Sans évoquer la police qui, en raison de son action quotidienne, est naturellement la plus touchée, et les gendarmes qui, dans les zones rurales et périurbaines, n'échappent plus à cette contestation virulente, il me semble que les agressions à l'encontre des gardiens de prison et des sapeurs-pompiers de Paris sont tristement signifiantes de la dégradation de notre tissu démocratique. Pour les premières, je veux bien admettre que l'enfermement, ses contraintes nécessaires et l'inévitable rapport de force qui en découle sont de nature à expliquer au moins partiellement les tensions pénitentiaires et les nombreuses hospitalisations des personnels. Pour les secondes, le constat est très préoccupant car longtemps les sapeurs-pompiers, dont l'utilité et le courage étaient unanimement respectés, s'étaient trouvés protégés de toute atteinte violente. Au contraire, une sympathie générale les accompagnait dans leur mission et créait une sorte de consensus rare autour d'un corps et de ses serviteurs. Parce que, précisément, la seule perception qu'on en avait était de reconnaissance publique. Venant à l'aide de tous, tous les appréciaient. Aussi, quel choc de voir qu'en 2006, ils ont été victimes de 93 agressions et de 131 actes de vandalisme !
Le monde judiciaire n'est pas épargné puisque le nombre des outrages et des menaces visant les magistrats a crû globalement de 23% entre 2000 et 2006 et a donné lieu à 380 condamnations en 2006.
Affirmer que l'autorité est de plus en plus mal perçue et que la violence la combat de plus en plus volontiers ne représente pas, j'en ai conscience, une pensée neuve. Qui, depuis quelques années, n'a pas fait l'expérience de ce délitement soit à titre personnel ou familial, dans l'espace privé, soit dans le champ public ? Ce qui me semble nouveau et dangereux, c'est qu'on ne se contente plus de mettre au défi l'autorité sous toutes ses formes mais qu'on prétend la casser, la détruire pour lui faire perdre sa légitimité. Car il est clair qu'une autorité qui passe sans cesse des compromis avec ce qui désire la nier perd, à force, sa substance et devient, de ce fait même, une cible de plus en plus facile à atteindre. Je me demande même, à examiner certains comportements singuliers ou collectifs, si la violence qui s'exerce sur des appareils prétendument de domination, en réalité délestés de tout véritable pouvoir parce qu'ils l'ont laissé se dissiper au fil du temps, ne leur donne pas trop d'importance. S'opposant mécaniquement à ce qui, depuis des lustres, dans ses profondeurs, a déja baissé pavillon, la violence ne fait tout au plus qu'achever un travail de démolition largement facilité par la faiblesse et la lâcheté de ceux qui avaient pour mission de diriger, d'administrer, bref de faire oeuvre d'autorité. En ce sens, je conseillerais aux iconoclastes qui ne supportent plus l'ordre et le corset social d'y regarder de plus près. Qu'ils ne s'acharnent plus à subvertir ce qui se laisse doucement glisser dans l'effacement qu'ils souhaitent ! Ils n'ont même plus besoin d'accomplir un effort. Le temps et la complaisance travaillent pour eux. Il est infiniment moins élégant, de nos jours, de se battre pour maintenir et sauvegarder que de tout céder avec panache. L'allure, aujourd'hui, c'est plus de se nier que de s'affirmer. Il y a un dolorisme de la puissance qui ne s'en remet pas d'avoir été incontestable et incontestée. Et qui fait repentance. L'intelligence n'est acceptable que si elle se fait toute petite. Cachez cette maîtrise que je ne saurais voir.
Alors, pourquoi s'étonner que la violence s'en prenne à l'autorité puisque celle-ci, partout où elle devrait pourtant se manifester, ne souhaite que montrer son agonie ? Je ne crois pas qu'on l'attaque parce qu'elle existe mais, paradoxalement, parce qu'elle n'existe plus, ou si peu. C'est comme le goût du sang, l'odeur du désastre. Absurdement, on pense retarder l'échéance en se coulant dans le lit du siècle et en disant amen à ceux qui s'avancent en société conquise.
