Madame le garde des Sceaux,
Ne voyez nul irrespect dans ce courrier. Faute d'avoir eu l'honneur de vous rencontrer et de vous parler, il ne me reste que l'écrit pour vous transmettre le message qui me tient à coeur. Je suis persuadé aussi que vous préférez, comme moi, une parole libre à un silence complaisant, une franchise spontanée à une campagne d'insinuations et de rumeurs.
J'ajoute que, pour respectables qu'ils soient, les syndicats n'ont pas vocation à être les seuls intercesseurs entre vous-même et la magistrature et qu'il y a place pour des visions singulières.
Votre politique, celle qui est mise en oeuvre et celle que vous annoncez, puis-je vous dire que je l'approuve totalement. Je tiens pour rien mes réticences sur telle ou telle fusée intellectuelle lancée par le président de la République et dont la validité serait à vérifier. Par exemple, la comparution des personnes déclarées irresponsables devant les cours d'assises. Je ne crois pas que les familles de victimes seraient davantage consolées et je suis certain que l'Etat de droit y perdrait.
Pour l'essentiel, mon assentiment pour la loi sur les peines planchers vous est depuis longtemps acquis et je ne perçois que des avantages, pour la société, à faire passer les récidivistes dangereux, majeurs ou mineurs, sous des fourches caudines fiables et rigoureuses.
Si vous parvenez à mener à bien la réforme de la carte judiciaire - et vous avez rappelé votre détermination à ce sujet -, vous aurez réussi, contre tous les corporatismes se déguisant en intérêt public, un exploit qui méritera d'être salué. Vous avez installé une commission pour réfléchir à la dépénalisation du droit des affaires. Ce ne sera pas une mince entreprise entre l'utile exclusion de l'accessoire, sans mauvaise foi caractérisée, et la conservation de l'essentiel clairement frauduleux.
Vous prévoyez, pour la fin du mois de novembre, un grand débat sur la future loi pénitentiaire et si celle-ci tient ses promesses, les prisons, aussi nécessaires qu'elles soient, ne constitueront plus une indignité humaine et une honte pour la République. Ce qui est au coeur de votre projet et qui garantira au moins l'abstention bienveillante de l'opinion publique, c'est la volonté d'améliorer, en même temps, la condition des condamnés et le sort des personnels. A distinguer la première du second, le risque de devoir faire face à une incompréhension outrée était inévitable. Vous y échapperez par cette solidarité tout à fait justifiée. Et la nomination d'un contrôleur général des lieux d'enfermement est une initiative qui aura à l'évidence d'heureux effets. Un regard extérieur sur les univers clos est plus efficace que les vigilances internes trop souvent formelles.
Peut-être vous attacherez-vous aussi à modifier la composition du Conseil supérieur de la magistrature. Diminuer le nombre de magistrats ne l'affaiblirait pas mais le rendrait, paradoxalement, plus légitime. Un jour aussi, vous oserez remettre sur le chantier cette question fondamentale de la responsabilité des magistrats. Dès lors que leur activité juridictionnelle tombe dans un dévoiement qui ne la protège plus, on pourrait concevoir un régime élargi de responsabilité qui tiendrait compte de cette dénaturation. Admettre cette exigence non plus comme une charge mais comme un honneur, loin de fragiliser notre corps, restaurerait la confiance du citoyen qui ne nous prêterait plus un pouvoir sans contrepartie, aujourd'hui intolérable.
Pour ma part, oserais-je suggérer que la division de la magistrature en deux unités distinctes et autonomes - siège et parquet - représenterait une chance pour l'institution. Créer organiquement l'obligation d'un double regard apporterait un esprit neuf à notre procédure pénale qui n'attend que cette révolution puisqu'on ne veut pas de celle, radicale et bienfaisante, qui consisterait à supprimer la fonction de juge d'instruction.
Vous avez manifesté votre désir de nommer plus de femmes à des postes importants de responsabilité. Je n'y vois que des avantages si on ne tombe pas dans le travers qui a permis, parfois, l'hégémonie virile : reléguer la compétence au second plan. Peut-on vous suggérer d'adopter des méthodes moins brutales ? Est-il ainsi indispensable, pour la bonne administration de la justice, de "virer" quelques mois avant sa retraite un procureur général respecté ?
Vous devinez bien que je n'aurais pas eu l'impudence de vous envoyer une correspondance électronique s'il ne s'était agi que d'un aval à donner à votre politique. Vous avez suffisamment de partisans pour n'avoir pas besoin de moi. Il n'empêche que le fond ne cesse pas de me convaincre mais que la forme me laisse surpris. Au nom du premier, je me permets d'évoquer la seconde.
