Grâce à l'action des sociétés de personnels du groupe Le Monde, les Publications de la Vie catholique, etc, Alain Minc ne présidera plus le conseil de surveillance à partir du mois de mars 2008. C'est une bonne nouvelle. Il pourra choisir son successeur: c'est une mauvaise nouvelle.
Bertrand Cantat bénéficie depuis peu d'une libération conditionnelle.
Est-ce une bonne nouvelle pour la justice ?
Il faut le dire tout net : à partir du moment où l'exécution de la peine n'est jamais totale, il n'y avait aucune raison pour que Bertrand Cantat ne soit pas libéré alors qu'il avait déjà effectué plus de la moitié de son temps de détention. Il n'a bénéficié d'aucun traitement particulier, son comportement pénitentiaire a été exemplaire et il est évident que, pour lui, le projet de réinsertion est acquis.
Il a commis le crime de coups et blessures volontaires ayant entraîné la mort de Marie Trintignant sans intention de la donner dans la nuit du 26 au 27 juillet 2003 à Vilnius en Lituanie. Il a été condamné par une juridiction de ce pays le 29 mars 2004 à la peine de huit ans d'emprisonnement. Transféré à Muret, en France, la libération conditionnelle lui a été accordée par une décision d'un magistrat de Toulouse, chargé de l'application des peines, qui a suivi l'avis du parquet. Des extraits, publiés par le Figaro, montrent à quel point l'argumentation a été développée avec soin et les possibles critiques intelligemment réfutées.
Bertrand Cantat devra se soumettre à une double obligation et la période probatoire, en plus, a été prolongée d'un an jusqu'au mois de juillet 2010.
En dépit de la célébrité du chanteur, je ne suis pas sûr qu'on évoquerait avec une telle "couverture" médiatique sa sortie de prison si Nadine Trintignant, la mère de la victime, n'avait cessé depuis le drame de mener un combat évidemment inspiré par la douleur et par la volonté de continuer à faire de cette tragédie une affaire extraordinaire.
J'avais tenté de montrer, à l'époque, dans un article publié par le Figaro, comme ce crime m'était apparu terriblement passionnel, révélant l'incompréhension de deux mondes, l'affrontement de deux êtres et la violence sans excuse de l'un sur l'autre. Il n'empêche que tout crime, et celui-ci plus qu'un autre, ne peut être appréhendé et expliqué que si on accepte de mettre en face du crime la victime qui, vivante, innocente, sans le savoir, a pu mettre en branle sans le savoir des démons insoupçonnés chez l'autre.
Nadine Trintignant a tout tenté, encore récemment par un courrier, pour interrompre un processus qu'elle sentait proche d'aboutir. Elle n'a pas réussi dans son entreprise et si je plains la mère éplorée et indignée, j'en suis heureux pour la justice.
Nadine Trintignant vient de déclarer, selon le Parisien "Par la loi, un homme qui tue sa compagne ou son épouse pourrait être condamné à vingt, vingt-cinq ou à perpétuité. Or cela ne dépasse jamais les huit ans et ils n'en font que quatre... Si les hommes savaient qu'ils peuvent risquer vingt à trente ans de prison non compressibles, il y aurait peut-être moins d'orphelins."
Même pour soutenir la cause des femmes battues, celle de sa fille qu'elle assimile à ces drames ordinaires en en retirant l'incendie intime, j'ose dire que ses propos me semblent excessifs. Cette légitime dénonciation des violences viriles a-t-elle besoin d'être exprimée avec cette sorte de rage "populiste" qui s'égare par ailleurs sur le plan de la vérité pénale ? Puisque Bertrand Cantat est clairement la seule cible de cette diatribe, puis-je rappeler que le crime qui lui était reproché est puni en France de quinze ans de réclusion criminelle, le meurtre de trente ans et l'assassinat de la réclusion criminelle à perpétuité ? Le mélange opéré par Nadine Trintignant pour mieux laisser croire à une scandaleuse indulgence pourrait être admis et compris dans l'immédiateté de l'horreur et de la perte mais quatre années plus tard il est moins convaincant dans son excès que regrettable dans son approximation.
