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Voici les sites qui parlent de Outreau pas assez ? :

Commentaires

Laurent Dingli

Cher Monsieur Bilger,
Ce mot pour vous dire que l'excellente chaîne Arte se penchera le dimanche 10 février sur le procès de Worms, appelé à tort ou à raison "l'Outreau allemand". Mais sans doute êtes-vous déjà au courant. Bien cordialement.

Ludovic Lefebvre pour Jean-Dominique et Surcouf

Jean-Dominique et Surcouf,

Dans mon cas précis, ce médecin, président du club des 41, médecin conseil à la commission des permis de conduire, a bien bénéficié d'appuis et son premier réflexe lorsque je lui annonçai ma plainte déposée fut de me rire au nez, me rétorquant qu'il était intouchable. Par exemple mon conseil délégua à Boulogne à un de ses amis qui ne remit la plainte que deux ans et trois mois plus tard soit deux mois après la date de prescription, il n'a pas été en garde à vue, a eu des expertises psy de complaisance, etc.

Je ne dis pas que tous les magistrats sont comme Gérald Lesigne, que tous les avocats sont marrons (quoique là, j'ai plus de doute) simplement que cela se passa ainsi dans mon cas. Je ne doute pas de l'intégrité d'un bon nombre de magistrats à commencer par monsieur Bilger.

Et en plus, il y eut ce cirque médiatique par-dessus et ce fut le début de la fin pour moi...

Cactus mal à l'aise lui aussi

J'ai trouvé C.H. très maladroit dans ses bottes, à presque faire regretter Delarue (c'est pas peu dire) : son attitude, ses réactions lors du "débat" m'ont beaucoup dérangé ;
la raison ?
Simplement parce que l'homme était mal à l'aise ou quoi ?
J'ai trouvé ses sourires plus que déplacés mais l'émission reste un témoignage (de plus) intéressant !
Mais quel malaise chez moi depuis : ceci pourrait presque arriver à n'importe qui n'importe où, si au mauvais endroit au mauvais moment ou si habiles dénonciations, non ?
J'ai peur que Sissi et quels destins là
:-( !

mike

@ktrin
Ne vous sentez pas visée par mes propos sur les excès des journalistes ; je ne connais pas vos écrits et n'ai pas à les juger ni ne souhaite le faire, mais qu'il s'agisse, entre autres exemples, d'Outreau et de la Société générale, il faut reconnaître que la plupart des journaux nationaux se sont complus dans les revirements, les à peu près, les supputations et les accusations sans discernement.
Bien sûr, il est des journalistes sérieux dont je ne doute pas que vous êtes et qui ne s'en tiennent qu'aux faits avérés, mais un bruit de fond ou de mode couvre leurs voix ou leurs écrits.
Pour revenir à Outreau, j'ai essayé de regarder jusqu'au bout l'émission.
Je persiste à penser que les médias n'ont pas à remplacer la Justice.
Lorsque les cas du juge Burgaud et autres auront été éclaircis et sanctionnés (positivement ou non), alors une bonne émission de télé (il en est de bonnes) pourra nous instruire de ce que nous n'avons pas eu le temps de connaître.

adeline

Il faut quand même admettre, à la décharge de ce Juge, que ce dossier mettait en scène d'une part des auteurs présumés qui pour certains reconnaissaient les faits qui leur étaient reprochés, et que d'autre part ces aveux étaient corroborés par des enfants, entendus et réentendus même par des experts requis. Le Juge ne s'ébat pas en vase clos. Procureur, avocats, chambre de l'instruction. Autant d'intervenants qui avaient eux aussi une vue directe sur l'instruction.
Alors, pointer l'erreur du Juge d'Instruction me paraît un peu court.
Beaucoup d'éléments paraissaient fondés. Il ne pouvait donc pas manquer d'enquêter.
Il faut aussi dire que ce dossier devait se fondre parmi l'énorme charge qui pèse sur ces juges d'Instruction qui mènent plus d'une instruction dans le même temps.
Ils restent, selon moi, des magistrats d'exception et plutôt doués dans leur matière.
Et en l'espèce, celui-ci n'a pas fui devant ses responsabilités, et a accepté d'être entendu publiquement. Ne l'oublions pas.

Véronique

@ Catherine JACOB

"J'ai donc moi aussi pu avoir une vue d'ensemble de cette affaire à propos de laquelle je ne disposais jusqu'à présent que d'une collection d'échos de diverses provenances."

Non, Catherine.

Ce numéro de la série "Faites entrer l'accusé" ne peut pas vous apporter une vue d'ensemble.

