Ma Photo

Dans les médias: radio & télévision

  • RTL lundi 20 février, mercredi 29 février, jeudi 8 mars et lundi 12 mars
    "On refait le monde" de Christophe Hondelatte, de 19h15 à 20h

Dans les médias: presse

  • Le Figaro Magazine
    Page 111, chronique d'Alain-Gérard-Slama

Mes liens favoris

Diffusion

  • Wikio
    Wikio - Top des blogs

Mentions légales

  • Directeur de la publication: Philippe Bilger
    SixApart sa 104 avenue du Président Kennedy 75116 PARIS
Blog powered by TypePad

« Les crocs | Accueil | Le lynchage de précaution ! »

TrackBack

URL TrackBack de cette note:
http://www.typepad.com/services/trackback/6a00d8341c86dd53ef00e54ff840f08833

Voici les sites qui parlent de Outreau pas assez ? :

Commentaires

 Cactus satanique (?)

-@JDR
"quand je vois le ver je jette la pomme"
J'aurais tendance à dire que vous avez tout faux.-
rapporte Catherine A.!!!!

je me permets de rajouter :

-@JDR
"quand je vois le vert je jette la pomme"

mais ceci n'engage que moi, là !!
si ce sont de beaux vers voire des versets, tout serait alors moins faux, non, Catherine ? (surtout si cela ne sonne point faux)

Cécile de Songy

@olivier-p
Les commentatrices déléguées par l'UMP !!! N'importe quoi !!! Vous avez des obsessions qui commencent à inquiéter sur ce que vous êtes réellement. Véronique, la malheureuse, tout sauf déléguée par l'UMP, sauf à avoir des oeillères majuscules quand vous la lisez, doit commencer à en avoir marre de vos attaques constantes et ridicules. Nous aussi, nous en avons marre, choisissez-vous d'autres têtes de turc, il n'en manque pas et le fait que vous attaquiez pitbullement la "commentatrice", comme vous dites, la plus brillante, n'est pas sans susciter des questions pour lesquelles, en ce qui me concerne, j'ai la réponse !

hag


.... "la loi n'était pas à changer mais les comportements d'écoute, de doute et de respect à privilégier". Tout est dit.

catherine A.

Dois-je dire que je commence à trouver assez lassantes ces volées de bois vert que prennent les journalistes à longueur de commentaires. Oui ils sont - nous sommes - beaucoup moins cultivés, courageux, responsables, etc. etc. que je le souhaiterais. Mais enfin j'en connais des tas qui font très très bien leur travail. Je connais même des patrons de presse courageux. La presse est peut-être à l'image d'une société. C'est bien de demander une presse exigeante mais encore faut-il la lire au lieu de se jeter sur des torchons. C'est bien de dénoncer les daubes que sert la télé mais pourquoi continuer à les regarder jusqu'à en avoir les yeux carrés. D'accord pour montrer du doigt les politiciens douteux mais ceux qui traînent des batteries complètes de casseroles sont bien élus et réélus par quelqu'un... Plutôt que chercher des responsabilités extérieures avec effectivement les boucs-émissaires bien commodes, ne faut-il pas aussi s'interroger sur une responsabilité collective qui doit être non pas un ectoplasme mais l'addition des responsabilités individuelles. Le salaud, le lâche est-il toujours l'autre ? Dans chaque groupe social, chacun de ses éléments n'a-t-il pas le pouvoir de faire face, de ne pas accepter au lieu de crier "au loup", ce qui ne sert à rien sinon à donner peut-être bonne conscience à très bon compte..
@JDR
"quand je vois le ver je jette la pomme"
J'aurais tendance à dire que vous avez tout faux. Seriez-vous un citadin pur jus pour ne pas savoir que les pommes qui contiennent des vers sont souvent les meilleures, les plus vraies, les moins trafiquées, exemptes de pesticides ? La prochaine fois, croyez-moi, faites tomber le ver, il y aura bien un oiseau pour le becqueter, et mangez la pomme plutôt que de lui préférer une belle, toute ronde, toute lisse. Même avec les pommes il faut parfois savoir aller au delà-des apparences :-)

Catherine JACOB

@Thierry SAGARDOYTHO
"le Juge Burgaud s'était exclamé : "mais on ne m'avait pas prévenu que je faisais fausse route"... Qui est "on" ? Est-ce que les avocats comptent à ce point pour des prunes que ceux qui assuraient la défense des mis en examen ne le lui avaient pas suffisamment répété en déposant plusieurs dizaines de demandes de mise en liberté ? Les lisait-il d'ailleurs ou se bornait-il à saisir le JLD?"