Certes, je pourrais me féliciter que des sensibilités progressistes, ayant signé, je crois, moult pétitions en faveur d'une société décrispée et compréhensive - et c'est un euphémisme ! - découvrent qu'il est des rigidités et des sévérités qu'on souhaite plus que tout et que la cause des autres n'a rien qui ressemble à la vôtre, avec son chagrin ineffaçable. Ce serait une autre mère de victime qui se laisserait aller à proférer de tels propos, nul doute qu'on leur donnerait moins d'écho et qu'ils seraient même taxés d'outranciers.
Nadine Trintignant, en elle-même et autour d'elle, grâce à sa culture et à sa capacité de résistance à l'instinctif, dispose d'un capital pour ne pas succomber à la haine, et pourtant elle y cède. Je me demande qui pourra jamais résister à ce ressentiment vindicatif et obsessionnel qui vise à remplacer la personne qui manque par l'être toujours présent du condamné. Il faut que celui-ci n'en finisse jamais avec sa peine, avec la peine qu'il a causée.
La douleur aurait tous les droits. Il y aurait une immunité de la douleur. Toute la vie ?
@sbriglia :-)
@Olivier : pitié, non !
Rédigé par : catherine A. | 18 octobre 2007 à 18:28
"Toutefois si vous consentiez à décrire plus précisément votre difficulté à comprendre mon texte je pourrais peut-être essayer de reformuler les choses autrement."
Olivier soit vous êtes un provocateur... soit vous cherchez "l'immunité de la douleur" par la mithridatisation.
Rédigé par : sbriglia | 18 octobre 2007 à 16:59
@Parayre : merci de m'avoir corrigé et de me faire ainsi découvrir une face cachée de vos multiples talents... Pierrot Danos, bien sûr : ça ne nous rajeunit pas !
@Catherine A. : hélas, comme vous avez raison !
Je vous renvoie au commentaire de "gudule" sur le dernier post (concernant Guaino) de "rebuts de presse" (site du nouvel obs), blog toujours vivifiant de Didier Jacob... rien à voir avec qui vous savez : un vrai pianiste, lui...
Rédigé par : sbriglia | 18 octobre 2007 à 16:51
Olivier
«Catherine Jacob : je vous ai lu, sans comprendre (pardonnez-moi). Mais je vous ai lu. »
C'est à vous de me pardonner de n'écrire pas de façon suffisamment intelligible. Merci d'avoir eu la patience de lire malgré tout. Toutefois si vous consentiez à décrire plus précisément votre difficulté à comprendre mon texte je pourrais peut-être essayer de reformuler les choses autrement.
Rédigé par : Catherine JACOB | 18 octobre 2007 à 16:38
@sbriglia
Plus que touché par votre indulgente adresse, je suis toutefois contraint de vous indiquer que la superbe citation relative aux "joueurs" et "déménageurs de piano" appartient à Pierre Danos, ancien capitaine de l'AS Béziers, vainqueur à deux reprises du tournoi des V nations, et non à Jean-Pierre Rives dit "casque d'or", aujourd'hui sculpteur et... exploitant de restaurants et brasseries sur Paris et Toulouse.
Rédigé par : Parayre | 18 octobre 2007 à 15:01
Quel est le père ou la mère d'un enfant mort des coups d'un autre qui ne lui vouerait une aversion teintée de haine ? Pour ne pas l'éprouver, il conviendrait qu'ils soient des humains miséricordieux qui, sans oublier, comprennent ce qui a pu se produire. C'est rare et digne. Ainsi B. Cantat a été condamné pour un meurtre sans l'intention de tuer puis libéré à mi-peine sous conditions. Sans discuter la hauteur de la peine, c'est chose jugée, son aménagement. Aujourd'hui demeure la honte de la culpabilité, l'attitude de la société, des proches de Marie Trintignant, dont celle de N.Trintignant. Peut-être a-t-elle pensé à la Bible ? Caïn a délibérément assassiné Abel. Il a nié sa culpabilité à Yaveh qui l'interroge, il n'était pas responsable de la sécurité de son frère, c'est mou comme défense ! Yaveh qui sait tout, selon les commentaires de la Genèse de Rachi au 13 et Friedmann au 20ème siècle, souhaitait fournir à Caïn la chance de se culpabiliser, sachant que le péché rôde et qu'il faut le dominer par la bonne volonté de l'homme. Caïn n'en fit rien et fut condamné à demeurer un fugitif grattant sans espoir une terre ingrate et maudite. Quant à la suite N.Trintignant peut s'y appuyer. Caïn condamné dit ne pas pouvoir supporter sa faute sous le regard divin. De surcroît, Yaveh interdit, jusqu'à le venger sept fois, qu'on le supprime, pour qu'il garde le souvenir de son péché jusqu'à l'entrée dans sa tombe, à sa septième génération, il sera tué par Lameth, son descendant d'alors. Je crois que B.Cantat gardera aussi perinde ac cadaver, le souvenir de sa faute mais en homme libre. Je ne pense pas que quiconque puisse reprocher à N.Trintignant d'être une mère meurtrie voire vengeresse, nonobstant sa notoriété.
