Nous ne sommes pas des petits pois
Le matin même, dans le Parisien, j'avais lu une interview de cet illustre et inusable animateur qui répondait, sans rire, qu'il n'avait jamais été "complaisant avec les politiques".
Le président de la République, pour rendre hommage à Rachida Dati, accordait un entretien à Michel Drucker. Evoquant la Cour de cassation mais sans doute l'ensemble de la magistrature, il y déclarait notamment ceci : "J'ai voulu m'entourer de gens différents, j'aime cette différence... Je n'ai pas envie d'avoir le même moule, les mêmes personnes, tout le monde qui se ressemble aligné comme des petits pois, la même couleur, même gabarit, même absence de saveur".
Je me permets de contredire, dans mon coin, le président de la République. Les magistrats ne peuvent pas, ne doivent pas être comparés à des petits pois et j'en connais beaucoup chez qui la saveur est très présente.
Modeste et respectueuse réplique au garant de l'institution judiciaire.
Je viens d'écrire sur le site d'un quotidien que si tel est l'esprit de la diversité je n'en veux pas. Le nivellement social se fait dans le respectant strict de la compétence et de l'expertise. La prime à la récompense ou au copinage n'a pas de place quand il s'agit de porter une Haute Institution à l’image de la Justice.
Aux détracteurs qui s’indignent qu’un ministre ait le droit d’assister à tel ou tel dîner, je dirai qu’un ministre porte aussi son institution en évitant les connivences et le mélange des genres. Il me semble que la justice très marquée ces dernières années n’a pas besoin de cela, pas plus que d’un ministre people.
Et NS se confond lui-même dans son discours. L’on ne peut désirer une chose et son contraire.
Monsieur Bilger, vous ne faites pas dans la complaisance et le copinage. Je ne me retrouve nullement dans le modèle que tentent d’imprimer NS et RD.
Vous portez, comme le montre le timbre de vos billets, un idéal éclairé de justice pour la justice. Ce combat si singulier mais combien noble est bien le modèle républicain des temps modernes.
Le modèle d’intégration de NS ira bien aux orties.
Courage à vous Monsieur Bilger.
Rédigé par: Mactar | 08 octobre 2007 at 17:29
"J'ai voulu m'entourer de gens différents, j'aime cette différence... Je n'ai pas envie d'avoir le même moule, les mêmes personnes, tout le monde qui se ressemble aligné comme des petits pois, la même couleur, même gabarit, même absence de saveur".
Non sans rire. Vous l'avez entendu de vos propres oreilles bien à vous ? Et vous l'avez vu parler aussi ? Ca ne venait pas d'un ventriloque qui aurait fait comme Ruquier parler la tête de Nicolas sous les cheveux et au-dessus du corps de Cécilia ?
Rédigé par: Une vache! | 08 octobre 2007 at 17:33
Les guignols n'auront bientôt plus de texte à écrire, il suffira de copier/coller celui du Président pour sa marionnette...
Rédigé par: Bulle | 08 octobre 2007 at 17:46
Votre billet a déclenché une crise de fou rire inextinguible au point que j'ai beaucoup de mal, me remettant à mon travail, de tenir mon crayon pour écrire quelque chose de sensé.
Rédigé par: Jack et le haricot magique | 08 octobre 2007 at 17:47
Ce n'est pas la première fois que notre bien-aimé président emploie la comparaison du petit pois. C'est très méprisant, je vous l'accorde ; je ne sais pas s'il le fait exprès, mais le petit pois, comme les lentilles, fait partie de l'espèce dite des viciées !
Bravo pour vos messages, même si je ne suis pas toujours d'accord avec vous.
Rédigé par: Marie-France Bezzina | 08 octobre 2007 at 17:50
Faites-vous inviter chez Drucker !
Rédigé par: INTIME CONVICTION | 08 octobre 2007 at 17:51
Et puis faut se méfier, des fois, les petits pois sont rouge... humhum
Je ferai mieux la prochaine fois...