Je suis persuadé qu'ils nous respecteraient davantage si nous décidions de résister. L'autorité, aujourd'hui, est fatiguée par avance. Parce que, pour être légitime, elle exige l'exemplarité, pour être exercée quotidiennement, la volonté et le courage.
Il est épuisant de se battre, même pour des causes bonnes mais plus au goût du jour. Un Etat, devant un rapport aussi accablant sur notre société et les forces censées la structurer, devrait, toutes affaires cessantes, en tirer les conclusions.
Réformer l'esprit public, une tâche impossible ?
Votre point de vue est intéressant. Mais s'agit-il vraiment d'une violence qui a pour but de délégitimer l'autorité, ou d'une perte de légitimité de l'autorité qui entraîne la violence ?
L'autorité et ses représentants s'exposent aujourd'hui sur d'autres fronts que ceux qui leurs sont légitimes (affaires, excès, vie privée...). Ils y perdent en exemplarité ce qu'ils croient gagner en proximité. Comme dans une famille, où les parents sont contestés dès que leur autorité aborde les domaines de "l'être" et non ceux du "faire".
Je ne me risquerais pas à argumenter sur la nécessaire exemplarité de l'autorité : ce n'est qu'une illusion. En revanche, les autorités qui nous gouvernent se doivent de choisir : soit rassurer par une illusion d'exemplarité rebâtie (sans verser dans le mensonge, juste en se cantonnant à leurs domaines de légitimité), soit reconquérir par la peur (et c'est votre choix, tel que je l'ai senti dans vos propos).
Rédigé par : Don Lorenjy | 16 novembre 2007 à 09:42
Vu à la télé ces derniers jours :
Une horde de manifestants luttant contre des CRS. C'était à qui pousserait plus fort les barrières en métal qui les séparaient.
Des étudiants d'extrême gauche survoltés ? Des "sauvageons" de banlieue ?
Non, non. C'était des gens de justice qui protestaient contre la réforme de la carte judiciaire.
Inquiétant dites-vous ? En effet.
Rédigé par : Nicolas | 16 novembre 2007 à 09:37
Monsieur Bilger,
Vous vous focalisez sur l'autorité régalienne, en uniforme, virile, visible. Autorités dont la fonction est l'autorité.
Il est d'autres, des autorités contestées et méprisées : celle du cheminot-contrôleur molesté par le contrevenant, celle de la prof giflée, de l'instit soupçonné, du papa immigré remercié sans un merci, celle du JAP qui a pris une décision immédiatement sur-commentée ou critiquée,
autorité morale et intellectuelle de Finkielkraut - encarté de force, vite lu et récupéré pour les besoins de la grande Cause du nouveau pouvoir (comme mépris flagrant de l'autorité, ça se pose là).
Ce "meurtre du Pasteur", pour reprendre le l'expression et titre de la dernière oeuvre publiée du vivant de Benny Lévy, n'est-ce pas le groupe social, dans ses choix, qui le produit ?
TF1 l'a dit, redit, Sébastien l'a fait, parfois refait, Yvonne s'est indignée et raconte cela avec un souci du détail qui peut "aussi" interroger.
Nos égarés violents, qui sont aussi nos enfants, qui demain seront aussi "responsables" et qui ne sont pas hors-société, hors-discours, ne sont-ils pas comme ces ados qui expriment "un peu plus" la folie familiale,
une espèce de symptôme d'un temps du mépris - mépris auquel de braves citoyens et citoyennes, se présentant parfois comme "militants" de l'ordre, participent également ?
Je veux dire que nous avons tous, tous, à repenser, à réactualiser notre respect de l'autorité - moi le premier, bien sûr.
Reste aussi : je me souviens d'un mot du rabbin Small dans les polars de Kemelmann
"un bon rabbin, on en demande la démission".
L'autorité a vocation à être contestée,
et à tenir.
Rédigé par : olivier-p | 16 novembre 2007 à 08:54
D'accord sur le constat mais comment s'y prend-on selon vous ?