Rédigé par : francis | 18 octobre 2007 à 14:18
Juste pour demander à certains de lire attentivement le pertinent rappel des faits par Marie. Mais franchement
je n'ai aucune envie de faire une fixation sur Bertrand Cantat qui ne m'intéresse pas du tout. Reste que cette affaire étant devenue par la personnalité de ses protagonistes, symbolique, elle est peut-être l'occasion de réfléchir aux violences faites aux femmes et plus largement à la place des femmes dans notre société et dans le monde en général : femmes battues ici, excisées là, violées dans toutes les guerres... Ludo, vous n'êtes pas obligé de me croire mais je ne suis pas devenue féministe pour me venger des hommes ; je suis désolée (figure de style !), la vie depuis ma naissance a été plutôt sympathique mais j'ai des yeux, des oreilles, j'ai vu des femmes mises sur le trottoir, des ouvrières du textile en baver des ronds de chapeaux sans que les syndicats lèvent le petit doigt, des mères se battrent seules avec leurs enfants pour survivre, des copines étudiantes se faire avorter n'importe comment et amenées à l'hosto en piteux état, des femmes battues obligées de quitter le domicile conjugal (encore la règle hélas), d'autres veuves très jeunes et contraintes par la pesanteur sociale à le rester, toutes de noir vêtues jusqu'à la fin de leurs jours et j'en passe ; j'ai donc pensé que c'était aux femmes privilégiées comme moi de prendre la parole pour elles, d'essayer de les aider. Je ne vous accuse pas vous et les autres hommes d'en être responsables ; je dis simplement que nous vivons dans une société qui tolère encore l'intolérable. Je ne suis pas dans la lutte des sexes et je ne crois pas être une mégère non apprivoisée ; même s'il ne m'appartient d'en juger.
Je crois aussi que nous avons tous à gagner à ce que la barbarie, l'injustice reculent, à ce que le faible ne soit pas toujours écrasé. Vous connaissez la formule "il y a toujours plus pauvre que le plus pauvre, c'est sa femme" ; pour moi c'est insupportable. En Espagne, en Inde, en Afghanistan ou ailleurs.
Rédigé par : catherine A. | 18 octobre 2007 à 09:53
Bonjour, et merci pour ce billet.
"Ce serait une autre mère de victime qui se laisserait aller à proférer de tels propos, nul doute qu'on leur donnerait moins d'écho et qu'ils seraient même taxés d'outranciers."
J'ajouterais :
s'il s'agissait d'un autre accusé, il y a longtemps qu'il serait dehors !
Avant de commettre les forfaits (assassinat de Jeanne-Marie Kegelin, 10 ans, Julie Scharsch, 14 ans, et d'Hedwige Vallée, 38 ans) qui l'ont tristement rendu célèbre, Pierre Bodein avait écopé de trois condamnations pour un total de... 62 ans de prison. Ces trois condamnations étant simultanées, il n'a donc effectué que la plus longue, soit 25 ans, et ce conformément au droit francais. Peine pour laquelle il a bénéficié de remises de peines, il est donc sorti au bout de 13 ans.
La moindre des choses quand on a laissé sortir un Bodein, c'est de donner une nouvelle chance à B.Cantat. Marie Trintignant n'en aura assurément pas, mais ce seul constat justifie-t-il que les lois en vigueur ne s'appliquent pas à B.Cantat ?
