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Voici les sites qui parlent de Une grâce à pleurer :

Commentaires

Surcouf à sa chère Ktrin

Le cas Dati ne m'intéresse pas, il est dérisoire.

Le cas posé par le comportement de madame Sébire au contraire lui me travaille l'esprit au plus profond de mon être.
Par delà l'instrumentalisation que l'on sent poindre dans cette affaire je m'interroge.

Cette dame est valide. Que n'avale-t-elle point une dose massive de médicaments anti-douleur dont l'abus est fatal. Médicaments qu'on doit j'en suis sûr lui prescrire par ordonnance régulièrement.

Pourquoi demander à d'autres d'endosser la responsabilité de ce geste terrifiant qui est celui de se donner la mort, à froid, calmement.

Si cette dame était invalide, dans l'incapacité de passer à l'acte par elle-même alors oui il faudrait peut-être que nos députés se penchent sur la question.
Mais obliger un juge à prononcer la mort d'un individu coupable de rien alors même que la peine de mort a été abolie pour les assassins ou obliger un médecin à donner la mort sciemment alors qu'il a fait le serment de protéger la vie je trouve cela tout aussi inhumain. C'est une responsabilité morale énorme.
Que je sache un médecin n'est pas obligé de pratiquer un IVG alors même que le fœtus n'est pas considéré, il me semble, comme une être humain à part entière.

Véronique

@ Laurent

Nous savons tous, Laurent, que des médecins pratiquent des euthanasies. L'autoriser par la loi revient à reconnaître un pouvoir à donner la mort légalement. De surcroît c'est ne pas prendre en compte et ne pas anticiper, chez ceux qui seraient en possession de ce pouvoir, les dégâts intimes ultérieurs qu'une pratique autorisée peut créer.

Je redis. Des espaces de l'existence humaine appartiennent à la solitude, à l'entre-deux et à la marge.

D'autre part, nous savons tous qu'aujourd'hui, la formation des magistrats et des médecins est d'abord faite de technicité. Que les arrière-plans ou les enseignements de culture humaniste et d'éthique passent au second plan.

Il me semble très difficile d'imaginer ainsi de déléguer juridiquement cette question à des magistrats et de la banaliser comme un acte médical ordinaire.

Jamais, selon moi, un acte de cette nature et de cette importance ne doit risquer le moindre automatisme ou la moindre banalisation dans la décision.

Julien

"Certains pourraient se moquer de cette irruption du droit au sein de l'extrême souffrance, de cette volonté manifestée à toute force pour demeurer dans l'univers de la légalité civilisée, de ce désir de ne rien accomplir qui ne soit pas légitimé par les autorités judiciaires, par l'Etat sous l'égide duquel elles statuent."
Et bien c'est justement cela que je n'arrive pas à comprendre. La vie doit échapper au Droit, un point c'est tout. Que des lois bioéthiques, fût-ce dans un souci de protection, se mettent à définir à quel stade de la grossesse il est légitime de considérer un foetus comme un être humain me fait frémir. Qu'on aille solliciter l'avis d'un juge pour se décider à mourir me stupéfie. Le prof de droit que vous citez a mille fois raison. Sylvestre aussi quand il dit que "Dans un monde sans Dieu on place le magistrat à la place de Dieu". Comment en effet applaudir ce tout légal morbide, cette abdication de la conscience ? A quand un "code de la vie et de la mort" ? La liberté fondamentale de l'homme, et sa dignité, est d'exercer par lui-même sa conscience morale. Renoncer à cette faculté souveraine et la déléguer à un parterre d'élus ou à un juge équivaut à un suicide moral. "Les hommes ont inventé l'Etat pour ne pas obéir à d'autres hommes", disait le grand constitutionnaliste Burdeau. En le paraphrasant, on pourrait écrire que les hommes d'aujourd'hui se servent de l'Etat pour éviter d'avoir à interroger leur conscience. Liberté, liberté chérie ! On ne lira jamais assez "La France contre les robots" de Bernanos.

Catherine JACOB

Votre silence est assourdissant et votre long discours un léger soupir. Du grand art ! Nonobstant, à l’écoute des archives de l’émission sur http://www.radiofrance.fr/play_aod.php?BR=10815&BD=13032008 je constate que Mme Dati dit en substance que le médecin n’a pas pour vocation d’administrer des substances létales. Je suis désolée mais cette fois-ci je suis entièrement d’accord avec elle. Ceci étant s’il est manifeste qu’elle n’a pas le talent de dire les choses en tenant compte de la douleur qu’elles vont causer, son discours a au moins le mérite d’être clair.
Il implique également une autre prise en charge de la douleur indicible que le renoncement à la vie. Il existe de grands spécialistes de ce sujet dans chaque paroisse.