Vous avez regardé une tentative de mise en images télévisuelle d'une relation entre un juge et une prévenue.

Mais je pense que, seuls, la littérature ou le cinéma peuvent prétendre à un projet de cette sorte. Avec les filtres nécessaires.

Dans l'exemple du cinéma, cela peut donner "Garde à vue" (C. Miller) ou "Le juge et l'assassin" (B. Tavernier). Mais nous sommes là dans le registre d'une fiction, d'un parti pris - au sens positif de choix - opéré par un auteur, un scénariste ou un cinéaste.

Pour Outreau, pour parvenir à une vue d'ensemble, je pense qu'il faut d'abord accepter de s'immerger dans les milliers de pages du dossier, en traverser les austérités, travailler comme un fou. Accepter également une nécessaire distanciation par le temps qui passe et qui produit de la sérénité intellectuelle.

Un romancier ou un cinéaste, fort de ce travail, pourrait effectivement privilégier un sujet ou un angle ou une interprétation comme celle, par exemple, de la relation entre un juge et un prévenu.

Pour la vue d'ensemble, seuls des chercheurs, à la manière des méthodes de travail des historiens, pourraient, selon moi, se rapprocher d‘une telle ambition.

Catherine Parisot

@ Catherine A.

J'ai apprécié le paragraphe sur la presse.
Vous voyez, vous aviez saisi ce qui m'animait :)
Bonne nuit à tous ! :)

Catherine JACOB

Comme visiblement la plupart des blogueurs, j'ai regardé la soirée consacrée à l'affaire d'Outreau (en verlan : Au trou!) par France2.

J'ai donc moi aussi pu avoir une vue d'ensemble de cette affaire à propos de laquelle je ne disposais jusqu'à présent que d'une collection d'échos de diverses provenances.

Ma première impression est qu'il eût fallu commencer par débaptiser 'la tour du Renard' puis faire appel à l'exorciste du diocèse après relecture des minutes de quelques vieux procès de sorcellerie dont cette affaire apparaît d'un certain point de vue comme une sorte de remake !!

catherine A.

Je ne résiste pas à l'envie de vous inviter à lire la formidable lettre du "bagagiste de Roissy" sur le site de Rue 89. Bonne lecture.

Ludovic Lefebvre

Aucune surprise sur cette émission, Burgaud et un tout petit peu de Lesigne servirent à vendre la soupe, les médias se dédouanèrent eux-mêmes avec la grande complicité d'Hondelatte, Dupont-Moretti ne parla, bien sûr, pas de ses confrères qui s'acharnèrent sur ces innocents rendus coupables dès le premier jour par la presse, mais uniquement des magistrats comme d'habitude. Les deux politiques présents s'envoyèrent les petites piques politico-centrées coutumières et madame Dati afficha sa vulgarité en n'honorant pas sa promesse de présence.

Cette émission me fut douloureuse en réminiscence et pour la première fois depuis bien longtemps, les nerfs lâchent face à ces combats dans le vide, à ce politico-médiatico-judiciaire qui est venu spolier ma plainte sans le moindre remords. J'aurais juste voulu un procès digne, normal dans la discrétion et le réconfort de la justice et me voilà aujourd'hui à sortir un livre, à livrer mes pires hontes... Ce n'était pas mon envie, je n'aime ni l'exposition, ni le manque de pudeur, ni l'emploi du "moi je" en lettres. Je suis allé à contre-Ludo et peut-être dans le vide parce que lorsqu'on critique, que l'on n'est pas dans le format, c'est la censure par le silence !

Véronique

J'ai regardé hier soir "Faites entrer l'accusé".

Le format en termes de durée était plutôt intéressant. Sachant que pour traiter des sujets comme Outreau, les choses ne peuvent pas être expliquées en une demi-heure.

Mais.

Je pense que ce n'est pas d'Outreau dont il était question. Mais de l'instruction du juge Burgaud réduite à sa relation avec Myriam Badaoui.

Il a fallu attendre l'intervention de Maître Dupont-Moretti lors d'un débat ni fait ni à faire, pour que le téléspectateur, peu au fait d'une procédure pénale, apprenne l'existence d'une Chambre d'Instruction dans ce type de procédure.

Alors que tout le monde s'accorde à dire qu'au moins deux des questions essentielles posées par cette affaire sont celles de la détention provisoire et du contrôle du travail du juge d'instruction.

Dans le reportage lui-même, par exemple.

Qu'en est-il du fonctionnement des services sociaux et du contrôle que les responsables hiérarchiques auraient du effectuer sur le contenu des propos d'assistantes maternelles transformées exclusivement, pour les besoins de la cause, en auxiliaires de justice ?

