Se taire en cravate ?
Depuis plusieurs mois, sur un mode qui me critique ou m'approuve, des sollicitations me sont faites pour que je tente de définir ce que représente selon moi l'obligation de réserve du magistrat.
Le hasard de l'actualité met en évidence, dans le Canard enchaîné paru aujourd'hui, un comportement qui, pour relever des apparences, mérite tout de même une réflexion approfondie. Un jeune magistrat nommé au tribunal de grande instance de Paris vient se présenter, comme il se doit, au premier président de la cour d'appel, Jean-Claude Magendie. Il est vêtu d'un jean et d'une chemise noire. Cette tenue suscite une réaction du premier président qui charge son secrétaire général de conseiller à notre jeune collègue d'aller s'acheter un costume et une cravate.
Jean-Claude Magendie, dans cette affaire à la fois dérisoire et importante, me semble devoir être absolument soutenu. Un premier président, qui connaît le prix des formes, ce qu'impose l'élégance judiciaire et surtout a le courage d'en tirer les conséquences, relève d'une espèce rare dans notre monde. Il faut saluer son geste qui constitue une avancée modeste mais indispensable dans la restauration de l'image de la justice.
Ce qui ne laisse pas de m'intriguer, c'est la stupéfaction devant la manifestation de cette autorité légitime, voire sa dénonciation. Que le Canard enchaîné ne soit pas farouchement épris de l'institutionnel, de ses rituels nécessaires et de l'allure qui, dans beaucoup de circonstances judiciaires, passe notamment par le port d'une cravate, ne m'étonne pas.
Le plus inquiétant réside dans la réplique développée par le magistrat houspillé, parce que je la crois révélatrice d'un climat général où les chefs, ici ou là, ont peur d'exercer l'autorité qui leur est confiée et se trouvent toujours d'excellentes raisons pour supporter ce qu'ils n'osent plus réprimander ou interdire. Je les entends déjà tourner en dérision cette algarade en feignant de croire qu'elle n'a aucun rapport avec la justice véritable. Alors que celle-ci commence là, très loin en amont, dans cette volonté du professionnel d'offrir aux citoyens une représentation belle et honorable de soi.
Notre jeune collègue se défend en effet de la sorte : "En trois ans d'école de la magistrature et trois ans de poste à Colmar, je ne portais ni cravate ni costume et cela n'a jamais posé de problème." Cette argumentation qui probablement pourrait être généralisée signe la condamnation de l'école, du ressort de Colmar et, qu'il me le pardonne, la sienne propre car avait-il besoin de l'injonction d'enseignants ou de collègues pour appréhender que le laxisme dans l'apparence ne rapprochait pas du justiciable mais au contraire l'éloignait de nous ? On n'a pas besoin des dispositions d'un statut pour percevoir cette évidence. Cette idée fausse qu'il convient de s'ajuster à ce que la quotidienneté vous offre au lieu de le hausser, d'abord par l'apparence, est répandue partout où le pouvoir et l'autorité se croient obligés de composer pour sauver l'essentiel.
Mais lorsqu'on cherche à toute force à ressembler au commun - à supposer qu'il n'ait pas accompli l'effort fréquent d'être au mieux -, celui-ci méprise et, en profondeur, on le déçoit, on le détourne de soi. La justice, qui passe par nous, est alors d'emblée mal acceptée. Elle a mauvaise figure. On ne gagne rien à se banaliser, par commodité dans l'exercice de son métier, quand la vie judiciaire et sa permanente relation avec autrui appellent notre exemplarité sur tous les plans.
La cravate, oui, mais faut-il se taire en cravate ?
D'abord, je dois admettre qu'entendre parler d'obligation de réserve crée chez moi dans l'instant, une sorte de méfiance instinctive, un refus irraisonné, comme si naturellement, derrière la volonté peut-être légitime de limiter l'expansion intime et intellectuelle du magistrat, se dissimulait le désir de brimer l'imprévisibilité et la liberté possibles de la personne, comme si l'être humain faisait peur et qu'il convenait de s'assurer de lui. Sans doute cela vient-il du fait que je n'ai jamais éprouvé de dilection particulière pour les vertus négatives de l'abstention et de l'effacement, préférant, quoi qu'il en coûte, les qualités positives de l'affirmation. Pour résumer, affronter les risques de l'intelligence me semble plus gratifiant que de bénéficier des faiblesses de la complaisance. Mais, tout de même, puisque l'obligation de réserve existe et qu'elle est si bien admise qu'elle paraît consubstantielle à la magistrature, il n'est pas inutile de voir à quoi elle peut correspondre aujourd'hui.
Sa définition nous interdit tout manquement aux devoirs de notre état, à l'honneur, à la délicatesse ou à la dignité. C'est à la fois noble et vague, flou et plein d'une rectitude idéale. Il est signifiant de noter que dans l'interprétation qu'en a donnée la commission de discipline du Parquet, cette obligation ne nous contraindrait pas au conformisme et n'entraverait pas notre liberté de parole et d'expression. C'est déjà beaucoup nous permettre, heureusement. Pour le reste, qui serait prohibé, la critique et l'outrance qui conduiraient le justiciable à ne pas respecter notre fonction, le défaut de pondération qui violerait les devoirs d'impartialité et de neutralité nécessaires au bon accomplissement du service public.