Rédigé par : nicolas | 18 octobre 2007 à 00:27
Catherine Jacob : je vous ai lu, sans comprendre (pardonnez-moi). Mais je vous ai lu.
Rédigé par : olivier | 17 octobre 2007 à 22:52
Catherine A. considère que la peine encourue pour violences conjugales est trop faible, cela s’entend. Mais il ne me semble pas que ce soit le sujet de Nadine Trintignant. Il me semble que ce qu’elle ne supporte pas est que Cantat puisse un jour sortir de prison.
Cela se comprend : Cantat vivant lui interdit tout deuil, car il y a un responsable à son malheur qui lui permet de ne pas affronter ce fait simple : la mort de sa fille de son vivant.
Ce fait aurait pu subvenir de toute autre façon, et être mère c’est accepter d’avoir donné vie à une personne aimée destinée à la mort. La douleur est alors aussi forte mais sauf à maudire Dieu, la vie, etc, le fait de n’avoir pas de responsable oblige à affronter le deuil.
Là la haine a pris racine peut-être pour toujours, car la haine est sans doute le sentiment humain le plus naturel et peut-être le plus fort durablement, du moins si l’on y prend pas garde : j’imagine que la mort de Cantat seule peut apaiser la haine.
Antigone est toujours là.
Vous avez raison PB, il n’est pas anodin qu’une figure emblématique des croyants du progrès se retrouve sœur d’Antigone, et s’apprend à elle-même que rien ne change sauf l’écume des époques.
Rédigé par : Jean-Marie | 17 octobre 2007 à 18:27
A Catherine A
Je n'apporterai pas de commentaire supplémentaire aux différentes réactions que je viens de lire, sauf celui-ci.
Vous écrivez dans votre tout premier commentaire d'hier :
"...Que cette sortie anticipée à mi-peine soit "normale" j'en conviens ; il n'empêche que condamner à 8 ans de prison quelqu'un pour un meurtre, en sachant qu'il n'en effectuera que 4 ans, perso je trouve que c'est peu cher payé..."
Ce procès d'intention que vous faites à notre justice ne tient pas, car la condamnation de Bertrand Cantat à 8 ans d'emprisonnement a été prononcée par la justice de la République lituanienne.
La justice française n'a fait que prendre en compte ce jugement comme base, et a traité ensuite la demande de requête en liberté conditionnelle selon les textes en vigueur actuellement.
Ni plus, ni moins.
Rédigé par : Samagne | 17 octobre 2007 à 17:06
Catherine A,
Y étiez-vous, vous-même ?
Vous déformez mes propos comme d'habitude, j'ai parlé d'une rire mauvais, pas d'un air mauvais ou d'un regard mauvais.
J'ai dit que je comprenais cette perte de contrôle, ce geste impulsif, pas que je l'excusais, ce qui n'a rien à voir !
Oui, il y a des mots, des attitudes qui font très mal, qui vous font sortir de vos gonds. Contrairement à vous, je ne suis pas dans une guerre des sexes, ceci est tout à fait valable à mes yeux dans un cas comme dans l'autre.
Je n'ai jamais dit que la femme était la propriété de l'homme, je ne pense pas ce genre de chose et il n'y a pas que les enfants qui croient aussi à l'amour éternel, il y a également les amoureux. Je n'ai pas parlé de garce à propos de Marie Trintignant, vous n'êtes que dans une pure extrapolation de ma pensée, totalement fausse de surcroît.
Cantat n'était pas un récidiviste, c'est ce que veut faire croire Nadine Tritignant qui use de tous les stratagèmes pour imposer son diktat de bourgeoise de gauche. Les témoignage des ex-compagnes disent le contraire... Vous prenez la justice pour un terreau machiste qui dissimule la vérité pour alléger la peine des crimes masculins ?
Je me fiche de l'Espagne.
Personnellement, je trouve que cette prise de parti systématiquement féministe dans la confrontation vaut le machisme car il égare le jugement.
Parce que Cantat est un homme, il lui aurait fallu perpétuité, devenir le machiste qu'il n'est pas, le symbole que cherchent Lio et autres qui sont fêtées à la Thanks- giving. Et bien non, la justice n'a pas à être le porte-drapeau de micro-fascismes qui ne cessent de faire du vous et du nous, de réclamer son petit privilège partial dans une société égalitaire.
