Ce matin, rentrant chez moi, un homme sympathique me croise sur le boulevard et m'adresse un tonitruant "Maître". Il m'a sans doute vu à la télévision et, pour lui, je suis "Maître". Une assistante de notaire, récemment, après que je me suis présenté, m'appelle Maître Bilger. Un député-maire, à un Salon du livre, me nomme de la même manière et, pourtant, c'est un parlementaire réputé. Des chefs de très grandes entreprises, les élites intellectuelles et politiques, la "France d'en haut comme la France d'en bas", si l'expression a un sens, ont un point commun qui est leur ignorance du monde judiciaire et, en particulier, leur inaptitude à nommer correctement ses structures les plus élémentaires et les professionnels qui y travaillent.
Pour parler net, c'est la magistrature qui est médiocrement connue, voire totalement méconnue. Le barreau, les avocats sont inscrits dans l'esprit public au point de mobiliser l'attention exclusive du citoyen. Celui-ci résume tout son savoir en usant d'un langage qui, parfois hérité des feuilletons de télévision, tourne peu ou prou autour des avocats et des Maîtres faciles à retenir.
Pourquoi cette inculture de la société, à tous les niveaux, qui semble résister aux campagnes d'information les mieux menées ?
Cette pauvreté et cette imprécision du langage judiciaire ne seraient pas préoccupantes, ne seraient que la traduction d'une dégradation du langage en général si elles ne révélaient pas quelque chose de profond sur la justice.
En effet, c'est comme si on ne voulait pas nommer ce dont on a peur, appréhender par les mots une institution à laquelle on ne désire avoir recours qu'en dernière analyse, quand le contentieux est inévitable. Je crois que si la justice et les magistrats sont mal désignés au point d'être confondus avec les avocats, c'est que les premiers se voient attachés une image structurellement négative, menaçante et qu'on laisse naturellement dans le flou tandis que les seconds bénéficient de l'aura qui naît de la fonction de défense. Le citoyen s'imagine poursuivi par le magistrat mais soutenu par l'avocat. C'est une distinction fondamentale qui explique que celui-là doive demeurer dans l'inconnu et celui-ci dans la reconnaissance.
Je suis persuadé que la connaissance du monde judiciaire, l'usage d'un langage approprié, la définition la plus exacte possible des mécanismes qu'un honnête homme ne peut pas ignorer surgiront comme une conséquence de l'instauration ou de la restauration d'un lien de confiance entre les juges et la société. La technique du langage procédera d'une politique de la justice, notamment pénale, qui rassurera le citoyen. Réussie, elle attirera au lieu de repousser, elle n'intimidera plus mais apaisera. On ne dira plus Maîtres aux magistrats.
Ce mouvement devra s'accompagner d'une pédagogie intense au quotidien, partout où l'occasion nous en sera donnée. Combien de lieux ai-je fréquentés qui m'ont offert l'opportunité, simplement ou de manière plus officielle, de présenter une image de la justice qui, même réduite à ses éléments les plus sommaires, montrait au citoyen qu'il n'y avait pas là un rébus mais un mystère facile à déchiffrer ! Rien ne se fera sans nous, sans notre volonté de rendre accessible le lointain et familier le solennel. Si nous ne sommes pas bien connus, si les mots nous définissent mal, si nous sommes condamnés à justifier notre existence entre l'être de notre métier et le langage qui nous nie, c'est à cause de nous. Nous n'allons pas assez dehors pour dire, convaincre, expliquer, décrire et répliquer.
Sans doute faudra-t-il accepter d'inventer des communications moins sophistiquées. Avant d'enseigner le complexe, il faudra tenter d'apprendre le simple judiciaire aux citoyens. Déjà, seulement, cette structure, cette division intellectuelles : le barreau, les avocats ; la magistrature composée du siège et du parquet avec les caractéristiques de ces deux entités.
L'expérience de ce matin, je suis sûr que beaucoup de mes collègues l'ont vécue. Tant que les erreurs nous donneront l'envie de rectifier, la passion de mieux faire comprendre, rien ne sera perdu.
Mais, qu'on ne s'y trompe pas, laisser l'inculture judiciaire dans l'état où elle est, c'est accepter que la démocratie ait les ailes un peu rognées.
@ludovic
J'ai simplement voulu mettre en évidence l'impossibilité fonctionnelle, pour un procureur, de se rendre sympathique, liée à son rôle d'accusateur public et d'organe répressif.
Les efforts de pédagogie tout à fait louables de Philippe Bilger ne peuvent rien changer à ce phénomène purement structurel.