On ne peut pas soutenir que ces généralités offrent une lumière claire et décisive aux magistrats qui voudraient lucidement s'aventurer hors du champ de la technique pure. Qui voudraient formuler ce qu'ils pensent de leur pratique, dénoncer les dysfonctionnements de l'institution ou favoriser ses impulsions bienfaisantes, donner leur avis sur les projets ou propositions de lois. Bref, se comporter en citoyens non partisans en demeurant dans le cadre, même élargi, de leur sphère d'activité.
Il n'est plus question, comme le critiquait il y a longtemps le grand magistrat Pierre Lyon-Caen, "d'une magistrature atone et aphone". Il n'est pas question non plus d'une obligation de réserve que je ne faisais commencer, dans mes rêves les plus fous, qu'une fois ma liberté d'expression complètement assouvie ! Auparavant, c'était trop dur mais la seconde solution serait trop souple.
Pourtant, la piste qui consiste à laisser à chaque magistrat le soin de "gérer" son obligation de réserve, sous le contrôle d'une hiérarchie qui parfois sait ne pas être absurdement pointilleuse, est incontestablement la bonne. Au fond, l'obligation de réserve est battue en brèche quand l'activité professionnelle devient difficile, elle est violée quand cette dernière devient impossible. Il n'est aucun de mes collègues qui ne saurait pas procéder à un arbitrage intime qui mettrait sa parole en balance avec sa passion d'une justice équitable. Dans mon propos, je n'évoque que les risques intellectuels d'une obligation de réserve négligée sans m'attacher aux actes et aux comportements qui feraient perdre tout crédit moral à tel ou tel professionnel. L'appréciation de cette exigence est aussi indissociable de l'actualité à laquelle elle se rapporte. Il aurait été absurde de juger l'obligation de réserve, en pleine campagne présidentielle, à la même aune que celle, plus stricte, d'un "rythme de croisière" de la vie politique.
J'irais jusqu'à formuler cette esquisse de réponse. L'obligation de réserve, pour être la moins nocive possible et favoriser l'épanouissement de chacun et donc faire surgir les énergies et les intelligences, a pour seul devoir de s'interdire des intrusions dans le partisan : la contestation des lois votées et toute manifestation qui détruirait le crédit du magistrat et la confiance du citoyen.
Adhérer au projet judiciaire du candidat Sarkozy ne constituait pas la même démarche, par exemple, qu'appeler publiquement à voter en sa faveur. Ce n'est pas du jésuitisme. C'est la ligne nette qui sépare le magistrat qui a une conscience civique du citoyen militant qui a oublié le magistrat.
Une cravate, oui, indiscutablement. Mais se taire, surtout pas. C'est une richesse qu'un corps s'exprime, pas seulement par ses syndicats mais par une multitude de voix singulières. Pour peu qu'on les écoute, le politique et la justice y gagneront.
Ainsi, on n'aura même pas besoin de s'ébrouer pour se débarrasser, comme d'une gêne, d'une obligation de réserve qui serait devenue importune.
"l'allure qui passe, dans beaucoup de circonstances judiciaires, par la cravate ..."
...sauf quand sa présence - ou son absence - est occultée par le rabat...
(et alors même que le port de la robe s'impose dans "beaucoup de ces circonstances judiciaires"...)
...sauf lorsque l'on est une femme... ce qui représente tout de même plus de 60% du corps judiciaire toute corporation confondue...
mais je comprends la réaction du Premier... même si je me demande comment devrait se présenter à lui une accorte magistrate...
Allez, comme dirait cactus, je vais m'en mettre un derrière la cravate... (ah ! malheur, je ne peux plus boire, j'ai remisé mes cravates !)
On Bot en touche et surtout pas de cravate pour le prochain France/Géorgie !
Rédigé par: sbriglia | 26 septembre 2007 at 17:31
Monsieur,
Je suis très sensible à votre propos concernant ce jeune magistrat. Etant chef d'établissement, je constate avec désolation à quel point les enseignants se complaisent, pour la plupart d'entre eux, à un style vestimentaire négligé (au mieux), ou franchement débraillé (au pis).
Or, les élèves sont très sensibles à l'apparence de leurs professeurs, à leur langage, à leur comportement. Ils sont fiers et reconnaissants quand l'un d'entre eux soigne sa tenue ou adopte une mise élégante. Ils le vivent comme une marque de respect et de considération à leur égard et cela rehausse effectivement leur propre considération pour l'institution.
Rédigé par: Adeline | 26 septembre 2007 at 18:57
Pour résumer, je dirais que droits et devoirs vont de pair. Ce jeune magistrat a cru qu'il avait le droit de s'habiller comme il l'entendait mais il a oublié qu'il avait des devoirs vis-à-vis des justiciables et également de son milieu professionnel. Certaines pratiques, vulgarisées par l'idéologie de mai 68 ont la vie dure.
Il en est de même pour le devoir de réserve. D'une certaine façon, on devrait même invoquer un devoir de réponse (plutôt qu'un droit de réponse).
En fait, si ce devoir de réponse était mieux partagé (cad par le plus grand nombre), on éviterait certainement de donner trop d'importance à l'avis de quelques-uns. La démocratie et la République y gagneraient.
Rédigé par: Polochon | 26 septembre 2007 at 18:57
Il est clair qu'un magistrat ne peut pas contester délibérement une loi puisque, par définition, il est là où il est pour l'appliquer. Autrement en effet, où irions-nous ? Il existe en revanche la même ligne nette dont vous faites état pour dire qu'elle «sépare le magistrat qui a une conscience civique du citoyen militant qui a oublié le magistrat.», entre la contestation de la loi et l'appréciation de cette dernière sous le rapport de sa mise en application dans le cadre des fonctions qui sont les siennes, et cela non plus ce n'est pas du jésuitisme, mais la condition nécessaire à l'exercice de sa liberté et de son libre-arbitre.
