Rachida Dati était l'invitée de Nicolas Demorand sur France Inter.
Après sa victoire facile dans le 7ème arrondissement de Paris, elle deviendrait, dit-on, responsable de la droite à Paris à la place de Françoise de Panafieu.
Je l'ai entendue. Le citoyen Bilger doit se taire.
La ministre de la Justice a répondu comme elle pouvait à plusieurs questions. Elle devait notamment donner son point de vue sur l'éprouvante condition de Chantal Sébire, qui fait à juste titre la "Une" du Parisien.
Je l'ai entendue. Le magistrat Bilger doit faire silence.
Pourtant, quelle terrible épreuve qui nous oblige tous à chercher, au plus profond de nous-mêmes, ce que nous enseignent l'intelligence et l'humanité. On ne peut pas se contenter de la surface de soi, on n'a pas le droit de se réfugier dans les poncifs.
Je me souviens de ce reportage au journal de TF1, un soir, où on a vu apparaître soudain le visage de Chantal Sébire. Atteinte d'une maladie rarissime, un esthésioneuroblastome, cette femme, cette mère, souffre quotidiennement parce qu'une tumeur lui a rongé le nerf olfactif et déformé la figure. Ses propos étaient déchirants d'élégance et de pudeur, de tendresse pour ses enfants, qui l'entouraient et l'embrassaient sans affectation ni outrance. Ils ne cherchaient pas à faire croire à une affection et à des gestes, ceux-ci, d'une sincérité totale, n'étaient que la manifestation d'un amour filial d'autant plus intense que leur mère, quand on l'entendait parler d'elle, de son existence, de son calvaire, demeurait d'une tenue et d'une lucidité exceptionnelles. Elle murmurait doucement sa difficulté à continuer à vivre de la sorte, elle communiquait sa détresse avec d'autant plus d'intensité et de conviction que fascinés par ce visage d'une grâce à pleurer, tous les téléspectateurs, j'en suis sûr, se taisaient, admiratifs devant cette classe et pétrifiés devant une infortune physique incurable, irréversible, qui ne dissimulait rien de la belle enveloppe humaine. A la fin, lorsque la télévision nous a replongés dans les infortunes internationales, on n'a pas pu oublier Chantal Sébire. Je pressentais qu'elle viendrait à nouveau nous hanter, nous sortir du confort d'instants trop commodément passés alors qu'elle endurait le pire.
On ne peut pas s'empêcher, au risque de frôler l'indécent, de comparer la manière dont les tragédies intimes, personnelles ou familiales sont assumées par chacun. Il y a eu, à la suite de la mort de Vincent Humbert et de la campagne largement médiatisée par sa mère, l'instauration d'un climat qui mêlait au chagrin une revendication sociétale et une contestation judiciaire, quelque chose qui, à mon sens, dans le surabondant, venait jeter une ombre sur le malheur, qui gagne à être discrètement supporté. Pour la famille Sébire, il me semble que c'est sinon l'inverse, du moins une attitude qui se contente de solliciter, pour Chantal seule et au nom de sa propre dignité, sans idéologie mortifère ni groupe de pression, le droit de s'effacer d'une existence qui ne lui offre plus rien que la certitude d'une quotidienneté infiniment désespérante et sans recours.
Même la requête exceptionnelle déposée auprès du président du tribunal de grande instance de Dijon pour que son médecin soit autorisé à lui fournir une substance létale marque une conception de la vie en société que je trouve admirable. Certains pourraient se moquer de cette irruption du droit au sein de l'extrême souffrance, de cette volonté manifestée à toute force pour demeurer dans l'univers de la légalité civilisée, de ce désir de ne rien accomplir qui ne soit pas légitimé par les autorités judiciaires, par l'Etat sous l'égide duquel elles statuent. J'y vois, au contraire, un hommage rendu à ce qui fait le prix de notre monde et qui le sauvegarde dans son essence : maintenir dans des limites démocratiques les folies compréhensibles que suscite la perte absolue de l'espoir, pour qu'elles ne scandalisent personne mais permettent, qui sait, l'adhésion de tous. Perception d'autant plus fondée que Chantal Sébire a annoncé qu'elle n'interjeterait pas appel, quelle que soit la teneur de la décision rendue le 17 mars.
Quant à soutenir comme le professeur de droit qui donne son avis dans une page du quotidien "qu'elle confère aux juges un rôle qui n'est pas le leur", c'est aller trop loin. Je ne sais évidemment pas quelle sera la décision. Mais, alors qu'on judiciarise tout à outrance, alors qu'on demande à la justice de se prononcer dans des domaines qui devraient échapper à sa sagesse ou à son emprise, il serait paradoxal de méconnaître la validité d'une démarche qui ne se sert pas du droit pour le nier mais pour le consacrer.
Chantal Sébire a souhaité être reçue par le président Sarkozy. Celui-ci a manifesté qu'il n'est pas indifférent à son sort. S'il est une personne qui mérite d'être accueillie à l'Elysée, c'est bien elle, une tragédie avec laquelle le sentiment collectif doit se trouver en empathie, c'est bien la sienne.