Je suis désolée pour Ktrin et Catherine A si, à mon tour, je discute le travail des journalistes.

Mais il y a un moment où on doit décider :

1 - Le sujet - le parti pris - de ce reportage étudiera la relation judiciaire entre Myriam Badaoui et le juge Burgaud

2 - Le sujet de ce reportage sera les acquittés d'Outreau

Ou.

3 - Le sujet sera la mise à jour soignée, fouillée, précise des mécanismes qui ont produit l'affaire d'Outreau.

Je pense que ce programme a simplement traité tous ces sujets en même temps.

@ Philippe

Dans une note précédente, vous partagiez l'enthousiasme de M. Le Mesle pour des diffusions TV habituelles et systématisées de procès ou d'audiences judiciaires.

" La justice en vedette " ?

Mais dans l'exemple de ce documentaire, il a manqué une surface théorique, une culture judiciaire, une rigueur dans l'approche, un manque de maîtrise des complexités d’un tel sujet de la part des auteurs de cette émission.

Je pense que la TV, type chaîne généraliste, n’est simplement pas prête pour ce type de diffusions.

Ou alors, à titre exceptionnel, comme France 3 a su le faire à l’automne dernier en diffusant un documentaire consacré à un procès d’assises.

La différence, c’est que dans ce film le déroulement du procès a pris la place - le pouvoir - au profit de la narration fragmentée d’une affaire ou d’un fait divers.

On me demanderait aujourd’hui quel est le nom du prévenu et de la victime, ou quel était le "fait divers" jugé, je serais incapable de le dire. J’ai retenu autre chose et c’est tant mieux.


Catherine Parisot qui prend son courage pour donner son avis

Oulala... que dire ?

Après avoir vu le documentaire sur cette affaire, je me rends compte que la paramètre humain est là. Tout le monde attend qu'un juge ne se trompe jamais. Sa relation avec la principale accusatrice (visiblement douée pour mentir et dont le vécu a sûrement largement participé à construire sa personnalité) ne semble pas étrangère à l'ensemble des décisions prises.


Et les enfants, oui, la parole de l'enfant (soupir). Comme l'a dit un invité sur le plateau du débat, "la vérité ne sort pas toujours de la bouche des enfants". Sans poser un jugement de valeur, il faut aussi voir le passé de ces pauvres gosses pour comprendre leurs mensonges ! La délicate question : des mensonges d'enfants ne sont-ils pas excusables lorsqu'il s'agit d'enfants d'ores et déjà victimes ?
Bien entendu, les accusés et leurs familles seraient révoltés par mes propos. Je m'en excuse.
Je constate qu'ils étaient attachés à leur maman au point d'abonder en son sens... Ont-ils seulement saisi la gravité de leurs accusations ? Savaient-ils qu'ils accusaient ou n'était-ce qu'un jeu ou une manière de soutenir leur maman ? Je ne sais pas si des enfants si jeunes peuvent apprécier l'importance d'un tel "enjeu"...
Et je ne suis pas de celles ou ceux qui trouvent que l'enfance n'est qu'innocence et pureté de l'âme.

Dans pareille histoire, n'est-ce pas que les adultes menteurs les responsables ? Seulement, voilà, il y a des adultes qui seront considérés non comme des enfants mais comme des malades. Ce qui revient dans certains cas au même : jugés non responsables.

En ce qui concerne le statut de "présumé innocent", oui, là, il faudrait le préserver avant toute accusation.

Moi, les méandres du système judiciaire, j'y comprends rien.

Je retiendrai donc la tragédie du Monsieur mort dans sa cellule.

Je retiendrai la douleur des accusés.

Je retiendrai qu'une maison achetée n'efface pas le traumatisme à vie de ces accusés à tort.

Je retiendrai que même un juge peut être influencé et se tromper. Et même si cela a engendré une tragédie, ce juge était sûrement de bonne foi. Il n'allait pas "flinguer" sa carrière de lui-même, quand même !!

Il me semble que les enfants étant excusables par la société, leur mère étant visiblement très perturbée mentalement, tous les regards se tournent vers ce juge.

Cela tranquillise une société, de trouver et de condamner, de pénaliser LE coupable.
Sinon, il y a comme une impression d'inachevé.

Je participe entièrement à la douleur de ces personnes accusées à tort. Qu'il n'y ait pas de mauvaise interprétation de mes écrits. J'admire leur courage, enfermés. Et leur dignité lorsqu'ils s'expriment face aux médias.

