Hier soir, je l'avoue, j'ai rechuté.
Je venais de regarder Jour de foot sur Canal Plus. Le présentateur est intarissable mais on peut couper le son pour ne le remettre que lors de la diffusion des extraits de matchs. C'est une bonne méthode.
J'aurais du éteindre. Pourtant, avec la conscience d'accomplir un mauvais geste, avec un abandon lâche, j'ai glissé sur France 2 pour plonger dans "On n'est pas couché". Je suis demeuré devant l'écran durant au moins une heure. Avant même de m'attacher à ce qui nous était montré, je m'évertuais à tenter de me comprendre. De comprendre comment on ne veut pas mais qu'on céde. De comprendre pourquoi il y a une fascination de ce qui révolte ou de ce qui gêne, avant le refus ou le rejet. On est donc si peu de chose que rien ne puisse nous arrêter sur la pente fatale, qui nous entraîne vers le pire avec une pleine lucidité. Dégringoler donne une once de volupté.
Pourtant, je ne regrette pas ma faiblesse d'un soir.
Non pas grâce à Laurent Ruquier que j'ai revu fidèle à lui-même. Tonitruant et continuant à s'esclaffer, sans aucune pudeur, de ses propres plaisanteries, sans doute pour donner le signal du rire à un public aux franges de la débilité et ravi de sa massification organisée.
Non pas grâce à Eric Zemmour et Eric Naulleau qui ont cependant offert, dans un entretien avec Philippe Brunel, un journaliste de "L'Equipe" sympathique, modeste et compétent, quelques minutes d'émission "normale" dans le bon sens du terme. C'était rassurant. On pouvait donc échapper à la médiocrité, à la fausse drôlerie se nourrissant d'elle-même pour faire croire à sa misérable étincelle.
Mais grâce aux duettistes Bataille et Fontaine. Le premier, pour faire dans un populisme de mauvais aloi, a jugé malin, pour flatter Philippe Brunel, de soutenir cette absurdité que l'Equipe est un quotidien dont l'écriture est de meilleure qualité que celle de Télérama. Je lis régulièrement l'Equipe. Télérama, sur le plan culturel, ne représente pas mon idéal. Je n'aime pas trop ceux qui en permanence, dans leurs articles, affichent "Regardez comme je pense !" C'est lourd, c'est pesant, c'est ostentatoire, le progressisme irréfutable et les consciences pédagogues ! Mais, de grâce, Télérama sait écrire et l'Equipe aussi dans un autre registre mais oser prétendre, sans être contredit, que le quotidien surpasse sur ce plan l'hebdo est une ânerie.
Il y a eu pire. Le second - Fontaine donc, si je ne me trompe pas, ils sont si proches l'un de l'autre à tous points de vue - s'est cru autorisé, à l'invitation de son compère, à se moquer grassement de Daniel Schneidermann (DS). Bien sûr, offenser un absent ne demande aucun courage. Mais quelle lamentable drôlerie que celle qui permet à un bateleur, derrière l'impunité qu'on lui accorde, de "se payer" le talent, l'intelligence et la finesse d'analyse ! Je ne méconnais pas le fait que DS ait pu agacer, voire exaspérer parfois. Il n'empêche qu'il n'y a pas "photo" entre celui qui invective et celui qu'on s'imagine abaisser alors que la vulgarité de l'attaque le rehausse.
Mais à quoi sert Laurent Ruquier ? Si, un court instant, il était sorti de l'écoute de ses saillies et de ses propos, s'il avait fui le ravissement que lui inspire son être télévisuel, il aurait pu, il aurait dû intervenir. Ou, alors, le divertissement offre-t-il toute licence à des personnalités discutables pour proférer n'importe quoi sur des sujets sérieux ou des êtres qui les dépassent de cent coudées ? La télévision permettrait-elle seulement la revanche de présents bas de gamme sur des absents haut de gamme ? Devant de tels agresseurs et des polémiques de cette sorte, n'importe qui devrait se sentir l'âme d'un justicier.
J'aurais aimé que Ruquier apporte au moins un bémol, par la nuance ou l'équité, à ces procès faciles, pas si insignifiants qu'on le croit. La bêtise et l'outrance de la télé s'inscrivent dans les têtes. Il n'y a jamais de procès dérisoires quand ils sont choquants et expéditifs.
Quel paradoxe que de devoir reprocher à Laurent Ruquier de s'être tu !