Par forme, j'entends par là vos apparitions sur la scène mondaine médiatisée. Il y a quelques jours, j'ai parcouru Point de vue et je vous ai vue. Pour ne rien vous cacher, mon premier sentiment fut d'étonnement. Comme on pouvait s'en douter, le Canard enchaîné vous a consacré un article. Bernard Arnault donnait un dîner historique pour les 60 ans de Dior. Apparemment, la fête fut superbe et vous portiez une très belle robe longue.
Peut-être êtes-vous en train de songer que ce magistrat sur lequel vous avez une autorité, par l'entremise de son procureur général, dépasse les limites et que votre existence de garde des Sceaux ne le regarde en rien. C'est sur ce point capital que je me sépare de vous.
En effet, il me semble que la communauté des magistrats et son ministre constituent une totalité, une unité, une solidarité qui ne peuvent pas laisser la première indifférente et le second insensible. Il est manifeste que si vous administrez le service public de la justice, si, d'une certaine manière, vous nous gouvernez, vous nous représentez aussi. L'action du ministre que vous êtes ne s'arrête pas, à nos yeux, au seul vote de lois et à des déclarations publiques qui, prononcées parfois devant des publics hostiles, feront de moi à chaque fois le défenseur de votre courage intellectuel et politique. Elle concerne aussi cette immense part de mondanité et de publicité qui vous voit conviée en qualité de garde des Sceaux et offre une illustration de votre personnalité dans laquelle nous sommes évidemment partie prenante. Pour prendre un exemple, lorsque Claire Chazal a le droit de se laisser photographier en votre compagnie, nous sommes aussi les victimes de cette confusion.
J'ai conscience d'aborder un thème délicat mais qui me paraît suffisamment important pour que je vous en entretienne. Notre perception de vous-même en qualité de ministre ne parvient pas à occulter cette vie mondaine médiatisée qui, pour être théoriquement à égale distance de la vie personnelle et de la vie politique, représente surtout, sans rapport avec la première, une vision clinquante, superficielle et ostensible de la seconde. Je sais bien que quelques-uns de vos collègues, hommes et femmes, sont friands de ces exercices sociaux et somptuaires mais votre fonction rend sans doute le hiatus plus éclatant entre le sérieux, la rigueur de la fonction et la futilité de ces manifestations où tout coule et se montre en surabondance. Il est normal que nous nous en préoccupions comme il ne serait pas absurde que les autres administrations s'en soucient.
Il serait même scandaleux que le corps judiciaire, dans le secret ou sans fard, ne soit pas attentif à ce qui accable quotidiennement la justice en le comparant avec les soirées brillantes qui, aussi passionnantes soient-elles, semblent trop en décalage, en inadaptation pour ne pas susciter au moins une once de malaise chez nous. Les tragédies, les dérives, les échecs, les désastres enfouis dans l'exercice de toutes les justices, pas seulement pénale, la multitude de ceux réclamant consolation et réparation, de ceux faisant obstacle à la manifestation de la vérité, les contentieux de luxe et les instances de pauvreté, cet immense et contrasté paysage judiciaire n'est-il pas, avec son intensité dramatique, trop lourd pour pouvoir supporter un garde des Sceaux qui s'adonnerait, sous notre regard de professionnels et de citoyens, à des incursions festives sans commune mesure avec la grandeur de sa charge et l'honneur de notre métier ?
Une seconde, j'ai cru deviner sur votre visage une touche de dérision et comme un peu de condescendance. Certes, vous avez été magistrat mais vous connaissez et admirez les entrepreneurs, vous raffolez sans doute de l'esprit d'entreprise. Je devine aisément les procès qu'on peut intenter à notre institution. Elle serait ridicule avec sa dénonciation éthique de l'argent et son puritanisme, cet éperdu désir de pureté qui l'habiteraient. J'ai trop souvent vitupéré le corporatisme de beaucoup de mes collègues pour ne pas venir au secours de la magistrature quand elle le mérite. Si notre conservatisme est souvent timoré, il a aussi son allure et nous préserve, avec une intuition rarement en défaut, des pièges qu'induisent les fascinations faciles de la modernité, du luxe et de la profusion. Il est vrai que nous portons en nous, probablement avec trop de raideur et de rigueur, une bonne conscience que j'admets, à force, lassante, une détestation sinon de l'argent du moins de toutes les manières inélégantes et vulgaires d'être riche qui nous rendent, il faut bien l'avouer, la tolérance souvent de plus en plus difficile. Reconnaissez qu'il y a dans le luxe massif quelque chose qui gêne, que la vulgarité suinte même des gens de distinction quand on a l'impression qu'ils ignorent ou méprisent ce qui se passe de l'autre côté de la rue, de la vie. Aussi, on ne saurait tourner en dérision ce qui fait profondément la force de notre être collectif, précisément notre goût des êtres au coeur de toute justice authentique et notre méfiance de l'avoir. Cela ne signifie pas évidemment que nous serions assez sots pour ne pas réclamer une augmentation de nos traitements et, plus noblement, du budget de la justice. Mais je crois que nous sommes parvenus à nous situer, aujourd'hui enfin, dans une morale de l'équité. J'insiste sur ce plan car votre volonté justifiée de battre en brèche nos archaïsmes pourrait vous faire oublier la qualité et la rectitude des principes et des valeurs qui généralement guident notre pratique. Dès que nous pouvons être les témoins de ce qu'accomplit notre ministre de la justice, ici ou là, côté place Vendôme et côté Dior, nous sommes fondés à penser. On peut garder ces pensées pour nous ou les exprimer. Je suis sûr que vous ne vous irriterez pas de cette étrange missive électronique inspirée par la passion de la justice qui nous est commune. Quelle présomption de ma part, d'ailleurs, que de croire que vous la lirez mais il n'est pas nécessaire d'espérer pour écrire.
