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« Le lynchage de précaution ! | Accueil | Une Ecole d'avenir ? »

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Voici les sites qui parlent de Classe tous risques ! :

Commentaires

ronan

Merci.
Cette histoire méritait avant tout du bon sens et de la mesure.
Les protagonistes manquent forcément de recul, et la baffe comme le dépôt de plainte étaient pour moi des conneries (pas forcément à placer au même niveau, ce n'est pas le propos) mais tous les deux à porter sur le coup de la colère.
Les suites policières et judiciaires, elles, n'ont pas cette excuse, et c'est toute l'affaire.
Le gendarme doit actuellement, tout comme l'enseignant, regretter l'intensité de sa réaction.

guzet

La réaction du procureur est conforme à l'idéologie d'une partie des magistrats formés par le syndicat de la magistrature, il n'y a rien à en dire... Plus étonnant est le comportement du gendarme, qui semble ne pas s'apercevoir qu'il y a continuité entre ce que l'enseignant vit dans sa classe et la contestation de l'autorité que, lui, gendarme, vit dans la société... Quant à la sérénité des Universités évoquée par Marcel, on en reparlera dans quelques années, lorsque la situation y sera la même que dans les écoles, Le Monde de l'Education tentant actuellement d'enquêter sur les incivilités dans les universités, car le sujet y est encore considéré comme tabou, comme cela l'était il n'y a pas si longtemps dans les écoles...

Romain Boucq

M. Bilger,

Votre écrit est plein d'une sagesse qui tranche avec le climat actuel du reality-show dans lequel notre société se complaît.

Tout d'abord, on évoque le châtiment corporel, mais on oublie d'évoquer "le droit de correction" qui fait partie de notre droit positif.

Il s'agit là, bien entendu, non pas d'une excuse légale, mais bien d'un outil d'appréciation dans les mains du juge : outil d'appréciation d'autant plus légitime qu'il nous rappelle que le droit est avant tout affaire de circonstance.

Dans le cas contraire, on pourrait imaginer, un jour, que les juges soient remplacés par des machines à distribuer des peines - un peu comme les radars automatiques - qui seront situées directement dans les commissariats ou dans les gendarmeries...

Or, le droit est avant tout une affaire de mesure. En droit pénal, la mesure est d'autant plus délicate à mettre en oeuvre que la loi pénale est d'interprétation stricte.

Dans ce cadre, l'infraction pour laquelle est poursuivi l'enseignant fait état dans sa définition de "violences" (au pluriel). Il me semble qu'une seule gifle - quel que soit le contexte - donne l'occasion au juge de relaxer sur un fondement légal.

Dans l'hypothèse où la machine (à distribuer les peines) n'aurait pas fonctionné correctement, acceptant la qualification retenue de "violences ...", le juge a encore à sa disposition le droit de correction reconnu aux enseignants et aux éducateurs par une jurisprudence constante - n'en déplaise à certains, y compris les médias qui sont source d'une belle désinformation en la matière, qui font une confusion entre les châtiments corporels et le droit de correction (distinction initiée par la décision du Tribunal de police de Bordeaux du 18 mars 1981) - qui a conduit à la relaxe d'enseignants ayant commis des faits "bien plus horribles" depuis 1997...

Enfin, je m'interroge sur la durée de la garde à vue : 24 heures. L'article 63 du Code de procédure pénale : "L'officier de police judiciaire peut, pour les nécessités de l'enquête, placer en garde à vue la personne (...) [qui] ne peut être retenue plus de vingt-quatre heures.(...)"

Combien y a-t-il d'actes d'instruction à réaliser pour que la garde à vue soit nécessaire dans une durée aussi longue ? Surtout de nuit... Quel danger de renouvellement de l'infraction pour la société ?

Il y a probablement quelque chose qui m'échappe et je ne peux m'empêcher de penser qu'il n'y ait pas un lien entre le fait que le père de la victime soit gendarme et la durée qui semble excessive au regard de la nécessité de l'enquête.

Ne serait-ce que pour éviter que le public imagine qu'il existe une justice à plusieurs vitesses, une certaine mesure était souhaitable.

J'espère que l'avocat de l'enseignant lui conseillera de refuser la CRPC. Si cette procédure est utile, la présence de l'avocat a été rendue obligatoire justement pour éviter que des personnes soient condamnées, au mépris de leurs droits.

Dans l'hypothèse où la CRPC serait choisie, ce sera au juge de refuser d'homologuer toute peine en résultant.

Si l'Education Nationale veut prendre une sanction, c'est son droit - et c'est l'exercice d'une voie indépendante du droit pénal, à savoir celle du droit administratif. Au regard de l'application du droit pénal positif, la relaxe devrait s'imposer.

ogier

Je suis pour ma part sceptique quant à la façon dont les faits sont présentés par la presse. Difficile en effet d'imaginer qu'un gendarme ait pu déposer plainte pour une gifle si, après s'être entretenu avec le professeur il n'a pas cru déceler un motif sérieux pour agir ainsi. Que s'est-il passé lors de cet entretien ? D'autre part, la garde à vue a eu lieu chez les policiers et les relations Police/Gendarmerie ne tiennent pas vraiment du copinage...
Avant d'imaginer dans cette affaire que policiers, magistrats et rectorat appliquent la loi de façon obtue, on peut aussi penser que la présentation journalistique n'est pas le reflet exact de la réalité et biaise notre jugement.

Ktrin

Promis, il s'agit là de ma dernière intervention sur le sujet !

