Pendant qu'on glose des jours durant sur le "casse-toi, pauvre con" du président de la République et sur sa demande d'avis au Premier président de la Cour de cassation après la décision du Conseil constitutionnel, des scandales infiniment plus graves risquent de se perpétrer en douce, dans l'indifférence générale.
A Poitiers, en particulier. Et ce n'est pas celui qu'on croit.
D'après le site de 20 minutes et le Monde, des étudiants de la Faculté de Poitiers, soutenus par la présidence de celle-ci, des professeurs et des politiques, se sont mobilisés contre l'affectation d'un professeur d'histoire du droit, en raison de son passé au sein du mouvement d'extrême droite le GUD.
Cet enseignant, Benoît Fleury, parce qu'il a été reçu premier à l'agrégation, avait le droit de choisir librement la Faculté où il désirait exercer. C'est la règle universitaire, elle s'impose à tous et elle doit bénéficier à quiconque se trouve en statut de pouvoir réclamer son application. A Benoît Fleury comme à tout autre, partout ailleurs en France.
Ce n'est pas la conception qui prévaut à Poitiers.
D'abord, une pétition réunissant quelque deux cent cinquante signatures, dont celles de trois députés socialistes de la Vienne et du Doyen de la Faculté des sciences humaines et arts, prétend s'opposer à la venue de ce nouvel agrégé parce que son passé ne plaît pas.
Ensuite, le président de l'Université Jean-Pierre Gesson s'est fendu d'une déclaration qui constitue une merveille sur le plan de l'hypocrisie et de la défausse. Jugez-en. "Les affectations, la plupart du temps, ne posent pas de problèmes mais la venue de ce juriste et nouvel agrégé d'histoire du droit est une source de trouble". Le conseil d'administration, en suite logique de cet admirable courage, a fait part de "sa plus vive inquiétude" et a demandé au président de la République (qu'on accuse, par ailleurs, de se mêler de tout !) de ne pas procéder "à la nomination et à l'affectation à Poitiers de Benoît Fleury... compte tenu de l'opposition de la communauté universitaire et afin d'apaiser les tensions".
Enfin, des étudiants (au fait, on ne sait jamais combien !) ont annoncé qu'ils perturberaient les cours du nouvel agrégé en lui rappelant à chaque fois son passé et exigent "qu'il renie ses engagements passés au sein du GUD".
Dans une démocratie digne de ce nom, cette simple relation devrait suffire pour faire dresser les cheveux sur la tête de n'importe quel citoyen même moyennement éclairé. Je n'ai pas l'impression que la France soucieuse des droits et des libertés va bouger pour Benoît Fleury. Mais j'oubliais : il était au GUD et cela suffit pour disqualifier son classement dont tout de même un certain nombre d'universitaires doivent être jaloux.
Commençons par les étudiants. J'ai déjà connu des imbéciles de cette sorte, mais aux antipodes politiques, qui au temps de ma jeunesse ne cessaient d'empêcher Maurice Duverger de faire cours en l'obligeant à se souvenir d'anciennes faiblesses. Les périodes, sur ce plan, se suivent et se ressemblent, tant la bêtise représente un impressionnant et durable dénominateur commun, un trait d'union inaltérable. Ainsi, aujourd'hui, parce qu'il émanerait de quelques jeunes gens excités, le totalitarisme serait acceptable et même respectable ? Sans faire frémir autour de soi, on pourrait pousser l'impudence jusqu'à vanter le désordre à venir, et l'arrogance jusqu'à exiger une contrition au sujet d'un passé qui ne devrait regarder que celui qui l'a connu et vécu dès lors que rien ne le rattache à un présent qui aurait un titre quelconque à le sanctionner. Va-t-on solliciter de ces inquisiteurs de poche une repentance pour les quelques mauvaises pensées ou attitudes médiocres que même eux ont pu abriter ou commettre ? Cette dictature d'un certain jeunisme, en dépit de la "conscience" politique qu'il s'attribue généreusement, n'est rien de moins, la plupart du temps, que l'intimidation d'un jusqu'au boutisme ignorant sur des lâchetés adultes.
Et ce totalitarisme tristement précoce est si pressé d'en découdre qu'il serait hors de question de laisser l'expérience suivre son cours, Benoît Fleury dispenser son enseignement et la règle être respectée. Et de faire le bilan ensuite, s'il y a lieu. Un tel retard serait intolérable. Il faut vite casser la mécanique dont le fonctionnement pourrait contredire toutes les craintes, et d'abord celles de l'intolérance et de l'idéologie.