Daignez agréer, madame le garde des Sceaux, l'expression de ma très haute considération.
Ainsi, si l'on en croit le « ferrailleur », on pourrait trouver, a silentio, du racisme céans car monsieur Bilger aurait le culot de « fulminer le luxe et la luxure comme [on] ne sait quel étroit bigot ». Ce ne serait donc « qu'aimer vivre au ras de terre » que d'oser vouloir distinguer le politique du glamour, le social de l'élitisme décadent. Et dans le fond, il s'agirait en « vieux Robespierre pétrifié » de « rêver de couper en deux une trop pimpante Marie-Antoinette ».
Rappelons quelques faits : nous ne sommes pas des sujets du roi de France mais des citoyens de la République, il n y a pas de Marie-Antoinette car il n y a pas de reine ; les élus ne le sont ni de droit divin, ni de sang ; ils ne sont là que pour remplir un mandat.
Ces faits établis, où est le scandale à s'attendre d'un ministre qu'il soit exemplaire en la matière qu'on a choisi de lui confier ? Veut-on d'un ministre de l'Intérieur délinquant, d'un ministre de l'Economie gaspilleur ? Le point essentiel n'est-il pas dans la dignité de la fonction ? La question de savoir si le rang de garde des Sceaux ne devrait pas imposer une prise de distance avec le monde des affaires et avec l'exposition du luxe, outrancière dans un pays où il est si mal partagé, ne mérite-t-elle pas d'être posée ? Peut-être aurait-il valu la peine que le ferrailleur présente des arguments, au lieu d'une collection d'épithètes péjoratifs.
Pour Fabounet, plus précis, « Madame la Ministre n'a pas à être grise et peine-à-jouir », la séparation des pouvoirs lui laisserait toute liberté en la matière.
Je ne suis pas persuadé que la Constitution fut établie dans l'esprit qu'on étalerait et observerait la jouissance des ministres.
Et je ne vois absolument pas le rapport avec « l'antiféminisme ». Je crois d'ailleurs que si un propos tenu devait être considéré comme insultant pour le féminisme, c'est bien celui qui voudrait nous faire croire que la participation à l'étalage public du luxe puisse s'y rattacher.
Rédigé par : Marcel Patoulatchi | 06 octobre 2007 à 06:26
La dépénalisation du droit des affaires !
Quelle honte ! C'est un encouragement aux émeutes de banlieue. La même sévérité de la justice doit s'appliquer à tout le monde. Vous rendez-vous compte du message que va faire passer ce gouvernement irresponsable ? Un gouvernement de nantis au service des nantis.
Rédigé par : Têtuniçois | 06 octobre 2007 à 03:22
@ Jean-Dominique,
Votre commentaire admirable rejoint le fond de ma pensée sur ces avocats d'affaires, ce qui s'impose, merci !
Lénine qui n'est pas mon poulain disait avec justesse : "Les bourgeois nous vendront la corde pour les pendre."
Et dire que le libéral que je suis en est arrivé à ce genre de commentaires, je n'ose imaginer ce qu'il se passe pour un communiste, un socialiste qui observe avec autant d'impuissance le fiasco.
Ont- ils seulement conscience de ce qu'ils sont entrain de casser, des dégâts qu'ils vont engendrer ?
Quel est le commentaire de madame Dati sur un de ses protecteurs : Lagardère en rapport avec EADS (si ton porte-monnaie ne va pas à Lagardère, Largardère ira à lui !:) )?
Certainement aucun, on élude le gênant comme on évince le gêneur au royaume de la connivence.
Finalement, ce n'est pas plus mal ce manque de précaution dans les malversations, tout est plus visible !
Monsieur Sarkozy a de bien mauvaises fréquentations qui vont lui enlever autant de crédits que son gouvernement sous qualifié... C'est dommage, il aurait pu prendre la meilleure des voies et nous risquons d'hériter de pire (madame Royal) en réaction du peuple français !
Puisque j'en suis aux étranges rapprochements : Viva la révolution comme disait le Che entre deux exécutions sommaires.