Comme dans le film Elephant Man, ce visage ravagé par la maladie nous renvoie à la fraternité et à la mélancolie. On voudrait garder cette femme, cette mère dans cette vie qu'elle veut quitter.
Rétrospectivement, je relis ce billet avec une infinie émotion. Tout est dit. Chapeau bas.
Rédigé par : Thierry SAGARDOYTHO | 22 mars 2008 à 16:52
Le débat sur l'euthanasie active me semble un symptôme alarmant pour la civilisation, telle qu'on peut encore, dans le brouhaha médiatique et culturel, l'entendre, au niveau intellectuel.
Il y a sans cesse des sortes de rouleau compresseur qui sillonnent, dans un sens comme dans l'autre, scrupuleusement attentifs à l'égalité des temps de parole, le champ public de la réflexion.
Tout est égal et, en vertu de nos croyances démocratiques, la vérité déclinable en unités de bruit médiatique, sort des urnes, du référendum.
C'est vrai, il y a longtemps que des Cassandre annoncent le déclin de la civilisation comme garante et animatrice d'une aptitude à considérer sa vie personnelle dans un ensemble plus vaste, qui comprend les autres, contemporains, et l'héritage des autres, la tradition.
Un débat comme celui sur l'euthanasie, tel qu'il se révèle être orienté, met en cause profondément cette fondation.
Mon sentiment par rapport à ce débat, c'est celui d'une tentative d'effondrement d'un ensemble de valeurs fondamentales et, parmi elles, l'idée de transcendance, qui n'est pas l'apanage des religions.
Bien sûr, on peut considérer que le débat sur l'euthanasie est un dialogue constructif, presque comme un autre, thèse antithèse synthèse, participant au progrès de la civilisation réduite à une fonction de production de droits.
Cela caractériserait le progrès. Hors de ce déterminisme juridique, c'est la conservation et le rétrograde.
On peut être effrayé, il me semble, par cette tendance intellectuelle et philosophique.
J'ai parcouru des forums et lu ce qui se disait dans des fils de discussion. Même dans le contexte passionnel consécutif à l'emballement médiatique, il y a des discours et comparaisons qui ressortent qui mettent mal à l'aise.
Il n'est pas rare de lire que le droit qui a été dénié à Chantal Sébire est celui que l'on accorde à un animal.
Il n'est pas rare de lire une revendication de propriété : mon corps m'appartient pleinement et j'ai le droit de décider de ma mort.
Tout ce qui y contrevient est un abus du droit, un abus d'autrui, un abus culturel.
Je ne sais pas à partir de quel moment une civilisation est en danger et la nature que peut prendre une menace.
On peut imaginer une menace extérieure physique - un astéroïde fondant sur nous - une peur millénariste, un choc des civilisations se traduisant par l'avancée de barbares à nos portes.
Mais plus certainement, ce qui a détruit certaines civilisations ce sont des facteurs entropiques, une détérioration de la conscience qu'elles se font d'elles-mêmes et une perte de mémoire sur qui les a constitué.
Au risque de choquer, il y a une tradition du droit en France et une tradition de l'humanisme qui est largement reconnue et qui a inspiré de très grandes nations.
C'est la contribution de ce pays à la civilisation humaine.
Je ne pense pas, sauf le respect que j'ai pour eux, qu'il puisse venir à l'idée de parler de civilisation belge ou helvète.
Ce n'est pas leur faire injure que de le constater. Alors quand j'entends, répété à tort et à travers, que le progrès juridique, moral et social est dans ces pays et que nous sommes arriérés, parce que nous nous attacherions à un concept insignifiant et dépassé, cela froisse quelque chose qui n'est pas que de la susceptibilité.
J'avoue avoir bien du mal à exprimer correctement ma pensée. Mais j'essaie.
Rédigé par : daniel ciccia | 21 mars 2008 à 14:21
Personne ne peut être insensible à une telle souffrance et pourtant il y en a tant d'autres aussi émouvantes et qui ne se règleront pas par une euthanasie, passive ou active !
Quelle boîte de pandore s'apprête-t-on à ouvrir ?
Et si la souffrance est la clé de tout, pourquoi réserver seulement à ceux qui peuvent s'exprimer le droit éventuel de recourir au suicide assisté : et ceux qui souffrent autant et qui voudraient probablement aussi être délivrés, que fait-on ? Qui choisira pour eux ? Comment ? Ou alors on crée deux sortes d'individus, ceux qui conscients pourraient décider d'en finir avec leurs souffrances et les autres qui souffrent autant et qui devraient continuer à souffrir ? Et qui garantira devant la montée des frais occasionnés par des maladies comme celle d'Alzheimer , que la solution ne sera de réduire drastiquement le nombre de personnes à bénéficier de soins : pas maintenant mais dans 5, 10 ou 15 ans ?