On a vu que les enseignants à 1500€ mensuels n'étaient pas crédibles du fait de ce montant réputé faible, mais il semblerait qu'en ce qui concerne les avocats ce soit l'inverse. Car si on estime très souvent que ceux qui ne sont pas assez payés à leur goût (aide juridictionnelle, assurances plafonnées) s'investissent dans la défense de leurs clients à concurrence du montant de leur rémunération et non en vertu d'une obligation de moyens de droit, on considère bien souvent qu'à l'inverse ceux qui sont grassement rémunérés s'y investissent au-delà de la vérité, cumulant abusivement les moyens de droit avec de bien curieux et indéfinissables autres moyens, et par voie de conséquence, en-deça ou au-delà du crédible n'est toujours pas 'purement et simplement crédible'!

Mais à qui la faute ? Et que faire sans le recours à ce mal nécessaire qui revient souvent à jouer à la loterie un numéro au hasard ?!

En tout état de cause, prêter une oreille attentive aux défenseurs tout en ne s'interdisant pas de relever de soi-même les moyens qui, pour une raison ou une autre, auraient pu échapper à ces derniers, me paraît devoir être raisonnablement attendu de qui est en position de prendre une décision décisive pour l'avenir de tout justiciable dans notre pays !!!

Patrick PIKE

Pourquoi dire "que personne mieux qu'un chrétien justement n'est capable de s'engouffrer dans ces nuits intimes, dans ces enchevêtrements personnels où le Bien et le Mal s'affrontent en un combat qui fascine autant qu'il répugne."?
Tout homme digne et épris de justice peut aussi légitimement et tout autant qu'un chrétien, qu'un François Mauriac ou un Julien Green, s'émouvoir et "se débrouiller avec ces histoires sordides", cette lutte incessante, ce manichéisme, cette confrontation du Bien et du Mal qui chaque jour s'offre à notre réflexion.
Il suffit vraisemblablement d'avoir l'humilité de penser que nul ne détient la vérité et que cette "part sombre de l'homme" est au tréfonds de chacun d'entre nous et ne demande qu'à surgir lorsque nos a priori l'emportent sur notre raison.
Est-ce l'explication du drame d'Outreau? Je n'en sais rien. Mais comme vous le dites Philippe Bilger, la loi n'est pas à changer, mais bel et bien les comportements de ceux qui en sont les garants.
Une autre question se pose, et qui deviendra sans doute fondamentale dans les années qui viennent tant nos concitoyens sont prompts à recourir à la justice, à accuser ou à dénoncer sans preuves : pourquoi l'accusateur est-il a priori plus entendu que celui qu'il accuse, ce dernier devant systématiquement prouver son innocence ?
Ne serait-il pas préférable d'enquêter d'abord sur le bien-fondé des plaintes déposées ou des affirmations proférées ?
Il suffit comme vous le dites, d'appliquer les textes. Mais combien sont ceux le faisant réellement pour une justice plus sereine ?
En cela Outreau est symbolique et peut devenir un nom commun, un générique représentatif de l'absurde dont on n'a pas fini de débattre.

L'ignoble Infreequentable

Moins de "pinailleries" procédurière et plus de bon sens ?
Quand on voit qu'un seul article du Code civil (le 1382, tout bête tout beau) suffit à créer tout le droit de l'assurance (avant qu'il ne soit codifié lui-même), c'est qu'il en a fallu du bon sens à ses auteurs et à ceux qui ont eu à l'appliquer !
Simplifier et revenir aux sources ?

Catherine JACOB

@Jean-Dominique Reffait

"Outreau n'est pas la faillite de la procédure pénale mais la faillite de ceux qui n'ont pas su, à tous les niveaux de contrôle, appliquer cette procédure. "

A l'image sans doute des procédures de contrôle des opérations des trader en matière d'opérations boursières qui aboutit à un Outreau de la Sogénal peut-être, avec un lampiste et des propositions de démission purement formelles de la part de sa hiérarchie?