Mais le président Gesson et son conseil d'administration n'étaient pas naturellement voués aux affligeantes reculades et sollicitations que j'ai rappelées. Rien ne les contraignait au pire qui en l'occurrence est une fuite éperdue de leurs devoirs. Comme il convenait de trouver un prétexte pour cet égarement, on a utilisé une méthode qui a déjà beaucoup servi. La formule est en effet d'un admirable opportunisme qui évoque "une source de trouble", le trouble étant précisément et seulement suscité par l'entrave mise à l'application de la règle et au respect des principes. Autrement dit, pour se justifier on se fonde sur un risque et une faute dont l'un et l'autre vous sont imputables. A supposer même que la rigueur de l'éthique universitaire puisse faire naître quelques contestations et dissidences, est-il permis d'interroger le président Gesson sur la conception qu'il se fait du rôle d'un chef ? Celui-ci n'est pas destiné aux temps calmes, "pour les affectations qui ne posent pas de problèmes", mais au contraire pour celles légitimes qui seraient pourtant attaquées. On n'a pas besoin d'un président d'université pour accompagner les mouvements faciles mais pour favoriser les opérations nécessaires. Derrière ces palinodies, le garant du droit, de l'équité et de la justice se déleste de sa mission pour la "refiler" au président de la République. Je ne doute pas une seconde que, parmi ces excellents apôtres, et j'y inclus les politiques concernés, il y avait probablement des adversaires de la démarche présidentielle de saisine de la Cour de cassation au motif qu'il aurait contourné l'Etat de droit. Et eux, réellement, en petit, qu'ont-ils fait d'autre, alors qu'ils n'ignorent pas que Benoît Fleury mérite d'enseigner à Poitiers mais qu'ils espérent transmettre à d'autres la responsabilité à assumer et la règle à observer. Après nous, le courage du quotidien !
La pétition a été avalisée notamment par trois députés socialistes. Je pourrais dire que c'est de bonne guerre au regard de l'histoire ancienne de Benoît Fleury mais je n'ai jamais présumé l'ineptie chez les élus de quelque bord qu'ils soient. Leur signature sur un tel document et pour le motif allégué est grosse d'un danger républicain qui dépasse de très loin la situation de notre agrégé. A force de ne jamais voir plus loin que le bout de leur idéologie, les députés finiront par détruire ce qui les légitime. Ils n'ont de sens et la représentation qu'ils mettent en oeuvre n'a de crédibilité que dans un Etat de droit. Qu'ils ne se leurrent pas. Le battre en brèche modestement, pour ne pas désobliger l'idéologie, c'est déjà trop, et cela va ouvrir d'autres espaces négatifs. Il n'y a pas d'infimes reculs quand la règle est claire, universelle, honorable et qu'on la transgresse.
En réalité, on attendrait une voix qui ait la force et la pertinence indéniables pour dire : cela suffit, ce sera comme cela ! Sans doute le plus grand malaise contemporain vient-il du fait que toutes les paroles se voulant et se croyant légitimes, plus aucune ne l'est, et qu'aucune instance ne fait plus AUTORITE ? Des démissions et des lâchetés de tous les pouvoirs intermédiaires jusqu'à la validité sans cesse contestée du Pouvoir, la société ressemble à une escalade dans laquelle plus aucune prise assurée ne serait possible. Où sont les maîtres, où sont les héros et les exemples, où est passée cette capacité exceptionnelle de penser, de diriger et de juger contre soi ? On a sans doute confondu trop vite la République avec l'indifférenciation de tout et pour n'avoir jamais voulu porter atteinte au mythe dévastateur et stérilisant de l'égalité, on a perdu les repères fiables, les critères indiscutés, les lumières évidentes, les citoyens capitaux. La règle dépend aujourd'hui du bon vouloir de ceux qui sont en charge. La lâcheté généralisée engendre un monde déboussolé. Le tissu national se déchire plus gravement à cause de ces relativismes subjectifs que par les apparentes offenses des transgressions ordinaires.