Et les sommes investies dans les maisons de retraite ne seraient-elles pas mieux utilisées dans la lutte pour l'emploi et le pouvoir d'achat ? Quelle autorité tranchera et avec quelles références morales - qui ne soient pas à géométrie variable - à partir du moment où la vie n'est plus respectée et où on ne donne pas les moyens d'un vrai choix. De plus quand des médecins seront autorisés "à donner la mort" de quelle manière seront-ils regardés par leurs patients ?
Pourquoi enfin ne donne-t-on quasiment jamais la parole à ceux qui se dévouent dans les centres de soins palliatifs et pourquoi reste-t-on si en retard en France dans ce domaine ?
Rédigé par : Henri de la Motte de Broöns | 20 mars 2008 à 17:38
Le débat sur le droit à mourir dignement personnifié par Chantal Sébire ne s'est pas éteint avec le suicide de l'intéressée. La décision personnelle de Mme Sébire de mettre fin à ses jours, hier, a au contraire remis cette question, si délicate et controversée, au premier plan.
L'annonce, hier soir, de la mort de cette dame a ému grand nombre de personnes et relancé, au yeux de beaucoup, la nécessité de légiférer sur ce sujet, de s'aligner sur les législations ou pratiques belges ou suisses.
Le progrès serait là. L'autisme juridique dans le statu quo français, forcément rétrograde.
Au delà de l'affaire Sébire succédant à l'affaire Humbert, il est frappant de constater qu'aux deux extrémités de la vie, désormais, une démarche consistant à reconnaître un droit de mourir ou à ne pas être né se développe.
Qui a souvenir, aujourd'hui, de l'arrêt Perruche.
C'était il y a huit ans. Considérable à l'échelle du temps médiatique, insignifiant à l'échelle d'une société.
La question qui se posait alors devant la cour de Cassation était celle-ci : la naissance d’un handicapé constitue-t-elle pour lui un préjudice ? Les arguments étaient ceux-ci : un médecin ne signale pas un risque de malformation d'un enfant qui vient au monde lourdement handicapé. L'enfant né est lourdement diminué. Il a grandi. Ses parents se retournent alors contre le praticien, exigeant réparation au nom de leur enfant pour "le préjudice de vie" subi.
Le 17 novembre 2000, l’Assemblée Plénière de la Cour de Cassation a répondu par l’affirmative à cette question, concluant ainsi à l’existence possible d’un "préjudice de vie".
Cette décision a suscité une immense émotion dans le pays, notamment auprès des parents confrontés au handicap parfois très lourd de leur enfant, car elle ouvrait la porte à des dérives.
Et la brèche ouverte par l'arrêt dit Perruche a été, il me semble, refermée aussi vite qu'elle a été ouverte.
Les situations ne sont pas de même nature, mais il y a tout de même quelque chose d'identique dans les deux démarches, la volonté délibérée et militante, parfois, de briser un tabou.
Le droit n'est-il que l'émanation et la traduction de l'expression de la volonté générale, édifiée de manière empirique? Ou a-t-il une fonction supérieure, une portée et une valeur anthropologique, qui consiste à conserver des principes, des fondements et une coordination? Est-il possible de le dénuer de cette dimension?
Les polémiques en matière juridique ne diffèrent pas de celles qui animent la société.
Mais il faut se garder d'un simplisme dont on déduirait qu'il y a un droit conservateur, hiératique, et un droit de progrès, celui de l'empathie généralisée.
Le droit conservateur protège et consacre la conception philologique et morale de la société tandis que le droit de progrès interroge et éprouve sans cesse, ce qui est légitime, la solidité et la cohérence d'un corpus juridique.
Le débat a donc parfaitement lieu d'être.
L'intangibilité des préceptes fondamentaux de l'un et la mobilité de l'autre ne s'opposent pas.
Ils permettent de revérifier, si la réflexion est conduite par la raison, l'état du droit, sa pertinence et aussi, sa limite.
Rédigé par : daniel ciccia | 20 mars 2008 à 14:03
@ mais non Marie, personne ne peut le faire soi-même, les cocktails lithiques ne sont pas en vente libre dans les magasins. Je me souviens avoir lu un reportage fantastique sur un Espagnol dont les amis ont fait une chaîne de solidarité et d'amitié pour que personne ne sache en fait quel avait été son rôle réel dans la mort de leur ami et pour qu'il y ait une responsabilité collective dont chacun avait sa part. J'avais entendu cet homme longuement ; je ne l'oublierai jamais. Un film a, me semble-t-il, été tiré de son histoire. Et puisque je parle films, mais cette fois c'est une fiction, peut-être avez-vous vu les Invasions Barbares. Avez-vous été choquée ?
Quant au médecin, la question n'est pas de demander au médecin qui ne veut pas administrer ce produit de le faire - je comprends que certains ne veuillent pas le faire - mais de ne pas poursuivre celui qui le ferait. C'est tout. A chacun sa liberté !
Rédigé par : catherine A. | 18 mars 2008 à 19:23
@ Catherine A.