Pour une femme, vous auriez demandé les circonstances aténuantes, parce qu'elle vivait avec un "macho" ?
Rédigé par : Ludo Lefebvre | 17 octobre 2007 à 17:01
Nadine Trintignant nous fait oublier que Marie a également un père : Jean-Louis. Un homme certainement meurtri au plus profond de lui-même par ce drame et qui a su pudiquement se taire. Paraphrasant Montherlant je ne peux que conclure : "Que de bruit dans ce silence."
Rédigé par : Bernard de .. | 17 octobre 2007 à 16:22
@ catherine A
Sans prendre parti pour le meurtre masculin ou féminin Carmen ne doit pas nous faire oublier Médée .
Rédigé par : Bernard de .. | 17 octobre 2007 à 16:11
"un crime n'est pas un assassinat"
Un crime n'est pas forcément un assassinat, effectivement (le viol et la torture sont des crimes sans être des assassinats), mais dans le cas présent il faut surtout souligner qu'en France, un homicide involontaire n'est pas un crime mais un délit.
Rédigé par : Le hasard | 17 octobre 2007 à 16:02
"Des extraits, publiés par le Figaro, montrent à quel point l'argumentation a été développée avec soin et les possibles critiques intelligemment réfutées."
Bien.
Mais jusque-là nous ne sommes pas non plus dans l'exploit, l’époustouflant ou le très exceptionnel dans une argumentation.
Ou alors, si l'argumentation du magistrat est à ce point intelligente. Alors, mon Dieu, que penser des argumentations des magistrats pour des cas, disons, moins voyants ?
Nous sommes, dans l’argumentation de cette décision, dans ce qui devrait être la norme.
Une argumentation fouillée, détaillée, soignée, travaillée ne doit pas être de l'ordre d'un exceptionnel ou d'une heureuse surprise. C'est ce qu'on est en droit d'attendre des magistrats, au regard du pouvoir qui est le leur.
Je n'ai rien à ajouter sur la libération conditionnelle de B. Cantat.
Dans ce qui se pratique ordinairement sur cette question, cette mesure est en conformité et légitime.
Je ne suis pas du tout d'accord avec votre propos qui consiste à ne présenter N. Trintignant que comme le porte-parole de la douleur d'une victime qui n‘aurait de cesse de poursuivre de sa souffrance le meurtrier de sa fille.
N. Trintignant appartient à une génération de femmes qui ont fait beaucoup pour la cause des femmes. On leur doit énormément pour la prise en compte de l'horreur banale et quotidienne vécue par les femmes quand elles sont frappées et parfois battues à mort.
Bien avant Vilnius, N. Trintignant s'est inscrite dans ce combat.
Après, qu'elle se soit égarée par des publications ou par des prises de position qu'on peut juger excessives ou inopportunes est une chose.
Comme beaucoup, je le lui ai reproché.
Mais je reconnais à N. Trintignant la place qu'elle, et avec elle d'autres femmes, ont su conquérir pour porter secours à des femmes en totale et terrifiante détresse.
Rédigé par : Véronique | 17 octobre 2007 à 13:25
« …Il a commis le crime de coups et blessures volontaires ayant entraîné la mort de Marie Trintignant sans intention de la donner dans la nuit du 26 au 27 juillet 2003… »
Cette formulation me fait bondir à chaque fois que je la lis. Que ce soit pour ce fait ou un autre.
Rappel nécessaire : « [En 2003, interrogé par l'AFP, le procureur général Antanas Klimavicius a expliqué que B Cantat sera inculpé pour "homicide, en vertu de l'article 129 du code de la criminalité", précisant que la charge d'homicide volontaire n'était pas prévue dans ce nouveau code de la criminalité lituanien ».
"Nous considérons, contrairement à ce qu'il prétend, qu'il a volontairement donné la mort à Marie Trintignant, a en outre souligné Ramutis Jancevicius, le procureur du district de Vilnius, dans un entretien au Parisien. Il était conscient de ce qu'il faisait. Par ailleurs, son attitude après l'évanouissement de sa victime montre qu'il n'a rien fait pour tenter de la sauver.] »
Perdre un enfant pour une mère, étant donné le lien qui les unit, quel que soit son âge, est une tragédie. C’est hors nature. Le perdre dans des conditions d’extrêmes violences rend cette évidence insupportable.
