Ce matin, rentrant chez moi, un homme sympathique me croise sur le boulevard et m'adresse un tonitruant "Maître". Il m'a sans doute vu à la télévision et, pour lui, je suis "Maître". Une assistante de notaire, récemment, après que je me suis présenté, m'appelle Maître Bilger. Un député-maire, à un Salon du livre, me nomme de la même manière et, pourtant, c'est un parlementaire réputé. Des chefs de très grandes entreprises, les élites intellectuelles et politiques, la "France d'en haut comme la France d'en bas", si l'expression a un sens, ont un point commun qui est leur ignorance du monde judiciaire et, en particulier, leur inaptitude à nommer correctement ses structures les plus élémentaires et les professionnels qui y travaillent.
Pour parler net, c'est la magistrature qui est médiocrement connue, voire totalement méconnue. Le barreau, les avocats sont inscrits dans l'esprit public au point de mobiliser l'attention exclusive du citoyen. Celui-ci résume tout son savoir en usant d'un langage qui, parfois hérité des feuilletons de télévision, tourne peu ou prou autour des avocats et des Maîtres faciles à retenir.
Pourquoi cette inculture de la société, à tous les niveaux, qui semble résister aux campagnes d'information les mieux menées ?
Cette pauvreté et cette imprécision du langage judiciaire ne seraient pas préoccupantes, ne seraient que la traduction d'une dégradation du langage en général si elles ne révélaient pas quelque chose de profond sur la justice.
En effet, c'est comme si on ne voulait pas nommer ce dont on a peur, appréhender par les mots une institution à laquelle on ne désire avoir recours qu'en dernière analyse, quand le contentieux est inévitable. Je crois que si la justice et les magistrats sont mal désignés au point d'être confondus avec les avocats, c'est que les premiers se voient attachés une image structurellement négative, menaçante et qu'on laisse naturellement dans le flou tandis que les seconds bénéficient de l'aura qui naît de la fonction de défense. Le citoyen s'imagine poursuivi par le magistrat mais soutenu par l'avocat. C'est une distinction fondamentale qui explique que celui-là doive demeurer dans l'inconnu et celui-ci dans la reconnaissance.
Je suis persuadé que la connaissance du monde judiciaire, l'usage d'un langage approprié, la définition la plus exacte possible des mécanismes qu'un honnête homme ne peut pas ignorer surgiront comme une conséquence de l'instauration ou de la restauration d'un lien de confiance entre les juges et la société. La technique du langage procédera d'une politique de la justice, notamment pénale, qui rassurera le citoyen. Réussie, elle attirera au lieu de repousser, elle n'intimidera plus mais apaisera. On ne dira plus Maîtres aux magistrats.
Ce mouvement devra s'accompagner d'une pédagogie intense au quotidien, partout où l'occasion nous en sera donnée. Combien de lieux ai-je fréquentés qui m'ont offert l'opportunité, simplement ou de manière plus officielle, de présenter une image de la justice qui, même réduite à ses éléments les plus sommaires, montrait au citoyen qu'il n'y avait pas là un rébus mais un mystère facile à déchiffrer ! Rien ne se fera sans nous, sans notre volonté de rendre accessible le lointain et familier le solennel. Si nous ne sommes pas bien connus, si les mots nous définissent mal, si nous sommes condamnés à justifier notre existence entre l'être de notre métier et le langage qui nous nie, c'est à cause de nous. Nous n'allons pas assez dehors pour dire, convaincre, expliquer, décrire et répliquer.
Sans doute faudra-t-il accepter d'inventer des communications moins sophistiquées. Avant d'enseigner le complexe, il faudra tenter d'apprendre le simple judiciaire aux citoyens. Déjà, seulement, cette structure, cette division intellectuelles : le barreau, les avocats ; la magistrature composée du siège et du parquet avec les caractéristiques de ces deux entités.
L'expérience de ce matin, je suis sûr que beaucoup de mes collègues l'ont vécue. Tant que les erreurs nous donneront l'envie de rectifier, la passion de mieux faire comprendre, rien ne sera perdu.
Mais, qu'on ne s'y trompe pas, laisser l'inculture judiciaire dans l'état où elle est, c'est accepter que la démocratie ait les ailes un peu rognées.
@ Mr Bilger
Ma remarque n'est pas directement en rapport avec votre billet mais une fois de plus, je suis surpris par ce titre du Monde "Les syndicats s'inquiètent ...." variante de "Les syndicats craignent que ...."
Je suis vraiment agacé (le mot est faible) par cette langue de bois syndicalo-journalistique et cette façon de présenter les choses.
Ne pourrait-on pas faire quelque chose ?
Rédigé par : Polochon | 04 octobre 2007 à 14:35
Véronique
«Je pense que quand on lit Philippe dans son blog, dans ses livres ou dans un forum du Nouvel Observateur on a le sentiment qu'il s'adresse aux personnes comme à des citoyens et non pas comme à de simples justiciables.
Absolument. Et d'ailleurs c'est bien pour cela qu'il m'intéresse et que je participe et avec plaisir, sinon je me serais abstenue.»
«La même hésitation est présente vis-à-vis de tous les commentateurs qui signent avec leur nom en entier. »
Quand je pense que je ne suis crédible qu'en signant de mon nom en entier c'est ce que je fais, sinon il peut m'arriver de souligner plutôt un point de vue réthorique par l'utilisation d'un pseudo qui met l'accent sur un aspect particulier de l'intervenant ou de l'intervention, ex: 'Epictète le boiteux' qui est une façon de dire aussi : c'est une sorte de boiteuse qui souhaite s'exprimer à ce titre, même si elle ne rentre pas dans le détail de «pourquoi ça boite».