Si l'on veut être aimé, il faut faire un autre métier (avocat, par exemple, pour rester dans le secteur juridico-judiciaire).
C'était le sens de mon intervention sur ce blog, dont il faut quand même reconnaître tout l'intérêt.
Pour en revenir plus précisément à votre remarque, je dois vous dire que je ne jalouse pas les érudits et que mon "inculture judiciaire" ne me crée pas l'ombre d'une émotion.
Rédigé par : bernard trigallou | 29 juillet 2009 à 12:30
On a rebaptisé les commissaires du gouvernement "rapporteurs publics" pour éviter les confusions. Ne pourait-on appeler autrement les avocats généraux afin d'éviter la confusion avec les avocats inscrits à un barreau ? Pourquoi pas Lieutenant-procureur général, ce qui aurait pour avantage d'évoquer l'ancien Lieutenant criminel ?
Rédigé par : NossyBe | 27 juillet 2009 à 23:46
@Ludovic
Le billet sur les comiques c'est ici :
http://www.philippebilger.com/blog/2009/07/boujenah-entre-desproges-et-c%C3%A9line.html
...
Rédigé par : Catherine JACOB | 27 juillet 2009 à 09:05
Bonjour M. Bilger,
Je redécouvre ce billet déjà ancien à l'occasion du récent commentaire de Catherine Jacob.
Sans doute aviez-vous raison d'évoquer l'inculture judiciaire, le commentaire de Bernard Trigallou et sa conception de la fonction de procureur est éloquent à cet égard: "vous avez pour mission d'enfoncer le justiciable, de lui tailler un costume qui ne lui va pas, qui n'est pas le sien, trop lourd pour lui !".
Les séries télévisées concourent tout autant à entretenir l'inculture judiciaire. Combien de présidents de diverses juridictions ont droit au "Votre Honneur" du fait des séries américaines. Les séries françaises ne sont pas en reste non plus, ainsi François-Eric Gendron, dans la série "Le Proc" sur TF1 incarnait un procureur qui menait lui-même les enquêtes jusqu'à interpeller en personne et arme au poing les suspects. Parfois l'ignorance de certains citoyens aboutit à des situations vraiment cocasses : une amie avocate m'a confié que l'un de ses clients s'était adressé au président d'une chambre correctionnelle en lui donnant du "Votre Majesté", ce qui avait tout de même eu le mérite de détendre l'atmosphère de l'audience.
Quant à la fonction d'Avocat Général, il n'est pas étonnant que l'intitulé soit source de confusion avec la fonction de bâtonnier. Peut-être la confusion sémantique serait-elle évitée avec un titre plus clair, comme vice-procureur général, ou procureur général adjoint. Enfin, allez savoir.
Rédigé par : Ludovic | 26 juillet 2009 à 18:01
@bingen
"Je crois également que cette méconnaissance de nos principes élémentaires de l'organisation judiciaire cache, ce qui me paraît plus grave, une incompréhension et de son fonctionnement et de la philosophie qui guide notre Justice. Nous parvenons ainsi aux dérives actuelles :"
"Notre édifice juridique et judiciaire n'est sans doute pas parfait mais sans l'intervention collatérale des parasites de la justice il serait plus à même de ressembler à une Justice aveugle."
Vous avez un bien joli nom synonyme de sagesse et de culture!
Ceci dit, je résiste difficilement à ne pas réagir à ce commentaire par une anecdote (tout ce qu'il y a de plus authentique) qui démontrera si besoin est que l'incompréhension ne vient pas tant de la méconnaissance des choses, que de l'habitude de procèder de telle manière, ainsi que de la paresse qui répugne à procéder aux vérifications élémentaires.
L'anecdote a trait à la saisine du juge de l'exécution à laquelle il peut être, semble-t-il, procédé de diverses manières.
Par ex. en vertu des dispositions du Chapitre II du code de l'organisation judicaire, la procèdure :
Art. 11. - Les parties se défendent elles-mêmes. Elles ont la faculté de se faire assister ou représenter.
Art. 15. - : "La demande est formée au secrétariat-greffe du juge de l'exécution par lettre recommandée avec demande d'avis de réception ou par déclaration faite ou remise contre récépissé.
Lorsque le juge de l'exécution exerce aussi les fonctions de juge d'instance et que la demande a été formée au secrétariat-greffe du tribunal de grande instance, celle-ci est réputée faite valablement et elle est immédiatement transmise au secrétariat-greffe du juge délégué. Avis en est donné au demandeur par lettre simple."
Art. 17. - Le secrétariat-greffe avise le demandeur des lieu, jour et heure de l'audience par lettre recommandée avec demande d'avis de réception. Copie de cet avis est envoyée le même jour par lettre simple.
