A peine l'arrestation de Bruno Cholet opérée à la suite d'une enquête remarquable en tous points, la polémique a éclaté et s'est développée sur des dysfonctionnements (mentionnés par le Parisien) qui, pour être préoccupants, sont sans commune mesure avec le succès précédent. Mais il est vrai qu'on est en France où vite l'accessoire doit recouvrir l'essentiel.
Emission surréaliste, hier soir, au Grand Journal de Michel Denisot où le psychanalyste Serge Tisseron et quelques jeunes gens sont venus disserter du nouveau jeu interactif GTA IV, qui n'offre rien de moins que l'opportunité, pour s'amuser, d'un certain nombre de périples urbains avec violences, vols et notamment "car jacking". Ce qui m'a stupéfié, c'est, dans l'ensemble, l'écoute bienveillante, le regard amusé, l'absence totale de réflexion sur les dérives d'une société marchande qui va proposer, avec le sourire, les moyens de se faire piller et les possibilités de l'immoralité. La comparaison avec la violence au cinéma était absurde puisque celle-ci, la plupart du temps, est mise en scène dans des films dont le sens la dépasse. Il me semble évident que faire se rejoindre le ludique et le sauvage va continuer à amplifier un mouvement où les frontières entre le réel et le virtuel, le permis et l'interdit seront de moins en moins nettes, le respect d'autrui de moins en moins assuré. Mais on est en France et cela fait rire.
La politique internationale de la France, les droits de l'homme, le droit d'ingérence, les missions humanitaires, la Chine, le Tibet, les Jeux olympiques, la Tunisie, tout, depuis quelque temps, manifeste que le citoyen ne peut plus se tenir éloigné de ce passionnant débat, qu'il a l'obligation, lui aussi, d'avoir "le coeur intelligent" selon la belle formule appliquée à Germaine Tillion. Si le monde est devenu un village, nous sommes tous appelés à devenir les gardiens sourcilleux ou non de la morale internationale. Si on croit que celle-ci existe et qu'elle mérite d'être enseignée ou rappelée.
Jean-Pierre Raffarin revient de Chine et nous annonce que cet immense pays sort de "la dictature". On sait que des dissidents, des journalistes, des citoyens courageux au quotidien, des personnes modestes réclamant, en matière de libertés publiques, le strict minimum, sans outrance ni violence, avec le seul recours de leur voix nue, sont emprisonnés pour de très longues périodes. On sait aussi que de nombreuses exécutions font bon marché de la vie humaine. On sait enfin qu'à côté ou au sein d'un formidable développement économique, l'étau politique et partisan de l'Etat reste toujours aussi serré et que la démocratie n'est pas pour demain, si elle survient jamais. Alors, ce n'est peut-être plus "la dictature" mais cela y ressemble fort.
Ce propos orienté de notre ancien Premier ministre n'aurait pas une importance décisive s'il ne s'inscrivait dans une problématique plus large visant, dans la vie internationale, à de la retenue et à de la précaution, au profil bas, à un relativisme théorisé et assumé. Le président de la République lui-même, en voyage officiel en Tunisie, souligne qu'il n'a pas vocation, pour les droits de l'homme, à être "donneur de leçons" et on assiste à ce paradoxe du président Ben Ali alléguant, au contraire, qu'il est prêt à en recevoir. La philosophe Chantal Delsol, dans le même registre que Nicolas Sarkozy mais au sujet de la Chine, affirme, dans le Figaro, que si ce pays n'a pas la même conception de l'humanisme que nous, nous n'avons aucun titre, pourtant, à le critiquer car nous partagerions l'essentiel. La différence fondamentale serait que la France s'attacherait aux droits de l'homme comme individu tandis que l'Etat chinois en aurait une vision communautariste. Pour nous, l'homme serait singulier, pour lui, inséré au sein d'un pluriel. L'opprobre, selon Chantal Delsol, devrait tomber seulement sur Cuba et la Corée du Nord.