Pour moi, la seule coupable est l'accusatrice.
Elle était consciente de ses déclarations destinées à nuire.
Le juge a failli mais je ne pense pas qu'il voulait nuire à quiconque.

Bonne soirée à tous.

Ktrin

@ Mike

"Les journalistes ont trop pourri cette affaire de A à Z pour être crédibles."

Décidément, vous en voulez à la presse (cf votre commentaire sur le sujet suivant) !

Je n'ai pas d'action au sein d'un groupe de presse. Sachez qu'un journaliste se doit d'être le plus neutre possible et de se référer aux faits et rien qu'aux faits.

Ses considérations d'ordre personnel sont exclues de ses écrits.

Il ne pond pas l'information : il la relate.

Il faut toujours un bouc émissaire et j'avoue en avoir marre de voir mis tous les journalistes dans le même sac ces derniers temps !!


Face à des émissions comme Star Academy, les annonces de reportages sont fracassantes, se veulent percutantes pour drainer l'audimat.

Attendons dans la sérénité de voir ce que donne le reportage dans quelques minutes !

Je vous laisse, ça commence...


Cordialement vôtre

Ludovic Lefebvre

C'est amusant de voir comment les monstres d'Outreau devinrent les anges d'Outreau, comme tout devient spectacle au contact d'une caméra. Une fille-mère et un toxico au RMI passent du statut de notables à celui d'étudiants en un tour de presse selon la direction du scénario envisagé par le médiatico-politico-judiciaire... Nos émotions sont dirigées où ils le veulent et les gens pressés, peu habitués à réaliser qu'ils sont trompés, avalent les couleuvres en se passant de sel. Il y a du Debord et du Debray dans cette histoire.

martin

Il y a aussi la reformulation par les juges lors de l'audition qui n'est pas toujours fidèle... (même le Colonel Randon a trouvé ses dire dénaturés). Pourquoi reformuler ?? Pourquoi pas un magnétophone ou une dactylo. En droit même une virgule peut changer le sens d'une énonciation.
Certaines décisions de justice se sont faites sur la base d'un chiffre erroné. Que se soit de façon fortuite ou voulue, cela ne doit pas être possible.

martin

Véronique

Je pense que France 2 devait attendre pour programmer cette émission.

"Faites entrer l’accusé". Oui. Mais lequel ou laquelle ?

L’intitulé même du programme risque d’entretenir une confusion en polarisant le propos sur la relation judiciaire entre le juge d’instruction et la principale protagoniste de cette affaire.

Malaise donc.

Dans la mesure où je pense que ce relationnel, s’il peut et s’il doit naturellement faire l’objet d’analyses, doit aussi échapper à toute tentation de lecture scénarisée. Ce qui reste l’écueil principal et dangereux des faits divers "représentés" à la TV.

C’est un système judiciaire défaillant dans ses contrôles, non maîtrisé, qui a conduit des hommes et des femmes dans une cour d’assises.

C’est surtout, selon moi, des dogmes mis au rang de vérités qui finissent par compromettre la lucidité et l’autonomie des regards.

Je partage assez le rapprochement de Catherine Jacob dans son commentaire initial. J’y ajouterais également l’Arche de Zoé. Dans ces trois affaires, quelque chose nous parle des abîmes que produit notre société.

Une déconnexion du réel et une superposition d’une réalité virtuelle et imaginaire.

Et dans les trois cas, des observateurs silencieux ou passifs que je pense eux-mêmes scotchés dans des représentations qui ne sont plus discutées et appréhendées - ou trop tard - avec les ressources d'un esprit critique.

Une démission dans le contrôle et le défaut de maîtrise. Le réel tenu presque pour rien.

"Ils sont si nombreux ceux qui fuient comme la peste l'idée même de la gravité dans le quotidien d'une existence, d'un métier !" écrivez-vous.

C’est cela qui pour moi est angoissant et constitue une dérive majeure de notre société.

Catherine JACOB

@catherine A.

C'est vrai, je ne pensais pas à Ardisson, qu'ayant éprouvé beaucoup de peine à supporter jusqu'au bout, j'ai plutôt tendance à zapper désormais, Ruquier me paraissant suffisant à représenter le genre !

Concernant les faux culs, vous avez également raison, rien ne vaut les vrais ne serait-ce que celui de SDB pour les amateurs/trices du genre également.

@duval uzan
"En France il existe bien une procédure qui permet à un citoyen de saisir lui-même la justice (au pénal), de se constituer partie civile et de payer la consignation, et même de demander des actes et documents au juge d'instruction. Son pouvoir s'arrête là. Il n'a plus droit de regard sur ce qu'il a lui-même demandé !"