S'agissant du port de la cravate, on pourrait cependant admettre la cravate américaine, peut-être davantage à la portée de la bourse d'un jeune magistrat qu'une cravate de marque [moins de 10 euros ] et qui n'est pas sans style cf. http://www.chapellerie-traclet.com/hat/images/btl3e.jpg en revanche s'affaler les manches retroussées sur les épaules et les bras nus pendant la plaidoirie d'un avocat, comme je l'ai vu faire par hasard, vu que je suis toujours là où il ne faut pas quand il faudrait être ailleurs, révèle à mon sens un ennui profond très irrespectueux du justiciable et de ses défenseurs !
Rédigé par: Catherine JACOB | 26 septembre 2007 at 19:00
Qui croit encore qu'exercer une fonction - quelle que soit celle-ci - puisse imposer des obligations à la subjectivité des individus ? Cela rejoint l'observation, déjà présentée ici, que les individus ne se considèrent plus au service des fonctions qu'ils occupent, mais que celles-ci sont à leurs yeux, consciemment ou inconsciemment, au service de leur "épanouissement" personnel et de la conception personnelle qu'ils se font de son exercice. A noter, par exemple, que le couple présidentiel semble prôner la même attitude par rapport à la fonction qui est la sienne et à ses contraintes... avec l'approbation extasiée des médias.
Rédigé par: guzet | 26 septembre 2007 at 19:47
Se présenter à son supérieur en tenue décente est une marque de respect pour celui-ci mais aussi pour l'institution que l'on représente. Je me souviens d'un certain tollé quand le Président Giscard d'Estaing était apparu en polo et non en chemise cravate ou plus tard quand Jack Lang a siégé à l'Assemblée Nationale en col Mao. L'habit pour certains corps d'Etat dépasse la notion de protocole ou de look pour celle sacerdotale.
Rédigé par: Bernard de ... | 26 septembre 2007 at 20:39
Je connais des magistrats en cravate qui ne valent pas grand-chose. A contrario, je connais quelques magistrats à l'allure différente de celle que vous préconisez : l'un porte des santiags et une boucle d'oreille, l'autre arbore carrément deux boucles d'oreille. Ce sont pourtant d'excellents magistrats, humains, respectueux des justiciables et respectés par ces derniers. La respectabilité se gagne davantage sur les valeurs humaines et juridiques du juge que sur d'aussi menus détails. Et que dire alors du noeud papillon quelque peu ringardisé ???
Rédigé par: Thierry SAGARDOYTHO | 26 septembre 2007 at 21:22
Et oui, cactus, la cravate pour être dans le "cou", pour indiquer la direction de son cerveau !
L'apparence plaît parfois mais n'est-ce pas au fond du coeur qu'est la plaie ?
Paraître ou ne pas être telle est donc la question !
Pardon Philippe mais ce soir j'ai envie de plaisanter, aussi juste que soit, une nouvelle fois, votre note.
Rédigé par: Parayre | 26 septembre 2007 at 22:32
La jurisprudence, en matière de tenue vestimentaire des salariés, est intéressante :
le principe est que le salarié peut se vêtir comme il l'entend, sauf à ce que des circonstances particulières justifiées par la nature de la tâche à accomplir et proportionnées au but recherché permettent à l'employeur d'imposer certains vêtements.
Un arrêt du 6 novembre 2001 admet ainsi qu'un employeur peut licencier, avec une cause réelle et sérieuse, une salariée en contact avec la clientèle d'une agence immobilière qui persistait à se vêtir d'un survêtement.
Un autre arrêt du 28 mai 2003 précise que si, en vertu de l'article L. 120-2 du Code du travail, un employeur ne peut imposer à un salarié des contraintes vestimentaires qui ne seraient pas justifiées par la nature des tâches à accomplir et proportionnées au but recherché, la liberté de se vêtir à sa guise au temps et au lieu du travail n'entre pas dans la catégorie des libertés fondamentales. Il s'agit de l'affaire dite à tort "du bermuda" (la problématique était en effet celle du port d'une blouse de travail, non contestée, qui laissait apparaître les jambes nues d'un salarié qui prétendait, devant les premiers juges, avoir le même droit qu'une femme d'être jambes nues sous une blouse).
La question de qualification d'une liberté était au centre du débat porté devant la Cour de cassation puisqu'elle était le fondement de l'arrêt attaqué et que la deuxième branche du moyen la visait. Cette question était aussi pertinente puisque le concept de liberté fondamentale est au coeur de notre droit des libertés, et cela tant en jurisprudence que dans la loi ou en doctrine.
En jurisprudence, une grande partie du droit séculaire de la voie de fait repose sur l'atteinte à une liberté fondamentale par l'Administration.
Il n'est que de citer, par exemple et pour rester dans le domaine de l'activité professionnelle, l'arrêt Reymondon rendu le 22 novembre 1983 par la première chambre civile de la Cour de cassation qui énonce que "le droit d'exercer une activité professionnelle est au nombre des libertés fondamentales et que l'atteinte qui lui est portée par l'Administration dans des conditions qui sont manifestement insusceptibles de se rattacher à l'un de ses pouvoirs constitue une voie de fait".
Cette norme se retrouve d'ailleurs, avec un adaptation rédactionnelle, dans l'un des arrêts du 10 juillet 2002 concernant la contrepartie financière aux clauses de non-concurrence qui vise "le principe fondamental de libre exercice d'une activité professionnelle".
