On nous a changé BHL !
Pour nous mettre en forme, un faux couac et une bonne idée.
François Fillon, notre premier Ministre, se voit reprocher l'utilisation du mot "détail" à propos des tests ADN. Quel imprudent ! Ne sait-il pas encore que le langage n'appartient pas à tout le monde et qu'on n'a le droit de parler qu'en évitant soigneusement ce que Le Pen et ses partisans ont pu dire ? Alors plus de "détail" dans les propos politiques ! Il n'empêche qu'à son égard, il me semble qu'il y a autant de perfidies lassantes qu'il y a de courtisanerie au bénéfice du président.
Dans Libération, j'apprends que des auditeurs de justice ont envoyé une lettre au garde des Sceaux. Ils regrettent que le seul stage qui leur est réservé soit à accomplir au barreau. Ils ont tout à fait raison et je m'étais permis de l'écrire il y a quelque temps. Aujourd'hui, les philosophies du magistrat et de l'avocat sont en effet trop contradictoires pour ne pas imposer d'autres expériences. Cette restriction est sans doute encore une conséquence d'Outreau, on donne la défense en modèle !
Abordons, maintenant, l'essentiel de ce billet qui est de se pencher sur Bernard-Henri Lévy dont on entend beaucoup parler, puisqu'il publie un livre consacré à l'état de la gauche, en s'affirmant lui-même indéfectiblement rattaché à cette sensibilité.
J'ai lu un entretien entre BHL et Alain Finkielkraut dans le Nouvel Observateur. Quel bonheur, dans le dialogue entre ces deux personnalités, de pouvoir goûter à nouveau la sincérité et la conviction austères d'AF et de voir confirmer le talent d'illusionniste de BHL ! Non que celui-ci ne soit pas brillant, mais précisément il l'est trop. Le désir de séduire l'emporte sur l'exigence de vérité et il se sort avec trop d'adresse des pièges que la réflexion approfondie s'obstine à mettre sur son parcours scintillant. A chaque fois qu'une idée, un concept pertinents sont opposés aux siens, il s'engouffre dans cette stratégie facile qui consiste à proposer la synthèse de ce qu'il ne parvient pas à démontrer d'un côté et à combattre de l'autre. C'est infiniment commode puisque, de la sorte, il ne se sent contraint de répondre à aucune objection, puisqu'il a décidé, littérateur et essayiste voraces, de les avaler pour les dissoudre. Ce processus ne renvoie pas à une compréhension de la pensée de l'autre mais à une défaite de l'intelligence sublimée en plénitude. Il est fort, l'artiste ! Et pour sa démarche et pour l'impunité dont il ne cesse de bénéficier !
Ce matin, BHL a dialogué avec Nicolas Demorand sur France-Inter. Je n'évoquerai pas à nouveau le fond ni même l'habileté de Bernard-Henri Lévy qui, après avoir vanté la gauche à venir et défendu avec classe Ségolène Royal, s'en est pris vertement à Nicolas Sarkozy auquel il a donné deux conseils pour son voyage en Russie. Mais le tour de force a été d'assortir cette virulence, qui semblait pourtant authentique, par le rappel qu'il consacrait dans son livre vingt-cinq pages au président de la République, qu'ils se connaissaient bien, qu'ils se tutoyaient et que Nicolas Sarkozy l'avait invité à le soutenir. Autrement dit, BHL fournissait aux auditeurs une parfaite illustration de l'intellectuel d'aujourd'hui (si on excepte AF, pour les penseurs "grand public") qui, pour ne pas risquer de manquer le train d'un Pouvoir, monte dans tous. Il faut reconnaître que l'opération était remarquablement menée et pouvait suggérer non pas des épousailles avec toutes les opportunités mais l'indéniable honnêteté d'un philosophe dur, roide, épris de vérité mais ayant beaucoup de relations.
L'étonnant, au cours de cette excellente émission radiophonique qui tient d'abord à la personnalité de son animateur, n'était pas là mais dans le BHL nouveau qui nous était offert sur le plan du style et de l'oralité. On a pu tout dire de notre étoile sauf qu'il écrivait médiocrement et parlait vulgairement.