Voilà ce que vous pouvez lire sur Agoravox à la date du lundi 17 mars de la main d'un médecin sur ce sujet :
"...Néanmoins, est-on pour autant en droit de demander au médecin, dont ce n’est pas le métier, et dont c’est contraire à la déontologie, de vous administrer la potion fatale ?
Il faut rappeler qu’en droit français, le suicide n’est ni un crime ni un délit. Par contre, administrer une substance mortelle à un patient est considéré comme un homicide, et regarder un patient prendre une substance mortelle peut être considéré comme "non-assistance à personne en danger".
En conséquence de quoi, l’argument "on fait bien une piqûre aux animaux, pourquoi pas à moi", n’est pas recevable.
Pourquoi finalement demander au médecin ce qu’on peut parfaitement faire soi-même ? Cette demande de transfert de responsabilité n’est-elle pas un peu abusive de la part du patient ?..."
Rédigé par : Marie @ Catherine A. | 18 mars 2008 à 17:55
Dans le Monde, un article à lire absolument, sans parti-pris, sans dogmatisme et sans compassion :
"Hervé Pierra, six jours pour mourir"
Marie, juste un petit commentaire : il n'est pas question de penser un seul instant qu'un malade aussi gravement atteint doit mourir s'il ne le demande pas. Ce serait un assassinat.
Quant à l'aide au suicide, je n'arrive toujours pas à comprendre pourquoi on la poursuivrait, le suicide n'étant à ma connaissance plus réprimé comme il le fut, il l'est peut-être encore dans certains pays où il entraînait la peine de mort !!! (les juristes qui fréquentent ce blog pourraient le confirmer ou l'infirmer). Pourquoi la complicité de suicide le serait-elle ?
Rédigé par : catherine A. | 18 mars 2008 à 16:36
Personnellement, je suis d'accord avec les commentaires de Florence. Les gens sont dignes, quelles que soient les souffrances qu'ils affrontent, parce que ce sont des personnes humaines. Il n'y a pas des façons de mourir dignes et d'autres qui seraient indignes.
Par contre, si on légalise l'euthanasie, on fera pression sur les malades. On leur rabâchera tellement que leur vie n'est plus digne qu'ils se sentiront obligés de réclamer la mort. Il n'est que de lire les propos d'Attali à ce sujet.
Les propos de Duval Uzan me semblent également intéressants. Il semble bien que plus que la souffrance, Chantal Sébire ne puisse accepter les ravages de la maladie. Elle veut fuir dans la mort. Nous avons beaucoup à faire pour accompagner les malades et les mourants. Il faut bien sûr tout faire pour atténuer les souffrances physiques et morales. Il faut aussi sortir d'un esprit de rentabilité : une personne, même très diminuée, grabataire, peut encore apporter beaucoup à son entourage, ne serait-ce que par son courage dans l'adversité et par toute la communication qui passe dans un geste, un regard...
Et il ne faut pas oublier non plus le personnel soignant. C'est un acte de soin que de donner beaucoup de calmants si nécessaire, même en sachant que cela abrège la vie du patient, c'est un meurtre que de l'empoisonner. Cela va à l'encontre de la vocation du médecin. On ne peut pas lui demander une telle chose.
Rédigé par : Barbara | 18 mars 2008 à 10:09
@ Dame Véronique, Ktrin....
« Il y a Mme Sébire elle-même. Ce qu’elle demande à la société, via la justice. » dit Dame Véronique.
Il n’y a pas d’égalité devant la vie, comme il n’y a pas d’égalité face à la maladie, encore moins devant la mort. Et il n’y en aura jamais.
Il n’y a pas d’égalité également dans les assurances vie puisque les obèses n’y ont pas droit, par exemple, car trop gros…
Pour certains, il serait bon de lire le très bon article d’un médecin sur Agoravox sur ce sujet.
Tout d’abord, lorsque l’on veut mourir, il me semble que l’on n’a pas besoin d’un avocat et d’une association. Combien de malades en fin de vie sont encore en manque de soins palliatifs ? Tellement importants !
Il manque des bénévoles !
Selon l’avocat de Mme Sébire, elle s’appuierait sur l’article de la Convention européenne de Sauvegarde des Droits de l’Homme : « atteinte à la vie privée » !
Selon son interview d’il y a plus d’une semaine :
« …Je ne veux pas que la société m'oblige à passer par cette étape.… C'est moi la seule souffrante, c'est à moi de décider…. »
Cette dame veut que son cas serve à d'autres, mais en même tant, refuse la loi Leonetti : la possibilité d’être hospitalisée pour bénéficier d’une assistance médicale comme la reçoit toute personne atteinte d’une maladie, parfois plus importante que la sienne. Par ailleurs, la structure médicale permet de contrôler qu’il n’y a pas, en dehors des soins, atteinte à la vie de la personne malade !!!
Que fait-on de l’éthique médicale, de la déontologie ?