C'est vrai, ça m'est arrivé dans le cadre d'une affaire dans laquelle je figure par ailleurs toujours comme victime dans le 'fichier des infractions et délits'(?) -je ne sais plus exactement le nom de ce fichier duquel on m'a fait savoir que je pouvais cependant en demander le retrait si je le souhaitais -.
Concernant la consultation ultérieure du dossier, le greffe m'a dit ceci purement et simplement : "Prenez un avocat, il est le seul à pouvoir consulter le dossier."
La consignation que j'ai du payer ne m'a toujours pas été remboursée pour une histoire de compétence de juridiction au départ, et parce qu'ensuite ensuite j'ai égaré le papier qui me permettait d'en demander le remboursement qui apparemment n'est pas automatique (donc là c'est de ma faute, mais on verra ce qui se passera quand je l'aurai retrouvé !)

Quand l'affaire est passée en chambre de mise en accusation, le Président m'a dit que la procédure n'était pas habituelle, qu'il faudrait pour bien faire convoquer XXX ( = tout un certain nombre de personnes, une dizaine en fait) mais qu' "on n'allait tout de même pas faire ça" (Sic!), puis le Parquet m'a reproché de ne pas produire un document que je n'aurais pu me procurer qu'en le subtilisant par effraction et que donc c'eût été normalement à la police de saisir (ce que j'ai allégué, mais sans effet, je ne l'avais pas point final !!)
J'arrête là, parce que je crois que je n'ai pas le droit de commenter publiquement les motivations de l'arrêt qui n'a pas été sans conséquences très dommageables pour tout le monde d'une façon générale (= pas seulement pour moi), vu qu'il a permis à la situation de perdurer, et donc plus d'une récidive du délit initial qui a également 'fait des petits' ailleurs, mais comme il n'a pas été sanctionné, cela ne s'appelle par 'récidive' semble-til, mais seulement 'cause toujours tu m'intéresses !'

Admirateur éperdu

J'avoue que lorsque j'ai lu dans votre contribution la phrase suivante : "C'est aussi la raison pour laquelle, en dépit du travail loué par tous de la commission d'enquête parlementaire, on a senti une forte réticence à modifier en profondeur la procédure pénale parce que, la tragédie passée, on a bien perçu que la loi n'était pas à changer mais les comportements d'écoute, de doute et de respect à privilégier."

J'ai eu une immense envie de hurler de rire…

Quel sens de l'humour et quelle délicatesse pour dire que la commission dite d'Outreau n'avait strictement servi à rien.

Pourquoi ?

Parce que la messe était dite dès le départ.

Une anecdote : au début des travaux de la commission d'Outreau, je rencontre sur ce sujet portant un dossier bien plus lourd qu'Outreau, un parlementaire qui avait beaucoup, beaucoup d'expérience.

Il m'écoute et se montre désolé de ne pouvoir m'aider… et il me dit "Soyez-en certain, il ne sortira rien de la Commission d'Outreau".

Moi naïf, croyant aux grands moulinets des acteurs de cette comédie, aux écrits de la presse et des médias je lui dis "Mais pourquoi ? Après un tel désastre les Français attendent des actes ?"

Réponse : "Parce que tout est verrouillé par les magistrats (ex-magistrats) et les avocats qui siègent dans cette commission, qui n'ont aucun intérêt à ce que quoi que ce soit ne change !"

Eh bien il avait malheureusement raison et il n'est strictement rien sorti de cette commission malgré les rodomontades des uns et des autres.

Une grosse grosse bouffonnerie... Une de plus…

Le jour où les citoyens auront enfin compris que les adversaires les plus irréductibles de toute évolution de la justice vers plus d'éthique, vers plus d'égalité c'est le trio infernal composé :

• De la basoche : avocats – magistrats,
• Des politiques,
• De la courroie de transmission : la presse et les médias

on aura fait un très grand progrès démocratique.

La justice en France est trop importante pour être confiée à ce trio et à ses relations contre nature.

Je sens déjà les longs brames qui montent..

Eh oui malgré ces brames, je persiste et signe : la justice est rendue au nom du peuple français et le peuple est systématiquement exclu de toute réflexion sur la justice et la magistrature.

Certes vous me direz que ses représentants, les politiques et les élus savent discuter de la justice : certes, certes mais pour leur seul intérêt et pour faire cuire leur petite soupe sur leur petit réchaud, exclusivement.