Cet avis reproduit les dispositions des articles 11 à 14.
Lors de la présentation de la demande, le demandeur peut également être convoqué verbalement contre émargement. Dans ce cas, le secrétariat-greffe lui remet un avis comportant les indications prévues aux alinéas précédents.
Art. 19. - La demande peut aussi être formée par assignation à la première audience utile du juge de l'exécution.
Un justiciable qui y avait intérêt se présente au geffe unique d'un TGI d'une localité que, par égard pour les collègues du magistrat dont il va être question, je ne citerai pas, et procède par déclaration remise contre récepissé, demande qui mentionne la date de la première audience utile du juge de l'exécution dont il s'était préalablement enquis, se rend à l'audience au jour et à l'heure dite et vu les dispositions des art. 18 et 21 du code précité :
- "Art. 18. - Le défendeur est convoqué par lettre recommandée avec demande d'avis de réception qui contient une copie de la demande [...] En cas de retour au secrétariat-greffe de la lettre recommandée qui n'a pas pu être remise à son destinataire, le greffier en informe le demandeur qui procède par voie de signification.
- "Art. 21. - Le juge s'assure qu'il s'est écoulé un temps suffisant entre la convocation et l'audience pour que la partie convoquée ait pu préparer sa défense."
le dit demandeur se préoccupe de savoir si son affaire est bien inscrite au rôle de l'audience en question. A l'ouverture des portes, il s'avance vers le Tribunal flanqué de son greffier qui lui intiment quasi simultanément, pour l'un :" Asseyez-vous là-bas, vous allez être appelé." et pour l'autre: "Restez là, il y a un problème avec votre dossier, je vous expliquerai."
Le justiciable s'assied au fond de la salle et attend que cela se passe dans une atmosphère feutrée de chuchotements autour du micro du tribunal, puis à la fin de l'audience, se présente de nouveau, pour apprendre que le défenseur n'a pas été convoqué, vu qu'il n'avait pas été procédé comme il eût fallu par assignation: "Je vous ai d'ailleurs envoyé un courrier hier, vous l'expliquant. Vous ne l'avez pas eu?" interroge le greffier (au tarif non urgent?!).
Réponse du justiciable: "Je n'ai pas procédé par assignation en effet, mais j'ai procédé selon les dispositions de l'art.15 du code de l'organisation judiciaire."
Réplique:" Le code de l'organisation judiciaire? Mais le code de l'organisation judiciaire n'a rien à voir là-dedans!" dit l'un.
Le justiciable :" Il me semblait bien avoir pourtant lu que..."
Réplique coupante :" Eh bien, relisez le."
Le greffier rend sa déclaration au justiciable, laquelle porte un timbre à date différent de celui qui figurait sur son récepissé. Il rentre chez lui, relit le code, imprime les articles concernés, retourne avec au tribunal et s'adresse au greffe unique qui lui dit: "Oh, mais nous ne prenons plus les déclarations." Le justiciable insiste poliment. Le greffier finit par lui dire :"Allez voir salle tant." Il s'y rend, explique ce dont il s'agit. On va lui chercher le greffier de l'audience qui vient avec un code à la main, lequel code n'est pas le code de l'organisation judicaire of corse. Le justiciable réussit néanmoins à récupérer la parole pour procéder pour sa part à la lecture de ses propres articles qu'il avait apportés avec lui. Le greffier consent à l'écouter à la condition qu'il baisse le ton, vu qu'en présence du magistrat il avait été démontré que le justiciable était capable de s'exprimer posément et qu'il n'y avait donc pas de raison qu'il n'en soit pas de même en la seule présence du greffier. Le justiciable chuchote le contenu des articles, puis le greffier lui dit : "Il reste trois minutes avant la fermeture qu'est-ce que vous faites? Vous faites une déclaration sommaire ou vous revenez?" Le justiciable opte pour revenir. Après qu'il lui ait été précisé qu'il fallait que sa demande soit rédigée très clairement avec trois rubriques bien séparées de façon à ce qu'on y comprenne quelque chose : 1- Demandeur, 2- Défendeur 3- Exposé des motifs!, le justiciable rentre chez lui, recompose son texte, le dispose en trois rubriques bien séparées avec leurs intitulés en bons gros caractères, photocopie la première déclaration et son récepissé qu'il joint au tout, ajoute un paragraphe justificatif qui préserve le 'pride' de chacun, retourne salle tant, explique son cas au personnel présent, lequel va se renseigner puis revient:
"On m'a dit que je pouvais prendre votre déclaration. C'est bon, donnez la moi."