Rédigé par : Ludo Lefebvre | 06 octobre 2007 à 03:19
@Frédéric Rolin
Je viens seulement de jeter un oeil sur votre blog où je lis ceci :
«Un mot sur l'auteur : Frédéric Rolin est professeur de droit public à l'Université de Paris X Nanterre, après avoir été en poste à l'Université d'Evry Val d'Essonne.»
Je suis d'autant plus étonnée de votre remarque.
ça n'a pas précisement de rapport mais Evry me rappelle qu'en 2004, la Communauté d'agglomération d'Evry Centre Essonne [ http://www.agglo-evry.fr/ ] m'avait contactée sur le conseil du service culturel de l'Ambassade du Japon, pour une conférence impromptue sur la philosophie japonaise du Thé, ce qui eût été dans mes cordes. Or, quand je suis arrivée, j'ai découvert qu'avait été programmé, sur mon nom bien sûr et malheureusement, un Café Philo sur le thème du 'Bouddhisme' en général, rien que ça, ce qui m'a profondément embarrassée.
Depuis que j'écoute certains spécialistes du bouddhisme sur France2 [ et pire encore ceux qui parlent du thé ] je pense que je n'aurais pas du m'en faire, mais là, à brûle-pourpoint, moi qui n'ai pourtant pas ma langue dans ma poche, j'ai été écrasée par la responsabilité de devoir animer un débat [ participer en effet est une chose, animer en est une toute autre, surtout quand on est rémunérée pour ce faire ] sur un sujet aussi vaste, ce qui n'a pas de sens, avec peut-être bien qui plus est des pratiquants du bouddhisme, ce que je ne suis pas. Et donc j'ai annoncé honnêtement d'entrée de jeu aux personnes qui s'étaient déplacées ce qu'il en était.
Heureusement il s'agissait d'un public bon enfant, qui plus est je suis venue avec mon chien qui a fait rire tout le monde, donc...
Par la suite j'ai proposé moi-même à des 'animateurs' de Dojo Zen de participer à des discussions autour de tel ou tel texte précis ou encore thème ou anecdote, car là effectivement ça a du sens parce qu'on ne se noie pas dans des généralités qui ne veulent rien dire, mais après avoir accepté ils se sont défilés préférant la soupe servie par le milieu associatif... Dommage.
@Véronique
«Je suis confuse. Mais je n'ai pas compris ce que votre phrase veut me dire.»
Ca vaut mieux c'était idiot et de toute façon aussi peu raffiné que votre précédente remarque à propos de Sbriglia à laquelle j'avais répondu que la balle était dans votre camp. Comme il y en a en principe nécessairement deux, je vous envoyais donc la deuxième... Vu que la politique judicaire me parait plus ou moins couillue du côté de la Chancellerie...
Rédigé par : Catherine JACOB | 06 octobre 2007 à 00:21
@Véronique
Pardon, mais je n'ai pas compris votre phrase : "Pour la première fois, dans la justice de notre pays, le pouvoir politique a souhaité un ministre de la Justice comme garde des Sceaux."
Jacques
Rédigé par : Parayre | 05 octobre 2007 à 20:37
@ Catherine
Je me fiche que Rachida Dati soit habillée par Dior pour les fêtes Arnault.
Elle peut porter les vêtements qu'elle veut. Tout lui ira. Avec Dior ou sans Dior, elle aurait été de toute façon très séduisante à cette soirée.
J'ai été peinée par la lettre que Philippe a adressé à Rachida Dati. Et en même temps, terriblement, si formidablement fière de ce même Philippe.
Voilà donc ce que se permet aussi ce blog : l'expression de nos propres contradictions.
La particularité de Philippe est de nous rendre ces conflits et ces déchirures acceptables pour nous-mêmes.
"Je crois que vous allez récupérer la deuxième balle..."
Je suis confuse. Mais je n'ai pas compris ce que votre phrase veut me dire.
Rédigé par : Véronique | 05 octobre 2007 à 19:45
Frédéric Rolin
«Je ne suis pas certain qu'un ou une ministre ait besoin d'un moderne Lemaistre de Sacy. Cela d'autant plus que celui-ci se serait sûrement souvenu que les fourches caudines sont non pas un système d'attelage de bovins mais le lieu d'une bataille de l'histoire romaine de sorte que l'on voit mal comment elles pourraient être "fiables et rigoureuses"...»
«Depone colla, Sigamber»-«Dépose tes colliers, Sicambre» aurait dit l'évêque de Reims, Rémi, à l'instant de baptiser Clovis, roi des Francs.
Ce mot est souvent évoqué sous la forme d'une contrepéterie qui est la suivante:
Saint Rémi à Clovis «Courbe-toi fier Sicambre ! » - Réponse prétendue de Clovis à Saint-Rémi «Cambre-toi vieux si courbe ! » Un jeu de mot que j'ai appris de mon grand-père avec le sens exact de l'expression.
