Le Monde est petit, comme deux voisins se rencontrant par hasard dans un pays étranger et s'écriant : "Comme le monde est petit" ! Bizarrement, c'est à cette banalité si souvent entendue que m'a fait penser l'étrange sort réservé par notre irremplaçable quotidien à la loi sur la récidive.
Quelle importance lui est donnée, d'abord !
En Une, elle révélerait "ses effets pervers". En page 2, un éditorial lui reproche de favoriser une justice "automatique", donc "aveugle", et d'être responsable d'un "déni de justice". Rien que cela mais ce n'est pas tout ! Puisqu'en page 22, est offert au lecteur un long texte qualifié "enquête" sous la signature d'Anne Chemin et qui ne laisse pas d'étonner, mêlant des généralités convenues à de rares prises de parole assumées.
Pourquoi tant d'acrimonie, et avec une telle méthode ?
Devant une pareille condamnation si ostensiblement affichée en première page, on s'attend en effet à une démonstration qui ne se fonderait pas seulement sur une perception moralisante nourrie par des chiffres, des références et des poncifs ressassés avant et après le vote des peines planchers.
Une nouvelle fois, on fait appel au Nostradamus pénitentiaire, Pierre Tournier, qui, avec une sorte de volupté sèche, nous annonce les mêmes statistiques désespérantes, et heureusement démenties. Si on désire donner à l'analyse l'apparence de la rigueur et probablement se tromper du tout au tout, ce type de chercheurs est irremplaçable qui croient de bonne foi que leurs clés ouvrent toutes les portes et qu'ils savent résumer, prévoir le flux et l'inventivité de la société.
J'apprends, aussi, en Une, que "les juges" critiqueraient volontiers une justice rendue à l'aveugle. J'aurais compris qu'on invoquât l'avis de certains juges. En effet, il y a "des juges" qui se sont opposés au principe des peines planchers. Mais me choque cette volonté d'abriter des dissidences difficiles à dénombrer et limitées sous l'aile bienfaisante de la généralité. C'est mal connaître la magistrature dans ses profondeurs que de la croire en totalité hostile hier au projet, aujourd'hui à la loi sur les peines planchers. A force de réduire leurs sources judiciaires à la seule écoute des syndicats, les journalistes ont tendance à prendre leurs désirs de contestation pour la réalité, alors que celle-ci, examinée objectivement, échapperait à leur quadrillage partisan. Où sont-ils "les juges" qui conforteraient la pensée du Monde ?
L'éditorial reprend le thème, usé jusqu'à la lassitude intellectuelle, de l'individualisation des peines, sans interroger plus avant ce concept de moins en moins opératoire et traite avec trop de condescendance le souci du garde des Sceaux d'apporter "une réponse ferme" à la France "en quête de sécurité et de tranquillité". J'ai beau tenter de deviner, derrière la surface lisse des mots, où résiderait le scandale d'une telle adhésion au sentiment populaire, je ne vois rien là qui puisse susciter la dérision, toujours aussi élégante, du Monde.
Quant au "camouflet" qui serait infligé aux magistrats par les peines planchers, j'ose dire que placer le combat sur ce terrain, c'est se tromper radicalement. Des magistrats n'ont pas à se sentir humiliés par des dispositions législatives qui visent à faire d'eux de meilleurs intercesseurs entre la justice et ses transgressions répétées les plus graves. Le "camouflet" ne se situe jamais là où l'intérêt social est encore mieux satisfait mais dans les atteintes qui pourraient être causées à l'être collectif de la magistrature, à sa dignité et à son honneur. Faire dériver de la sorte l'analyse, c'est amplifier le corporatisme négatif des juges au lieu de les défendre contre l'injustifiable.
J'en arrive à "l'enquête" qui n'en est pas une. Certes, la page qui est consacrée à "Jugements à l'aveugle" - on voit tout de suite l'esprit ! - est remarquable de finesse, avec l'impressionnisme diffus qui vient, comme un subtil brouillard, estomper les lignes de force au profit de la périphérie minoritaire, par le style aussi. Précisément, c'est à cause de cette excellence de la forme qu'on est en droit d'attendre une vision moins orientée dans un domaine où, certes, il n'est pas un lecteur qui ne connaisse pas par avance l'obsession du Monde de dégainer "sa conscience" de peur d'être devancé dans une course qui néglige la vérité au profit de la bienséance de l'esprit et du coeur.
S'il y a une présentation exacte de la loi sur la récidive et des amendements qu'elle peut apporter à l'automaticité des peines, je suis tout de même surpris par la triple invocation à "beaucoup de magistrats" qui seraient mécontents ou, pire, "consternés". Car, en définitive, Anne Chemin n'a pu en trouver que deux, à Bobigny et à Bordeaux, pour s'exprimer publiquement dans le sens qu'elle souhaitait et, d'ailleurs, de manière tout à fait convenable. Un troisième, dans le Sud-Ouest, n'a pas eu le courage de ses deux collègues et j'ai tendance à considérer que l'anonymat n'est pas un gage de crédibilité. Alors beaucoup de magistrats, vraiment ?
