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Chanter faux

C'est dans le Parisien que j'ai lu cette "Controverse à l'Eurovision".

Sébastien Tellier, qui représente la France à ce Concours avec "Divine", va interpréter sa chanson en anglais.

Le député UMP de l'Oise François-Michel Gonnot a mille fois raison de s'indigner et de considérer, en particulier, qu'il s'agit "d'un mauvais signe adressé à la communauté francophone". Ce parlementaire a saisi la ministre de la Culture pour qu'elle effectue toutes les démarches nécessaires auprès de France 3 et de l'Eurovision afin d'éviter ce scandale.

Car ce serait, en effet, un scandale. Comment le producteur de Sébastien Tellier, Marc Teissier du Cros, peut-il proférer cette ânerie : "un combat d'arrière-garde" ? C'est tout le contraire. Défendre sa langue, exiger de ceux qui ont l'honneur de représenter la France, de chanter ou de parler en son nom, l'élémentaire élégance d'user de ce patrimoine royal et magique que constituent les mots polis par l'Histoire et les usages, autant d'impératifs qui, loin d'être régressifs, sont d'une modernité infinie. Le ringard accable plutôt les lâches et les imprudents qui se laissent confisquer un trésor, tout simplement parce qu'ils n'ont plus la force ni le talent pour le sauvegarder, voire l'enrichir.

On ne sait plus écrire le français, on parle mal le français même dans les instances médiatiques et les élites politico-intellectuelles. Et c'est le moment où on porterait le coup de pied de l'âne à ce qui se délite, à ce qu'il faut retenir par l'esprit, l'envie et la culture. Peu importe que l'exercice soit futile. Sur ce plan, il n'est pas de petits combats.

Je sais bien que la langue française, la communauté francophone, réduites, abaissées, reflètent la perte de puissance de notre pays, sa dévaluation politique, sa réduction sur le plan international. C'est une banalité de soutenir qu'une langue se porte d'autant mieux qu'elle est abritée par une société et un Etat sûrs d'eux et capables de séduire et de convaincre au-delà d'eux.

Les grands défis ne sont pas à notre portée. Le Concours de l'Eurovision, si. Si nous amplifions, si nous devançons le désastre qui nous pend à la culture, nous n'aurons pas à nous plaindre.

Demandons à Sébastien Tellier, dont la musique semble jolie, de ne pas chanter faux. Contre sa langue. Contre la nôtre.

Ne nous laissons pas faire.

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Voici les sites qui parlent de Chanter faux :

Commentaires

Heureusement que l'année passée, les fatals picards ont brillamment défendu les couleurs de la France à l'Eurovision... même s'ils n'ont "même réussi à finir dernier"...

Philippe, encore une fois l'exemple est venu d'en haut ; souvenez-vous de Trichet faisant un discours en anglais... et de Christine Lagarde, à son arrivée à Bercy, bombardant ses collaborateurs de notes dans la même langue. Cela dit l'Eurovision me paraît quelque chose de tellement ringard (jugement très hâtif car je ne me suis jamais intéressée à la chose mais le peu que j'en ai vu ou lu incidemment ne m'a pas encouragée à faire mieux) que j'aurais tendance à dire que je m'en fiche un peu... d'autant que dans le domaine de la chanson ce n'est pas très nouveau ; mieux vaut chanter en anglais pour espérer une carrière internationale... et même parfois une carrière française. Nicole Croisille avait du se faire passer pour une américaine pour être prise au sérieux.