Serment d’Hippocrate :
«… « Je dirigerai le régime des malades à leur avantage, suivant mes forces et mon jugement, et je m'abstiendrai de tout mal et de toute injustice. Je ne remettrai à personne du poison, si on m'en demande, ni ne prendrai l'initiative d'une pareille suggestion ; semblablement, je ne remettrai à aucune femme un pessaire abortif. Je passerai ma vie et j'exercerai mon art dans l'innocence et la pureté…. »
Mme Sébire refuse la Loi française imposée à tous et veut mourir chez elle. C’est son droit. Elle se reconnaît le droit de décider l’heure de sa mort, mais, néanmoins, elle veut imposer à un médecin d’aller à l’encontre de son éthique et de son serment, en lui donnant la mort.
Elle veut engager la responsabilité d’un médecin qui tomberait sous le coup de « non assistance à personne en danger », voire plus !
Alors, ce qui me dérange, grandement, c’est cette façon de considérer qu’après tout, toute personne, donc « un médecin, qui fournit un moyen à une autre qui veut mourir « par assistance » sans prendre elle-même cette responsabilité, bénéficiera immanquablement d’un non-lieu. Alors autant la relever de sa responsabilité pénale !
Que fait-on de ceux qui ne veulent pas mourir, qui veulent vivre jusqu'au bout, qui espèrent toujours ???
Cette façon de penser dénature l’esprit de la Justice et tout son symbolisme.
Il y a même danger.
Il faut savoir protéger l'ensemble d'une population des abus éventuels, particulièrement lorsqu'il s'agit de personnes en état de vulnérabilité, du fait d'une grave maladie. Influençables.
A la longue, on finira un jour par avoir une législation qui exigera que toute personne atteinte d'une maladie incurable, quelle qu'elle soit, et décédée, devra faire l'objet d'une enquête de la part d'un Procureur...
Ce médecin estime que la loi même imparfaite serait suffisante.
Rédigé par : Marie @ Dame Véronique, Katrin et autres | 18 mars 2008 à 10:05
Droit à la mort pour ceux qui souffrent au point de l’appeler de toute leur âme !
Bonsoir à toutes et à tous,
Je reviens vers vous tous après avoir lu les commentaires.
A Catherine A,
Il me semble que vous et moi, Catherine A., nous soyons plutôt isolées dans notre tendance à penser que la souffrance puisse être si lourde à porter qu'elle en arrive à faire germer le souhait de suicide et que ce droit d’y avoir recours ne regarde ni le médecin ni la loi.
Si la loi est là pour éviter le chaos dans une société, en quoi le choix délibéré et profondément souhaité de mettre un terme à sa propre vie lorsqu'on n'en peut plus pourrait mettre le chaos dans la société ?
Aux autres,
Je pense qu'une personne qui se suicide aime son entourage et, pour moi, parler de l'aspect " assurance vie", bien qu'il faille de l'argent pour vivre, n'était pas le sujet de ce post ! Les conditions matérielles ne regardent là aussi que les personnes concernées. Est-ce que les personnes valides souscrivent automatiquement et toutes à une assurance vie pour leurs proches? On n'en sait rien et cela ne nous regarde pas. Dans ce cas-là, c'est idem. Par mort accidentelle, on peut laisser ses proches sans assurance vie... aussi !
J'entends bien les propos de ceux qui parlent de l'assurance vie ; je comprends les impératifs existentiels comme celui de mettre ses proches à l’abri du besoin.
A mes yeux, le sujet ne se posait pas en ces termes. La dimension était autre. J’imaginais plutôt l’amour et le désespoir mais aussi le courage et la solidarité des proches de cette Dame. Plutôt que leur intérêt à savoir s’ils bénéficieraient ou non d’assurance vie après le décès de leur maman, sœur ou épouse…
Pour parler de l'avortement, oui, il a été adopté et il est légal. Pour certains, bien qu'il soit légal, l'avortement reste le geste d'ôter la vie à un être humain. Les avis restent encore partagés.
Il en est donc de même pour l'euthanasie.
La souffrance physique et la douleur morale qu'elle entraîne, c'est un sujet que seul(e)s les concerné(e)s peuvent mesurer et mettre dans la balance pour décider si la Vie vaut tout de même le "coup" (je m'excuse pour l'expression) ou si ces maux sont si insupportables qu'ils (les maux) n'admettent aucune intrusion d'autrui.
Ceci reste mon humble avis et que Dieu (ou la Vie pour les athées) nous préserve tous d'un jour avoir à nous poser la question pour nous-mêmes ou pour un de nos chers proches !
Il ne s'agit pas de pitié mais de respecter le choix d'un être humain qui n'en peut plus.
Bonne semaine à tous !
Rédigé par : Ktrin à Catherine A et à tous les autres. | 17 mars 2008 à 22:35
"Les réformes s'imposent ou s'arrachent ; surtout les importantes car à "attendre que la société se sente mûre, prête" on peut attendre longtemps, surtout dans une société très fortement judéo-chrétienne, pour qui certaines remises en cause sont définitivement taboues."
