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04 octobre 2007

Commentaires

Jean Morel

Pour une fois, je ne ferai pas de commentaire particulier sur vos lignes, je n'en ai pas de suffisamment intéressant pour en commettre. Juste confirmer que je suis plutôt en phase avec vos propos, encore une fois, mais aussi avec certains des commentaires subséquents. J'apprécie particulièrement l'équilibre des propos des uns et des autres et suis un adepte définitif des libertés de pensée et d'expression d'autant plus qu'au fil des années et particulièrement depuis un petit quart de siècle environ je les sens sous la pression croissante de la bien-pensance générale, qui m'est totalement insupportable et à laquelle je m'oppose de toutes mes forces... J'accepte donc les échanges contradictoires, j'apprécie les échanges oraux ou écrits pour peu qu'ils respectent l'autre et acceptent la contradiction. Mais j'apprécie par-dessus tout, probablement, le courage dans la vie en général et en particulier celui de parler non masqué, d'écrire sans se cacher derrière un pseudonyme très lâche quels que soient les propos tenus et le point de vue défendu. Alors, si vous, Monsieur l'Avocat Général, écrivez et signez à "visage découvert", pourquoi vos contradicteurs - doux euphémisme quand on jauge l'acrimonie, la vindicte retenue, le fiel qui ressortent des commentaires de certains sur votre blog - oui, pourquoi ceux-ci ne signent-ils pas leurs lignes sous leur véritable identité ? J'imagine aisément qu'un certain nombre d'entre eux vous sont connus car probablement oeuvrant dans le vaste périmètre des professionnels du Droit. Vous comprendrez la légère frustration qui peut être la mienne quand, à la suite de chacun de vos billets, il apparaît que les rédacteurs des commentaires sont souvent "masqués" par l'anonymat du web d'une part et, d'autre part, par l'anonymat de "leurre" signature. Mais c'est le jeu, je l'accepte même si j'en regrette cette phase.

mandarin

Je trouve, votre "Honneur", tout à fait surréaliste votre commentaire. Je conviens volontiers que la forme est parfaite, mais pardonnez-moi de trouver la deuxième partie de votre commentaire lourdement insistante sur l'apparition de Mme Dati chez Dior : c'est futile, sans intérêt et surtout discourtois.
Il y a tout de même la galanterie, même s'il s'agit d'une ministre !!

lolo

Il est trop tôt pour un bilan. On ne juge pas un ministre après six mois d'exercice. Surtout un garde des Sceaux qui a été juge ! Alors, à défaut de juger Rachida Dati, on la soupçonne. C'est plus commode, plus rapide et plus ravageur. C'est une manière d'instruire son procès sans le dire. Accusée Dati, répondez !

On plaisante à peine. Le dernier objet de la controverse, ce sont ses diplômes. Pas assez ceci, pas assez cela selon la rumeur. L'Express et Le Canard enchaîné ont enquêté. Les deux hebdomadaires ont humé et retourné toutes ses peaux d'âne. Ils ont validé un DEUG de sciences économiques, puis une maîtrise en droit. Mais nos deux confrères tiquent sur son passage à l'Institut supérieur des affaires (ISA). "Elle n'a jamais obtenu le diplôme...", relève L'Express. Elle cultive l'ambiguïté, signale le Canard.

On rêve ! Dans l'extrait de curriculum vitae publié par Le Canard enchaîné, la future ministre de la justice signale simplement qu'elle a suivi l'enseignement en formation continue de l'ISA-HEC. Nulle mention de sa part d'un quelconque diplôme. Au contraire, Rachida Dati précise qu'elle est "ancienne élève de l'Institut supérieur des affaires". Ce qui veut dire, selon les codes en vigueur, non diplômée.

Mais ce n'est pas la question, on l'aura compris. Lui demander de s'expliquer sur ses diplômes, cela revient à douter de ses compétences. Cela consiste à miner sa crédibilité. A saper son autorité. Que peut donc être une garde des Sceaux qui tricherait sur son CV ? Lui demander ses diplômes, c'est comme lui demander ses papiers. Police ! Contrôle d'identité...

C'est troublant et inquiétant pour l'image que cela renvoie d'une société inquisitoriale. Comme si l'élève Dati devait encore et toujours prouver quelque chose. Et, de fait, c'est tout juste si on ne lui conteste pas aujourd'hui son titre de magistrat. Nous aurait-elle menti ? On la croyait adoubée par un ancien ministre de la Justice (Albin Chalandon) et une ancienne secrétaire générale du Conseil de la magistrature (Simone Veil). C'est exact. On la pensait formée par l'Ecole nationale de la magistrature. Encore exact. Mais elle a été reçue sur titres, sans passer le concours. Honte à cette petite fille issue de l'immigration qui n'est pas parvenue à faire les grandes écoles tandis qu'elle travaillait de nuit pour payer ses études !

Dans un livre à paraître ces jours-ci, "Je vous fais juges", elle répond aux questions de Claude Askolovitch, du Nouvel Observateur. C'est très instructif. Exemple : "Dans votre enfance, le fait d'être d'ailleurs a-t-il compté ?

- Je ne viens pas d'ailleurs, répond-elle. Je suis née à Saint-Rémy, Saône-et-Loire."

Plus loin : "Il n'y a pas de question beur ?

- Elle ne m'a pas construite."

Tout est de cette eau-là. Pensé, ajusté. "Le problème, explique-t-elle, c'est que les gens vous mettent une condition sociale sur le visage. Et sont persuadés d'être de fervents progressistes..."

Rachida Dati s'est fait une raison. Elle encaisse, elle avance sans que personne comprenne où elle parvient à puiser cette énergie qui l'a conduite toujours plus haut. Au terme de 232 pages d'interrogations sur ses origines, sa formation, son ambition, Claude Askolovitch lui lance : "Personne n'a votre secret de fabrication ?" Elle répond d'un mot : "Non." Il la relance : "Et de toute manière, il n'y en a pas ?" Ultime réponse : "Non."

Peut-être cette tension très maîtrisée est-elle sa marque de fabrique, ce qui la conduit à l'action, au goût de la conquête. René Char, poète et résistant, a défini un jour sa propre conduite d'une phrase : "Etre du bond. N'être pas du festin, son épilogue." Rachida Dati, tout juste 41 ans, n'a pas cette réserve. Elle cumule les deux sans façon.

Laurent Greilsamer

La forêt des gondoles de super marché

Je viens de voir une interview que votre ministre a donné à l'occasion de la soirée de bienfaisance qui a récemment accueilli à l'Orangerie du château de Versailles tout le gratin international au profit de la Fondation pour l'Enfance et qui avait pour thème : Noir et Blanc [qui soit dit entre parenthèses représente le chic par excellence pour les japonais: l'IKI ].

Mme Dati a expliqué que le ministère de la Justice était partenaire de cette fondation que préside Mme Valéry Giscard d'Estaing, laquelle était l'invitée de Nana Mouskouri aujourd'hui sur Vivement Dimanche, vedette à propos de laquelle 'l'inusable' nous a expliqué qu'elle était connue comme ambassadrice des chansons en langues européennes des chinois eux-mêmes. Le garde des Sceaux a commenté sa propre présence à cette soirée, où elle s'était rendue pour sa part en blanc, en précisant qu'elle « était normale puisque son ministère est partenaire de cette fondation dans son action pour la protection des mineurs.»

On dira pas le contraire, mais on fera néanmoins observer qu'il vaudrait mieux, pour le garde des Sceaux, ne pas se surmener et garder ses forces pour le marathon qui lui fait sillonner en ce moment la France entière dans le but d'expliquer sa réforme, et déléguer plutôt les mondanités inévitables à son directeur de cabinet Monsieur Patrick Gérard, Conseiller d'Etat, lequel j'en suis certaine ferait cela tout aussi bien, ou encore à son porte-parole le jeune Monsieur Guillaume Didier, puisqu'aussi bien le poste est nouveau autant le rentabiliser, mais c'est juste une suggestion.

Madame Giscard d'Estaing a souligné les dangers d'internet, outil de communication mis en cause dans certaines disparitions de jeunes filles. Elle a raison bien sûr d'engager les parents à accompagner les premiers surf sur le net de leurs enfants, et même les suivants, comme il convient qu'ils le fassent dans tous les domaines d'ailleurs, mais le danger rôdant, comme on le sait, dans l'entourage immédiat pour l'essentiel, il convient, comme pour tout, voiture, alcool, sorties, cinéma, activités sportives etc... de faire en sorte que l'arbre ne cache pas la forêt.

Or donc, Internet est un merveilleux outil de communication qui peut être très utilement exploité par tous les pédagogues dans quelque domaine que ce soit, ce qui a par ailleurs incité les régions à investir dans des équipements performants à destination des établissements scolaires en général, et il serait désolant que la peur du loup, telle celle qui nous fait dire: «Nos enfants à nous ne risquent rien dans notre entourage parce que, contrairement aux voisins, nous nous sommes une famille de gens comme il faut, en revanche, vu qu'il existe un risque, même infime, pour nos enfants de rencontrer la Bête parmi les 2% des pédophiles internautes inclus dans les 2% des pédophiles extérieurs au milieu familial, genre curés supportant mal le célibat etc... » nous conduise à conclure un peu vite « Internet outil pédagogique peut-être, mais poubelle d'abord !».