Il y a quelques années, un Portugais de rencontre m'avait dit que l'anglais était la langue des affaires, l'italien la langue de l'amour, l'allemand la langue de l'opéra, et le français, la langue de la diplomatie.
Ce n'était qu'un raccourci de conversation et une manière polie de rendre hommage à ma nationalité.
Mais, pour ne pas démentir notre lusitanien sur les dispositions qu'il prêta à notre langue,
faisons un rêve, restaurons une culture où la nuance, la distinction, l'ambition, le rayonnement, le respect, retrouvent toute leur place et leur utilité, et peut-être le français se reprendrait-il à vivre pour sa propre singularité.
Mais il faudrait établir une pensée qui, en se gardant d'être pédante, va au-delà des slogans, des égotismes car le français n'est pas langue pour un monde de brutes.
Est-ce possible dans une démocratie émotive et médiatique ?
Un présentateur du JT utilisant l'imparfait du subjonctif durant son journal, à l'évidence, serait responsable d'une dramatique rupture dans le continuum socio-médiatique. Le temps suspendrait son vol.

Que ce jeune homme aille représenter nos couleurs à l'Eurovision en adoptant la langue de Shakespeare pour sa ritournelle est un signe de conformisme au brouillage contemporain.
La chanson française possède heureusement de biens beaux représentants, de Vanessa Paradis à Isabelle Boulay, en passant par Alexandre Krin, Renan Luce, Olivia Ruiz, Abd-el-Malik,Mc Solaar, etc, et bien sûr Corneille le bien nommé. Tous, dans leurs registres respectifs, leurs sensibilités, leurs univers, expriment des choses merveilleuses et qui ne peuvent "sonner" qu'en français. Même s'ils prendront, certains, la liberté de rimer avec "I was here".

Une solution à la recherche d'un problème. Une langue est un outil de communication. L'anglais est la lingua franca qui permet aux gens de pays non anglophones de communiquer avec d'autres gens de pays non anglophones. Vive l'anglais : je communique par internet avec des Russes et des Chinois : en anglais.
Le français est la langue que j'utilise pour parler avec mes proches et chanter les chansons de ma jeunesse.
Je ne vois aucune raison pour ne pas pouvoir garder les deux ; chacune dans son usage propre.

L'an dernier la serbe Marija Serifovic a gagné en chantant sa bluette en serbe. Il y a 2 ou 3 ans, les moldaves O-Zone ont fait un tube mondial avec Dragostea din tei, en roumain. Rien de tel qu'une langue imbitable pour faire un carton à l'Eurovision. Le français, c'est ringard, les belges, les suisses, les québécois, les africains le comprennent, la viduité des paroles les terrassent sans pitié. Même les allemands ou les italiens sont capables de deviner que le texte français est archi-con.
Non, il faut que Sébastien Tellier, dont vous m'apprenez simultanément l'existence et la haute responsabilité artistique, chante en tibétain. Là c'est sûr, on gagne.

Nous ne pouvons qu'être surprise d'un tel billet.
Cela prouve que le cloisonnement des mondes professionnels est réel. L'univers de la justice où l'écrit est primordial, la citation latine judicieuse semble ignorer les mœurs des µltinationales à filiales françaises dans lesquelles presque tout se commet en une sorte de langue anglaise.
Soit une réunion de 10 "français" avec un "espagnol", hop tout le monde jargonne dans la langue de Shakespeare ; le compte rendu est dans la même langue. La loi Toubon ? ignorée. La règle de l'avantage semble primer sur le droit.
En même temps, les non anglophones prouvent par là leur savoir vivre - dont tout le monde se moque hélas, l'époque étant peu courtoise.

Philippe,

Je trouve que la chanson française permet un répertoire riche de chansons à textes. On peut jongler avec les mots et il y a moyen de chanter des couplets qui tiennent la route.


Ce qui semble souvent ("Aïe, pas sur la tête" pour les inconditionnels de la langue de Shakespeare !) plus difficile côté chansons Outre-Manche ou Outre-Atlantique !

J'aime beaucoup toute une série de chansons made in pas-de-chez-nous. Surtout pour le rock !

Mais bon, pour représenter la France à l'Eurovision, je comprends votre position sur ce sujet, Philippe !

Bonne nuit !

P.S : de toute manière, on connaît la chanson !! C'est toujours le même refrain ! etc.

A Jean-Dominique Reffait


"Non, il faut que Sébastien Tellier, dont vous m'apprenez simultanément l'existence et la haute responsabilité artistique, chante en tibétain. Là c'est sûr, on gagne."