«Quand sbriglia écrit qu’on les lui casse menues, c’est le vous qui tempère et qui donne une sorte de grâce irrésistible à son propos. Un peu comme quand Gréco chante "déshabillez-moi" au lieu de déshabille-moi. »
'On', c'est moi en l'occurence ! Donc vous suggèrez peut-être par là qu''on' en fasse une véritable julienne de légumes...
«Mais c’est que 'la Catherine' [ vous parlez comme les vosgiens!?], avec ses trop de japo-niaiseries, ses trop de chi-'noise'-rit ou ses inévitables psychanalyse-series, elle va finir par faire débander tous les mecs qui lisent ce blog ! »
Ah mais principe Yin-Yang oblige ma chère, la balle revient alors derechef dans votre camp si j'ose m'exprimer de la sorte... Or donc, ne vous en plaigniez pas!
«Je sais que mon propos par rapport à ce qu’écrivait Catherine n’est pas d’un goût très raffiné.»
ON a du répondant donc, no problem !
A notre hôte
«C'est comme si on ne voulait pas nommer» - «D'un langage approprié, »
J'ai visité hier sur les talons des Racines et des Ailes le tombeau QV 66 de la vallée des reines, identifié comme celui de la reine Néfertari et découvert en 1904 dans la nécropole thébaine sur la rive ouest du Nil face à Louxor en Égypte, par la Mission archéologique italienne dirigée par Ernesto Schiaparelli, un homonyme de la styliste française d'origine italienne mais qui paraît sans relation avec elle. Cette tombe est fermée au public de façon à préserver j'imagine, les superbes fresques qui la garnissent et qui subsistent dans un état de conservation étonnant. A cette occasion, quelques-uns des rites de passage du monde des vivants au monde des morts, ont été évoqués à l'occasion de la présentation de certaines des fresques qui illustrent des scènes du Livre des morts, et à propos desquelles le commentateur télé a expliqué que «la reine pouvait ainsi les lire pour le cas où elle ne s'en serait pas rappellé pour les réciter...» On peut sourire de la remarque, mais elle a son intérêt en soulignant le rôle de la mémoire en liaison avec l'au-delà puisque pour passer d'un monde dans l'autre par toute une série de passages, il fallait nommer à chaque fois par son véritable nom la divinité qui en commandait le franchissement, ce qui impliquait que, en cas d'impossibilité d'en prononcer le nom, notamment si on ne le connait pas ou si on l'a oublié, on ne pouvait plus avancer sur le nécessaire parcours et on était alors rejeté dans le néant. Connaître le nom c'est donc pouvoir invoquer la bonne puissance, c'est véritablement prononcer le 'sésame ouvre-toi' [qui vraisemblablement y a son origine], et ne pas connaître le nom, c'est demeurer indéfiniment dans les ténèbres insondables, situation terrifiante, d'où la possibilité ainsi offerte à la reine de pouvoir se re-mémorer le sésame adéquat par la lecture des textes inscrits sur le côté des passages et d'employer à cet effet, en effet, «un langage approprié, » Ce qui permet de désigner quelque part aussi l'écriture comme le nécessaire signe de remémoration pour... les morts dont les yeux clos la parcourent en silence.
Pour faire plaisir à Véronique, j'ajouterai que l'idéogramme pour nommer dit : 'apporter la lumière'- 'être dans la lumière' [ renommé] par l'association de l'élément pictographique 'croissant de lune' mis pour 'rai de lumière' avec l'élément pictographique 'bouche' mis pour 'ouvrir la bouche et parler' 'se nommer et paraître' donc 'exister'. Ainsi effectivement ne pas vouloir nommer, c'est ne pas vouloir connaître, ne pas vouloir 'savoir l'existence de', vous dites, pour votre part et avec raison, 'ce dont on a peur', puisque toutes les peurs enfantines ne s'envolent-elles pas dès lors qu'on peut désigner le Bzou par son nom?
Tant qu'on reste dans l'innommable tout peut arriver qui genère dès lors précisement phénomènes d'anxiété ou d'angoisse non maîtrisables. Enfin ne pas vouloir se nommer c'est nécessairement vouloir rester dans l'ombre, être une ombre parmi les ombres, et ne pas assumer d'exister.
Donc quand Madame Lagarde par exemple dit les choses, nomme la peur - par ex: 'rigueur' - non seulement elle ne l'attise pas, mais au contraire elle lui permet de commencer à s'apprivoiser et donc quelque part la rend apaisable ne serait-ce que par... les dénégations présidentielles qui s'en suivent.
Signé la citoyenne Lambda
Rédigé par : Catherine JACOB | 04 octobre 2007 à 13:33
@ Catherine
Je pense que quand on lit Philippe dans son blog, dans ses livres ou dans un forum du Nouvel Observateur on a le sentiment qu'il s'adresse aux personnes comme à des citoyens et non pas comme à de simples justiciables.
Au sens où même quand Philippe aborde des questions de justice, il y a une vision et un engagement de l'homme dans la vie des idées de la cité qui dépassent l'aspect strictement judiciaire d'une question.
Il y a quelque temps, Eolas conseillait dans son blog d'écouter l'émission de France Culture animée par Antoine Garapon. Si vous avez la curiosité d'écouter quelques-unes de ces émissions, vous aurez également le sentiment qu'on s'adresse à vous, là aussi, bien plus comme à un citoyen que comme à un justiciable. La barre est placée dans un plus haut.
Quand des professionnels de la justice communiquent à ce niveau sur leur métier ou sur leur discipline, l'auditeur, le lecteur ou le téléspectateur se trouvent d'entrée placés au coeur de questions importantes ou majeures de société.