Lorsque j'écrivais "L'honneur... la société demande à tous de le perdre petit à petit. Cet honneur que l'armée de tous les pays revendique pour riposter, justifier de représailles."

Donc, pour commencer il fallait écrire : "justifier ses représailles".

Puis, je crois ne pas avoir été très claire dans l'exposition de mon impression.

Je voulais dire que l'honneur, c'est super bien mais que c'est un mot utilisé à des fins destructrices. Comme à l'époque des duels, autres réglements de compte dans le sang ou les kamikazes, etc...

Je conçois tout à fait que l'on tienne à son honneur personnel et à celui de son entourage mais ce mot ne doit pas servir de prétexte à tout acte tragique.

Et je déteste lorsque des pouvoirs utilisent ce mot au détriment du bien-être d'un peuple mais pour d'autres intérêts moins avouables.

"L'honneur" est un mot délicieux mais/ et d'une trop grande portée pour le malmener en l'utilisant à toutes les sauces.

Dignité aux yeux des autres et dignité de soi-même à ses propres yeux. L'une risque d'être payée très cher et la seconde risque fort de n'avoir comme satisfaction que celle d'avoir été instinctivement désirée. Pour que la dernière soit ressentie pleinement, il faut que la première appose son cachet.

Comme dit Philippe, nous verrons en mars...

Et il a le fameux " pour l'exemple" : si un prof à l'avenir finit par donner davantage qu'une baffe à un élève, la clameur du peuple montrera du doigt cette justice qui n'a pas su intervenir à temps un certain mois de janvier 2008.

Ok, j'arrête, je suis intarissable sur pareil sujet. J'arrête de "spamer" votre blog pour aujourd'hui, Philippe !
Merci !

Ktrin...encore !

J'oubliais :

A Steam :

"le professeur a défendu son honneur. Ca ne compte pas ? "

L'honneur... la société demande à tous de le perdre petit à petit. Cet honneur que l'armée de tous les pays revendique pour riposter, justifier de représailles.

L'honneur du prof est là bien mal en point.

Je suis du côté du prof, pourtant.

Histoire de raconter une peu de ma vie :

Mon père portait l'uniforme et ma mère était dans l'enseignement. Ils vivaient et vivent encore très bien... ensemble et avec moi !

Je suis pour une éducation non permissive et non autoritaire à la fois qui privilégie le dialogue avec un enfant.

Une éducation de ce genre nécessite du temps avec l'enfant et de la patience dans l'échange.
Le but n'est pas d'imposer sa propre vision à un enfant mais de lui donner les clefs pour sa vie future. Qu'il puisse de lui-même faire ses propres choix en toute connaissance de cause et dans le respect des autres.

Cela éviterait à mon gamin de se faire " choper" par un ...gendarme à l'âge adulte ! (aha)

Constat : éduquer un enfant est difficile, même avec de l'amour. On peut trop vite se sentir trop impliqué et responsable si son parcours n'est pas impeccable, s'il souffre etc.

A Baptiste :

"Et personnellement, exactement comme dans ce billet, je ne parviens pas à comprendre un représentant de l'autorité qui apprend que son fils a insulté son professeur, qui se précipite pour porter plainte au lieu de s'occuper de son gamin taré. Celui-là, il ne doit pas être fin..."


Le gendarme donne à son fils le message suivant : "on te frappe. Tu portes plainte"
Je comprends cela car il est un gendarme et son esprit va dans la logique de sa profession.

Il ne devrait pourtant pas oublier qu'insulter est aussi un... euh... (aidez-moi, Philippe : un "délit" ? Le mot est juste ?)

Pour en revenir à cette histoire et à son aspect "éducation" :


Je trouve bizarre qu'un fonctionnaire s'en prenne à un autre fonctionnaire. Le corporatisme ne semble plus de mise.

Il s'estompe au profit d'un individualisme malsain.

Les missions d'un gendarme et d'un enseignant ne sont pas identiques mais elles ont pas mal de points en commun.

Enfant, on est éduqué par nos parents (aimé mais aussi puni si on commet des bêtises) puis le gendarme vient vers l'adulte s'il ne respecte pas certaines lois.

Dans un reportage, il a été dit que certains riches industriels ou entrepreneurs exilés en Belgique pour échapper au fisc détestaient les fonctionnaires (au "service" de l'Etat donc de nous tous).

Pas besoin d'être détestés par les riches pour que la situation dégénère ! Nous sommes sur la bonne voie pour que pas mal de piliers de notre société s'effondrent tout seuls, sans aucune aide (cf cette affaire) et que seule la valeur de l'argent l'emporte !

A noter : il n'y a pas que les gamins des ZUP qui sont insolents. CQFD.

Allez, zou, bon we à tous !


basba

Esurnir n'a pas tort de rappeler les termes de la loi et les conséquences de diverses circonstances agravantes.

Quant à la profession du père, elle est peut-être pour beaucoup à l'origine du dépôt de plainte. En effet, les gendarmes sont confrontés à des situations BIEN PLUS DIFFICILES que celles que connaissent les enseignants, même en ZEP.
Et dans le cadre de cet environnement hostile, si le gendarme craque et gifle le délinquant, il sera aussitôt mis en examen pour violences volontaires aggravées. Puis il sera condamné.

