bande et "briseur de tabous".

"Si les points de suspension pouvaient parler, ils pourraient en dire des choses et des choses !
Rédigé par: Parayre"

avec des "si" on pourrait mettre monsieur Bilger dans une bouteille d'après ma légende !

sinon :
"Très respectueusement, Monsieur l'Avocat Général, SI vous parlez vrai, avez-vous subi des pressions pour admettre votre prétendue "maladresse d'expression" ? SI oui, lesquelles ?
Merci
Rédigé par: INTIME CONVICTION"

là , je ne sais plus à quel saint avouer !
Sissi !

ps voire ump : "avez-vous subi des pressions"
dit le même , intimement convaincu :

cette fois vous voulez nous pousser monsieur Bilger vers une dépression ou n'est-ce qu'une impression ?

@ La Vieille

"Je vous incommode fortement", écrivez-vous. Mais celui qui vient au monde pour ne rien troubler ne mérite ni égard, ni patience. Je pousse mon Char !

Acceptez mes incommodités, comme j'accepte le duel de l'ami Sbriglia. Touchera-t-il ? Rendez-vous sur le pré. Seriez-vous l'un de mes témoins "La Vieille" ou choisirez-vous le camp de Sbriglia ?

Plus sérieusement, qui vous dit, très chère La Vieille "qu'EOLAS existe bel et bien et qu'il revêt la robe d'avocat avec exigence et humanité" ?

J'abonderais éventuellement dans votre sens, quand je saurai qui ILS SONT.

Mais peu importe après tout ! Je n'ai que le temps de lire Ph.B. Je sais, au moins, à qui je parle. Cela me nourrit assez, au milieu d'une véritable activité d'avocat exigeante et humaine.

Acceptez s'il vous en sied, "la Vieille", l'expression de mes hommages respectueux (comme avant 1789 !).

Madame Alliot-Marie cherche désespérément des idées pour endiguer la folie meurtrière de certains chiens qui tuent ou blessent grièvement souvent des enfants et parfois des adultes.
Monsieur le Procureur, n'existe-t-il pas dans notre droit pénal le délit d'"homicide involontaire" qui pourrait s'appliquer aux propriétaires responsables, dans une certaine mesure, de ces cas tragiques ? Que fait la justice au quotidien ?

@ j.wedry
«Je n'ai que le temps de lire Ph.B. Je sais, au moins, à qui je parle. »

Donc vous-même, rien à voir avec Wedry.info: «What you need, when you need it»? Voir: http://oyjoyj.at.wedry.info/

Concernant le point de savoir «qui vous dit, qu'EOLAS existe bel et bien et qu'il revêt la robe d'avocat avec exigence et humanité" ?» Il me semble a priori que, qui que ce soit qui pose, par ex, le problème suivant, ce qui m'intéresserait moi en tant que éventuel consommateur ou consommatrice lambda, c'est et le problème et l'analyse qui pourrait s'en suivre et qui ne doit pas avoir pour but de noyer encore davantage le poisson en faisant avaler quelques couleuvres supplémentaires aux malheureux clients de cette cependant très honorable profession. Le problème est le suivant : «Les avocats forment une profession qui n'est pas plus que les autres à l'abri des idiots, des incompétents et des malhonnêtes. Certes, il y a un concours d'accès pour y arriver. Un examen en fait, mais avec un numerus clausus. Mais cet examen vise à évaluer les connaissances universitaires et le répondant de l'avocat. S'agissant de son honnêteté, aucune méthode préventive ne s'est avérée efficace.» dit Maitre Eolas sur son ancien blog: http://www.u-blog.net/eolas/ Vu le nombre d'avocats prétendus qui échangent sur ce blog il doit bien y en avoir au moins un pour donner des détails sur les méthodes préventives tentées.

@ j.wedry ②
«Cela me nourrit assez, au milieu d'une véritable activité d'avocat exigeante et humaine. »

Otez-moi d'un doute Maitre Wedry, vous exercez dans un département nouvellement créé ? Parce que, aucun des départements compris entre le 01 [Ain] et le 95 [Val dOise] non plus que dans les DOM [97] ne vous connaît sous ce nom !
Donc avant de faire la leçon à tout le monde commencez par être honnête vous-mêmepour que la discussion ait du sens ! Sinon présentez-vous GIGN 001, 002, 003, 007 etc.. qu'on sache au moins grosso modo à qui on a affaire si cependant on doit continuer d'ignorer ce qui se cache exactement sous la cagoule !!

Monsieur l'Avocat Général,
Sans flagornerie, je trouve votre texte délicieux. Appliquée au débat judiciaire, notamment dans sa phase criminelle, votre conception du "parler vrai" explique sans doute pourquoi le Barreau vous qualifie d'adversaire redoutable à l'audience. Si les auditeurs de justice apprenaient assidûment vos préceptes, la recherche de l'éloquence ne serait pas seulement l'apanage de la Conférence du stage.

@francis : je ne sais si vous n'êtes "ni un intello ni un littéraire" mais j'apprécie vos commentaires et abuse de l'occasion que vous me donnez, pour vous le témoigner ...

@catherine J. : vous me croyez si je vous dis que j'ai fait le pied de grue avec wedry ?...
wedry existe, je l'ai rencontré... j'ai même fait un cauchemar : je rêvais que les wedry étaient quatre !

@Catherine JACOB de son exact patronyme de jeune fille :

Ne vous hâtez pas à stigmatiser votre prochain et notamment aujourd'hui, après d'autres, Maître Jérôme Wedrychowski, avocat associé aux barreaux d'Orléans et de Paris qui n'a jamais, sur ce blog, dissimulé son identité puisqu'il y a, longtemps même, laissé l'adresse de son propre blog et de ses cabinets !

Le dialogue, selon Jacques Lacan, paraît en lui-même constituer une renonciation à l'agressivité : lire J.W. en est une illustration tant, avec humour, ironie autant que culture, l'intéressé contribue, j'écris sous le contrôle de notre hôte, à la qualité des commentaires suscités par ce dernier.

Avant de le quereller, parcourez ses messages, ils recèlent une vraie personnalité roborative...

Attention de ne pas tout juger dans la minute présente, sans comprendre qu'on ne juge qu'une minute : la minute présente !

@Parayre.
Je suis ce que je suis et serai, per inde ac cadaver. Je ne me prends pas pour l'Eternel, interrogé à cet effet par Moïse. Je sais que je suis mortel et près du terme, à ce point que Catherine Jacob m'intitule Agecanonix. Je sais aussi qu'on prête à Confucius d'avoir dit que l'expérience n'est qu'une lanterne dans le dos qui reflète le passé ; ajoutant toutefois, au gré de mes lectures, que le passé peut expliquer le présent. Quoiqu'il en soit, cher Parayre, je vous remercie d'apprécier Simplet. Je dis ma vérité sans trop en référer à l'expérience et aux épreuves. Cordialement, cher Parayre.

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