Dans un blog, s'adresser à un magistrat par son prénom ne va pas de soi. Qu'on le veuille ou non, il y a quelque chose qui freine. Même si ce magistrat n'exerce plus. La même hésitation est présente vis-à-vis de tous les commentateurs qui signent avec leur nom en entier. Mais le passage au seul prénom est plus aisé quand il n’y a pas une fonction ou un titre qui crée des hiérarchies. Je ne sais pas si cela est juste ou justifié. Mais pour moi, c'est ainsi.
D'autre part, je ne suis pas certaine que Jacques Parayre soit follement ravi de la chose. Il va de soi que c'est à la personne de dire la façon dont elle souhaite être nommée.
La manière dont on nomme ou dont on s’adresse à une personne est un exercice d‘apprentissage des nuances. Quand sbriglia écrit qu’on les lui casse menues, c’est le vous qui tempère et qui donne une sorte de grâce irrésistible à son propos. Un peu comme quand Gréco chante "déshabillez-moi" au lieu de déshabille-moi.
Et puis, entre vous et moi, et là strictement entre vous et moi. Il m’est arrivé de penser en vous lisant - moins depuis quelque temps, je dois dire - bref, je pensais, mais avec humour :
Mais c’est que la Catherine, avec ses trop de japonaiseries, ses trop de chinoiseries ou ses inévitables psychanalyseries, elle va finir par faire débander tous les mecs qui lisent ce blog ! sbriglia l’a exprimé avec humour. Et avec le ton feutré qui convient à un café de magistrat.
Mais bon. Je reconnais aussi que vous apportez une lecture autre et de toute façon bienvenue dans ce blog.
@ Jacques (Parayre)
Je vous assure que je n'ai pas le talent de l'ironie. Pour cela il y faut une subtilité dans le ton et dans le langage que je ne maîtrise pas vraiment.
Mais c'est vrai. J'ai grossi le trait.
Cependant, concernant certains réacs, on peut penser que le discours réactionnaire est pour eux comme une sorte de bouffée d'oxygène. Mais dont l'air semble vicié et étouffant. En tous les cas, il peut très vite le devenir.
J'imagine que dans l'association où vous aidez des jeunes gens en difficulté, voire en très grande difficulté, il y a des personnes de tous bords. C'est en ENTREPENANT et en FAISANT ensemble quelque chose que les hommes et les femmes trouvent leurs meilleurs dénominateurs communs et ajustent leurs oppositions.
@ Philippe
Je sais que mon propos par rapport à ce qu’écrivait Catherine n’est pas d’un goût très raffiné.
Je ne recommencerai plus.
Rédigé par : Véronique | 04 octobre 2007 à 08:02
@Véronique
Je ne peux que vous donner acte de votre ironie... et vous assurer que je respire surtout un air marin fort vivifiant qui, chaque matin, me permet concrètement et pragmatiquement de lutter, à mon très modeste niveau, contre la société mercantile, cynique, vénale, sinistre autant que vulgaire d'aujourd'hui...
Rédigé par : Parayre | 03 octobre 2007 à 23:20
@ sbriglia son amour
Voilà soudain que la gourmandise prend une nouvelle dimension !
Rédigé par : Fleuryval | 03 octobre 2007 à 21:46
Véronique
«ce qu'écrit Philippe et ce qu'il laisse voir de son métier font beaucoup pour qu'on puisse appréhender le monde des "juges" non pas comme un justiciable, mais comme un citoyen.»
'Le justiciable', c'est si je ne m'abuse le citoyen en tant qu'il relève aussi de la Justice sans qu'il y ait effectivement concrètement affaire ou non. Par exemple, les ministres sont justiciables de la Haute Cour, ce quand bien même il n'y a pas de raison de les traduire devant elle. C'est pour le cas où il y aurait lieu pour elle d'intervenir, tout comme ce même citoyen est l'administré, du point de vue de ce qui relève de l'administration en général.
«ps : je ne sais pas si je peux dire Jacques. Vous voyez, quand on s’adresse à un magistrat, on hésite pour l’appeler par son prénom. »
Mais oui appelez-le donc Jacques, il n'attend que cela ! De plus il n'est pas dans l'exercice de ses fonctions quand il poste sur ce blog, donc qu'il soit magistrat ou tartempion, ça ne fait pas en principe de différence du moment qu'il vous apprécie et... qu'il y consent bien sûr.
Parayre
Concernant la réponse à Véronique, Est-ce que je me trompe ?
Concernant «ni dans le chaos d'une polysémie qui est l'alibi ultime de l'absurde.» La polysémie est précisément une possibilité de sortir de l'absurde et non son ultime alibi ! Ce n'est malheureusement pas le lieu pour l'expliquer en détail parce que cela ferait un post inhabituellement long, donc je vous laisse imaginer s'agissant des miens, mais l'un des six modes d'élaboration du sens reconnus par les anciens linguistes de linguistique chinoise et qui fonctionne pour à peu près 60% du corpus utile en japonais, est précisément rendu possible par la polysémie, la polyphonie ainsi que l'homophonie des différents éléments. Ce que Freud appelle le Deck-Erinnerung, le souvenir-écran, celui qui est 'mis là pour', le 'tenant lieu de' dans le souvenir conscient, d'un souvenir inconscient (S. FREUD La Naissance de la Psychanalyse] peut être ramené dans le conscient comme la vérité qui sort du puits, par précisement le fil ténu de la polysémie qui le lie au souvenir reconstruit fictivement par le sujet à partir d'événements réels ou de fantasmes, et qui dit grossièrement, représente un processus qui ne sert à rien d’autre qu’en cacher un autre... Dans la même veine il y a le 'witz' ou le trait d'esprit qu'on peut légitimement cultiver de temps à autre comme mode d'expression parce que ça comporte une très grande puissance de signification qui trouve tout de suite un écho sans qu'il faille nécéssairement être diplômé du collège de pataphysique et grand-maître de l'Ordre de la Gidouille.