Alors quand un fils vient raconter à son père, gendarme et donc bien conscient de la situation que je viens d'évoquer, qu'il a été violenté par un enseignant alcoolisé, il n'est finalement pas étonnant que cet agent de l'ordre s'en remette à la loi qu'il sert et à laquelle il est soumis quotidiennement.
Enfin, je suis d'accord pour dire que le rappel à la loi aurait été largement suffisant. La CRPC est presque choquante quand on sait toutes les infractions bien plus graves qui ne sont l'objet que d'un "classement 56"...

Ktrin

Bonjour la compagnie ! Céche le week-end !J

Pour détendre l’atmosphère, je répondrai tout d’abord – sur un ton que je veux humoristique - à Marc :

« J'ajouterais au risque d'être censuré qu'en grandissant, je ne garde pas un si mauvais souvenir de cette fessée... » Des psychiatres expliquent très bien les dérives de la fessée.
Puis, + sérieusement, comme d’habitude, notre ami Philippe sait choisir des sujets + que délicats ! Oulala… En lisant les près de 50 commentaires, je suis + que partagée.
Je me dis qu’un enfant ne devrait jamais être frappé. Et pourtant, le « connard ! » tend à démontrer que même avec un papa gendarme, le fiston n’est vraiment pas bien dans ses baskets. Trop protégé par papa ou mal-aimé, cela est de l’affaire des psy ou des éducateurs.
Je n’ai pas d’enfants et je touche du bois. A l’adolescence, c’est l’ébullition, la révolte, la frime devant les copains de classe et tout le tralala. Peut-être que cela n’est donc que le passage à l’âge adulte qui se ferait de manière houleuse… avec pertes et fracas.
Je pense que l’idéal aurait été que le prof ne perde pas ses moyens mais il l’a fait et ce n’est pas déplorable pour le gamin mais pour l’avenir du prof.
Le nombre de fois dans une vie où, comme dirait Vonric, on pourrait porter plainte pour injures… Là, le hic c’est qu’il s’agit de coup donné. Sans parler du fait qu’un gamin à problèmes ne tirera aucune leçon d’un coup reçu. Il aura encore plus de violence en lui.
Il faudrait connaître la relation entre le gamin et ses parents. On ne saura pas car cela relève de la vie privée. Par contre, toucher à celle du prof en clamant son alcoolisme, là, aucune pudeur !
Je trouve que l’histoire est moche pour le professeur et je pense que cela sera difficile à porter pour le gamin lorsque adulte, il aura (souhaitons-lui) dépassé ses problèmes avec l’autorité (ou la société en général) et qu’il aura saisi la gravité de son insulte avec ce qu’elle a entraîné.
Cela le fait penser au harcèlement moral qui fait parfois exploser le harcelé (il faut bien l’appeler « victime ») et qui est accusé(e) car n’en pouvant plus, se serait finalement révolté(e).
Tout le hic est que le prof a réagi promptement et que le gamin est mineur et qu’au nom de la protection de l’enfance, on en fait trop.
Il est difficile d’inspirer et d’expirer puis de sourire avec diplomatie lorsqu’on se fait insulter.
Corps et âme à l’Education, il s’agit souvent d’une vocation, c’est un peu comme dans une relation trop prise à cœur, où aucun détachement n’est possible. Alors, au 1er gamin qui blesse verbalement, le prof a sûrement été bouleversé et perdu tout esprit rationnel et tout recul.
Ni le prof ni le gamin n’en sortiront indemnes.
A Anne I :
“Si le père était venu en bleu de travail, l'affaire aurait-elle pris une telle ampleur ? »
Cela me fait penser à quelques secondes aux infos… pour dire que 2 salariés de l’usine Peugeot ont tenté de se suicider pour cause de harcèlement moral. L’un deux est "dans le coma" Cette info vite présentée, en 2 ou 3 phrases, sans reportage ou autre considération, m’a attristée pour ces deux travailleurs et leurs familles. Je pense que j’ai répondu à votre remarque, Anne I…

Bon dimanche à tous, bien que l’actualité rende bien triste…

Patrick PIKE

Décidément je devrais me coucher plus tôt, ça m'éviterait d'écrire des sottises.
Il faut lire à propos du gendarme: "... pour son honneur et CELUI de son Institution" et non "celle".
Quant à Ausone, ce n'est pas à son fils qu'il écrivait cette lettre, mais à son petit-fils Ausonius.
Ma mémoire commence à me jouer des tours.

D'autre part il est dit, selon le procureur de l'endroit, que ce professeur a jeté les affaires de l'élève à terre, l'a collé contre un mur avant de le gifler après l'insulte, puis aurait dit à ses élèves que l'incident était clos, on n'en parlait plus.

Certains y voient la violence d'un homme. Moi je n'y vois que le déroulement logique d'une séquence dont le début fut marqué vraisemblablement par l'arrogance et le dédain d'un gamin aux injonctions de son maître qui, après administration de la thérapeutique appropriée, a fermé la parenthèse d'une manière normale.
Pour lui l'incident était réellement clos et il n'y avait pas matière à aller au-delà.

En y réfléchissant un tant soit peu, j'aurais sans doute réagi ainsi. Puis en fin de cours j'aurais demandé à l'élève de rester pour une explication de texte.
Du moins je pense. Ce que n'a pas fait cet enseignant perturbé sans doute par la crainte de la réaction d'une société à la fois permissive et procédurière.

Ce cas pose une autre question, qui est celle des dépôts de plaintes qui se multiplient à tout propos contre un médecin, un architecte, un voisin et que sais-je encore et vraisemblablement à court terme amplifiés par la possibilité pour tout un chacun de le faire par internet.