Je n'ai pas voulu écrire la phrase qu'on attendait de moi. Pour mon argumentation, j'ai refusé d'évoquer Benoît Fleury, le GUD, l'extrême droite en les condamnant. Cette solution de facilité, auprès de certains, aurait donné plus de prix à ma dénonciation. A mon sens, c'est le contraire. Abriter le droit, la liberté d'expression sous la morale, c'est les démonétiser, violer leur essence. Ma position n'aurait pas varié d'un pouce si, par extraordinaire, une telle affaire avait concerné un ancien militant de l'extrême gauche violente. Je préfère le roc des principes aux fluctuations des affinités dans ce domaine fondamental pour la démocratie.
Honte sur Poitiers si Benoît Fleury n'y est pas affecté.
Monsieur Bilger, vous êtes probablement le premier à France à faire le rapprochement entre le jeunisme, cancer de ce début de 21ème siècle, la fin de l'état de droit, le lobbyisme bien pensant et l'indifférenciation généralisée. Dans quelques années, les choses auront empiré et il y aura désormais délit d'opinion à tous ceux qui auront dans leur passé ou présent, défendu des positions autres que sociales démocrates ou libéral-sécuritaire. En attendant, la société de la communication et de la publicité n'en a pas fini de mélanger les questions politiques et juridiques au sein de slogans tous aussi démagogiques et dénués de tout fondement. Le totalitarisme, disait Hannah Arendt, c'est quand l'Homme devient superflu. Le fait divers dont il est question illustre parfaitement cette vérité.
Rédigé par: enharmonic | 26 août 2009 à 23:46
@ Benoit Fleury
«Ainsi présentés vos désirs sont des ordres...»
Arrêtons-nous à de simples représentations, car qui prétendrait contraindre le sujet sous quelque forme que ce soit.
«Belle expression que ces mots de "générosité intellectuelle", alors soit vous avez raison jusqu'à un certain point... Mais je répondrai.»
Je n'en attendais pas moins d'un major à quelque agrégation que ce fut que de savoir lire...!
Rédigé par: Idéaliste abstraite | 13 mars 2008 à 16:48
Monsieur,
Vous avez écrit :
"Pendant qu'on glose des jours durant sur le "casse-toi, pauvre con" du président de la République et sur sa demande d'avis au Premier président de la Cour de cassation après la décision du Conseil constitutionnel, des scandales infiniment plus graves risquent de se perpétrer en douce, dans l'indifférence générale."
Alors, si effectivement, j'en conviens, la position de l'université de Poitiers peut être critiquée dans la mesure où elle remet en cause le droit acquis par M.Fleury d'être affecté dans l'université de son choix, je dois vous dire que le plus choquant dans ce billet est votre propre propos...
Considérez-vous sérieusement qu'il est plus grave de se poser la question de l'affectation de cet enseignant que, de la part du PR, de demander à la C.Cass de passer outre une décision du C.Constitutionnel ??? Je vous en prie, soyons sérieux 5 minutes enfin !
Rédigé par: Julie | 11 mars 2008 à 23:34
Bonsoir
@ Benoit Fleury
Mais c'est tout à fait possible monsieur Fleury, j'en serai ravi.
Cordialement
Rédigé par: Benjamin | 11 mars 2008 à 22:50
@idéaliste abstraite
Ainsi présentés vos désirs sont des ordres...
Belle expression que ces mots de "générosité intellectuelle", alors soit vous avez raison jusqu'à un certain point... Mais je répondrai.
@Benjamin
Si vous êtes étudiant à Poitiers, on n'a pas fini de refaire le monde, de préférence autour d'un bon verre.
Cordialement
Rédigé par: Benoit FLEURY | 11 mars 2008 à 21:04
@ Laurent Dingli
Je ne suis pas du tout d'accord. Oui l'extrême droite (une partie en tout cas) est dans un mythe de pureté envers l'homme et une quelconque race aryenne. Idée qu'a véhiculée la société de Thulé avec le mythe des hyperboréens. Là oui, la référence à une doctrine messianique s'inscrit, à mon sens, dans une logique de pureté.
Nul exemple comparable n'est présent à l'extrême gauche !! Il n'y a pas de dieu, de sauveur, de messie. Le communisme en lui-même n'est pas un modèle pur, parfait, sans défaut. Il représente juste un parangon de société dans lequel les gens d'extrême gauche voient en lui le meilleur moyen (ou le moins mauvais) afin d'éviter l'exploitation de l'homme par l'homme.