Par contre des tas d'associations qui ont beaucoup de choses à dire, qui ont un vécu, qui ont réfléchi sur la déliquescence de l'institution judiciaire, ces associations sont exclues de toute démarche et n'ont pas le droit à la parole.

Dommage, dommage… pour la démocratie.

Véronique

@ Catherine (Jacob)

Quand Olivier écrit : "commentatrices déléguées par l'UMP", il n'y pas de doute pour moi. Il me met en joue.

Puisque de toute façon, j’incarne ici pour Olivier la garde rouge du sarkozysme, qui, comme il nous l’a martelé il y a quelques jours :

"est d'abord une méchanceté, un battement de mains à la souffrance des autres."

Donc, bien entendu, pour Olivier, les commentatrices déléguées par l’UMP auraient naturellement félicité le juge Burgaud pour finir par l’injurier.

Et tout cela parce que que ces missionnées par l’UMP ne peuvent pas ne pas se réjouir outrageusement de la souffrance des personnes poursuivies puis acquittées dans cette affaire. Elles ne peuvent pas ne pas battre des mains à la souffrance du juge Burgaud.

Tout cela, bien évidemment, forcément, dans une voluptueuse, hideuse et hystérique méchanceté.

Et dans l'esprit d'Olivier, des sournoises en plus, les missionnées de l’UMP.

Pensez donc.

Quand Philippe écrit sur la mise à disposition de Ouest France dans les prisons, ces imbéciles de l'UMP ne trouvent rien de mieux à faire que de lire une étude effectuée en 2004 sur le fonctionnement des bibliothèques des prisons. L'étude souligne que l’informatique est sous-utilisée dans ces bibliothèques.

Ni une, ni deux, ces sournoises méchantes et n'exaltées que par Sarkozy se disent YES !!! On va pouvoir fabriquer en douce la traçabilité des lectures des détenus !!!

Alors oui, Catherine, marre, plus que marre d'être toujours, tout le temps, perçue ici par Olivier comme la garde rouge, le soldat, le mousquetaire, la déléguée du sarkozysme et la missionnée de l'UMP.

@ Cécile

Un grand merci pour avoir porté pour moi le couteau dans la plaie.


Patrick PIKE

Vous n'allez quand même pas vous chamailler comme des collégiens sur cet espace de tolérance.
Il y a d'autres blogs où les réponses des uns et des autres conduisent toujours vers des sujets éloignés du thème, où chacun s'invective d'une façon éhontée, où une parole en entraîne une autre et nous fait dériver vers des rivages où chacun croit détenir la vérité. Il s'agit là encore d'a priori dont je reconnais tout de même la haute tenue à la différence de ce qu'on peut lire sur d'autres sites.
Mais ce n'est pas le sujet de mon commentaire.
Pour ma part, n'ayant jamais assisté à une session d'assises, je m'y suis rendu cette après-midi puisqu'il y en a une actuellement qui se tient proche de mon domicile.
On y découvre toute la misère du monde.
Le procès concernait un viol, répété, commis il y a huit ans, sur une gamine de 9 ans à l'époque, par son cousin de dix ans son aîné.
Elle a 17 ans aujourd'hui, jolie comme une rose, fragile et entourée de sa mère et de son beau-père qui semblaient sortir d'un roman de Zola.
Lui, immature, paraît avoir 20 ans au lieu de son âge.
La plaidoirie de la partie civile fut nulle, se bornant aux banalités d'usage, brandissant comme circonstance aggravante la photo de la grange où eut lieu le drame de cette enfance. Visiblement la cour et les jurés s'ennuyaient. Assistance juridique oblige.
L'avocat général, un peu meilleur, recentra le débat sur les risques encourus (20 ans pour viol sur mineur de moins de 15 ans), essaya d'apitoyer le jury en décrivant les souffrances de l'enfant et le traumatisme qui la poursuivra sa vie durant, sans d'ailleurs trop y parvenir car à la façon dont il se tournait vers elle et la montrant du doigt, on aurait pu croire qu'il l'accusait.
Puis il se déchaîna modestement sur l'homme du box, penaud entre ses deux gendarmes, lui faisant le procès d'intention de recommencer à sa sortie de prison. Il requit 11 ans, plus 10 de mise à l'épreuve, l'obligation de se faire suivre et 4 ans supplémentaires en cas de récidive.
La défense eut beau jeu de tout démonter, et l'on voyait au sourire de la Présidente (pourquoi d'ailleurs l'appelait-on Monsieur le Président ? Erreur ou coutume ?) que les mots simples exprimés calmement, parfois avec humour, réclamant une peine, mais moins lourde, plaisaient à l'auditoire.
Je n'ai pas attendu le verdict. Il m'importe peu.
Ce que j'ai vu, ce sont deux enfants perdus, issus d'une même famille, pauvres et incultes, confrontés à la rigueur de la société, eux qui ne savent toujours pas ce qui leur arrive, n'ayant sans doute pas compris non plus au moment des faits, leur cruauté.
Je ne voyais que ces deux enfants, face à face. La fragilité de l'une et sa candeur perdue, la stupidité de l'autre et ses remords de commande.
Et soudain je me suis mis à les aimer tous deux, ne sachant pas lequel des deux plaindre le plus, essayant de me mettre à leur place, tâchant de comprendre leur douleur passée mais aussi présente.
C'est peut-être ça qui a fait défaut au juge Burgaud.
Demain j'y retourne. Il s'agit d'un meurtre.