Rédigé par : Thierry SAGARDOYTHO | 16 novembre 2007 à 08:43
"Chacun comprend que l'on ne peut pas continuer à disperser nos moyens au sein de 1.200 institutions sur 800 sites", a déclaré la ministre venue présenter son budget pour 2008."
Le pôle instruction de Laval serait dans la liste des disparitions !
Il y a quelques jours il a été question de supprimer environ 20.000 postes de policiers et de gendarmes.
Dans le cadre d'une politique judiciaire selon laquelle il faut tout d'abord "penser aux victimes", propos répétés constamment, en fonction des faits divers depuis l'arrivée au pouvoir d'un certain NS, Mme Dati a avancé à l'AN hier, l'idée de l'instauration d'une franchise sur l'aide judiciaire.
Voici le vrai visage de la politique de NS, interdire aux victimes de se défendre. Ensuite, on pourra déclarer une baisse de la violence, une baisse des plaintes, une baisse de la criminalité... Après la fermeture de lycées, de casernes, de commissariats, de cliniques, d'hôpitaux, on pourra dans l'avenir supprimer des postes de magistrats, de greffiers... qui vont devenir des charges trop onéreuses pour la Nation.
La violence n'est pas que verbale.
Elle se concrétise également et surtout par les actes et une certaine action. Lorsqu'un ministre, par ailleurs, revoit certaines lois pour protéger violeurs, agresseurs, voleurs, escrocs, etc... cela s'appelle de la violence et du mépris envers leurs victimes.
Quelques personnes âgées, par ailleurs, sont en train de comprendre ce qu'est la politique fiscale de NS.
L'autorité est-elle synonyme de despotisme ?
Rédigé par : Marie | 16 novembre 2007 à 06:59
@ Dan
Sans vouloir vous offenser, votre analyse me paraît tout autant partisane que celle de Monsieur Bilger, vous donnez les résultats du tiercé dans le desordre sans véritablement analyser pourquoi il y a un ou plusieurs canassons, le gros des problèmes ne viennent pas des juges, ou des policiers, ni même des délinquants mais des politiques.
Monsieur d.berthet parle de l’insertion ou la réinsertion sociale, et c'est là que se situe le noeud du probléme, principalement dans l'insertion, la réinsertion découle nécéssairement d'une insertion ratée..
Qui bâtit l'insertion d'un individu ?
La paix sociale passera par une meilleure insertion, par l'éducation, la compréhension, l'intelligence vive, et un jour j'ose l'espèrer le mot "autorité" sera remplacé par le mot collaboration...
Qui en sera le vecteur ? Nos politiques ?
La démonstration n'est pas flagrante pour l'heure, la tolérance zéro engendre la tolérance zéro. Le temps des asservis s'estompe, et c'est mondial, alors gare...
La justice ne peut se limiter au tribunaux. Le mal est plus profond.
Je pense insctintivement que la paix sociale et la relance économique passeront par une analyse approfondie des problèmes citoyens et de leurs résolutions.
Sinon, ça sera la guerre partout. C'est déjà un zeste le cas...
Le capitalisme est nécessaire, l'économie de marché également, mais sans paix sociale, je crains que ces concepts ne fassent pas de vieux jours, si la politique est incompétente, autoristariste, la justice échouera, inévitablement si elle ne se manifeste que dans les tribunaux.
Nul ne peut dire qu'il n'a pas connaissance de la chose, l'histoire... les sciècles...
Nous avons toute les informations.
La soumission à l'autorité est d'un autre âge, presque ridicule.
Celui qui veut pratiquer l'autorité qui ne peut plus qu'être bienveillante, ferme et protectrice sans etre lâche, doit jouir d'une réputation sans tache. Hors manipulations de tout poil.
Ce n'est pas le cas de nos politiques qu'ils soient de droite ou de gauche.
Voila ce que je commencerais à appeler moi, la sauvegarde du bien public...
Le petit personnel majoritairement suivra, soyez-en sûrs.