Un autre arrêt de la chambre sociale du 13 mars 2001 se réfère aussi expressis verbis au concept de liberté fondamentale en droit du travail.
La loi a aussi consacré la notion de liberté fondamentale, avec, par exemple, l'article L. 521-2 du Code de justice administrative suivant lequel le juge administratif des référés peut ordonner toute mesure nécessaire à la sauvegarde d'une liberté fondamentale, et, sur la base de ce texte, le Conseil d'Etat a été amené à dire si telle ou telle liberté relevait de la catégorie des libertés fondamentales.
Quant à la réponse excluant le droit de se vêtir à sa guise au temps et au lieu du travail - la précision est importante car elle cantonne la portée de l'arrêt aux seules activités professionnelles - de la catégorie des libertés fondamentales, elle repose sur un bon sens élémentaire, sauf à galvauder de façon dangereuse (à trop crier au loup ....) la notion clé de liberté fondamentale. Il n'y a aucune commune mesure entre, pour se limiter à quelques exemples, le droit fondamental à la vie ou à l'expression collective des salariés dans l'entreprise et les fantaisies vestimentaires qu'un employeur ou un salarié veut imposer à la communauté de travail (sauf, mais cela relève du truisme, si un vêtement, ou un signe vestimentaire imposé relevait d'une discrimination de sinistre mémoire).
Le bon sens juridique commandait de régler cette question, ce qu'a fait l'arrêt, par une simple règle de proportionnalité, l'employeur ne pouvant imposer à ses salariés que des contraintes vestimentaires justifiées par la nature des tâches à accomplir et proportionnées au but recherché.
Pour le futur, a été évoquée la notion d'apparence physique introduite par la loi du 16 novembre 2001 relative à la lutte contre les discriminations. Mais les travaux préparatoires de cette loi démontrent clairement qu'en incluant la notion d'apparence physique non seulement aux articles L. 122-45 et L. 122-35 du Code du travail, mais également à l'article L. 225-1 du Code pénal, le législateur n'a entendu viser que les caractéristiques physiques permanentes ou quasi permanentes de la personne (taille, poids, faciès, esthétique...) et non ses vêtements changeant au gré des saisons, des lieux, des temps, des modes ou des humeurs, notamment lorsque celles-ci participent d'un sens discutable de l'humour ou de la provocation au sein d'une communauté de travail. Et, compte tenu du principe de l'interprétation stricte de la loi pénale, une extension contra legem de la notion d'apparence physique au domaine de l'éphémère des parures, des étoffes ou des cuirs serait sans doute des plus contestables.
Rédigé par: Parayre | 27 septembre 2007 at 00:27
Il en va de la tenue vestimentaire comme du devoir de réserve.
Tout est une question de mesure.
Mesure pour mesure.
Conseiller juridique, pendant longtemps, d'un Conseil Régional de l'Ordre des Médecins, organe qui statuait en matière disciplinaire, je me souviens qu'il y a 3 ou 4 ans, sur plainte d'un patient, le Conseil avait donné un "avertissement" (sanction la plus faible) à un jeune médecin qui donnait des consultations en "bermuda".
Le médecin n'a pas interjeté appel de cette décision.
Il est allé se rhabiller, sans appel !
L'histoire ne disait pas s'il portait une cravate !
J'ai vu récemment un Magistrat, présidant une audience correctionnelle, renvoyer un justiciable se rhabiller, car il se présentait devant le Tribunal pour y être jugé... en débardeur... bras nus avec de splendides tatouages ! Il demandait un peu de respect pour l'Institution Judiciaire, ne serait-ce que dans la tenue vestimentaire.
Ringard ! Non. Courageux ce Magistrat, oui.
Si ce justiciable était revenu avec une simple cravate, je pense que cela n'aurait pas suffi !
Le justiciable, aussi compréhensif que devrait l'être un (jeune) magistrat, est revenu avec une belle chemise à fleurs.
Tout ceci pourrait paraître dérisoire... mais dérisoire, vient de "deridere" soit "se moquer de".
Le noeud du problème est de savoir qui se moque de qui ?
Vite je cours m'habiller... je suis en retard ce matin !
Rédigé par: j.wedry | 27 septembre 2007 at 07:50
@Philippe, sur la cravate d'abord ; pour m'en débarrasser car cet accessoire fait partie des raisons (très anecdotiques) pour lesquelles je me réjouis d'être une femme et donc d'échapper à cette chose qui me fait penser au noeud coulant de la corde du pendu. Perso, je trouve plus sexy un homme en jean et T-shirt mais à chacun ses goûts. Plus sérieusement on retrouve là "l'habit qui fait le moine" et la position sociale ou la tribu ; l'habit comme élément de reconnaissance et d'appartenance, que l'on soit un Djeun de banlieue, un cadre ou un magistrat. Même si de temps en temps il est de bon ton d'aller faire des balades buissonnières avec le Friday wear devenu lui aussi quasi uniforme obligatoire. Philippe, désolée mais on peut ne pas aimer. Qui prend l'avion très tôt le matin et se retrouve dans un troupeau d'hommes en noir me comprendra.
Se fringuer n'importe comment, être négligé est une autre chose. Vouloir faire peuple est d'une bêtise démagogique (pléonasme) crasse; je me souviens d'un Borloo qui dans une émission de télé voulant faire jeune, débitait à la chaîne des "fait chier et j'ai les boules", il était pitoyablement ridicule mais il était en costume et cravate certes très chiffonnées comme à son habitude. Je ne crois pas que le costume et la cravate suffisent pour marquer le respect. En tout cas je ne suis pas prête à m'en affubler. Respectueusement. Catherine A.