On dit également que la formule est fréquemment exposée comme suit : «Courbe la tête, o fier Sicambre; adore ce que tu as brûlé et brûle ce que tu as adoré».
Le fait de déposer les colliers exprime le fait de se mettre sous la protection d'une autre divinité que celles des amulettes, et l'idée de courber la tête exprime le fait de se déterminer à subir une autre loi, ou encore La loi tout court, exactement comme lorsque les chiens mettent la queue entre les jambes pour signifier leur soumission à un mâle alpha au lieu de la relever fièrement en signe de défi. Ou encore comme lorsque chaque soldat romain dut passer sous le « joug » des lances des Samnites tout en se tenant courbés précisement, les mains liées dans le dos, et au lieu dit Les « Fourches caudines », un étroit passage en Italie, un peu à l'image du défilé situé à l'entrée d'Athènes où se tenait la Sphinge.
D'où l'expression 'passer sous les fourches caudines' mise pour 'passer sous les lances samnites au lieu dit les Fourches caudines' exprime de facon allégorique le fait de se voir contraint de subir une loi à laquelle on n'a pas librement consenti à se soumettre. En ce qui concerne les romains ils avaient été vaincus. D'où, qu'on y souscrive ou non, cette expression n'en est pas moins parfaitement employée dans son présent contexte, ne vous en déplaise. J'interprète l'épithète 'fiables' comme 'pas de trou toutes les deux fourches pour laisser passer tel ou tel', et ' rigoureuses' comme 'résistantes au dos romain qui entreprendrait de se relever avant d'être parvenu en bout de course'. La Sphinge par sa part était moins miséricordieuse que les Samnites puisque les jeunes gens vaincus par l'énigme étaient purement et simplement dévorés: http://upload.wikimedia.org/wikipedia/commons/f/f5/NAMA_1607_Sphi
nx.JPG
Rédigé par : Catherine JACOB | 05 octobre 2007 à 18:35
Qu'on se le dise, le PG d'Agen "n'est pas propriétaire de sa fonction", c'est ce que vient d'annoncer Rachida Dati. Conclusion personnelle, elle ne cédera pas. Tous les PG et procureurs de France doivent trembler...
Rédigé par : Marie-France Bezzina | 05 octobre 2007 à 18:28
@Frédéric Rolin
"Monsieur le Professeur,"
dit Parayre !
veinard ! moi , on ne m'a jamais ainsi nommé :-(
sinon , c'est de plus en plus dur de TOUT lire ici !
perso j'ai fait mon choix : pas vous ?
sinon j'aime ce JEU de noms pour réponses :
à Parayre
à Véronique
à etc etc !
ne manque qu'un raton-laveur, non ?
Rédigé par : Cactus dépité | 05 octobre 2007 à 16:56
@ Frédéric Rolin
Certes les Fourches Caudines sont un lieu de bataille mais à l'issue de cette bataille perdue, les soldats romains durent, le dos courbé et les mains attachées, passer sous les fourches des samnites placées à l'horizontale au ras du sol. Cette humiliation est à l'origine de l'expression utilisée par Philippe et lesdites fourches peuvent donc revêtir un caractère "fiable et rigoureux" puisque les fourches représentent à la fois le lieu et les lances des samnites.
Sachant que je déteste l'idée de peine plancher, par ailleurs...
Rédigé par : Jean-Dominique Reffait | 05 octobre 2007 à 16:36
Compagnon Philippe La Candeur, réveillez-vous ! Les avocats d'affaires ont investi la République, ça tripatouille à tous les étages, ça dépénalise à qui mieux mieux les potes prévaricateurs, ça rote dans le strass, ça se délite entre initiés, ça berlusconise dans les alcôves, ça partouze dans l'ADN ! Qui croyez-vous que vous êtes, Philippe le Naïf ? Un intellectuel, un culturé, un tatillon du droit qui oublie d'ouvrir à gauche, un rejeton de la consanguinité fustigé par Nicolas, vous êtes même un couillu de trop dans la haute magistrature, bref vous appartenez à cette classe désormais honnie et inférieure, porteuse de toutes les tares et servilités, vous êtes un Français ! Rendez-vous compte, bon sang, vos parents sont français, vos grands-parents l'étaient peut-être, pauvres ringards, pauvre fou vous-même ! Vous avez été élevé, enfin est-ce le terme exact, avec une morale vermoulue qui aimait l'honneur, la fidélité et qui se méfiait de l'argent, de l'ostentation, quelle misère ! Vite, courez vous acheter une Rolex, trouvez-vous un yacht d'urgence, ficelez-vous des bracelets brésiliens au poignet, cessez d'écrire ce français d'un autre siècle, sujet - verbe - complément, comme Houellebecq, mon pote, sois vulgaire bon sang, sois vulgaire et tu comprendras peut-être alors ce que c'est que la rupture !