Quand on cherche bien, nichée, presque cachée au milieu de cette "enquête", l'information capitale. On y apprend que sur 118 condamnations visant des faits de récidive, les juges ont prononcé 71 peines planchers, soit un taux de 60%. Cela signifie que cette loi tant décriée, d'abord, est appliquée sans l'ombre d'une résistance et qu'elle est mise en oeuvre en concordance parfaite avec son esprit puisque, si les peines plancher sont majoritaires, elles n'ont pas aboli, loin de là, les circonstances de personnalité et de réinsertion qui justifient l'absence d'automaticité. Où est, alors, le scandale ?
A analyser le seul exemple fourni par Anne Chemin, pour nous mettre probablement en état d'indignation, je dois constater au contraire qu'il révèle une grande cohérence pénale, sauf à considérer que la justice n'aurait pas à s'intéresser aux parcours difficiles marqués par l'intermittence du travail, l'alcool, la drogue et la délinquance répétitive.
On sent dans le récit de la journaliste comme un reproche à l'encontre de cette juridiction qui a condamné sévèrement un prévenu ayant profité de la distraction d'une vieille dame qui tapait le code de son immeuble, pour lui dérober son porte-monnaie qui ne contenait que 10 euros et sa carte Vitale. Je voudrais attirer l'attention sur l'absurdité de cette argumentation, implicite ici, explicite ailleurs, notamment à la télévision où, un soir, j'ai entendu qu'un vol à l'arraché avait été scandaleusement puni puisqu'il n'avait porté que sur 20 euros. Puis-je faire remarquer que, dans une société bien organisée et moralement structurée, l'importance du préjudice n'a rigoureusement rien à voir avec la gravité du délit ou du crime ? Que l'un ou l'autre ait permis de soustraire une somme minime ou des fonds substantiels, l'acte malhonnête ou violent de soustraction demeure identique dans sa pureté transgressive. A tout prendre, l'importance du dommage causé à la victime ne concerne que celle-ci et en aucun cas son auteur. Que la première se félicite de n'avoir presque pas été dépouillée est normal mais le second ne saurait se prévaloir de ce qui n'a pas dépendu de lui pour exiger une commisération qu'il ne mérite pas.
Plus fondamentale est la critique qui revient sans cesse contre les peines planchers et qui leur reproche de donner un poids trop lourd à des infractions parfois minimes. C'est précisément ce qui me semble devoir appeler leur approbation. Une fois écarté l'exemple américain souvent dénaturé et qui n'a rien de commun avec notre texte où les exceptions, dans la pratique, sont presque équivalentes à la régle, que constate-t-on ? Appréhender chaque transgression isolément enferme le juge dans une sorte d'autarcie où sa responsabilité sociale peut ne pas suffisamment lui apparaître. Cette démarche, à l'audience, permet aussi au délinquant de ne se confronter qu'à une malfaisance unique sans devoir affronter la gravité d'un parcours. Par conséquent, loin de constituer une régression, la mise en évidence, pour en tirer des conséquences répressives plus affirmées, d'un trajet délictuel ou criminel, d'un processus durable rythmé par deux, trois infractions, d'un entêtement forcené et dangereux dans les actes anti-sociaux, représente une utile prise de conscience. Sanctionner davantage de telles dérives ne me paraît pas offensant pour l'humanisme. Pour certains êtres, il faut concéder, tristement, que la liberté est criminogène et que leur faillite ne révèle pas l'échec de la prison, comme on le dit trop souvent, mais l'échec d'une politique qui a eu peur d'utiliser la peine de prison comme il convient, à cause de la situation pénitentiaire clairement indigne en de nombreux établissements. Mais, de grâce, qu'on cesse de rendre la prison coupable de ce qu'au contraire, elle aurait su éviter !
Le Monde est petit ! Je le maintiens. Le Monde annonce un monde sur la loi sur la récidive et, en définitive, on se retrouve à quelques-uns, à peine. La montagne accouche de presque rien. Tout simplement, parce que la montagne s'est trompée ou qu'elle n'existe pas. Loin de moi l'envie de soutenir que la loi sur la récidive est parfaite. Mais, appliquée à des situations de délinquance graves et répétées, elle offre aux magistrats l'occasion, avec un outil rigoureux mais qui n'exclut pas l'humain et ses nuances, d'accomplir ce pour quoi ils sont utiles à la société.
Châtier les méchants, consoler les faibles. C'est aussi simple que cela. Trop pour le Monde ?
Vous avez raison de dire que le Monde est petit, mais en l'occurence, il y a pire : le Monde est malhonnête !
Malhonnête car le premier paragraphe de l'édito égrène des cas de petits délits en faisant croire qu'ils ont été réellement sanctionnés de 2 ou 4 ans de prison ferme. Le problème, c'est que lorsqu'on lit le grand article, on ne retrouve aucun de ces cas, et on comprend qu'il ne s'agissait que d'exemples dans lesquels la peine AURAIT été de 2 ou 4 ans SI la peine plancher avait été appliquée.
On nous fait donc croire qu'il y a eu des "injustices", alors qu'il n'en est rien ! Qui plus est, je trouve ça insultant à l'égard des magistrats, car dans la mesure où ils sont en droit de ne PAS appliquer la peine plancher, eux seuls auraient du porter la responsabilité de décisions aussi "injustes".