J'ai ri.

Oui, ou en Chtimi!!!

Mais attention aux banderoles !


Bonne nuit à toutes et à tous !

M. Philippe Bilger,
Je vous lis depuis quelques semaines et j’ai attendu le moment opportun pour vous rédiger un commentaire. Commentaire transformé en billet (Justice au singulier, Français au pluriel) sur mon propre blog. L’heure est venue de vous pousser ma chansonnette en français pendant que la France se prépare à déchanter en anglais pour l'Eurovision. Je partage totalement votre indignation et votre analyse. En effet, qu’est-ce qui structure aujourd’hui l’identité des Français ?
Notre citoyenneté nationale se fond progressivement dans l’Union Européenne, nos valeurs religieuses et familiales sont bousculées depuis 40 ans, notre économie se globalise, nos frontières se dématérialisent, nos emplois et le Louvre se délocalisent, … même notre climat change !
Dans un monde qui s’accélère, le dernier lien qui peut unir les Français urbi et orbi est leur langue, le Français.
Européen convaincu, je ne suis pas du tout convaincu que l’anglais, langue difficile aux dires de Claude Hagège du Collège de France, doive s’imposer sur notre continent et dans notre pays. J’espère que le député UMP de l’Oise, François-Michel Gonnot sera entendu par le ministère de la Culture pour éviter cette mascarade.
Quel message risquons-nous de donner au monde et à nos cousins de l’autre côté de l’Atlantique, de la Méditerranée ou du lac Léman ?
Serions-nous les seuls Francophones à ne pas être fiers de parler la langue de Bilger ?
Bien respectueusement,
François Vaute
www.francoisvaute.eu

Drôle : en Australie, l'Eurovision est diffusé en prime time et tous croient que nous, Européens, y accordons une grande importance !

Objectivement, trouvez-vous que la première Dame de France chante juste ? C'est tout sauf une chanteuse !

"mots polis par le temps", maux polis par certaines initiatives...

" Pour le dire en français... Pour être en phase avec les réalités d'aujourd'hui, la création terminologique est indispensable."
Envoyons notre chanteur sur le site de Madame le Ministre de la Culture :

" www.franceterme.culture.fr "


Faut-il sélectionner les "specimens" chanteurs durant le "Printemps de la langue FRANCAISE" lancé par Mme Albanel en mars dernier ?
Il faut fêter la langue française paraît-il !

Le 20 mars étant la journée internationale de la Francophonie, la semaine de la Langue Française développe des initiatives, occasion pour le public de redécouvrir le Français et ses trésors....

Pour ce faire, surprendre !

Cette année par exemple :

"la Semaine de la langue française a invité le grand public à fêter le français autour d’une thématique et d’une sélection de "dix mots" qui devaient servir de fil conducteur à toutes les manifestations.
Les dix mots "- visage, toi, s’attabler, tact, palabre, jubilatoire, boussole, rhizome, apprivoiser, passerelle -" devaient illustrer le thème de la rencontre. Chacun d’entre eux devait être parrainé par une personnalité..."

Un site internet "www.semainelf.culture.fr" relaiera le programme des manifestations sur l’ensemble du territoire.


Joôhnny, à ses débuts, a obtenu son succès à son interprétation des chansons américaines traduites en français, comme beaucoup d'autres chanteurs, d'ailleurs, mais c'étaient les années 60 !!!


Si aujourd'hui, il faut chanter en anglais pour avoir un éventuel succès, quelle victoire, en effet, pour notre belle langue ! Belle évolution de notre langue dite diplomatique...

Ecrire une belle chanson en français, ce n'est pas donné à tout le monde... Tout le monde ne s'appelle pas Goldman, Duteil, Cabrel...


Une pensée pour Jeanne d'Arc !

Ah z'in court !!!!