"il peut m'arriver de manger une pomme qui contient un ver, mais quand j'ai vu le ver, je jette la pomme."

Ah mais, de temps en temps il y a des vers comestibles qui ne sont pas négligeables en période de disette, mais comme nous vivons une période d'abondance qui se plaint néanmoins de tout...!
Ceci étant, la situation que vous évoquez est celle du conjoint trompé qui l'ignore et qui ne souffrirait que du moment qu'il (ou elle) l'apprendrait.
Personnellement cependant, je suis d'avis qu'on ignore souvent ce qu'on ne veut pas savoir et non pas nécessairement ce qu'on nous dissimulerait soigneusement, et je me demande si, au fond, ce ne serait pas le cas quelque part, de ces deux catastrophes, judiciaire et financière que je rapproche volontiers, pour ce qu'on en sait, à la fois sur le plan de, mutatis mutandi, l'ampleur des dégâts ainsi que de la bride laissée sur le cou aux esprits immatures - même si techniquement bien et aussi trop bien formés - qui les ont causés !!

Pourquoi les raisins peints de Platon attirent-ils davantage les oiseaux que les raisins de la vigne réelle ?
Pourquoi les allégations de "la principale accusatrice Myriam Badaoui" paraissent-elles crédibles au départ, si ce n'est parce qu'elles ouvrent sur un monde à la fois répugnant mais fascinant à investiguer en nous détournant davantage de la réalité qu'elles nous y conduisent, et pour sans doute les mêmes raisons d'ailleurs que les raisins de Zeuxis et le rideau de Parrhasios, à savoir du fait la puissance de l'illusion sur les sens et sur l'esprit, illusion des filets de laquelle la philosophie est censée nous permettre cependant de nous déprendre.

Pour ceux qui l'ignorent, voici l'anecdote reprise dans Les Lois et qui se réfère aux jeux d'illusion qui mirent en concurrence un peintre plus jeune, Zeuxis, avec un maître, Parrhasios :
"Zeuxis a peint des raisins avec un tel réalisme que des oiseaux sont venus les picorer. Comme la victoire lui semblait acquise il demanda à Parrhasios de lever le rideau qui recouvrait son tableau, mais le rideau avait été peint par Parrhasios. Zeuxis lui-même s'avoua vaincu."

La question est donc aussi sans doute celle-ci : comment l'accusatrice a-t-elle trouvé le chemin de l'inconscient de ceux qui se sont laissés prendre dans ses filets ?!

CAMPION

La réponse à la question soulevée me paraît d'une vertigineuse simplicité.
Il faut réformer la sélection et la formation des magistrats en ayant à l'esprit qu'être un bon juriste ne suffit pas à faire un bon juge.

olivier-p

On aboutit à un paradoxe : si la cour d'assises n'avait pas acquitté certains prévenus d'Outreau, et bien aujourd'hui tout le monde féliciterait M. Burgaud... et les commentatrices déléguées par l'UMP le féliciteraient même chaudement (au nom de la morale, forcément).

C'est tout de même bien (entre autres) parce qu'un juge peut se tromper, peut être trompé, que l'instructeur ne décide pas de la peine infligée. Et c'est plutôt un bon fonctionnement de la justice, lorsqu'une cour d'assises ne se sent pas liée par les erreurs d'une instruction.

Au fond, n'est-ce pas cela que tous les Burgaud du web, toutes les idéologues sourdes, reprochent à Burgaud "himself" ? Etre l'incarnation de tous les a priori d'un moment, de toutes les surdités, de tout ce climat d'évidences hystériques ? Etre l'incarnation de certitudes plus tard démenties...

Ce qui est effrayant dans ce Gouvernement, cette présidence, ses soutiens, bref ce moment politique,

c'est cette perpétuelle tentative de légiférer l'existence et la question morale - ce "me voilà" triomphant avec sonnerie de la charge et cavaliers portant haut.

"Il faut bien faire quelque chose..." - et bien non, pas forcément, pas n'importe quoi en tout cas. La volonté de toujours faire quelque chose, c'est une volonté totalitaire (relisez Lefort, ou posez la question à Finkielkraut...)