Prendre soin de ses enfants et toutes précautions utiles à cet effet, ne consiste pas à les habiller en bonhomme Michelin pour qu'ils ne s'enrhument pas lorsqu'ils sortent l'hiver, puis à les oublier au coin d'une gondole de super marché, mais à les faire vacciner et à leur apprendre à mettre un casque quand ils font du vélo, même en notre compagnie, et ainsi de suite...
Comme Esope le disait de la langue qui peut-être menteuse, dénonciatrice, calomniatrice, injurieuse, grossière ou au contraire consolatrice et dispensatrice de bons enseignements, Internet peut-être à la fois la meilleure et la pire des choses en fonction de la façon dont on va l'utiliser, autrement dit en fonction de la façon dont nous auront appris à le faire de bons parents qui ne sément pas leurs gamins dans la forêt des gondoles.

NB
La nouvelle photo publiée sur le site du ministère http://www.justice.gouv.fr/art_pix/cjdouai_inter_20071012.jpg nous donne quelque part à voir ce que c'est qu'une femme aux commandes qui pense par elle-même. On a bien compris, donc sans doute peut-elle désormais déléguer et se ménager un peu.

Catherine JACOB

François Descamps
«Caton l'ancien, te souviens-tu de la loi Oppia ?»

Evoquant Caton vous faites allusion à « l’homme de bien, savant dans l’art de bien dire »ainsi qu'aux hommes nouveaux [ homo novus ] d’un nom obscur et sans fortune, qui dans l'antiquité loin de s'étouffer dans le luxe tel l'affamé qui se tue en se gorgeant soudain de nourriture au lieu d'y aller progressivement d'un petit bouillon clairet à une petite soupe, prônaient l'austérité de mœurs dénonçant ce que le dit Caton appelait «les prodigalités de Scipion».

La loi oppia pour ceux qui ne la connaissent pas est celle-ci: «Lors de la seconde guerre punique, Oppius avait fait passer une loi qui défendait aux dames romaines d’employer plus d’une demi-once d’or à leur usage, de porter des habits de diverses couleurs, etc. On demandait l’abolition de cette loi de circonstance, nommée Oppia. Le Capitole était rempli d’une foule de peuple divisé sur cette affaire. Les femmes sortaient de leurs maisons, accouraient des bourgs voisins, se répandaient dans les rues, suppliaient les consuls, les préteurs, tous les magistrats, de leur être favorables. Elles remplissaient la place publique, lorsque l’inflexible Caton s’avança pour prononcer, en faveur de la loi, une belle harangue que Tite-Live a rapportée ; mais l’éloquence du tribun Valérius qui demandait l’abrogation de la loi, et plus encore peut-être l’importunité et les séductions des Romaines, l’emportèrent sur l’influence de Caton, et la loi Oppia fut révoquée.

Caton partit aussitôt pour l’Espagne citérieure, qui avait secoué le joug. Son premier soin, en arrivant à l’armée, fut de renvoyer à Rome toutes les provisions qu’on avait amassées, et il dit à ses soldats : « La guerre doit nourrir ceux qui la font. » Avec de nouvelles recrues, dont il sut faire des troupes excellentes, il remporta de nombreuses victoires, soumit la province aux Romains, fit démanteler toutes les villes, et ramena son armée en Italie, où il obtint les honneurs du triomphe. » [à l'attention de VERONICA :Exceptionnellement la source citée entre guillemets n'est pas Wikipedia mais http://www.walloniebruxelles.org/mot.nsf/Dossiers/Caton Idem pour les extraits cités dans les paragraphes suivants]
Elu censeur «sa censure fut remarquable par son extrême sévérité, et attira à Caton des ennemis qui le poursuivirent pendant toute sa vie. Il priva de la dignité de sénateur Lucius Quintus Flaminius, personnage consulaire, pour un trait de férocité dont il s’était rendu coupable. Manilius, qui était sur les rangs pour être nommé consul l’année suivante, fut aussi expulsé du Sénat, pour avoir embrassé sa femme d’une manière indécente en présence de sa fille. Il ôta le cheval à Scipion l’Asiatique. Par cette dernière rigueur, Caton fut accusé d’avoir cherché à satisfaire sa vieille haine contre Scipion l’Africain. »«Sa vie politique fut un long combat. Il accusait sans cesse et avec acharnement, et il fut accusé de même.»

Malgré tout «si économe des revenus publics, Caton ne méprisait pas les richesses, et n’était pas négligent, ni même très scrupuleux sur les moyens d’en acquérir. Sévère jusqu’à la dureté envers ses esclaves, il leur vendait presque la liberté de cohabiter avec leurs femmes. Il connaissait toutes les ressources de l’agriculture, et savait s’en prévaloir pour augmenter son patrimoine. Ce moyen ne lui paraissant pas assez rapide, il y joignit les spéculations commerciales et financières, et le prêt à gros intérêt afin de soustraire, disait-il, une partie de sa fortune à l’influence de Jupiter.»

«Il fut un bon mari, et disait qu’il mettait cette qualité au-dessus de celle de bon sénateur. Sa première femme était noble et peu riche; il n’en eut qu’un seul enfant, et la conduite de Caton dans l’éducation de ce fils, qui a été décrite en détail et avec beaucoup d’intérêt par Plutarque, offre le modèle le plus parfait d’un excellent père et d’un habile instituteur. Ce fils épousa la fille de Paul Émile, sœur du second Scipion d’Africain. Il demeurait chez son père après son mariage. Caton, veuf alors, avait, malgré son grand âge, une jeune esclave qui le soir se rendait secrètement dans sa chambre. Un jour, elle eut l’audace de faire parade de la faveur dont elle jouissait auprès de son maître, et de passer de manière à se faire remarquer devant la chambre à coucher des jeunes époux. Le lendemain, la froide réserve et la pudeur silencieuse du fils apprirent au père que ce mystérieux commerce était découvert, et le déterminèrent à épouser en secondes noces la fille de Solonius, son secrétaire, dont il eut un fils nommé, à cause de sa mère, Caton le Solonien, qui fut l’aïeul de Caton d’Utique.»

Détail intéressant Caton était roux de cette couleur rousse souvent considérée dans l'antiquité comme une anomalie ou un mauvais présage et associée plus tard au renard lui-même cette une figure quasi universellement diabolique, «chez les grecs, les bébés roux étaient tués dès leur naissance, car leurs cheveux, qui faisaient penser au flammes de l'enfer, étaient signe de malédiction. Chez les Egyptiens, ils étaient le signe de l'appartenance au dieu Seth. Seul Ramsès II, pharaon roux ouvertement rattaché à Seth par sa famille (son père Sethi 1er n'hésita pas à inclure le nom du redouté diamurge dans son nom), fit exception. Au Moyen Age, ils étaient le signe de lien ou de commerce avec le diable, ainsi que de sorcellerie. Croiser un roux effrayait, car nombreux pensaient également que c'était un loup-garou. En Roumanie, berceau du mythe des vampires, on se représentait volontiers ces créatures comme ayant les cheveux roux.» [ http://www.roussesland.com/generoux.html pour cette dernière citation]

Personnellement, j'ai une idée sur l'origine de ce préjugé qu'il serait un peu long d'exposer ici, mais bon il se trouve que Caton avait eu le bonheur de naître romain, car les Romains eux appréciaient les roux et de ce fait également la beauté des femmes celtes, et qu'un roux obscur obtint donc les faveurs de l'empire et du peuple grâce à son souci des deniers publics mais aussi son refus de l'ostentatoire.

Or donc la loi Oppia est une chose, et une carrière dans son ensemble une autre le tout étant également significatif !!! Pour finir, ce qui se passe entre de beaux draps une 3ème: http://www.camif.fr/wwwSurf/pages/multimedia/OffreDuJour.asp?REFERENCE=46970
Ne parlons donc pas de l'austerité qui se recommande en robe de chez Dior aux avocats du tribunal de Morlaix, car de 'Mors les' à 'Mots laids' [MOLAY] il n'y va que de la suppression d'une toute petite consonne....

François Descamps

Caton l'ancien, te souviens tu de la loi Oppia ?

Catherine JACOB

Mohamed Ben Ahmed
Vous parlez bien notre langue Monsieur l'homonyme d'un ancien Premier ministre algérien. Je me permets de dire 'notre langue' puisque vous parlez de 'notre' président, d'où je conclus qu'il n'est pas le vôtre, et je profite donc de l'occasion pour saluer bien bas un honorable représentant de la francophonie.

Ceci étant, vous dites tout de même des choses auxquelles il est extrêmement difficile de ne pas apporter de contredit. Je vous cite:
«Peut-être est-ce là une survivance de cet esprit qui perdure chez certains nostalgiques d'une époque à jamais révolue où toutes les maghrébines étaient communément appelées "Fatma".»