"Car ce serait, en effet, un scandale. Comment le producteur de Sébastien Tellier, Marc Teissier du Cros, peut-il proférer cette ânerie : "un combat d'arrière-garde" ? "

Les ados du Fan club chinois de Céline Dion ont toute sa discographie depuis le premier single et déclarent s'être mis au français grâce à elle (qui chante aussi en anglais cependant). Ils nous ont gratifié aux infos d'un "Et je danse et je sors Mais quand je danse.... je t'aime encore" il me semble que ça devait être ce passage, chanté en choeur d'une façon sinon intéressante du moins passionnée!

Et à mon avis, ses chansons (donc la langue française) risquent moins que les produits Carrefour dont le consommateur chinois paraît estimer qu'il fait de la politique autrement qu'en distribuant des produits d'un bon rapport qualité-prix.

"Les grands défis ne sont pas à notre portée. Le Concours de l'Eurovision, si."

Oui. Mais bon.

Se mobiliser autour de vous pour la défense du français dans le concours de l'Eurovision, j'ai bien peur, Philippe, d'être une piètre militante.

Pardon de l'exprimer ainsi.

Mais y a t-il dans votre magasin de causes, une qui ferait bander plus et mieux que l'Eurovision ?

Oui, le respect de notre langue est capital et un combat de la vraie modernité.

Oui, nous avons besoin du plaisir des mots et de leur imaginaire.

Oui, le concours de l'Eurovision est une pauvre chose qui inspire peu l'amour. Et je crains la frigidité.

Désolée, Philippe. Mais il y a quand même aussi des énergies dépensées, qui le sont en pure perte.

La capacité à s'indigner pour des sujets superficiels laisse pantois. Une ch'ti-isation des cerveaux jusque dans les couloirs de la magistrature.

Ah ! Enfin un peu d'animation : Véronique s'érotise et se met à jouer les Angot, SR allume notre hôte avec férocité (à ce propos cher PB, quand on est mélomane on ne dit pas d'une musique qu'elle "semble jolie" sauf à déceler dans le choix de cet adjectif, chez le fin lettré que vous êtes, une volonté délibérée de dérision, solution pour laquelle j'opte et qui a le mérite de réserver vos goûts en la matière...)

Et puis, mon exaspération n'est enfin plus isolée depuis que, vaillamment, le soldat Jean-Dominique a tenté de mettre fin, d'une colère rouge pas ordinaire, à nos années de bahut sur ce blog... mais, cher Jean-Dominique, si je veux bien vous décorer de l'ordre de la Libération (quoique : attendons !) je revendique, en ce qui me concerne, la croix de guerre et la médaille de la résistance !

@SR
"La capacité à s'indigner pour des sujets superficiels laisse pantois. Une ch'ti-isation des cerveaux jusque dans les couloirs de la magistrature."

Si vous aviez quelque notion de géopolitique vous comprendriez l'intérêt du billet de ce jour !

@ sbriglia
Idée géniale : l'inoxydable Catherine Jacob à l'Eurovision ! En japonais, en Swahili, en latin de cuisine, en anglais, mais passons, juste pour énerver, en Bengali, elle peut tenir tout le concours et concentrer tous les points, Belgrade en feu, le Kosovo réclamant sa réintégration à la Serbie pourvu que le concours s'arrête un jour, mais non, il continue, en pachtoune, en sarawak, en indo-européen pur et dur, c'est l'embrasement trois jours et trois nuits, les autres concurrents sont réfugiés dans les catacombes, Milosevic est acquitté à titre posthume, Catherine Jacob va gagner, Catherine Jacob gagne l'Eurovision !

Signé : un misérable ignorantissimus qui croyait avoir fait tout son cursus universitaire d'histoire ancienne en lisant communément le latin et le grec, qui continue à croire qu'il lit couramment Cicéron et Sénèque en pensant qu'il s'agit de recettes de cuisine et qui a même sans doute rêvé avoir enseigné en fac de lettres pendant 5 ans le latin et le grec...