Rédigé par : Patrick Marguillier | 16 novembre 2007 à 01:34
Il faut dénoncer les violences sur les autorités mais ne jamais oublier de dénoncer les violences des mêmes autorités sur les citoyens : bavures policières, tabassages en garde à vue, absence de défense devant les tribunaux pour les plus faibles, peines plus lourdes pour certaines catégories de la population, incarcération abusive des innocents. En 2005, 645 demandes de réparation pour détention provisoire injustifiée ont été formulées. 645 incarcérations injustifiées, c'est 645 violences contre des innocents commises par l'autorité judiciaire dont M.Bilger est le représentant, alors qu'il existe le statut de témoin assisté qui devrait empêcher toute dérive. Il est regrettable que cette analyse soit partisane et manque d'objectivité pour être crédible.
Rédigé par : Dan | 15 novembre 2007 à 23:48
Votre constat est le reflet d’une réalité dont les causes sont multiples et difficiles à analyser. Je me permettrai deux observations.
1 - Il me semble que votre explication est très caricaturale et explique la montée de la violence parce que l’autorité s’estompe. La réponse sous-entendue est, bien entendu, la nécessité de réprimer plus, de plus en plus vite avec de moins en moins de préoccupation pour l’insertion ou la réinsertion sociale. L’exemple de ces dernières années (Placement en détention provisoire accru, tolérance zéro, suppression de la police de proximité, diminution des aides sociales etc…) démontre que l’augmentation de la répression ne limite pas l’augmentation de la violence. Il est donc nécessaire de trouver d’autres pistes d’action.
2 – Vous écrivez : « Absurdement, on pense retarder l'échéance en se coulant dans le lit du siècle et en disant amen à ceux qui s'avancent en société conquise. Je suis persuadé qu'ils nous respecteraient davantage si nous décidions de résister. » Ces deux phrases sont pleines de sous-entendus d’actualité. Il y aurait votre camp, les « nous qu’ils doivent respecter » et « ceux qui s’avancent en société conquise ». Mais qui sont donc « ceux qui s’avancent en société conquise » ? C’est avec une telle banalisation intellectuelle que la société se déchirera de plus en plus.
Réprimons arbitrairement sans réfléchir, demain la violence aura fait un pas de plus…
Rédigé par : d.berthet | 15 novembre 2007 à 23:27
"...Je me demande même, à examiner certains comportements singuliers ou collectifs, si la violence qui s'exerçe sur des appareils prétendument de domination.."
et avant:
"..c'est qu'on ne se contente plus de mettre au défi l'autorité..."
ou après
"...le corset social..."
Cherchez les contradictions..
"..une cible de plus en plus facile à atteindre.."
Le plus délicat est l'approche.
Il suffit de se glisser dans la peau de la cible, de se fondre dans sa consistance et une fois parfaitement inséré, de la guider à petite touche sans que jamais elle ne s'en aperçoive, en y mêlant quelques petits chocs ayant bien sur trait avec le caractère, la moralité, l'environnement de la cible elle-même en se servant de la texture de ses convictions afin de la déstabiliser, le but premier la confusion intelectuelle, manipulation et chaos. C'est un travail de longue haleine qui dure depuis déjà 4 millions et des poussières d'années.
Mais qui est le meilleur professeur sinon les gouvernements successifs et leurs officines ? Une simple affaire de copier coller de nos jours... Le terme gouvernement est sans doute inapproprié ou plutôt flou. En tout homme subsiste un homme. Cherchez le vecteur...(?). Un délinquant ne naît pas délinquant. Ou est le bug docteur ?
"...L'intelligence n'est acceptable que si elle se fait toute petite. Cachez cette maîtrise que je ne saurais voir...."
Vous blaguez quand vous parlez d'intelligence et de maîtrise, j'espère...
Oui sans nul doute.
L'existence de votre corporation démontre une absence de maîtrise sérieuse des événements après des milliers d'années d'existence bâton/carotte sous des formes variées allant jusqu'à l'abomination parfois, antan, aujourd'hui, ici et ailleurs (Ailleurs gagne la palme).
"..Je ne crois pas qu'on l'attaque parce qu'elle existe mais, paradoxalement, parce qu'elle n'existe plus ou si peu. C'est comme le goût du sang, l'odeur du désastre."
