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Le Monde est petit !

Le Monde est petit, comme deux voisins se rencontrant par hasard dans un pays étranger et s'écriant : "Comme le monde est petit" ! Bizarrement, c'est à cette banalité si souvent entendue que m'a fait penser l'étrange sort réservé par notre irremplaçable quotidien à la loi sur la récidive.

Quelle importance lui est donnée, d'abord !

En Une, elle révélerait "ses effets pervers". En page 2, un éditorial lui reproche de favoriser une justice "automatique", donc "aveugle", et d'être responsable d'un "déni de justice". Rien que cela mais ce n'est pas tout ! Puisqu'en page 22, est offert au lecteur un long texte qualifié "enquête" sous la signature d'Anne Chemin et qui ne laisse pas d'étonner, mêlant des généralités convenues à de rares prises de parole assumées.

Pourquoi tant d'acrimonie, et avec une telle méthode ?

Devant une pareille condamnation si ostensiblement affichée en première page, on s'attend en effet à une démonstration qui ne se fonderait pas seulement sur une perception moralisante nourrie par  des chiffres, des références  et  des poncifs  ressassés avant et après le vote des peines planchers.

Une nouvelle fois, on fait appel au Nostradamus pénitentiaire, Pierre Tournier, qui, avec une sorte de volupté sèche, nous annonce les mêmes statistiques désespérantes, et heureusement démenties. Si on désire donner à l'analyse l'apparence de la rigueur et probablement se tromper du tout au tout, ce type de chercheurs est irremplaçable qui croient de bonne foi que leurs clés ouvrent toutes les portes et qu'ils savent résumer, prévoir le flux et l'inventivité de la société.

J'apprends, aussi, en Une, que "les juges" critiqueraient volontiers une justice rendue à l'aveugle. J'aurais compris qu'on invoquât l'avis de certains juges. En effet, il y a "des juges" qui se sont opposés au principe des peines planchers. Mais me choque cette volonté d'abriter des dissidences difficiles à dénombrer et limitées sous l'aile bienfaisante de la généralité. C'est mal connaître la magistrature dans ses profondeurs que de la croire en totalité hostile hier au projet, aujourd'hui à la loi sur les peines planchers. A force de réduire leurs sources judiciaires à la seule écoute des syndicats, les journalistes ont tendance à prendre leurs désirs de contestation pour la réalité, alors que celle-ci, examinée objectivement, échapperait à leur quadrillage partisan. Où sont-ils "les juges" qui conforteraient la pensée du Monde ?

L'éditorial reprend le thème, usé jusqu'à la lassitude intellectuelle, de l'individualisation des peines, sans interroger plus avant ce concept de moins en moins opératoire et traite avec trop de condescendance le souci du garde des Sceaux d'apporter "une réponse ferme" à la France "en quête de sécurité et de tranquillité". J'ai beau tenter de deviner, derrière la surface lisse des mots, où résiderait le scandale d'une telle adhésion au sentiment populaire, je ne vois rien là qui puisse susciter la dérision, toujours aussi élégante, du Monde.

Quant au "camouflet" qui serait infligé aux magistrats par les peines planchers, j'ose  dire que placer le  combat sur ce terrain, c'est se tromper radicalement. Des magistrats n'ont pas à se sentir humiliés par des dispositions législatives qui visent à faire d'eux de meilleurs intercesseurs entre la justice et ses transgressions répétées les plus graves. Le "camouflet" ne se situe jamais là où l'intérêt social est encore mieux satisfait mais dans les atteintes qui pourraient être causées à l'être collectif de la magistrature, à sa dignité et à son honneur. Faire dériver de la sorte l'analyse, c'est amplifier le corporatisme négatif des juges au lieu de les défendre contre l'injustifiable.

J'en arrive à "l'enquête" qui n'en est pas une. Certes, la page qui est consacrée à "Jugements à l'aveugle" - on voit tout de suite l'esprit ! - est remarquable de finesse, avec  l'impressionnisme diffus qui vient, comme un subtil brouillard, estomper les lignes de force au profit de la périphérie minoritaire, par le style aussi. Précisément, c'est à cause de cette excellence de la forme qu'on est en droit d'attendre une vision moins orientée dans un domaine où, certes, il n'est pas un lecteur qui ne connaisse pas par avance  l'obsession du Monde de dégainer "sa conscience" de peur d'être devancé dans une course qui néglige la vérité au profit de la bienséance de l'esprit et du coeur.

S'il y a une présentation exacte de la loi sur la récidive et des amendements qu'elle peut apporter à l'automaticité des peines, je suis tout de même surpris par la triple invocation à "beaucoup de magistrats" qui seraient mécontents ou, pire, "consternés". Car, en définitive, Anne Chemin n'a pu en trouver que deux, à Bobigny et à Bordeaux, pour s'exprimer publiquement dans le sens qu'elle souhaitait et, d'ailleurs, de manière tout à fait convenable. Un troisième, dans le Sud-Ouest, n'a pas eu le courage de ses deux collègues et j'ai tendance à considérer que l'anonymat n'est pas un gage de crédibilité. Alors beaucoup de magistrats, vraiment ?