A François Vaute

Je suis allée voir votre blog, intéressée par les propos tenus sur celui de notre hôte Philippe. J'y avais senti l'engagement, comme on dit. J'ai trouvé très convivial l'accueil en vidéo. Je salue cette initiative originale.
Venons-en à votre commentaire : l'identité nationale. Oui, par son sujet, je ne suis pas Philippe mais je pense que l'aspect identitaire pourrait en effet être étroitement lié à ce sujet de l'Eurovision.

La France a dit "non" au référendum : la messe est dite.

Puis, elle a dit "oui" à un candidat qui est profondément engagé pour l'Europe.
L'identité de la France, je ne pourrais vous répondre car il nous faudrait des spécialistes comme on en trouve sur certains plateaux tv ! Un peu de politiques, un peu de sociologues, un peu d'historiens et aussi pourquoi pas un psychologue car une liberté première, celle de pouvoir être versatile et contradictoire, est largement vécue par tout un chacun en ce monde. Et c'est tant mieux pour que vive la démocratie et la possibilité de ne pas s'embourber dans ses idées fixes, ou au moins les remettre en question ! Seul un psy pourrait nous expliquer tout cela (grand sourire).

"L'identité nationale" : deux mots qui peuvent faire venir les larmes aux yeux ou peuvent engendrer d'autres réactions, moins... plus...
Unir ou diviser. Fédérer ou attiser certains extrêmes (cf fait divers à Barr dernièrement).

Identité individuelle, régionale, nationale, sociale (aussi, de plus en plus).
L'identité d'une personne est plus complexe que celle d'appartenir à un pays. Mais je vous concède qu'il est rassurant de pouvoir s'accrocher à des valeurs que l'on fera siennes. Il est une liberté que de vouloir défendre ses croyances religieuses et ses convictions politiques.

Je voulais juste souligner la complexité de (se) définir une identité nationale en n'oubliant pas la complexité et la dimension plus "élargie" de l'identité humaine. Plus complexe qu'un drapeau, un programme de parti politique et un texte chanté en anglais ou en français !

La symbolique a son rôle à jouer et dans le cas de l'Eurovision, il s'agirait de symbolique. Et une logique après le "non" à l'Europe.

Bon we à toutes et à tous !

Et, un "coucou" en sus, pour ne pas trahir mon identité alsacienne (clin d'oeil) , à mon compatriote qui se reconnaîtra !

18 avril, Saint Parfait.

Bonne fête aux hommes "parfaits" de ce blog !

Chez Eolas, en ce moment même, au sujet d'une étymologie pas vraiment bien maîtrisée par les rédacteurs des lois, il y a une réelle prise de position, notamment à Marseille, pour la défense et illustration, même symbolique, de la langue française.

Billet : "Le ministère de l'intérieur n'est pas le ministère de la proximité immédiate" '17-04

Oui, Philippe, parfaitement !

Là, vous pouvez compter, pour votre cause, sur des militants efficaces.

@ sbriglia, émergeant du Styx

Même si un jour au Paradis
Je deviens comme j'en serais surpris
Chanteur pour femmes à ailes blanches
Que je leur chante Alléluia
En regrettant le temps d'en bas
Où c'est pas tous les jours dimanche
Même si on m'appelle Dieu le Père
Celui qui est dans l'annuaire
Entre Dieulefit et Dieu vous garde
Même si je me laisse pousser la barbe
Même si toujours trop bonne pomme
Je me crève le cœur et le pur esprit
A vouloir consoler les hommes
Je sais quand même que chaque nuit
J'entendrai dans mon
Paradis Les anges, les Saints et Lucifer
Me chanter la chanson de naguère
Celle du temps où je m'appelais Jacky.