Il me semble que ce vocable de "fātma" intervient surtout de nos jours dans l'expression 'Main de Fatma' qui évoque la protection divine contre le mauvais oeil et qui correspondrait assez curieusement chez les extrêmes orientaux, non pas à une main mais à un pied. Par exemple celui du Dhrtarāstra que l'iconographie japonaise représente à l'image de cette statue de bois qui est un trésor national datant de la première moitié du 9ème siècle: http://www.touji-ennichi.com/info/jikokutn.htm autrement dit 'le gardien de l'est' du TOJI, un temple bouddhiste de Nara [ ici au besoin une présentation du temple en anglais http://www.touji-ennichi.com/info/tohji_e.htm], sachant que 'fouler aux pieds les démons' peut se comprendre comme 'renverser le mauvais sort'.

Pour en revenir au domaine linguistique, une 'fatma' a désigné simplement une 'femme musulmane' [il y en a en Chine même où existe dans le Xīnjiāng [transcription du mot mandchou pour "New Frontier"] : http://upload.wikimedia.org/wikipedia/commons/b/be/China-Xinjiang.png le territoire de l'éthnie minoritaire des Uyghur - en caractères arabes copiés collés ça doit donner ceci شىنجاڭ ئۇيغۇر ئاپتونوم رايونى - ] or le vocable de "maghrébine" nomme pour sa part une ressortissante de l'un des pays de l'Uma. cf http://upload.wikimedia.org/wikipedia/commons/f/f1/Maghreb2.PNG Il est clair que le citoyen lambda ne fait aucune différence entre les citoyennes originaires de ces différents pays dont certaines ne sont effectivement peut-être bien pas toutes de confession musulmane, par ex peut-être bien à Tanger qui aurait «été fondée par le géant Antée, fils de Poséidon et de Gaia et devrait son nom à Tingis (ou Tinga), femme du fondateur.» Le dit Antée étant réputé trouver sa force au contact de la terre, il nous ramenerait peut-être bien quelque part à notre Dhrtarāstra ci-dessus évoqué, mais bon ça c'est une autre histoire bien antérieure à la naissance du Prophète, si je ne suis pas complètement ignorante.

Ainsi donc une 'fatma' est ce qu'en japonais par exemple on va nommer un 'Gai-rai-go', un 'mot venu d'ailleurs', comme chez eux IKURA [ oeufs de saumon salés] vient du russe 'ikra' qui nomme les 'oeufs de poisson' en général, ou chez nous encore, une 'mousmé' qui nommait au départ une 'jeune fille japonaise', mais qui est devenu rapidement synonyme de Geisha [ disons pour faire court une 'hôtesse' ] ou de Congaye [ concubine indigène à l'époque coloniale ] , or 'fatma' qui sous les formes FATMA, FATTOUMA, FATOUMATA est aujourdhui également employé comme prénom n'a jamais rien signifie de tel. Pourquoi avons-nous détourné le mot 'mousmé' de son sens originel qui était 'ma fille' au sens de la filiation, puis par extension toute 'fille encore jeune', et enfin en argot japonais une sorte de coffre fort à l'ancienne ou étaient remisés les objets précieux qu'on ne souhaitait pas voir s'envoler en fumée dans les flammes d'un éventuel incendie, vu l'architecture de bois qui est encore celle de l'habitat urbain dans certains quartiers des grandes villes, et vu que ces derniers étaient construits au contraire en pisé puis blanchis à la chaux, tout comme certaines filles jeunes qui se passent du blanc sur le visage, ce qui les désigne immédiatement comme appartenant à une certaine catégorie de la population telle que les marins pouvaient les rencontrer dans les ports ouverts aux navires occidentaux.

Maintenant on dit que ce prénom de Fatma signifie " la jeune chamelle sevrée ",et aussi que «c'est l'un des prénoms féminins les plus répandus chez les Arabes musulmans, et enfin que sa popularité tient à ce qu'il fut porté, au VIIe siècle, par la fille préférée du Prophète, celle dont il disait qu'elle était " la plus noble des femmes du paradis "».
D'où j'en déduis que son emploi pour désigner 'une femme musulmane' en général, vient d'un même phénomène d'extension que celui qui à conduit à utiliser mon propre prénom, Catherine, ou encore celui de Marie pour désigner une simple servante [ce qui n'empêche nullement ces dits prénoms d'avoir été portés par des personnages illustres dont la Grande Catherine ou encore la mère du Christ], ou encore celui de Jules dans un sens que je n'ai pas besoin de vous préciser.

Mais, je comprends cependant ce que vous cherchez à dire et je vous réponds qu'appeller Madame le garde des Sceaux dans la presse par son seul prénom alors qu'on désignait par leur nom et prénom ses prédécesseurs à ce poste, vient des mêmes usages qui consistent à dire 'Diana' mais 'Caroline de Monaco' [ et surtout 'Stéphanie de Monaco' d'ailleurs la pauvre...], Caroline qu'on appelera maintenant plutôt 'la princesse de Hanovre', Bernadette mais Danielle Mitterand ou encore Madame Giscard d'Estaing. Donc vraiment pas de quoi en faire tout un fromage, si ce n'est pour remarquer que le prénom est employé seul lorsque la personnaité en question paraît davantage proche des Français quelle qu'en soit par ailleurs la raison, ainsi suivant l'humeur du jour François c'est François Mitterrand et non pas François Fillon, Ségolène c'est la Ségo de Sarko plus que celle de François, tandis que BHL c'est BHL tout simplement. Enfin si je puis me permettre, s'il y a au gouvernement une fatma au sens noble du terme, c'est sans doute davantage Fadela, qui je crois le revendique, et dont le vrai prénom Fatiha se rapproche phonétiquement pour une oreille comme la mienne dudit vocable, que Rachida ou encore Rahmatoullah « miséricorde divine »!

Bref, cette familiarité excessive c'est précisément ce qui ennuie notre avocat général qui me paraît penser que les réformes judiciaires qu'il appelle de ses voeux s'accommoderaient mieux de davantage de distance et d'un peu moins de glamour vu ce qui est en jeu dans la Justice.

Pour ma part si j'étais admise à lui reprocher quelque chose, ce serait peut-être en premier lieu, autrement dit avant sa robe Dior qui fait injure à l'état lamentable des prisons francais et parce qu'à un moment donné il faut bien dire les choses comme elles sont, une visible méconnaissance de la Loi organique n°2007-287 du 5 mars 2007 art. 17 I (JORF 6 mars 2007 en vigueur le 1er juin 2007) Art.2 ainsi que de l'Ordonnance n°58-1270 du 22 décembre 1958 - Ordonnance portant loi organique relative au statut de la magistrature. - version consolidée au 6 mars 2007 - méconnaissance qui me paraît précisement à l'origine de ses récents démêlés médiatisés avec le corps judiciaire et qui par conséquent, pour la profane que je suis, ne me paraît inscrire en rien son action dans la rupture sarkozienne, vu que, toujours pour la profane que je suis, nombre de problèmes absurdes viennent de ce que les gens ne lisent pas les textes et ne se préoccupent pas davantage d'accorder leur apparence avec la gravité de la situation des administrations placées sous leur juridiction. C'est tout!

catherine A.

@Mohamed Ben Ahmed
Je suis comme vous très irritée par le seul emploi de son prénom lorsqu'on évoque Mme Dati. Reconnaissez, hélas, que le Président de la République avec ses "Rachida par ci Rachida par là" montre un exemple à ne pas suivre et pourtant je suis loin d'être formaliste, enfin je le crois en tout cas. En fait c'est un usage assez établi d'employer le prénom plus facilement pour une femme que pour un homme (souvenez-vous du Ségolène dont on nous a rebattu les oreilles pendant la campagne ; Ségolène la fille d'un côté, Sarkozy l'homme d'un autre). Une familiarité qui cache à peine des relents de paternalisme ; je suis ravie qu'elle vous agace quand il s'agit de Mme Dati, j'espère qu'elle vous agace autant quand il s'agit de Ségolène Royal ou d'une secrétaire. Avez-vous remarqué aussi que les secrétaires n'ont qu'un prénom ? "Bernadette, apportez-moi le dossier X. Oui monsieur". J'imagine la tête de "Monsieur " si Bernadette lui répondait "oui, Jean-Pierre".
Cela dit, votre dernière phrase "je songe ....." me laisse perplexe. Je ne crois pas qu'il suffise d'appartenir à un peuple ou de parler une langue pour en être le seul porte-parole légitime.
Catherine A.

Mohamed Ben Ahmed

Monsieur l'avocat général,

Je n'ai jamais eu la prétention d'émettre des jugements et encore moins de requérir contre quiconque, mais j'observe que ceux qui ont occupé avant Mme Dati les fonctions de ministre de la Justice, n'ont pas eu droit aux mêmes "attentions" que celles que vous lui portez dans votre lettre.

Il n'a pas pu échapper au magistrat que vous êtes, de surcroît attentif aux activités de ses supérieurs hiérarchiques, que les dames E.Guigou et M.Lebranchu ont également, et bien avant "Rachida", porté de "très belles robes longues" avec peut-être moins de bonheur, mais sans que quiconque songeât en son temps à leur en faire grief pour s'être, de surcroît, associées à des " futilités " lors d'une manifestation mondaine.

J'écris "Rachida" car il ne vous a pas échappé que tout au long de l'émission de M. Drucker, et chaque fois que les hommes politiques de votre pays, et à leur tête votre président, parlent de votre "ministre de tutelle" c'est par son prénom qu'on la désigne.