Si une partie de l'extrême droite voit son âge d'or dans l'époque grecque, romaine voir sous le IIIème Reich, l'extrême gauche n'a pas "d'âge d'or" ou de période politiquement pure.
De plus, les ouvrages de référence ne sont que des théories à adapter à l'époque actuelle et non des principes immuables dans le temps.
Cependant, comme vous le dites, la théorie voudrait créer une société qui tende vers moins de conflits, moins d'angoisse car l'ultra archaïsme de l'humanité ne se situe peut-être pas dans son infantilisation mais plus dans l'exploitation de celle-ci par une minorité de ses membres.
Rédigé par: Benjamin | 11 mars 2008 à 18:48
@Benoit FLEURY
«@ Benjamin
Quant à mes idées d'aujourd'hui, elles sont pour sûres éloignées de tout cela. Elles ne manqueraient d'ailleurs pas de vous surprendre sur un certain nombre de sujets j'en suis sûr. Je préfèrerais aborder cet aspect en privé si vous le souhaitez.»
Pas d'accord. Le public de Philippe Bilger dont la générosité intellectuelle vous a permis un certain nombre de mises au point utiles a le droit de savoir lui aussi, et non uniquement celui de rester sur sa faim. Comme cela a déjà été précisé à de multiples reprises le blog n'est meetic sous aucune forme.
Rédigé par: Idéaliste abstraite | 11 mars 2008 à 18:01
@ Benoit Fleury
"en définitive y a-t-il vraiment besoin d'être extrême pour dénoncer certains excès du libéralisme ?"
A mon sens pour dénoncer certains excès du libéralisme non il n'y a pas besoin d'être extrême. Mais pour dénoncer le libéralisme et le capitalisme comme modèle économique, oui à mon sens il faut être extrême.
J'ai relu le premier post mais là aussi c'est assez vague voire théorique...
"Je ne suis pas d'accord par contre avec votre analyse de la violence qui serait politique d'un côté, bestiale de l'autre. "
Je ne dis pas qu'elle serait bestiale, mais qu'elle n'aurait pour but que de se défouler face à l'adversaire politique du moment. Je ne lui vois pas, mais ici je ne suis pas objectif, de but politique visant à contester l'ordre établi comme le "ras le bol" dont vous parlez dans le premier post pourrait le faire penser.
@ Veronique
A vrai dire je ne vous suis plus trop dans cette affaire Illan Halimi.
Je tiens juste à vous dire que pour l'extrême gauche être riche n'est pas une race ni un caractère inscrit dans les gênes.
Si des gens pensent que être juif c'est être riche et de ce fait c'est pouvoir légitimer la violence, le discours de l'extrême gauche est ici totalement dévoyé.
Je tiens à vous dire que le discours de l'extrême gauche vis-à-vis d'Israël insiste aussi sur les inégalités profondes qu'a généré le libéralisme sans borne dans ce pays qui au début des années 50 était une sorte de référence autogestionnaire pour une partie de l'extrême gauche.
Rédigé par: Benjamin | 11 mars 2008 à 12:03
Je partage le point de vue de Véronique.
Benjamin écrit : "A mon sens l'extrême gauche ne fixe ses objectifs ni dans une pureté littéraire ni dans une quelconque droiture idéologique mais bien plus dans un combat quotidien contre le capitalisme".
C'est exactement le contraire, disons plutôt que l‘obsession de la pureté n‘a jamais empêché la lutte quotidienne contre le capitalisme, puisque la seconde est la conséquence de la première. L'extrême gauche et l'extrême droite sont fondées sur des mythes de la pureté originelle qui varient dans leur expression, mais procèdent d’un fond commun. Les deux courants font en effet référence à un Age d’or qui renvoie lui-même à un stade très primaire du développement infantile, un stade où le Moi de la mère n‘était pas séparé de celui de l‘enfant, un temps béni où n‘existait ni angoisse, ni culpabilité, ni conflits. C’est-ce stade ultra-archaïque que les tenants de ces idéologies voudraient désespérément recréer, au-delà des explications manifestes dont ils cherchent à se convaincre eux-mêmes.
Rédigé par: Laurent Dingli | 11 mars 2008 à 10:43
Voltaire, au secours !
Ils sont devenus fous.