Mme Trintignant n’a certainement pas « digéré » le fait de n’avoir pu faire délocaliser l’affaire. Le droit français proposant des peines plus lourdes qui ne sont, d’ailleurs pas appliquées. Mais, en Lituanie, il y a bien eu procès. Seulement, les victimes ou familles de victimes éludent, ou ne sont pas suffisamment informées, tout simplement, au moment du procès, des remises de peines, (y en a-t-il seulement en Lituanie ? ) desquelles se trouvent déduites, ce qui est normal, la durée de la détention provisoire. Cependant qu’est-ce que cela changerait, puisque le reste de la peine fut effectuée en France ? Peut-être tout simplement une procédure d’appel ?
Mme Trintignant aurait cru que la peine imposée aurait été effectuée en entier ?
Un appel avait été interjeté, puis subitement interrompu, alors ?
Une justice a été rendue.
Qu’il reste une animosité, elle est compréhensible.
Contrairement à la chanson, le temps n’efface pas. Encore moins lorsque l’auteur de la disparition de l’être cher se trouve et se trouvera médiatisé, ce, au fil des années, plus ou moins ouvertement, du fait de sa notoriété. De quoi raviver des douleurs qui cicatrisent mal. Douleurs ravivées, parfois, innocemment par des enfants qui ont juste la « maladresse » de ressembler à leur maman, soit dans le physique, soit dans les manières, soit dans l’esprit…
Eh oui ! Car dans cette malheureuse affaire, il y a, il ne faut pas les oublier, des enfants, quatre, et deux sont encore mineurs.
Animosité qu’il faut apprendre à canaliser du fait de ces jeunes, pour leur santé.
http://www.lepoint.fr/content/confidentiels/article.html?id=184488
http://www.actustar.com/Actualites/15594/les-ex-de-marie-trintignant
t-se-battent-pour-leurs-enfants
Il y a un point, dans les propos de Mme Trintignant, que je rejoins, si les hommes violents étaient jugés plus sévèrement face à leurs actes, (puisque les lois de ce pays contiennent des durées conséquentes), à la longue, du moins il faut l’espérer, ceux-ci seraient contraints à se modérer. Eradiquerions-nous, en partie du moins, cette calamité ? Mais il est vrai que face à une certaine misère, face à l’alcool, face à la drogue…. !!!! et aussi, sans doute, à une certaine indifférence... !
La loi atteint-elle au moins son objectif ? Les faits sont-ils bien interprétés puisque souvent des individus considèrent qu’il y a violences parce que le couple veut divorcer !!! Et que c’est une manipulation de la femme ! Ce qui est un comble.
Mais en réalité, qu’est-ce que la vie de la femme face à celle de l’homme ?
J’ai déjà dénoncé sur ce blog le cas qui m’avait révolté, il y a plusieurs années maintenant, de cette femme espagnole tuée de 66 coups de couteau par son mari. La justice espagnole avait, au moment du procès, estimé qu’il n’y avait pas eu acharnement de la part de ce dernier.
En Iran, la vie de la femme ne vaut que la moitié de celle de l’homme. Aussi lorsqu’elle est tuée, c’est sa famille qui doit verser de l’argent à l’agresseur puisqu’elle ne vaut que la moitié de sa vie.
C’est peut-être de là que vient l’expression préférée des hommes, en parlant de leur femme : « ma moitié » !
D’où la place qui lui est réservée.
D’où la difficulté de faire appliquer la parité, notamment au Parlement où les femmes n’ont pas l’accès qui leur serait dû, ayant tout autant que les hommes, le droit de voter des lois qui les concernent.
Mais là, est encore un autre débat...
Rédigé par : Marie | 17 octobre 2007 à 12:08
@ Catherine,
Je vous trouve excessive dans vos propos qui relèvent à n'en pas douter d'un certain révisionnisme judiciaire.
Le mot "meurtre" que vous employez a une signification précise qui ne correspond pas à la qualification juridique retenue dans cette affaire.
