Madame le garde des Sceaux,
Ne voyez nul irrespect dans ce courrier. Faute d'avoir eu l'honneur de vous rencontrer et de vous parler, il ne me reste que l'écrit pour vous transmettre le message qui me tient à coeur. Je suis persuadé aussi que vous préférez, comme moi, une parole libre à un silence complaisant, une franchise spontanée à une campagne d'insinuations et de rumeurs.
J'ajoute que, pour respectables qu'ils soient, les syndicats n'ont pas vocation à être les seuls intercesseurs entre vous-même et la magistrature et qu'il y a place pour des visions singulières.
Votre politique, celle qui est mise en oeuvre et celle que vous annoncez, puis-je vous dire que je l'approuve totalement. Je tiens pour rien mes réticences sur telle ou telle fusée intellectuelle lancée par le président de la République et dont la validité serait à vérifier. Par exemple, la comparution des personnes déclarées irresponsables devant les cours d'assises. Je ne crois pas que les familles de victimes seraient davantage consolées et je suis certain que l'Etat de droit y perdrait.
Pour l'essentiel, mon assentiment pour la loi sur les peines planchers vous est depuis longtemps acquis et je ne perçois que des avantages, pour la société, à faire passer les récidivistes dangereux, majeurs ou mineurs, sous des fourches caudines fiables et rigoureuses.
Si vous parvenez à mener à bien la réforme de la carte judiciaire - et vous avez rappelé votre détermination à ce sujet -, vous aurez réussi, contre tous les corporatismes se déguisant en intérêt public, un exploit qui méritera d'être salué. Vous avez installé une commission pour réfléchir à la dépénalisation du droit des affaires. Ce ne sera pas une mince entreprise entre l'utile exclusion de l'accessoire, sans mauvaise foi caractérisée, et la conservation de l'essentiel clairement frauduleux.
Vous prévoyez, pour la fin du mois de novembre, un grand débat sur la future loi pénitentiaire et si celle-ci tient ses promesses, les prisons, aussi nécessaires qu'elles soient, ne constitueront plus une indignité humaine et une honte pour la République. Ce qui est au coeur de votre projet et qui garantira au moins l'abstention bienveillante de l'opinion publique, c'est la volonté d'améliorer, en même temps, la condition des condamnés et le sort des personnels. A distinguer la première du second, le risque de devoir faire face à une incompréhension outrée était inévitable. Vous y échapperez par cette solidarité tout à fait justifiée. Et la nomination d'un contrôleur général des lieux d'enfermement est une initiative qui aura à l'évidence d'heureux effets. Un regard extérieur sur les univers clos est plus efficace que les vigilances internes trop souvent formelles.
Peut-être vous attacherez-vous aussi à modifier la composition du Conseil supérieur de la magistrature. Diminuer le nombre de magistrats ne l'affaiblirait pas mais le rendrait, paradoxalement, plus légitime. Un jour aussi, vous oserez remettre sur le chantier cette question fondamentale de la responsabilité des magistrats. Dès lors que leur activité juridictionnelle tombe dans un dévoiement qui ne la protège plus, on pourrait concevoir un régime élargi de responsabilité qui tiendrait compte de cette dénaturation. Admettre cette exigence non plus comme une charge mais comme un honneur, loin de fragiliser notre corps, restaurerait la confiance du citoyen qui ne nous prêterait plus un pouvoir sans contrepartie, aujourd'hui intolérable.
Pour ma part, oserais-je suggérer que la division de la magistrature en deux unités distinctes et autonomes - siège et parquet - représenterait une chance pour l'institution. Créer organiquement l'obligation d'un double regard apporterait un esprit neuf à notre procédure pénale qui n'attend que cette révolution puisqu'on ne veut pas de celle, radicale et bienfaisante, qui consisterait à supprimer la fonction de juge d'instruction.
Vous avez manifesté votre désir de nommer plus de femmes à des postes importants de responsabilité. Je n'y vois que des avantages si on ne tombe pas dans le travers qui a permis, parfois, l'hégémonie virile : reléguer la compétence au second plan. Peut-on vous suggérer d'adopter des méthodes moins brutales ? Est-il ainsi indispensable, pour la bonne administration de la justice, de "virer" quelques mois avant sa retraite un procureur général respecté ?
Vous devinez bien que je n'aurais pas eu l'impudence de vous envoyer une correspondance électronique s'il ne s'était agi que d'un aval à donner à votre politique. Vous avez suffisamment de partisans pour n'avoir pas besoin de moi. Il n'empêche que le fond ne cesse pas de me convaincre mais que la forme me laisse surpris. Au nom du premier, je me permets d'évoquer la seconde.
Par forme, j'entends par là vos apparitions sur la scène mondaine médiatisée. Il y a quelques jours, j'ai parcouru Point de vue et je vous ai vue. Pour ne rien vous cacher, mon premier sentiment fut d'étonnement. Comme on pouvait s'en douter, le Canard enchaîné vous a consacré un article. Bernard Arnault donnait un dîner historique pour les 60 ans de Dior. Apparemment, la fête fut superbe et vous portiez une très belle robe longue.
Peut-être êtes-vous en train de songer que ce magistrat sur lequel vous avez une autorité, par l'entremise de son procureur général, dépasse les limites et que votre existence de garde des Sceaux ne le regarde en rien. C'est sur ce point capital que je me sépare de vous.
En effet, il me semble que la communauté des magistrats et son ministre constituent une totalité, une unité, une solidarité qui ne peuvent pas laisser la première indifférente et le second insensible. Il est manifeste que si vous administrez le service public de la justice, si, d'une certaine manière, vous nous gouvernez, vous nous représentez aussi. L'action du ministre que vous êtes ne s'arrête pas, à nos yeux, au seul vote de lois et à des déclarations publiques qui, prononcées parfois devant des publics hostiles, feront de moi à chaque fois le défenseur de votre courage intellectuel et politique. Elle concerne aussi cette immense part de mondanité et de publicité qui vous voit conviée en qualité de garde des Sceaux et offre une illustration de votre personnalité dans laquelle nous sommes évidemment partie prenante. Pour prendre un exemple, lorsque Claire Chazal a le droit de se laisser photographier en votre compagnie, nous sommes aussi les victimes de cette confusion.
J'ai conscience d'aborder un thème délicat mais qui me paraît suffisamment important pour que je vous en entretienne. Notre perception de vous-même en qualité de ministre ne parvient pas à occulter cette vie mondaine médiatisée qui, pour être théoriquement à égale distance de la vie personnelle et de la vie politique, représente surtout, sans rapport avec la première, une vision clinquante, superficielle et ostensible de la seconde. Je sais bien que quelques-uns de vos collègues, hommes et femmes, sont friands de ces exercices sociaux et somptuaires mais votre fonction rend sans doute le hiatus plus éclatant entre le sérieux, la rigueur de la fonction et la futilité de ces manifestations où tout coule et se montre en surabondance. Il est normal que nous nous en préoccupions comme il ne serait pas absurde que les autres administrations s'en soucient.