Le justiciable lui tend la liasse en disant :" Puis-je être convoqué verbalement dès à présent contre émargement?".
"Ah ça on ne me l'a pas précisé, je ne sais pas."
Le justiciable s'explique : "Il s'agit de l'article 17 du Code de l'organisation judiciaire."
Le personnel étonné s'en va , le greffier de l'audience reapparaît, chuchote précipitamment quelque chose puis s'en retourne.
Le personnel précédent revient, s'inquiète de voir le justiciable toujours là qui lui explique qu'il n'a pas tout compris vu qu'il a entendu seulement la moitié de la phrase. Le greffier revient, détache les syllabes d'une date assez éloignée, puis précise :"Même lieu, même heure. C'est bien tout ou vous voulez encore autre chose?". "Non merci, ça ira comme ça."
M'est avis qu'il n'était pas au bout de ses peines, ce malheureux justiciable qui a eu la mauvaise idée de se passer et d'avocat et d'assignation et, personnellement, je me demande si dans de telles circonstances, se poser la question de la philosophie qui guide notre Justice, comme vous dites si bien, n'est pas taper un peu trop haut dans l'ordre des questions existentielles!
Rédigé par : Catherine JACOB | 25 juillet 2009 à 19:49
Monsieur l'avocat général,
Je partage cet appel. Je crois également que cette méconnaissance de nos principes élémentaires de l'organisation judiciaire cache, ce qui me paraît plus grave, une incompréhension et de son fonctionnement et de la philosophie qui guide notre Justice. Nous parvenons ainsi aux dérives actuelles :
Justice médiatique et émotionnelle, déviation de l'article 30 du CPP à des fins politiques... Notre édifice juridique et judiciaire n'est sans doute pas parfait mais sans l'intervention collatérale des parasites de la justice il serait plus à même de ressembler à une Justice aveugle.
Merci pour votre élégance et pour exprimer ainsi votre idéal de la Justice.
Rédigé par : bingen | 24 juillet 2009 à 16:30
Pour Ambrosi, à seule fin qu'il (elle ?) puisse avoir une vision moins... manichéenne...
PS : "meurtrier", pas "assassin"... pour la pauvre Marie le distinguo est, hélas, sans portée, pas pour la sanction...
http://embruns.net/logbook/2007/10/15.html#005737
Rédigé par : sbriglia | 16 octobre 2007 à 11:41
Déjà révolté depuis longtemps comme la majorité du peuple par certaines décisions judiciaires bien connues et révoltantes : multi récidives non sanctionnées, relâches de tueurs pour "bonne conduite" ou "irresponsabilité" , cette fois je suis définitivement écoeuré de la justice de mon pays qui libère un assassin après 4 ans pour "bonne conduite" ; a-t-il eu une bonne conduite le soir de son acte barbare ? Pauvres femmes battues, vous pourrez trembler encore plus fort en attendant le retour de vos tortionnaires de maris encouragés par les verdicts Kafkaïens ou ubuesques de nos magistrats .
Mais bien sûr, de brillants intellos vont encore nous taxer d'inculture judiciaire, nous "les clients du café du commerce".
Rédigé par : ambrosi | 16 octobre 2007 à 10:30
@Bernard Trigallou
Votre commentaire, frappé au coin du bon sens, pose les bonnes questions...
Il n'est pas courant que celui qui soit chargé de requérir une sanction au nom de la société fasse connaître quasiment au jour le jour ses états d'âme, sa vision politique de la Justice, quitte à tomber de temps à autre dans des dérives, certes amusantes car la plume est alerte, mais parfois futiles...
Curieux que vous y déceliez un besoin d'affection... l'analyse doit nécessairement être plus complexe et pour ma part, je ne m'y aventurerais pas...
Je crois que la tenue de ce blog par Philippe Bilger doit parfois provoquer chez son auteur de bonnes montées d'angoisse, des instants d'exaltation et des passes d'abattement... Les commentaires déversés doivent se rajouter à l'inquiétude...
L'homme sera-t-il dépassé par son oeuvre, comme le suédois Alex Schulman : "mon blog est devenu un monstre et je n'en peux plus" (in" Le Monde" du 11 octobre page 33) ?...
Je ne peux vous suivre lorsque vous écrivez :
"vous avez pour mission d'enfoncer le justiciable, de lui tailler un costume qui ne lui va pas, qui n'est pas le sien, trop lourd pour lui !"
Allez écouter un réquisitoire de Philippe Bilger et vous changerez vite d'avis... ou demandez aux avocats pénalistes ce qu'ils en pensent : vous seriez surpris des réactions positives !