Quand on cherche bien, nichée, presque cachée au milieu de cette "enquête", l'information capitale. On y apprend que sur 118 condamnations visant des faits de récidive, les juges ont prononcé 71 peines planchers, soit un taux de 60%. Cela signifie que cette loi tant décriée, d'abord, est appliquée sans l'ombre d'une résistance et qu'elle est mise en oeuvre en concordance parfaite avec son esprit puisque, si les peines plancher sont majoritaires, elles n'ont pas aboli, loin de là, les circonstances de personnalité et de réinsertion qui justifient l'absence d'automaticité. Où est, alors, le scandale ?

A analyser le seul exemple fourni par Anne Chemin, pour nous mettre probablement en état d'indignation, je dois constater au contraire qu'il révèle une grande cohérence pénale, sauf à considérer que la justice n'aurait pas à s'intéresser aux parcours difficiles marqués par l'intermittence du travail, l'alcool, la drogue et la délinquance répétitive.

On sent dans le récit de la journaliste comme un reproche à l'encontre de cette juridiction qui a condamné sévèrement un prévenu ayant profité de la distraction d'une vieille dame qui tapait le code de son immeuble, pour lui dérober son porte-monnaie qui ne contenait que 10 euros et sa carte Vitale. Je voudrais attirer l'attention sur l'absurdité de cette argumentation, implicite ici, explicite ailleurs, notamment à la télévision où, un soir, j'ai entendu qu'un vol à l'arraché avait été scandaleusement puni puisqu'il n'avait porté que sur 20 euros. Puis-je faire remarquer que, dans une société bien organisée et moralement structurée, l'importance du préjudice n'a rigoureusement rien à voir avec la gravité du délit ou du crime ? Que l'un ou l'autre ait permis de soustraire une somme minime ou des fonds substantiels, l'acte malhonnête ou violent de soustraction demeure identique dans sa pureté transgressive. A tout prendre, l'importance du dommage causé à la victime ne concerne que celle-ci et en aucun cas son auteur. Que la première se félicite de n'avoir presque pas été dépouillée est normal mais le second ne saurait se prévaloir de ce qui n'a pas dépendu de lui pour exiger une commisération qu'il ne mérite pas.

Plus fondamentale est la critique qui revient sans cesse contre les peines planchers et qui leur reproche de donner un poids trop lourd à des infractions parfois minimes. C'est précisément ce qui me semble devoir appeler leur approbation. Une fois écarté l'exemple américain souvent dénaturé et qui n'a rien de commun avec notre texte où les exceptions, dans la pratique, sont presque équivalentes à la régle, que constate-t-on ? Appréhender chaque transgression isolément enferme le juge dans une sorte d'autarcie où sa responsabilité sociale peut ne pas suffisamment lui apparaître. Cette démarche, à l'audience, permet aussi au délinquant de ne se confronter qu'à une malfaisance unique sans devoir affronter la gravité d'un parcours. Par conséquent, loin de constituer une régression, la mise en évidence, pour en tirer des conséquences répressives plus affirmées, d'un trajet délictuel ou criminel, d'un processus durable rythmé par deux, trois infractions, d'un entêtement forcené et dangereux dans les actes anti-sociaux, représente une utile prise de conscience. Sanctionner davantage de telles dérives ne me paraît pas offensant pour l'humanisme. Pour certains êtres, il faut concéder, tristement, que la liberté est criminogène et que leur faillite ne révèle pas l'échec de la prison, comme on le dit trop souvent, mais l'échec d'une politique  qui a eu peur d'utiliser la peine de prison comme il convient, à cause de la situation pénitentiaire clairement indigne en de nombreux établissements. Mais, de grâce, qu'on cesse de rendre la prison coupable de ce qu'au contraire, elle aurait su éviter !

Le Monde est petit ! Je le maintiens. Le Monde annonce un monde sur la loi sur la récidive et, en définitive, on se retrouve à quelques-uns, à peine. La montagne accouche de presque rien. Tout simplement, parce que la montagne s'est trompée ou qu'elle n'existe pas. Loin de moi l'envie de soutenir que la loi sur la récidive est parfaite. Mais, appliquée à des situations de délinquance graves et répétées, elle offre aux magistrats l'occasion, avec un outil rigoureux mais qui n'exclut pas l'humain et ses nuances, d'accomplir ce pour quoi ils sont utiles à la société.

Châtier les méchants, consoler les faibles. C'est aussi simple que cela. Trop pour le Monde ?

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Voici les sites qui parlent de Le Monde est petit ! :

Commentaires

Dans un article publié par le Monde il y a deux jours (http://www.lemonde.fr/web/article/0,1-0%402-3224,36-966484%4051-966397,0.html), on apprend que « Alexandre Glardon, le président de l'antenne strasbourgeoise des Don Quichotte, a été condamné, jeudi 11 octobre, à un an de prison ferme par le tribunal correctionnel de Strasbourg pour outrage en récidive et violences sur un agent public ».