Il serait même scandaleux que le corps judiciaire, dans le secret ou sans fard, ne soit pas attentif à ce qui accable quotidiennement la justice en le comparant avec les soirées brillantes qui, aussi passionnantes soient-elles, semblent trop en décalage, en inadaptation pour ne pas susciter au moins une once de malaise chez nous. Les tragédies, les dérives, les échecs, les désastres enfouis dans l'exercice de toutes les justices, pas seulement pénale, la multitude de ceux réclamant consolation et réparation, de ceux faisant obstacle à la manifestation de la vérité, les contentieux de luxe et les instances de pauvreté, cet immense et contrasté paysage judiciaire n'est-il pas, avec son intensité dramatique, trop lourd pour pouvoir supporter un garde des Sceaux qui s'adonnerait, sous notre regard de professionnels et de citoyens, à des incursions festives sans commune mesure avec la grandeur de sa charge et l'honneur de notre métier ?
Une seconde, j'ai cru deviner sur votre visage une touche de dérision et comme un peu de condescendance. Certes, vous avez été magistrat mais vous connaissez et admirez les entrepreneurs, vous raffolez sans doute de l'esprit d'entreprise. Je devine aisément les procès qu'on peut intenter à notre institution. Elle serait ridicule avec sa dénonciation éthique de l'argent et son puritanisme, cet éperdu désir de pureté qui l'habiteraient. J'ai trop souvent vitupéré le corporatisme de beaucoup de mes collègues pour ne pas venir au secours de la magistrature quand elle le mérite. Si notre conservatisme est souvent timoré, il a aussi son allure et nous préserve, avec une intuition rarement en défaut, des pièges qu'induisent les fascinations faciles de la modernité, du luxe et de la profusion. Il est vrai que nous portons en nous, probablement avec trop de raideur et de rigueur, une bonne conscience que j'admets, à force, lassante, une détestation sinon de l'argent du moins de toutes les manières inélégantes et vulgaires d'être riche qui nous rendent, il faut bien l'avouer, la tolérance souvent de plus en plus difficile. Reconnaissez qu'il y a dans le luxe massif quelque chose qui gêne, que la vulgarité suinte même des gens de distinction quand on a l'impression qu'ils ignorent ou méprisent ce qui se passe de l'autre côté de la rue, de la vie. Aussi, on ne saurait tourner en dérision ce qui fait profondément la force de notre être collectif, précisément notre goût des êtres au coeur de toute justice authentique et notre méfiance de l'avoir. Cela ne signifie pas évidemment que nous serions assez sots pour ne pas réclamer une augmentation de nos traitements et, plus noblement, du budget de la justice. Mais je crois que nous sommes parvenus à nous situer, aujourd'hui enfin, dans une morale de l'équité. J'insiste sur ce plan car votre volonté justifiée de battre en brèche nos archaïsmes pourrait vous faire oublier la qualité et la rectitude des principes et des valeurs qui généralement guident notre pratique. Dès que nous pouvons être les témoins de ce qu'accomplit notre ministre de la justice, ici ou là, côté place Vendôme et côté Dior, nous sommes fondés à penser. On peut garder ces pensées pour nous ou les exprimer. Je suis sûr que vous ne vous irriterez pas de cette étrange missive électronique inspirée par la passion de la justice qui nous est commune. Quelle présomption de ma part, d'ailleurs, que de croire que vous la lirez mais il n'est pas nécessaire d'espérer pour écrire.
Daignez agréer, madame le garde des Sceaux, l'expression de ma très haute considération.
Pour une fois, je ne ferai pas de commentaire particulier sur vos lignes, je n'en ai pas de suffisamment intéressant pour en commettre. Juste confirmer que je suis plutôt en phase avec vos propos, encore une fois, mais aussi avec certains des commentaires subséquents. J'apprécie particulièrement l'équilibre des propos des uns et des autres et suis un adepte définitif des libertés de pensée et d'expression d'autant plus qu'au fil des années et particulièrement depuis un petit quart de siècle environ je les sens sous la pression croissante de la bien-pensance générale, qui m'est totalement insupportable et à laquelle je m'oppose de toutes mes forces... J'accepte donc les échanges contradictoires, j'apprécie les échanges oraux ou écrits pour peu qu'ils respectent l'autre et acceptent la contradiction. Mais j'apprécie par-dessus tout, probablement, le courage dans la vie en général et en particulier celui de parler non masqué, d'écrire sans se cacher derrière un pseudonyme très lâche quels que soient les propos tenus et le point de vue défendu. Alors, si vous, Monsieur l'Avocat Général, écrivez et signez à "visage découvert", pourquoi vos contradicteurs - doux euphémisme quand on jauge l'acrimonie, la vindicte retenue, le fiel qui ressortent des commentaires de certains sur votre blog - oui, pourquoi ceux-ci ne signent-ils pas leurs lignes sous leur véritable identité ? J'imagine aisément qu'un certain nombre d'entre eux vous sont connus car probablement oeuvrant dans le vaste périmètre des professionnels du Droit. Vous comprendrez la légère frustration qui peut être la mienne quand, à la suite de chacun de vos billets, il apparaît que les rédacteurs des commentaires sont souvent "masqués" par l'anonymat du web d'une part et, d'autre part, par l'anonymat de "leurre" signature. Mais c'est le jeu, je l'accepte même si j'en regrette cette phase.
Rédigé par : Jean Morel | 17 mai 2008 à 13:50
Je trouve, votre "Honneur", tout à fait surréaliste votre commentaire. Je conviens volontiers que la forme est parfaite, mais pardonnez-moi de trouver la deuxième partie de votre commentaire lourdement insistante sur l'apparition de Mme Dati chez Dior : c'est futile, sans intérêt et surtout discourtois.
Il y a tout de même la galanterie, même s'il s'agit d'une ministre !!
Rédigé par : mandarin | 29 décembre 2007 à 22:57
Il est trop tôt pour un bilan. On ne juge pas un ministre après six mois d'exercice. Surtout un garde des Sceaux qui a été juge ! Alors, à défaut de juger Rachida Dati, on la soupçonne. C'est plus commode, plus rapide et plus ravageur. C'est une manière d'instruire son procès sans le dire. Accusée Dati, répondez !
On plaisante à peine. Le dernier objet de la controverse, ce sont ses diplômes. Pas assez ceci, pas assez cela selon la rumeur. L'Express et Le Canard enchaîné ont enquêté. Les deux hebdomadaires ont humé et retourné toutes ses peaux d'âne. Ils ont validé un DEUG de sciences économiques, puis une maîtrise en droit. Mais nos deux confrères tiquent sur son passage à l'Institut supérieur des affaires (ISA). "Elle n'a jamais obtenu le diplôme...", relève L'Express. Elle cultive l'ambiguïté, signale le Canard.
On rêve ! Dans l'extrait de curriculum vitae publié par Le Canard enchaîné, la future ministre de la justice signale simplement qu'elle a suivi l'enseignement en formation continue de l'ISA-HEC. Nulle mention de sa part d'un quelconque diplôme. Au contraire, Rachida Dati précise qu'elle est "ancienne élève de l'Institut supérieur des affaires". Ce qui veut dire, selon les codes en vigueur, non diplômée.