PS : Marcel Dassault, patron de Jours de France virait, disait-on, les femmes en pantalons ; il y a quelques années Elisabeth II dut supporter Chérie Blair en tailleur-pantalon. Une épreuve paraît-il mais à laquelle elle fit face avec son stoïcisme royal. Les temps changent. Heureusement.
Rédigé par: catherine A. | 27 septembre 2007 at 09:38
Hier soir, j'ai tardé en regardant l'émission "Tabous", présentée par la tellement jolie Karine Lemarchand qu'elle constitue à elle seule mon unique motivation à rester devant le poste. Il y était question d'homosexualité, soit, je n'ai rien retenu étant généralement indifférent à ce qui se passe dans les culottes de mes contemporains.
J'ai cependant pu voir un reportage consternant sur la Gay Pride. Des policiers gays et lesbiens, juchés sur leur char bariolé, manifestaient leur joie d'être gays ou lesbiennes en dansant sans retenue sur des rythmes endiablés.
Ah, pour être corrects, ils l'étaient sans conteste puisqu'ils étaient... en uniforme de policiers, avec leurs insignes de grade ! Et que je me frotte, et que je te caresse le cul du lieutenant au travers du pantalon règlementaire, et que je te lèche la pomme du brigadier !
Je lorgnais, vicieux que je suis, vers le char suivant où j'imaginais les magistrats gays et lesbiens partouzant sous les hermines dans la liesse générale, et pour conclure, pourquoi pas, un défilé de la Garde républicaine gay et lesbienne, copulant à deux ou trois sur des chevaux éreintés à condition de ne pas se tromper de sabre dans leurs ébats.
Je ne suis pas bégueule, je défends sans réserve les droits des homosexuels à vivre dans la norme administrative de tout citoyen, mais là, franchement, ça veut dire quoi ?
S'il est légitime de demander à un jeune juge d'aller se rhabiller quand il se présente devant son président, il m'aurait semblé urgent qu'un commissaire passant par là intime à ses subalternes exubérants d'aller se déshabiller... sans débander.
Vulgaritas vulgaritatum et omnia vulgaritas.
Rédigé par: Jean-Dominique Reffait | 27 septembre 2007 at 12:59
@ Jean-Dominique Reffait
Explosion de rire à l'idée de la Garde copulant à cheval !
Hélas, vous discriminez en oubliant un peu vite le char des prélats, celui de la Légion d'Honneur et, en beaux habits verts, nos académiciens.
Vous auriez fait assurément passer une belle journée à Daumier. Merci !
Rédigé par: Fleuryval | 27 septembre 2007 at 14:17
L'habit fait clairement le moine, donne une assurance.
Il est étonnant de voir l'impact du tissu sur le mental. Se donner une dignité par le vêtement est un début de tenue, ceci ne fait évidemment pas tout, mais j'ai remarqué du moins chez moi une différence entre une tenue en costume et une autre en jean, je ne suis pas le même homme à l'intérieur comme dans la perception d'autrui.
Il y a aussi la tenue du justiciable qui est importante, combien de fois en effectuant mes démarches judiciaires ai-je croisé de ces gamins en survêtement aux couleurs vives avachis sur les marches du palais montrant bien ainsi toute la considération qu'ils ressentaient envers l'institution judiciaire, la peine qu'ils encourraient ?
J'ai une allure de patron en costume et une respectabilité s'installe automatiquement avec l'interlocuteur. Il me semble important qu'un juge se serve de cet outil, représente dignement son corps également.
Un costume est beaucoup plus confortable, agréable à porter qu'un jean, ancienne toile de jute reconvertie par nécessité de circonstance un jour par monsieur Levis-Strauss.
Pourquoi se priver d'un confort élégant ?
Rédigé par: Ludo Lefebvre | 27 septembre 2007 at 15:12
@ J.D Reffait
Aidez-moi, s'il vous plaît !
Je n'arrive plus à trouver qui écrivait récemment :
"Lorsqu’un corps se délite par le bas, c’est que le haut est déjà fortement atteint ».
Mais je n'ai rien contre les commissaires.
Ce n'est qu'une commisér...ation au sens étymologique du terme.
Mais, attention, la pitié est dangereuse, disait Zweig.
Aidez-moi J.D.R.à retrouver qui parlait si bien du bas en parlant si mal du haut. Merci.
Rédigé par: le bouffon | 27 septembre 2007 at 15:26
Entre le signe désincarné et la présence corporelle inéluctable :
« ‘L'attitude du corps met la pensée en rapport avec le temps.’ Filmer un corps fatigué (spécialité d'Antonioni selon Deleuze), c'est filmer par excellence à la fois l'avant et l'après» -Cf. Obraz-. Or ce qui intéresse le justiciable c’est le présent de son affaire et non l'avant et l'après du magistrat. Le magistrat qui apparaîtra ne serait-ce que décoiffé évoquera la hâte, le vent de l’extérieur, la nécessité d’une tenue à rectifier, donc tout un avant et un après dans l’entre deux duquel le justiciable pourra avoir le sentiment d’être de trop !
A la réflexion, ce qu’il convient donc de se demander, me semble-t-il, c’est : Dans quelle mesure la cravate participe-t-elle ou non du signe vestimentaire nécessaire au drame qui se joue dans toute comparution intervenant dans l’enceinte judiciaire ?