Messieurs les avocats votre avenir est assuré.

Catherine JACOB

Je remarque que les relations enseignant/enseigné suscitent beaucoup de réactions émanant d'un public de blogueurs se risquant à donner leur avis plus nombreux et diversifé que d'habitude.

Concernant Frédéric Beigbeder
Si l'on en croit Wikipédia (site auquel j'aurais aimé tirer les oreilles récemment vu les énormités que j'y ai découvertes dans un article qui mélange allégrement les graffitis néolithiques avec les runes gravées par les Vikings sur le site de Maes Howe, mais bon...)
Laure Mentzel aurait écrit dans ‘Frédéric Beigbeder, écrivain d'aujourd'hui’ à propos de son deuxième roman : ‘Vacances dans le coma’, paru en 94, puis de ‘L'amour dure trois ans’, paru en 97 : Il s’agit de « Fragments d'un discours amoureux entrecoupés d'une série de cuites et brumisés d'eau de rose ».
On lit plus loin encore « Beigbeder apprécie les histoires folles, qui mettent en scène des héros qui lui ressemblent : dérangés, hédonistes, angoissés ».
Quoi d’étonnant après cela que « dans la nuit du lundi au mardi 29 janvier 2008, à Paris, Frédéric Begbeider et un ami soient surpris par les forces de l'ordre sur la voie publique en train de ‘sniffer’ de la cocaïne sur le capot d'une voiture. » C’est dans la logique du comportement du personnage qu’il donne à voir !

« Va-t-on le traiter comme les autres justiciables ? » Vous interrogez-vous ?
Voici la réponse déjà en ligne :
« Interpellés peu après avoir pris la fuite, l'écrivain était en possession de deux sachets de cocaïne. Les deux hommes sont placés en garde à vue dans les locaux du Sarij (service d'investigation de la police urbaine de proximité) du VIIIe arrondissement. Frédéric Begbeider sera finalement libéré après une audition. »
Mais peut-être n'a-t-il jamais encore volé de parapluie...

Marcel

Bernard, je ne pense pas qu'il y aie besoin de préméditer pour lâcher un gros mot dans un tel moment : juste de se sentir très frustré/humilié/impuissant, bref d'être en colère. C'est quand même le propre des enfants, de moins bien se maîtriser et d'utiliser les gros mots à tort et à travers, non ?

Quant à savoir si l'élève s'en sortira en héros, rien n'est moins sûr, vu les pétitions de soutien au prof qui circulaient à la sortie du collège et que faisaient signer les... élèves (ce prof, pour inacceptable que fut son comportement, est paraît-il un excellent pédagogue et en cela il est très apprécié de ses élèves).

Je voudrais aussi couper court à une certaine idée des collèges : oui les collèges c'est aussi des élèves qui se prennent pour des Dieux vivants et qui ne respectent rien et surtout pas les profs. Oui c'est aussi des profs agressés, plus ou moins gravement, et qui serrent les dents et souffrent en silence.

Mais ce n'est pas QUE ça non plus.

J'ai quitté le collège il y a seulement six ans et je pense que mon témoignage est encore d'actualité : le collège c'est vraiment la période des bras de fer entre élèves et professeurs, et à ce petit jeu, il y a aussi des élèves qui souffrent en silence et des professeurs qui abusent de leur pouvoir discrétionnaire. Ce sont d'ailleurs souvent les enfants sages qui morflent le plus, paradoxalement.


Il y a des abus des deux côtés, et aussi une majorité d'élèves qui sans avoir un comportement irréprochable essayent de suivre leur scolarité dans le respect de leurs enseignants, et une majorité d'enseignants qui sans être parfaits essayent de faire leur boulot le mieux possible. Et beaucoup de déclarer qu'ils aiment leurs élèves et qu'ils n'ont pas de problèmes graves avec eux.

Ne cédons pas au catastrophisme : le collège contient des jeunes qui sont à la période la plus difficile de leur vie (moins malléables que des enfants, moins raisonnables que des grands ados), malgré tout, le Collège n'est pas encore mis à feu et à sang par des hordes de sauvageons incontrôlables.

michel

"Parce que là, le message, il est clair : ton prof te fait chier ? Provoque-le, pousse-le à bout, et avec un peu de chance, tu vas l'envoyer en prison pour 24 heures."

C'est à peu près cela, mais cela n'est pas nouveau.

Mes beaux-enfants (23 et 25 ans) se vantaient, lorsqu'ils étaient au collège, d'avoir envoyé un prof, non en prison, mais en asile psy. La gifle, obtenue de haute lutte, était le geste de trop qui démontrait que le prof était en dépression et qu'il devait partir.

Ils avaient gagné et en étaient très fiers.

Mais rassurez-vous, ils ne m'ont raconté l'histoire que des années après les faits.