Mais ce n'est pas la question, on l'aura compris. Lui demander de s'expliquer sur ses diplômes, cela revient à douter de ses compétences. Cela consiste à miner sa crédibilité. A saper son autorité. Que peut donc être une garde des Sceaux qui tricherait sur son CV ? Lui demander ses diplômes, c'est comme lui demander ses papiers. Police ! Contrôle d'identité...
C'est troublant et inquiétant pour l'image que cela renvoie d'une société inquisitoriale. Comme si l'élève Dati devait encore et toujours prouver quelque chose. Et, de fait, c'est tout juste si on ne lui conteste pas aujourd'hui son titre de magistrat. Nous aurait-elle menti ? On la croyait adoubée par un ancien ministre de la Justice (Albin Chalandon) et une ancienne secrétaire générale du Conseil de la magistrature (Simone Veil). C'est exact. On la pensait formée par l'Ecole nationale de la magistrature. Encore exact. Mais elle a été reçue sur titres, sans passer le concours. Honte à cette petite fille issue de l'immigration qui n'est pas parvenue à faire les grandes écoles tandis qu'elle travaillait de nuit pour payer ses études !
Dans un livre à paraître ces jours-ci, "Je vous fais juges", elle répond aux questions de Claude Askolovitch, du Nouvel Observateur. C'est très instructif. Exemple : "Dans votre enfance, le fait d'être d'ailleurs a-t-il compté ?
- Je ne viens pas d'ailleurs, répond-elle. Je suis née à Saint-Rémy, Saône-et-Loire."
Plus loin : "Il n'y a pas de question beur ?
- Elle ne m'a pas construite."
Tout est de cette eau-là. Pensé, ajusté. "Le problème, explique-t-elle, c'est que les gens vous mettent une condition sociale sur le visage. Et sont persuadés d'être de fervents progressistes..."
Rachida Dati s'est fait une raison. Elle encaisse, elle avance sans que personne comprenne où elle parvient à puiser cette énergie qui l'a conduite toujours plus haut. Au terme de 232 pages d'interrogations sur ses origines, sa formation, son ambition, Claude Askolovitch lui lance : "Personne n'a votre secret de fabrication ?" Elle répond d'un mot : "Non." Il la relance : "Et de toute manière, il n'y en a pas ?" Ultime réponse : "Non."
Peut-être cette tension très maîtrisée est-elle sa marque de fabrique, ce qui la conduit à l'action, au goût de la conquête. René Char, poète et résistant, a défini un jour sa propre conduite d'une phrase : "Etre du bond. N'être pas du festin, son épilogue." Rachida Dati, tout juste 41 ans, n'a pas cette réserve. Elle cumule les deux sans façon.
Laurent Greilsamer
Rédigé par : lolo | 05 novembre 2007 à 18:48
Je viens de voir une interview que votre ministre a donné à l'occasion de la soirée de bienfaisance qui a récemment accueilli à l'Orangerie du château de Versailles tout le gratin international au profit de la Fondation pour l'Enfance et qui avait pour thème : Noir et Blanc [qui soit dit entre parenthèses représente le chic par excellence pour les japonais: l'IKI ].
Mme Dati a expliqué que le ministère de la Justice était partenaire de cette fondation que préside Mme Valéry Giscard d'Estaing, laquelle était l'invitée de Nana Mouskouri aujourd'hui sur Vivement Dimanche, vedette à propos de laquelle 'l'inusable' nous a expliqué qu'elle était connue comme ambassadrice des chansons en langues européennes des chinois eux-mêmes. Le garde des Sceaux a commenté sa propre présence à cette soirée, où elle s'était rendue pour sa part en blanc, en précisant qu'elle « était normale puisque son ministère est partenaire de cette fondation dans son action pour la protection des mineurs.»
On dira pas le contraire, mais on fera néanmoins observer qu'il vaudrait mieux, pour le garde des Sceaux, ne pas se surmener et garder ses forces pour le marathon qui lui fait sillonner en ce moment la France entière dans le but d'expliquer sa réforme, et déléguer plutôt les mondanités inévitables à son directeur de cabinet Monsieur Patrick Gérard, Conseiller d'Etat, lequel j'en suis certaine ferait cela tout aussi bien, ou encore à son porte-parole le jeune Monsieur Guillaume Didier, puisqu'aussi bien le poste est nouveau autant le rentabiliser, mais c'est juste une suggestion.
Madame Giscard d'Estaing a souligné les dangers d'internet, outil de communication mis en cause dans certaines disparitions de jeunes filles. Elle a raison bien sûr d'engager les parents à accompagner les premiers surf sur le net de leurs enfants, et même les suivants, comme il convient qu'ils le fassent dans tous les domaines d'ailleurs, mais le danger rôdant, comme on le sait, dans l'entourage immédiat pour l'essentiel, il convient, comme pour tout, voiture, alcool, sorties, cinéma, activités sportives etc... de faire en sorte que l'arbre ne cache pas la forêt.
Or donc, Internet est un merveilleux outil de communication qui peut être très utilement exploité par tous les pédagogues dans quelque domaine que ce soit, ce qui a par ailleurs incité les régions à investir dans des équipements performants à destination des établissements scolaires en général, et il serait désolant que la peur du loup, telle celle qui nous fait dire: «Nos enfants à nous ne risquent rien dans notre entourage parce que, contrairement aux voisins, nous nous sommes une famille de gens comme il faut, en revanche, vu qu'il existe un risque, même infime, pour nos enfants de rencontrer la Bête parmi les 2% des pédophiles internautes inclus dans les 2% des pédophiles extérieurs au milieu familial, genre curés supportant mal le célibat etc... » nous conduise à conclure un peu vite « Internet outil pédagogique peut-être, mais poubelle d'abord !».
Prendre soin de ses enfants et toutes précautions utiles à cet effet, ne consiste pas à les habiller en bonhomme Michelin pour qu'ils ne s'enrhument pas lorsqu'ils sortent l'hiver, puis à les oublier au coin d'une gondole de super marché, mais à les faire vacciner et à leur apprendre à mettre un casque quand ils font du vélo, même en notre compagnie, et ainsi de suite...
Comme Esope le disait de la langue qui peut-être menteuse, dénonciatrice, calomniatrice, injurieuse, grossière ou au contraire consolatrice et dispensatrice de bons enseignements, Internet peut-être à la fois la meilleure et la pire des choses en fonction de la façon dont on va l'utiliser, autrement dit en fonction de la façon dont nous auront appris à le faire de bons parents qui ne sément pas leurs gamins dans la forêt des gondoles.
NB
La nouvelle photo publiée sur le site du ministère http://www.justice.gouv.fr/art_pix/cjdouai_inter_20071012.jpg nous donne quelque part à voir ce que c'est qu'une femme aux commandes qui pense par elle-même. On a bien compris, donc sans doute peut-elle désormais déléguer et se ménager un peu.
Rédigé par : La forêt des gondoles de super marché | 14 octobre 2007 à 17:50
François Descamps
«Caton l'ancien, te souviens-tu de la loi Oppia ?»
Evoquant Caton vous faites allusion à « l’homme de bien, savant dans l’art de bien dire »ainsi qu'aux hommes nouveaux [ homo novus ] d’un nom obscur et sans fortune, qui dans l'antiquité loin de s'étouffer dans le luxe tel l'affamé qui se tue en se gorgeant soudain de nourriture au lieu d'y aller progressivement d'un petit bouillon clairet à une petite soupe, prônaient l'austérité de mœurs dénonçant ce que le dit Caton appelait «les prodigalités de Scipion».