J'ose dire que j'ai été témoin d'une mauvaise action et que LEUR rire rend amer et triste. Pas joyeux.
Ben, alors, Philippe?!!!
Vous n'étiez pas... couché? :)
Ce soir, il faut avoir une âme d'éternel gamin en 1ère partie de soirée :) sur 2 chaînes françaises... ou avoir la TNT, ce que, nous, Alsaciens, nous n'avons pas encore, enfin du moins pas dans mon p'tit village :)
A vous autres, est-ce bien, la TNT? :)
Le cas échéant, nous tous, si nous sommes insomniaques et en mal de programmes intéressants, il nous reste le Web !
Sauvés !
Non ? :)
Bonne soirée à tous !:)
Rédigé par : Parisot Catherine | 28 octobre 2007 à 18:32
Cher Monsieur,
Je poste ce commentaire peut-être un peu tard mais qui mieux que vous, en l'absence de Mireille Dumas, peut-il me dire si OUI ou NON l'émission Vie privée, vie publique de lundi soir a été "censurée ou interdite"..? : cf
http://www.jyvais.org/article-13390836.html
merci d'avance.
Rédigé par : JV dit jyvais | 28 octobre 2007 à 18:02
"Pourquoi,à la démence du réel,rajouter la niaiserie d'une explication?.." disait Rostand,jean de son prénom...
j'aime,chez vous,votre regard d'enfant...la vulgarité a celà de réconfortant qu'elle nous oblige ,ensuite ,à prendre une bonne douche.
Rédigé par : sbriglia | 28 octobre 2007 à 17:47
Planète foot, planète Telerama, l'Equipe, Ruquier la nuit... Irrémédiablement autre planète...
«On est donc si peu de chose que rien ne puisse nous arrêter sur la pente fatale, qui nous entraîne vers le pire avec une pleine lucidité. Dégringoler donne une once de volupté.»
Vous devriez essayer le saut à l'élastique ou le saut en parachute ce dernier, paraît-il, à la portée de l'amateur de tout âge bien arrimé à un instructeur. Cela vous changerait peut-être de la dégringolade télévisuelle tout en vous donnant de vraies sensations fortes!
Pour ma part j'ai glissé jusqu'à la page 28 de l'Express de la semaine du 18 au 24 octobre qui fait état à partir du 25 oct. d'une exposition au Museum d'histoire naturelle, exposition consacrée aux perles, ces perles qui depuis Aphrodite agenouillée dans une coquille «imprègneraient la femme d'une énergie favorable à la fécondité,» http://www.chapitre.com/CHAPITRE/fr/misc/image_upload.ashx?source=PAINT&file=98-006890_1_75.jpg&magic=4613
Le petit encart de présentation de l'exposition m'a évoqué une affaire désormais close bien que non résolue, et qui est l'énigme de la Vologne, une rivière dans les eaux de laquelle fut retrouvé en oct. 84 - donc un peu avant le retour des morts des Anthésteries, une fête du culte de Dionysos maître de la fécondité animale et humaine qui invitait à la folie, et retour auquel se laisse assimiler Hallowen, dont la mode cependant ne devait pas encore avoir fait son grand retour-, le corps noyé de Grégory Villemin, 4 ans et demi, pieds et mains liés.
On y lit ceci en effet:«A cette occasion seront présentées une dizaine de rarissimes perles fossiles ainsi que des perles de la Vologne une rivière vosgienne dont les moules d'eau douce produisirent ces joyaux quatre siècles durant.».
Du coup le fameux message du corbeau où se trouve l'expression 're-donner un fils' qui fait référence nécessairement à une' re-naissance' mais telle que déclarée impossible par l'argent, me parut s'investir d'une nouvelle signification symbolique du genre 'regressus ad uterum' des cycles 'vengeance et tecnophagie'...
En dehors de Sémélé, la mère de Dionysos, les divinités rencontrées dans ce contexte sont des nourrices dont il existe également une iconographie gallo-romaine dans le contexte de la Lorraine. Ces nourrices, les couro-trophes, recueillent le deux fois né au sortir du récipent conceptif.
Les eaux de la Vologne aux perles auraient-elles pu avoir un rôle semblable aux eaux conceptives du Lébès? L'anéantissement par les flots prélude à l'émergence d'une humanité nouvelle se retrouve également chez Platon, Lois III, 676 mais là on est beaucoup plus loin des Vosges.