Bernard1

.. D'accord, il semblerait que l'enseignant ait plaqué le gamin contre le mur avant de se faire traiter de connard; mais il faut aussi une certaine assurance de la part du gamin ; (préméditation ?) pour traiter son professeur de nom d'oiseau étant alors en position d'infériorité et faire monter la pression d'un ou deux crans afin de provoquer la "gifle" sachant "peut-être" les conséquences qui découleraient de cet acte.
Le voilà maintenant promu héros de sa classe, terreur des professeurs, il est celui qui a fait tomber un prof qui empêchait de tourner en rond après un combat acharné digne de David et Goliath, de Saint-Michel terrassant le dragon. Sa joue en porte encore les stigmates.
Pour avoir un gamin de 11 ans je sais jusqu'où ils peuvent aller dans leurs lubies, les enfants ne sont-ils pas des pervers polymorphes ? ... dixit Freud.
On ne peut pas non plus comparer ce que nous étions à 11 ans en 195x ou 6x pour certains d'entre nous et le gamin de 11 ans de 2008 qui évolue souvent dans un monde plus ou moins virtuel, un monde fait d'agressions, de multi-morts et multi-vies où des héros se sacrifient pour sauver l'humanité et auxquels, hélas, ils s'identifient souvent.
Quant au père du gamin, la décence aurait voulu qu'il vienne en civil. Philippe Bilger nous apprend qu'il a des enfants, rencontrait-il les enseignants de ceux-ci habillé en magistrat pour montrer de quel côté était l'autorité ?

Marie

Que penseraient ces enfants qui durant des siècles ont subi des vrais châtiments pour insubordination en classe, à la chapelle, en récréation, à la cantine… à une époque dite d’autorité, sans que ceux-ci ne fassent bouger une oreille de quiconque, devant ce fait divers d’aujourd’hui ?
Avant guerre, ma mère reçut comme punition : « apprendre par cœur l’Evangile de « la Passion du Christ » », celui du Vendredi Saint, qui n’est pas, entre nous, le plus court ; aussi, on peut se demander, transposée au 21ème siècle, quelles auraient été les récriminations face à ce genre de punition… ? Cependant, à son âge, elle le connaît toujours. Et sa mémoire fut et est plus que bonne.

Il y a dans l’enseignement, je dirai plus exactement, il y a eu, pour prendre référence mon époque, des enseignants qu’aujourd’hui on qualifierait de « terreurs ».
Je me souviens d’une professeur d’allemand, qui, en 4ème, faisait tellement peur que personne ne bougeait dans sa classe. La hantise était d’être interrogée par cette dernière. Elle faisait pleurer ses élèves.

Par ailleurs, sans vouloir en rajouter « une couche », j’ai quand même souvenir d’avoir été traitée, en 3ème, par une autre professeur d’allemand, un jour en plein cours : de « sale race », ainsi que les autres pensionnaires élèves de la classe. Il est vrai que cela remonte à quelques petites années, maintenant ! Nous ne parlions pas alors de plaintes et de poursuites ! Mais il faut croire que sa réflexion m’avait malgré tout touchée puisque je m’en souviens toujours.
Ce ne fut, par ailleurs, même pas relevé. Ce n’était pas la mode ! Et le week-end en sortie, il y avait d'autres priorités.


Un peu d’Histoire pour détendre l’atmosphère :

Avesnes est une ville historique qui vit naître en Maison d’Avesnes une reine d’Angleterre : Philippa de Hainaut qui obtint la grâce des Bourgeois de Calais.
Louis XI y fut proclamé roi…. Mais tout changea lorsque Napoléon y prépara Waterloo… Bémol.

Selon une légende, un petit Alsacien Stroh, engagé comme tambour et prétendu être âgé de 15 ans, se trouvait en octobre 1793, près d’Avesnes sur Helpe. Entendant battre « son » tambour, pensant être pris à revers, les autrichiens reculèrent, le tambour fut tué, refusant de se rendre aux hongrois et l’armée française fut victorieuse à cette bataille de Wattignies, au nom inscrit depuis sur l’Arc de Triomphe. Ce tambour Stroh est l’emblème de la ville d’Avesnes sur Helpe.
Une statue du sculpteur Fagel devait être dressée à Dourlers, où fut enterré le petit tambour, mais elle fut finalement érigée à Avesnes sur Helpe car le Maire de Dourlers, un aristocrate, refusa le monument d'un soldat mort en criant "Vive la République !".

Ludovic Lefebvre

En tout cas assez de pénal !

Marie

Malgré les prédictions du sieur Cactus, j'ai ouvert un oeil pour l'occasion.
Du fait divers en question, je ne connais de l’affaire, que les « éclaboussures »...

L’enseigneur Cactus dirait encore très certainement : « il y a comme une boulette à Avesnes », spécialité fromagère. (maroilles, boulette, cœur d’Avesnes..)

« Le bruit » démontre une fois de plus qu’il faut encore et toujours regretter la même chose, manque d’éducation, manque de savoir-vivre, manque de respect, manque du contrôle de soi-même… Toutefois, il n’est pas, là, question d’un cas social, à première vue !!
Par ailleurs : excès de télévision ; mimétisme « déformant », voire admiration béate, face à certains dits animateurs grossiers. (Gros, gras… cochon, couvée… dirait Jean de la Fontaine)
J’ai déjà cité sur ce blog la BD, au titre aguicheur, vendue à Noël : « le guide junior pour bien éduquer les prof ! ».

L’abandon d’une société de rigueur et d’autorité est consommé depuis fort longtemps. A surgi depuis le laxisme : le n’importe quoi, face à n’importe qui. Le « on peut tout faire ».
Retirer à un enseignant le peu d’autorité qu’il a encore dans « sa » classe, n’est pas très sain. Sans aller jusqu’à la violence, bien évidemment. Est-ce que ce fait ne relèverait pas simplement du chef d’Etablissement ? S'il est le premier ?
Si un enfant peut mettre son professeur au garde-à-vous, autant inscrire tous les autres, tout de suite, aux cours par correspondance !
En Angleterre, cela fait peu de temps, il me semble, que les Anglais ont interdit les châtiments corporels à l’école ! Ils ne sont, cependant et sans doute pas à prendre en référence, surtout un soir de match de foot !