Quant à la culture qui «est ce qui reste quand on a tout oublié » j'ai vu sur le net qu'effectivement le mot était attribué à un moraliste oriental sans autre précision, mais spontanément je l'aurais attribué à un déporté qui a exercé sa réflexion sur la base de ses souvenirs de lecture vu qu'il n'avait plus de livres à disposition. Or, sauf erreur Edouard Herriot n'a pas été déporté. Maintenant quel intellectuel déporté, je ne m'en rappelle pas, mais ça me reviendra sûrement.
Quant à «on appelle cultivé, un esprit dans lequel on a semé l'esprit des autres.» J'aurais plutôt tendance à dire «dans lequel cet esprit a germé et porté des fruits» , car vous aurez beau semer tout l'esprit du monde dans un terrain aride vous n'en obtiendrez pas même une fleur de cactus!
Mon expérience personnelle tend également à me faire ajouter que, davantage que de l'esprit, semez donc de la méchanceté et de la rumeur si vous voulez avoir une chance de voir quoi que ce soit fructifier dans certaines cervelles. Si je ne craignais de me faire davantage écharper, j'ajouterais bien : certaines cervelles de barreaux de ma connaissance et leur environnement... Mais bon, je vous le dis en confidence comme à la télé !
Enfin quant à l'Ecole des Chartes effectivement ça nous apprendra à reprendre les bouts d'énoncés par copié collé ! Il y a eu manifestement contamination au départ par la cathédrale.. Merci d'avoir rectifié !
sbriglia
«Catherine ?
Je peux vous appeler Catherine ?...
(je suis intimidé par votre côté Freudo Lacanien...)
eh bien, Catherine, vous nous les brisez menues !...»
Mais tu peux m'appeler comme tu veux mon amour du moment que tu justifies la confiture ou que tu te rétractes !
Rédigé par : Catherine JACOB | 03 octobre 2007 à 20:19
@ Jacques
"je persiste à penser qu'il faudra bien qu'un "classicisme" émerge de la pagaille mentale actuelle, comme un soleil de nuages, et qu'il distribue des ombres et des lumières ; sinon nous serons le jouet d'un "totalitaire"
"On ne peut, je crois l'avoir déjà écrit ici, vivre longtemps dans l'éphémère, l'aléatoire, le simulacre ; ni dans le chaos d'une polysémie qui est l'alibi ultime de l'absurde."
ETC...
Ben, vous voyez bien que j'ai raison : il y en a (certains) qui respirent du réactionnaire comme d’autres sniffent ou se cament.
"soyons nous-mêmes, défrichons nos arpents respectifs, le paysage sera plus avenant !"
Et concrètement, pragmatiquement, on fait comment pour ne pas être le jouet d'un totalitaire et devenir nous-mêmes ?
Et concrètement, pragmatiquement, on fait comment pour que les piétons comprennent que Philippe, dans sa cour d'assises, est la voix de la société?
Et qu'en plus, il est aussi compétent que les autres avocats pour ça.
Rédigé par : Véronique | 03 octobre 2007 à 19:41
@Véronique:
"Il y a une proximité, même virtuelle, qui s’installe difficilement..."
De mon côté, tel n'est pas le cas, tant j'apprécie, euphémisme, la qualité de vos commentaires...
Pour revenir aux "ancrages" que vous raillez, apparemment, je persiste à penser qu'il faudra bien qu'un "classicisme" émerge de la pagaille mentale actuelle, comme un soleil de nuages, et qu'il distribue des ombres et des lumières ; sinon nous serons le jouet d'un "totalitaire".
On ne peut, je crois l'avoir déjà écrit ici, vivre longtemps dans l'éphémère, l'aléatoire, le simulacre ; ni dans le chaos d'une polysémie qui est l'alibi ultime de l'absurde.
Le nomadisme des coeurs exige une sédentarité des âmes.
Il convient que la vie ait un sens, la conduite un code, la sensibilité une architecture, la sociabilité des références, la politique un idéal.
Pour revenir au "classicisme"...c'est une convergence miraculeuse des trajectoires susceptible de civiliser des cultures éparses - dans le naturel, la simplicité, la rigueur.
Pourrons-nous, avant d'y accéder, faire l'économie de convulsions diverses ?
Avant Richelieu, il y eut les Coligny et les Guise ; avant Malherbe, les pétrarquisants et les patoisants ; et avant le bel ordre cistercien, les terreurs de l'an 1000, les ravages des prédateurs de l'époque, ces féodaux qui ressemblent tellement aux nôtres, à la munificence près, et au courage aussi.
On peut pronostiquer une phase de repli sur la famille, le clan, la horde, la confrérie, la souveraineté de base.
Des Thélème fleuriront un peu partout, et tant mieux ; des bandes se répandront entre les mailles du tissu urbain, et gare aux razzias.
Plus vite poindra l'espoir d'une "harmonie", moins ces rétractations seront haineuses et vengeresses.
Que nous soyons de "droite" ou de "gauche", l'avènement vraisemblable d'un crétinisme planétaire nous impose, je crois, un devoir de solidarité.
Nous n'avons pas la même vision du destin de l'homme ni les mêmes attaches, ni les mêmes accroches de l'existence : soyons nous-mêmes, défrichons nos arpents respectifs, le paysage sera plus avenant !