Or, je n'ai pas le souvenir d'avoir entendu une seule fois quiconque s'adresser à Mmes E.Guigou ou M.Lebranchu autrement qu'en associant leurs noms à leurs prénoms.

Peut-être est-ce là une survivance de cet esprit qui perdure chez certains nostalgiques d'une époque à jamais révolue où toutes les maghrébines étaient communément appelées "Fatma".

Aujourd'hui, il s'agit vraisemblablement d'autre chose, que malheureusement Mme Rachida Dati ne semble pas ou refuse d'appréhender, dévorée qu'elle est, je vous le concède, par une ambition apparemment démesurée, ignorant ou feignant d'ignorer que ses origines, même au prix de mille reniements, ne feront à jamais d'elle un être "Fier d'être français" à l'instar d'un certain Max Gallo.

J'aurai vraisemblablement l'occasion de vous écrire plus longuement à propos d'autres sujets évoqués dans votre blog, et je souhaiterais même éventuellement, si vous en êtes d'accord, en débattre avec vous publiquement et avec d'autres aussi .

Je songe plus particulièrement à tous ceux qui ont la prétention de parler au nom de tous les miens sans connaître ni notre culture, ni notre civilisation, ni notre histoire, et encore moins un traître mot de notre langue.

Sincèrement

Mohamed Ben Ahmed

Eurojuris France

La réforme de la carte judiciaire est l'un des grands chantiers du gouvernement. Quels sont ses principes généraux ? Les réactions qu'elle suscite ? Comment la comprendre pour mieux l'appréhender ? Vous trouverez différents dossiers thématiques traitant de la question sur le site internet d'EUROJURIS France, qui rassemble plus de 800 professionnels du droit : www.eurojuris.fr

Catherine JACOB

Philippe ZEVINAC
« A quel titre un avocat général d’une cour d'appel intervient-il dans la vie privée de son ministre de tutelle, même étalée dans la presse ? »

A mon sens il ne s'agit en aucune facon d'ingérence, mais de faire simplement part de son regard sur ce qui se donne en spectacle et d'une façon qui, visiblement, paraît au dit avocat général d’une cour d'appel, incompatible avec l'idée qu'il se fait lui-même de la justice, idée qui semble avoir gouverné sa propre carrière : la dignité. Ce spectacle faisant les manchettes d'une certaine presse people, il semble normal que le spécialiste du droit de la presse joigne son commentaire personnel au parterre de commentaires qui ne se fait pas faute de fleurir en bien d'autres lieux, et de moins bien famés [ de 'fama', la voix publique ].
Ceci dit, la vie privée est le privilège du menu peuple et la vie publique le fardeau des puissants, la contrepartie du pouvoir.
Un ministre, même un ministre de la république, ne saurait avoir en public, aucune autre vie que publique.
Sinon, il fait comme nos rois, il passe dans ses appartements privés ou ceux de la reine ou de quelque royale maîtresse. Les reines se soumettaient au devoir conjugal en privé, mais en revanche accouchaient en public. Le roi se couchait en public, puis se relevait ensuite pour passer dans ses appartements royaux dormir tranquille. Seules la Velleda [genre d'archidruidesse gauloise] et les impératrices de Chine ne venaient au contact du public qu'à l'ombre d'un rideau, mais je ne pense pas que vous seriez heureux d'avoir à subir ce pouvoir là.

Pour en revenir au garde de Sceaux, où qu'elle aille et quoiqu'elle fasse en public, il y va de l'image de la Justice, tout comme il y va de l'image de la France dans le comportement des français à l'étranger sur lequel je m'autorise personnellement à donner mon avis s'il y a lieu, ou tout comme autrefois lorsque les jeunes filles de bonne famille étaient vues à l'extérieur du pensionnat, il y allait de l'image du digne établissement, qui donc s'autorisait, parfois, à punir les demoiselles rencontrées en ville sans chapeau !

cransac

Monsieur P. Bilger,

J'ai eu grand plaisir à lire votre lettre car j'en approuve le fond et admire le style.
Je suis par contre étonné par certains commentaires qu'elle a suscités, qui trouvent naturelle la (soi-disant) dissociation schizophrénique de nos hommes (ou femmes) publics.
Je comprends évidemment que nos hommes et femmes politiques soient aussi des personnes et qu'elles aient droit à une vie privée indépendante...à condition que cette vie privée ne soit pas offerte en pâture aux médias et ne soit pas en relation possible avec le domaine public .
Il faut dire que l'exemple vient d'en haut : le président lui-même trouve compatible sa charge de chef de l'Etat et des croisières en yacht offertes (ou le prêt gratuit de villas louées pour lui) par de richissimes "amis".
A ce train là, nous trouverons bientôt tout à fait normal que la vie politique soit, comme aux Etats-Unis, presque entièrement financée par les quelques miliardaires les plus fortunés du pays qui bien entendu, le feront de façon tout à fait désintéressée.
Il fut un temps en France où l'esprit républicain prévalait sur la magouille des réseaux, où nous vivions dans une société plus ouverte, où le libéralisme ne se confondait pas avec la chienlit libre affairiste.
Il faut combattre cette dérive de toutes nos forces car elle va ruiner non seulement notre économie mais aussi notre culture, celle qui a fait la grandeur de notre pays.

Voici pourquoi je vous remercie encore pour votre lettre Monsieur P Bilger.


marie

Pour information,
et peut-être en avant-première,
Le Monde de demain reprend votre lettre...
Bonne lecture

Catherine JACOB

«De source élyséenne, Rachida Dati sera bien candidate aux municipales à Paris dans le 7e arrondissement. Après réflexion, la ministre de la Justice a donné son accord à l’Élysée et à l’UMP pour conduire la liste. Un choix qui ne ravit pas Françoise de Panafieu, qui aurait préféré que Dati se présente dans le 12e arrondissement. »

Un premier commentaire spontané :
«Madame Dati a des valeurs et des compétences certaines. Son cran donne du fil à retordre au corporatisme gauchiste de la magistrature, et c'est tant mieux ! Les procès d'intention de cette intelligentsia à l'égard de cette excellente ministre sont absolument abjects et démontrent à quel point l'iniquité siège impunément au sein de la..."Justice". Bon courage à vous, Madame Dati, votre mérite ne passe pas inaperçu. »

On cependant faire observer qu'il se décide néanmoins à chercher, mais un peu tard pour qu'on y croie vraiment et qu'on n'appréhende pas une nouvelle surenchère de nouveaux électeurs sur les inscriptions des listes électorales, la légitimité des urnes. Enfin une explication du Vivement Dimanche en tout cas qui est déclaré avoir donné une image très positive de ce ministre. Malgré tout mieux vaut tard que jamais.
Autre commentaire spontané:
«why La France de Sarkozy
??? 8 10? | 19:28
Quand la 2e fille - catholique - d'une famille de 12 enfants d'un maçon marocain et d'une mère algérienne aura pris la Mairie du 7e des hôtels particuliers et des ministères, la France aura bien changé ! Plus fort que Rastignac ! »

Rappelons à toutes fins utiles que le héros balzacien est «un jeune homme ambitieux, qui regarde la « bonne société » avec des yeux à la fois surpris et envieux, et qui va se montrer prêt à tout pour parvenir à ses fins. Aujourd’hui, un Rastignac est un arriviste, un « jeune loup aux dents longues ».»

Extraits de chronologie romanesque:

n1 «1821-1822 : Illusions perdues écrit de 1836 à 1843 Rastignac, devenu expert en luttes d’influence, louvoie dans la société. Il sait aussi bien éliminer ceux qui le gênent que se mettre dans le sillage des hommes qui montent. » -
n2 «1845 : Les Comédiens sans le savoir écrit en 1845 : Rastignac a 48 ans. Le caricaturiste Bixiou dit de lui : « Il a trois cent mille livres de rentes, il est pair de France, le roi l’a fait comte, c’est le gendre de Nucingen, et c’est un des deux ou trois hommes d’État enfantés par la Révolution de juillet ; mais le pouvoir l’ennuie quelquefois, et il vient rire avec nous... »

Souhaitons bonc bienvenue à Madame le garde des Sceaux un jour prochain sur ce blog.

thierry chevrier

La beauté de la forme est la meilleure alliée des vérités de fond !
En d'autres lieux d'idées, de pensées, de foi, on parlerait de "Grâce efficace" mais la Justice n'est pas une église.

Merci Monsieur.

soffi

Bonsoir


"Pourquoi gâcher de l’intelligence ?"

Hé bien mince alors, si chacun n'est plus libre d'utiliser son intelligence comme il l'entend ! Non?

J'aimerais (si c'est possible) connaître la suite qui sera donnée à cette missive.

Cordialement.

Philippe ZEVINAC

Lettre à un avocat général d’une cour d’appel.