Rédigé par: Largentula | 08 octobre 2007 at 18:04
"Je n'ai pas envie d'avoir les mêmes moules... alignées comme des petits pois"
vous avez tellement raison !
des moules aux petits poids n'égaleront jamais les moules alignées comme des frites !
je vais faire court, là aussi :
certain(e)s de rajouter des couverts à frôler l'indigestion là aussi, je n'en doute pas !
Rédigé par: Cactus Chef , Cuisiné Green-Pie | 08 octobre 2007 at 18:20
Si le président n'aime pas les petits pois, il a du pain sur la planche,
- La plupart des magistrats sortent de l'E.N.M.
- La majorité des hauts fonctionnaires de l'E.N.A.
- La plupart des dirigeants de l'X ou de HEC
- Les officiers de Saint-Cyr
- Presque tous les OS, de l'école communale
Cependant, le nombre d'imbéciles est à peu près bien réparti, ce qui devrait nous consoler, en bons républicains que nous sommes.
Rédigé par: Polochon | 08 octobre 2007 at 18:34
Les Hauts "Petits Pois" apprécieront comme il se doit que Mme Dati, dont l'expérience professionnelle en magistrature dépasse à peine les années requises au stage du Barreau, les surpasse dans l'estime présidentielle. Quel mépris ! Quelle détestation pour le corps dans son ensemble ! Après les Bretons dont il prétendait "se foutre" (cf. Y. Reza), au moins les choses sont dites avec clarté s'agissant des magistrats. Vous écriviez il y a peu que le Président n'aime pas la magistrature. Vous pouvez dorénavant écrire qu'il la méprise au point de la tourner en dérision.
Rédigé par: Thierry SAGARDOYTHO | 08 octobre 2007 at 19:43
Sans rire, c'est la fin des haricots !
Rédigé par: Thierry SAGARDOYTHO | 08 octobre 2007 at 20:13
Règles de conduite que se traça Louis XIV en prenant en main le gouvernement de l’Etat.
"Avant que d’entrer dans le détail des affaires, je crus que je devais choisir avec soin des instruments propres à me soulager dans ce travail.
Car, surtout, j’étais résolu à ne prendre point de ministre, et à ne pas laisser faire par un autre les fonctions de roi pendant que je n’en aurais que le titre ; mais, au contraire, je voulais partager l’exécution de mes ordres entre plusieurs personnes afin d’en réunir toute l’autorité en la mienne seule.
Ce fut pour cela que je voulus choisir des hommes de diverses professions et de divers talents, suivant la diversité des matières qui tombent le plus ordinairement dans l’administration d’un Etat, et je distribuai entre eux mon temps et ma confiance, suivant la connaissance que j’avais de leur vertu ou de l’importance des choses que je leur commettais ;
Dès lors, je m’établis pour règle de travailler deux fois par jour à l’expédition des affaires ordinaires, ne laissant pas de m’appliquer en tout autre temps à ce qui pourrait subvenir extraordinairement.
J’eusse pu, sans doute, jeter les yeux sur des gens de plus haute considération ; mais les trois que je choisis me semblèrent suffisants pour exécuter sous moi les choses dont j’avais résolu de les charger.
Et, pour vous découvrir toute ma pensée, je crus qu’il n’était pas de mon intérêt de chercher des hommes d’une qualité plus éminente, parce qu’ayant besoin, sur toute chose, d’établir ma propre réputation, il était important que le public connût, par le rang de ceux dont je me servais, que je n’étais pas en dessein de partager avec eux mon autorité ; et qu’eux-mêmes, sachant ce qu’ils étaient, ne conçussent pas de plus hautes espérances que celles que je voudrais leur donner : précaution tellement nécessaire, qu’avec cela même le monde fut assez longtemps sans me pouvoir bien connaître.