Rédigé par : Jean-Dominique Reffait | 05 octobre 2007 à 16:27
En tout cas, Monsieur Bilger, on ne vous reprochera pas que votre esprit fin soit un esprit étroit.
Pour Madame Jacob, Marat, le seul que l’on n’ait pas guillotiné, n’a connu ce beau destin d’être dépeint par David que dans le sursis d’une invitation à s’exhiber un jour sur l’échafaud. On dit que la tête de Charlotte Corday, coupée, a rougi lorsqu’un admirateur de Marat s’est piqué de la brandir et de la gifler. « Soleil cou coupé », cela parlait de Charlotte Corday, non ? Ou de Marie-Antoinette ? Qu’il est beau d’être haï par un être si beau : un alexandrin, si le h n’est pas aspiré ; et qu’il soit coupé, ce h, ce serait tout à fait conforme à la situation.
Rédigé par : Ferraille | 05 octobre 2007 à 15:06
Je sais maintenant, vraiment, sans plus de doute, que vous auriez été résistant.
Permettez-moi de vous faire part de ma profonde admiration.
Rédigé par : olivier | 05 octobre 2007 à 14:56
@Frédéric Rolin
Monsieur le Professeur,
Voulez-vous exprimer qu'il y a des consciences comme des bovidés, certains tirent la charrue, d'autres luttent dans les arènes ?
Notre hôte est effectivement un "solitaire", non de Port-Royal, mais de l'île de la Cité... dont le talent est double, le sien bien sûr, mais aussi celui de ceux qui échangent autour et grâce à lui !
Rédigé par : Parayre | 05 octobre 2007 à 14:37
Je suis passablement étonné par ce curieux document qui ressemble aux discours que peut tenir un directeur de conscience.
Cette multiplication de conseils, paternellement et suavement distillés, ces courtisaneries dont les brefs contrepoints, ces considérations sur l'art d'être lancé dans le monde, ne sont là que pour en garantir la valeur, tout cela se range au service d'une singulière inversion de la relation hiérarchique entre les magistrats du Parquet et leur ministre.
Je ne suis pas certain qu'un ou une ministre ait besoin d'un moderne Le Maistre de Sacy.
Cela d'autant plus que celui-ci se serait sûrement souvenu que les fourches caudines sont non pas un système d'attelage de bovins mais le lieu d'une bataille de l'histoire romaine de sorte que l'on voit mal comment elles pourraient être "fiables et rigoureuses"...
Rédigé par : Frédéric Rolin | 05 octobre 2007 à 13:19
Marat le Ferrailleur
«un vieux Robespierre pétrifié rêve de couper en deux une trop pimpante Marie-Antoinette…»
Ils ont mal fini tous les trois
1- Robespierre: http://upload.wikimedia.org/wikipedia/commons/a/a2/Arrestation_de_Robespierre.jpg
2- Marie-Antoinette:http://upload.wikimedia.org/wikipedia/commons/8/82/Marie_Antoinette_Execution.jpg
3- Marat:http://fr.encarta.msn.com/media_121618363_761557826_-1_1/David_(Jacques_Louis)_la_Mort_de_Marat.html
Véronique
«Monsieur l’avocat général,
Je reçois votre lettre avec tristesse et gratitude mélangées.»
«J'ai seulement imaginé une réponse possible.»
Je crois que vous allez récupérer la deuxième balle...
Ceci étant elle a eu raison de choisir Dior. J'ai moi-même éprouvé toute la différence qui pouvait se faire jour dans le contact quand vous l'établissiez en Dior. Mais bon, Dior prêt-à-porter bien évidemment, car dans mon cas il n'y a que les idées qui soient haute couture et en dior du temps...
Rédigé par : Catherine JACOB | 05 octobre 2007 à 12:52
Fabounet
«Que Madame Dati se dore la pilule ou se pavane dans les médias ne m'émeut guère (elle est jolie à voir, »
Question de goût: http://www.liberation.fr/actualite/societe/282610.FR.php
Rédigé par : Une femme | 05 octobre 2007 à 12:13
Admiratif du style mais déçu de vous voir vous déchaîner contre les soirées mondaines auxquelles, comme tous ses prédécesseurs, Madame Dati est tenue d'assister.
Ne confondons pas fonction et personne.
Ce qui sera intéressant : le résultat de son passage au ministère ; ses photos dans tel ou tel canard avec telle ou telle star ne me font ni frémir ni m'extasier.
S'il vous plaît, gardez votre plume fine et acérée pour "de plus nobles objets de votre courroux".
Rédigé par : mike | 05 octobre 2007 à 11:24
Tant que votre blog exprime une opinion de citoyen, voire les pensées d'un magistrat populiste (c'est-à-dire qui confond l'opinion publique avec la justice lorsque cela lui sied), je vous lis avec intérêt.