Et pourtant, sur ce dernier plan je ne l'ai pas reconnu, comme s'il avait bu trop de café et oublié toutes les bonnes manières du langage. Il a pris la précaution, cependant, de citer cette belle phrase d'un philosophe nous constituant comme "les gardiens des mots". Mais il n'en a pas tenu compte. Excité, survolté, avec une gouaille fabriquée, abusant des "cons" et des "petits salopards", insultant, il est tombé dans une grossièreté qui, constante dans l'entretien avec Nicolas Demorand, tranchait tellement sur son comportement habituel que je me suis demandé ce qu'elle cachait ou révélait. Un désir de "faire peuple", une dérive fortuite, la volonté de manifester qu'un BHL nouveau était survenu ou, tout simplement, l'envie de mettre dans la statue que les médias lui sculptent en permanence un peu de vie, même vulgaire ?
Je ne sais. Mais en tout cas quelle stupéfaction ! Il aurait dû nous prévenir. On risquait la crise de l'esprit !
Si changement il y a, c'est qu'après avoir pensé que Ségolène était une vraie bécassine (cf l'édito qu'il avait fait dans le Point) il en est devenu un de ses plus farouches soutiens. Son côté Don Quichotte sans doute...
Sur la forme, il s'exprime souvent ainsi mais rarement, c'est vrai, devant un micro. En fait Philippe, rassurez-vous, BHL n'a pas changé.
PS : promis je n'emploierai plus, sur ce blog, "con" ou "petit salopard" ; pourtant parfois il n'y a pas d'autres mots pour le dire ; à moins que je manque sérieusement de vocabulaire ; ce qui n'est pas totalement exclu.
2ème PS pour le plaisir, voici un passage de la chronique consacrée à SR :
"Je passe sur le personnage de Ségolène Royal elle-même, ce mixte instable de démagogie et de caractère, de narcissisme extrême et de vraie audace politique - je passe sur ce côté Blanche-Neige et Dame Blanche, Jeanne d'Arc pour âge cathodique et Immaculée Conception néosocialiste, je passe sur ce « ralliez-vous à mon tailleur crème ! Inscrivez-y vos rêves, doléances et désirs d'avenir ! » que décrit Marc Lambron dans un portrait qui paraît ces jours-ci (« Mignonne, allons voir... », Grasset) et dont je recommande vivement la lecture....
dans le Point en novembre 2006
Rédigé par: catherine A. | 09 octobre 2007 at 13:13
"Un désir de "faire peuple"", des contacts répétés avec Nicolas Sarkozy, tout cela accompagné de ce qui se voudrait être un manuel du parfait renouveau socialiste, le chef de l'État n'aurait-il pas choisi son prochain adversaire tout comme il aurait pu le faire lors des dernières élections ? En moins "télé"-guidé évidemment. Il est dommage que ces évènements coïncident avec l'annonce par DSK de se laisser désirer pour 2012, autrement, la course à la candidature socialiste aurait pu rester inaperçue.
Rédigé par: Frastealb | 09 octobre 2007 at 14:15
Ph.B :
Les auditeurs "regrettent que le seul stage qui leur est réservé soit à accomplir au barreau. Ils ont tout à fait raison."
Crées par Hubert Dalle en 1991, directeur visionnaire de l'ENM soucieux d'ouvrir les auditeurs (adj) à des univers dont ils avaient, à l'avenir et potentiellement, à "juger" les "dérives" éventuelles ou qualifiées comme telles, les stages dits extérieurs - j'en ai été témoin et acteur - revêtaient deux avantages : "déniaiser" les apprentis-magistrats mais, également, permettre aux autres acteurs de la vie sociale de découvrir positivement leurs éventuels et futurs censeurs.
Je garde souvenir de grandes entreprises proposant aux "adj", à l'issue de leurs stages, des gratifications importantes pour le labeur accompli en leur sein - alors que dès leur intégration, ils étaient rémunérés par L'Etat et ne pouvaient donc accepter tout autre salaire - et se louant de la qualité de leurs prestations.
Limiter les stages des "adj" aux cabinets d'avocats, aussi utiles soient-ils, me semble, avec vous, grave car de nature à favoriser une culture univoque, quasi-endogamique, d'individus issus des mêmes cursus universitaires, parlant et écrivant la même langue, pourtant bien étrangère ou, tout au moins, lointaine de celle de la société réelle...
Nouvelle réforme, chère Véronique, pardon d'insister, qui n'illustre guère l'absence "d'inhibitions ou les trop grandes prudences" [que R.D] "aurait pu avoir si sa nomination avait été celle d'un GDS dans la grande et longue tradition politique immobiliste."