Beaucoup de gens se persuadaient que dans peu de temps quelqu’un de ceux qui m’approchaient s’emparerait de mon esprit et de mes affaires. La plupart considéraient l’assiduité de mon travail comme une chaleur qui devait bientôt se ralentir ; et ceux qui voulaient en juger plus favorablement attendaient à se déterminer par la suite.
Mais le temps enfin leur fit voir ce qu’ils devaient croire ; car on me vit marcher constamment dans la même route, vouloir être informé de tout ce qui se faisait, écouter les prières et les plaintes de mes moindres sujets, savoir le nombre de mes troupes et l’état de mes places, traiter immédiatement avec les ministres étrangers, recevoir les dépêches, faire moi-même une partie des réponses, et donner à mes secrétaires la substance des autres ; régler la recette et la dépense de mon Etat, me faire rendre compte par ceux qui étaient dans les emplois importants, tenir mes affaires secrètes, distribuer les grâces par mon propre choix, conserver en moi seul toute mon autorité, et retenir ceux qui me servaient le mieux dans une modestie fort éloignée de l’élévation des premiers ministres. »
(Instructions au Dauphin)
Rédigé par: Marie | 08 octobre 2007 at 20:45
Des pois ?...
Chiche !
Des contrepoids.
Rédigé par: sbriglia | 08 octobre 2007 at 21:04
Je ne sais pourquoi mais j'apprécie énormément ce "fil" et ses réponses !
Suis-je pour autant un faim gourmet ?
Sinon, je vous salue Marie et mes amitiés sincères à Dame Véronique qui ne devrait plus tarder à passer !
Rédigé par: Cactus Deux Doigts | 08 octobre 2007 at 21:22
AFP 81007-18h50
La Présidence de la République communique le premier bulletin de santé du Président :
Etat de santé général bon.
Le président souffre toutefois d'un léger daltonisme qui lui fait parfois confondre le rouge et le vert... ce daltonisme ne semble toutefois apparaître qu'aux audiences solennelles de rentrée de la Cour de Cassation et n'affecte donc pas sa capacité à diriger le pays...
Rédigé par: sbriglia | 08 octobre 2007 at 21:22
Et ceux que Nicolas Sarkozy trouve sans saveur ne le sont pas nécessairement pour les autres.
Rédigé par: Scif | 08 octobre 2007 at 21:25
Tres bien Marie, de faire resurgir ce texte qui rapporte l'expérience d'un père à son fils. En fait, ce fut le petit-fils du Dauphin qui essaya d'appliquer ce qu'écrivit son aïeul et pas en pure perte. Il convient de se souvenir de la Flagellation, au grand Lit du Parlement, où Louis, quinzième du nom, fit entendre aux magistrats parlrmentaires quelle était leur place au service de l'Etat, et seulement cela. Moralité : on a toujours besoin de petits pois, mais de très fins. C'est hélas une question de moyens et de discernement. Aujourd'hui, NS président, on peut revivre la même expérience, ce seraient des petits pois à la française, donc de bon goût. Espérons-le en bon chef de la cuisine politique !
Rédigé par: francis | 08 octobre 2007 at 21:35
J'oubliais, le Grand Chef Nicolas dispose de marmitons. A sa droite sont Francois Fillon et Rachida Dati, qui appliquent la recette enseignée et apprise ; à sa gauche est Martin Hirsch, qui la modifie, et surprise : le Chef Nicolas obtempère et suit. Explcation : dans la cuisine politique, l'aide sociale, l'hébergement par exemple, est due à tout individu résidant en France.
Rédigé par: francis | 08 octobre 2007 at 22:32
Ce soir, en me léchant les babines après un succulent pigeon aux petits pois, j’ai eu, Nicolas, une pensée pour pois, non pour toi ! Je bafouille.
Cela avait tant de saveur !
Fais gaffe Nigolas ! ou au moins n'en fais pas... de gaffe !