Un scandale, si l'on suit bien le ton de l'article.

Bien entendu, l'unique source d'information de l'article semble être le conseil du condamné (et ses proches), qu'on peut entendre déclarer qu'en fait « son client ne l'a [sa victime] pas frappé. Mais comme il s'agissait d'un agent de la CUS, la peine a été aggravée : normalement, il aurait dû avoir une amende et là, c'est une peine de prison qui est prononcée ». Le journaliste qui aurait fait le moindre effort aurait mentionné que le fait qu'une circonstance aggravante soit prise en considération peut, certes, changer le quantum d'une peine (notamment en passant d'une peine contraventionnelle pour des violences volontaires n'ayant pas entraîné d'ITT à une peine d'emprisonnement pour les mêmes violences volontaires aggravées) mais ne change en rien sa qualification : si Alexandre Glardon a été reconnu coupable de violences volontaires sur une personne chargée d'une mission de service public, il y a nécessairement eu des violences.

L'avocat, avec la bénédiction du Monde, « compare son client à "Jean Valjean" qui aurait "volé un quignon de pain et aurait pris vingt ans de bagne" », mais que ne nous en dit-il plus sur la personnalité de ce Jean Valjean - sa popularité auprès des services de police et de la justice ne serait-elle, à tout hasard, pas à son avantage, y apparaîtrait-il plus Thénardier que Valjean ? Qu'en pense Cosette ?

Le Monde est effectivement petit. Ce n'est pas vraiment nouveau mais cela mérite d'être signalé encore.

Si Le Monde est petit, Le Figaro est grand (et ce n'est pas une prière) ! Convenons-en tout de même : le Parlement a voté les peines planchers car il se méfie fermement de l'indulgence, qu'il estime coupable, de ses juges répressifs. Aussi habile que soit le plaidoyer de Philippe Bilger, avocat résolu et déterminé des peines planchers, le dispositif est suffisamment encadré pour interdire dans une assez large mesure qu'il y soit dérogé. Où seront les garanties de réinsertion permettant au tribunal de déroger à l'application de la peine plancher chez un individu comparaissant détenu, à l'issue d'une instruction ou mieux encore traduit en comparution immédiate à la sortie d'une garde à vue (sale, fatigué et hagard le plus souvent) ??? Le politique se méfie de ses juges, qu'il méprise au point d'ailleurs de les qualifier de "petits pois" et la peine plancher n'est pas autre chose qu'un saucissonnage du juge pénal. Cette conception se conçoit dans un système où la prison est une mesure de neutralisation. J'aimerais, Monsieur l'Avocat Général, qu'à l'occasion d'un prochain message, vous nous exposiez et, mieux encore, nous persuadiez de la façon dont, selon vous, la prison amende, rééduque et réinsère : en effet, votre plaidoyer peut être convaincant si, au final, la prison réinsère. Or, sur ce second point, vos réflexions nous aideraient à considérer que l'ensemble est cohérent. Remplir les prisons, soit. Mais pour faire quoi après ? Impatient déjà de vous lire...

"Châtier les méchants, consoler les faibles"

Beaux préceptes de la Justice.
Pour certains, ceux-ci ne sont qu'illusions ; rêves d'un monde espéré meilleur. Idéalisé, sans doute.

Malheureusement, la réalité est parfois plus cruelle ; cela ne se passe pas exactement ainsi. Je vous renvoie, pour cela, aux paroles d'un certain haut magistrat.

Il est clair que tout le monde veut la même chose : une diminution sensible d'un phénomène social qui a nom délinquance, lequel regroupe les conduites socialement repréhensibles du fait de délits caractérisés à répétition. Le projet, puis la loi de lutte contre la récidive qui vise à ce que, au moins, les gens ne retombent pas dans la même faute et méditent sur leurs errements passés sans les réitérer, ne se situe pas tant, dans ses buts, sur le strict plan de la morale que sur le plan de la gestion, non pas tant non plus d'un vivre ensemble plus harmonieux qui impliquerait de considérables efforts de part et d'autre, efforts dont la mise en oeuvre dépasse largement le cadre du judiciaire, que d'un climat social moins explosif.

On discute donc avec cette loi à la fois de stratégies et aussi de moyens.

Vous nous dites que Le Monde, sous la signature d'Anne Chemin, se pose la question des effets pervers de tels moyens, ce qui veut dire que leur mise en oeuvre pourrait représenter sur le strict plan de la gestion d'un problème donné, un résultat déficitaire, autrement dit encore plus négatif que positif, ce qui s'analyse non pas du strict point de vue du nombre de condamnations prononcées à ce titre sur le nombre de condamnations totales, et sur une période donnée, ainsi que de leur effet quant à une diminution sensible du phénomène social en cause, et qui serait mesurable - reste encore en définir les critères d'appréciation - mais du point de vue de la balance entre le bénéfice socialement retiré de la diminution d'un phénomène pénible pour l'ensemble du corps social, et le coût en termes de gâchis humain qui pourrait intervenir au titre d'un effet pervers, et ne représenterait, de ce fait, aucun bénéfice en termes de véritable progrès eu égard à un idéal supérieur de société, mais au contraire une régression manifeste.