Rédigé par : Xavier | 21 octobre 2007 à 12:36
Merci de votre réponse. Je l'ai lue attentivement.
A suivre.
Rédigé par : olivier | 18 octobre 2007 à 11:00
@ Olivier
Il y a une troisième hypothèse qui peut expliquer une erreur de compréhension chez celui qui lit. Le défaut de précision chez celui qui écrit.
Ce qui pour des à l'aise dans une discipline exigeante comme celle du droit va de soi, n'est pas aussi évident que cela pour des à peu près nuls dans ce domaine.
Sur le fond de notre discussion.
Le texte de RD n'est pas inutile, en trop ou dans le toujours plus.
1 - il traduit un des engagements de NS pendant sa campagne.
2 - Je serais la première à me contenter des dispositions antérieures si nous en constations l'efficacité et un résultat positif quant à la baisse de la muti récidive.
3 - La multi récidive est EGALEMENT un échec des dispositions antérieures. Vous me répondrez que par manque de moyens le texte d'E. Guigou, par exemple, n'a pas pu être appliqué et ainsi, n'a pas pu prouver son efficacité.
Multipliez par 100, 1000 les moyens sans transformer le regard habituel porté sur la récidive, à savoir en gros :
les multi récidivistes sont d'abord des victimes des injustices de la société qu'il convient de n’encadrer qu’avec des professionnels (très) largement acquis et formés à cette perception exclusive, les améliorations seront modestes.
Tant que des professionnels manifesteront les plus grandes réticences envers l'aspect, en premier, répressif d'une sanction. Tant qu'ils ne solliciteront pas des évaluations concrètes et continues de leur travail d'accompagnement. Tant qu'ils auront le plus grand mal à admettre que la société leur délègue une mission de réinsérer avec l'impératif d'un résultat, je persisterai à penser que selon qu’on soit Guigou ou Dati, il y aura un divorce permanent entre la société et le monde judiciaire.
Je vous rejoins sur les dangers redoutables de l'instrumentalisation de la victime. Je l'ai exprimé à plusieurs reprises dans ce blog.
Mais cela ne nous autorise pas à compter comme négligeable ou presque pour rien les délinquances à répétition qui pourrissent, angoissent et font du mal à ceux qui ont à les subir dans leur quotidien.
Je ne parle pas là de vos propos sur les offensés que je pense mesurés, éclairés et qui me conviennent. Mais de ceux à l'image, par exemple, de l'éditorialiste du Monde.
Vous me parlez de 2002.
2002, c'est pour moi la date charnière où ce mépris pour les insécurités a fini par sauter à la gorge des P. Tournier et des A. Chemin coincés dans "leur volupté sèche" .
Et puis, entre vous et moi. Pour retrouver le propos de Philippe.
Des magistrats appliquent des peines planchers. Le fond du débat qui les a occupés sur cette question était le fait que devoir argumenter une non application d’une peine plancher portait atteinte à leurs prérogatives.
Autrement dit, une mise en cause de leur liberté d’appréciation. Autrement dit, selon eux, une trop grande place accordée dans ce texte à la mise en avant de la question de leur responsabilité vis-à-vis de la société.
@ Philippe
Pardon pour la longueur de ma réponse à Olivier.
Je ne fais pas là mon inconditionnelle de NS que, vous aussi, vous m‘avez reprochée. Je fais là mon inconditionnelle... de vous. Enfin, presque.
Rédigé par : Véronique | 18 octobre 2007 à 08:04
Véronique :
Vous faites deux contre-sens sur mon propos. Permettez donc que je précise.
Le toujours-plus que je dénonce, n'est pas la gradation de la sanction entre la primo-délinquance et la récidive. Il s'agit de l'inflation de textes.
Et je vous maintiens, en précisant, que les offensés ont besoin d'être reconnus dans leur offense, d'être reconnus vis-à-vis des offenseurs, mais les offensés n'ont pas besoin que, chaque année, un nouveau texte vienne "toujours-plus" témoigner de l'offense subie. J'ai même tendance à croire le contraire.
Le deuxième contre-sens concerne la qualification de victime.
On considère ordinairement que ce n'est pas tout à fait pareil d'être victime d'un crime, d'un délit, d'une incivilité, voire d'en être témoin, voire même d'en avoir entendu parler. Et ce qui m'inquiète, c'est la propension de ceux qui ont entendu parler de ceci ou de cela, à se présenter comme les quasi parties civiles d'une société dont on organise l'émoi (vous vous souvenez 2002, le brave citoyen mollesté ?). Et je m'inquiète que l'on "fasse" de l'honnête citoyen la "victime" de tout ce qui va de travers - esprit de responsabilité oblige, et pas seulement.
Je pensais que là-dessus nous pourrions être d'accord.
Dans le contre-sens, il y a parfois quelqu'un qui n'a pas su s'exprimer, et parfois aussi quelqu'un qui n'a pas voulu lire le propos pour ce qu'il était.
Il ne faudrait pas que votre "vigilance" à mon endroit vous aveugle.
Non ? Si ? Non ! Si-si, non.