Rédigé par: Parayre | 09 octobre 2007 at 14:17
Vous évoquez « Ce grand cadavre à la renverse » (Grasset) paru aujourd'hui et dont la 4ème de couverture nous dit : «Il est moins que jamais question de quitter la "vieille maison" squattée par de mauvais fantômes - mais elle est, hélas, à reconstruire de fond en comble »
Quant à «BHL vu par ses petits camarades : pour Alain Finkielkraut, à qui il arrive de mener des combats communs avec BHL et qui pressent qu'il pourrait se retrouver à ses côtés pour demander le boycott des JO de Pékin, celui-ci incarne ce qu'on pourrait appeler la transformation de la gauche en parti des bons sentiments. »
Je pense que si ces deux respectables intellectuels ont réellement cette intention, c'est qu'en bon gardiens des mots ils accordent davantage d'importance aux grands mots qu'aux grands remèdes, et babillent de façon totalement inconséquente et tout aussi ignorante que pouvait l'être autrefois celle des maoïstes à la Sartre, de la réalité économique et culturelle chinoise sur l'échiquier international, car, pour ma part, je pense que la Chine est quasiment la seule à avoir le poids suffisant pour peser du côté de la solution la moins sanglante possible dans la résolution de la question birmane ou plus exactement du Myanmar, à l'origine de laquelle, comme à l'origine de nombre de questions sanglantes du monde contemporain, se trouve l'ex empire britannique. Ce n'est donc pas le moment de la braquer à nouveau contre l'Occident en cherchant à lui faire perdre la face. Cela me fâche de voir le verbe glamour l'emporter comme toujours sur le sens des réalités !
Plutôt que les vers gourmands du cadavre socialiste, ce coeur que René de Chalon tourne jusque dans la mort vers Anne de Lorraine, sa femme, en signe de supériorité de l'esprit sur le corps : http://upload.wikimedia.org/wikipedia/commons/b/b3/Le_Transi_de_Ren%C3%A9_de_Chalon_%28Ligier_Richier%29.jpg : FIDES: droiture loyauté et bonne foi!
Rédigé par: Catherine JACOB | 09 octobre 2007 at 15:35
Quant à la réponse de Guaino sur son maurrassisme présumé (par BHL), elle montre que la trivialité fait donc désormais partie des penseurs de l'ombre de nos "grands". LA classe.
Rédigé par: George's | 09 octobre 2007 at 15:40
Si "l'ingurgitation" que vous prêtez à BHL est habileté de sa part, on ne peut en dire autant de sa régurgitation.
Rédigé par: mike | 09 octobre 2007 at 16:17
A propos de la colère de BHL (et de la mienne sans doute) :
Peut-être que la marée idéologique dont les uns et les autres ne cessez de nous submerger finit, effectivement, par nous mettre en colère.
(et peut-être n'attendez vous rien d'autre que cette colère comme justification).
Rédigé par: olivier | 09 octobre 2007 at 16:38
Pas très grave car je ne suis pas du tout bricoleur !
Ceci n'est qu'une broutille, je sais !!
Rédigé par: Cactus H. V . | 09 octobre 2007 at 17:38
Le problème des intellectuels et également des politiques, c'est qu'il faut aujourd'hui plaire à tout le monde et surtout aux médias !!!
En fait tout le monde est victime de cette "peopolisation"...
Pourquoi ??? Voilà l'essentiel... un besoin de reconnaissance !!
Rédigé par: marie | 09 octobre 2007 at 17:39
Alain Finkielkraut, acceptant la mise en scène d'un entretien avec BHL pour assurer la communication du livre de ce dernier, ne me semble guère plus intéressant. Miroir, miroir...
Rédigé par: Bulle | 09 octobre 2007 at 17:40
Monsieur,
Comme je vous plains, très sincèrement, hommes de loi !
Ne voyez en mon exclamation aucune pensée ironique... je pense très réellement qu'il faut un grand courage pour exercer vos fonctions en ce moment !... et tenter de faire votre travail en toute et réelle indépendance.
Je lisais ce matin un article rédigé par l'un de vos confrères, magistrat, sur le site du journal "rue 89". Il y dénonçait la vulgarité des gens au pouvoir en ce moment ; je me permettrais d'y ajouter le manque de culture et un attrait démesuré pour le paraître, ce qui va souvent ensemble... mais quel comportement professionnel adopter avec une personne telle que votre Ministre de tutelle ? On a le sentiment, vu de l'extérieur, qu'elle a une haine sourde des gens de justice, peut-être motivée par de l'incompétence, une revanche sociale, un fort sentiment de supériorité ?