Aujourd'hui voilà que vous redéfinissez les grandes lignes de la politique judiciaire, vous vous en prenez aux principes de la République et vous tordez notre droit à des fins corporatistes.
Je ne tartinerais pas, comme vous aimez à le faire, en mêlant émotion et exemples judicieusement amalgamés pour rationaliser une démonstration qui n'est en fait qu'une réaction.
Mon opinion est que Madame la Ministre n'a pas à être grise et peine-à-jouir comme une statuette de Daumier. La constitution française pose le principe de la séparation des pouvoirs, le magistrat que vous êtes semble l'oublier, lorsque cela l'arrange. Vous ne vous posez pas en magistrat mais en avocat d'une cause que vous ne définissez que de manière liminaire, conformément à votre stratégie de communication qui n'est en fait, selon moi, qu'une expression égocentrique d'un politicien jaloux. Si les dorures et la télévision vous manquent, essayez au moins de produire des idées moins nauséabondes.
Que Madame Dati se dore la pilule ou se pavane dans les médias ne m'émeut guère (elle est jolie à voir, ça me gêne moins qu'un Peyrefitte), elle représente le pouvoir politique et c'est à ce titre qu'elle est en charge de la réforme de cette institution.
L'antiféminisme c'est has been, je vous suggère d'aborder le thème sur le ton de la dérision comme vous le fîtes naguère. Depuis que vous vous prenez au sérieux, vous désespérez les petites gens comme moi.
Rédigé par : Fabounet | 05 octobre 2007 à 09:47
Philippe Bilger sera-t-il sur le plateau de Vivement Dimanche consacré à Rachida Dati ? Hélas non ! Philippe Bilger ne sachant pas manier la brosse à reluire, il n'a aucune place chez Drucker. Effectivement, Vivement Dimanche Prochain !!!
Rédigé par : Thierry SAGARDOYTHO | 05 octobre 2007 à 08:53
Monsieur l’avocat général,
Je reçois votre lettre avec tristesse et gratitude mélangées.
Vous savez que ma nomination comme ministre de la Justice a été la marque d’un bouleversement politique de notre société.
En d’autre temps, vous avez émis une réserve sur le choix de ma nomination. Insistant sur son caractère symbolique au détriment d’une compétence et d'une expérience que, vous, magistrat, placez en priorité.
Pour la première fois, dans la justice de notre pays, le pouvoir politique a souhaité un ministre de la Justice comme garde des Sceaux.
C'est une façon de dire que la spécificité de ma fonction ne peut plus n'être comprise et entendue que par les seuls professionnels de la justice.
Il y avait nécessité de parler à l’ensemble des citoyens de ce pays pour que notre idéal de justice, ses questions, et ses débats, soit l’affaire de tous et non plus seulement réservé qu’au seul univers judiciaire.
Il y a eu aussi - enfin ! - le parti pris de faire admettre que notre société est diverse et qu’un parcours comme le mien ne pouvait pas n’être que de l’ordre de l’exceptionnel. Il y avait la volonté de normaliser ce qui reste encore pour certains de l'ordre d'un anormal.
Beaucoup ont été profondément heureux de ces transformations importantes.
Vous me reprochez Arnault et Dior. N'y voyant là que l’affichage de connivences regrettables pour la fonction que j’occupe.
Juste cela, Monsieur l’avocat général.
Vous êtes-vous interrogé sur, par exemple, ces connivences intellectuelles et traditionnelles si habituelles dans notre milieu de robes rouges, noires, costumées, entre des professionnels qui peuvent souvent laisser penser à nos concitoyens que la justice ou la loi n’est, au fond, qu’un sujet qui ne les regarde, qu'eux.
Toutes les connivences sont vulgaires. Et parce qu’elles sont vulgaires, elles sont toutes blessantes.
Je ne suis pas fâchée par votre lettre.
Imaginez-vous un seul instant, quand je suis dans mes secrets et au cœur des obligations de ma fonction, que je ne me félicite pas que la magistrature ait produit des professionnels tels que vous ?
Et dans le secret, je sais que quelque part, un grand magistrat saura toujours me dire, avec sa liberté de parole qui souvent me fera du mal, quand je me fourvoie.
Pouvoir compter sur son indépendance vis-à-vis de tout et de tous me rassure.
Je voudrais que vous envisagiez, qu'en dernier lieu, là est un de mes orgueils d’appartenir à votre corps.
@ Madame le ministre
J'ai seulement imaginé une réponse possible.
Rédigé par : Véronique | 05 octobre 2007 à 08:48
Quelle classe, voilà une lettre que l'on peut qualifier sans fausse modestie de lettre d'anthologie. A l'heure où de sombres essayistes sont les références des collèges - "Qu'est ce que tu racontes connard" (Extrait du livre qui va être étudié en français en classe de 5 ème par mon plus jeune fils) ou des têtes de gondole des supermarchés, la syntaxe, la pensée de cette lettre est digne des meilleures prépas. Monsieur Darcos puisque Racine, Corneille, Molière ont été mis au pilon, introduisez Philippe Bilger dans nos écoles, collèges ou lycées ; notre langue à tout à y gagner.