A quel titre un avocat général d’une cour d'appel intervient-il dans la vie privée de son ministre de tutelle, même étalée dans la presse ?
Avec une certaine condescendance, voire un certain paternalisme, vous lui reprochez exactement ce que vous êtes en train de faire : de la médiatisation. Craignez d’être l’arroseur arrosé.
M.Bilger, la sérénité de la justice est-elle compatible avec les incursions médiatiques d'un avocat général ? C’est pour ce qui me concerne, d’autant plus inacceptable que votre critique porte plus sur la forme que sur le fond. Vous avez le droit le plus strict d’avoir un avis politique et un avis personnel sur l’action, voire l’attitude de votre ministre. Mais la sérénité de la justice et votre devoir de réserve vous imposent de n’en pas faire état en public.
Vous ne pouvez ignorer que le ministre est un personnage politique et public. Peut-on lui reprocher certaines mondanités ? Est-ce totalement en dehors de son rôle ?
Les médias peopolisent à outrance les politiques qui, souvent, cèdent à la tentation.
Est-ce le rôle d’un magistrat de s’en mêler ? L’ascèse médiatique à laquelle vous voulez contraindre le ministre s’applique davantage au magistrat, pour la sérénité de la justice, qu’à un personnage public et politique. Encore une fois, vous savez fort bien que les feux de la rampe ne sont allumés que par la presse (qui doit bien vendre) et si les politiques les entretiennent souvent, êtes-vous dans votre rôle de les attiser avec une certaine vigueur ?
A votre corps défendant, votre lettre attise ce que vous appelez le corporatisme des magistrats et concourt aussi à la « peopolisation » des politiques : il n’est qu’à constater les raccourcis que la presse fait de votre longue lettre.
Pour le simple justiciable que je suis, votre missive fait naître un doute, voire un malaise : quelle confiance accorder à des magistrats qui s’ingèrent dans la vie publique d’un ministre et qui ne respectent pas la vie privée de ce ministre régulièrement désigné à son poste par un Président de la République élu ?
Prenons un exemple : un accident arrive dans une école ; un équipement sportif étant défectueux. Le maire, qui n’est responsable que bien indirectement en tant qu’élu, se voit assigner devant le Tribunal. Comment peut-il être certain de la sérénité du Juge si la veille de son procès, il lit dans le journal local un papier du procureur lui reprochant de s’être affiché avec une personnalité locale ? Toutes choses égales par ailleurs, vous créez la même situation.
Si vous êtes à ce poste, c’est que probablement vous devez le mériter ? J’aurais aimé plus de hauteur de vue. A votre niveau, toute critique s’exerce en face à face, ou dans le bulletin de vote.
J’ai été choqué par le ton de votre lettre qui constitue pour moi une atteinte à la démocratie et me laisse le goût bien amer d’une certaine forme de populisme ambiant, voire de jalousie peut-être ? Pourquoi gâcher de l’intelligence ?

traindenfer

Si j'osais............allez j'ose........Madame Rachida Dati serait garde des seaux........de champagne.

Voilà sans doute le genre de remarques et de mauvais jeux de mots dont vous souhaiteriez que la justice ne fasse pas les frais.
A propos de la suppression de certaines cour d'Appel qui mobilisent nos barreaux : et si on supprimait les charges d'Avoués ? La lecture des Arrêts ne leur servant qu'à calculer leurs honoraires par le biais d'un logiciel...........
L'avoué : ni vu ni entendu......

Furax

Tout devient possible chers compatriotes !

- Des garde des Sceaux en Dior dans la presse people,
- des présidents en yacht,
- des hot-dog parties entre grands de ce monde,
- des lois sur l'immigration constituées de détails,
- des rafles endiablées au cri de "les femmes et enfants d'abord !",
- Des premières Dames de France qui négocient,
- des réformes des régimes spéciaux qui ne s'appliqueraient pas aux si peu spéciaux parlementaires.

Mais aussi
- des produits de luxe nicotinés qui se fument,
- des produit de luxe enfarinés qui se mangent,
- des médicaments de luxe franchisés qui bientôt ne se mangeront plus,
- des excès de vitesse chirurgicaux, au km/h près,
- des prostituées coupables,
- des heures sup qui... ah non, ça mon patron ne les paye pas,
- des propriétaires de casinos secrétaires d'Etat, enfin d'ici quelques jours,
- l'énergie qui devient privée,
- et puis, et puis bien d'autres...

Je ne peux qu'approuver votre point de vue cher M. Philippe Bilger, cependant n'a-t-on pas voté la RUPTURE !

Certe elle était bien marketée,
mais ça sentait quand même le roussi !
Ceci dit, peut-être qu'un réalisateur de talent pourra rebondir avec anticipation sur l'orientation que prend notre pays...
Après la déchirure, la rupture !
Ce film obtiendrait sûrement un Oscar...
en tout cas pour sa mise en scène.

Et pour finir, et sans vouloir faire de lien avec un feu, ex proche de la famille royale, je trouve que toute cette situation aurait nourri grassement, de records et d'exploits, l'émission "Incroyable mais vrai"...

P.S. : et si la justice devenait LE contre-pouvoir !?

patdid

Monsieur l'Avocat général
Votre courrier me fait vous poser la question suivante : Maître Kiejman, Maître Dumas, Monsieur Chalandon, n'ont-ils jamais été à des réceptions de l'établissement... ont-ils eux le droit de le faire parce qu'originaire de milieu bourgeois ou parce qu'ils sont des hommes <,,

catherine A.

@Catherine Jacob
ça, cela va de soi. Sans coeur il n'y a ni amour, ni amitié.
PS : je rêve, vous savez faire court :-)

Catherine JACOB

Catherine A.
"mes amies sont plutôt intelligentes, drôles et jolies"

Mes amis, comme Rodrigue, ont tous et toutes, du coeur !

catherine A.

@radjel
Une dernière mise au point car je ne voudrais pas monopoliser ce blog :
- Je suis VRAIMENT RAVIE de la nomination de Rachida Dati et j'espère VRAIMENT qu'elle réussira. Pour tout un tas de raisons très personnelles et parce que je suis une féministe revendiquée (au passage les mecs, heu, Messieurs, il faudrait que vous en finissiez avec ce cliché un chouïa débile et qui vous arrange bien, de femmes dévorées de jalousie pour leurs consoeurs et toujours prêtes à se crêper le chignon ; mes amies sont plutôt intelligentes, drôles et jolies).
- Un symbole doit être sans faille ai-je écrit ; je n'ai pas dit que Rachida Dati avait failli mais je voudrais juste qu'elle donne le moins de prise possible aux détracteurs qui attendent embusqués ; sachant trop, comme à peu près toutes les femmes plongées dans un milieu professionnel, combien les couteaux affûtés sont rangés dans les attaché-case et les cartables.
Voir Rachida Dati convertie en mannequin Dior, ça me chiffonne. Comme me chiffonne l'idée qu'elle soit allée chez Drucker ; peut-être suis-je un peu basse de plafond mais la garde des Sceaux chez un bateleur, je persiste à trouver ça un peu incongru.
Pour aggraver mon cas je vais vous dire en confidence qu'il m'arrive d'aller dans des soirées habillée de robes griffées prêtées ; n'en tirez pas pour autant de conclusions hâtives. Elisabeth Guigou n'a jamais été un modèle pour moi. La gauche caviar, très peu pour moi.
Mon admiration irait plutôt à Simone Veil, Albert Jacquard mais ma devise préférée reste "ni Dieu ni maître".
:-)


Ferraille

Je m’inquiétais d’avoir été un peu rude avec Philippe Bilger et de l’avoir blessé. En privé, il m’a rassuré sur ce point et expliqué que la rudesse des attaques que l’on portait contre lui lui était au fond gratifiante (ce qui, de mon point de vue, n’aurait pas excusé l’insulte, s’il y avait eu insulte). Radjel, en intervenant, vous me rassurez aussi : tout le monde n’a pas trouvé mes images insultantes. Il n’y avait, bien entendu, aucune volonté d’insulter M. Bilger dans ce que j’ai écrit.

Merci M. Bilger, pour ce dialogue.
Merci Radjel pour vos interventions.

Radjel

@ Cécile de Songy
Franchement je ne vois pas en quoi les interventions de ferraille sur ce blog sont une insulte à Monsieur Bilger ?

@Catherine A
Je ne me souviens pas, alors qu'Elisabeth Guigou (garde des Sceaux) sortait dans les soirées mondaines de la République, que cela ait déclenché un réel acharnement.
"Un symbole doit être sans faille" dites-vous. Je suis complètement d'accord avec vous, mais justement dans ce cas précis, où est la faille ?

Je trouve la missive mielleuse, sans panache, pleine de veulerie et quand Eolas sur son blog dit de Bilger après avoir lu la lettre : "Quand je vous dis que les avocats tremblent quand Philippe Bilger va requérir, vous comprenez maintenant pourquoi".

Je ne sais plus quoi penser de cette corporation !

ERKIA

Ma première réaction en lisant cette lettre est la suivante :
quel crime a bien pu commettre cette femme pour provoquer l'ire de monsieur Bilger ?
Puis, je me renseigne sur ce dernier et je me penche sur sa carrière de magistrat en particulier, et là je comprends.
Ah jalousie quand tu nous tiens !!
Sous un style littéraire certes remarquable, il ne peut masquer sa haine de Madame Dati.
Il en perd toute objectivité et je dirais même toute raison.
Nous sommes en démocratie, nous sommes donc en droit de porter des critiques à l'encontre de nos dirigeants et c'est ce qui je crois fait avancer la société.
Mais ici nous ne sommes plus dans la critique "positive" et constructive mais dans la vendetta.
Et c'est bien triste.