Rédigé par : sbriglia | 11 octobre 2007 à 09:24
Merci pour votre blog bien caustique.
Une petite précision pour l'appellation Maître - elle peut être utilisée à l'égard de tout titulaire d'une maîtrise, en l'occurrence d'une maîtrise de droit.
Mais il me paraît évident qu'un avocat général préfère que l'on réfère à sa fonction actuelle qu'à son diplôme, qui n'est qu'un prérequis à ladite fonction.
Pourtant, cela pourrait donner un petit coup de jeune, comme se faire appeler Mademoiselle pour une femme de plus de quarante ans.
Signé - Une femme de plus de quarante ans
Rédigé par : Mimi Pinson | 11 octobre 2007 à 08:08
Monsieur Bilger,
Vous semblez vouloir être connu et reconnu comme un homme sympathique, accessible à tous.
Mais, par nature, votre fonction de procureur s'y oppose : vous avez pour mission d'enfoncer le justiciable, de lui tailler un costume qui ne lui va pas, qui n'est pas le sien, trop lourd pour lui !
C'est totalement incompatible avec votre désir d'amitié, voire d'affection.
Il vous faudrait changer de métier, ou alors que la fonction de procureur soit sérieusement amendée, que la Justice devienne accessible, compréhensible, que les magistrats changent leur tenue pour un costume civil et fassent l'effort d'être cohérents et rigoureux dans leur démarche intellectuelle, que le justiciable ne se sente plus écrasé avant même d'entrer dans la salle d'audience !
Ainsi, pour la première fois depuis longtemps qu'un garde des Sceaux fait l'effort de nous paraître sympathique et accessible, vous vous permettez de l'offenser par des qualificatifs peu amènes !
Vous devriez rechercher la cohérence avec vous-même, avant de prétendre à la considération et à la sympathie de vos concitoyens.
Rédigé par : bernard trigallou | 10 octobre 2007 à 22:42
Dommage que vous ne disiez jamais en quoi est-il important d'utiliser le bon terme. Je pense pour ma part que ça n'a aucune importance. Pardonnez-moi mais il me semble que vous vous prenez parfois un peu trop au sérieux.
Rédigé par : Richard | 08 octobre 2007 à 01:12
@Cécile de Songy,
Bonjour,
vous dites : "....on manque, c'est d'éducation tout court....."
je dis : assurément, et j'ajoute, l'inculture judiciaire peut-elle être reprochée par un professionnel à un non-professionnel .. ? J'en doute...
Oui, même si c'est pour paraitre désagréable, peu m'importe, mais un professionnel qui semble ne pas comprendre que des non-professionnels puissent être incultivés dans son domaine de compétence à lui le professionnel, assurément, moi, ça me trouble, car mes neurones n'ont pas ce type d'aiguillage, ce n'est pas ma forme de raisonnement, mais je n'ai fait après tout que deus ans d'études après le bac.
Chacun son métier et puis après tout, soyons sérieux, les magistrats, procureurs, juges, avocats non professionnels de la médecine seraient-ils contents d'apprendre des médecins qu'ils ont une inculture médicale et que ces médecins quelque part s'en offusqueraient ou ne comprendraient pas cette inculture. J’en doute !!
Si le citoyen d'en bas a une inculture judiciaire, c'est peut-être justement parce qu’à l'école, on ne lui a pas donné cette culture judiciaire et donc il est inutile de sembler en être offusqué ou gêné, l'essentiel serait de remédier à cet état de fait, et là ce serait le début de la résolution de ce problème.
Oh, Mme Cécile de Songy, quelque part, cela me rappelle mon maître intouchable (je dis bien maître : comme au Moyen Age) qui, après m'avoir humilié avec des propos outranciers, arrogants et j'en passe .... se glorifiait d'être un professionnel et qu'il n'était pas chargé de parfaire ma formation aux règles de la copropriété (tandis que lui s'assoyait carrément sur ces règles)... le tout en prétendant ne pas avoir à m'envoyer ce qu'il aurait dû m'envoyer et même, je n'exagère pas, véridique, même en me demandant de relire ce qu'il ne m’avait pas envoyé et qu'il reconnaissait ne pas m'avoir envoyé (ne pas rire , c'est écrit par un PRO!!!)... Bref, le tout pour en arriver 5 ans plus tard à une double assurance et le professionnel arrogant n'était pas là, d'après ses écrits, pour parfaire ma formation aux règles de la copropriété... Assurément, je ne suis pas un professionnel de la copropriété, assurément, mais simple citoyen d'en bas, inculte certes je suis, mais assez lucide pour m'apercevoir que le professionnel ne nous donnait que 50% de nos décomptes de charges (eh oui !!).... et surtout pas assez naïf pour gober tout et surtout n'importe quoi (le tout écrit par ce professionnel est prouvé et à nouveau prouvable et conservé en lieu sûr).