Le père dites-vous est un gendarme. Ce ne devrait pas être, là encore, une référence, (ces derniers bénéficient devant la loi de plus de protection que les policiers !) mais lorsque l’on sait que les gendarmes vivent « en famille » en gendarmerie, cela promet pour les autres et cela leur fait aussi de la publicité… Toutefois, ils ne sont pas exemptés d’éduquer leurs enfants comme tout le monde et de leur apprendre la politesse. Maintenant il est vrai que certains parents utilisent comme « compliment » le mot « connard », alors, le remettre dans son contexte est peut-être difficile pour un enfant de 11 ans !!!! Mais, je ne connais pas « l’oiseau » !

Nous sommes passés du monde de « l’enfant » de Jules Vallès au désordre total dans certains établissements. Sans espérer voir arriver un jour l’équivalent en France du film américain « 187 : code meurtre », rediffusé récemment, au thème suivant : « A la suite d'une altercation avec un élève particulièrement instable, un professeur de biologie, est agressé à coups de couteau ».

Certains parents considèrent leurs progénitures comme des « dieux » avec le tout permis qui va avec, l’enseignant comme un nul qui doit faire, lui, état d’un fort charisme. Il est à leur service.

Je me souviens, il y a une dizaine d’années, dans un collège de la région parisienne, dit favorisé, d’un élève « insupportable ». Retenues, (certains parents n’y envoient pas leurs enfants), conseil de discipline, renvoi. Rien ne le calmait. Jusqu’au jour où il fallut appeler la police pour rixes. Le père fut, de son côté, appelé. Est arrivé, « un Monsieur » comme il se considérait, (directeur d’une société) qui n’avait (par ailleurs son vocabulaire le dénotait) aucune considération pour la moindre femme et encore moins pour la sienne (bel exemple pour le fils).
La directrice du collège, elle, était une femme à poigne.
Lorsque ce père apprit que l’attitude de son fils se terminerait par une forte amende, ce monsieur insolent sortit son carnet de chèque ; d’un air dédaigneux demanda à combien celle ci s’élèverait et, devant son fils, remplit et remit le chèque dudit montant. Il y avait quelques zéros en francs, à l’époque. Puis, il emmena, sans avoir prononcé le moindre reproche à cet élève, son enfant. Celui-ci finit par être renvoyé, évidemment. Ce qui ne l’empêchât pas de se placer chaque jour, à la sortie du collège, pour continuer ses « agressions », mais à l’extérieur de l’établissement, où là, la directrice n’avait aucun pouvoir !
Depuis, il y a eu des modifications législatives. Sont-elles meilleures pour autant ???
La justice tranchera.

Marcel

Pour la 5ème fois Robert : lisez la VRAIE version des faits, celle donnée par le procureur qui dispose du dossier. Et vous verrez qu'il ne s'agit pas d'une gifle donnée par un professeur poussé à bout, mais d'un enchaînement de violence qui a commencé bien avant l'insulte de l'élève.

Ahhh les médias ont bien joué leur coup en parlant d'une "gifle" donnée "à la suite d'une insulte". Dit comme ça, tout le monde s'offusque et le professeur passe même pour la victime d'un affreux délitement des moeurs.

Moi je prétends qu'un homme adulte de 49 ans avec sa stature qui plaque contre un mur un enfant à peine sorti de l'école primaire sans raison valable (c'est seulement après l'avoir plaqué contre le mur qu'il se fait insulter), avant de le gifler, puis de le traîner par le col à travers toute la classe, et enfin de tenter d'étouffer l'affaire en exigeant des élèves qu'ils n'en parlent à personne et en ne signalant pas l'incident à sa hiérarchie, c'est un homme violent dont le comportement dépend largement d'un tribunal.

Il y a une différence entre la gifle condamnable au XXIème siècle mais pardonnable eu égard à la difficulté du métier d'un enseignant poussé à bout, et l'enchaînement voire le déchaînement de violence dont l'origine s'avère être totalement injustifiée.

J'aimerais que chacun comprenne bien cette différence avant de parler de cette affaire. Nous sommes ici entre gens sérieux, pas au café du commerce après avoir regardé le JT de TF1.

all

@anne l : Ce n'est pas un problème mineur et imaginez que ce soit votre enfant.
Version du proc relatée par la Voix du Nord :

"L’enseignant veut déplacer des tables pour favoriser le travail en groupe de sa classe de sixième. Arrivé devant l’une d’elles, il balaye d’un revers de main les affaires d’un élève. « Pourquoi monsieur avoir fait cela ? », objecte alors le collégien qui se voit plaqué contre un mur. « Connard », répond l’enfant. Le mot de trop pour l’enseignant qui le gifle violemment sur la joue gauche, le traîne par le pull jusqu’à son bureau et lui fait, dans une salle proche, rédiger une lettre d’excuses. Puis revient avec l’enfant et dit à toute la classe : « La parenthèse est fermée vous n’en parlez à personne. » Comme si, pour ce professeur, l’incident était clos. Réglé. On en est loin. Deux fillettes, au bord des larmes, prennent le chemin de l’infirmerie. Elles sont choquées. Tout revient aux oreilles de la principale du collège.
Interpellé plus tard dans la matinée à son domicile avec 0,36 mg d’alcool, l’enseignant est placé en garde à vue. Son avocat Me Jean-Marc Villesèche confirme que lors de l’interpellation son client avait bu deux verres mais chez lui et après les faits. « Parce que, dit-il , la situation l’avait perturbé. » Et d’insister : « Il n’a jamais exercé sous l’empire d’un état alcoolique. » Lors de son audition, l’enseignant a quand même reconnu une dépendance alcoolique depuis quatre ans."