La loi oppia pour ceux qui ne la connaissent pas est celle-ci: «Lors de la seconde guerre punique, Oppius avait fait passer une loi qui défendait aux dames romaines d’employer plus d’une demi-once d’or à leur usage, de porter des habits de diverses couleurs, etc. On demandait l’abolition de cette loi de circonstance, nommée Oppia. Le Capitole était rempli d’une foule de peuple divisé sur cette affaire. Les femmes sortaient de leurs maisons, accouraient des bourgs voisins, se répandaient dans les rues, suppliaient les consuls, les préteurs, tous les magistrats, de leur être favorables. Elles remplissaient la place publique, lorsque l’inflexible Caton s’avança pour prononcer, en faveur de la loi, une belle harangue que Tite-Live a rapportée ; mais l’éloquence du tribun Valérius qui demandait l’abrogation de la loi, et plus encore peut-être l’importunité et les séductions des Romaines, l’emportèrent sur l’influence de Caton, et la loi Oppia fut révoquée.
Caton partit aussitôt pour l’Espagne citérieure, qui avait secoué le joug. Son premier soin, en arrivant à l’armée, fut de renvoyer à Rome toutes les provisions qu’on avait amassées, et il dit à ses soldats : « La guerre doit nourrir ceux qui la font. » Avec de nouvelles recrues, dont il sut faire des troupes excellentes, il remporta de nombreuses victoires, soumit la province aux Romains, fit démanteler toutes les villes, et ramena son armée en Italie, où il obtint les honneurs du triomphe. » [à l'attention de VERONICA :Exceptionnellement la source citée entre guillemets n'est pas Wikipedia mais http://www.walloniebruxelles.org/mot.nsf/Dossiers/Caton Idem pour les extraits cités dans les paragraphes suivants]
Elu censeur «sa censure fut remarquable par son extrême sévérité, et attira à Caton des ennemis qui le poursuivirent pendant toute sa vie. Il priva de la dignité de sénateur Lucius Quintus Flaminius, personnage consulaire, pour un trait de férocité dont il s’était rendu coupable. Manilius, qui était sur les rangs pour être nommé consul l’année suivante, fut aussi expulsé du Sénat, pour avoir embrassé sa femme d’une manière indécente en présence de sa fille. Il ôta le cheval à Scipion l’Asiatique. Par cette dernière rigueur, Caton fut accusé d’avoir cherché à satisfaire sa vieille haine contre Scipion l’Africain. »«Sa vie politique fut un long combat. Il accusait sans cesse et avec acharnement, et il fut accusé de même.»
Malgré tout «si économe des revenus publics, Caton ne méprisait pas les richesses, et n’était pas négligent, ni même très scrupuleux sur les moyens d’en acquérir. Sévère jusqu’à la dureté envers ses esclaves, il leur vendait presque la liberté de cohabiter avec leurs femmes. Il connaissait toutes les ressources de l’agriculture, et savait s’en prévaloir pour augmenter son patrimoine. Ce moyen ne lui paraissant pas assez rapide, il y joignit les spéculations commerciales et financières, et le prêt à gros intérêt afin de soustraire, disait-il, une partie de sa fortune à l’influence de Jupiter.»
«Il fut un bon mari, et disait qu’il mettait cette qualité au-dessus de celle de bon sénateur. Sa première femme était noble et peu riche; il n’en eut qu’un seul enfant, et la conduite de Caton dans l’éducation de ce fils, qui a été décrite en détail et avec beaucoup d’intérêt par Plutarque, offre le modèle le plus parfait d’un excellent père et d’un habile instituteur. Ce fils épousa la fille de Paul Émile, sœur du second Scipion d’Africain. Il demeurait chez son père après son mariage. Caton, veuf alors, avait, malgré son grand âge, une jeune esclave qui le soir se rendait secrètement dans sa chambre. Un jour, elle eut l’audace de faire parade de la faveur dont elle jouissait auprès de son maître, et de passer de manière à se faire remarquer devant la chambre à coucher des jeunes époux. Le lendemain, la froide réserve et la pudeur silencieuse du fils apprirent au père que ce mystérieux commerce était découvert, et le déterminèrent à épouser en secondes noces la fille de Solonius, son secrétaire, dont il eut un fils nommé, à cause de sa mère, Caton le Solonien, qui fut l’aïeul de Caton d’Utique.»
Détail intéressant Caton était roux de cette couleur rousse souvent considérée dans l'antiquité comme une anomalie ou un mauvais présage et associée plus tard au renard lui-même cette une figure quasi universellement diabolique, «chez les grecs, les bébés roux étaient tués dès leur naissance, car leurs cheveux, qui faisaient penser au flammes de l'enfer, étaient signe de malédiction. Chez les Egyptiens, ils étaient le signe de l'appartenance au dieu Seth. Seul Ramsès II, pharaon roux ouvertement rattaché à Seth par sa famille (son père Sethi 1er n'hésita pas à inclure le nom du redouté diamurge dans son nom), fit exception. Au Moyen Age, ils étaient le signe de lien ou de commerce avec le diable, ainsi que de sorcellerie. Croiser un roux effrayait, car nombreux pensaient également que c'était un loup-garou. En Roumanie, berceau du mythe des vampires, on se représentait volontiers ces créatures comme ayant les cheveux roux.» [ http://www.roussesland.com/generoux.html pour cette dernière citation]
Personnellement, j'ai une idée sur l'origine de ce préjugé qu'il serait un peu long d'exposer ici, mais bon il se trouve que Caton avait eu le bonheur de naître romain, car les Romains eux appréciaient les roux et de ce fait également la beauté des femmes celtes, et qu'un roux obscur obtint donc les faveurs de l'empire et du peuple grâce à son souci des deniers publics mais aussi son refus de l'ostentatoire.
Or donc la loi Oppia est une chose, et une carrière dans son ensemble une autre le tout étant également significatif !!! Pour finir, ce qui se passe entre de beaux draps une 3ème: http://www.camif.fr/wwwSurf/pages/multimedia/OffreDuJour.asp?REFERENCE=46970
Ne parlons donc pas de l'austerité qui se recommande en robe de chez Dior aux avocats du tribunal de Morlaix, car de 'Mors les' à 'Mots laids' [MOLAY] il n'y va que de la suppression d'une toute petite consonne....
Rédigé par : Catherine JACOB | 14 octobre 2007 à 11:17
Caton l'ancien, te souviens tu de la loi Oppia ?
Rédigé par : François Descamps | 12 octobre 2007 à 19:14
Mohamed Ben Ahmed
Vous parlez bien notre langue Monsieur l'homonyme d'un ancien Premier ministre algérien. Je me permets de dire 'notre langue' puisque vous parlez de 'notre' président, d'où je conclus qu'il n'est pas le vôtre, et je profite donc de l'occasion pour saluer bien bas un honorable représentant de la francophonie.