Or à cette question vous répondez : «dans une société bien organisée et moralement structurée, l'importance du préjudice n'a rigoureusement rien à voir avec la gravité du délit ou du crime. » autrement dit vous vous placez plus ou moins à cheval entre le plan strictement moral, et le plan d'une sorte d'économie politique subreptice, et en cela vous posez problème parce qu'il devient dès lors difficile de vous répondre sans adopter la même position que vous, ce qui risque de conduire à une voie sans issue.

Personnellement, je pense que pour avancer il faudrait, pour une fois, adopter une démarche que, en général, je n'aime pas, mais qui dans votre cas s'impose.
Il sagit de la démarche scolaire en trois points et qui tendrait à analyser séparément ces différents plans ou points de vue : I- le point de vue du moraliste II- le point de vue du gestionnaire [ou inversement] III- leur synthèse, puis conclure... provisoirement, en faveur ou contre une simplification telle celle-ci «Châtier les méchants, consoler les faibles. C'est aussi simple que cela. » Autrement dit, lire l'article par soi-même puis réfléchir. Or, je n'ai pas encore fini de réfléchir à votre précédent billet.

Cette mesure sur la récidive va obliger le justiciable indélicat à intégrer la notion de conséquence de ses actes, à défaut que ce soit dans une démarche altruiste, ce sera dans une démarche égoïste, mais qui n'en sera pas moins efficace.
Si ce dernier ne veut toujours pas faire entrer en lui la conscience et bien il sera incarcéré et ce sera un temps de répit pour les victimes potentielles.
Je connais un bon moyen de ne pas être confronté à ces mesures, il consiste à ne pas commettre de crimes et délits, c'est pourtant simple. Il faut que le délinquant moderne sorte de la politique de l'excuse dans laquelle il fut plongé depuis si longtemps. Si quelqu'un a faim, il peut trouver dans la générosité de ses concitoyens et du gouvernement des solutions moins préjudiciables, s'il n'a pas faim alors il n'a pas d'excuses car il assouvit des pulsions de luxe et non de survie.
Attention cependant au possible tout répressif pour les couches populaires et au possible tout permissif pour les nantis... Il y a une possibilité de dérive grave qui n'est pas à négliger !

Pourquoi cette loi est-elle si indispensable si finalement elle ne change rien ? Tout changer pour que rien ne change, comme Lampedusa ?

De deux choses l'une : soit cette loi (comme vous le prétendez) ne contraint pas les magistrats et elle est alors inutile, soit elle les contraint et toute votre argumentation tombe.

Vous écrivez :

--
"Pour certains êtres, il faut concéder, tristement, que la liberté est criminogène et que leur faillite ne révèle pas l'échec de la prison, comme on le dit trop souvent"
--

Je ne peux pas être d'accord avec vous. Ou si la liberté est criminogène, elle l'est moins que l'ambiance délétère qui règne dans les prisons, même si celles-ci étaient plus dignes et moins surpeuplées, elles resteraient comme elles l'ont été depuis qu'elles existent, une école de la déviance et de la désocialisation.

Il ne faut pas oublier que la fonction de la prison varie selon les âges et les théories dominantes. Que je sache, elle est surtout un ultimum subsidium, la solution désespérée d'une société des droits de l'homme qui se retrouve confuse au moment de devoir les violer pour punir. Une solution qui permet de proportionner les délits et les peines.

Car certes la réparation du péjudice a lieu au civil et le vol est constitué quelle que soit la somme, mais il serait à mon sens de mauvaise foi de prétendre qu'un vol doit être puni de la même façon selon qu'il porte sur dix euros ou sur des millions.

Bref...

"Puis-je faire remarquer que, dans une société bien organisée et moralement structurée, l'importance du préjudice n'a rigoureusement rien à voir avec la gravité du délit ou du crime ?"

Comme vous avez raison !

En Perse, par contre, les procureurs font de la gravité du délit (le vol, par exemple), une condition sine qua non de la mise en mouvement de l'action publique.
Par exemple, aucun procureur perse n'enclenchera les poursuites si le délinquant est arrêté avant d'avoir dérobé quoi que ce soit.
Par conséquent, les policiers perses sont obligés de laisser le voleur accomplir parfaitement son forfait avant de l'arrêter !
Cela n'arriverait pas dans une société moralement structurée comme la nôtre !

Gloire à notre société bien organisée, qui nous préserve d'une telle aberration. Et gloire à vous, monsieur l'avocat général, digne représentant de notre ministère public.

@Ludo Lefebvre :

J'approuve les entiers termes du dernier paragraphe de votre commentaire et partage votre inquiétude.