Brel

Mais sa musique est-elle française ou anglaise ? Et lui-même, Sébastien Tellier, n'est-il pas français ? L'intérêt de ce concours m'échappe, je dois bien l'avouer. Que des pays "s'affrontent" à travers des chansons nationales me paraît certes sympathique, mais, entre nous, l'on pourrait vivre sans le concours de l'Eurovision. En principe, d'ailleurs, ce concours ne passionne pas grand monde, en tout cas pas moi... Cette année, c'est différent, grâce à Sébastien Tellier justement, qui est un artiste un peu "underground" (pardonnez-moi !) dont les qualités artistiques sont très largement au-dessus des candidats des années précédentes. Parler de combat d'arrière-garde ne veut rien dire, en effet, car Tellier ne se veut pas d'avant-garde en chantant en anglais. Il considère, à juste titre ou pas, que sa chanson "sonne mieux" en anglais. Si la France gagne l'Eurovision avec un chanteur français chantant en anglais, tout le monde ou presque sera content. Mieux vaudrait cela qu'un chanteur chantant en français une chanson ringarde. Car, enfin, écoutez donc l'album de Sébastien Tellier, et notamment cette chanson "Divine", et vous comprendrez que cette polémique linguistique n'aurait pas du naître. Beckett écrivait en français, et ce n'était pas sa langue maternelle. Si l'on suit la logique des députés UMP, il aurait fallu ne pas le lire ou bien il aurait fallu le lire, précisément, parce qu'un étranger aurait choisi notre belle langue française (qui est très belle en effet, je mourrais pour elle s'il le fallait). Si un français chante ou écrit dans une langue étrangère, c'est une catastrophe, mais si un étranger fait la même chose dans notre langue, alors c'est génial ! Défendre la langue française oui, mais défendre le talent, n'est-ce pas mieux ?

@ignorantissimus

Je pense que devraient retenir toute votre attention des sujets plus sérieux et présentés de telle sorte que sauter une ligne n'aurait pas d'incidence sur la compréhension du tout.

@Achille

Vous n'ignorez pas je pense qu'à l'origine le Styx n'est pas tant le nom d'un fleuve mythique que celui d'une océanide, un Dragon monstrueux assimilé à une onde infernale, de 'stugéô' :"haïr, craindre, avoir en horreur, rendre odieux ou - et c'est le cas d'Achille que sa mère est réputée y avoir plongé en le tenant par le talon -, redoutable.", ainsi que le fleuve terrible du serment. Par ex. celui du respect d'un équilibre entre la nature et cette pauvre humanité qui de s'être mise debout cru sottement avoir heurté les étoiles.

A priori on peut avancer que pour une pensée pour laquelle les étoiles sont notre passé et aussi notre avenir, il s'agit de celui-là : http://upload.wikimedia.org/wikipedia/commons/7/72/Draco_%26_Ursa_Minor.gif

Que nous réserve votre résurgence? Une solution à la fonte de la banquise ?

@Véronique
"le ministère de la proximité immédiate."

Sans doute vous référez-vous à ceci:
"La cour de cassation casse cet arrêt par une décision délicieusement subtile qui réjouira les Immortels (civ. 1e, 16 avril 2008, n°06-20.390). La décision du premier président viole l'article L.552-1 du CESEDA car :

…la proximité immédiate exigée par l'article L. 552-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile est exclusive de l'aménagement spécial d'une salle d'audience dans l'enceinte d'un centre de rétention.

Hé oui : « proximité immédiate » ne veut pas dire à l'intérieur (d'où le titre de ce billet). Ça veut dire “à côté”. On ne mélange pas les torchons et les serviettes, et le ministère de l'intérieur et celui de la justice."

Personnellement ça me paraît correct. Sinon on pourrait tenir des audiences dans le salon ou les sous-sol de n'importe quel particulier, donc sans libre accès direct pour le public et que donc accès direct du public n'est pas "d'accès et de fermetures autonomes, dans l'enceinte commune du centre de rétention" puisqu'il faut d'abord accéder au centre qui n'est sans doute pas d'un accès tout public.

Je trouve donc exagérée cette histoire de torchons et de serviettes.
D'après ce que je comprends, il ne s'agit pas seulement d'un lieu consacré (à) comme pour dire la messe qui peut se dire dans une chapelle d'accès privé, mais aussi d'un libre accès tout venant !
De plus l'exigence d'une distance même réduite me paraît également très importante, ne serait-ce que symboliquement.

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