Rédigé par: mike | 11 mars 2008 à 09:47
@ Benjamin
La séquestration, les tortures, l'assassinat d'Ilan Halimi n'ont pas été "expliqués" par ceux qui sont en cause dans cette affaire par une revendication à l'islamisme. Mais bien par le fait qu'Ilan Halimi était juif.
Dans l'esprit de ses tortionnaires, le fait qu'il soit juif le caractérisait et le désignait comme appartenant à une communauté dont la description n'a rien à envier au discours idéologique antisémite lié à l'argent et à l'anticapitalisme, tel qu‘il a été et est véhiculé par l‘extrême droite.
Et, par ailleurs, les dogmes sur la pauvreté et sur l'oppression des faibles par les riches traduits par ces jeunes gens ont abouti à torturer et à assassiner Ilan Halimi.
Au nom de leur pauvreté, leurs actes peuvent être perçus par l'extrême gauche comme une forme de violence légitime.
Je pense également que le discours d'extrême gauche lié à Israël et au conflit israélo-palestinien ouvre des vannes chez des décervelés, en les confortant dans leur haine meurtrière. Ceux-là n'ont pas dans la tête les freins intellectuels qui structurent les idéologues de toutes sortes.
Je vous laisse à votre conversation avec Benoît Fleury.
Ce que je souhaitais seulement exprimer dans cette discussion, ce sont les ravages et les désastres que les doctrines de haine et de violence peuvent créer. Ainsi que les points de passage qui font converger une doctrine et une autre.
Rédigé par: Véronique | 11 mars 2008 à 07:04
Benjamin,
Vous avez raison de rapprocher extrême droite (nationalistes révolutionnaires) et extrême gauche radicale dans leur dénonciation du capitalisme et du libéralisme. Vous avez également raison de dire que chez les nationalistes ce courant est largement minoritaire. Ceci étant ils divergent sur les solutions à apporter et en définitive y a-t-il vraiment besoin d'être extrême pour dénoncer certains excès du libéralisme ?
Je ne suis pas d'accord par contre avec votre analyse de la violence qui serait politique d'un côté, bestiale de l'autre.
Pour ce qui est du droit de réponse, sachez qu'il est limité en termes de caractères, sinon il ne passe pas (art. 13 de la loi de 1881). On ne peut donc s'étendre en détails sur toutes les mises au point que l'on souhaiterait faire. D'où l'emploi de formules un peu génériques, mais qui ont au moins le mérite de la clarté sur les thèmes essentiels.
"Entre ce que nous, étudiants, entendons et ce que vous, Benoît Fleury, nous dites, il y a un fossé énorme".
Ce fossé sera comblé sans aucun doute. C'est ma sixième année d'enseignement sans aucun problème (y compris depuis toute cette publicité).
"mais de nous préciser quel fut le sens et la nature de cet engagement qui, s'il n'est relayé que par les syndicats, sera forcément en votre défaveur".
Je vous l'ai précisé je crois dans mon premier post, en réponse à Irnérius.
Cordialement
Rédigé par: Benoit FLEURY | 11 mars 2008 à 00:19
Benjamin,
en fait pour être absolument exact sur cette mouvance, on ne saurait parler de "présidence du GUD". Le GUD dont tout le monde parle, en tant qu'association déposée, a été dissous au début des années 80 (et non 2000). Depuis, il n'a jamais eu d'existence officielle mais il est de coutume que les nationalistes d'ASSAS cultivent l'ambiguïté en donnant à leur association des noms proches : Union et Défense de..., Union Droit... Mais le nom même de GUD a pu être utilisé par nombre de militants ailleurs qu'à Assas sans nécessairement de liens avec les assassiens qui ont de leur côté toujours souhaité préserver leur particularisme parisien. Bref tout cela est complexe.
Pour ma part puisque c'est bien de cela dont il s'agit, j'étais élu au conseil d'Administration de Paris II où je suis arrivé pour l'année universitaire 1996-1997 (licence). Et puis ma trace se perd à compter du 3ème cycle pour disparaître au cours des années de thèse jusqu'à ces dernières semaines où, comme vous avez pu le constater, tout et n'importe quoi a pu être dit.
Quant à mes idées d'aujourd'hui, elles sont pour sûres éloignées de tout cela. Elles ne manqueraient d'ailleurs pas de vous surprendre sur un certain nombre de sujets j'en suis sûr. Je préfèrerais aborder cet aspect en privé si vous le souhaitez.