Donc, mon expérience malheureuse , me permet d'écrire que les professionnels
- D'une part, n'ont pas à s'étonner de l'inculture des non professionnels, ça me paraît tout simplement : de l'éducation de base (eh oui !!)
- D'autre part, quand ces professionnels sont aptes à faire les pires âneries, pour masquer ces âneries, ils ne culpabilisent pas le non professionnel de son inculture, là aussi c'est de l'éducation .
Assurément, quelque part, en France, il y a un manque d'éducation et pas uniquement en bas ....
Bref, j'ose espérer que l'auteur n'est pas offusqué de cette inculture judiciaire, mais que ce n'est qu'un constat de sa part et qu'il le regrette. Et que donc, en sa qualité de professionnel, il est mieux placé que d'autres pour trouver, la ou les réponses.
Cordialement et bonne soirée ...
Rédigé par : crochemore | 05 octobre 2007 à 21:38
@ Cécile de Songy
Je le dis parce que je suis iconoclaste.
Surtout, je faisais de l’ironie. Vous ne l’aviez pas compris ? On peut manquer d’éducation juridique, cela s’excuse, cela se tolère… Mais il est impardonnable de ne pas maîtriser les rudiments de l’ironie.
Monsieur Bilger nous livre un grand programme d’éducation populaire. Est-ce une question de fond ? Non. Est-ce un problème criant ? Non. Maître ou ne pas Maître, telle n’est vraiment pas la question. Mais il faut bien trouver de quoi parler.
Rédigé par : Ferraille | 05 octobre 2007 à 21:12
@Ferraille :
en paraphrasant un mot célèbre : "ah ! quel malheur d’avoir un genre".
Rédigé par : Parayre | 05 octobre 2007 à 20:25
@ferraille
Pourquoi dites-vous que le général de Gaulle manquait d'éducation juridique ?? Maître était là employé à bon escient, Gisèle Halimi n'est pas avocat général, jusqu'à nouvel ordre ! Par ailleurs, chez certains commentateurs récents, ce n'est pas d'éducation juridique dont on manque, c'est d'éducation tout court.
Rédigé par : Cécile de Songy | 05 octobre 2007 à 20:15
Gisèle Halimi, au général de Gaulle qui demandait ingénument : «Madame ou mademoiselle ?», avait répondu: «Maître !»
Même le grand Charles manquait d’éducation juridique.
Rédigé par : Ferraille | 05 octobre 2007 à 20:03
Parayre
«Donnez-moi votre avis, je le respecterai également mais surtout, votre avis "singulier", original, au sens premier du terme.
Bien à vous.»
Monsieur le Procureur général honoraire,
Loin de moi le plaisir de vous contredire [quoique...], mais j'ai malheureusement appris au cours de ma scolarité à étayer mon avis, qui s'exprime dès lors sous forme de conclusions, ou s'il doit s'exprimer sous forme de simple avis est toujours sous tendu par un discours susceptible de l'étayer au besoin, sinon il ne s'agit, du moins en ce qui me concerne, que d'une vulgaire opinion, d'une doxa si vous préférez, que mes maîtres [ et parmi eux certains d'extrêmement prestigieux et que je continue et persiste à révérer, même si je suis parfois d'avis contraire, ou si je leur en veux toujours pour des broutilles -quoique... -] se sont acharnés à m'apprendre à remettre en question lorsque le hasard m'en fournit l'occasion. Etant pétrie de doxa concernant l'institution judiciaire, je viens donc sur ce blog, en premier lieu, afin de m'en défaire, dans la mesure ou la démonstration ne convainct bien évidemment.