Rédigé par : olivier | 17 octobre 2007 à 13:53
"Le Monde est petit !"
je rebondis donc, monsieur Bilger, sur votre tête de fil :
il est devenu bien "petit" Le Monde, le journal... depuis quelques années, côté certaines pensées voire développements non ?
il a bien changé :-(
(- ceci n'engage que mon moi chez vous là -)
bien sûr il a pris des couleurs mais je trouve certains articles que je m'efforce d'élire, de plus en plus ......" petits "!
à en pousser des hooooooo là là ?
la preuve !
Sissi !
Rédigé par : Cactus rêvait d'un autre Monde | 17 octobre 2007 à 12:01
@ Olivier
Si nous mettons de côté le texte de RD, avant ce texte, l'évaluation d'une peine prenait en compte la biographie pénale du prévenu.
Nous étions déjà dans la logique du "toujours plus".
Quand, par exemple, JP, - ne souriez pas, Jacques - assumait la fonction d‘avocat général ou quand il était le magistrat qui décidait de la sanction, je ne suis pas certaine que dans ses réquisitions, ou dans ses jugements, il considérait qu’un profil très récidiviste était un élément en faveur d'un "moins" ou d'un "égal à".
Et le code pénal, de toute façon, définit des planchers.
Ce que vous appelez les
"honnêtes-citoyens-de-profession des victimes, des "offensés" "
se nomment aussi une société avec ses interdits traduits par des lois.
Où est le scandale quand une société dit clairement, sans ambiguïté, à un entêté de la délinquance que la multiplication de ses délits entraînera la sanction dans un "toujours plus" ?
Où est le sandale pour notre société de vouloir faire admettre aux excessifs de la récidive l'idée que nous - la société, vous, moi -, nous ne nous situons pas dans le registre du foutage de gueule.
S'il y avait pour notre entêté un doute encore possible, la peine plancher le lui formalise d"une façon nette.
Alors.
"Reconnaître ce qui les a offensés n'exige pas "toujours plus" de peines contre les offenseurs."
Une sanction majorée qui se situe quant à éventualité dans un plus que probable, je suis d'accord avec cela.
Si, Olivier.
Rédigé par : Véronique | 17 octobre 2007 à 07:25
"Où me suis-je trompée ??"
Dans le choix de votre alimentation
Rédigé par : sbriglia | 17 octobre 2007 à 07:02
Ludo Lefebvre
«Devons-nous nous comporter comme eux, les laisser faire ?
Cet après-midi, alors que j'étais dans une file d'attente, un homme passe devant tout le monde, je lui dis que nous sommes avant lui, il insulte tout le monde et passe quand même... Comment aurais-je du réagir alors que je fus le seul à me manifester, devenir un barbare à mon tour et le rouer de coups pour un motif aussi futile ?»
Autre exemple. Lieu :Mac Drive de Metz - Heure: 12h30 - Sens de circulation: normalement dans la région les véhicules roulent à droite - Priorité sur une route non prioritaire: en principe à droite vu le sens de circulation. Néanmoins
une voie à double circulation située entre Buffalo grill d'un côté et Mac Drive de l'autre, se voit utilisée sans aucun panneau de signalisation dans le sens de circulation contraire, à savoir le sens qui a cours en Angleterre notamment, autrement dit: véhicules entrants sur la voie de gauche et véhicules sortants sur la voie de droite du fait, m'a-t-il été précisé par la suite, d'une meilleure accessibilité présumée au Mac Drive d'un côté, ainsi que au parking Buffalo de l'autre.
La semaine dernière, j'arrive à proximité des lieux en roulant comme de juste sur la voie de droite et m'engage dans le parking en continuant sur cette voie, vu que rien n'indique qu'on se trouve tout à coup en extraterritorialité ou quelque chose de ce genre, en dehors d'un marquage au sol fantaisiste non visible d'entrée de jeu, et je me retrouve nez à nez avec un véhicule descendant auquel je signale d'avoir à reculer ainsi qu'à se désengager de cette voie. Le véhicule conduit par une jeune conductrice refuse de céder la place, et entame un slalom entre les véhicules de la file d'attente du Mac Donald qui se trouvent dans son couloir normal de circulation à elle- vu que les employées de ce restaurant se sont mis sur la gauche au lieu de se mettre sur la droite pour prendre les commandes en avance-, et mon véhicule -lequel se trouve donc dans le couloir qui en dehors de toute information contraire, est le couloir normal de circulation-. Arrivée à ma hauteur, elle me fait signe en rigolant de la bonne farce, qu'elle avait réussi à passer quand même. De façon cependant à éviter un accident pour le cas où un second véhicule venant du Buffalo emprunterait à nouveau en sens contraire ledit couloir, je demande à entrer dans la file à hauteur d'un croisement qui normalement me donne la priorité, vu que le couloir de gauche ne saurait être considéré comme une route prioritaire, et que se passe-t-il ? Je déclenche l'ire de quelques donzelles en furie qui clament par la portière que je devais faire la queue comme tout le monde. Résultat, l'employée du Mac Drive refuse de prendre ma commande et son responsable appelé par talkie arrive furax pour me dire qu'il ne me servira pas. J'avoue m'être laissée aller quelques secondes à devenir adepte de la nouvelle grossièreté le temps d'un bon juron, puis déclare tout net que je laisserai donc le moteur coupé jusqu'à ce que l'on prenne ma commande vu que je m'étais comportée tout à fait normalement et que ce n'était ni au Mac Drive ni au Buffalo à réformer le code de la route. Réaction: «Si vous ne bougez pas de là on appelle les flics. » Je réplique alors «appellez les donc, ça peut être intéressant de voir à quel code ils choisiront de se référer, le code Mac Buffalo ou le code de la route.» On m'a donc finalement servi un maxi best off que je n'avais plus envie de consommer, mais tenait absolument à obtenir, ne serait-ce que pour le donner au premier clodo venu. Bien évidemment, il m'a été précisé que si le Mac Drive ne me convenait pas, je n'avais plus besoin d'y revenir !