Dans la vie, il y a de la transgression, des erreurs, des accidents, des crimes, des ratés, des peines... et aucune nouvelle frénésie législative n'en viendra à bout (sinon, bien sûr la responsabilité de chacun).

Ni une assemblée, ni un omniprésident ne viendront à bout du mal. Et surtout pas cet enthousiasme impensé avec gourmandises sondagières, grenelles flashés, commentaires endiablés (c'est le mot...).

Burgaud serait avisé de changer de métier. Nous de réparer ce qui peut l'être. Sans tambour.

Jean-Dominique Reffait

Cher Ludovic,
Je crois que si vous vous focalisez sur le caractère "notable" de la personne que vous accusez dans votre livre (et dont j'ai lu la présentation sur le site des éditions Tatamis), vous vous fourvoyez.
Dans ce genre d'affaire, où les éléments matériels manquent souvent, c'est parole contre parole et c'est donc à l'instruction que les inégalités se creusent. On ne dira jamais assez l'inégalité considérable entre justiciables que constitue l'inégalité de talent ou de motivation des avocats pendant l'instruction.
Les collusions aussi, notamment en province, où juges et avocats négocient leurs petites affaires dans les bonnes brasseries du centre ville. Il faut ajouter à cela les journalistes locaux spécialisés, toujours fourrés au palais de justice : magistrats et avocats savent que ce que l'opinion va penser d'une affaire le lendemain dépend de ce que le journaliste pense aujourd'hui.
J'ai vu des choses tout à fait étonnantes à Troyes ces derniers jours. C'est humain et inchangeable.
La réforme de la carte judiciaire aura au moins cet avantage de diluer tout ce monde dans des ensembles plus vastes où les petits arrangements entre amis seront plus complexes à mettre en oeuvre.

Surcouf

@Polochon
On peut également se demander ce qui se serait passé si les accusés avaient été de "vrais" notables. La justice les aurait-elle traités de cette manière ?

Mais aurait-elle jugé des magistrats de la même manière ou plutôt aurait-elle mené les enquêtes dans les mêmes conditions ?
J'en doute fortement.

@Ludovic Lefebvre
Je crois bien que l'institution de part sa structure fermée et assez figée a engendré des comportements qui, sans aller à dire qu'ils sont anormaux, sont pour le moins discutables mais surtout anachroniques en ce XIX ème siècle.

Cependant il ne faut point jeter l'anathème sur tout un ensemble de professions, de spécialisations et sur une institution.
Certes des dérives, graves, existent mais il ne faut pas pour autant oublier le travail scrupuleux, au quotidien, effectué par des milliers de gens, qui, lorsque sortent de telles affaires se sentent bafoués par leur propre environnement professionnel.

 Cactus un peu défaillant

"Au cours de ce même échange, Michel Perrot n'hésite pas à demander à Christophe Hondelatte comment le "chrétien" qu'il est "se débrouille avec ces histoires sordides"."
Bel extrait de ce conte de Perrot, monsieur Bilger !
Nul gros besoin de vous dire que j'ai adoré votre titre - à des années lumières voire lues-là (une pensée pour Serge Rezvani) du "stop ou encore", célèbre devise radiophonique tant et tant mal traitée !
La substantifique moelle m'ayant déjà comblé ce fut donc le gâteau sur la cerise (pour citer un joueur du PSG s'exprimant il y a peu à la radio - non non je ne me moque pas - je cite puisque mode hooo) :
"alors ne défaillissons point !", me dis-je à moi-même et ce grâce à vous, j'avoue moi qui vous vois là et vous vouvoie de ma voie cactée jamais outrée !

sinon "J'autorise monsieur Bilger à donner mon adresse mail à toute personne désireuse de s'informer ou de me rencontrer" dit L. Lefebvre : je suis partant, bien entendu

Dan

Cette émission sera certainement très regardée ! Nous constaterons, une fois de plus, que les magistrats et les journalistes se défilent devant leurs responsabilités dans la fabrication de ce chaos ! Mais ce qui sera, à mon avis, nouveau et plus intéréssant, ce sera d'entendre les sacrifiés d'Outreau nous parler de l'après chaos ! Comment font-ils pour ne pas déborder de haine vis-à-vis de cette société et de sa médiocratie souveraine ? Comment font-ils pour tenter d'oublier ce cauchemar ? Comment font-ils pour apaiser leur souffrance devant la lâcheté de responsables professionnels incapables d'adresser le moindre mot d'excuse publique, le moindre mot d'humanité ? Comment font-ils, tout simplement, pour survivre ?