Ceci étant, vous dites tout de même des choses auxquelles il est extrêmement difficile de ne pas apporter de contredit. Je vous cite:
«Peut-être est-ce là une survivance de cet esprit qui perdure chez certains nostalgiques d'une époque à jamais révolue où toutes les maghrébines étaient communément appelées "Fatma".»
Il me semble que ce vocable de "fātma" intervient surtout de nos jours dans l'expression 'Main de Fatma' qui évoque la protection divine contre le mauvais oeil et qui correspondrait assez curieusement chez les extrêmes orientaux, non pas à une main mais à un pied. Par exemple celui du Dhrtarāstra que l'iconographie japonaise représente à l'image de cette statue de bois qui est un trésor national datant de la première moitié du 9ème siècle: http://www.touji-ennichi.com/info/jikokutn.htm autrement dit 'le gardien de l'est' du TOJI, un temple bouddhiste de Nara [ ici au besoin une présentation du temple en anglais http://www.touji-ennichi.com/info/tohji_e.htm], sachant que 'fouler aux pieds les démons' peut se comprendre comme 'renverser le mauvais sort'.
Pour en revenir au domaine linguistique, une 'fatma' a désigné simplement une 'femme musulmane' [il y en a en Chine même où existe dans le Xīnjiāng [transcription du mot mandchou pour "New Frontier"] : http://upload.wikimedia.org/wikipedia/commons/b/be/China-Xinjiang.png le territoire de l'éthnie minoritaire des Uyghur - en caractères arabes copiés collés ça doit donner ceci شىنجاڭ ئۇيغۇر ئاپتونوم رايونى - ] or le vocable de "maghrébine" nomme pour sa part une ressortissante de l'un des pays de l'Uma. cf http://upload.wikimedia.org/wikipedia/commons/f/f1/Maghreb2.PNG Il est clair que le citoyen lambda ne fait aucune différence entre les citoyennes originaires de ces différents pays dont certaines ne sont effectivement peut-être bien pas toutes de confession musulmane, par ex peut-être bien à Tanger qui aurait «été fondée par le géant Antée, fils de Poséidon et de Gaia et devrait son nom à Tingis (ou Tinga), femme du fondateur.» Le dit Antée étant réputé trouver sa force au contact de la terre, il nous ramenerait peut-être bien quelque part à notre Dhrtarāstra ci-dessus évoqué, mais bon ça c'est une autre histoire bien antérieure à la naissance du Prophète, si je ne suis pas complètement ignorante.
Ainsi donc une 'fatma' est ce qu'en japonais par exemple on va nommer un 'Gai-rai-go', un 'mot venu d'ailleurs', comme chez eux IKURA [ oeufs de saumon salés] vient du russe 'ikra' qui nomme les 'oeufs de poisson' en général, ou chez nous encore, une 'mousmé' qui nommait au départ une 'jeune fille japonaise', mais qui est devenu rapidement synonyme de Geisha [ disons pour faire court une 'hôtesse' ] ou de Congaye [ concubine indigène à l'époque coloniale ] , or 'fatma' qui sous les formes FATMA, FATTOUMA, FATOUMATA est aujourdhui également employé comme prénom n'a jamais rien signifie de tel. Pourquoi avons-nous détourné le mot 'mousmé' de son sens originel qui était 'ma fille' au sens de la filiation, puis par extension toute 'fille encore jeune', et enfin en argot japonais une sorte de coffre fort à l'ancienne ou étaient remisés les objets précieux qu'on ne souhaitait pas voir s'envoler en fumée dans les flammes d'un éventuel incendie, vu l'architecture de bois qui est encore celle de l'habitat urbain dans certains quartiers des grandes villes, et vu que ces derniers étaient construits au contraire en pisé puis blanchis à la chaux, tout comme certaines filles jeunes qui se passent du blanc sur le visage, ce qui les désigne immédiatement comme appartenant à une certaine catégorie de la population telle que les marins pouvaient les rencontrer dans les ports ouverts aux navires occidentaux.
Maintenant on dit que ce prénom de Fatma signifie " la jeune chamelle sevrée ",et aussi que «c'est l'un des prénoms féminins les plus répandus chez les Arabes musulmans, et enfin que sa popularité tient à ce qu'il fut porté, au VIIe siècle, par la fille préférée du Prophète, celle dont il disait qu'elle était " la plus noble des femmes du paradis "».
D'où j'en déduis que son emploi pour désigner 'une femme musulmane' en général, vient d'un même phénomène d'extension que celui qui à conduit à utiliser mon propre prénom, Catherine, ou encore celui de Marie pour désigner une simple servante [ce qui n'empêche nullement ces dits prénoms d'avoir été portés par des personnages illustres dont la Grande Catherine ou encore la mère du Christ], ou encore celui de Jules dans un sens que je n'ai pas besoin de vous préciser.
Mais, je comprends cependant ce que vous cherchez à dire et je vous réponds qu'appeller Madame le garde des Sceaux dans la presse par son seul prénom alors qu'on désignait par leur nom et prénom ses prédécesseurs à ce poste, vient des mêmes usages qui consistent à dire 'Diana' mais 'Caroline de Monaco' [ et surtout 'Stéphanie de Monaco' d'ailleurs la pauvre...], Caroline qu'on appelera maintenant plutôt 'la princesse de Hanovre', Bernadette mais Danielle Mitterand ou encore Madame Giscard d'Estaing. Donc vraiment pas de quoi en faire tout un fromage, si ce n'est pour remarquer que le prénom est employé seul lorsque la personnaité en question paraît davantage proche des Français quelle qu'en soit par ailleurs la raison, ainsi suivant l'humeur du jour François c'est François Mitterrand et non pas François Fillon, Ségolène c'est la Ségo de Sarko plus que celle de François, tandis que BHL c'est BHL tout simplement. Enfin si je puis me permettre, s'il y a au gouvernement une fatma au sens noble du terme, c'est sans doute davantage Fadela, qui je crois le revendique, et dont le vrai prénom Fatiha se rapproche phonétiquement pour une oreille comme la mienne dudit vocable, que Rachida ou encore Rahmatoullah « miséricorde divine »!
Bref, cette familiarité excessive c'est précisément ce qui ennuie notre avocat général qui me paraît penser que les réformes judiciaires qu'il appelle de ses voeux s'accommoderaient mieux de davantage de distance et d'un peu moins de glamour vu ce qui est en jeu dans la Justice.
Pour ma part si j'étais admise à lui reprocher quelque chose, ce serait peut-être en premier lieu, autrement dit avant sa robe Dior qui fait injure à l'état lamentable des prisons francais et parce qu'à un moment donné il faut bien dire les choses comme elles sont, une visible méconnaissance de la Loi organique n°2007-287 du 5 mars 2007 art. 17 I (JORF 6 mars 2007 en vigueur le 1er juin 2007) Art.2 ainsi que de l'Ordonnance n°58-1270 du 22 décembre 1958 - Ordonnance portant loi organique relative au statut de la magistrature. - version consolidée au 6 mars 2007 - méconnaissance qui me paraît précisement à l'origine de ses récents démêlés médiatisés avec le corps judiciaire et qui par conséquent, pour la profane que je suis, ne me paraît inscrire en rien son action dans la rupture sarkozienne, vu que, toujours pour la profane que je suis, nombre de problèmes absurdes viennent de ce que les gens ne lisent pas les textes et ne se préoccupent pas davantage d'accorder leur apparence avec la gravité de la situation des administrations placées sous leur juridiction. C'est tout!