De même, lorsque vous écrivez que "Bertrand Cantat a battu à mort Marie Trintignant et l'a laissée mourir sans appeler les secours", vous rendez compte de faits qui ne correspondent pas à la réalité telle qu'elle a été judiciairement établie ; vos propos laissent en effet clairement entendre que B. Cantat a intentionnellement tué M. Trintignant.
L'excès ne sert malheureusement pas la noble cause que par ailleurs vous semblez vouloir défendre.
Laissons l'émotion et le désir infini de vengeance aux seules familles éplorées, c'est déjà beaucoup.
Rédigé par : Nicolas | 17 octobre 2007 à 12:03
En dehors des questions de justice sur lesquelles je me garderai bien de me prononcer, je m'interroge sur la difficulté des hommes, et des femmes, de se méfier de la passion et de vivre plutôt de tendresse, voire de raison.
Je n'ai pas la réponse ; dans le film "le printemps, l'été, l'automne, l'hiver et... le printemps," le vieux moine déclare que la passion prolongée peut conduire au meurtre. Peut-être lui même en a-t-il fait l'expérience ? En serions-nous exempts ?
Si quelqu'un a la réponse, je la méditerai.
Rédigé par : mike | 17 octobre 2007 à 11:54
"Vous oubliez aussi que très peu de femmes tuent celui qui veut les quitter" nous conte Catherine A
(preuve que je lis bien presque tout :-)
je prends note ; je pense qu'après 35 ans de bonheur commun, je vais... à cause vous... quitter ma très chère épousée !
et dire qu'avant de vous élire ici, cette pensée ne m'avait même pas effleuré ! :-(
sinon immunité
rime avec impunité ?!
Sissi et ce, face à son destin !
(sinon comme chanteur, je l'ai beaucoup écouté à une époque révolue ; sissi aussi !)
Rédigé par : Cactus yeux révolver | 17 octobre 2007 à 11:37
catherine A.
"Vous oubliez aussi que très peu de femmes tuent celui qui veut les quitter ou qui les regarde d'un air mauvais, j'en conclus donc qu'elles n'ont pas de coeur. "
Les femmes ne sont pas tant dans la violence physique que dans une autre forme de violence, celle qui effectivement peut pousser à bout ou, tant qu'à dire les choses comme elles sont car pourquoi serions-nous fondamentalement meilleures qu'eux, le fameux petit 'bouillon de onze heures' qui n'est pas du tout une arme masculine, mais l'arme de la patience déterminée. Or donc, si le coup de sang est de l'ordre passionnel, que dire de cette lente, obscure et mesquine distillation de tous les poisons y compris des poisons de l'âme dont notre littérature est remplie...
Rédigé par : Catherine JACOB | 17 octobre 2007 à 11:13
olivier
«Ensuite, je crains pour l'avenir démocratique d'une nation où celui qui a vu le vol du parapluie du conducteur de bus s'époumone comme celui dont on aurait brisé les jambes. »
Lequel lui ne s'époumone pas lui, comme chacun sait, mais garde ses forces autant que possible et prévient simplement de ce qui va arriver, qui effectivement arrive.
Personnellement, j'ai déja perdu au moins cinquante parapluies vu que je les oublie assez facilement s'il a cessé ou presque de pleuvoir entre temps. J'ai également récupéré trois aux quatre reliquats de parapluie aux baleines cassées par le vent, mais d'une facon générale j'aime la pluie qui me remémore les paroles de ma grand-mère: «Les beaux oiseaux ne mouillent pas.»!
En effet sur les plumes des beaux oiseaux l'eau glisse leur ajoutant un éclat particulier lors du retour des rayons du soleil qui se reflètent dans les gouttes de pluie.
Une suggestion concernant les parapluies : au Japon, il existe des dépôts de parapluie publics à usage des passants et où l'on peut se servir ou reposer le parapluie emprunté à un autre endroit, ce gratuitement, contrairement à ce qu'il en est ici pour les vélos.
Gouttes de pluie au soleil http://pds.exblog.jp/logo/1/200409%2F26%2F02%2Fb0032802%282%29%2Ejpg et http://blogimg.goo.ne.jp/user_image/39/e5/c371dfa5b0e420585d8294
5849277bca.jpg
Enfin il n'existe pas de parapluie, même judiciaire, pour les pluies de larmes, juste le soleil... Quand le soleil reviendra-t-il pour N Trintignant ? Qui peut le dire ?! On peut juste le lui souhaiter.