Combien faut-il être sot et infatué de soi-même pour traiter les autres de "petits pois" !...
Je ne sais vers quoi tout cela nous mènera, mais je crois que notre pauvre démocratie glisse de plus en plus vers une "démocratie féodale"... Il faut que nous, citoyens, réagissions vite, pour retrouver enfin éducation et culture, justice et surtout décence et honnêteté.
Frédérique, Paris
Rédigé par: Mme Frédérique Cousin-Taillardat | 09 octobre 2007 at 18:59
J'ai pris l'émission radiophonique en cours, et il m'a fallu passer quelques minutes d'incrédulité avant de me rendre à l'évidence : c'était bien BHL. En effet, son registre de langue m'a surpris. Ca ne me le rendra pas plus attachant...
Rédigé par: Roxane | 09 octobre 2007 at 20:15
Le moindre mérite de BHL n’est pas celui de se faire détester de tous ces penseurs de l’ultragauche, ces faux reconvertis de l’extrême-droite, bien pires illusionnistes qu’il ne l’est lui-même. Mais sa posture d’homme de gauche relève d’évidence de l’imposture. Cette confusion entre l’appartenance sociologique et la revendication d’être un membre à part entière d’une famille politique, confusion dont il est l’un des plus éclatants précurseurs, se trouve aujourd’hui comme démonétisée par le bouleversement du paysage politique, la droite version Sarkozy exerçant un pouvoir d’aimantation si fort qu’elle attire à elle (et neutralise) des personnalités de gauche, et transforme le grand parti d’opposition en champ de ruines morales, habileté digne du machiavélisme le plus maîtrisé. Quand, dans l’univers, les repères s’éparpillent, il devient, ô combien !, acrobatique de s’en affirmer le recteur, sinon le régent. BHL manque à cela désormais. L’imposture devient flagrante, parce que nul travail d’équilibriste ne saurait compenser le grand désordre des positions. Quand le monde n’a plus de couleur, la considérable science du camouflage du caméléon n’en peut, mais. Elle échoue, devient impuissante.
Est-ce de partager la qualité d’homme médiatique avec lui qui vous le fait, somme toute, trouver cet habile rhéteur (sa vulgarité doit certainement relever d’un trope) ?
Vous n’allez quand même pas faire croire, après vous être plaint que les membres de votre corps fussent comparés à des petits pois sélectionnés seulement pour leur identité de calibre, que vous ne comprenez pas que ce BHL nouveau s’aligne, avec sa brillante capacité à humer l’air du temps, sur la grossièreté du langage, et la brusquerie des manières... de M. Sarkozy.
Pas d’accord sur le fond, mais s’adaptant à la forme : tel qu'en lui-même, BHL. Décidément, le Caméléon n’est pas loin d’être un Phénix.
Rédigé par: Ferraille | 09 octobre 2007 at 20:18
BHL aurait bien voulu écrire les discours de Sarkozy, d'où sa rage contre Guaino.
Il va falloir rappeler l'entartreur !
Rédigé par: Polochon | 09 octobre 2007 at 22:36
DEPUIS DES DIZAINES D'ANNEES DANS NOTRE PAYS C'EST UNE LONGUE LISTE D'AFFAIRES POLITICO-FINANCIERES SOUVENT ETOUFFEES... SURTOUT CONCERNANT LE RPR-UMP.
LA RUPTURE A FAIRE IMPERATIVEMENT EST CELLE D'UNE DEMOCRATISATION DE NOTRE PAYS : non-cumul des mandats, proportionnelle, séparation des pouvoirs ; referendums comme chez mes voisins suisses ; abolition des énormes avantages des régimes spéciaux des parlementaires ; suppression du train de vie monarchique de l'Elysée ; la chancelière allemande n'a pas à sa disposition trois châteaux comme M.Sarkozy ; et les ministres qui se baladent en habits de Dior... Je connais des citoyens en province qui avaient voté Sarkozy mais qui sont très choqués par le style bonapartiste du régime.