Vous faites fi de l'éducation et de l'évolution ? "le goût du sang" sent le retour en arrière et le désastre colossal auquel vous semblez vous agripper sans chercher à comprendre que 4 millions et demi d'années viennent de passer.
Suffirait-il d'ingurgiter des données et de les recracher facilement, adroitement, pour exercer les plus hautes sphères de la justice, de l'Etat ? J'ai beaucoup à apprendre encore sans doute.
"...Réformer l'esprit public, une tâche impossible ?..."
Tant que l'on ne tient pas compte de l'évolution et des événements sociaux, je crains que vous n'ayez raison sur ce dernier point.
Petite sinistrose, vos mots:
virulente, agressions, tristement, dégradation, l'enfermement, contraintes, tensions, hospitalisations, violente, serviteurs, vandalisme, outrages, menaces, délitement, casser,
détruire, autorité, violence, domination, démolition, faiblesse, lâcheté, diriger...
ordre, corset social, s'acharnent, complaisance, se battre, dolorisme, puissance, agonise,
goùt du sang, l'odeur du désastre, résister, accablant...
Le point de vue du petit personnel:
Ca sent l'amour du prochain tout ça, Monsieur Bilger, vous avez une vision étonnante d'une société future, cherchez plus profondément les causes et vous obtiendrez assurément la solution je pense. Elle est sous vos yeux. Elle est en partie dans ces mots...
Quand Eurêka sera sur votre auguste planète, vous n'aurez plus beaucoup à vous fatiguer, hormis pour les irréductibles qui continueront probablement à jeter des pavés sur les pompiers (on se demande encore bien pourquoi dans les "hautes" sphères..).
Sans prétention aucune, juste une vue...
Pardonnez cette longueur textuelle.
Patrick Marguillier.
Rédigé par : Patrick Marguillier | 15 novembre 2007 à 22:59
Bonsoir à tous,
L'autorité est aujourd'hui en voie de disparition, et aura de plus en plus de mal à se relever si les politiques ne réagissent pas dans les temps à venir.
Je ne sais pas si je suis seul à percevoir ce sentiment, mais je pense que si aujourd'hui les gens forment un si grand creuset entre eux et l'autorité c'est parce que la société ne repond pas ou plus à leurs problèmes comme ils le souhaitent, et ils ont l'impression que le meilleur moyen de se faire entendre c'est "d'aller au combat".
Je pense aussi qu'il y a de la part de certains un provocation gratuite, pour déstabiliser cette autorité et provoquer un rapport de force qui n'a pas vraiment de sens, si ce n'est la bêtise.
Cela dit je pense que le laxisme des politiques depuis des années est responsable en partie de l'affront que font beaucoup aujourd'hui à l'autorité.
PS: Merci monsieur Bilger pour votre blog qui toujours très intéressant à lire.
J'espère un jour exercer le métier d'avocat, et avoir votre sens de l'écriture ainsi que votre tournure orale pour reussir mes conclusions et plaidoiries.
Rédigé par : Julien étudiant en droit | 15 novembre 2007 à 21:37
Même le temps est perturbé. Il a neigé aujourd'hui dans le Var et à Aix-en-Provence !
Débat houleux à l'AN aujourd'hui, les quelques députés présents votaient le budget de la justice, en augmentation de 4,5 %, après quelques petits avantages distribués aux députés UMP, donnant donnant.
Monsieur Montebourg a pris la parole et à déclaré à Madame Dati, je cite : "...qu'en plus de l'inconséquence de vos actes, il y a l'incompétence de vos propos..." (Comment donc !) et "...que l'on garderait d'elle le souvenir d'une personne qui aura laissé un désert judiciaire..."
Il est vrai que le 13 novembre madame Dati répondait à la question du Député Garot SRC Mayenne : "Quand allez-vous enfin écouter les parlementaires de toutes les sensibilités et de tous les départements et organiser ce vote que vous semblez craindre aujourd'hui ?"