P S : PARDONNEZ MON STYLE QUI EST LOIN D'ETRE AUSSI ROMANESQUE QUE CELUI DE M.BILGER.

Une vache !

Admirateur éperdu
«Autant de vigilance nous rassure....»

Exactement !
Pour ma part je n'ai regardé que deux minutes Mme Dati sur le Vivement Dimanche de ce jour, vu que j'étais beaucoup plus intéressée par les savoirs sur notre colocataire Le Rat, animal dont on vient de dresser avec succès une espèce à la détection des mines anti-personnelles en Afrique. Cela a néanmoins été suffisant pour s'apercevoir qu'à l'occasion de cette émission qui passe en différé en non en direct, Mme Dati avait visiblement envisagé de s'inscrire, par la grâce des codes vestimentaires, dans la foulée victorieuses des All Black, lesquels étaient hier en gris et noir, et non pas dans celle de nos bleu-blanc-rouge, et apparaître ainsi devoir bientôt triompher des diverses cabales qui paraîtraient dès lors s'acharner injustement et en vain sur ses compétences.

La manipulation audiovisuelle ne s'est d'ailleurs pas arrêtée là, et je voudrais pour ma part que nos politiques cessent une bonne fois pour toutes, et de prendre les électeurs-téléspectateurs pour des vaches à bulletins dans l'urne qui regardent passivement passer le train, et de leur enlever subrepticement une part de leur libre-arbitre et de leur faculté critique par toutes ces tentatives dignes d'un Mitterrand-Louis XI. Je ne dirai rien du fait qu'après «Moi Je, Symbole de la France. C'est tout», on nous ait programmé Jeanne la Pucelle !

cameleon

Monsieur l'avocat général,

J'ai trouvé votre intervention d'une grande qualité mais en même temps vous avez violé le sacro saint principe du devoir de réserve. Qu'un syndicat s'exprime je peux le comprendre mais que vous vous le fassiez en qualité d'avocat général sur le comportement extra-professionnel de votre supérieur organique qui serait sensible aux "soirées Dior" je ne peux l'accepter.
Permettez-moi monsieur l'avocat général de vous poser cette question, de quelle légitimité "sociétale (sic)" vous vous prévalez pour vous ériger en "procureur de la vie" ?
Je suis moi aussi cadre de la fonction publique et même si je n'approuvais pas les sorties mondaines de mon ministre, je ne me permettrai pas d'exprimer mon point vue de la sorte.
Je vous laisse avec votre conscience pour apprécier intrinsèquement la portée de vos propos et méditer sur leur utilité sur le paysage de la stérilité intellectuelle.

GGS/ Cadre de la fonction publique d'Etat.

Véronique

@ Fabounet

"C'est tout à fait normal et conforme à l'attitude habituelle des femmes en milieu professionnel."

Ce qui est tout à fait conforme chez les hommes c'est de penser que les femmes n'agissent entre elles que comme des rivales jalouses.

Il y a des femmes avec lesquelles on aime beaucoup travailler parce que c'est simplement un vrai plaisir de travailler avec ces femmes-là. Même chose pour ce qui est de travailler avec des hommes.

Et dans ce post, Philippe Bilger n’est pas misogyne. Ce qu’il écrit, d’une part, il l’a déjà exprimé, ailleurs, dans ses livres. D’autre part, le principal de ce qu’il dit ici constitue le fondement de son éthique professionnelle.

Fabounet

@catherine A.

Je fais aussi partie de ceux qui n'auront pas eu l'attention suffisante pour rechercher les perles. Je m'en excuse. Mon erreur d'appréciation me fait bien plaisir.

Il demeure que, de manière générale, je maintiens mon propos précédent.

Fabounet

@Admirateur éperdu

Combien je suis soulagé de vous lire !

Fabounet

@radgel

"ce qui m'étonne le plus ici, c'est que les plus virulentes attaques envers Rachida Dati viennent des femmes !"

C'est tout à fait normal et conforme à l'attitude habituelle des femmes en milieu professionnel. N'oublions pas que dans notre univers macho les femmes ont appris depuis longtemps à n'être respectables que dès lors qu'elles sont les égales des hommes, donc haro sur tout ce qui est féminin. La justice au féminin pourra-t-elle exister un jour ?

Je ne parle même pas des jalousies psychanalytiques à l'égard de tout ce qui pourrait être plus séduisant aux yeux des hommes.

catherine A.

@radjel
Je pense que vous n'avez pas eu le temps d'une lecture attentive. Vous auriez constaté que les femmes de ce blog sont largement très pro-Rachida Dati.
Parfois un peu exigeantes car elles savent que les erreurs sont moins permises aux femmes et que lorsque l'une d'elles se plante (souvent aidée par les peaux de bananes masculines), c'est toute la cause des femmes qui fait un pas en arrière, cf Cresson. Rachida Dati a été promue symbole par Nicolas Sarkozy ; ce qui à mon avis est vraiment un cadeau empoisonné car un symbole doit être sans faille et ce n'est facile ni pour un homme ni pour une femme.

Véronique

Philippe, en aparté du sujet initial de votre note, je pense que cette phrase de Madeleine Allbright mettra d'accord les féminines qui conversent avec vous dans votre blog.

"There is a special place in the hell for women who don't help other women"

"Il y a une place particulière en enfer pour les femmes qui ne portent pas secours aux autres femmes"

@ Cactus

Monsieur le Professeur,

Merci de bien vouloir affiner la traduction s'il y a lieu.

Admirateur éperdu

@ Philippe Bilger

On ne peut pas dire, cher Procureur Général, que vous ne savez pas choisir vos sujets de chronique en fonction de leur importance : vous êtes allé à l'essentiel, c'est-à-dire la robe Dior de Rachida.

Votre Cour ne s'y est pas trompée et on applaudit à tout rompre la liberté de votre ton et votre indépendance d'esprit.

Ce n'est pas vous qui vous seriez abaissé à des polémiques inadmissibles cette semaine sur les pressions sur la justice via l'audiovisuel public et donc... nos impôts : http://forums.lemonde.fr/perl/showthreaded.pl?Cat=&Board=election&Number=2424622&page=0&view=collapsed&sb=5&vc=1#Post2424622

Ce n'est pas vous qui auriez donné votre avis cette semaine sur le corporatisme stupide de 98 % de votre profession :
http://forums.lemonde.fr/perl/showthreaded.pl?Cat=&Board=election&Number=2424621&page=0&view=collapsed&sb=5&vc=1#Post2424621

Autant de vigilance nous rassure....

Cécile de Songy

@radjel
L'attaque virulente de quelques femmes sur ce blog visait exclusivement les insultes déversées sur notre hôte par ferraille, aucun rapport avec Mme Dati !!

Piano solo

PEG
«Les ministres ont des fonctions de représentation. Ils participent à des événements mondains. Ca ne date pas d'hier. A mon avis, ça ne leur plaît pas tant que vous semblez le penser : on se lasse très vite des mondanités. Et d'ailleurs ça n'a pas d'importance. »

Du Gloria à la Symphonie inachevée: De http://www.vaux-le-vicomte.com/ à http://www.chateau-vincennes.fr/ il y a la jalousie d'un prince ou celle... du peuple souverain.

«Mais franchement, que Rachida Dati aille à une soirée en robe longue, ça ne méritait pas un article du Canard enchaîné, et surtout ça ne méritait pas que quelqu'un d'aussi doué et occupé que vous ne s'y attarde.»

Le modèle Dior était une robe noire mais avant il y a eu : «Une robe de soie jaune pâle pour la garden-party du ministère de la Justice. A ses côtés, Nicolas Sarkozy. Une robe de soie rouge cerise pour la garden-party de l'Elysée. Et toujours, à ses côtés, Nicolas Sarkozy, le mentor, le protecteur. Celui qui épaule et défend, quand le vent paraît tourner.»[ http://hebdo.nouvelobs.com/hebdo/parution/p2228/articles
/a350290.html ]

A-llez la BLEUE-EU!
http://www.youtube.com/watch?v=EeS9eT88hFY
[9mn06 plutôt bonne qualité sonore]

Radjel

@Ferraille, complètement d'accord avec vos propos, ce qui m'étonne le plus ici, c'est que les plus virulentes attaques envers Rachida Dati viennent des femmes !

Scipios

Monsieur Bilger,

Nos archivistes viennent de retrouver dans les sous-sols d'une forteresse russe un document étonnant qui montre que votre auguste aïeul, Dimitri Pietrovitch Bileritch, lui aussi magistrat, avait comme vous un grand courage doublé d’une plume élégante et sans concession.


Camarade Staline,

C’est la main tremblante que je trace ces quelques lignes, tant est grande mon admiration pour toi, glorieux père du Peuple et lumière de la Révolution. Tu es si bon, si clairvoyant et ta mansuétude est d’une telle étendue que je sais que tu ne me tiendras pas rigueur de mon audace.

Comme tous les magistrats, tu le sais, j’approuve sans aucune réserve ta politique glorieuse. Tu as avec courage renforcé les lois punissant les agissements réactionnaires, nous offrant à nous, procureurs, le plaisir infini de poursuivre les rats contre-révolutionnaires de notre juste vindicte.