Elisabeth
Rédigé par: roulet | 09 octobre 2007 at 23:23
Fort heureusement, les auditeurs de justice ne sont pas seulement en stage au Barreau. Ils se rendent également en commissariat et en prison où ils revêtent le costume de surveillant et exercent ce sombre métier. Pourquoi se plaignent-ils d'aller en stage au Barreau ? Préfèrent-ils apprendre la vie judiciaire derrière les barreaux ?...
Rédigé par: Thierry SAGARDOYTHO | 10 octobre 2007 at 09:37
@frédérique
Je ne vous cacherai pas que votre jugement - bien que nuancé d'un peut-être qui me paraît surtout une prudence de langage - sur Madame Dati me choque. Comme il va faire plaisir à ceux qui sur ce blog pensent que les femmes ont pour les autres femmes, pour peu qu'elles soient jeunes, jolies et en vue, une spontanée détestation. Avant de prêter à notre garde des Sceaux de l'incompétence, attendez de voir. Qui plus est - même si cette incompétence un jour était avérée -, je vous rappelle que des hommes incompétents à des postes importants, il y en a à la pelle. Ouvrez les yeux. Je n'ai jamais eu beaucoup d'admiration pour Françoise Giroud qui vraiment détestait les femmes (les jeunes et jolies et les plus en vue qu'elle) mais je ne peux que souscrire à sa phrase qui disait à peu prés ça : "l'égalité des sexes sera acquise quand des femmes incompétentes accéderont à des postes importants" ; on en est très très loin.
ps : je passe sur "la revanche sociale" et sur "le sentiment de supériorité" dont vous affligez Mme Dati ; de la psychanalyse à deux sous ; j'ajouterais bien "et de classe" si je ne craignais de tomber dans votre travers.
Rédigé par: catherine A. | 10 octobre 2007 at 09:38
@Thierry SAGARDOYTHO :
Les adj ne se plaignent pas, bien au contraire, du stage au Barreau mais du fait que son allongement se fera au détriment des autres stages et notamment du stage dit "extérieur" en entreprise qui sera supprimé.
Le risque d'"autarcie judiciaire" n'est pas mince comme je l'ai deja indiqué dans mon premier commentaire .
Rédigé par: Parayre | 10 octobre 2007 at 10:22
@ catherine Jacob
Ne m'en veuillez pas de vous dire que je ne partage pas votre opinion sur la manière la moins sanglante que la Chine pourrait conseiller au Myanmar.
Pour avoir pratiqué la Chine depuis 1965, y avoir vécu sept ans, avoir vécu à Pékin les événements de Tian An Men, je ne crois pas que sa politique puisse être autre que de peser sur l'Occident par tous moyens et arriver un jour à ses fins.
Par ailleurs, ayant séjourné au Myanmar et parlé avec des petits et sans grades, je peux vous assurer que leur haine envers la clique au pouvoir est profonde.
Je n'apprécie pas BHL mais s'il n'est pas dupe de la Chine, bravo à lui.
Rédigé par: mike | 10 octobre 2007 at 10:37
Je crois que les auditeurs de justice s'inquiètent un peu trop vite.
Le stage de six mois prévu par la loi du 5 mars 2007 a certes vocation à bouleverser le contenu habituel de la formation initiale.
Mais rien n'indique que cela conduira à la suppression des autres stages et notamment du stage extérieur.
A ma connaissance, le ministère n'a pas encore adopté les dispositifs réglementaires nécessaires à la mise en oeuvre de la réforme de 2007.
Il faut attendre et voir ce que cela donne.
Par ailleurs, s'agissant d'une promotion qui s'est baptisée "Eva Joly", on peut comprendre la réticence de la ministre à répondre à l'invitation au débat qui lui a été adressée...
Rédigé par: Nicolas | 10 octobre 2007 at 10:49
Un "petit salopard" et des "cons" par là avec BHL, un "petit con" par ici avec Guaino qui ajoute "connard" et "crétin" sur Rue89. Quant à Madame Amara, elle préfère le mot "dégueulasse"...
Laurent Wauquiez, porte-parole du gouvernement, en évoquant les propos de Madame Amara, a trouvé qu'ils apportaient de "l'oxygène" au sein du gouvernement... On a le choix entre se pincer pour être sûr de ne pas rêver ou se pincer... le nez.