Je comprends le mouvement qui a conduit l'Occident, et donc la France, à être moins arrogante en dispensant ses enseignements humanistes, frappés, assurait-on, du sceau de l'universel. Cette stratégie de la morale assénée de manière totalitaire a sans doute blessé bien des Etats et nous est revenue comme un boomerang, lors de nos propres manquements. Faut-il pour autant virer de bord et, dans une synthèse où l'éthique modeste occupe une part moindre que le souci commercial, abandonner toute vocation à une pédagogie qui saurait demeurer ferme sans devenir injuste ? Il est évident que nous n'avons pas à substituer nos valeurs à celles d'autres sociétés à la condition que ces dernières existent et soient respectables. Dans les interstices, derrière l'apparente compatibilité des systèmes sociaux et politiques, il n'est plus question de principes ni de valeurs. Mais de morts et d'enfermements. De transgressions qui ne devraient pas être régies par les humeurs étatiques mais interdites par la bienséance humaine. Aussi, refuser de se comporter, pour la morale internationale, en impérialiste n'implique pas, bien au contraire, qu'on ait à "jeter l'éponge" pour toutes les malfaisances sur lesquelles notre pays a le droit d'avoir un regard, parce qu'il ne les commet pas chez lui.
Sauf évidemment à considérer que notre Etat de droit, en deçà des apparences célébrées, serait si peu digne d'éloge qu'il ne nous autoriserait sur aucun plan à nous ériger en modèle. La conscience de nos faiblesses démocratiques ne peut pas nous conduire à une telle abstention. Il est évident que nous serons toujours fondés à dénoncer le pire parce qu'il n'aura jamais eu, ou n'a plus, droit de cité chez nous.
En ce qui concerne l'argumentation de Chantal Delsol, ce n'est pas une nuance négligeable que d'appréhender l'homme seul ou au milieu des autres. Comment ne pas remarquer que les totalitarismes sanglants, poussant à la limite cette vision collective du sujet enfermé dans la multitude, ont constitué le dramatique triomphe du communautarisme ? L'homme comme individu, ce n'est pas, alors, une conception équivalente à l'autre mais, à l'évidence, moins porteuse de désastres.
Droit d'ingérence. Arrogance. Impudence. La France donneuse de leçons. J'accepte de rejeter ces expressions de la vanité occidentale au rebut de l'Histoire.
Si on ne va pas doucement, lâchement, parce que c'est commode, facile, moins épuisant, plus rentable, vers un devoir d'indifférence. La France des Lumières ne les a pas toutes mais elle en a quelques-unes à faire valoir. A porter au-delà d'elle-même.
Il est prudent d'écouter Chantal Delsol, et de revoir nos ardeurs à la baisse concernant la promotion du Tibet traditionnel :
www.spe.over-blog.com
Merci à elle.
"La question tibétaine dont s'emparent avec naïveté et quelque hypocrisie toutes nos bonnes consciences occidentales, est plus compliquée qu'il n'y paraît." Christine Ockrent
Rédigé par : DAT | 21 novembre 2008 à 20:51
http://tunisie-harakati.mylivepage.com
Les dérives d'une justice singulière touchent des tas de nations et notamment la Tunisie. Tout devient virtuel, on s'adapte à tout, les mentalités n'évoluent pas toujours dans la logique, les victimes de ce système se multiplient sans cesse et on se retrouve avec des milliers de Sameh Harakati qui subissent la situation en demandant justice.
http://tunisie-harakati.mylivepage.com
Rédigé par : Mohamar | 21 juin 2008 à 13:39
C'est en effet très émouvant. Merci
Rédigé par : Laurent Dingli | 18 mai 2008 à 17:18
Sans aller chercher des cas extrêmes dans d'autres pays, question barbarie, il suffit de constater l'attitude de certains français au moment de leur départ en vacances :
- abandon des chiens en forêt ou dans tout autre lieu, attachés de préférence…
- idem pour les chats, ils sont plus faciles à abandonner, à supprimer !
pour ne parler que d’eux.
Certains ne reculent même pas, pour leur tranquillité, à supprimer la partie du corps de l’animal sur laquelle se trouve encrée une identification tatouée qui permet de retrouver le maître.