En revanche, s'agissant de mon avis singulier concernant la polysémie tel que je vous l'ai exposé, il est en effet extrêmement singulier vu qu'il est sous tendu par tout un travail qui ne l'est pas moins, et au point qu'il a souvent beaucoup de mal à s'imposer face à un certain nombre de doxa ringardes, ce même s'il a déjà fait l'objet d'une conférence qui s'était tenue, à l'époque, dans le cadre des séminaires de formation doctorale en philosophie de l'université Marc Bloch, et sous le patronage et l'oreille attentive de ce professeur et auteur: http://www.amazon.fr/exec/obidos/search-handle-url/171-1982012-8641043?%5Fencoding=UTF8&search-type=ss&index=books-fr&field-author=Martine%20de%20Gaudemar [mais qui ne fait pas cependant partie des maîtres évoqués ci-dessus]. A l'occasion de cette conférence dont les auditeurs avaient souhaité ardemment qu'elle se renouvelle et se complète, ce qui n'avait malheureusement pas pu se faire, un incident avait eu lieu qui avait interpellé l'ouïe acérée de Mme de Gaudemar, et qui était précisement en rapport avec le nom propre et en relation avec la culture évoquée dernièrement à propos de la reine Néfertari. Or, quelquefois, les réactions négatives sont davantage encore signe que quelque chose d'important effectivement se dit, que les approbations et le fait d'en redemander.
Je vous concède donc absolument le droit de ne pas être convaincu pour votre part. Concèdez-moi en revanche celui de regretter que les doxa aient la vie dure ici-bas, et que moins les gens sont capables d'étayer leur propos et se refusent à le soumettre à l'épreuve de la discussion [ je ne parle pas pour vous mais en général ], plus ils apparaissent en revanche crédibles, du moins dans les couloirs !
Mais bon, tant que cela ne conduit pas à détruire les preuves sur lesquelles se fonde l'avis contraire et à les remplacer par des faux grossiers avec des complicités parfois assez surprenantes, ou encore à négliger dans leurs propres recherches tout ce qui n'apporte pas de l'eau à leur moulin, et enfin à s'approprier les travaux qu'ils avaient conspués dès qu'ils réalisent que finalement il y a quelque chose à en tirer, ce tout en continuant de bloquer leurs véritables auteurs, c'est plus dommage pour eux que pour moi.
Rédigé par : Catherine JACOB | 05 octobre 2007 à 12:04
@ Catherine A.
Personnellement, je fais mieux : j'appelle tout le monde "Président(e)", même la caissière du supermarché du coin !
Bé oui, elle préside à la destinée de sa caisse.
En fait c'est un "truc" d'un huissier du tribunal de Commerce : "Ils sont tous président de quelque chose ! Comme ça, je suis sûr de ne pas me tromper. Et puis c'est flatteur !"
En fait, même notre Avocat Général préféré - celui qui "préside" à ce blog (ou votre général soi-même) - préside forcément à quelque chose...
Rédigé par : L'ignoble Infreequentable | 05 octobre 2007 à 10:39
@ Jacques Parayre
Vous l'aurez compris: votre réponse ne m'est jamais parvenue. Merci infiniment pour votre approbation. Mon chaleureux soutien face aux "circonstances".
Rédigé par : Fleuryval | 05 octobre 2007 à 07:12
Bonjour,
C'est quoi un Maître ?
Assurément au Moyen Age, il y en avait, certains avaient même le droit de cuissage... Les choses ont évolué certes, mais des maîtres, il y en a encore, bien qu'inconnus par ceux qui ne sont pas passés entre leurs griffes.
Je sais, je suis inculte au regard de l'étendue de mon ignorance. Mais devrais-je être pour autant naïf ?
Assurémment, celui que j'appelle maître n'est pas un maître dans les textes d'aujourd'hui. Mais la réalité endurée par sa proie en fait un maître, comme au Moyen Age !!
Mais force est de constater que le comportement, les méthodes ont tout du comportement du maître, d'où mon qualificatif de maître à son égard. Maître, comme on en faisait au Moyen Age !
Bref, pour comprendre, il faut avoir été victime d'une justice parallèle et occulte. Avoir compris mieux que d'autres que seul, un maître peut se permettre tout et n'importe quoi (je dis bien : tout et n'importe quoi et je confirme). Maître apte à pronostiquer l'obscurantisme tandis qu'obscurantisme il y a déjà et qu'il le sait mieux que d'autres, puisqu'il le manipule lui-même (eh oui, il n'avait pas besoin de grigri, ni de boule de cristal pour pronostiquer l'obscurantisme , puisqu'il en était lui-même la source avec ses complices).
Bref, le mot maître a certes, sa signification et devrait être convenablement utilisé, mais celui qui peut en toute impunité se permettre tout et n'importe quoi tandis que police, justice et mairie laissent clairement faire ce que doit endurer le bouc émissaire du maître (7 ans de secret manipulé par le maître, 5 ans de galère pour le bouc émissaire, puis délit de fuite du bouc émissaire)... Assurément force est de constater que dans les faits, c'est un maître car implicitement au-dessus de tout soupçon, tout comme les maîtres du Moyen Age qui pouvaient se permettre tout et n'importe quoi, jusqu'au droit de cuissage . Bref, les maîtres d'aujourd'hui, ne violent pas au sens littéral du mot, mais quelque part, c'est comme un viol moral pour leur proie.