J'ajoute :"comparutions immédiates" pour certains, "longues instructions" pour d'autres suivies de main-levée de mandats d'arrêt comme pour MM.Pasqua fils et Falcone...

Je doute que les délits d'initié occupant aujourd'hui l'actualité aboutissent rapidement à une répression de nature à châtier les méchants et consoler les faibles...

L'importance des préjudices me semble pourtant, en l'espèce, constitutive d'une gravité extrême des infractions dénoncées par l'AFM : on n'atteint pas des "planchers" mais plutôt des "plafonds" !

@ Parayre,

Je vous rejoins également. J'aime l'argent, la possibilité de liberté qu'il offre, les gens entreprenants, inventifs, travailleurs, intelligents... Je ne suis donc pas dans une lutte des classes. Simplement, l'argent mal acquis, qui affame, spolie, qui bloque l'ascension d'autres potentiels, le veto corporatiste... me révoltent. Je n'accuse en rien notre président de la République, mais son entourage de droite comme de gauche, je ne suis pas dans une position politique, est bien repoussant. Je redoute une mainmise sur les affaires par de sombres crapules qui nous promettent des lendemains crépusculaires !

Mais non, mais non, brave gens dormez en paix LA Justice avec un J majuscule veille sur vous, pour assurer LE Ordre public avec O majuscule.
Je me rappelle ce que me disait un homme du fond de sa cellule, incarcéré pour je ne sais plus quel obscur déli : "Sais-tu pourquoi on représente la justice les yeux bandés avec une balance dans la main ?"
"ben pour qu'elle puisse juger avec équité sans tenir compte des apparences" ai-je répondu naÏvement.
"et non pauvre pomme, c'est pour qu'elle voie pas qui met du fric dans le plateau de sa balance pour la faire pencher du bon côté".

ça me rappelle ce que me disait un magistrat ami, "savez-vous pourquoi le code pénal est rouge ?"
là j'avais avoué mon ignorance.
"tout simplement pour que les magistrats ne s'aperçoivent pas qu'on leur a greffé à la place du coeur à l'ENM."
Il faut dire que c'était un magistrat qui avait quelques problèmes avec sa hiérarchie...

Que vous soyez riche ou pauvre etc. etc.

Continuez à dormir en paix braves gens, il y a quand même des rejets de greffe.

Cordialement

Pierre-Antoine

La peine plancher m'apparaît comme un élément d'analyse intéressant dans une appréciation nouvelle du sens donné à une sanction.

L'éditorial du Monde pourrait être proposé comme un texte emblématique des insuffisances, dans le débat public, liées à cette notion de sanction.

Au-delà de la négligence qui consiste à ne pas mentionner le profil du parcours pénal antérieur des personne susceptibles d'être sanctionnées par une peine plancher.

Au-delà de l’inconséquence qui consiste à feindre d'ignorer que le texte de RD garantit la liberté d'appréciation du magistrat, cet éditorial est à lui seul une synthèse du mépris qu'on a affiché pendant des années pour les délinquances à répétition qui atteignent, en premier, les plus vulnérables.

Quant aux magistrats qui interviennent dans l'article d'A. Chemin, où ont-ils trouvé l'idée que leur profession devrait être un métier facile ?

Appliquer ou ne pas appliquer une peine plancher est une décision et une responsabilités judiciaires qui donnent mal à la tête et à l‘estomac. La personnalisation de la peine, devenant, par l'application ou non du plancher, un exercice professionnel des plus exigeant. Ce qu’il ne doit jamais cesser d’être.

J'ai lu votre nouvelle défense de la loi sur la récidive.

Je vous renouvelle donc mes questions :

Y aura-t-il, un jour, une loi suffisante, ou ces lois sont à la politique de sécurité ce que la pédale est au vélo ?
Y a-t-il une différence de nature entre la régularité du discours sécuritaire qui réclame "plus de fermeté" et le discours enseignant qui réclame "plus de moyens", le prêche de l'imam qui réclame "plus de moralité (des femmes)", le MEDEF qui réclame "plus de souplesse" ou bien enfin votre modeste lecteur qui réclame "plus d'amour" ?
Est-ce que le discours de la fermeté-renforcée s'arrête un jour comme une guerre ou un délire, du genre "ça finit par passer" - Barthes aurait dit par "tomber" - ou bien est-ce qu'il s'agit de lois dirigées par la raison et donc soumises à la discussion de leurs effets ?
(dans l'hypothèse où le prêche serait soumis à résultats, quand pourra-t-on les mesurer ? à quelle aune ? Les tenants de ces discours ou de ces lois auront-ils un jour une responsabilité morale ou politique ?)

Mon second "point" : par fonction sans doute, par tempérament peut-être, vous "tracez la ligne" entre les braves gens et les méchants.
Il me semble, et je l'ai appris aussi dans quelques livres, qu'on est d'autant plus gentil qu'on sait, intimement, qu'on peut être méchant.
Ce n'est donc pas tout à fait déjà écrit, la ligne entre bons et méchants, ça se conquiert chaque jour, et d'abord pour soi évidemment. Nous rappeler à l'ordre est d'ailleurs votre métier, sans doute : traceur de ligne - permettez-moi cette idée.