Aussi, il est bon, parfois, d’écouter cette magnifique chanson de Georges Chelon... :
VietYouTube.com - Vietnamese Video Colletion on YouTube - Sampa
Je m'appelle Sampa
Et bien que chien bâtard
Je fais tourner la tête
A bien des pedigrees
Je m'appelle Sampa
Je suis né quelque part
Je m'appelle Sampa
Et mon histoire est belle
Je mouille des divans
Je souille des parquets
Je vis auprès d'un roi
Comme un chien de poubelle
Je m'appelle Sampa,
Et j'ai des yeux qui parlent
Un corps qui fait le fou
Un cœur qui se remplit
De tant et tant de joie
Qu'une caresse régale
Je m'appelle Sampa
J'ai des maîtres fidèles
Lui me donne du mal
A me faire obéir
Mais quand il n'est pas là
Je suis seul avec elle
Son amour à lui
C'est mon amour à moi
Comme elle est jolie
Comme elle est gentille
Son amour à lui
C'est ma maîtresse à moi
Et, quand elle me sourit
Moi j'ai les yeux qui brillent
Elle m'appelle San San
Et je l'aime et elle m'aime
La nuit je dors près d'elle
Et au matin je la réveille
D'un coup de patte
Ou bien d'un coup de dent
Je m'appelle Sampa
Et mon histoire est courte
Pour aller du lit où je dormais
Jusqu'au jardin où je repose
Il ne m'aura pas fallu un an
Toi le jardin, je te connais
Dans tes moindres recoins
Hier encore je t'ai prêté un os
Aujourd'hui je te donne les miens
Je m'appelais Sampa
Et j'étais chien bâtard !
Sampa
by Georges Chelon
Rédigé par : Marie @ Aude & Laurent Dingli | 17 mai 2008 à 11:42
@ Marc,
Je me permets de vous contredire, Monsieur, car il a déjà été démontré, et dénoncé sur ce blog, que des forces de l’ordre gendarmerie et/ou policiers, sont intervenues, il y a bien deux années maintenant, dans des établissements scolaires pour « informer » des jeunes que la violence virtuelle n’était nullement réelle mais que la violence de la rue, elle, l’était véritablement et qu’elle pouvait tuer. Certains jeunes, à la grande surprise, paraissaient le « découvrir » !
Par ailleurs un article du "Courrier international" de l'année dernière au titre : "PSYCHOLOGIE • Violence et jeux vidéo : une association à ne pas diaboliser" rapportait une étude menée par l'université de technologie Swinburne à Melbourne, en Australie, à laquelle auraient collaboré 120 individus âgés de 11 à 15 ans...
"les jeux vidéo rendent les jeunes plus violents seulement si ces derniers manifestent déjà par ailleurs de l'agressivité".
http://www.courrierinternational.com/article.asp?obj_id=72882
Toutefois, la console GTA IV est interdite au moins de 17 ans aux EU, en Australie, je l'ignore et aux moins de 18 ans en France. Cela empêchera t-il des mineurs de l’obtenir ??? Lorsqu’il y a des enjeux financiers importants qui croire ?
Certains oublient que dans le milieu des années 90, un jeu autrichien s’est vendu sous le manteau : jeu pro nazi qui consistait à tuer, exterminer…
Sur internet, sont recensés 7776 jeux : stratégie, action, aventure, combat, simulation, réflexion, MMO, FPS, RPG, etc… (d’autres devaient sortir !)
Rien qu’au mot « guerre » vous trouviez en février 2008 :
# Guerre (592)
# Guerre/Antiquité (13)
# Guerre/Blindés (15)
# Guerre/Force d'intervention (8)
# Guerre/Futuriste (84)
# Guerre/Hélicoptère (31)
# Guerre/Historique (232)
# Guerre/Nautique-Naval (14)
# Guerre/Post-nucléaire (2)
A Noël fut lancé le jeu “Assassins”, au graphisme superbe, l’action se déroulant au XIIème siècle à Jérusalem.