Où me suis-je trompée ??
Rédigé par : Catherine JACOB | 16 octobre 2007 à 19:51
Non, Véronique.
Reconnaître ce qui les a offensés n'exige pas "toujours plus" de peines contre les offenseurs.
Rédigé par : olivier | 16 octobre 2007 à 19:46
"à -tous- ....:"
(à Copenhague, on n'a pas besoin de mettre un antivol à son vélo. Peut-être que de ce côté-là, la paix civile danoise, on pourrait aussi chercher plutôt que d'entasser les détenus en se disant qu'on fait une grande oeuvre." ( Olivier ))
- à tous - :-(
JE veux bien : mais en quoi suis-je consterné moi-aussi par cette phrase ?
( de plus le vélo m'est interdit depuis d'illustres lustres )
Rédigé par : Cactus tel Villepin , pond . | 16 octobre 2007 à 16:20
@ Olivier
"mais faire de tous les honnêtes-citoyens-de-profession des victimes, des "offensés restés sous le coup de l'offense"
Non Olivier.
Leur reconnaître simplement que ce qui les a offensés, meurtris et violentés n'est pas que dans leur imaginaire et contrarie d'abord ceux qui escamotent les réalités désagréables.
Car sans cette prise en compte, c'est de cette manière, en ligne directe, qu'on les enferme "sous le coup de l'offense".
Rédigé par : Véronique | 16 octobre 2007 à 13:16
@ Véronique :
Vous écrivez : "Et pourquoi les jeunes gars rouquins ne seraient pas capables, eux aussi, de consentir des efforts et de faire mentir leurs vulnérabilités aggravées par ce qu’ils n’ont pas reçu."
C'est sûr que ce serait bien. D'abord pour lui, pour nous ensuite. Ce serait bien... (je m'y suis même un peu employé toutes ces années là-bas, dans nos amitiés d'outre-murs).
Mais l'exigence salutaire qui est la vôtre, n'hésitez pas à l'appliquer aussi à d'autres.
Je n'ose pas trop le dire, vous comprendrez, mais faire de tous les honnêtes-citoyens-de-profession des victimes, des "offensés restés sous le coup de l'offense" (l'expression est de B. Barret-Kriegel au sujet du léninisme, dans 'L'Etat et les esclaves' - on peut la reprendre telle quelle) ne me semble pas aller dans le sens, celui de la responsabilité et de l'élévation de chacun.
Je ne coince pas quand vous appellez au resaisissement du rouquin. Je coince quand vous ne voyez pas les autres.
L'infantilisation du brave citoyen outragé ne sert pas que des intérêts moraux.
Rédigé par : olivier | 16 octobre 2007 à 12:00
@Parayre
Si vous avez cru que j'avais des certitudes, c'est que je me suis très mal fait comprendre. Je pense simplement, c'est tout bête, qu'il faut une sanction. Sur ce qu'elle doit être et dans quelles conditions elle doit s'effectuer, il faudrait des pages entières. Si vous voulez me faire dire que les prisons actuelles ne sont pas ce qu'elles devraient être je vous l'accorde ; même si je n'y suis pas allée depuis longtemps. Stagiaire encore j'avais obtenu, après des mois de négociations avec la Chancellerie, de passer une journée en prison, sans prévenir au préalable le directeur et en ayant la possibilité de tout visiter et de rencontrer les détenus que je souhaiterais voir et ceux qui souhaiteraient me voir. C'était dans un ancien couvent de Clarisses reconverti en prison aprés la révolution. A chaque fois que j'y pense, je sens cette odeur de promiscuité, salpêtre, saleté, masquée difficilement par des litres de grésil. J'ai visité chaque cellule. Je me souviens d'une où devaient s'entasser une trentaine de détenus, à peine éclairée par une ampoule de 60 watts, une vraie cage aux fauves ; je me souviens des "pointeurs" isolés à l'étage et parmi eux de l'assassin-violeur d'un garçonnet de 4 ans qu'il avait enterré, aidé de son fils ado et qui doit à Badinter d'être en vie et sans doute libre aujourd'hui. Attention je suis contre la peine de mort ; je voulais juste dire qu'à quelques mois près, peut-être aurait-il été raccourci.