Rédigé par : Parayre | 03 octobre 2007 à 15:06
@ Jacques (Parayre)
"Par contre, que les latinistes, chère Véronique, se rassurent, il était considéré de bon ton de citer..."
Pour l'apprentissage du droit et des univers judiciaires, on se rend compte très vite que la quasi suppression de l'enseignement du latin a été une catastrophe.
On a ainsi privé des générations d'un socle et d'un ancrage * culturels essentiels.
Maintenant, c'est aussi assez, très prétentieux, quand des juristes "citationnent" pour un oui ou pour un non en latin.
Pour ce qui est de la culture en général, et de la culture judiciaire en particulier, je pense que maîtriser des repères est d'abord un formidable outil d'autonomie, de liberté et d'indépendance de soi.
Par exemple, quand on sait la place et la fonction d'un avocat général, on évite l'angoisse ou une peur irrationnelles par rapport à un Philippe Bilger.
Enfin... pour être honnête, la personnalité, ce qu'écrit Philippe et ce qu'il laisse voir de son métier font beaucoup pour qu'on puisse appréhender le monde des "juges" non pas comme un justiciable, mais comme un citoyen.
* ancrage: …euh... il y a plein de gens qui sont ancrés dans des traditions et qui ne sont pas pour autant dans la tentation réactionnaire.
En relation avec la note précédente de Philippe, il y en a aussi qui respirent du réactionnaire comme d’autres sniffent ou se cament. La Réaction agissant alors comme une sorte de stupéfiant et de drogue dure. Mais si !
ps : je ne sais pas si je peux dire Jacques. Vous voyez, quand on s’adresse à un magistrat, on hésite pour l’appeler par son prénom. Il y a une proximité, même virtuelle, qui s’installe difficilement.
Rédigé par : Véronique | 03 octobre 2007 à 12:54
Vous avez déjà de la chance de ne pas avoir été appelé « Votre Honneur ». Mais ce piéton qui vous a reconnu finalement tenait à vous manifester de la considération. C’est déjà pas mal. Moi qui n’ai jamais eu affaire à la justice, je vous appellerais dans la rue « Monsieur » et dans l’enceinte d’un palais de justice « Monsieur le Procureur ».
Cette histoire rejoint celle du jeune juge qui vient se présenter à son supérieur sans cravate, ni costume (on n’est pas dans Tintin au Congo). Si personne ne vous a jamais dit comment il convenait de faire, comment le savoir. Surtout quand les élites elles-mêmes montrent le mauvais exemple. Encore une fois, ce sont les privilégiés qui ont été instruits des usages dès l’enfance qui tirent leur épingle du jeu.
Pour revenir sur la manière d’appeler les gens, on m’a toujours enseigné qu’en cas de doute, on disait « Monsieur » ou « Madame », à la reine d’Angleterre comme au dernier des SDF.
Rédigé par : Grain de poivre | 03 octobre 2007 à 12:39
@ Parayre
"Tout le monde cultive quelque chose, cher Fleuryval"
Puissions-nous tou(te)s ici cultiver l'art de répondre aux gens. Je n'en ai pas la preuve par 9. Mais je ne désespère pas !
@ Monsieur l'avocat général
Et si votre interlocuteur, venant vous lire ici, avait utilisé le "Maître" des ateliers, des cours d'art dramatique, celui des Compagnons comme on dit : "A mes Maîtres" en parlant aux meilleurs ?
Rédigé par : Fleuryval | 03 octobre 2007 à 07:38
@Surcouf
Je tenterai de demeurer dans un style aussi digne que ouaté par respect pour le "maître" des lieux.
Nous sommes vous et moi en situation d'échec de communication humaine et je n'ai que peu de choix :
- Vous considérer comme un troll oisif et vous troller jusqu'au trognon (ai-je le droit Monsieur l'Avocat Général ? Après tout c'est un jeu de mot qui me semble admis par l'usage des lieux, j'invoque la coutume mais si l'allitération en "trop" couche la bienséance je vous laisse me reprendre sans pour autant que je m'épande);
- Vous considérer comme le bon commentateur réactionnaire nourri à l'indignation du temps passé et qui passe et qui passe encore;
- Tenter le pari humain, mon frère, et justifier l'emploi de ces mots qui vous ont fait réagir au point de ne point me saluer.
- Ne pas vous traiter en vous méprisant tout en me rappelant que vous faites sans doute partie des pauvres gens qui s'empourprent à la moindre provocation et qui me font bien rire.
Eh bien de ces choix apparents j'ai retenu le troisième et prends le pari de m'adresser à vous comme un frère humain.
Tout d'abord, je vous salue, fier corsaire du bon goût et de la bienséance.
Je crains que nous ne nous soyons pas compris.
Je vous propose d'envisager mes propos dans le prolongement du billet de "mince comment le désigner à présent... Monsieur ? Maître ? ahh non pas Maître ! "Monsieur Bilger" qui exprimait une inquiétude relative à l'inculture judiciaire, source de mots attentatoires à la démocratie.
Par les expressions employées, le ton quelque peu con-descendant-bien-bas usité, je n'avais d'autre ambition que de manier notre langue mère à un degré supérieur à un.
Diantre, vous direz-vous, le voilà qui remet ça !
Oui, un peu je vous le con-cède.
Il n'y a rien de pire que d'expliquer une ambition échouée sur le sable de votre indignation : considérez ces lignes comme le digne gage de ma bonne foi.
Je disais donc que j'avais eu la (peut-être) folle ambition de forcer le trait afin de marquer le décalage culturel qui pouvait exister entre ce citoyen qui appelait notre Avocat Général "Maître" et la manière dont cette appellation était ressentie.
Je salue au passage l'intervention de mon confrère Eolas qui semble partager cette approche.