Rédigé par: Bulle | 10 octobre 2007 at 10:52
@Parayre
Rassurez-vous ! Le risque d'autarcie judiciaire existe bien moins lors du stage en cabinet d'avocats qu'au sein de l'école par le sentiment de corporation qui se créée entre les ADJ à Bordeaux. C'est au contraire un moyen, relatif et limité dans le temps d'ailleurs, de le combattre. Pour en fréquenter quelques-uns chaque année en juridiction, la plupart des ADJ reprennent bien vite les bonnes vieilles habitudes dès qu'ils sont nommés en fonction : méfiance envers l'avocat, défiance envers l'acte de défense et arrogance envers le justiciable, ce concours de recrutement donnant l'illusion à ceux qui le réussissent de basculer vers une toute puissance sans égal. Eric Dupont-Moretti a dit avec justesse qu'il connaissait 50 juges Burgaud en France. Les défauts attribués à ce jeune juge d'instruction sont assez communs à la plupart des ADJ.
Rédigé par: Thierry SAGARDOYTHO | 10 octobre 2007 at 11:06
Vous évoquez «la gouaille fabriquée» et «la nouvelle grossièreté» qui m'interpellent par le détour du langage nature dans l'indignation, et qui est celui de Fadela Amara au CAP d’employée de bureau, mais reçue Docteur honoris causa de l’Université libre de Bruxelles », lettres de noblesse qui évoquent un peu celles de Pierre Bérégovoy, lui aussi un blessé de la vie qui n'avait pas baissé les bras pendant très longtemps.
Porte-drapeau de la 'tolérance Zéro contre la Glandouille': « ….La politique de la ville a besoin de franchise. Entre nous [= ceux qui ont été élus pour retrousser leurs manches], on ne va pas se la raconter.» la suite sur http://fadela-amara.net/blog/index.php/post/2007/09/07/Tolerance-Zero-contre-la-Glanbouille
sa présence au gouvernement ne plaît pas à tout le monde, mais elle dialogue cependant avec ses entartreurs avant de les faire embastiller, traçant ainsi une limite en l'opinion et libre et les façons admises de l'exprimer concrètement.
«La secrétaire d'Etat chargée de la politique de la ville a tenu à dialoguer avec son entarteur dans le fourgon de la gendarmerie.»
Son langage entarte lui-même, parfois, le gouvernement, mais d'un bon entartrage peut résulter, parfois, des effets salutaires. Du moins c'est à souhaiter. Personnellement, je ne suis pas pour sa démission alors que si ce même langage avait été celui de Valérie Pécresse, je serais descendue dans la rue et je le dis très sérieusement.
Autrement dit, à chaque domaine de compétences en effet, son niveau de langage et sa terminologie.
Maintenant était-elle dans son domaine de compétences lorsqu'elle s'est exprimée de la façon qui pose actuellement problème ? Il faudrait une analyse politique poussée et dépassionnée pour le déterminer. En tant qu'opinion libre cependant, dire qu'elle souhaite s'opposer à l'instrumentalisation de l'immigration à des fins inavouées de fichage génétique de l'ensemble ou d'une certaine partie de la population, me paraît beaucoup plus pertinent et susceptible d'être entendu par qui de droit, dans le cadre d'un dialogue ouvert qui poserait la question ainsi et d'une façon dès lors susceptible d'être reprise par beaucoup d'autres dans la majorité : «Jusqu'où exactement comptez-vous aller dans cette voie ?», puis tirer les conclusions d'une réponse ou d'une absence de réponse, par ex. en militant dès lors en faveur d'une nouvelle loi qui poserait des bornes claires à l'utilisation des analyses ADN dans quelque domaine que ce soit, et bien au-delà des questions d'immigration tant choisie que subie, reviendrait à s'exprimer en tant que simple citoyenne d'une démocratie, un état que son appartenance au gouvernement actuel qui l'a recrutée pour ce qu'elle est, ni pute ni soumise, n'est pas susceptible d'oblitérer, mais non en tant que partisane autrement dit 'à part'. Là aussi, il y a des limites qui, à mon sens, se doivent d'être clairement définies.
En revanche, les intellectuels ne sont pas admis dans l'entartrage, si ce n'est entre eux, à Carnaval, et dès lors prêts à en assumer toutes conséquences, en particulier la tarte en retour ! Pour ma part, je dois avouer que je serais extrêmement gourmande d'assister à l'entartrage très concret de [permettez-moi de ne pas citer de nom] par BHL, pour lui demander ensuite comment il se sentirait, et aussi si le 'gardien des mots' n'avait vraiment pas pu trouver d'autres façons de stopper la transformation ou le penalty. En tout état de cause, le relâchement verbal de qui sait s'indigner autrement, n'est ni plus ni moins un cousin des laxatifs, et en aucun cas un argument recevable dans le débat public.