Cordialement.
Rédigé par : crochemore | 05 octobre 2007 à 06:47
@Fleuryval :
Je vous cite, "Puissions-nous tou(te)s ici cultiver l'art de répondre aux gens. Je n'en ai pas la preuve par 9. Mais je ne désespère pas !"
Je ne m'explique guère votre réponse à ma cordiale adresse - qui n'est pas la première - et me demande si un quiproquo, né du post déposé sur votre propre blog, n'en est pas à l'origine.
Sensible à votre appel, je vous ai, à titre personnel, répondu que des circonstances familiales très intimes m'interdisent de me déplacer et de m'associer à votre "projet" mais combien j'en approuve les objectifs !
Je persiste et signe de mon prénom.
Jacques.
Rédigé par : Parayre | 04 octobre 2007 à 21:48
@Catherine Jacob:
Permettez-moi de confirmer mon propos sur la polysémie que je ne vous demande pas d'approuver mais qui, vous en déplaise, résume ma pensée et de surcroît, ne veut exprimer qu'une vision... personnelle et donc respectable, sans qu'il soit nécessaire de faire appel, c'est trop d'honneur, à Freud ou à quelques autres références pour la contester.
Donnez-moi votre avis, je le respecterais également mais surtout, votre avis "singulier", original, au sens premier du terme.
Bien à vous.
Rédigé par : Parayre | 04 octobre 2007 à 21:21
Bonjour,
L'inculture de la société, c'est une certaine vision des choses, et puis après tout on est toujours l'inculte d'un autre... Malgré tout, le plus cultivé est celui qui sait rester modeste sur sa culture quand il a été assez intelligent pour prendre conscience de la dimension et de l'étendue de ses ignorances.
Bref, la cohérence du raisonnement est une tout autre chose tout aussi importante que la culture et encore plus de nos jours qu'hier (avec ce monde qui avance 1000 fois plus vite que la justice).
Ce sera pour quand la cohérence de la justice avec elle-même ?
Il faudrait aussi que la justice soit cohérente avec elle-même et notamment s'interroge sur ce qui suit :
Bien que je sois inculte dans certains domaines de compétence, que je sache, ne serait-il pas quelque part écrit: " Justice rendue au nom du peuple" ou quelque chose de semblable ?
Bien évidemment, à ne pas confondre avec : "Justice rendue par le peuple", ce qui serait effectivement la source de tous les abus et là, quelque part, victime d’une justice parrallèle et occulte, en toute impunité pour des voyous ultra protégés, je le sais mieux que d’autres.
Alors, si la justice offcielle est rendue au nom du peuple, il faut être cohérent et rester cohérent : le peuple a donc son mot à dire puisque son nom est utilisé, puisque c’est en son nom que les bonnes et surtout les mauvaises décisions de justice sont prises.
Tenir compte du peuple, écouter le peuple, ce serait le moindre des respects dus au peuple par ceux qui utilisent le nom du peuple dans l'exercice de leur profession
Ou alors, si le peuple ne doit pas avoir son mot à dire, c’est une belle arnaque de plus que de rendre la justice au nom du peuple qui devrait se taire.
Pour ne pas se mouiller, certains (les magistrats) rendent donc la justice au nom du peuple et il faudrait peut-être, pour certains esprits qui pensent pour les autres que le peuple... la ferme et n’intervienne pas... comme au Moyen Age... Ben voyons !!
Justice souveraine nous dit-on... assurémment, mais comme elle est rendue au nom du peuple, c’est donc le peuple qui est souverain et non tel ou tel magistrat qui, à l'évidence, comme tout être humain, peut être corruptible et corrompu. Donc, les magistrats, puisque la justice n’est pas rendue en leur nom mais au nom du peuple, devraient avoir des COMPTES A RENDRE AU SOUVERAIN QU'EST LE PEUPLE.
OH !! ce n’est qu’une question de Cohérence et de Modernité, la cohérence est ce qui manque, selon toute vraisemblance, énormément à certains.
Cordialement
Rédigé par : crochemore | 04 octobre 2007 à 21:16
Pour ma part, je dis "Monsieur" à tout le monde, même à un évêque ou au prince de Monaco, puisque "sieur", "sire" et "seigneur" sont un seul et même mot.
Petite remarque: en français, on abrège "Monsieur" en "M.".
"Mr." est une abréviation pour "Mister".
Rédigé par : billevesée | 04 octobre 2007 à 14:59