Pour essayer de comprendre, assimilons la comparution – terme non restreint à sa signification dans la langue du droit – du magistrat lui-même, à l’un des événements d’une pièce de théâtre, que nous allons appeler ‘L’Affaire’, et de son apparence autant que de son jeu [ ou encore de ‘son geste’ ] autrement dit, un ensemble de signes susceptible de « brouiller la clarté des codes, de contredire, obscurcir ou falsifier» comme le dit R.Barthes, ce que Bertold Brecht a appelé «le gestus .
Obraz [ le guide du cinephile ] explique qu’«il ne faut pas confondre le terme ‘gestus’ avec l'idée d'action. Ex : l'action d'écraser sa cigarette ne dit rien du personnage, tandis qu'écraser une cigarette avec nonchalance ou euphorie détermine le ‘gestus’, et par ailleurs dit tout de la pensée. Le gestus est donc un ensemble d'attitudes qui, par nature, met à jour une pensée. « Le personnage y est réduit à ses propres attitudes corporelles. »- Deleuze - Le gestus, c'est la dramatisation par les corps, le spectacle et la théâtralisation par les corps. ».
Il est clair que si le magistrat entrait dans la salle d’audience comme il entrerait dans sa cuisine ou dans son salon, faisait la bise au greffier, au parquet ou à l’huissier, comme il la ferait à ses enfants, tapait sur l’épaule du planton de service, puis sortait son portable de sa poche pour demander à son coiffeur si ce dernier peut le prendre pour un coup de peigne juste après l’audience, enfin baillait ostensiblement en s’asseyant tout en installant l'appareil de surveillance radio du bébé au-dessus de la pile des codes, autrement dit mettait en effet en oeuvre tout un ensemble d’attitudes qui nous raconterait une assez curieuse histoire et donnerait à entendre aux autres acteurs de ‘L’Affaire’, qu’il investit un espace qui n’est manifestement pas celui du dossier et qui laisserait assez mal augurer de l’avenir de ce dernier, et si j’osais, je dirais: qui laisserait même assez mal augurer de l’avenir du magistrat tout court, aussi intrinsèquement compétent et humain puisse-t-il être [à savoir même, en l’occurrence ‘trop humain’… ]
Tout comme le gestus, le costume doit lui aussi permettre d’y croire. S'agissant des valeurs proprement plastiques de la tenue vestimentaire d’un magistrat dans son bureau : «le goût, le bonheur, l'équilibre, l'absence de vulgarité, la recherche de l'originalité même», ces «valeurs nécessaires ne doivent pas devenir, comme le dit Barthes, une fin en soi, car, de nouveau, l'attention des autres acteurs de l’affaire : avocat, greffier, mis en examen, témoin, éventuel porteur de tasse de café etc..., est distraite, loin de l’action, et artificiellement concentrée sur une fonction parasite du paraître».
Le costume se doit en effet ‘d’être un argument’ qui ne doit se voir submergé par de telles fonctions parasites.
En tant qu’argument, le costume doit donc contribuer à faire exister ‘le signe de la comparution’ dans l’espace de ‘L’Affaire’, celle de la comparution du juge comme celle de l’ensemble des autres acteurs du drame. Dès lors, le magistrat en bermuda comparaîtra (= paraîtra devant les autres] comme encore à la plage ; il n’est pas en effet dans l’« être-avec » les acteurs de l’affaire. Le magistrat en smoking pour sa part, est déjà dans le pot de départ en retraite offert par ses collègues au premier président, il n’est pas non plus dans l’« être-avec » au présent! Quid finalement de ce qui nous intéresse plus particulièrement, ‘le magistrat en cravate’ opposé au ‘magistrat à col ouvert’ quelle que soit par ailleurs la couleur de la chemise concernée. Autrement dit, quid du signe + ou - une cravate dans l’espace de la comparution et de l’être-avec tel qu’il s’ouvre par et pour l’affaire?
Revenons au Roland Barthes du texte de 1955 intitulé « Les maladies du costume de théâtre », un texte où il est dit : «La cellule intellective, ou cognitive du costume de théâtre, son élément de base, c'est le signe. Nous avons, dans un récit des Mille et Une Nuits, un magnifique exemple de signe vestimentaire : on nous y apprend que chaque fois qu'il était en colère le Calife Haroum Al Rachid revêtait une robe rouge. Eh bien le rouge du Calife est un signe, le signe spectaculaire de sa colère : il est chargé de transmettre visuellement aux sujets du Calife une donnée d'ordre cognitif : l'état d'esprit du souverain et toutes les conséquences qu'il implique.»
Mettons-nous dans l’esprit d’un homme du 13ème siècle qui pense que la Justice est une affaire de chevaliers, le signe de l’homme de loi sera donc l’habit long des chevalier d’armes sur lequel sera passée la Robe. Cette dernière, la noire comme la rouge était ornée dit-on d’un chaperon terminée par une fourrure blanche, puis ultérieurement remplacé par un bonnet carré, pour après diverses vicissitudes ressembler à la livrée qui se donne à observer de nos jours et qui comme n’importe quel uniforme a pour fonction à la fois de permettre l’identification du porteur (Voir à cet effet : http://www.maitre-eolas.fr/2007/08/26/705-apprenons-les-reconnatre où Maître Eolas se représente en Fantômas ) et de dire quelque chose tant de son histoire personnelle (décorations) que du corps auquel il appartient, le rouge n’étant pas le rouge signe spectaculaire de la colère du Calife, mais le rouge signe spectaculaire d’une justice rendue au nom du roi, puis du peuple souverain et qui évoque en général le courage, la vaillance, le carnage et ici le service de l’Etat. S’y ajoute la signification de l’hermine héraldique dont les couleurs de sable et d’argent disent symboliquement: « mort et renaissance ».