 Cactus sautillant un droit de réponse

"@cactus
Perso je préfère le vers au vert (qui paraît-il porte malheur .....), surtout celui qui fait la promo de l'éolien ou de l'agrocarburant qui affame la planète."
Catherine A. dixit , hors lexique ou pas .

de la Grande Catherine là ; sissi , j'insiste face à ce festin nu !

mike

Pas assez ou trop ?
Il appartient à la Justice de régler ses problèmes y compris le sort du juge Burgaud.
Je n'ai personnellement aucun avis sur la question et je m'étonne que l'on fasse confiance à telle ou telle émission de télé pour y voir clair.
Les journalistes ont trop pourri cette affaire de A à Z pour être crédibles.

duval uzan

Bonjour,
Je remercie Monsieur Bilger et tous les intervenants pour ce blog que je trouve d'un très haut niveau. Pardonnez-moi de ne pas être à la hauteur, je dirai les choses simplement. Oui il y a des choses à faire !
1- La justice est une chose trop sérieuse pour être mise entre les mains d'un seul homme quelle que soit sa qualité.
2- Etant donné la charge émotionnelle que déclenchent des interrogatoires sur des sujets aussi délicats, il faut être au moins deux ! (on ne peut que s'étonner quand on voit la fragilité psychologique de ce juge, je ne cherche pas à l'accabler mais il aurait dû se dessaisir du dossier)
Dans ces affaires sordides les juges sont confrontés à des réalités si terrifiantes qu'ils ont besoin aussi d'être aidés. Cela doit faire partie de leur formation.
On ne peut entendre les faits relatés sans frémir, sans réagir émotionnellement, avec tout ce que peut contenir ce mot. C'est d'ailleurs pour cela que Freud a inventé le DIVAN !
3- oui le rôle des médias a été capital, et surtout l'affaire Dutroux avec laquelle elle avait été confondue (moi-même qui suivais ces affaires en retournant mon bifteck, je ne savais plus qui était qui). Mais les enfants d'Outreau qui entendaient cela quotidiennement ne devaient pas le savoir non plus et devaient être assez perturbés. Cela a sûrement influencé les enfants lors de leurs auditions.
La responsabilité collective comme dit l'un d'entre vous doit être enseignée. Cela est tout à fait capital. Je ne crois plus aux serments mais les journalistes doivent prendre conscience du rôle qu'ils ont joué dans cette affaire, comme dans tant d'autres.
4- Comme je l'ai déjà dit, la justice est humainement impossible à rendre dans l'état actuel des choses étant donné la surcharge.
Je ne sais pas combien d'affaire un juge doit instruire à la fois et de combien de temps il dispose.
5- Je répète que le justiciable doit avoir droit à consulter son dossier lui-même.
En France il existe bien une procédure qui permet à un citoyen de saisir lui-même la jusitce (au pénal), de se constiiuer partie civile et de payer la consignation, et même de demander des actes et documents au juge d'instruction. Son pouvoir s'arrête là. Il n'a plus droit de regard sur ce qu'il a lui-même demandé ! N'est-ce pas absurde ??
Je serais curieuse de savoir s'il en est ainsi dans toute l'Europe. J'ai cru entendre dire le contraire. Pouvez-vous nous renseigner ?
5- En ce qui concerne les rapports d'expertise psychiatriques il vaut mieux les confier à une bonne femme de ménage, ces femmes-là ont beaucoup d'intuition.
6- Il faut punir sévèrement l'absence de lecture du dossier, et les conclusions en méconnaissance totale de ce qui figure dans le dossier.
7- Halte aux "SECRETS ENTRE AVOCATS". Vive Perben II.
8- Tout à fait d'accord avec Catherine Jacob sur la similitude avec le trader... Il n'est vraiment pas permis de faire dépendre de tels enjeux des actions d'un seul homme face à son auto-fascination.
"Personnellement cependant, je suis d'avis qu'on ignore souvent ce qu'on ne veut pas savoir et non pas nécessairement ce qu'on nous dissimulerait soigneusement, et je me demande si, au fond, ce ne serait pas le cas quelque part de ces deux catastrophes judiciaire et financière que je rapproche volontiers, pour ce qu'on en sait, à la fois sur le plan de, mutatis mutandi, l'ampleur des dégâts ainsi que de la bride laissée sur le cou aux esprits immatures - même si techniquement bien et aussi trop bien formés - qui les ont causés !!"
(comme vous dites, Catherine Jacob, c'est tout à fait ça !)
Anat Duval Uzan