Espérant avoir répondu, au moins pour partie, à vos interrogations
Cordialement
Rédigé par: Benoit FLEURY | 10 mars 2008 à 23:41
@ monsieur Fleury
"Tous les propos tombant sous le coup de la loi (antisémitisme, apologie du nazisme…) n’ont jamais été tenus. C’est l’objet de la fameuse décision du TGI qui semble tant vous intéresser. Je vous invite dans ce cas à vous adresser directement au greffe de la 17ème chambre correctionnelle. Pour ceux qui ont été tenus, j’ai dit ailleurs ce que j’en pensais."
Et vous en pensez quoi ?
Sinon j'ai lu votre droit de réponse dans Libération et franchement quelque chose m'embête : c'est très vague. Personnellement "activité passée de militant nationaliste" ça peut vouloir dire tout et son contraire et c'est peut-être cela qui brouille les pistes !
Entre ce que nous, étudiants, entendons et ce que vous, Benoît Fleury, nous dites, il y a un fossé énorme.
A mon humble avis (je n'ai pas de conseil en com’ à vous donner) il serait peut-être dans votre intérêt d'être plus précis. Pas forcement de nous dire à telle heure, tel jour ce que vous faisiez ou ne faisiez pas mais tout du moins préciser largement votre engagement qui relève "définitivement du passé".
Je ne vous demande pas non plus de vous autoflageller devant l'université de Poitiers mais de nous préciser quel fut le sens et la nature de cet engagement qui, s'il n'est relayé que par les syndicats, sera forcément en votre défaveur.
Rédigé par: Benjamin | 10 mars 2008 à 23:30
@ Véronique
J'ai parlé d'un Etat d'Israël qui oppresse les Palestiniens pas d'un Etat d'Israël tout court...
Je ne vois vraiment pas les liens entre l'extrême gauche et l'extrême droite... A part peut-être un anticapitalisme virulent chez certains groupements d'extrême droite (les "nationalistes révolutionnaires"), très minoritaire à l'extrême droite il me semble (pour le coup, monsieur Fleury en sait sûrement plus que moi...)
A ma connaissance, il ne me semble pas que le meurtre d'Illan Halimi ait été l'oeuvre de gens embrigadés dans la pensée marxiste !!! Il me semble que cet acte doit plus à la propagande d'islamistes intégristes qu'au discours de l'extrême gauche dans les banlieues (un pauvre est un pauvre qu'il soit juif ou non...)
Je ne suis pas non plus un spécialiste, loin de là !!! Mais les modèles de l'extrême gauche trouvent leurs sources dans les ouvrages, les combats et les luttes anticapitalistes et non dans des modèles administrativement figés et politiquement despotes tels que l'étaient l'URSS ou la Tchécoslovaquie.
A mon sens l'extrême gauche ne fixe ses objectifs ni dans une pureté littéraire ni dans une quelconque droiture idéologique mais bien plus dans un combat quotidien contre le capitalisme.
Cependant il est vrai que l'extrême gauche a une culture de la violence (ici au sens physique du terme) propre à elle-même et à la nature de son combat. Pour les défenseurs de cette cause, cette violence a pour but de réduire à néant les oppressions de toutes sortes auxquelles sont soumis les membres de la société. Certains définissent cette violence comme légitime (due à son caractère résistant), d'autre non ; c'est un choix politique.
Je ne voudrais pas établir de comparaison stupide entre une violence légitime d'extrême gauche et une violence dite "nauséabonde" d'extrême droite ; mais à mon sens se battre contre des organisations financières mondiales qui organisent la violence économique et mettre trois claques à des étudiant de l'UNEF qui collent des affiches à la fac...
Excusez-moi mais franchement (ce n'est que mon opinion) l'on ne peut pas dire que ce soit la même chose (en ce sens une chanson très instructive de Julos Beaucarne : « Les Bourgeois »).
Rédigé par: Benjamin | 10 mars 2008 à 22:36
@ Benoit Fleury
J'en prends note, monsieur Fleury.
Et concernant votre présidence au GUD et vos idées à l'heure actuelle ?
Rédigé par: Benjamin | 10 mars 2008 à 21:52
Ah, Cactus... j'ai apprécié ce p'tit coucou très littéraire :) une pensée pour mon ego :) contente !:) Merci :)
Il faudra me dire qui vous êtes, un jour ! :)
Ou que j'aille visiter votre blog :)??:
A + tout le monde !