Le costume rétablit ainsi le signe dans le langage commun et muet de l’institution et du justiciable, en disant en quelque sorte, dans l’immédiateté du paraître et d’une façon très animale au fond : « Vois à qui tu as affaire et comportetoi en conséquence », tout comme dans l’inscription du fronton du temple de Delphes qui dit : « Toi qui entres dans mon temple, prends conscience de ce que tu es devant la divinité. » une formule où en grec se retrouve le ‘Gnôti’ du fameux ‘connais-toi’ par lequel on le traduit habituellement, et mot de même racine que ‘la dent qui donne à connaître l’âge’ du cheval et qui est en grec un sens second de Gnôma : le savoir, la certitude tirée du signe.
Quelle certitude ou quel savoir le justiciable va-t-il tirer quant au costume civil qu’aura revêtu le magistrat qui le recevra et qui détonera ou au contraire s’harmonisera avec la solennité de la robe de l’avocat, induisant dès lors un certain nombre de sentiments susceptibles d’être à l’origine de réactions qui ne seront pas toutes nécessairement souhaitables ?
Il apparaît certain que « ce qui, dans le costume, brouille la clarté des [relations que le traitement du dossier instaure entre les personnages], contredit, obscurcit ou falsifie le gestus social [de L’Affaire], est mauvais ; tout ce qui, au contraire, dans les formes, les couleurs, les substances et leur agencement, aide à la lecture de ce gestus, tout cela est bon. » rappelle Barthes.
Par conséquent, le juge ne peut pas revêtir le col de chemise si seyant à Bernard-Henri, sans aussitôt être perçu à l’image de notre philosophe-dandy et, si le magistrat est par ailleurs quelqu’un de plutôt éloigné du dialogue philosophique, aussi compétent et humain puisse-t-il être intrinsèquement, il risque sans doute d’y avoir un brouillage dans le message adressé au justiciable. Pour les mêmes raisons il peut difficilement porter un jabot de dentelle ou une écharpe nouée en lavallière ou encore une perruque britannique ! Il risque en effet de passer pour un excentrique et susciter des réactions en conséquence. Autrement dit le signe de l’institution qui dira, de façon non fallacieuse s’entend, : compétence, rigueur, disponibilité à l’affaire, sérieux et exactitude dans le traitement du dossier, et qui est le signe qui s’est donné à lire pour moi la première fois que j’ai vu notre hôte à la télévision, ne doit pas être parasité par des références spectaculaires à la personnalité propre du magistrat telle qu’elle peut, par exemple, s’exprimer chez ses amis ou au café du commerce, du moins c’est mon sentiment, mais je me trompe peut-être. Dès lors est-ce que cela implique ou non une cravate et quel style de cravate, cela dépasse totalement ma lecture individuelle dudit signe institutionnel.
Il me semble cependant qu’une lecture du costume civil qui induirait de facto chez le justiciable une distance telle que l’idée de le poignarder comme c’est arrivé à Metz ne pourrait même pas lui venir, coûterait tout de même moins cher aux finances publiques que de faire du palais de justice un vrai bunker ! Si de telles économies doivent passer par la contrainte d’une cravate pourquoi ne pas faire ce petit effort et se le faire éventuellement rembourser au titre de vêtement de travail ?!!
Rédigé par: Catherine JACOB | 27 septembre 2007 at 17:17
"Allez, comme dirait cactus, je vais m'en mettre un derrière la cravate... (ah ! malheur, je ne peux plus boire, j'ai remisé mes cravates !)"
nous conte Sbriglia plus hoo là là !
preuve que je lis tout !
veni, vidi donc :
sinon je veux juste rajouter ceci :
si le cravaté se tait
c'est qu'il est laid,
dis, lady !
si le cravathé au laid
alors commun immortel
puisque rang donné ?
j'en perds mon franglais
puisque plutôt papillon !
Sissi !
( quel destin ! )
Rédigé par: Cactus à poils et Layla communs mais point immortels ! | 27 septembre 2007 at 18:20
@ Jean-Dominique Reffait :
Sans remettre en doute une seconde votre compte rendu de la Gay Pride, je vais une nouvelle fois passer pour un coincé en écrivant qu'il y a un malaise soit dans la culture soit dans la civilisation (merci Freud). Si vraiment ce sont de vrais policiers qui se sont donnés en spectacle, c'est aussi l'ensemble de la profession qui va être éclaboussée et les mauvais jeux de mots n'ont pas fini de fuser, plus que jamais un devoir de réserve devrait s'imposer car c'est vraiment avilir une profession que de la représenter sous ses habits professionnels dans ce genre de "festivité" - Maintenant qu'ils y aillent en costume-cravate, jean's-polo ou bermuda-tee-shirt à titre personnel, pourquoi pas.
Quant à la cravate, personnellement je préfère le noeud pap.