Mais ma question est donc : à force de leur raconter l'histoire de la bonté-des-braves-gens, ne craignez-vous pas qu'une violence légèrement au-delà de ce qui nous réunit comme société humaine finisse par s'exercer envers les méchants ? Au cas où cette violence s'exercerait déjà, au moins un tout petit peu, sporadiquement, ne craignez-vous pas de la couvrir en quelque sorte, non par la justification de la sanction, mais par la justification de plus de sanctions, et ceci, ce plus de sanctions, de manière récurrente ?

On appellerait cela une spirale, plutôt qu'une ligne, une ligne droite et sûre.

Ceci dit, je ne voudrais pas non plus gâcher la fête, le feu, les libations, tout ça quoi. Mais dès que vous aurez fini cette grande confortation, et peut-être ses lendemains moins lumineux, sachez que nous sommes quelques-uns à être là, disponibles pour autre chose.

à Ludo Lefèvre et Parayre :

Je vous confirme votre stupéfiante intuition : il y a beaucoup de pauvres en prison.

J'ai lu l'article du Monde objet de votre billet, j'ai commencé par être interpellée par ce paragraphe:
«en cas de récidive aggravée, il [le prévenu] aurait eu bien du mal à sortir du carcan imposé par la loi : il lui aurait fallu invoquer des garanties "exceptionnelles" de réinsertion. "C'est un exercice quasiment impossible, soupire une parquetière de la région parisienne. La plupart du temps, nous avons affaire à une population en déroute sociale : des RMistes sans formation, des chômeurs en fin de droits, des toxicos, des gens en rupture totale avec leurs familles. Pour leur trouver des garanties exceptionnelles de réinsertion, il faut vraiment faire preuve d'imagination..." D'autant que les comparutions immédiates permettent difficilement de connaître le parcours des prévenus : à l'audience, les juges disposent uniquement d'une courte enquête sociale réalisée en urgence.»

Je continue de méditer.

Pour être honnête je précise que cette méditation est celle de la victime de plus d'une agression et dont la voiture a notamment été l'objet d'un récent sabotage visant probablement à s'emparer d'une batterie presque neuve [ une batterie de 4x4 ça ne fait pas 10 euros!!], sabotage interrompu mais qui a laissé le véhicule en état d'occasionner un possible accident en stoppant net à la traversée d'un carrefour par exemple -heureusement il a stoppé plus loin à un endroit ou son stationnement n'était pas gênant-, et qui a des choses à dire concernant notamment les méthodes d'enquête de police telles qu'il lui a été loisible d'en avoir un aperçu, mais que bien évidemment elle ne pourra pas exprimer sur ce blog, la mention en étant faite juste pour que les lecteurs ultérieurs du commentaire qui a des chances d'être un peu virulent puissent apporter mentalement un facteur de correction.

"Pourquoi tant d'acrimonie, et avec une telle méthode ?" dites-vous !
Je suggère juste de l'acrimonie avec parcimonie (à l'extrême limite alors !).

à Véronique :

Vous écrivez

"(...)les délinquances à répétition qui atteignent, en premier, les plus vulnérables."

Tout à fait d'accord avec vous.

Mais.

La loi sur la récidive va-t-elle donc protéger les plus vulnérables ?

N'y a-t-il de politique de sécurité efficace que celle qui se traduit par un allongement des peines (et donc à court terme nécessairement par le passage à 70 - 80 000 détenus) ?

Au fond, faut-il mettre "hors d'état de nuire" un nombre x de concitoyens, pour combien de temps et sans jamais se poser la question de l'origine de la nuisance, du risque que le "remède" soit pire que le mal, et toutes ces choses un peu vulgaires qu'on appelle le réel ?

Le récidiviste n'est-il pas aussi une personne avec sa propre vulnérabilité (et je me souviens pour ma part d'un petit gars rouquin qui avait beaucoup volé ...)?

(Vous voulez que je vous dise : j'ai le sentiment que les héros actuels, ceux qui dégoulinent des pages de Match et de TF1, ceux là, ils se fichent un peu des plus vulnérables. Ils disent que non - ça devrait suffire, non ?)

@ Olivier,

Je ne suis pas sûr qu'il y ait beaucoup de pauvres en prison. En effet, le trafic de drogue, de voiture, le racket, la prostitution... rapportent beaucoup d'argent alors certainement au milieu de ce genre de délits, il y a quelques poivrots égarés, des nécessiteux qui ont cédé à la tentation. Celui que j'appelle pauvre n'a pas de quoi manger, se loger. Un employé modeste qui se fait un supplément de revenus en dealant du shit ou en volant des plombs n'entre déjà plus dans cette catégorie. Je suis moi-même pauvre puisque les dividendes de mon travail ne me seront payés que l'an prochain et que je vis entre-temps avec 420 euros par mois. Je ne suis donc pas un déconnecté de ce type de réalité.