En ce qui concerne la mairie du VIIème elle mentionne qu’il lui a manqué 90 voix sans autre précision, mais de fait ça donne 49,50 % de majorité présidentielle. Sur http://www.etoile-blog.com/b.php?t=Paris-7eme-elections-municipales-Site-des-elections-municipa&b=http://www.paris7.org on trouve ceci: «Madame Dati - qui, pour sa part, a voté dans le XVIIème où Mme de Panafieu a fait 44.03% - remercie ses électeurs et mentionne son score sans précédent, le meilleur de Paris (la droite a perdu deux sièges dans le 16ème). Elle précise que les scores sont remis à zéro et qu’il faut donc mobiliser son électorat. En effet l’abstention a été supérieure à la moyenne nationale.»
Si on lit bien, les difficultés rencontrées par Mme de Panafieu ne sont peut-être pas uniquement dues à sa seule campagne, ni le score du VIIème au seul talent de Mme DATI..
Résultats complets détaillés sur Paris: http://www.linternaute.com/ville/ville/elections-municipales/26142/paris.shtml ou sur http://www.leparisdunet.fr/ et ailleurs encore.
Maintenant, si on aime les précisions, en nombre d’électeurs Mme de Panafieu a obtenu 44.03% de 50.829 suffrages exprimés soient vingt-deux mille trois cent quatre-vingt voix avec un taux de participation de 55,81 % , contre 49.50% de 18.354 suffrages exprimés pour Mme Dati soient neuf mille quatre vingt-cinq voix avec un taux de participation de 58,18%. S’agissant d’enterrer Mme de Panafieu, Paris ne se résume pas à neuf mille quatre vingt-cinq suffrages même si on y ajoute généreusement quatre-vingt dix voix, ce qui ne représenterait pas même encore la population d’une ville comme Annecy en 1860.
Or, comme pourrait le dire un bon alsacien a un bon pyrénéen : «Les brochets ne sont pas des truites...»

Laurent Dingli

Vous me pardonnerez l'expression si peu juridique - la loi condamne aux assises - que j'ai employée pour faire vite.

Florence

Toutes les personnes qui souffrent sont dignes. Ma tante est morte d'un cancer cet hiver et je l'ai vue encore quelques minutes avant sa mort. Elle souffrait et c'était presque insupportable de la voir souffrir comme cela et pourtant elle était digne. Je ne pense absolument pas que la souffrance ait un quelconque rapport avec la rédemption et du reste je n'ai jamais dit cela. Inutile donc de me faire des procès d'intention ! J'ai atrocement peur de la douleur, de la souffrance, comme nous tous. Ce que je dis c'est que je ne comprends pas ce que vient faire la dignité humaine là-dedans. Une personne qui souffre est aussi digne qu'une personne qui ne souffre pas. Et si Catherine vous voulez choisir votre mort, faites-le et assumez-le. Ne demandez pas à la société d'en prendre la responsabilité.

Laurent Dingli

En tant que procureur, vous êtes tenu au devoir de réserve. En tant qu'écrivain, je ne le suis pas. Bien au contraire, je suis même tenu au devoir de parole (je ne souhaite pas cependant m‘exprimer sur tout et n‘importe quoi). Je répète donc ce que j'ai écrit sur mon blog hier : Madame Rachida Dati fait preuve pour l'occasion d'une très grande rigidité. Il y a des moments où il faut savoir échapper à cette pétrification, à cette pose solennelle, à cette hauteur glaçante, même, et peut-être surtout, quand on est garde des Sceaux. Messieurs Leonetti et Fillon se sont montrés plus humains dans leur approche, même si j’ai trouvé grotesque la suggestion faite par le Premier ministre de placer cette femme dans le coma.
Une fois n’est pas coutume, je me sens beaucoup plus proche sur ce point du commentaire de Jean-Dominique Reffait que de celui de Véronique, dont j’apprécie par ailleurs la finesse. Je comprends ses réserves et ses scrupules, mais la loi interfère déjà entre le médecin et le malade, puisqu’elle condamne (théoriquement) aux assises ceux qui, faisant preuve d’humanité, permettent à leurs patients d’être soulagés de leur indicible souffrance. Et nous avons tous à l’esprit le drame vécu par la famille Humbert. Je ne me perdrai pas en généralité du genre : donner la mort est un acte d’amour. Il peut l’être autant que celui de prolonger la vie : tout dépend du contexte, de la relation affective, de la situation médicale et de bien d’autres facteurs. Alors cela doit-il interdire de légiférer, c’est-à-dire de compléter la Loi Leonetti afin de prendre en compte des cas comme celui de Madame Chantal Sébire ? Je ne le pense pas. Les membres du gouvernement ont été moins regardants quand il s’agissait du droit des étrangers et de la rétention de sûreté. Et là aussi, il existe des cas extrêmes, des cas particuliers qu’il faut traiter dans leur individualité, c’est-à-dire avec humanité.