Rédigé par: Bernard de ... | 27 septembre 2007 at 21:13
L'habit ne fait le moine, c'est toujours vrai. Il ne reflète pas obligatoirement la qualité de celui qui le revêt, on peut se déguiser, encore moins ses qualités, si l'habit est légitimement porté. Mais il sied s'il caractérise la profession qu'il honore et que l'intéréssé y attache l'honneur de s'en revêtir. Considérant toutefois que certaines vétures se portent selon les circonstances ; un militaire ne va pas en opération en uniforme de gala, Casoar et gants blancs, c'est révolu heureusement pour ne plus être la cible. Mais on ne sollicite pas le rapport à son supérieur en débraillé. Pour le magistrat, la toge est d'usage uniforme, c'est plus simple. Mais toute tenue implique l'honneur de la porter et le respect qui s'en dégage. Il m'amuse qu'un Conseil de l'Ordre des médecins ait condamné un médecin consultant en bermuda. Il a fait son office de soignant et correctement semble-t-il. Je l'aurais préféré, même en slip, à Diafoirus, avec son bonnet et sa robe doctorale qui cachait son ignorance et affichait son pouvoir doctoral.
Rédigé par: francis | 27 septembre 2007 at 22:07
"Moi c'est moralement que j'ai mes élégances..."
Maitres X,Y,Z, ils se reconnaîtront :
Tombez la robe (que vous ne méritez pas toujours), jetez la cravate si vous le souhaitez, mais soyez simplement honnêtes.
Rédigé par: DJH | 27 septembre 2007 at 22:44
COSTUME : Ensemble des caractéristiques d'une époque, d'un groupe social, d'un genre, le plus souvent immédiatement perceptibles ou relatives à l'aspect (cf. coutume)
Par parenthèse, cette thématique ferait un excellent sujet de disserte.
Le costume, ici la cravate, ne fonctionnera que dans la cravatosphère où elle sera perçue comme un symbole cohérent entre initiés ou gens dûment façonnés.
Pour certains, le costume efface l'apparence au profit du signifié,
pour d'autres il assure au moins les apparences à défaut de sens,
pour d'autres encore il ne renvoie à aucun code [comme les intentions du costume du papou nous sont inaccessibles].
Pour ma part, je recherche à me fondre dans le paysage à frais moindres si possible, ce qui me range dans une nième catégorie.
Autre chose, j'ai eu affaire à un maître chauffagiste, avec bleu de travail, sacoche ad hoc qui s'est avéré une vraie bille pour réparer le chauffe-eau ....
Bonsoir à tous.
Rédigé par: madame de F. | 27 septembre 2007 at 23:19
Je voudrais répondre à tous ceux dont le commentaire tourne autour de 'l'habit ne fait pas le moine', ce dont le costume de théâtre est un exemple particulièrement significatif, que, s'il suit la règle, le moine est nécessairement en habit. La question de l'adéquation au signe de son contenu, est seconde. Enfin s'il y avait une livrée de l'incompétence, j'achèterais tout de suite. Il existe entre la compétence et l'incompétence, la même différence qu'entre un melon et un melon. Pourtant, il y a des ménagères qui sans connaître l'art de la dissertation en trois points, exercice purement scolaire et typiquement français, savent choisir le fruit dont la saveur le parfum et la consistance seront [futur] à leur goût le jour même, le lendemain, ou d'ici trois jours etc...
Il y a en effet des cravatosphères comme il y a des ceintures noires-ô-sphère, mais il faut savoir que ce sont 'signes à destination de', comme il y a marqué 'Police' sur un brassard obligatoire, mais qu'il y en a d'autres et ceux-là qui sont beaucoup plus difficilement susceptibles d'induire en erreur.
Rédigé par: Catherine JACOB | 28 septembre 2007 at 08:23
La cravate nécessaire pour les masculins judiciaires ?
Mais vous étiez pas mal du tout avec un pull… sans cravate (ex photo de votre blog).
L'allure et l'absence de commun, c'est quand la forme s'allie et s'ajuste parfaitement avec le fond, et inversement. Cet équilibre ne se remarque pas en raison de tel ou tel accessoire vestimentaire.
Il s'impose d'entrée. Ou pas.
Comme Catherine A, je ne suis pas une folle des cravates. Sauf quand le monsieur dit ainsi, silencieusement, ce qu'il est. Et que c'est une façon importante pour lui d'être au plus près de l'identité professionnelle à laquelle il ou elle tient.
Je vous concède que les codes vestimentaires sont importants.
Mais l'identité que l'autre perçoit relève d'une très mystérieuse alchimie. C'est, à mon sens, beaucoup plus sophistiqué que le simple recours à une cravate.
Rédigé par: Véronique | 28 septembre 2007 at 11:13
Monsieur l'Avocat Général,
Sauf votre respect, et avec humour, seriez-vous sexiste ou phallocrate ?
La cravate, objet phallique ou attribut de compétence ? Ce qui semblerait à vous lire, aux yeux de certains synonymes car les femmes en sont dispensées alors que les hommes doivent fièrement l'arborer.
Ah… Napoléon avait une excellente connaissance de l'âme humaine quand il instaura la fourragère.
En sollicitant votre haute bienveillance pour ne pas me poursuivre pour outrage à magistrat… LOL
Cordialement
Pierre-Antoine
Rédigé par: Pierre-Antoine | 28 septembre 2007 at 11:17
Bernard de ...
"à titre personnel"
Je pense comme vous que l'uniforme dans une Gay Pride ne saurait être porté que par les danseuses du CRAZY ou leurs émules et donc de façon totalement identifiable en tant que costume carnavalesque et en aucune façon par son porteur ordinaire, car ce dernier n'est en aucun cas dans l'exercice de ses fonctions lorsqu'il participe au défilé à un autre endroit que dans le service d'ordre, et sur ordre de sa hiérarchie, à savoir dans son rôle, et non à titre démonstratif, ce qui accessoirement implique : quelle que soit son identité sexuelle, car la fonction par définition appartient au neutre.
Rédigé par: Catherine JACOB | 28 septembre 2007 at 11:40