Quant à Madame Dati chez Dior ? Je la pense suffisamment subtile pour différencier les obligations protocolaires et la charge ministérielle que lui a confiée le Président Sarkozy.
Rédigé par : Bernard de ... | 05 octobre 2007 à 08:24
Entendu récemment, dans un cercle où des avocats se répandaient en obscènes quolibets sur le garde des Sceaux, qu’elle était, certes, «incompétente», mais encore que Philippe Bilger, à qui l’on attribue le choix de l’épithète, la méprisait parce que Rachida est arabe. Ils vous avaient lu, et c’est ce qu’ils avaient lu, et certes ce n’était pas ce que vous aviez écrit. Comme je n’avais pas, moi, compris, à lire vos écrits, même entre les lignes, que vous aviez conçu une si malodorante opinion, ni exprimé, même à mots voilés, cette opinion qui n’en est pas une, je leur ai franchement livré mon avis : «Même entre les lignes, je n’ai pas compris que Philippe Bilger avait jamais pensé cela.» Et du reste, ce n’est pas là le burin avec lequel votre pensée si fine est ciselée. Ce vent contraire leur fit changer de ton. Tous les Français ne sont pas racistes, quoique la plupart des Français bien blancs, et d’autres qui ne sont ni l’un, ni l’autre, et même ni l’un et l’autre, trop souvent le supposent.
Or, dans cette missive récidive, où l’on vous surprend à fulminer le luxe et la luxure comme je ne sais quel étroit bigot, un janséniste d’outre-tombe, vous prenant les pieds dans les concetti comme un bas courtisan qui veut faire le malin en jouant les bouffons refroidis, et s’aplatit tout en se plaignant, et se plaint tout en s’aplatissant, n’aimant probablement que vivre au ras de terre, et où l’on vous voit pyrrhoniser avec des formules mielleuses, jouer au Descartes puritain, et tellement sinuer que finalement vous serpentez, et tellement persifler que finalement vous vous croyez peut-être tout aussi fascinant que ces perfides serpent qui sifflent sur nos têtes… dans cette missive, donc, vous vous perdez, Monsieur l’avocat général.
Pire qu’Hermione, pire qu’une espèce assez vile de Savonarole en toge, un vieux Robespierre pétrifié rêve de couper en deux une trop pimpante Marie-Antoinette…
Rédigé par : Ferraille | 05 octobre 2007 à 03:05
Lettre splendide dans la forme.
Sur le fond, je ne sais même pas où commencer. Un ministre s'est rendu à une fête. Quelle horreur !
Je n'ai lu nulle part que la justice française devrait être calviniste de Genève. Sous prétexte que l'on participe au service de la justice, l'on devrait se cloîtrer dans la prostration, se couvrir la tête de cendres, ne jamais se rendre à aucun événement mondain ? Ou si on le fait, y être mal habillé, puisqu'on sent bien que le vrai péché de Mme Dati était de porter une robe longue. Ou en bure peut-être, avec un cilice ?
Les ministres ont des fonctions de représentation. Ils participent à des événements mondains. Ca ne date pas d'hier. A mon avis, ça ne leur plaît pas tant que vous semblez le penser : on se lasse très vite des mondanités. Et d'ailleurs ça n'a pas d'importance. Que Rachida Dati soit illuminée par les paillettes de la haute société, comme on sent que vous le fantasmez, ou qu'elle soit très consciente de sa vacuité, ce que je pense, parce qu'elle n'en est pas à son premier cocktail, ça fait partie de son métier. Point.
Et à mon avis, quand Portalis lui-même était garde des Sceaux, il allait à plus de soirées mondaines que Rachida Dati (sans parler de Cambacérès sous les ors de l'Empire!), et on en parlait autant dans les feuilles de chou de l'époque. Certes, il n'y avait pas de photos, mais ça n'empêchait pas les ragots, et le Paris de l'époque en était tout aussi friand que celui d'aujourd'hui.
Alors oui, la "people-isation" de la politique, ça existe, et c'est un phénomène qui mérite qu'on s'en interroge. Mais franchement, que Rachida Dati aille à une soirée en robe longue, ça ne méritait pas un article du Canard enchaîné, et surtout ça ne méritait pas que quelqu'un d'aussi doué et occupé que vous ne s'y attarde.
Rédigé par : PEG | 05 octobre 2007 à 01:44
Belle liberté de pensée qu'exprime votre plume.
Bravo Monsieur Socrate ! Pardon, je voulais dire Monsieur Bilger.
Rédigé par : cissé | 05 octobre 2007 à 01:03