mike

Votre post m'a rendu perplexe.
Le "droit" à arrêter le cours de sa propre existence est du domaine de l'intime et personne n'a le droit ni le pouvoir d'en juger, à mon sens.
Madame Sébire veut protéger le médecin qui lui procurerait le produit létal adéquat et cela montre un grand sens de sa responsabilité.
Pour autant elle a demandé (je l'ai entendue) un référendum des Français au sujet de l'euthanasie. Cela ne me paraît pas souhaitable .
Je ne vois pas non plus le rôle que le président du tribunal de grande instance de Dijon pourrait jouer dans une décision qui appartient à Madame Sébire seule puisqu'elle est en possession de ses moyens intellectuels.
Nous devons respecter sa douleur, compatir, essayer de l'aider mais non légiférer.
Et si elle met fin à ses jours je ne pourrai qu'être très triste d'une telle fin tout en la comprenant.

catherine A.

@Florence
Ah bon ce n'est pas indigne quand on a été toute sa vie debout, de devenir un légume pendant des jours parce que la société l'a décidé, d'être privé de son libre arbitre. Je ne peux pas croire que c'est une fin de vie comme ça que vous souhaiteriez pour vous et ceux que vous aimez. Cela dit, vous avez le droit de choisir pour vous une longue agonie dans la souffrance si vous pensez encore que la souffrance est digne et rédemptrice, personne ne vous imposera une fin rapide, décidée, et surtout pas moi, mais laissez aux autres le choix de leur mort. Vos convictions religieuses vous appartiennent. A vous seule.

Jean-Dominique Reffait

Ach Florence ! Si Madame Sébire estime que son agonie est indigne, ce n'est pas à vous ni à personne d'en juger autrement. Prenez donc sa maladie et la dignité dont vous l'enveloppez.
Madame Sébire ne demande pas à la société civilisée de lui donner la mort, elle s'en chargera elle-même. Elle ne demande qu'un produit qui soit plus doux pour le faire que la noyade, le passage sous un train ou la défenestration.
Ah, la rigidité des principes !

Jean-Dominique Reffait

Ce que je vais apporter ici, après la lecture de ce très juste et beau billet, est peut-être choquant.
J'ai eu, avec ma soeur et mon père, à demander que l'on débranche ma mère après quinze jours de coma. Nous l'avons fait par lettre, en prenant sur nous, et sans validité juridique hélas, sur la responsabilité.

Ce n'est pas une décision difficile.
La mort devient votre amie lorsqu'elle se porte au secours de la douleur ou de l'indignité.
Mon premier sentiment en apprenant le décès de ma mère a été le soulagement. Soulagement pour elle. La peine que j'ai éprouvée, je l'ai découverte égoïste, je m'en suis presque voulu, je pleurais sur mon sort de vieil orphelin.
Depuis ce jour, j'ai compris que la mort n'était pas seulement une fatalité, elle peut aussi être un réconfort, une gentille délivrance, un dernier cadeau de la vie.

En demandant que la justice autorise un médecin à lui fournir un produit létal, Madame Sébire ne pense pas à elle mais aux accusations dont pourraient souffrir ceux qui l'aideraient. Ultime élégance d'une femme civilisée.

Nous pouvons tous reconnaître en Madame Sébire notre propre mère, une femme active et discrète qui a semé de la vie, de la joie, de l'intelligence autour d'elle. De celles dont on ne se sépare qu'avec infiniment de douleur mais qu'on souhaite délivrer par reconnaissance.

La grâce, oui Philippe, la grâce.
C'est ce qu'elle demande.