Rédigé par : Catherine JACOB | 11 octobre 2007 à 14:18
@Mohamed Ben Ahmed
Je suis comme vous très irritée par le seul emploi de son prénom lorsqu'on évoque Mme Dati. Reconnaissez, hélas, que le Président de la République avec ses "Rachida par ci Rachida par là" montre un exemple à ne pas suivre et pourtant je suis loin d'être formaliste, enfin je le crois en tout cas. En fait c'est un usage assez établi d'employer le prénom plus facilement pour une femme que pour un homme (souvenez-vous du Ségolène dont on nous a rebattu les oreilles pendant la campagne ; Ségolène la fille d'un côté, Sarkozy l'homme d'un autre). Une familiarité qui cache à peine des relents de paternalisme ; je suis ravie qu'elle vous agace quand il s'agit de Mme Dati, j'espère qu'elle vous agace autant quand il s'agit de Ségolène Royal ou d'une secrétaire. Avez-vous remarqué aussi que les secrétaires n'ont qu'un prénom ? "Bernadette, apportez-moi le dossier X. Oui monsieur". J'imagine la tête de "Monsieur " si Bernadette lui répondait "oui, Jean-Pierre".
Cela dit, votre dernière phrase "je songe ....." me laisse perplexe. Je ne crois pas qu'il suffise d'appartenir à un peuple ou de parler une langue pour en être le seul porte-parole légitime.
Catherine A.
Rédigé par : catherine A. | 11 octobre 2007 à 09:50
Monsieur l'avocat général,
Je n'ai jamais eu la prétention d'émettre des jugements et encore moins de requérir contre quiconque, mais j'observe que ceux qui ont occupé avant Mme Dati les fonctions de ministre de la Justice, n'ont pas eu droit aux mêmes "attentions" que celles que vous lui portez dans votre lettre.
Il n'a pas pu échapper au magistrat que vous êtes, de surcroît attentif aux activités de ses supérieurs hiérarchiques, que les dames E.Guigou et M.Lebranchu ont également, et bien avant "Rachida", porté de "très belles robes longues" avec peut-être moins de bonheur, mais sans que quiconque songeât en son temps à leur en faire grief pour s'être, de surcroît, associées à des " futilités " lors d'une manifestation mondaine.
J'écris "Rachida" car il ne vous a pas échappé que tout au long de l'émission de M. Drucker, et chaque fois que les hommes politiques de votre pays, et à leur tête votre président, parlent de votre "ministre de tutelle" c'est par son prénom qu'on la désigne.
Or, je n'ai pas le souvenir d'avoir entendu une seule fois quiconque s'adresser à Mmes E.Guigou ou M.Lebranchu autrement qu'en associant leurs noms à leurs prénoms.
Peut-être est-ce là une survivance de cet esprit qui perdure chez certains nostalgiques d'une époque à jamais révolue où toutes les maghrébines étaient communément appelées "Fatma".
Aujourd'hui, il s'agit vraisemblablement d'autre chose, que malheureusement Mme Rachida Dati ne semble pas ou refuse d'appréhender, dévorée qu'elle est, je vous le concède, par une ambition apparemment démesurée, ignorant ou feignant d'ignorer que ses origines, même au prix de mille reniements, ne feront à jamais d'elle un être "Fier d'être français" à l'instar d'un certain Max Gallo.
J'aurai vraisemblablement l'occasion de vous écrire plus longuement à propos d'autres sujets évoqués dans votre blog, et je souhaiterais même éventuellement, si vous en êtes d'accord, en débattre avec vous publiquement et avec d'autres aussi .
Je songe plus particulièrement à tous ceux qui ont la prétention de parler au nom de tous les miens sans connaître ni notre culture, ni notre civilisation, ni notre histoire, et encore moins un traître mot de notre langue.
Sincèrement
Mohamed Ben Ahmed
Rédigé par : Mohamed Ben Ahmed | 10 octobre 2007 à 19:50
La réforme de la carte judiciaire est l'un des grands chantiers du gouvernement. Quels sont ses principes généraux ? Les réactions qu'elle suscite ? Comment la comprendre pour mieux l'appréhender ? Vous trouverez différents dossiers thématiques traitant de la question sur le site internet d'EUROJURIS France, qui rassemble plus de 800 professionnels du droit : www.eurojuris.fr
Rédigé par : Eurojuris France | 10 octobre 2007 à 17:57
Philippe ZEVINAC
« A quel titre un avocat général d’une cour d'appel intervient-il dans la vie privée de son ministre de tutelle, même étalée dans la presse ? »
A mon sens il ne s'agit en aucune facon d'ingérence, mais de faire simplement part de son regard sur ce qui se donne en spectacle et d'une façon qui, visiblement, paraît au dit avocat général d’une cour d'appel, incompatible avec l'idée qu'il se fait lui-même de la justice, idée qui semble avoir gouverné sa propre carrière : la dignité. Ce spectacle faisant les manchettes d'une certaine presse people, il semble normal que le spécialiste du droit de la presse joigne son commentaire personnel au parterre de commentaires qui ne se fait pas faute de fleurir en bien d'autres lieux, et de moins bien famés [ de 'fama', la voix publique ].
Ceci dit, la vie privée est le privilège du menu peuple et la vie publique le fardeau des puissants, la contrepartie du pouvoir.
Un ministre, même un ministre de la république, ne saurait avoir en public, aucune autre vie que publique.
Sinon, il fait comme nos rois, il passe dans ses appartements privés ou ceux de la reine ou de quelque royale maîtresse. Les reines se soumettaient au devoir conjugal en privé, mais en revanche accouchaient en public. Le roi se couchait en public, puis se relevait ensuite pour passer dans ses appartements royaux dormir tranquille. Seules la Velleda [genre d'archidruidesse gauloise] et les impératrices de Chine ne venaient au contact du public qu'à l'ombre d'un rideau, mais je ne pense pas que vous seriez heureux d'avoir à subir ce pouvoir là.
Pour en revenir au garde de Sceaux, où qu'elle aille et quoiqu'elle fasse en public, il y va de l'image de la Justice, tout comme il y va de l'image de la France dans le comportement des français à l'étranger sur lequel je m'autorise personnellement à donner mon avis s'il y a lieu, ou tout comme autrefois lorsque les jeunes filles de bonne famille étaient vues à l'extérieur du pensionnat, il y allait de l'image du digne établissement, qui donc s'autorisait, parfois, à punir les demoiselles rencontrées en ville sans chapeau !
Rédigé par : Catherine JACOB | 10 octobre 2007 à 00:02
Monsieur P. Bilger,
J'ai eu grand plaisir à lire votre lettre car j'en approuve le fond et admire le style.
Je suis par contre étonné par certains commentaires qu'elle a suscités, qui trouvent naturelle la (soi-disant) dissociation schizophrénique de nos hommes (ou femmes) publics.