@Philippe Bilger:
"Puis-je faire remarquer que, dans une société bien organisée et moralement structurée, l'importance du préjudice n'a rigoureusement rien à voir avec la gravité du délit ou du crime ?", écrivez-vous. Certes. D'autant que la "maladresse" n'est pas forcément une excuse et qu'en général celui qui commet un vol espère que celui-ci en vaudra la peine. Encore que... pour se remplir sérieusement les poches mieux vaut un beau braquage ou un délit d'initié qu'un vol à l'arraché... et s'il n'y a pas de raison de donner une prime aux "branquignols", voler un oeuf, un boeuf ou tout un troupeau, ce n'est peut-être pas tout à fait la même chose.
@Olivier
Qui sont pour vous ces "vulnérables" : des gens pauvres, trés pauvres ? Insupportable pour tous ceux qui en bavent au-delà de ce que la plupart d'entre nous peuvent imaginer mais qui pour autant, jamais ne passeront la ligne. Alors peut-être ceux qui n'ont pas eu la chance, dès leur enfance, d'être aimés, respectés et qui ne savent pas grand-chose de l'interdit et de ce respect minimum qu'ils n'ont pas eu ? Respect "maximum" plutôt.
Je vous suis quand vous dites qu'il faudrait se préoccuper de "l'origine de la nuisance". Simplement je pense qu'une "bonne" peine doit avoir deux fonctions : la première, évidente et selon moi indispensable, de punition ; la seconde d'aide, d'accompagnement du détenu ; parce qu'une société évoluée doit tendre la main aux plus faibles et si j'étais cynique, j'ajouterais que d'ailleurs c'est son propre intérêt.
Vous voulez que soit pris en compte le réel, d'accord mais n'oublieriez-vous pas un peu vite celui des victimes, drôlement "vulnérables" elles aussi.
Vous allez me dire que les délinquants sont eux aussi des victimes. A 18 ans je vous aurais dit "mille fois oui" et je n'y aurais pas mis la moindre restriction. Je crois que ce n'était pas une analyse correcte et qu'en disant cela je les cantonnais dans un statut de délinquants à perpétuité ; une idée franchement pas admissible.

Le Monde est petit. Mais il y a d'autres excellents journaux sur la place de Paris et qui parviennent même en province !

@ Olivier

"La loi sur la récidive va-t-elle donc protéger les plus vulnérables ?"

Oui.

Dans le moins, ces vulnérables seront protégés le temps de l'incarcération des personnes qui présentent un risque haut de récidive, après la multi-récidive.

Ils auront également le sentiment que la société ne compte pas pour presque rien l’acte délinquant qu'ils ont subi. Cette violence de plus en plus violente que des éditorialistes dans le genre de celui du Monde ignorent parce qu'elle contrarie leur vision fantasmée du réel.

Seront-ils protégés sur le long terme ?

Non.

Si la peine de prison infligée est dénaturée de son sens premier qui est celui de la sanction. Donc, d’un possible coup d’arrêt dans le parcours délinquant.

Si la personne condamnée est confortée dans l'idée qu'elle n'est qu’une victime presque obligatoire de la société. Et si "ce statut", ajusté par d’autres, qui l’habille pour tout l’hiver, prend pour elle un caractère obligatoire et indiscutable.

Si le détenu n'est pas professionnellement et très qualitativement encadré lors de sa détention et de sa libération.

"Le récidiviste n'est-il pas aussi une personne avec sa propre vulnérabilité ?"

Je pense que le récidiviste - si nous pouvons utiliser ce terme très général - est une personne qui n'est faite que de vulnérabilités. Y compris celle qui s'appelle la frustration et la réponse impatiente qu'il y apporte, la délinquance.

Le jeune gars rouquin qui n'arrêtait pas de voler éprouvait aussi, je crois, un énervement fou à l'idée de toute frustration. Ne pas savoir se maîtriser est d'abord une violence qu'on inflige à soi. Qui finit toujours par faire exploser ce qui peut encore structurer et faire grandir un jeune gars.

Véronique :

Quand vous écrivez

"Je pense que le récidiviste - si nous pouvons utiliser ce terme très général - est une personne qui n'est faite que de vulnérabilités. Y compris celle qui s'appelle la frustration et la réponse impatiente qu'il y apporte, la délinquance."

je suis pleinement d'accord.

Pour 'mon' rouquin si j'ose dire (!), je crois qu'il était 'un peu plus à l'ouest' que nécessaire (la marginalisation, aussi).

"Habillé pour l'hiver"... écrivez-vous : oui.

à Ludo : je n'ai pas dit que vous étiez riche, mais je vous confirme tout de même que la prison rassemble des gens plus pauvres, et nettement, que la moyenne de la société.

à Catherine A.
Je suis d'accord avec vous en fait... et j'ai le sentiment que si certains ont vocation à changer les choses, la question de la réinsertion pourrait les occuper pleinement.