J'ai aussi assisté à des procès, et pas une seule fois, en attendant le verdict et en croisant souvent le regard de l'accusé, quels que soient les sentiments qu'il m'avait inspiré de compassion ou de répugnance, je n'ai pu réprimer un malaise physique ; la tête qui tournait, quand tombait le 10 ans ou 15 ans de prison.
Je ne suis donc pas une acharnée de la prison ; j'ai essayé simplement de dire qu'il fallait sanctionner les comportements délictueux mais qu'il fallait aussi tout faire pour aider, réinsérer. Comme vous je pense que rares sont ceux qui choisissent d'être délinquants. Ou alors ce sont ceux qui vont le moins souvent derrière les barreaux, ceux qui organisent, planifient à grande échelle, les délinquants en col blanc, les boss des trafics en tout genre, ceux qu'on appelle les "cerveaux".
Cela dit, je persiste - désolée - cantonner les détenus dans le rôle de pauvres types qui n'ont pas eu de chance et qui étaient quasiment obligés de "délinquer" (oh le néologisme) a des relents de déterminisme qui me dérangent.
Rédigé par : catherine A. | 16 octobre 2007 à 11:43
Enfin une sage parole Monsieur Bilger. Vous vous faites pragmatique !
Cette loi est juste car cette loi est équilibrée !
Rédigé par : Lousie | 16 octobre 2007 à 09:52
Merci Parayre d'avoir pris le soin de nous dire qui vous étiez et comment vous en étiez venus à cette retenue.
Merci, aussi, d'avoir rappelé la prostration de certains.
Rédigé par : olivier | 16 octobre 2007 à 09:17
Le Monde est (parfois) petit. Peut-on se dispenser de le lire ? Ne serait-ce, alors que par mortification quotidienne ?
Rédigé par : Peroixe | 16 octobre 2007 à 08:59
@ Marie
En fait, Monsieur Bilger est multiple.
Sa nature romantique, romanesque, mélancolique et insaisissable, à l'image d'Elisabeth à Genève, l'a convaincu d'exercer un métier qui contiendrait son trop de personnalité étrange et fantasque.
Il suffit pour s’en convaincre de lire sa biographie professionnelle. Laquelle, si elle se situe dans la fuite et dans l’échappée, nous fait également envisager un jeune Bilger perméable, lui aussi, aux vulnérabilités.
Monsieur Bilger aurait-il infligé la question psychologique ?
Comme tout un chacun peut le lire dans ses ses notes, je pense que pour Monsieur Bilger, ce recours à la question psychologique n'est pas son genre.
Trop d'orgueil en lui pour consentir au petit et au très petit.
L'aveu d'un méchant qui avoue ne pouvant être compris pour lui que comme un succès, la preuve éclatante de son talent professionnel.
Non ?
@ Jacques
Je ne souris pas. *
Ma réponse à Olivier, même si elle est forcément déconnectée des réalités brutales et sans espérance du monde judiciaire et de la prison, est une illustration de l'effort de réflexion que j'essaie de faire.
Pour trouver un milieu juste.
Non pas en raison du mot milieu. Mais en raison du mot juste (je fais référence là à une phrase de Philippe).
« ...appuyées sur mon parcours personnel, les efforts consentis et l'éducation reçue... »
Et pourquoi les jeunes gars rouquins ne seraient pas capables, eux aussi, de consentir des efforts et de faire mentir leurs vulnérabilités aggravées par ce qu’ils n’ont pas reçu.
Ce qu’on ne leur a pas transmis ne doit pas les enfermer dans une vision d’eux-mêmes qui les explose.
* ps : vous ne voulez pas me croire. Mais pour l’ironie talentueuse et maîtrisée, j’ai trouvé à travers vos commentaires un maître.
Rédigé par : Véronique | 16 octobre 2007 à 08:00
@ Parayre,
Vous faites le constat, c'est très bien et je l'entends, mais vous ne donnez pas la solution autre que la prison !
Très bien, je veux bien vous suivre, vous êtes empreint de sagesse, mais certains délinquants le sont-ils ?
Nous sommes déjà en train de vider l'océan avec une petite cuillère or vous savez bien qu'une absence de sanction carcérale serait une invitation pour certains peu scrupuleux. Alors certes l'emprisonnement est un pis-aller, mais que reste-il d'autre comme dissuasion lorsque des adultes décident de ne pas se comporter de façon responsable et altruiste ?
Devons-nous nous comporter comme eux, les laisser faire ?
Cet après-midi, alors que j'étais dans une file d'attente, un homme passe devant tout le monde, je lui dis que nous sommes avant lui, il insulte tout le monde et passe quand même... Comment aurais-je du réagir alors que je fus le seul à me manifester, devenir un barbare à mon tour et le rouer de coups pour un motif aussi futil et par conséquent être hors la loi, me taire comme le troupeau habitué à la soumission. Comment voulez-vous réagir lorsque vous-même vous ne vous autoriseriez jamais ce genre de comportement avec autrui ? Je peux vous dire que le soir lorsque vous allumez votre poste de télévision et que des journaleux vous expliquent que le problème, c'est vous, que la France est raciste, que ce que vous voyez au quotidien n'est pas vrai... Ceci vous met de la colère sur la colère ! Vous vous retrouvez bloqué avec votre éducation, votre phobie du scandale et toute une doxologie contre vous et vous êtes là, lésé, lésé et encore lésé !