Ce décalage est le fait des choses et il est sans doute des chantiers plus importants à ouvrir.
Je ne souhaitais donc pas dire que vous étiez inculte ou vulgaire mais user d'un ton qui laissait place au second degré, dire que notre monde était formé d'usages et de mots spéciaux, souvent hermétiques aux autres citoyens.
J'ai lamentablement échoué et m'en excuse auprès de vous car de part ma faiblesse j'ai laissé à ceux qui avaient lu mes propos au second degré la possibilité de penser que vous étiez celui que vous laissez transparaître.
Rédigé par : Mani | 02 octobre 2007 à 22:19
Il y a trente ans, tout juste, une circulaire relative au vocabulaire judiciaire était publiée au Journal Officiel du 24 septembre 1977 (pages 6077 à 6079). Elle préconisait d'une part, une formulation en français de quelques expressions latines ou étrangères trop souvent utilisées par les praticiens du droit et d'autre part, la modernisation de certaines locutions archaïques et surannées, devenues, selon les propres termes du garde des Sceaux signataire dudit texte, parfois discourtoises.
Par exemple, il était préconisé d'éviter d'employer " le nommé X " ou " le sieur X ", " la fille Y " ou " la demoiselle Y " et " la femme Z " ou " la dame Z " ou " la veuve Z " mais tout simplement d'écrire " Monsieur X " , " Mademoiselle Y " et " Madame Z ".
De la même manière, il était suggéré de remplacer "Dire que le jugement sortira son plein et entier effet pour être exécuté selon ses forme et teneurs " par "Ordonner l'exécution du jugement".
Enfin, d'écrire "Indemnisation des souffrances" en lieu et place de l'expression latine "Pretium doloris" ou le défunt au lieu du " De cujus ".
Par contre, que les latinistes, chère Véronique, se rassurent, il était considéré de bon ton de citer dans ses écritures une expression latine, par exemple "La règle nemo auditur" mais à condition de la reproduire dans son intégralité "La règle nemo auditur propriam turpitudimem allegans" dont la traduction française est "Personne n'a le droit de se prévaloir de sa propre faute"...
Décidément, la culture est de nos jours la plus tangible des vertus puisque, semblable en cela à la... justice, elle a son ministre et que, telle la tolérance, elle possède des maisons.
Physique, elle sert à gonfler les muscles des... culturistes, en principe peu cultivés. Générale, elle développe le cerveau d'intellectuels généralement peu musclés.
La culture est partout, dans les champs et dans les villes. Tout le monde cultive quelque chose, cher Fleuryval, son apparence, ses contradictions, ses tendances, sa voix, sa mémoire, ses relations, le paradoxe ou ses connaissances, son jardin ou des microbes.
De quoi s'y perdre !
D'ailleurs, le nazi Goebbels "disait" - ou tout au moins a repris les termes du dramaturge H.Jobst -"quand j'entends le mot de culture, je sors mon revolver". Mais il était plus qualifié pour parler de l'un que de l'autre.
Mot que Jean Yanne paraphrasa en déclarant que, lorsqu'il entendait parler de culture, il sortait son transistor.
La plus célèbre définition de la culture est celle d'un pédagogue japonais, chère C.Jacob, que cita Edouard Herriot: "La culture, c'est ce qui demeure dans l'homme une fois qu'il a tout oublié".
Le maréchal Foch prétendait, lui, qu'"il n'y a pas d'homme cultivé mais des hommes qui se cultivent."
La comtesse Diane, elle, prétendait : "on appelle cultivé, un esprit dans lequel on a semé l'esprit de autres."
Robert Laffont, l'éditeur, a résumé, dans une courte et pertinente formule, la différence qui existe entre l'homme cultivé du temps jadis et celui d'aujourd'hui: "L'homme cutivé (de nos jours) n'est plus celui qui connaît les réponses, mais celui qui sait où trouver les réponses."
Pour la Justice, l'inculture risque de perdurer...
Rédigé par : Parayre | 02 octobre 2007 à 22:17
@ Patrick Marguillier
"tout justiciable est avant tout un être humain"... eh non... Le Moyen Age a vu des procès d'animaux... Dernièrement des chiens mordeurs ont été euthanasiés, donc un jugement a été rendu contre eux, même si c'est par un Préfet, il a eu à juger et a jugé.
Ma conviction est : "Si un bien portant est un malade qui s'ignore, un honnête homme est un justiciable qui s'ignore... ou en puissance." Il y a de nombreuses références chaque semaine dans la presse.
Rédigé par : Bernard de ... | 02 octobre 2007 à 22:00
Je ne ferai qu'amener de l'eau au moulin de certains intervenants, dans "Avocat Général", il y a "Avocat", vous êtes une sorte d'avocat en chef... Les Bâtonniers apprécieront... Pourtant dans "Maréchal des logis" il y a "Maréchal ", j'ignore l'appellation d'un Maréchal des Logis et à quel grade de sous-officier il correspond mais j'ai du mal à imaginer qu'on ait pu appeler un de nos maréchaux "Mon sergent" ou "Mon adjudant" (excusez-moi j'ai servi dans la Marine).
En province il semblerait qu'il y ait moins de confusion, les magistrats des TGI et TI étant plus proche des gens, ils sont presque toujours invités aux fêtes ou aux commémorations locales, la presse également locale n'oublie jamais de nous mettre les portraits des "officiels" ainsi que leurs titres et fonctions. Nous connaissons donc les têtes et titres des principaux acteurs de la vie judiciaire locale.
Parfois ceux-ci participent aux évenements locaux, ainsi l'ancien procureur d'Evreux Loubens était un authentique coureur de fond et sa photo figurait souvent à la page des sports accompagnée de son titre de procureur.