à tous : à Copenhague, on n'a pas besoin de mettre un antivol à son vélo. Peut-être que de ce côté-là, la paix civile danoise, on pourrait aussi chercher plutôt que d'entasser les détenus en se disant qu'on fait une grande oeuvre.

Soutenez-vous que deux ans de prison est une peine proportionnée pour un voleur de parapluie ? Cette loi me semble à la fois injuste et inefficace.
Avec de telles mesures il sera bientôt possible de mettre en prison une large partie de la population (téléchargement illégal, canabis etc.). Comme l'a indiqué Maitre Eolas, une personne qui commet une infraction fait (psychologiquement) le pari qu'elle ne sera pas prise, pas que sa peine sera faible si elle est prise. Une piste est donc de sanctionner plus d'infractions (vidéo surveillance etc.) et non d'augmenter les peines pour les quelques malheureux qui se font prendre et qu'on l'admette ou non payent pour les autres. Cela veut dire aussi qu'il faut que la police soit plus maligne que les "voyous", ce qui n'est pas gagné.

"Loin de moi l'envie de soutenir que la loi sur la récidive est parfaite"..
Quel serait à vos yeux, cher monsieur, ses défauts éventuels ? Auriez-vous "envie" (voire la capacité) de nous en dire un peu plus, au risque de "juger" de manière un peu plus critique, une loi préparée par un Exécutif cherchant uniquement à "châtier les méchants, et consoler les faibles", ce que les magistrats n'avaient jamais réussi seuls, jusqu'à présent. Et si le fait de châtier son langage avait pour unique vertu de calmer les débatteurs du café du commerce ? Pensez donc : ils pourraient lâcher la proie du Monde pour l'ombre du Figaro !... Quelle horreur.

@Olivier
Décidément, je t'aime bien, toi !
Tu as prévu quelque chose pour les dix ans qui viennent ?

@catherine A.

N'y voyez aucune querelle de votre position finement argumentée mais une simple volonté de dialogue sur un sujet pour le moins délicat qui appelle échanges contradictoires et respectueux : j'ai, en termes de certitude(s), effectué un chemin inverse au vôtre !

A dix-huit ans, mes convictions sur la nécessité de la fermeté, notamment carcérale, étaient naïvement fortes, appuyées sur mon parcours personnel, les efforts consentis et l'éducation reçue...

Après trente années de magistrature ou presque - précédées d'une autre vie - et donc d'une familiarité quotidienne avec "l'imparfait", les réponses légales et judiciaires y apportées par mes soins ou mon institution sur mes réquisitions développées avec volontarisme mais, j'espère, toujours humanisme, m'ont conduit à perdre toute conviction, croyance, assurance arrogantes sur le tout-répressif et notamment la "prison"...

Aujourd'hui, à un âge avancé et retiré des "affaires", mes doute, incertitude, perplexité demeurent nombreux sur la pertinence de l'action pourtant loyale qui a été la mienne en serviteur scrupuleux de la Loi dans toutes ses dispositions.

Je n'adhère pas, vous l'avez compris, aux assurances affichées par beaucoup qui me semblent, au regard de mon expérience, ne souriez pas Véronique, révéler une méconnaissance de la réalité de la Justice pénale et du "monde" pénitentiaire comme du "public" - pardon d'utiliser ce terme - en relevant dans leur rigueur.

J'ai tenté, dans un précédent commentaire, resté sans écho ou presque, de m'interroger sur les colossaux préjudices causés par certains, peu ou pas réprimés, de surcroît dans des délais déraisonnables, et sur la célérité avec laquelle d'autres, plus miséreux - si, si, cher L.Lefebvre - à qui, seuls, compte tenu des délais sus-évoqués, les nouveaux textes sur les peines planchers sont et seront appliqués.

N'y trouvez aucune suffisance de "professionnel autiste" fermé à la controverse mais plutôt un témoignage nourri aux sources de la réalité de nos maisons d'arrêt, écoles du crime, de l'inactivité tabagique, bercée par la seule télévision et génératrice, pour ceux qui y sont incarcérés, plus de révolte que de prise de conscience de leurs errements pénaux antérieurs .

La surpopulation, et donc la promiscuité, l'oisiveté, la prostration ou le désoeuvrement sont certes, pour reprendre votre terme, constitutives d'une "punition" mais, sans ambition, elles ne participent en rien à l'éducation des détenus.

Or, je crois l'avoir déjà écrit "chez Philippe" , éduquer vient du latin "exducere" qui signifie conduire dehors...

J'aspire à ce que nos lieux d'enfermement y participent et qu'on ne se satisfasse pas, sans vision à plus long terme, de leur rôle actuel, improductif, de mise à l'écart, par définition provisoire, des plus abandonnés des nôtres.

Rares ou tout au moins peu nombreux, croyez mon vécu aux six coins de l'hexagone judiciaire, ceux qui choisissent volontairement la délinquance comme mode de vie après d'autres, plus normatifs, abandonnés car trop contraignants.

Ces derniers existent, certes, ils sont toutefois en faible nombre aujourd'hui, comme hier...


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