Devons-nous nous mettre à vivre encore moins pour que des incivils puissent vivre leur plein épanouissement ?
J'en ai parfois ras le bol de cette société qui tourne à l'envers, qui ne cesse de prendre ceux qui font l'effort de bien se comporter pour des moins que rien... Ras le bol !
Quelles sont les mères débiles qui élèvent des rejetons ainsi pour que nous retrouvions à devoir les supporter ?
Rédigé par : Ludo Lefebvre | 16 octobre 2007 à 00:19
Je n'ai pas lu les articles du Monde cités, aussi, me suis-je permis une petite fantaisie.
Dame Véronique nous a fait une belle description de monsieur Bilger, dans la chronique sur Sissi. Aussi, m’appuyant sur celle-ci, je m’imaginais, notre hôte, trois siècles en arrière, sous Louis XIV, rendant la justice criminelle à la Tournelle d’un Parlement, lors d’un appel en matière criminelle.
A l’occasion de cette justice royale, écrite et secrète, un accusé lui aurait été soumis, là, dans cette chambre. Ledit individu aurait dû se défendre, seul, sans avocat et sans communication des pièces du procès. Il n’aurait pas fallu qu’il eût pu déguiser la vérité.
Suivant les formes de la grande ordonnance royale de 1670, notre révéré juge aurait été tenu de rechercher la preuve du méfait, du crime, dans l’affaire qui lui aurait été de céans présenté. Recherche strictement réglementée, celle-ci reposant sur le témoignage et l’aveu de l’accusé que notre vénéré magistrat se serait vu obligé, si nécessaire, d’obtenir par la torture, appelée « question judiciaire ».
Mais, celle-ci n’était toutefois qu’exceptionnelle, car ladite Ordonnance exigeait l’existence d’un crime punissable de mort, d’indices irréfutables contre l’accusé….
Là, une question se poserait : notre juge d’aujourd’hui aurait-il appliqué « la question » d’hier ?
Puis, celles-ci : La justice a-t-elle évolué ou est-elle devenue une justice pratiquant la « question psychologique » ?
Rédigé par : Marie | 16 octobre 2007 à 00:05
@catherine A.
N'y voyez aucune querelle de votre position finement argumentée mais une simple volonté de dialogue sur un sujet pour le moins délicat qui appelle échanges contradictoires et respectueux : j'ai, en termes de certitude(s), effectué un chemin inverse au vôtre !
A dix-huit ans, mes convictions sur la nécessité de la fermeté, notamment carcérale, étaient naïvement fortes, appuyées sur mon parcours personnel, les efforts consentis et l'éducation reçue...
Après trente années de magistrature ou presque - précédées d'une autre vie - et donc d'une familiarité quotidienne avec "l'imparfait", les réponses légales et judiciaires y apportées par mes soins ou mon institution sur mes réquisitions développées avec volontarisme mais, j'espère, toujours humanisme, m'ont conduit à perdre toute conviction, croyance, assurance arrogantes sur le tout-répressif et notamment la "prison"...
Aujourd'hui, à un âge avancé et retiré des "affaires", mes doute, incertitude, perplexité demeurent nombreux sur la pertinence de l'action pourtant loyale qui a été la mienne en serviteur scrupuleux de la Loi dans toutes ses dispositions.
Je n'adhère pas, vous l'avez compris, aux assurances affichées par beaucoup qui me semblent, au regard de mon expérience, ne souriez pas Véronique, révéler une méconnaissance de la réalité de la Justice pénale et du "monde" pénitentiaire comme du "public" - pardon d'utiliser ce terme - en relevant dans leur rigueur.
J'ai tenté, dans un précédent commentaire, resté sans écho ou presque, de m'interroger sur les colossaux préjudices causés par certains, peu ou pas réprimés, de surcroît dans des délais déraisonnables, et sur la célérité avec laquelle d'autres, plus miséreux - si, si, cher L.Lefebvre - à qui, seuls, compte tenu des délais sus-évoqués, les nouveaux textes sur les peines planchers sont et seront appliqués.
N'y trouvez aucune suffisance de "professionnel autiste" fermé à la controverse mais plutôt un témoignage nourri aux sources de la réalité de nos maisons d'arrêt, écoles du crime, de l'inactivité tabagique, bercée par la seule télévision et génératrice, pour ceux qui y sont incarcérés, plus de révolte que de prise de conscience de leurs errements pénaux antérieurs .
La surpopulation, et donc la promiscuité, l'oisiveté, la prostration ou le désoeuvrement sont certes, pour reprendre votre terme, constitutives d'une "punition" mais, sans ambition, elles ne participent en rien à l'éducation des détenus.
Or, je crois l'avoir déjà écrit "chez Philippe" , éduquer vient du latin "exducere" qui signifie conduire dehors...
J'aspire à ce que nos lieux d'enfermement y participent et qu'on ne se satisfasse pas, sans vision à plus long terme, de leur rôle actuel, improductif, de mise à l'écart, par définition provisoire, des plus abandonnés des nôtres.