Et que dire de la réforme de la police, qui obtient maintenant des aveux complets avec une célérité stupéfiante ? Puissent les agents ajouter à leur zèle un peu plus de politesse envers les greffiers, afin que la bonne humeur s’ajoute à l’efficacité.

Pour continuer d’un ton direct et franc ces constats sans fards ni retenue, je tiens pour un des plus grands gestes de bonté que l’Humanité ait connus ta décision de privilégier à une stricte et méritée sanction la rééducation dans les terres septentrionales, dont nos compatriotes locaux, tchétchènes, karatchaïs ou kalmouks, ont bien compris l’intérêt économique.

Toute la magistrature soviétique est donc heureuse de t’avoir à sa tête. Mais il y a pourtant un point important que je tiens à te signaler, camarade Staline, tant il me tient à cœur. Je sais que tu toléreras ce propos audacieux et que tu ne m’en voudras pas de ma franchise, car il est des sujets essentiels pour l’avenir de notre pays et de la Révolution.

Camarade Staline, beaucoup de mes collègues magistrats et moi-même pensons que ta moustache est trop petite. Nous pensons que tu devrais la laisser pousser un peu plus de manière à ce qu’elle forme deux élégantes boucles. Les magistrats sont très attachés à ces points esthétiques, car tu sais que la forme ne se peut distinguer du fond : aussi est-il important que le corps judiciaire ait un chef dont la perfection physique égale celle de son esprit infini.

Ton dévoué,

Dimitri Pietrovitch Bileritch

Ferraille

Mais après tout c’est vrai, Mme de Songy n’a pas tort, mes images sont inutilement corrosives.

M. Bilger, si vous les avez laissées passer (Bescherelle m’appuie sur le es), en ne modérant rien, ou si peu, malgré l’immodération, l’irrévérence, l’amplification que j’y avais mises, je n’en déduis pas pour autant que vous m’ayez passé d’avoir glissé un peu trop brutalement le pied dans votre porte ouverte.

Il y avait du fond dans ce que je vous ai dit : qui, à part peut-être Mme de Songy, en douterait ? Je continue de croire que vos reproches à Mme Dati sont non seulement superficiels, mais qu’ils dénotent un préjugé… sur la femme, et certes pas sur une origine ethnique. Une femme découpée comme une femme, et pas comme un homme, ce qui la rend, pour vous, coupable… coupable en deux, ce qui vaut presque tentative de recombinaison génétique, retour à la roulette du hasard dans le choix du sexe, comme s’il y avait, au fond du corps, une espèce d’organe-manette qui, dans une position, ferait un homme, et dans l’autre, une femme. Coupant entre ces deux parties, vous dites : « faites donc maintenant le choix de la bonne ».

Sur la forme, même si l’apparition de ma prose sur votre blog ne s’est pas faite sans votre participation active, je la regrette. Je tâcherai donc de mieux polir mes propos à l’avenir, s’il me prend à nouveau de réagir, je le ferai en «actionnaire», comme je le disais à M. Marquillier, c’est-à-dire avec un peu de distance critique, pas en «réactionnaire» — sans toutefois complètement les émousser, car il faut avoir tout de même un peu de goût dans le verbe : vous qui n’êtes pas un technocrate de la justice, vous le savez mieux qu’un autre.

catherine A.

@ferraille
Vous devriez peut-être retourner dans ces "cercles d'avocats qui se répandent en propos obscènes" ; sans doute y serez-vous mieux à votre place et pourrez tout à loisir, pénétré de votre talent, vous référer à toutes ces figures historiques que vous invoquez pour vous éviter de penser par vous-même ; la lecture de ce blog n'est pas obligatoire ; d'ailleurs ne vous croyez pas obligé de me répondre car je ne lirai pas votre réponse, je m'accorde le droit de choisir mes fréquentations. Bien à vous. Catherine A.

Véronique

@ Jacques (Parayre)

Je crois assez bien mesurer que le principal des domaines d'intervention de la Justice, ce sont les échecs et les souffrances humaines et sociales. Et qu'en face, il y a des professionnels qui, pour la plupart, ne font pas ce qu'ils peuvent. Mais bien plus que ce qu'ils peuvent.

Mais je tente une contradiction.

"qu'il lui est demandé, sans guère de moyens, de remplir une multitude de fonctions sociales, administrateur, psychologue, assistant social, "masseur diplômé de la misère du monde"..."

Les professionnels du monde judiciaire n’ont-ils pas eu aussi tendance à investir de leur propre chef les domaines que vous évoquez ?

Il peut y avoir dans certains métiers - et je ne pense pas nécessairement qu'à ceux de la justice - l'idée, le besoin de se sentir à tout prix partie prenante de disciplines qui n'entrent pas nécessairement dans leur champ immédiat de compétences.

Et je pense que lorsque des situations deviennent ingérables dans une profession, c'est également, parfois, parce que les professionnels eux-mêmes trouvent leur compte dans une forme de désorganisation et de confusion.

Une sorte d'alibi qui peut se traduire comme une difficulté, par exemple, à savoir rester à sa place et à savoir déléguer.

Badinter, Nallet... puisque Philippe le dit.

Sérieusement, sans rien retrancher de ce qu'ils ont pu apporter, je les perçois malgré tout comme des classiques co-gestionnaires d'un existant.

Il n’y a pas très longtemps, j’ai lu une tribune de R. Badinter dans Le Monde écrite en février 2006 à propos d’Outreau. Je n’en revenais pas du conformisme de son approche.

Parayre

@Véronique:

Merci d'avoir répondu à mon interrogation mais, pardon de ne pas être, pour une fois, convaincu par votre argumentation...

Sachez que certains gardes, Badinter bien sûr, Nallet comme l'a justement évoqué notre hôte et d'autres, ont été de grands ministres d'une administration que vous qualifiez rapidement en "roue libre" alors qu'elle est, au contraire, concrètement et de plus en plus dans l'urgence, confrontée à la vie, à ses errements, turpitudes, douleurs et qu'il lui est demandé, sans guère de moyens, de remplir une multitude de fonctions sociales, administrateur, psychologue, assistant social, "masseur diplômé de la misère du monde"...

Mesurez-vous que vous parlez d'une Justice occupée par ses tâches essentielles, de tous les conflits comme des malheurs et des difficultés de la vie ?

Cécile de Songy

@Ferraille
Vous vous croyez sur Agoravox où les insultes fusent comme si c'était la norme ? Vous êtes sur un blog où les habitués échangent en personnes civilisées et au minimum respectent leur hôte, même si la contradiction lui est régulièrement apportée. Votre premier commentaire suintait la haine ou je ne sais quelle jalousie inavouable. Je cite : étroit bigot, janséniste d'outre-tombe, bas courtisan, fais le malin, bouffon refroidi, s'aplatit, mielleux, vit au ras de terre, persifle, perfide serpent, vil et j'en passe... et cette fois, une autre couche du même acabit, inquisiteur malotru, réflexe reptilien, tartuferie, etc, etc. C'est d'un bon psy dont vous avez besoin de toute urgence. C'est VOUS qui enrobez de mots ce qui n'est en fait qu'une opposition simplement haineuse envers l'homme, pas seulement ses idées. Alors allez voir ailleurs, si vous êtes si indisposé. Et cette bienveillance envers vous-même et votre "ironie" qui n'est en fait que celle que vous voudriez y mettre et qui tombe à plat faute de talent. Dernière chose : fréquentez d'autres avocats que ceux qui pensent que M.Bilger puisse être raciste, car qui se ressemble s'assemble. Il faut vraiment être d'une bêtise crasse pour oser le dire, et ne pas savoir lire, écouter et penser. Franchement, je connais bien le milieu et même ses pires ennemis ne l'ont jamais dit. Je vous soupçonne fortement de vouloir représenter à vous seul la profession. Pitié pour elle !!

Véronique

@ Jacques (Parayre)

Ma phrase était une facilité de langage.

En réalité, j’avais en tête la précédente note sur l’inculture judiciaire. Je pense que pour la plupart de nos concitoyens l'expression "garde des Sceaux" reste obscure.

On présente très souvent un ministre de la Justice avec l’appellation garde des Sceaux. Sans se soucier le moins du monde d’expliquer l’origine, la complexité, la justesse, l’importance d’une double appellation pour désigner un ministre de la Justice.

Je vous rassure.

1 - Je sais à quoi renvoie le garde. Mais essayez de demander à des personnes de tous les jours le sens de ce terme, vous serez surpris par les hésitations.

2 - Je ne souhaite pas du tout qu’on abandonne cette appellation.

Mon sentiment est que la nomination de RD comme garde des Sceaux marque un tournant dans la façon dont ceux de tous les jours perçoivent la justice. Au sens où l’Etat semble se réapproprier une administration que bon nombre - moi en premier - imagine comme (trop) en roue libre.

Je vous sais frémir.

Mon propos n’est pas de porter atteinte au principe de la séparation des pouvoirs. Je parle en termes de communication sur l’univers de la justice. Mais "communication" compris au sens pas forcément péjoratif. Au sens où NS et RD contribuent à faire de la justice de notre pays un domaine de la vie publique, avec ses enjeux, comme un autre. Par exemple, comme ceux de l’enseignement ou la santé.