Ludovic Lefebvre

Voici mon opinion à ce sujet où le rôle des médias est, comme par le plus grand des hasards, encore oublié... par les médias !

http://outreau-ludo.blogspot.com/2008/01/le-politico-mdiatico-judiciaire.html

Si parmi les journalistes présents sur ce blog, un seul me faisait l'humanité de me prendre en entrevue à l'occasion de la sortie mon essai empirique : "l'oublié d'Outreau", non seulement, je pourrais leur en apprendre beaucoup sur le sujet, mais je démontrerais sans rudesse jusqu'à quel point le système judiciaire peut faillir.

Ce sont quelques hommes et non la magistrature et ses textes qui ont fait Outreau et il est "cinglé" de croire depuis ce temps que tous les accusés le sont à tort. La justice souffre depuis Outreau, il me fut fait bien des révélations aberrantes.

Nous regardons la réalité en face et trouvons de bonnes solutions ensemble où nous continuons la chute en fermant les yeux ? Je suis prêt, un simple coup de pouce et je me fais fort d'effectuer le reste du trajet seul. Sans une première entrevue toutefois, je me heurte à la censure par le silence et les efforts resteront caduques.
J'autorise monsieur Bilger à donner mon adresse mail à toute personne désireuse de s'informer ou de me rencontrer.

Polochon

Dans cette affaire, les magistrats bien sûr mais aussi la presse doivent réfléchir à cet enchaînement de mauvaises décisions et d'informations erronées.
Mais surtout, n'oublions pas qu'Outreau ce sont d'abord des hommes et des femmes qui ont payé très cher cette erreur judiciaire. Certains ont pu se reconstruire mais d'autres ont été définitivement cassés.
On peut également se demander ce qui se serait passé si les accusés avaient été de "vrais" notables. La justice les aurait-elle traités de cette manière ?

Hermione

Votre billet, Monsieur Bilger, traduit votre humanisme chrétien et votre foi dans les institutions.

Mais pour moi qui ne suis pas chrétien, j'ai beaucoup de mal à penser que la procédure d'Outreau n'est pas la simple mise en oeuvre de cette procédure dont vous croyez qu'elle n'a aucune part dans ce fiasco.

Certes vous ménagez les deux magistrats que l'on a trop vite désigné comme devant supporter la charge de nos émotions passagères et volages. Certes vous pointez du doigt la mécanique des contrôles défaillants et la responsabilité de la chaîne hiérarchique. Mais enfin le culte de l'aveu de la justice française, mais enfin l'absence d'habeas corpus dans ce pays, rien ne peut être trouvé qui puisse un moment venir secourir ce que vous décrivez comme un comportement simplement humain et que je pense être un fonctionnement visant à la perfection des individus dans une fonction ?

Vous doutez, Monsieur Bilger, mais vos collègues n'ont pas douté. Et pourtant je les crois être des hommes parfaitement honorables et innocents du crime que l'on veut leur faire endosser.

Mais la routine des uns, la certitude des autres est inévitable. Alors n'avez-vous pas quelque améliorations de l'ordre de la procédure, de l'obligation de fournir des preuves matérielles, de la nécessité de confronter les personnes détenues avec leurs accusateurs dans une phase de l'ordre du jugement avec accusation et défense jouant leur rôle, à nous proposer ?

Tout ceci sous la forme d'une réflexion bien sûr. Les réformes hâtives et les lois de circonstances ne faisant jamais que conforter les situations préexistantes en prétendant les changer.

C'est bien cette réflexion sur une évolution de notre pratique de la justice, de la procédure judiciaire de ce pays qui était en filigrane dans cette commission parlementaire où tous, personnes victimes de la procédure, politiques membres de la commission et Monsieur le Juge Burgaud ont joué un rôle digne, mais dont le néant qui s'ensuivit ne pouvait que la réduire à une comédie.