Peut-être faut-il conclure que la confusion est due à cet anonymat qui règne dans les grandes villes comme Paris, Lyon, Marseille ?
Rédigé par : Bernard de ... | 02 octobre 2007 à 21:42
Surcouf
«Des gens se retrouvent étonnés devant un tribunal ne comprenant parfois même pas ce que la société leur reproche par l'intermédiaire d'un ministère public bien étrange.»
Comme cette tenancière de gîte rural contre laquelle le ministère public vient de requérir six mois avec sursis pour avoir mis le marché suivant en mains d'une cliente et de sa mére: «Ou bien vous gardez votre foulard et vous ne pouvez pas rester, ou bien vous restez mais vous l'enlevez car cette marque ostentatoire de l'asservissement de la femme me choque.», peut-être?
Les deux clientes choquées elles aussi sont parties sans mot dire, mais bien décidées à faire comprendre par les voies de droits à la prévenue que «son attitude était un délit dans le pays dans lequel elles avaient choisi de vivre» [sic] ! Ce qui me paraît dénoter d'une intégration dans la société de droit très bien réussie, au moins du point de vue de l'emploi d'une certaine terminologie. Mais bon ce n'est pas le tout de connaître son droit encore faut-il ne pas provoquer délibérement une situation en sorte de pouvoir l'exercer de façon médiatique car à sortir sous la pluie on ne peut pas toujours se plaindre d'en être mouillée !
Rédigé par : Catherine JACOB | 02 octobre 2007 à 21:13
Le jour où les juristes, qui conseillent certaines séries télévisées prétendument judiciaires, rempliront leur office et éviteront que l'on nomme un Président d'assises en France "Votre Honneur", le public cessera de mélanger cultures judiciaires américaine et française.
Rédigé par : Thierry SAGARDOYTHO | 02 octobre 2007 à 21:13
Maîtriser, même dans le minimum, les termes en matière judiciaire et juridique serait une garantie de liberté et de démocratie.
Je pense que le fonctionnement de la justice et les grandes classifications du droit devraient être enseignés à l'école comme une discipline à part entière. Car la justice est une autorité, un pouvoir et un pilier de la démocratie.
Le mot avocat dans votre titre ou dans votre fonction (déjà là, entre titre et fonction, je ne sais pas quel est le terme exact), bref dans votre métier, n'est pas gênant. C'est l'adjectif général qui est trop... général.
Le siège et le parquet, j'ai bien saisi la différence. Mais je pense que pour un nombre considérable de nos concitoyens, cette distinction est problématique.
Permettre par l'enseignement l'apprentissage des grandes têtes de chapitre de votre univers ne me semble pas une chose insurmontable à mettre en place.
Mais après, il y a toute la chair et la trame propres à une profession.
Pourquoi, dans la littérature, par exemple, ne trouve-t-on pas de grandes figures de magistrats comparables à un Maigret ou à un James Bond ?
Dans l'imaginaire collectif, l'absence de figures emblématiques de magistrat (au sens policier ou détective des polars) explique, peut-être, une des difficultés à sensibiliser à votre métier.
Rédigé par : Véronique | 02 octobre 2007 à 20:20
Monsieur Bilger,
vous aussi, vous voudriez être aimé.
Cordialement.
Rédigé par : sachet | 02 octobre 2007 à 20:11
Inculture est bien le mot.
Et que dire des "verdicts" dont on nous rebat les oreilles dès qu'une affaire pénale est évoquée. La méconnaissance du monde judiciaire par les médias et le monde politique est sidérante. La réforme de la carte judiciaire de même que les avoués désignés à la vindicte populaire et sacrifiés pour faire plaisir à une revendication catégorielle, démontrent une méconnaissance du sujet.
Y aura-t-il "une fronde des parlements" ?
Rédigé par : cornely | 02 octobre 2007 à 19:07
Je fais partie de ces Français complètement crasses quant à leurs connaissances du monde judiciaire.
Beaucoup de raisons à cela : le fait de ne pas avoir été confronté directement au monde judiciaire, le milieu professionnel (l'industrie) dans lequel j'ai travaillé, mon milieu d'origine fort éloigné de ce milieu et peut-être une raison de fond tenant à la complexité de l'organisation et des procédures judiciaires.
Ne pourrait-on pas simplifier un peu avant que je me mette à étudier plus avant ?
Ceci dit, il y a des tas de professions et de mondes que je ne connais pas et finalement, cela ne me traumatise pas. Par contre, j'apprécie ce blog et la plupart des intervenants et finalement, je ne me pose pas trop la question de savoir quel est leur cursus.
Rédigé par : Polochon | 02 octobre 2007 à 18:43
et pourtant VOUS êtes mon maître "décolle" sur votre blog !
Sissi !
j'ai l'épreuve !
sinon je suis d'accord avec vous !!!
sinon , z'aussi , être contre "l'inculture judiciaire" , qu'est-ce ???
ou placer alors la contre-culture ?
dans le jardin à cultiver ?
tant de questions sans réponse ! :-(
Rédigé par : Cactus judicieux ? | 02 octobre 2007 à 18:42
@mani
"Il est vrai que pour le vulgum pecus, celui et celle pour qui nous mobilisons notre énergie et notre génie, les gens de robe s'appellent "maitre"."
Parodiant le grand Raimu je vous dirai : le vulgus pecus te dis M…
Mais pour qui donc vous prenez-vous ô génie des prétoires. Que de morgue dans ces mots.
Redescendez un peu sur terre et vous comprendrez pourquoi ces mêmes gens du commun ne vous aiment que peu, vous les avocats, je crois encore moins que les juges.