Oui, dans une société de culture judéo-chrétienne, des tabous existent. Le tabou et les héritages font partie de toute société civilisée. La loi exprime les valeurs de référence d’une société.
Une société peut estimer qu’elle n’est pas prête pour faire exploser des verrous qu’elle juge indispensables à la sauvegarde de ce qui constitue son identité.
Comme pour un être humain, il y a dans une communauté humaine une part d’inviolable et de secret.
Pour une question comme celle de l’euthanasie active, la société peut permette au plus près, par la loi, des réponses à des détresses et à des souffrances humaines. Mais une société ne peut pas prétendre, par la loi, apporter TOUTES les réponses.
Vous me dites que les réformes s’imposent ou s’arrachent.
Si nous considérons que dans le débat sur l’abolition de la peine de mort, le verdict du procès de Patrick Henry a marqué une étape déterminante vers l’abolition.
Il y a eu, bien évidemment, la plaidoirie admirable de Robert Badinter. Il y a eu également et, peut-être surtout, en élément décisif, la position des parents de l’enfant assassiné qui ne demandait pas un verdict de mort.
Dans cette étape essentielle pour l’abolition, nous étions loin, Catherine, d’une abolition obtenue par la pression et par la force médiatique.
Le jury populaire compris comme une société miniature a fait preuve là, à mon sens, de ce que j’appelle une maturité démocratique. Il a formalisé par sa décision ce qu'il était prêt à assumer.
Rédigé par : Véronique | 17 mars 2008 à 17:21
Accordons au Président de la République un nouveau droit de grâce, qu'il pourrait accorder à ceux qui, arrivés à la dernière extrémité, l'implorent de gracier "leur peine de vie" !
Rédigé par : Francois F. | 17 mars 2008 à 15:46
@véronique
Désolée mais je ne comprends pas le concept de maturité politique ; je crois qu'il est une pure utopie.
Les réformes s'imposent ou s'arrachent ; surtout les importantes car à "attendre que la société se sente mûre, prête" on peut attendre longtemps, surtout dans une société très fortement judéo-chrétienne, pour qui certaines remises en cause sont définitivement taboues.
Rédigé par : catherine A. | 17 mars 2008 à 14:35
@ Marie
Je ne partage pas votre position qui consiste à dire que Mme Sébire aurait le recours du suicide.
Il y a là dans cette position quelque chose qui me glace.
La difficulté du sujet de la note se situe au moins à quatre niveaux.
Il y a Mme Sébire elle-même. Ce qu’elle demande à la société, via la justice.
Il y a le Droit. Ce qu’il peut et ce qu’il ne peut pas.
Il y a plus généralement une question de société qui, en raison de sa médiatisation répétée, se repose actuellement.
Il y a la position de chacun de nous face à une question comme celle de l’euthanasie active.
A titre personnel j’ai exprimé ce que pense. Je suis consciente de l’imperfection de ma position. Mais pour la résumer: au fond, je choisis de faire avec l’imperfection.
Dans sa note, Philippe écrit que la requête de Mme Sébire aux autorités judiciaires est exemplaire d’une sorte de maturité démocratique.
Dans un système démocratique, je pense, en rapide, que le rôle de la Justice est de contrôler les pouvoirs.
La démocratie s’exprime d’abord par des élections en donnant des mandats à des élus pour faire les lois. L’autorité judiciaire ne peut pas se substituer à cela.
@ Catherine A
J’admets que des médiatisations ont été nécessaires pour transformer des lois. Mais j’admets très difficilement que des pressions associatives ou médiatiques puissent s’exercer en direct sur des décisions de justice.
La peine de mort a été abolie en France parce qu’une majorité de nos concitoyens ont porté au pouvoir un président de la République qui avait inscrit dans son programme l’abolition.
Le droit à l’avortement a été voté par un Parlement élu après un débat à l’Assemblée nationale.
Et pour reprendre l’idée de maturité démocratique de Philippe, je crois que notre société légifèrera clairement en faveur de l’euthanasie active quand elle se sentira prête pour le faire et pour l’assumer.
Rédigé par : Véronique | 17 mars 2008 à 11:01
Je suis d'accord avec Véronique, et je l'exprimerais ainsi :
- dans un pays libre, l'émotion collective et l'empathie doivent être encadrées au plus près par la règle ; le contraire de cela, c'est l'Arche de Zoé et le débordement ;
- l'exigence de vérité et de sincérité, nécessite paradoxalement une réserve privée, des accords tacites, une discrétion ; la lumière qui ne laisse pas de coin d'ombre est aveuglante ;
la conscience, la claire conscience, demande AUSSI le secret de la conscience.