Je comprends évidemment que nos hommes et femmes politiques soient aussi des personnes et qu'elles aient droit à une vie privée indépendante...à condition que cette vie privée ne soit pas offerte en pâture aux médias et ne soit pas en relation possible avec le domaine public .
Il faut dire que l'exemple vient d'en haut : le président lui-même trouve compatible sa charge de chef de l'Etat et des croisières en yacht offertes (ou le prêt gratuit de villas louées pour lui) par de richissimes "amis".
A ce train là, nous trouverons bientôt tout à fait normal que la vie politique soit, comme aux Etats-Unis, presque entièrement financée par les quelques miliardaires les plus fortunés du pays qui bien entendu, le feront de façon tout à fait désintéressée.
Il fut un temps en France où l'esprit républicain prévalait sur la magouille des réseaux, où nous vivions dans une société plus ouverte, où le libéralisme ne se confondait pas avec la chienlit libre affairiste.
Il faut combattre cette dérive de toutes nos forces car elle va ruiner non seulement notre économie mais aussi notre culture, celle qui a fait la grandeur de notre pays.
Voici pourquoi je vous remercie encore pour votre lettre Monsieur P Bilger.
Rédigé par : cransac | 09 octobre 2007 à 20:18
Pour information,
et peut-être en avant-première,
Le Monde de demain reprend votre lettre...
Bonne lecture
Rédigé par : marie | 09 octobre 2007 à 17:34
«De source élyséenne, Rachida Dati sera bien candidate aux municipales à Paris dans le 7e arrondissement. Après réflexion, la ministre de la Justice a donné son accord à l’Élysée et à l’UMP pour conduire la liste. Un choix qui ne ravit pas Françoise de Panafieu, qui aurait préféré que Dati se présente dans le 12e arrondissement. »
Un premier commentaire spontané :
«Madame Dati a des valeurs et des compétences certaines. Son cran donne du fil à retordre au corporatisme gauchiste de la magistrature, et c'est tant mieux ! Les procès d'intention de cette intelligentsia à l'égard de cette excellente ministre sont absolument abjects et démontrent à quel point l'iniquité siège impunément au sein de la..."Justice". Bon courage à vous, Madame Dati, votre mérite ne passe pas inaperçu. »
On cependant faire observer qu'il se décide néanmoins à chercher, mais un peu tard pour qu'on y croie vraiment et qu'on n'appréhende pas une nouvelle surenchère de nouveaux électeurs sur les inscriptions des listes électorales, la légitimité des urnes. Enfin une explication du Vivement Dimanche en tout cas qui est déclaré avoir donné une image très positive de ce ministre. Malgré tout mieux vaut tard que jamais.
Autre commentaire spontané:
«why La France de Sarkozy
??? 8 10? | 19:28
Quand la 2e fille - catholique - d'une famille de 12 enfants d'un maçon marocain et d'une mère algérienne aura pris la Mairie du 7e des hôtels particuliers et des ministères, la France aura bien changé ! Plus fort que Rastignac ! »
Rappelons à toutes fins utiles que le héros balzacien est «un jeune homme ambitieux, qui regarde la « bonne société » avec des yeux à la fois surpris et envieux, et qui va se montrer prêt à tout pour parvenir à ses fins. Aujourd’hui, un Rastignac est un arriviste, un « jeune loup aux dents longues ».»
Extraits de chronologie romanesque:
n1 «1821-1822 : Illusions perdues écrit de 1836 à 1843 Rastignac, devenu expert en luttes d’influence, louvoie dans la société. Il sait aussi bien éliminer ceux qui le gênent que se mettre dans le sillage des hommes qui montent. » -
n2 «1845 : Les Comédiens sans le savoir écrit en 1845 : Rastignac a 48 ans. Le caricaturiste Bixiou dit de lui : « Il a trois cent mille livres de rentes, il est pair de France, le roi l’a fait comte, c’est le gendre de Nucingen, et c’est un des deux ou trois hommes d’État enfantés par la Révolution de juillet ; mais le pouvoir l’ennuie quelquefois, et il vient rire avec nous... »
Souhaitons bonc bienvenue à Madame le garde des Sceaux un jour prochain sur ce blog.
Rédigé par : Catherine JACOB | 09 octobre 2007 à 13:59
La beauté de la forme est la meilleure alliée des vérités de fond !
En d'autres lieux d'idées, de pensées, de foi, on parlerait de "Grâce efficace" mais la Justice n'est pas une église.
Merci Monsieur.
Rédigé par : thierry chevrier | 09 octobre 2007 à 10:05
Bonsoir
"Pourquoi gâcher de l’intelligence ?"
Hé bien mince alors, si chacun n'est plus libre d'utiliser son intelligence comme il l'entend ! Non?
J'aimerais (si c'est possible) connaître la suite qui sera donnée à cette missive.
Cordialement.
Rédigé par : soffi | 08 octobre 2007 à 21:29
Lettre à un avocat général d’une cour d’appel.
A quel titre un avocat général d’une cour d'appel intervient-il dans la vie privée de son ministre de tutelle, même étalée dans la presse ?
Avec une certaine condescendance, voire un certain paternalisme, vous lui reprochez exactement ce que vous êtes en train de faire : de la médiatisation. Craignez d’être l’arroseur arrosé.
M.Bilger, la sérénité de la justice est-elle compatible avec les incursions médiatiques d'un avocat général ? C’est pour ce qui me concerne, d’autant plus inacceptable que votre critique porte plus sur la forme que sur le fond. Vous avez le droit le plus strict d’avoir un avis politique et un avis personnel sur l’action, voire l’attitude de votre ministre. Mais la sérénité de la justice et votre devoir de réserve vous imposent de n’en pas faire état en public.
Vous ne pouvez ignorer que le ministre est un personnage politique et public. Peut-on lui reprocher certaines mondanités ? Est-ce totalement en dehors de son rôle ?
Les médias peopolisent à outrance les politiques qui, souvent, cèdent à la tentation.
Est-ce le rôle d’un magistrat de s’en mêler ? L’ascèse médiatique à laquelle vous voulez contraindre le ministre s’applique davantage au magistrat, pour la sérénité de la justice, qu’à un personnage public et politique. Encore une fois, vous savez fort bien que les feux de la rampe ne sont allumés que par la presse (qui doit bien vendre) et si les politiques les entretiennent souvent, êtes-vous dans votre rôle de les attiser avec une certaine vigueur ?
A votre corps défendant, votre lettre attise ce que vous appelez le corporatisme des magistrats et concourt aussi à la « peopolisation » des politiques : il n’est qu’à constater les raccourcis que la presse fait de votre longue lettre.
Pour le simple justiciable que je suis, votre missive fait naître un doute, voire un malaise : quelle confiance accorder à des magistrats qui s’ingèrent dans la vie publique d’un ministre et qui ne respectent pas la vie privée de ce ministre régulièrement désigné à son poste par un Président de la République élu ?
Prenons un exemple : un accident arrive dans une école ; un équipement sportif étant défectueux. Le maire, qui n’est responsable que bien indirectement en tant qu’élu, se voit assigner devant le Tribunal. Comment peut-il être certain de la sérénité du Juge si la veille de son procès, il lit dans le journal local un papier du procureur lui reprochant de s’être affiché avec une personnalité locale ? Toutes choses égales par ailleurs, vous créez la même situation.