@mike
Je connais des coloniaux qui après vingt ans de colonies n'avaient toujours rien compris au pays squatté, et je connais des Français qui vivent en Asie, et au Japon en particulier, dans les marges des sociétés concernées, et sans s'être jamais vraiment attachés à y comprendre quoi que ce soit, tout en s'autorisant néanmoins sur fond de leur 'expérience' de la vie locale, à conseiller nos politiques et leurs mentors, ce qui n'a pas été sans conduire parfois à de véritables catastrophes.
Beaucoup de Chinois admirent la France, qui doivent savoir que, même si elle s'autorise à penser ce qu'elle veut de certaines de ses méthodes, et même à le penser très fortement, la France n'ignore pas non plus que la Chine est un grand pays. Et parfois, donner l'occasion à quelqu'un de se montrer vraiment grand permet d'arriver plus sûrement à ses fins que d'anéantir les espoirs de millions de Chinois dans les efforts consentis par la Chine à l'occasion des jeux olymiques, et à propos desquels un débat public très houleux s'était déjà tenu en son temps sur l'Agora philosophique préalablement à l'annonce du choix de la Chine pour les prochains jeux. Mais maintenant que ce choix a été fait et que la Chine s'est engagée dans des travaux... à sa mesure, avec l'espoir qui était celui du Japon en 1964, appeler un boycottage des jeux reviendrait à entarter la Chine dans les grandes largeurs et je ne suis pas certaine que l'entartrage en retour du tigre occidental par le dragon oriental [cf, Fengsui] , vous plairait particulièrement et serait vraiment utile au Myanmar où c'est un journaliste japonais qui a récemment laissé la vie !
Répondez franchement à la question suivante : quel niveau de chinois oral avez-vous acquis en sept fatidiques années et combien de caractères pouvez-vous lire ou écrire ? Est-ce que vous regardez régulièrement les émissions de la télévision chinoise en chinois ou en français gratuitement accessibles par le satellite ?
Personnellement je connais une bonne paire de chinois que j'entarterais bien plutôt deux fois qu'une, mais ce n'est pas une motivation suffisante à entarter la Chine sur la scène internationale, qui se voit régulièrement mise en cause même quand ce sont les protocoles fournis par les sociétés américaines qui sont à l'origine du problème, par ex de la peinture au plomb utilisée dans la sous-traitance chinoise du jouet, parce que ça nous arrange bien quelque part de dénigrer la qualité de la fabrication chinoise dans son ensemble ! Ceci dit si la Chine pouvait entendre les véritables motivations du dénigrement, ce ne serait pas plus mal...
Rédigé par: Catherine JACOB | 10 octobre 2007 at 12:02
J'ai mis un article sur mon blog qui correspond pile poil à un commentaire que je pourrais faire au vôtre. Je vous le livre tel quel :
Les mots des maux ou les maux des mots ?
Il y a comme dans "l'œuf et la poule", une difficulté à savoir qui se trouve à l'origine de l'autre.
Est-ce les mots qui engendrent des maux ?
Ou les maux qui s'expriment par des mots ?
Prenons un mot simple, comme Birmanie, il n'engendre pas de maux, il est synonyme de "voyage, orient, exotisme"
Mais si on y ajoute le mot "actualité", il s'associe aussitôt à un autre mot "dictature" et nous nous trouvons devant des maux qui s'expriment par les mots "répression, souffrance, prison, torture".
Le mot "actualité" ouvre la boîte de Pandore et d'autres maux s'expriment "guerre, meurtre, violence, drogue, égoïsme, orgueil, vanité, cancer, alzheimer etc."
Et on en revient à notre interrogation !
Alors prenons comme autre exemple le mot "argent", mais voilà-t-il pas qu'arrivent de suite se coller à lui d'autres mots "richesse, pouvoir, puissance, salaire, bourse" et bien sur, irrémédiablement les maux de notre société s'expriment à travers "injustice, délit d'initié, pauvreté, précarité, chômage".
Et on en revient à notre interrogation !
Un autre exemple ?
Cette fois-ci prenons-en un parmi les maux de notre siècle "parole"…
Ben oui quoi... "parole" est bien un mot non ?
Pourtant c'est bien un mot qui se prend et qui se donne...