Rédigé par : olivier-p | 17 mars 2008 à 09:45
@ Dame Véronique,
« Expliquez-moi, Catherine, en quoi cette médiatisation à laquelle nous assistons n'est pas une épreuve de force imposée à la justice et à la société ? »
Selon Rachida Dati, le juge, qui doit statuer mardi prochain, ne pourra que rejeter sa demande. "Ce n'est pas notre droit. Nous avons fondé notre droit, et aussi bien la Convention européenne des droits de l'homme, sur le droit à la vie", a-t-elle dit au journal le Monde.
François Fillon et Rachida Dati jugent suffisante la loi Leonetti, adoptée en avril 2005, qui permet l'arrêt des traitements et l'administration massive de médicaments anti-douleur, même s'ils présentent un risque mortel, mais pas la mise à mort de patients agonisants.
Interviewée il y a une semaine, Mme Sébire rejette la loi Leonetti et veut une loi adaptée à son cas personnel.
« Pourquoi ne pas accepter d'être hospitalisée, ce qui pourrait soulager votre douleur ?
…Je ne veux pas que la société m'oblige à passer par cette étape.
…C'est moi la seule souffrante, c'est à moi de décider….
Jean Leonetti : "Le suicide est une liberté, non un droit"
« L'appel de Chantal Sébire ne me paraît pas recevable en l'état actuel, car il s'apparente à une revendication d'un droit au suicide, alors que le suicide ne peut-être qu'une liberté, a-t-il déclaré au même journal. Le choix de porter atteinte à sa vie doit rester du ressort de l'individuel. »
Rédigé par : Marie @ Dame Véronique | 17 mars 2008 à 08:37
@Véronique
Cette médiatisation est l'occasion de s'interroger à nouveau sur ce sujet, de réfléchir sans tabou et sans arrière-pensée. S'il n'y avait pas eu de médiatisation nous aurions peut-être sans doute toujours la peine de mort ; s'il n'y avait pas eu Gisèle Halimi pour défendre Marie-Claire devant le tribunal de Bobigny les femmes auraient attendu sans doute des années avant d'avoir le droit d'avorter sans danger quand elles ne voulaient pas d'une grossesse (je m'empresse de dire à tous ceux qui me prendraient pour une militante de l'avortement que mon plus grand désir serait qu'il n'y en ait quasiment plus tant je pense qu'il est toujours un drame et en tout cas un échec de la politique de contraception) ; s'il n'y avait pas la médiatisation les Tibétains se feraient massacrer dans le silence le plus absolu.
Je ne pense pas un seul instant que le médecin qui acceptera de venir en aide à Madame Sébire le fera sous le coup de cette médiatisation, il le fera comme le dit Francis dans le secret de sa conscience, comme ils sont un certain nombre à le faire. Quant à Chantal Sébire, sa sérénité me stupéfie. Vivant ce qu'elle vit je crois que j'en voudrais à la terre entière, que je ne serais qu'un cri de douleur et de haine. Loin d'être instrumentalisée, puisque c'est me semble-t-il ce que vous craignez, je crois qu'elle a décidé elle-même cette médiatisation, avec tout ce que cela demande de courage, pour que son cas (qu'elle me pardonne de parler ainsi d'elle) puisse aider d'autres personnes. Elle a choisi de se battre avec un panache extraordinaire pendant des mois, des années. Aujourd'hui elle n'en peut plus, ne veut plus. Je n'ai rien à dire si ce n'est "chapeau bas".
Rédigé par : catherine A. | 16 mars 2008 à 21:48
@ Catherine A
"La différence entre ces personnes qui sont pour l'euthanasie active et qui demandent juste à mourir quand elles le décideront, car c'est de leur vie qu'il s'agit, c'est que jamais elles n'imposeront à qui ne le souhaite pas ce choix de fin de vie alors que vous et tant d'autres veulent imposer leurs convictions morales, philosophiques et religieuses à la terre entière." dites-vous à Pierre-Antoine.
Expliquez-moi, Catherine, en quoi cette médiatisation à laquelle nous assistons n'est pas une épreuve de force imposée à la justice et à la société ?
Quels peuvent être, aujourd'hui, l'espace de la sérénité nécessaire et la nature du choix en âme et conscience du médecin qui acceptera d'accompagner Madame Sébire dans sa volonté de mourir ?
Qu'en sera t-il de l'espace de sérénité nécessaire à Madame Sébire elle-même ?
Le sujet de cette note est très difficile à commenter. Aussi je tiens à dire que je suis désolée vis-à-vis des personnes qui ont pu être mises mal à l’aise par ce que j’ai exprimé.
Rédigé par : Véronique | 16 mars 2008 à 20:17
Je vous ai tous lus avec intérêt, les avis divergent. François Fillon, dont le frère est médecin, exprime ce que pensent la plupart d'entre vous : "La difficulté pour moi, c'est qu'on est aux limites de ce peut dire la société et de ce que peut faire la loi." Nous restons désarmés et incertains comme Aragon cité par Véronique. Je suis médecin, légiste de surcroît, et interniste. J'ai suivi des années un pauvre homme qui présentait une affection proche de celle de Madame Sébire, c'est incurable. Patrick Pike l'a fort bien décrite. La vision a de quoi horrifier un légiste ou un médecin après le combat.