Rares ou tout au moins peu nombreux, croyez mon vécu aux six coins de l'hexagone judiciaire, ceux qui choisissent volontairement la délinquance comme mode de vie après d'autres, plus normatifs, abandonnés car trop contraignants.
Ces derniers existent, certes, ils sont toutefois en faible nombre aujourd'hui, comme hier...
Rédigé par : Parayre | 15 octobre 2007 à 22:27
@Olivier
Décidément, je t'aime bien, toi !
Tu as prévu quelque chose pour les dix ans qui viennent ?
Rédigé par : Fleuryval | 15 octobre 2007 à 22:14
"Loin de moi l'envie de soutenir que la loi sur la récidive est parfaite"..
Quel serait à vos yeux, cher monsieur, ses défauts éventuels ? Auriez-vous "envie" (voire la capacité) de nous en dire un peu plus, au risque de "juger" de manière un peu plus critique, une loi préparée par un Exécutif cherchant uniquement à "châtier les méchants, et consoler les faibles", ce que les magistrats n'avaient jamais réussi seuls, jusqu'à présent. Et si le fait de châtier son langage avait pour unique vertu de calmer les débatteurs du café du commerce ? Pensez donc : ils pourraient lâcher la proie du Monde pour l'ombre du Figaro !... Quelle horreur.
Rédigé par : diagonal | 15 octobre 2007 à 22:08
Soutenez-vous que deux ans de prison est une peine proportionnée pour un voleur de parapluie ? Cette loi me semble à la fois injuste et inefficace.
Avec de telles mesures il sera bientôt possible de mettre en prison une large partie de la population (téléchargement illégal, canabis etc.). Comme l'a indiqué Maitre Eolas, une personne qui commet une infraction fait (psychologiquement) le pari qu'elle ne sera pas prise, pas que sa peine sera faible si elle est prise. Une piste est donc de sanctionner plus d'infractions (vidéo surveillance etc.) et non d'augmenter les peines pour les quelques malheureux qui se font prendre et qu'on l'admette ou non payent pour les autres. Cela veut dire aussi qu'il faut que la police soit plus maligne que les "voyous", ce qui n'est pas gagné.
Rédigé par : Richard | 15 octobre 2007 à 20:17
Véronique :
Quand vous écrivez
"Je pense que le récidiviste - si nous pouvons utiliser ce terme très général - est une personne qui n'est faite que de vulnérabilités. Y compris celle qui s'appelle la frustration et la réponse impatiente qu'il y apporte, la délinquance."
je suis pleinement d'accord.
Pour 'mon' rouquin si j'ose dire (!), je crois qu'il était 'un peu plus à l'ouest' que nécessaire (la marginalisation, aussi).
"Habillé pour l'hiver"... écrivez-vous : oui.
à Ludo : je n'ai pas dit que vous étiez riche, mais je vous confirme tout de même que la prison rassemble des gens plus pauvres, et nettement, que la moyenne de la société.
à Catherine A.
Je suis d'accord avec vous en fait... et j'ai le sentiment que si certains ont vocation à changer les choses, la question de la réinsertion pourrait les occuper pleinement.
à tous : à Copenhague, on n'a pas besoin de mettre un antivol à son vélo. Peut-être que de ce côté-là, la paix civile danoise, on pourrait aussi chercher plutôt que d'entasser les détenus en se disant qu'on fait une grande oeuvre.
Rédigé par : olivier | 15 octobre 2007 à 19:38
@ Olivier
"La loi sur la récidive va-t-elle donc protéger les plus vulnérables ?"
Oui.
Dans le moins, ces vulnérables seront protégés le temps de l'incarcération des personnes qui présentent un risque haut de récidive, après la multi-récidive.
Ils auront également le sentiment que la société ne compte pas pour presque rien l’acte délinquant qu'ils ont subi. Cette violence de plus en plus violente que des éditorialistes dans le genre de celui du Monde ignorent parce qu'elle contrarie leur vision fantasmée du réel.
Seront-ils protégés sur le long terme ?
Non.
Si la peine de prison infligée est dénaturée de son sens premier qui est celui de la sanction. Donc, d’un possible coup d’arrêt dans le parcours délinquant.
Si la personne condamnée est confortée dans l'idée qu'elle n'est qu’une victime presque obligatoire de la société. Et si "ce statut", ajusté par d’autres, qui l’habille pour tout l’hiver, prend pour elle un caractère obligatoire et indiscutable.
Si le détenu n'est pas professionnellement et très qualitativement encadré lors de sa détention et de sa libération.
"Le récidiviste n'est-il pas aussi une personne avec sa propre vulnérabilité ?"
Je pense que le récidiviste - si nous pouvons utiliser ce terme très général - est une personne qui n'est faite que de vulnérabilités. Y compris celle qui s'appelle la frustration et la réponse impatiente qu'il y apporte, la délinquance.
Le jeune gars rouquin qui n'arrêtait pas de voler éprouvait aussi, je crois, un énervement fou à l'idée de toute frustration. Ne pas savoir se maîtriser est d'abord une violence qu'on inflige à soi. Qui finit toujours par faire exploser ce qui peut encore structurer et faire grandir un jeune gars.
Rédigé par : Véronique | 15 octobre 2007 à 18:19