Florence

Désolée de ne pas être d'accord avec vous !
Quand Madame Sébire dit que son "agonie est indigne", cela me choque profondément. Tout comme ce prétendu "droit de mourir dans la dignité". Alors il y aurait donc deux catégories de personnes ? Ceux qui meurent dans la "dignité" et toute la grande masse qui serait morte dans l'indignité ! Pas d'accord du tout. Les morts de ma famille, ni tous les millions, milliards de morts depuis des millénaires ne sont pas morts dans l'indignité. C'est insupportable.
L'agonie de Madame Sébire est d'une grande cruauté mais en aucun cas elle n'est indigne.
Pour ce qui est du fond, je pense qu'une société civilisée n'a pas à donner la mort. Question de principe. D'autant plus que la nature humaine a vite tendance à accepter de donner la mort : on le voit bien dans les sondages sur la peine capitale.
Cela n'exclut évidemment pas l'indulgence dans les cas extrêmes d'un côté, ni la compassion pour Madame Sébire par ailleurs.

Sylvestre

Dans un monde sans Dieu on place le magistrat à la place de Dieu. Je comprends que cela flatte les magistrats, moi j’aurais quand même un peu peur. Et il faudrait modifier les critères d’entrée à l’ENM.

catherine A.

@Philippe
La vie de Madame Sébire lui appartient, comme sa mort. Personne ne devrait avoir le droit de la lui voler, de se l'approprier au nom de je ne sais quelle idéologie, quels bons sentiments. De décider à sa place. Je n'ai rien entendu de plus monstrueux, de plus scandaleux, de plus honteux que les propos dégoulinants de Mme Boutin qui ne devrait pas avoir sa place dans une équipe gouvernementale. Mais c'est une autre histoire.
Au-delà du cas de Chantal Sébire, dont l'appel je pense hantera longtemps beaucoup d'entre nous, il faut une nouvelle fois constater l'insuffisance de la loi Léonetti, son hypocrisie : Chantal Sébire aurait selon la loi le droit de mourir à petit feu, au bout de plusieurs journées de coma dans lequel l'aurait placée une forte dose de médicaments. Une fin indigne pour une personne dont la dignité a ému la France entière et qui demande à mourir quand elle le décidera, lucidement et entourée des siens. Sa dernière liberté ; raison de plus de la lui accorder. A elle et aussi à d'autres dont la maladie est moins spectaculaire mais la souffrance aussi indicible.

Marie bourdon

"Je l'ai entendue. Le citoyen doit se taire."

Monsieur Bilger, est-ce nouveau que les citoyens doivent se taire ? Si les politiques pouvaient leur faire pratiquer ce que vous appelez une "grande lessive"... de leur cerveau, combien ferait la queue devant la laverie spécialisée ?

Le citoyen est "téléthèsé", contrairement aux politiques. Drôle de domotique. Comme chacun sait le Français est "râleur". Mais, curieusement, au moment de jeter un vote dans une urne, il devient subitement amnésique et oublie que untel a été poursuivi en justice, que tel autre a commis quelques indélicatesses, que celui-ci a traficoté ou encore que celui-là (comme cela s'est vu en Corse, il y a quelques années) a fait voter des morts... ou je ne sais quoi encore...

Pour mieux les aider à choisir, il y a maintenant les machines à voter ! Au moins, elles n'ont pas de cas de conscience !


"La ministre de la Justice a répondu comme elle pouvait à plusieurs questions."

Eh oui ! Le monde n'est pas parfait. Les ministres encore moins. S'il l'était, s'ils l'étaient, monsieur Bilger, quel serait le contenu de vos billets ? Rendez-vous compte, tout le monde pourrait prétendre aux fonctions suprêmes ! Quelle horreur ce serait pour ceux qui chauffent les places sur lesquelles ils sont vissés !...

Tout le monde "bling bling"....
C'est vrai, c'est bientôt "Pâques".

Bonnes fêtes de Pâques à tous.
Joyeuses cloches !

Véronique

Non, Philippe.

Au risque de paraître excessive et trop abstraite, une décision d'euthanasie ne peut pas appartenir à la justice.

Cette décision ne concerne qu'un médecin et son patient.

Autoriser, via les juges, une euthanasie, c'est aussi considérer que la société délègue à la justice le soin d'encadrer juridiquement, à l’excès, la souffrance, la douleur, la maladie, la mort, la nuit... la condition humaine.

C'est également contraindre des magistrats à une décision et à une responsabilité très problématiques, selon moi, à assumer.

L'euthanasie est un acte hautement sensible et grave. La normaliser, même sous la forme juridique à laquelle vous donnez votre assentiment, c'est sans compter que des professionnels de la justice et de la médecine devront vivre avec la toute-puissance d'avoir eu à décider et à accomplir, dans une forme légale, un acte de mort sur autrui.

Je préfère l'imperfection du gris, de la marge et de l'humanité qui définissent cette relation faite de solitude et de secret du médecin à son patient, et du patient à son médecin.


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