Rédigé par: Ktrin | 10 mars 2008 à 17:22
en ces joutes irréelles puisque virtuelles :
Benjamin ........... constant ?
certainement mais :
Ktrin aussi _ dans le rôle d'Anna Lindsay
( :-)) _ ......... à mon humble avis !!
Sissi !
(sinon un bonjour à sbriglia qui me manque déjà beaucoup et qui sait où et comment me contacter)
Rédigé par: Cactus littéraire | 10 mars 2008 à 17:07
@ Benjamin
Ne pas vouloir d'un Etat d'Israël est la même chose que de ne pas vouloir d'Israéliens.
Je n'ai pas écrit que l'extrême droite et l'extrême gauche sont identiques. J'ai écrit que ce qui leur est commun est un discours qui emprunte, sur certains points, des arguments jumeaux.
Par exemple, j'observe que le discours de l'extrême gauche, quand il est relayé dans des banlieues transforment, dans le pire, des jeunes gens en tortionnaire. Je pense à l'assassinat de Ilan Halimi.
Pour Prague, même si je ne suis pas, loin de là, une spécialiste de l'histoire des idéologies, il me semble que ce qui constitue la doctrine de l'extrême gauche trouve quand même sa source dans des modèles historiques tels que le communisme.
On peut fortement et définitivement vouloir se démarquer d’un "rattachement à un quelconque passé dictatorial dans ses valeurs...", il n‘empêche qu‘en matière d‘idéologie politique, les valeurs qu’on désire infiniment pures finissent toujours par conduire à la violence.
Rédigé par: Véronique | 10 mars 2008 à 17:01
Cher Benjamin,
Il me semble au contraire avoir répondu à nombre de vos interrogations...
Je vous l'ai écrit, je suis ouvert au débat mais une discussion n'est pas une séance collective d'auto-critique ou de révélation sur le passé.
Ceci étant, relisez mes différents posts et vous verrez que j'ai répondu à de nombreux détails ce qui, déjà, contrevient à la ligne que je m'étais fixé ici, sur ce blog, savoir participer au débat sur les idées et les principes. Rien d'autre. Mais si j'ai pu apaiser vos inquiétudes, vous m'en voyez ravi.
Cordialement
Rédigé par: Benoit FLEURY | 10 mars 2008 à 16:25
@ Benoit Fleury
Certes il serait très intéressant de savoir ce que vous pensez aujourd'hui, alors je vous le demande : que pensez-vous aujourd'hui ?
De quelle période à quelle période avez vous alors été président du GUD ?
Sinon il me semble que vous n'avez pas répondu aux questions précises que je vous avais posées, pourriez-vous le faire ?
Merci à vous
Rédigé par: Benjamin | 10 mars 2008 à 11:58
@ Véronique
Il y a il me semble une très grande différence entre l'antisionisme et l'antisémitisme. Ne pas vouloir d'un Etat d'Israël qui oppresse les Palestiniens et ne pas vouloir d'Israéliens n'est, à mon sens pas la même chose.
Sinon la chanson de Jean Ferrat fait référence à l'invasion en Tchécoslovaquie en 1968, quel est le rapport ici ?
Ne confondez pas le PCF et l'extrême gauche... Ce n'est pas du tout le même combat !!
Rédigé par: Benjamin | 10 mars 2008 à 11:48
Cher Benjamin,
Si vos inquiétudes et vos interrogations sont à certains égards légitimes, compréhensibles et je souhaite dans ce cas y répondre sans problème, le ton de vos post semble parfois dépasser ce cadre et adopter un esprit « vengeur » plus que réfléchi. Vous me répondrez – à juste titre – que ce mode d’échange ne permet pas toujours de refléter toutes les subtilités du fonds de notre pensée. Aussi, je me plie de bonne grâce à l’exercice sans pour autant tomber dans la réponse au catalogue que vous avez relaté. Vous trouverez des réponses aux actes dans le premier post que j’ai laissé (petit rappel toutefois : incendie du local de l’UNEF-ID, attaque du comité de vigilance du XI ème arrondissement sont autant d’infractions où j’ai été mis hors de cause).