Cette comédie orchestrée par une certaine presse oublieuse de son rôle et de sa fonction amplificatrice sinon initiatrice (n'allons pas encourager son outrecuidance) des plus grands fiascos judiciaires et sautant vite aux solutions simples, clouant au pilori le juge Burgaud, quelques jours après avoir gravement porté atteinte à la personne des mis en examen sur la base de l'instruction de ce même juge.

On nous l'a dit. Après cette catharsis plus rien ne sera comme avant. On est prié de le croire.

Attendons vos prochains billets. Venons ici avec nos certitudes et repartons avec nos doutes...

Thierry SAGARDOYTHO

"comment faire pour que la loi soit respectée dans son esprit, que l'humanité soit une exigence de la technique et que les contrôles soient fiables?"... Beau chantier ! Vibrant défi en perspective. Naïvement, le Juge Burgaud s'était exclamé : "mais on ne m'avait pas prévenu que je faisais fausse route"... Qui est "on" ? Est-ce que les avocats comptent à ce point pour des prunes que ceux qui assuraient la défense des mis en examen ne le lui avaient pas suffisamment répété en déposant plusieurs dizaines de demandes de mise en liberté ? Les lisait-il d'ailleurs ou se bornait-il à saisir le JLD ? Cette phrase "on ne m'avait pas prévenu" révèle tout le chemin qui reste à parcourir. EDM avait dit à juste titre qu'il connaissait 50 juges Burgaud en France. Sans doute était-il modeste !

Marcel Patoulatchi

Une fois n'est pas coutume, je suis Jean-Dominique dans sa métaphore.

J'aurais même tendance à ajouter qu'on mange rarement le trognon : lorsqu'on a des pépins, il n'y a pas de scandale à les discriminer du reste de la pomme et à les écarter.

Surcouf

Effectivement, beaucoup semblent l'oublier, la justice des hommes est faite pour les hommes par les hommes.

Se réfugier derrière une procédure (administrative, judiciaire, policière..) par souci somme toute de tranquillité est un déni d'humanisme pour ne pas dire d'humanité.

Jean-Dominique Reffait

Je l'ai déjà dit ici, je suis d'accord avec vous que la question posée par Outreau est celle des hommes plus que des procédures. Le système prévoit tous les contrôles et recours possibles et, à quelques aménagements près (notamment l'obligation pour un juge d'instruction d'effectuer un acte demandé par la défense, séparation du siège et du parquet), on ne voit pas bien comment une réforme totale de la procédure pénale pourrait, d'un coup de baguette magique, améliorer les hommes qui la mettent en pratique.
Outreau n'est pas la faillite de la procédure pénale mais la faillite de ceux qui n'ont pas su, à tous les niveaux de contrôle, appliquer cette procédure.
A quoi sert une chambre de l'instruction lorsque celle-ci transforme par un copier-coller informatique, reproduisant au passage les mêmes fautes d'orthographe, le dossier du juge d'instruction en acte d'accusation ?

Cependant j'exprime une différence dans votre absolution de MM. Burgaud et Lesigne, au motif qu'ils ne seraient pas pires que d'autres. Sans doute, mais ces deux-là sont clairement identifiés : il peut m'arriver de manger une pomme qui contient un ver, mais quand j'ai vu le ver, je jette la pomme.

Vérifiez votre commentaire

Aperçu de votre commentaire

Ceci est un essai. Votre commentaire n'a pas encore été déposé.

En cours...
Votre commentaire n'a pas été déposé. Type d'erreur:
Votre commentaire a été enregistré. Les commentaires sont modérés et ils n'apparaîtront pas tant que l'auteur ne les aura pas approuvés. Poster un autre commentaire

Le code de confirmation que vous avez saisi ne correspond pas. Merci de recommencer.

Pour poster votre commentaire l'étape finale consiste à saisir exactement les lettres et chiffres que vous voyez sur l'image ci-dessous. Ceci permet de lutter contre les spams automatisés.

Difficile à lire? Voir un autre code.

En cours...

Poster un commentaire

Les commentaires sont modérés. Ils n'apparaitront pas tant que l'auteur ne les aura pas approuvés.