Je conçois qu’on puisse être furieusement et radicalement contre NS et RD. Il n’empêche que l’un et l’autre portent dans le débat public et rendent accessible pour un plus grand nombre le sujet de la justice. Et que je ne perçois pas RD comme un énième co-gestionnaire d'une administration ronronnante de la justice.

Et jamais, je le pense, comme cela a été fait auparavant.

C’est pour cette raison que j’ai écrit que la nomination de RD se définit plus pour moi comme celle d’un ministre de la Justice que comme celle d’un garde des Sceaux.


Ferraille

Pour Marcel Patoulatchi

Vous écrivez que, si l’on m’en croit, l’on pourrait trouver, a silentio, du racisme céans car monsieur Bilger aurait le culot de « fulminer le luxe et la luxure comme [on] ne sait quel étroit bigot ». Ce ne serait donc, ajoutez-vous, dans une exégèse qui procède par collage et confusion de citations, « qu'aimer vivre au ras de terre », que d'oser vouloir distinguer le politique du glamour, le social de l'élitisme décadent.

Tout d’abord, puisque j’ai cette chance de pouvoir fournir une contre-exégèse de mes propres écrits et démentir ceux qui voudraient, ici, me faire dire ce que je n’ai pas dit, je ne puis que m’étonner que la forme d’amalgame systématique que je dénonçais dans mon commentaire, celui de voir automatiquement — ou de tout aussi automatiquement voir que l’on a cru voir — du racisme dans les critiques que l’on adresse à Mme Dati, se trouve si vite reproduit, par vos soins, avec mon propre écrit.

Votre « car », c’est-à-dire la liaison logique que vous faites entre mon évocation d’un racisme attribué (et approuvé, voire désiré par eux) à M. Bilger par ces avocats qui se plaignaient en ma présence de Mme Dati, et la deuxième partie de mon commentaire, me semble particulièrement contestable.

Justement, dans un premier temps, j’avais voulu bien poser que j’avais pris parti contre cette malencontreuse surinterprétation des prises de position de M. Bilger.

J’étais intervenu dans une conversation entre avocats, et j’avais pris parole, pour, donc, clairement récuser cette fausse interprétation du propos de M. Bilger, pour révoquer une trahison de ce propos, semblable, au fond, à celle de M. Sopo décelant des faits de racisme dans les attaques contre le garde des Sceaux.

Certains ont incorporé le racisme à tous leurs raisonnements : il devient chez eux un réflexe de pensée. Ayant donné procuration de racisme à M. Bilger, soit ils l’énoncent par cette procuration, comme les avocats dont je parlais le faisaient, soit ils le dénoncent par elle, comme M. Sopo l’a fait (ne visant d’ailleurs pas explicitement l’auteur de ce blog, me semble-t-il, mais sans doute l’englobant avec d’autres).

La deuxième partie de mon commentaire visait deux choses : la forme, aussi obséquieuse qu’elle me semblait perfide, ou, du moins, si l’on ne va pas jusque là, tout juste au niveau du persiflage. Le fond : l’espèce de procès en sorcellerie que l’avocat général de céans conduisait contre une femme d’État, ses toilettes, sa vie mondaine, avec un raisonnement dont les ambages excessives n’étaient peut-être qu’une expression supplémentaire de tartufferie.

Je révoquai le racisme, je convoquai la misogynie qui fait d’un homme raffiné, plus habitué à la fréquentation des plus hauts degrés qu’à celle du ras de terre, cet inquisiteur malotru, ce contorsionniste de l’obséquiosité et du persiflage, qui fonde une accusation sur quelques détails grossis, et requiert plus par une espèce de réflexe reptilien que par un authentique travail de l’esprit.

Quant aux arguments sur l’idée qu’un ministre ne doive pas se mélanger au monde de l’argent, je n’en ai pas.

Mme Dati se trouve dans un milieu. Ce milieu a ses usages. Le pouvoir d’État, qui, en France, ne vous déplaise, s’est construit sur un millénaire de monarchie, et garde, de cette construction sociopolitique, certains traits de royauté, et un certain rapport avec le luxe et le tapage des palais, ne s’exerce pas, comme en Suède, dans un cadre de vie petit-bourgeois.

Qu’est-ce que la République ? C’est le tiers-état éduqué et qui s’exprime, mais reste de sa condition. Car ni le Roi — celui qui en tient lieu —, ni l’aristocratie — ceux qui en tiennent lieu — n’ont disparu de ce pays.

M. Bilger, qui a fait publiquement état de convergences intellectuelles avec le discours des gens au pouvoir, devrait avoir un peu d’esprit de suite. Observant des comportements et des choix qu’il ne peut accepter, peut-être serait-il temps, pour lui, de se demander s’il n’a pas été tout simplement un naïf en matière politique.

Garou

Rachida Dati en Dior à une réception....
Pas si mal.
Imaginez un peu, elle aurait pu porter du Jean-Paul Gaultier ;-)

Véronique

@ Catherine

Alors efforcez-vous de faire comme sbriglia, avec ironie, fantaisie, charme et humour, et comme moi-même, sans raffinement, à force d'exaspération, appelez les choses par leurs noms.

@ Jacques (Parayre)

Je réponds bientôt à votre question.

Boléro

catherine A.
«Et ce ne sera pas un cadeau pour l'éventuelle procureure qui lui succédera. Etre perçue comme une chouchou n'est pas facile »

Peut-être que ce ne sera pas une chouchoute mais seulement quelqu'une qui portera la robe avec beaucoup d'élégance, car peut-être que Madame Dati a l'intention de faire dessiner par Galliano un uniforme inédit de Préfet de Justice avec un revers renforcé pour accrocher les médailles sans alourdir l'ensemble. Du moins c'est la question qui se pose à la lecture de ceci : «C'est une Rachida Dati seule, sans Cécilia Sarkozy qui pose au bras de Sydney Toledano. Les deux amies sont férues de mode, sûr que Rachida lui racontera tout ! © DR» C'est sur: http://www.linternaute.com/femmes/people/le-60e-anniversaire-de-dior/rachida-dati-venue-sans-son-amie-cecilia.shtml

Patrick Marguillier

Une bien belle manière de redonner le goût de la justice aux citoyens, je vous remercie également d'interpeller madame la Ministre et donc de faire connaître votre solidarité au sujet du procureur général d'Agen, je partage votre gêne sur cette mutation quelque peu incommodante pour Bernard Blais à seulement 8 mois de la retraite (et non 18 comme le soutenait madame Dati) après 14 ans de bons et loyaux services aux service de la justice et des citoyens.
Si je partage par ailleurs votre avis sur la nécessité des peines planchers pour les multi-récidivistes majeurs, je ne partage pas cet avis en ce qui concerne les mineurs sauf pour ce qui concerne les délits très graves (tortures, meurtres, violences à personnes..) car je suis convaincu qu'il y a des solutions alternatives sur lesquelles on devrait se pencher, les premiers exemples qui me viennent à l'idée seraient une prévention très accrue par le biais de spots télévisés (sachant que beaucoup de jeunes regardent la télévision..), d'affiches, sur internet...
Et l'instauration d'une instruction civique beaucoup plus developpée, active, qu'actuellement par le biais de l'éducation dès le plus jeune âge en sollicitant le soutien parental indispensable, plus particulièrement dans les zones difficiles, evidemment cela ne peut concerner que la prévention des "petits" délits, non la criminalité endurcie, mais ce qui fait déborder les prisons aujourd'hui, c'est bien les "petits" délits.
La prévention concerne également internet, ou vulgarité et pornographie atteignent les plus jeunes sans discernement.
La prévention doit également concerner les consommations de drogue, car il faut bien le dire un jour, on en trouve partout et presque aussi facilement qu'un paquet de chewing-gum surtout dans les zones ou elles devrait être bannie car elle ne fait qu'ajouter aux problemes sociaux un déséquilibre grave et très dangereux pour toute la societé, pour les parents souvent en difficulté et les enfants eux-mêmes qui ne mesurent pas toutes les conséquences de cette consommation nuisible sur leur psychisme.
Il faudrait aussi faire des zones de dialogues avec la police plus que lassée de passer son temps à jouer du taser en courant après les jeunes afin qu'elle puisse s'introduire dans n'importe quelle cité sans provoquer des fuites épérdues de dizaines de jeunes à chaque approche. Nous ne sommes plus au temps des seigneurs. C'est à ce prix-là que la société avancera à mon sens. Les jeunes sont notre avenir, si nous continuons ainsi, nous allons à la catastrophe.
Nous parlons facilement des jeunes et de la délinquance, mais nous devrions aussi parler aux parents très concernés et souvent en difficulté qui ne se sentent justement plus concernés et qui en sont presque à haïr ce système, la société, et laissent faire leurs enfants pour ne pas dire qu'ils les encouragent implicitement au pire.
La baton et la carotte, à condition de manier les deux avec virtuosité, pas tel qu'actuellement si je puis me permettre...
Il serait bon et urgent de revoir la carotte.
Cordialement. Patrick Marguillier.

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