Cela vous étonne-t-il que je mette "parole" dans les maux de notre siècle ?
L'actualité (un mot qui revient tous les jours) nous montre que les mots de la parole engendre des maux terribles "mensonge, dissimulation, ruse, manipulation, arbitraire, injustice" et j'en passe…
Et l'actualité (décidément ce mot est récurrent) me dit qu'il y a un mot pas joli du tout qui a exprimé des maux récurrents eux aussi, ce mot est "dégueulasse" et il a voulu exprimer les maux qu'endurent les étrangers au milieu de nous, mais ne peut-il pas aussi exprimer les attentes des jeunes dans les banlieues, des personnes âgées dans leur HLM, des ouvriers licenciés, des vieux en fin de vie, des malades sans argent, etc.
Tiens voilà un mot qui est terrible "etc.", un mot de trois petites lettres, mais avec lui on exprime tout ce qui est inexprimable pour cause de perte de mémoire, de paresse, d'indifférence, etc. etc. etc.
Il y a bien des maux qui nous atteignent tous et parfois, souvent, nous ne trouvons pas les mots pour les exprimer. Cela produit en nous "révolte" et "souffrance" et nous l'exprimons avec des mots incorrects, déplacés, impropres, insensés, violents, blessants.
Je m'astiendrai de parler du "détail", du mot "politique" de peur de voir le mot "confusion" s'associer au mot "Holocauste" avec une majuscule, car ce ne fut pas un détail mineur.
Pourtant le "détail" serait bien utile pour guérir un des maux les plus pervers de notre temps, la "synthèse" que l'on confond souvent avec "permissivité" ou "abandon".
Paraît-il que nous sommes créés à l'image de Dieu !
Alors soit c'est faux et nos mots tendraient à le prouver car ces mots à lui sont créateurs,
Soit c'est vrai et alors il faudrait que de nos bouches sortent d'autres mots pour qu'à sa ressemblance, nos mots soient créateurs de guérison, de justice, de pardon, de paix, de douceur, d'amour, etc.
Mais il y a une autre hypothèse, nous sommes bien créés à l'image de Dieu, mais nos maux tendraient à prouver que nous avons besoins que ses mots à lui soient en nous créateurs de guérison, de justice, de pardon, de paix, de douceur, d'amour, etc.
Alors peut-être qu'à ce moment là nos mots seront conformes à ses mots à lui :
"Que votre parole soit toujours accompagnée de grâce, assaisonnée de sel, afin que vous sachiez comment il faut répondre à chacun." (Colossiens ch.4 v.6)
"L’Esprit du Seigneur est sur moi, parce qu’il m’a oint pour annoncer une bonne nouvelle aux pauvres ; Il m’a envoyé pour guérir ceux qui ont le cœur brisé. Pour proclamer aux captifs la délivrance et aux aveugles le recouvrement de la vue. Pour renvoyer libres les opprimés, pour publier une année de grâce du Seigneur.
Ensuite, il roula le livre, le remit au serviteur, et s’assit. Tous ceux qui se trouvaient dans la synagogue avaient les regards fixés sur lui.
Alors il commença à leur dire : Aujourd’hui cette parole de l’Ecriture, que vous venez d’entendre, est accomplie." (Jésus-Christ dans Luc ch.4 v.18à21)
Cordialement
Pierre-Antoine
PS : Croyez bien que si j'ai blessé quelqu'un par mes mots, je n'ai pas voulu jouer avec ses maux.
Rédigé par: Pierre-Antoine | 10 octobre 2007 at 16:24
@ Catherine A.
je regrette, chère Catherine, de vous avoir choquée.
Loin de moi une "détestation spontanée" de Rachita Dati, que mon grand âge reconnaît, sans contestation possible, jeune et sincèrement très jolie.
Il y a, vous l'écrivez vous-même, des "hommes incompétents à des postes importants ... à la pelle", je suis, hélas, parfaitement d'accord avec vous.
Raison de plus pour ne pas y ajouter des femmes, et lutter pour que l'incompétence - qu'elle soit masculine ou féminine - disparaisse, chez les politiques ou ailleurs... Mais convenez qu'un peu moins de mondanités, un peu plus de reconnaissance pour autrui, et un zeste de modestie, ne nuiraient pas à la compétence !
Rédigé par: Frédérique Cousin-Taillardat | 10 octobre 2007 at 16:28