Phychi

@Esurnir

M., votre réaction me fait vomir ! Selon vous, tout se résume donc à la lettre de la loi et l'interprétation, les circonstances, les aléas n'ont pas lieu d'être. Je suppose que vous êtes sur la même longueur d'onde que Mme Dati qui supprime les tribunaux pour réduire le nombre de dossiers (là où il n'y a pas de tribunal il n'y a pas de problème juridique !).

Votre commentaire montre en tout cas que vous avez une méconnaissance complète des milieux scolaires. Je suis moi-même enseignant en collège et je vous met au défi de tenir une heure devant une classe de 30 élèves qui a décidé de vous 'tester' !
Dans notre établissement, on demande aux enseignants de venir assister les gendarmes qui viennent faire des formations sur l'ASSR (attestation de sécurité routière) de peur qu'ils ne soient débordés par les élèves !

Les enseignants sont des professionnels, beaucoup semblent l'oublier. Mais ce sont aussi des êtres humains et donc ils ne sont pas infaillibles. Les élèves peuvent parfois être particulièrement agressifs et insolents et il est possible de perdre son sang-froid et de leur mettre une claque. Heureusement que des hommes Philippe Bilger (que je remercie au passage pour son billet qui m'a fait chaud au cœur) le comprennent et savent l'expliquer avec plus d'éloquence que moi.

Quand un CRS bouscule un passant pacifique ou matraque un manifestant qui ne montre aucun signe d'agressivité, le traîne-t-on en justice ?

Ce qui a été fait à ce professeur de technologie est indigne ! Cet incident n'aurait pas dû quitter l'établissement. Le principal aurait simplement dû le rappeler à l'ordre et l'élève aurait dû être exclus de l'établissement afin que le père comprenne la gravité des mots de sa progéniture (j'ai appris qu'il y avait finalement eu une exclusion de 3 jours).

Mais le père a été en dessous de tout : abusant de son uniforme (il me semble qu'il y a des lois qui l'interdisent ! Qui songe à le sanctionner ?). Le chef d'établissement est coupable de ne pas avoir soutenu son enseignant. Le rectorat aurait également dû lui offrir son soutien. Le procureur aurait dû classer cette affaire, comme il l'aurait certainement fait si l'enseignant n'avait pas donné la gifle et avait demandé réparation pour l'insulte (comme l'y autorise la loi).

Cette affaire montre donc que notre système judiciaire et éducatif montre de graves dysfonctionnements. Et ce ne sont pas les enseignants qui sont en cause, mais bien les 'cadres supérieurs' de l'Education Nationale !

Vous dites "Que les personnes choisissent de recourir à la Justice plutôt que de se faire justice soi-même entre hommes après avoir bu un verre au bar du coin, j'appelle cela un progrès."

Moi je dis : je préfère largement que les hommes s'expliquent d'abord entre eux avant de recourir systématiquement à la justice !

Ludovic Lefebvre

A quand l'homme devant le tribunal parce qu'il ne fait pas la vaisselle ou la femme parce qu'elle ne répare pas la voiture ?

DIDIER

Un père gendarme qui dépose plainte contre un enseignant, c'est caricaturalement la réponse des forces de l'ordre qui quotidiennement subissent les mêmes insultes et provocations, et qui au premier dérapage sont immolés dans les médias, et traditionnellemnt conspués par un corps enseignant peu enclin à la mansuétude envers les "nervis" de l'ordre républicain.

Une société qui suspecte systématiquement sa police et pose en norme quotidienne les insultes, les violences et le mépris, la contraint à un repli défensif illustré par un corporatisme aussi stupide que l'ostracisme permanent qui la vise et condamne à plus ou moins court terme au même funeste sort tous ses corps prétendument investis d'une parcelle d'autorité : l'enseignant aujourd'hui et le juge demain....

Afin de vérifier le bien-fondé de cette argumentation, je vous engage à vous livrer à une auto-démonstration : Reprenez dans la presse quotidienne n'importe quel article évoquant ce fait divers et argumentant (à juste titre d'ailleurs !) en faveur du professeur en cause. Remplacez à chaque fois le mot enseignant par policier ou gendarme... vous verrez comme il vous sera plus difficile d'adhérer au concept d'excuse pour cette même gifle sans conséquence physique, dès lors qu'elle n'est plus assénée par un membre de l'Education nationale mais par un dépositaire de l'autorité publique.

Que voir dans tout cela : une France malade de sa fonction publique. L'enseignant aussi fainéant que sa science est infuse, le flic toujours ripoux, le gendarme bien sûr obtus, le militaire forcément stupide et la justice toujours aveugle ......

l'Education, la Police et la Justice constituent un triptyque républicain quotodiennement fragilisé par les incessantes remises en cause et critiques plus ou moins justifiées visant leurs compétences, pouvoirs et prérogatives.
Les voilà aujourd'hui grotesquement emmêlés au coeur de ce pitoyable fait divers que l'on peut ainsi résumer :
l'enfant d'un gendarme a insulté son professeur qui l'a giflé, les magistrats vont juger et la presse se déchaîner.