catherine A.

@cactus
Perso je préfère le vers au vert (qui paraît-il porte malheur .....), surtout celui qui fait la promo de l'éolien ou de l'agrocarburant qui affame la planète.
@Catherine JACOB
J'essaie (mais je n'y arrive pas) de ne pas avoir d'a priori. C'est donc après avoir vu 1 émission (en fait jamais entièrement) d'Ardisson, Ruquier et quelques autres, que j'ai décidé de définitivement faire autre chose plutôt que de les regarder. Cela dit chacun fait ce qu'il veut et je ne mépriserai jamais quelqu'un qui a du plaisir à regarder ces émissions-là mais par contre je ne supporte pas les faux-culs : à chacun ses mauvais goûts, les miens je les assume, je les revendiquerais presque. Je sais c'est un peu vaniteux mais ça aussi j'assume :-)

Catherine JACOB

@Cécile de Songy

"@olivier-p :Les commentatrices déléguées par l'UMP !!! N'importe quoi !!! Vous avez des obsessions qui commencent à inquiéter sur ce que vous êtes réellement."

Du genre 'Je t'aime, moi non plus ?' C'est ça ?

"Véronique, la malheureuse, tout sauf déléguée par l'UMP,"

Où est-il dit que c'est Véronique qui est visée ? Il est simplement écrit ceci :

"On aboutit à un paradoxe : si la cour d'assises n'avait pas acquitté certains prévenus d'Outreau, et bien aujourd'hui tout le monde féliciterait M. Burgaud... et les commentatrices déléguées par l'UMP le féliciteraient même chaudement (au nom de la morale, forcément)."

Vu le niveau de certains députés UMP auquel celui des commentaires de Véronique est nettement supérieur, une confusion me paraît difficile, que l'on partage ses opinions ou non ! Ceci étant, elle pourrait sans doute leur louer utilement ses services au besoin...!! catherine A. aussi d'ailleurs !

@catherine A.
"exigeante mais encore faut-il la lire au lieu de se jeter sur des torchons. C'est bien de dénoncer les daubes que sert la télé mais pourquoi continuer à les regarder jusqu'à en avoir les yeux carrés."

Pas carrés, triangulaires!
Ceci dit, tout autant qu'il me paraît utile que les parents regardent les émissions destinées en principe à leurs enfants pour savoir comment on s'adresse à ces futurs consommateurs, il me paraît fort utile de savoir comment la télé grand public s'adresse au grand public ainsi que ce qui plaît à ce dernier.
Personnellement je n'ai aucun a priori et je trouve toujours à faire mon profit même du pire (à l'exception toutefois de la filmographie de prédilection de RTL9 le vendredi soir sur laquelle il m'est arrivé de jeter un oeil après Thalassa, autrement dit les séries interdites aux moins de 16 ans, et qui sont d'une indigence telle sur le plan de l'imaginaire que je m'endors généralement dans les 5 ou 10mn sans même avoir bu ma tisane).
Car une chose est, en effet, de s'occuper à s'intéresser à ce à quoi s'intéressent nos concitoyens, pour mieux les comprendre, une autre chose est de décider de se livrer à telle ou telle activité par pur plaisir, pur délassement ou pure jouissance intellectuelle.

Pour répondre à Olivier, on peut dire que trop d'innocents injustement condamnés font les régimes qui courrent tôt ou tard à leur perte. Que donc on peut se féliciter de ce que ce n'ait pas été le cas à propos de cette affaire d'Outreau dans laquelle les procédures mises en place par une démocratie ont eu finalement raison des errements de quelques-uns.
Nonobstant, il est du devoir de cette même démocratie que de se pencher sur l'enchaînement des causes qui ont conduit au scandale que nous connaissons de façon à éviter ou tout au moins limiter le prochain !

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