1) « Mais où et quand êtes-vous revenu sur vos engagements ? Citez-moi vos sources car, personnellement, je ne l'ai pas vu !! »
Je vous engage sur ce point particulier à mieux chercher : vous trouverez ma position sur mes engagements de jeunesse un peu partout sur internet qui relaye les droits de réponse parvenus à Libération, à la Nouvelle République ainsi que le communiqué que j’ai fait parvenir aux instances universitaires. Je vous signale en outre avoir rejoint les historiens du droit à l’origine d’une déclaration publique (que j’ai signée) condamnant « les actes et discours racistes, antisémites et négationnistes ».
2) « comprendre comment une personne ayant eu un casier judiciaire comme le vôtre puisse devenir un jour professeur... »
La réponse est double : d’abord en travaillant. Quant à mon casier judiciaire et bien précisément et c’était là l’objet de mon premier post, beaucoup de choses qui me sont reprochées étant inexactes, il ne semble pas que ce casier ait été aussi chargé qu’on a bien voulu le prétendre.
3) « juste du courage »
Sur ce point vous me permettrez de vous confirmer qu’il en faut. Car si avec vous nous échangeons par mail, il a bien fallu aussi que j’explique les événements à mes étudiants.
4) « durant la période 1995/2002 »
Le maniement des dates est lourd de conséquences : en 1995 j’étais loin d’être à Paris et en 2002 cela faisait un petit moment que j’avais quitté cette mouvance.
5) « Vos propos n'ont pas été tenus ou n'ont-ils pas été déclarés comme condamnables par la justice ? (ce qui est bien différent...) »
Tous les propos tombant sous le coup de la loi (antisémitisme, apologie du nazisme…) n’ont jamais été tenus. C’est l’objet de la fameuse décision du TGI qui semble tant vous intéresser. Je vous invite dans ce cas à vous adresser directement au greffe de la 17ème chambre correctionnelle. Pour ceux qui ont été tenus, j’ai dit ailleurs ce que j’en pensais.
6) « Si ces propos n'ont pas été tenus par vous-même alors prouvez-le moi »
Je peux répondre à vos interrogations, mais en aucun cas n’ai quelque chose à vous prouver.
7) « les procès en diffamation vont fleurir... »
C’est le cas.
8) « je n'invoque que des faits qui vous ont été reprochés par la justice »
Précisément, vous semblez vous y substituer. De deux choses l’une : soit c’est le cas et alors aucun débat n’est possible, soit vous accordez encore quelque crédit à la fonction judiciaire et je vous demanderai d’avoir l’obligeance de respecter ses règles et ne plus invoquer des faits passés et déjà jugés (et qui remontent à 1998 !). Dans cette dernière hypothèse, j’accepte volontiers de poursuivre la discussion ouverte ici.
Mais de grâce n'est-il pas plus intéressant de savoir ce que je pense aujourd'hui plutôt qu'il y a dix ans ?
Cordialement
Rédigé par: Benoit FLEURY | 10 mars 2008 à 11:35
@ Benjamin
"Excusez-moi monsieur mais l'extrême gauche ne prône ni le racisme, ni l'antisémitisme, ni le rattachement à un quelconque passé dictatorial dans ses valeurs..."
En rapide, ce qui est le point de jonction entre l'extrême droite et l'extrême gauche, ce sont une même détestation et une même diabolisation que les premiers théorisent avec l'antisémitisme et que les seconds nomment l'antisionisme.
"C'est un nom terrible Camarade
C'est un nom terrible à dire
Quand, le temps d'une mascarade
Il ne fait plus que frémir
Que venez-vous faire Camarade
Que venez-vous faire ici
Ce fut à cinq heures dans Prague
Que le mois d'août s'obscurcit
Camarade Camarade "
Jean Ferrat - Camarade
Rédigé par: Véronique | 10 mars 2008 à 08:29
Bonsoir
Monsieur Fleury a été président du GUD jusqu'en 2002 soit jusqu'à 25 ans !!!!
Excusez-moi monsieur mais l'extrême gauche ne prône ni le racisme, ni l'antisémitisme, ni le rattachement à un quelconque passé dictatorial dans ses valeurs...
L'oubli vous dites !!!! Au contraire, il ne faut pas oublier pour que le "plus jamais ça" ne soit pas qu'une formule dans le vent...
Rédigé par: Benjamin | 09 mars 2008 à 21:11