En ces quelques mots vous démontrez votre inculture non pas du judiciaire mais des gens qui peut-être, un jour, seront des justiciables.
"Gare au gorille monsieur" dirait l'autre et je ne vous salue point.
Je préfère, monsieur Bilger, revenir à vos propos.
Effectivement peu de gens connaissent les arcanes de la justice et du droit.
La société veut que les gens respectent le droit, mais on ne respecte que ce que l'on connaît, sinon, tel un dieu mystérieux on le craint, du moins pendant un certain temps, ensuite on devient athée.
Je suis étonné que l'on donne des cours d'instruction civique dans les classes de nos enfants mais que dans aucun de ces cours ne soient abordées de façon claire les bases de notre droit tant dans ses principes que dans son fonctionnement.
Ce qui est vrai pour le fonctionnement de la justice l'est aussi pour le fonctionnement de la police son auxiliaire.
Des gens se retrouvent étonnés devant un tribunal ne comprenant parfois même pas ce que la société leur reproche par l'intermédiaire d'un ministère public bien étrange.
Il ont de plus une vision déformée, lorsqu'ils en ont une, par les films américains où les principes de la justice sont différents.
Je ne sais si l'on doit inventer une nouvelle communication en la matière mais j'opterais pour un peu plus d'éducation.
Rédigé par : Surcouf | 02 octobre 2007 à 18:42
@ Don Lo
"En lisant que tout honnête homme doit connaître le monde judiciaire, j'ai d'abord cru que vous prôniez l'idée d'un monde où l'humain est avant tout un justiciable."
A votre place, j'aurais inversé : tout justiciable est avant tout un être humain...
Ca me fait penser à ce mot catégoriel ignoble : "populaire" qui désigne des groupes humains.
Le terme justiciable a une connotation punitive, vous ne trouvez pas ?
@ Eolas
Votre propos ne manque pas d'humour, j'ai adoré au point d'en rire..
@ alberto
On ne peut dire que la justice doit être respectable, elle doit en théorie se contenter d'étre juste. Ce sont juste les
magistrat et les politiques qui font et défont les lois à leur gré et selon leurs besoins propres qui doivent être respectables, ce n'est pas le cas en ce qui concerne les politiques, mais les citoyens ont je crois, une bonne impression en ce qui concerne la magistrature.
@ Marie-France Bezzina
Un pilleur d'église dites-vous ?
Quelle affreuse audace ! Piller ceux qui ont pillé l'humanité pendant des siècles... voire un large millénaire... Il n'y a plus de moralité.
Excusez-moi d'encombrer le blog et la lisibilité avec mes réponses multiples.
Rédigé par : Patrick Marguillier | 02 octobre 2007 à 17:06
Patrick Marguillier
«vous ne paraissez pas être la lumière au bout du tunnel comme pourrait l'être un avocat, voire un avocat de "télévision".»
C'est la vérité qui est la lumière au bout du tunnel pas l'avocat, surtout celui de la partie adverse !
«La justice est un art difficile.»
Cet art dont la pratique repose sur l'étude de l'un des quatre enseignements fondamentaux de l'ancienne université [L'ancienne Université de Paris était formée de 4 facultés: une faculté générale, la Faculté des Arts; et trois facultés spécialisées: Faculté de décret [=droit], la Faculté de médecine et la Faculté de théologie - qui 'Philosophia ancilla theologiae' oblige, en incluait donc l'étude -] paraît malheureusement assez souvent pratiqué par des badigeonneurs davantage que par des orfèvres en la matière.
Jusqu'en 1446, fait très intéressant en matière de répression, «les étudiants dépendaient en matière pénale de l'université. Il arrivait cependant régulièrement que des écoliers soient arrêtés par le prévôt du roi. Dans ce cas-là, le recteur de l'université se rendait au Châtelet pour demander à ce que l'écolier soit jugé par l'official de l'université. Si le prévôt du roi refusait, l'université se mettait en grève.» Autrement dit l'université assumait la responsabilité des conséquences de ses enseignements !! Mais de là sans doute aussi cette impression d'une existence hors les murs de la cité ordinaire dont de nos jours le climat perdure tant chez ses enseignants que chez leurs ouailles ! Autrement dit, telle la Cité interdite, l'Université interdite, mais comme on n'entend plus guère en effet le sens des mots autrement que dans le contre-sens quant à sa voix au chapitre, je suggère que, tel Richard Liogier, président de l'Université de Metz, qui revêtu de la toge doctorale s'est récemment déplacé jusqu'au palais pour apporter son soutien aux avocats près la Cour d'Appel de même nom, les docteurs de l'université paraissent désormais systématiquement en toge eux aussi, puisqu'aussi bien ils y ont droit, dès lors qu'il s'agit de faire entendre leur voix, histoire de remettre de temps à autre les pendules à l'heure!
1- http://www.ifd.upmc.fr/archives/unes/juillet2007/images/fiamma.jpg
2- http://www.lartisan-costumier.com/graphics/robe-universite.png
Je suggère également qu'on redonne du Maître à l'enseignant comme cela m'était arrivé alors que jeune enseignante j'avais invité à mon cours un médecin de Saint Dié qui pensait avoir mis au point un antidote contre l'amanite phalloïde, personnage haut en couleurs qui l'avait essayé sur lui-même mais en avait heureusement réchappé [on doit le mentionner je pense à titre de guérison anecdotique], et qui m'appelait Maître, au lieu de Madame, devant les élèves que cela eût le don de mettre en joie...
Et je suggère enfin qu'on applaudisse à nouveau à la fin d'un cours digne de ce nom !
Rédigé par : Catherine JACOB | 02 octobre 2007 à 16:34