Réponse :
"... au final cette réforme, elle est nécessaire ; elle est indispensable. Elle est nécessaire et indispensable dans l'intérêt de la justice, mais aussi dans l'intérêt des Français. Donc, cette réforme nous la mènerons jusqu'au bout."
Rédigé par : Marie | 15 novembre 2007 à 21:31
C'est ce que j'ai envie de nommer l'effet Louis XVI, mais nous pourrions dire également l'effet Jacques Chirac. Une personne plus douce, plus tolérante au pouvoir et voici la brèche qui s'entrouve pour devenir rapidement béante.
Je perçois aussi une faute de sémantique, depuis que la moindre autorité est métamorphosée en fascisme qui est lui-même mué en nazisme. Nous voyons tout le poids des mots, des analogies scabreuses : la métaphore finit par prendre le pas sur le sujet.
Les pompiers, ici, sont régulièrement lapidés, certains furent même l'objet de tirs à l'arme de poing, un pistolet à grenaille pour être précis et non-exagératif. Un ami psychiatre me demandait pourquoi les pompiers étaient pris pour cible dans les "quartiers", ne comprenant pas ce type d'action. La réponse est pourtant simple, ils ont un uniforme et surtout ils viennent éteindre les véhicules en feu donc ils sont une gêne à la mesquine jalousie ou au jeu stupide.
Le plus triste est que cette nécessaire autorité, hiérarchie, devra se rétablir un jour et que le glissement possible devienne une injuste répression pénalisant sans discernement indélicats et citoyens ordinaires. C'est là que nous verrons l'apparition d'une police abusive, d'une justice punissant le pauvre pour absoudre le riche qui n'est, sauf cas particulier, qu'un phantasme actuellement.
Nous avons connu le meilleur ces dernières décennies où il y avait un équilibre trouvé entre la répression et la liberté, c'est un beau gâchis qui en fut fait. C'est en perdant notre confort que nous nous rendrons compte de la chance que nous avons eue. Je n'ai pas rencontré de professeurs tyranniques, de policiers à la matraque facile, de vigiles méritant d'être brûlé comme ce pauvre gars en banlieue. Les prétextes invoqués sont loin de la motivation sinistre qui est tue.
Tout le monde veut être le chef, si cela pouvait être si simple !
Je ne sais pas ce qu'il est encore possible de faire d'autre que de distribuer des coups de tonfa, de dire stop pour en arriver là, il en faudra des drames, des abus.
Oui, c'est bien triste d'avoir fait de cette espace privilégié une telle chienlit.
Nous sommes de grands enfants trop gâtés et il n'y a vraiment pas de quoi en être fier.
Tout le paradoxe est là, c'est avec cette saine autorité que nous sommes le plus libre. les voyous, les idéologues libertaires, les rebelles à dix balles sont de violents liberticides. Le réactionnaire est peut-être simplement quelqu'un apte à mettre le regard de l'autre, le qu'en dira-t-on, le rejet en dessous du salut public, de l'essentiel.
Où sont les chaînes des opprimés qu'on ne voit jamais, mais qui grincent tellement ?
Où sont les meurtres racistes ?
Où est la misère ?
Comment osons-nous seulement nous plaindre d'une telle qualité de vie ?
Si le société prend le chemin que je crois, il y aura dans quelques années de quoi véritablement se plaindre. Ce petit pays à la source de tant d'inventions, de créations ne s'est pas trop mal débrouillé en quinze siècles : il n'y a jamais eu de génocide autre que celui des Vendéens, d'Etat totalitaire, de monstruosités venues d'une idéologie française, économiquement nous avons su être parmi les meilleurs malgré nos droits sociaux et notre petite superficie. Maudit jeunisme, maudite doxa, maudit inconscient collectif !
La France commence au VIème siècle, je conseille à tous de la regarder dans son ensemble, non sous le prisme culpabilisateur, réducteur et essentialiste de quelques va-t-en guerre préoccupés par eux-mêmes. Quant à une hiérarchie, une autorité, que l'on m'explique comment on transmet, fonctionne, s'organise sans.
Rédigé par : Ludo Lefebvre | 15 novembre 2007 à 20:58