A NB. Là le médecin a la triste tâche de faire le tri des blessés, évacuer ceux qui peuvent s'en sortir, user larga manu les opiacés pour ceux qui vont mourir, c'est dur, très dur. Or mon patient ne voulait pas mourir, il espérait le miracle. La dernière fois que je le vis, il avait une septicémie. J'ai entendu ce que pudiquement disaient ses proches. Je n'ai pas traité celle-ci, peut-être une abstention fautive mais il est mort tranquillement. Pour conclure, ce serait ouvrir la boîte de Pandore que de légaliser l'euthanasie pour faire autoriser par le magistrat le pouvoir du médecin. Je vois déjà les pressions que j'ai connues et légalisées alors ! La vie du malade conscient lui appartient. Pour le médecin qui se doit d'écouter l'entourage et son patient (étymologiquement, celui qui souffre physiquement ou moralement), seul compte le dialogue singulier qu'il entretient avec lui, s'il est conscient ou la situation médicale s'il ne l'est plus. Il décidera dans le secret de sa conscience.
Rédigé par : francis | 16 mars 2008 à 18:54
@Pierre-Antoine
Quelle belle expression faux-cul que ce "que je respecte dans sa souffrance". Vous avez remarqué que la plupart des personnes, avant d'en injurier une autre et de dire sur elle les pires horreurs, lancent cette formule liminaire "oui bien sûr Tartempion - que je respecte..."
La différence entre ces personnes qui sont pour l'euthanasie active et qui demandent juste à mourir quand elles le décideront, car c'est de leur vie qu'il s'agit, c'est que jamais elles n'imposeront à qui ne le souhaite pas ce choix de fin de vie alors que vous et tant d'autres veulent imposer leurs convictions morales, philosophiques et religieuses à la terre entière. Une morale dont tous les jours qui passent nous apportent des preuves qu'à la confrontation du quotidien, elle se révèle d'ailleurs souvent très élastique.
Madame Sébire n'a que faire de la compassion, de la vôtre comme de la mienne. Ce n'est pas cette compassion qui ne coûte rien, ces bons sentiments, qui vont rendre sa douleur de vivre moins violente. Mettez-vous un instant honnêtement à sa place bien que ce soit me semble-t-il quasiment impossible tant je suis persuadée que cela dépasse l'indicible, l'imaginable et l'impensable. Voudriez-vous vivre ce qu'elle vit ? Si vous répondez oui c'est que vous avez sans doute la trempe d'un martyr ou d'un saint, d'un héros. Elle non, elle n'est qu'une femme, une femme qui revendique une dernière liberté pour laquelle elle a, hélas, besoin d'aide.
Rédigé par : catherine A. | 16 mars 2008 à 17:38
Enfin Patrick PIKE vint clore de façon admirable une discussion parfois assez insupportable.
Rédigé par : Claire FINES | 16 mars 2008 à 16:34
Je n'ai rien à ajouter au très beau texte de Patrick Pike.
Rédigé par : Laurent Dingli | 16 mars 2008 à 13:30
Le texte de Patrick Pike est exemplaire, il n'y a pas un iota à y changer, il n'y a pas d'autre commentaire possible après celui-là. Je le remercie pour la justesse de ses idées, la force et l'humanité de ses sentiments et la précision de son écriture.
Rédigé par : Gérard Lenne | 16 mars 2008 à 12:22
J’approuve totalement Dame Véronique et Pierre-Antoine.
Au nom de quelle humanité doit-on imposer à un magistrat de décider qu’il est pour lui l’heure de donner la mort ?
Est-ce qu'on ne tape pas encore suffisamment sur les magistrats pour leur imposer ce calvaire ?
A quoi aurait servi l'abolition de la peine de mort ?? S’il fallait de nouveau légiférer pour supprimer des vies ! Pendant qu’on y est pourquoi ne pas supprimer tous ceux qui gênent ? Les pédophiles récidivistes présumés dangereux (donc plus de soucis avec la rétroactivité de la rétention de sûreté), les fous, les débiles, les handicapés…
J’ajouterai aux commentaires d’Hermione qu’avant le nazisme, au début du XXème siècle, les Américains supprimaient les tarés, les fous, les handicapés... Mais sans doute Monsieur Dingli trouvera, là encore, que ce ne sont que des ragots à colporter !
Le suicide est une éventualité pour cette dame. C’est à elle de choisir sa mort.
Rédigé par : Marie | 16 mars 2008 à 12:13
@ M. Patrick Pike
Mais qui vous dit que ceux qui, comme moi, sont opposés à aller plus que ce que dit la loi Leonetti, si nous étions médecins, que dans le secret de notre conscience, nous n'accèderions pas à la demande de Madame Sébire ?
Ce que nous ferions, nous sommes seuls à le savoir. Cette part de secret est aussi digne et respectable.
Rédigé par : Véronique | 16 mars 2008 à 11:02