Signé :
Un "ex-violenté" de l'Education nationale qui remercie ses vieux profs et instits de l'avoir toutefois plus instruit qu'esquinté.

Patrick PIKE

Nous sommes vous et moi, Philippe Bilger -et peut-être d'autres sur cet espace- de cette époque où les châtiments corporels étaient légions, de la gifle à la règle sur les doigts, de la verge sur les mollets à l'oreille qu'on tire ou bien encore de l'insulte à la risée d'une classe entière. C'était trop, beaucoup trop, mais faisait de nous des lycéens qui entrions en sixième sachant lire, écrire, compter (entre autre) et surtout respecter.

Alors entre ce trop d'hier et ce néant d'aujourd'hui je pense qu'il peut y avoir place pour un peu de rigueur, y compris une gifle lorsqu'elle est justifiée.

Je n'ai, moi non plus, jamais eu à faire face à une telle situation. Si tel eut dû être le cas, je pense que l'un de mes fils aurait eu droit à une seconde gifle, pour équilibrer, après dialogue avec son professeur.

Mais ne nous étonnons pas. La déliquescence des parents face à l'éducation de leurs enfants est telle, que ces derniers ne savent plus où se situent les limites au-delà desquelles il n'y a plus place pour la tolérance.
J'ai giflé mes enfants lorsqu'ils le méritaient. Mais je les ai aussi félicités. Il y a un temps pour tout, 1 minute pour sévir et 5 pour encourager (j'ai déjà dû le dire sur un autre sujet). Or aujourd'hui on ne sévit ni ne gratifie. Comment veut-on qu'un enfant, qui s'achemine vers la vie au cours de laquelle il prendra d'autres claques bien plus douloureuses, puisse réagir autrement qu'en franchissant les bornes de la bienséance, alors même que ceux qui pourraient prendre le relais de parents déficients sont jetés en pâture à la risée de leurs élèves ?

Ce que ne font pas les parents, un professeur a le droit, je dirais même le devoir, de l'exécuter.

Quant à ce gendarme, si j'avais un quelconque pouvoir de conviction, je lui conseillerais amicalement de retirer sa plainte, pour son honneur et celle de l'Institution qu'il représente.

Je voudrais terminer sur une lettre d'Ausone, qui fut précepteur vers l'an 340 de Gratien, futur empereur, à son fils Hesperius concernant l'éducation: "J'ai présidé à l'empire, quand mon élève, en prétexte encore, maître de la pourpre, du sceptre et du trône, se soumit à la volonté de son précepteur."

Alors si un fils d'empereur, futur empereur a pu se soumettre à l'autorité de son maître, je ne vois pas pourquoi un fils de gendarme, futur gendarme peut-être, ne ferait pas de même sans que son père se ridiculise dans une démarche stupide, pour un prétendu inacceptable qui n'est que de sa seule défaillance.

Prosper Youplaboum

Monsieur Bilger a écrit :
"Je n'ai pas demandé cette distinction mais je l'ai acceptée"
Ben tiens !

Hermione

Bien sûr, si l'on veut en rester au rang des principes, l'enseignant a une interdiction absolue d'exercer des actes de violence envers ses élèves, bien sûr la gifle donnée est sans doute le constat d'un échec pédagogique. C'est entendu.

Maintenant, ce qui me sidère, c'est la position des adultes face à ce qui pourrait apparaître comme vétille. Entre la position de mes parents, qui serait sans doute aussi la mienne si j'étais affligé de ces "choses" appelées "enfants", qui aurait vu la gifle doublée sans chercher à trouver un semblant d'excuse à l'élève puni de quelque manière qu'il le soit, et cette volonté jamais assouvie de faire respecter "son bon droit" sans égard aux situations et au bon sens, il y a plus qu'un fossé.

L'enfant reste un enfant. C'est sa liberté d'être cossard, insolent, tricheur ou tout au contraire travailleur, poli, droit ou d'être un mixte de tout ça selon les jours et les heures. Que prend-il aux adultes de faire des enfants des adultes en réduction ? Que leur prend-il de ne pas voir chez leurs enfants le même besoin d'apprendre par tout moyen certaines règles de vie scolaires et sociales.

Il n'y a plus de chute inopinée dans une cour de récréation, il y a une cause légitime et sérieuse de se voir indemniser par une compagnie d'assurance. Il n'y a plus de gifle méritée (Tiens, t'en voilà une deuxième pour t'apprendre à mal te tenir en classe !) il y a une cause de procès pour une atteinte insoutenable aux droits de l'enfant...

Non décidément, que l'on psychanalyse les adultes. Il y a un magma là-dedans !

PS : je ne suis pas enseignant et, en tant qu'élève, appartenais plutôt à la catégorie des cancres heureux.

pangloss

Le prof devait-il frapper l'élève ? Non. Quoi qu'on pense des châtiments corporels, le rôle du prof n'est pas la coercition physique.

L'élève devait-il insulter son prof ? Non plus. Encore moins en fait. Il n'a pas juste insulté un adulte qui l'empêchait de faire n'importe quoi dans un cadre scolaire, il a insulté un titulaire de l'Education nationale. Un "prof". Comme si il avait insulté un gendarme dans la rue, l'uniforme en moins.

L'un comme l'autre sont inacceptables. Mais dans les deux cas, on parle de l'égarement d'un professeur de 30 ans de carrière et d'une insulte proférée sous l'emprise de la colère divine d'un gamin de 11 ans. Toute cette affaire manque cruellement de sens commun.

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