Je me suis donc demandé si cette affaire, portant sur un crime qualifiée par M.Duras de «sublime, forcément sublime » [Wiki] et qui a fait couler l'encre de plusieurs romans déjà -mais que je n'ai pas lus - suscité un téléfilm -que je n'ai pas vu- et abouti à plusieurs réformes, avait été, ou non, investiguée depuis les notions en jeu dans les sacrifices humains et une possible symbolique de fécondité propre à cette rivière en particulier, ainsi que dans l'underground magique des nourrices vosgiennes...
Quoiqu'il en soit, des perles de la Vologne, ça c'est sans doute quelque chose que dès lors il faudra avoir vu!
Rédigé par : E.T. téléphone maison | 28 octobre 2007 à 17:11
Daniel Schneiderman a été remercié, mais pas dans le bon sens, pour avoir émis de la vérité. Il ne faut pas dire que Bataille et Fontaine vendent de la vulgarité et de la facilité, ramassent de l'argent facile, que là est leur véritable moteur, qu'ils n'ont même pas l'excuse de vouloir sortir de la misère en faisant n'importe quoi, ils ne l'ont jamais connu, ils n'ont pas plus l'excuse d'être bêtes, ils ne le sont pas. Marcel a dû entendre tout comme moi dans pif-paf, qu'ils faisaient droit de censure sur des reportages comme tous les chantres de la liberté d'expression, nous sommes habitués. Bataille et Fontaine ont leur public, alors que dire de leur populisme voyeuriste puisqu'il a un écho ? Ils dégagent sur canal J, c'est une bonne nouvelle, mais qu'est ce qui les remplacent ?
Je fus plus choqué par le fait qu'ils osent exprimer un immense talent de leur poulain Cauet et qu'ils se répandent en compliment devant cet ancien membre des postiches dont je n'ai pas envie de retenir le nom. Ce dernier qui insulte un élu qui n'est pas béni oui-oui devant ses exactions avec l'approbation d'un Ruquier décidément trop benêt. Le film sort cette semaine : le scénario est classique des acteurs fils de jouent des voyous sous un jour romantique, le méchant de service est bien sûr le "flic", il est névrosé et inhumain, bien entendu et les braqueurs sont des héros épiques victimes d'une société qui ne les comprend pas (ouvrez votre coffre et vous ouvrirez votre coeur en somme). le fils Lelouche ou le louche nous explique de sa grande expérience ce qu'est le bien et le mal, quelles sont les véritables difficultés des gens soit disant venus de la rue. Les membres du gang des postiches auraient pu passer le bac, devenir instituteur, être des artisans, mais ils voulaient le faste sans les efforts et tout de suite... moi aussi, j'aimerais bien comme quelques millions d'autres personnes ! Les orphelins de la police ont peut-être des difficultés à regarder le show où sont magnifiés en permanence les meurtriers de leur père ou de leur mère ?
Rédigé par : Ludo Lefebvre | 28 octobre 2007 à 16:01
Je n'ai pas regardé cette émission mais l'émission "Pif Paf" qui passe sur Paris Première ou le duo de choc était également invité.
Là aussi, ils ont cru bon d'insulter Daniel Schneiderman. Ils n'ont dit mot sur Télérama, mais c'est sans doute par absence d'opportunité.
On peut comprendre qu'ils n'aiment guère Télérama et Schneiderman, eux qui dans leur publication ou émission ont notamment abordé le cas délicat de « il n'y a que la vérité qui compte », qui ne donne guère à la télévision ses lettres de noblesses, en particulier lorsqu'elle traite ses invités du petit peuple comme de simples objets à audimat, voire lorsqu'elle permet à un furieux qui harcèle une ex-conjointe de la retrouver.
Des liens qui donnent l'avis des insultés - et expliquent d'où viennent les insultes :
http://arretsurimages.net/post/2007/10/22/Bataille-et-Fontaine-:-une-certaine-idee-du-public
http://television.telerama.fr/television/21176-est_off_investigation_selon_bataille_et_fontaine.php
Attendre de Laurent Ruquier qu'il modère ces individus là, voilà qui est surprenant d'optimisme monsieur Bilger ! Quelle rechute ! Vous savez pourtant comment ce présentateur cajole les présents et vrais majoritaires et sabre les absents ou vrais minoritaires.
Rédigé par : Marcel Patoulatchi | 28 octobre 2007 à 12:27