Quand les petits pois, vert(s) de rage ou plutôt rouge(s) de colère - mais peu importe la couleur - se réveilleront, prends garde de n’être point leur pigeon.
Un petit pois non aligné.
Rédigé par: le bouffon | 09 octobre 2007 at 00:47
Dans le manifeste des Temps Modernes, lors de la création de la revue, Jean-Paul Sartre déclarait qu'il fallait cesser de considérer les individus comme des petits pois dans une boîte n'ayant que des rapports de juxtaposition.
Le Président connaissait-il ce "détail" ?
Rédigé par: PRINCE | 09 octobre 2007 at 08:19
Après la tête de veau ravigote, voici les petits pois. Mais où sont passés les pigeons ? Si ces pp vous restent en travers de la gorge M.Bilger, ce que je peux comprendre, allez vite voir Ratatouille.
ps : au régime permanent pour essayer de perdre ses bouées effacées complaisamment par Photoshop, NS n'est pas un chef en cuisine ; c'est peut-être ce qui explique la pauvreté de ses métaphores.
Rédigé par: catherine A. | 09 octobre 2007 at 10:04
Catherine A.
«Mais où sont passés les pigeons ? »
Puis-je me permettre de vous remémorer la fable du pigeon des villes et du pigeon des champs ?
«Autrefois le rat des villes
Invita le rat des champs,
Au civil comme au pénal,
A des reliefs de pigeons.
Sur un tapis de Turquie
Le couvert se trouva mis.
Je laisse à penser la vie
Que firent ces deux amis.
Le régal fut fort honnête :
Pas un petit pois ne manquait au festin ;
Mais quelqu'un troubla la fête
Pendant qu'ils étaient en train.
A la porte de la salle
Ils entendirent du bruit :
Le rat de ville détale ,
Son camarade le suit.
Le bruit cesse, on se retire :
Rats en campagne aussitôt ;
Et le citadin de dire :
«Achevons tout notre rôt.
-C'est assez, dit le rustique ;
Demain vous viendrez chez moi.
Ce n'est pas que je me pique
De tous vos festins de roi ;
Mais rien ne vient m'interrompre :
Je mange tout à loisir.
Adieu donc. Fi du plaisir
Que la crainte peut corrompre !»
Rédigé par: Catherine JACOB | 09 octobre 2007 at 11:08
Monsieur Bilger :
Excellent votre article du Monde de demain sur l'excès de médiatisation de Mme Rachida Dati.
Elle est le porte-flingue zélé de N.S en matière de politique pénale. C'est Maître Puntilla et son valet Dati.
Rédigé par: Candide | 09 octobre 2007 at 17:22
"Louis XIV raffolait des fruits et des légumes, aussi, grâce au potager qu’il avait fait aménager par Jean de La Quintinie, pouvait-il déguster toute sortes de légumes. Notamment les petits pois dont il était fort gourmand.
La marquise de Sévigné relatait cette folie des petits pois ainsi :
"L'impatience d'en manger, le plaisir d'en avoir mangé et la joie d'en manger encore sont les trois points que nos princes traitent depuis quelques jours. Il y a bien des dames qui, après avoir soupé chez le roi, trouvent des pois chez elles pour manger avant de se coucher, au risque d'une indigestion. C'est une mode... C'est une fureur".
En période de disette, en place du blé, on distribuait aux pauvres à la porte des couvents une purée de pois pilés, nommée " pitance", du mot " pitié ", mot qui désigne toujours une ration donnée.
Rédigé par: Marie | 09 octobre 2007 at 17:30
Monsieur Bilger,
Surprenant ce post !
Au fond, c'est peut-être que vous, Monsieur Bilger, vous êtes senti visé par les déclarations du Président ?
C'est peut-être au fond que ça vous dérange que les mentalités évoluent et que les choses changent, enfin !
Rédigé par: Florent | 09 octobre 2007 at 17:42