Si vous êtes à ce poste, c’est que probablement vous devez le mériter ? J’aurais aimé plus de hauteur de vue. A votre niveau, toute critique s’exerce en face à face, ou dans le bulletin de vote.
J’ai été choqué par le ton de votre lettre qui constitue pour moi une atteinte à la démocratie et me laisse le goût bien amer d’une certaine forme de populisme ambiant, voire de jalousie peut-être ? Pourquoi gâcher de l’intelligence ?
Rédigé par : Philippe ZEVINAC | 08 octobre 2007 à 21:14
Si j'osais............allez j'ose........Madame Rachida Dati serait garde des seaux........de champagne.
Voilà sans doute le genre de remarques et de mauvais jeux de mots dont vous souhaiteriez que la justice ne fasse pas les frais.
A propos de la suppression de certaines cour d'Appel qui mobilisent nos barreaux : et si on supprimait les charges d'Avoués ? La lecture des Arrêts ne leur servant qu'à calculer leurs honoraires par le biais d'un logiciel...........
L'avoué : ni vu ni entendu......
Rédigé par : traindenfer | 08 octobre 2007 à 20:55
Tout devient possible chers compatriotes !
- Des garde des Sceaux en Dior dans la presse people,
- des présidents en yacht,
- des hot-dog parties entre grands de ce monde,
- des lois sur l'immigration constituées de détails,
- des rafles endiablées au cri de "les femmes et enfants d'abord !",
- Des premières Dames de France qui négocient,
- des réformes des régimes spéciaux qui ne s'appliqueraient pas aux si peu spéciaux parlementaires.
Mais aussi
- des produits de luxe nicotinés qui se fument,
- des produit de luxe enfarinés qui se mangent,
- des médicaments de luxe franchisés qui bientôt ne se mangeront plus,
- des excès de vitesse chirurgicaux, au km/h près,
- des prostituées coupables,
- des heures sup qui... ah non, ça mon patron ne les paye pas,
- des propriétaires de casinos secrétaires d'Etat, enfin d'ici quelques jours,
- l'énergie qui devient privée,
- et puis, et puis bien d'autres...
Je ne peux qu'approuver votre point de vue cher M. Philippe Bilger, cependant n'a-t-on pas voté la RUPTURE !
Certe elle était bien marketée,
mais ça sentait quand même le roussi !
Ceci dit, peut-être qu'un réalisateur de talent pourra rebondir avec anticipation sur l'orientation que prend notre pays...
Après la déchirure, la rupture !
Ce film obtiendrait sûrement un Oscar...
en tout cas pour sa mise en scène.
Et pour finir, et sans vouloir faire de lien avec un feu, ex proche de la famille royale, je trouve que toute cette situation aurait nourri grassement, de records et d'exploits, l'émission "Incroyable mais vrai"...
P.S. : et si la justice devenait LE contre-pouvoir !?
Rédigé par : Furax | 08 octobre 2007 à 20:29
Monsieur l'Avocat général
Votre courrier me fait vous poser la question suivante : Maître Kiejman, Maître Dumas, Monsieur Chalandon, n'ont-ils jamais été à des réceptions de l'établissement... ont-ils eux le droit de le faire parce qu'originaire de milieu bourgeois ou parce qu'ils sont des hommes <,,
Rédigé par : patdid | 08 octobre 2007 à 20:02
@Catherine Jacob
ça, cela va de soi. Sans coeur il n'y a ni amour, ni amitié.
PS : je rêve, vous savez faire court :-)
Rédigé par : catherine A. | 08 octobre 2007 à 12:51
Catherine A.
"mes amies sont plutôt intelligentes, drôles et jolies"
Mes amis, comme Rodrigue, ont tous et toutes, du coeur !
Rédigé par : Catherine JACOB | 08 octobre 2007 à 11:38
@radjel
Une dernière mise au point car je ne voudrais pas monopoliser ce blog :
- Je suis VRAIMENT RAVIE de la nomination de Rachida Dati et j'espère VRAIMENT qu'elle réussira. Pour tout un tas de raisons très personnelles et parce que je suis une féministe revendiquée (au passage les mecs, heu, Messieurs, il faudrait que vous en finissiez avec ce cliché un chouïa débile et qui vous arrange bien, de femmes dévorées de jalousie pour leurs consoeurs et toujours prêtes à se crêper le chignon ; mes amies sont plutôt intelligentes, drôles et jolies).
- Un symbole doit être sans faille ai-je écrit ; je n'ai pas dit que Rachida Dati avait failli mais je voudrais juste qu'elle donne le moins de prise possible aux détracteurs qui attendent embusqués ; sachant trop, comme à peu près toutes les femmes plongées dans un milieu professionnel, combien les couteaux affûtés sont rangés dans les attaché-case et les cartables.
Voir Rachida Dati convertie en mannequin Dior, ça me chiffonne. Comme me chiffonne l'idée qu'elle soit allée chez Drucker ; peut-être suis-je un peu basse de plafond mais la garde des Sceaux chez un bateleur, je persiste à trouver ça un peu incongru.
Pour aggraver mon cas je vais vous dire en confidence qu'il m'arrive d'aller dans des soirées habillée de robes griffées prêtées ; n'en tirez pas pour autant de conclusions hâtives. Elisabeth Guigou n'a jamais été un modèle pour moi. La gauche caviar, très peu pour moi.
Mon admiration irait plutôt à Simone Veil, Albert Jacquard mais ma devise préférée reste "ni Dieu ni maître".
:-)
Rédigé par : catherine A. | 08 octobre 2007 à 10:26
Je m’inquiétais d’avoir été un peu rude avec Philippe Bilger et de l’avoir blessé. En privé, il m’a rassuré sur ce point et expliqué que la rudesse des attaques que l’on portait contre lui lui était au fond gratifiante (ce qui, de mon point de vue, n’aurait pas excusé l’insulte, s’il y avait eu insulte). Radjel, en intervenant, vous me rassurez aussi : tout le monde n’a pas trouvé mes images insultantes. Il n’y avait, bien entendu, aucune volonté d’insulter M. Bilger dans ce que j’ai écrit.
Merci M. Bilger, pour ce dialogue.
Merci Radjel pour vos interventions.
Rédigé par : Ferraille | 08 octobre 2007 à 09:59
@ Cécile de Songy
Franchement je ne vois pas en quoi les interventions de ferraille sur ce blog sont une insulte à Monsieur Bilger ?
@Catherine A
Je ne me souviens pas, alors qu'Elisabeth Guigou (garde des Sceaux) sortait dans les soirées mondaines de la République, que cela ait déclenché un réel acharnement.
"Un symbole doit être sans faille" dites-vous. Je suis complètement d'accord avec vous, mais justement dans ce cas précis, où est la faille ?
Je trouve la missive mielleuse, sans panache, pleine de veulerie et quand Eolas sur son blog dit de Bilger après avoir lu la lettre : "Quand je vous dis que les avocats tremblent quand Philippe Bilger va requérir, vous comprenez maintenant pourquoi".
Je ne sais plus quoi penser de cette corporation !
Rédigé par : Radjel | 07 octobre 2007 à 20:23