Rédigé par : Catherine JACOB | 17 octobre 2007 à 10:44
Ce qui fait frémir, dans votre propos par ailleurs mesuré et sensé, c'est ce constat affligeant : "L'exécution de la peine n'est jamais totale" !
Dont acte. C'est la loi et il n'est pas question de s'opposer à la loi (au moins dans mon esprit) !
Mais alors, à quoi cela sert-il de faire délibérer un jury (dans les affaires criminelles), si c'est de toute façon pour se "moquer de sa sentence", pourtant plus forte qu'un collège de juges assis (vox populi, vox dei, n'est-ce pas !) ?
Et qu'on ne vienne pas me dire que déjà, dans leur tête, 15 ans (ou 20 ans), ce n'est pas rien même si on divise par deux la peine.
S'ils estiment que mettre à l'abri la société des dangers d'un criminel patenté pendant 20 ans est un minimum, tout bien pesé, vous devriez leur proposer 40 ans dans vos réquisitions... en tenant compte de l'existence d'un JAP !
Rédigé par : Infreequentable | 17 octobre 2007 à 10:44
@Ludo, franchement arrêtez de vous faire du cinéma ; "une femme à l'air mauvais", rire quasiment sardonique d'un côté, un gentil garçon malmené par une garce de l'autre. Y étiez-vous ? Et même si cela s'était ainsi passé. Je t'aime trop, je te tue ; c'est ce que l'on entend dans chacun de ces meurtres ; c'est en criant ça que les hommes espagnols, étaient descendus dans rue, faisant du meurtrier une victime. Comme si les femmes infidèles, et souvent même pas, devaient finir comme Carmen. Je me répète mais une femme n'est pas la propriété de son compagnon ; toute relation humaine est par essence fragile, aléatoire, elle peut s'arrêter d'un instant à l'autre. Il n'y a que les enfants qui croient à l'amitié éternelle pour ne pas le savoir ou les êtres bouffis de vanité. Vous oubliez aussi que la plupart de ces hommes sont des récidivistes et il semble bien que Cantat en était un ; des hommes pour qui les femmes sont des choses, LEURS choses.
Vous oubliez aussi que très peu de femmes tuent celui qui veut les quitter ou qui les regarde d'un air mauvais, j'en conclus donc qu'elles n'ont pas de coeur. C'est d'ailleurs ce que vous dites à longueur de posts.
Rédigé par : catherine A. | 17 octobre 2007 à 09:47
On peut s'interroger sur la publicité de cet aménagement de peine.
Il me semble que cette publicité enferme la malheureuse mère de la victime : en tant que mère, elle ne peut pas tenir d'autre discours. Toute autre parole serait "scandaleuse".
Ce n'est pas madame Trintignant qui s'égare, c'est tout ce climat qui égare.
Quels que soient nos antécédents, cela nous rappelle, je crois, la nécessaire distinction de la Justice : la partie civile n'est pas le procureur, le procureur n'est pas le juré, le juré n'est pas le juge d'application des peines et le JAP n'est pas le conseiller "insertion-probation".
Cela nous rappelle aussi le danger d'identification de l'ensemble de la société aux victimes.
D'abord, cette identification est un irrespect envers les véritables victimes (il y a des compassions sans retenue qui frisent le voyeurisme et la jouissance secrète - n'en soyons pas dupes, une certaine presse regorge de cela derrière le masque de la compassion).
Ensuite, je crains pour l'avenir démocratique d'une nation où celui qui a vu le vol du parapluie du conducteur de bus s'époumone comme celui dont on aurait brisé les jambes. Le citoyen peut aussi calmer le jeu, de lui-même - c'est même, il me semble, son devoir.
Les grands mouvements totalitaires se sont tous réclamés d'une justice maintenant, d'une justice enfin ; il se sont tous appuyés sur le cri du peuple (pour mieux l'étouffer et le contraindre après).
Une pensée donc pour la mère de Marie dont la voix résonne encore en nous. Une pensée, aussi, discrète, pour la mère de Bertrand.
Rédigé par : olivier | 17 octobre 2007 à 08:48