Si les jeux violents n’avaient aucun effet sur les enfants, pourquoi les Japonais, à l’époque de Dorothée, ancienne animatrice des émissions enfantines, avaient-ils interdit, simplement, la diffusion des dessins animés réalisés dans leur pays, uniquement destinés à l’Occident ? Dorothée en avait obtenu le monopole ! Et question violence, les enfants furent servis.
Rédigé par : Marie @ Marc | 17 mai 2008 à 10:21
@Laurent Dingli
Une fois de plus, votre texte marque.
Quand j'ai compris le sort que certains espagnols réservaient aux ânes, chèvres, taureaux sous couvert de traditions, j’ai pensé que la loi espagnole ne devrait pas permettre des actes aussi barbares.
Aussi, je reconnais que ma phrase concernant ces derniers était, pour le moins, maladroite.
Je suis d'accord avec vous lorsque vous dites que nul peuple n’a le triste privilège de la cruauté.
J'ai eu l'occasion de voir un reportage sur des combats de coqs organisés dans certaines régions de France avec des paris à la clef.
Cela n'est guère mieux.
J’aime beaucoup votre exemple concernant ce grand-père indien refusant de tuer sa petite-fille, refusant justement la tradition et laissant simplement parler son cœur et sa propre réflexion.
La tradition, vous avez raison, est un bel alibi, une belle façade qui cache des choses nettement moins belles et moins avouables.
Un homme maltraitant un animal pourra maltraiter, avec la même virulence, ses enfants, j’en suis persuadée.
Bien à vous.
Rédigé par : Aude | 12 mai 2008 à 14:45
Afin de poursuivre notre réflexion, je vous adresse ci-dessous un petit texte que je viens d'écrire ailleurs sur ce thème :
Il est vrai que les Français, comme les autres hommes, ont plus facilement tendance à dénoncer ce qui se passe ailleurs en matière de souffrance animale. Je l’ai souvent écrit, pour le foie gras, la corrida, comme pour bien d‘autres actes de barbarie couverte par le sceau de la "tradition" . Dans ce sens, le terme de "tradition" n’a jamais été pour moi qu’un alibi. Et j’ai souvent fait à ce sujet l’analogie avec les souffrances infligées aux êtres humains, même si cela choque certains. Exciser les petites filles est une tradition dans certaines régions d‘Afrique. Cela rend-il pour autant cette pratique acceptable ? Bien sûr que non. J’ajoute que les personnes qui se retranchent derrière la notion d’identité oublient que cette dernière est évolutive et n’a jamais été figée. Certaines tribus indiennes d’Amazonie avaient par exemple coutume de tuer les enfants qui souffraient de malformation. Cette sorte d’eugénisme intra ethnique s’expliquait par la nécessité d’assurer la survie du groupe dans un milieu difficile. Récemment, une famille indienne du Brésil, qui s’est trouvée dans ce cas de figure, a pourtant refusé de tuer une petite fille handicapée. Les parents ont essayé, mais n’ont pas pu. Le grand-père a essayé à son tour, en décochant une flèche, mais n‘a pas eu le cœur d‘achever l‘enfant. Le plus révélateur dans cette histoire c’est que, tandis que les Indiens voulaient épargner leur petite fille, un ethnologue brésilien (blanc) recommandait aux autorités de les laisser suivre leur tradition, et donc d’assassiner cette enfant handicapée… Malgré toutes les études qu’il a faites, cet ethnologue n’a pas compris que les Indiens avaient changé et qu’ils demandaient à la société elle-même d’entériner cette mutation. La tradition, lorsqu’elle induit une souffrance humaine ou animale, doit être combattue.
Rédigé par : Laurent Dingli | 12 mai 2008 à 10:23
@ Aude,
Nul peuple malheureusement n'en a le triste privilège.
Les choses changent cependant, bien que toujours trop lentement.
Cordialement
Rédigé par : Laurent Dingli | 11 mai 2008 à 16:04
@Laurent Dingli
Du spectacle de la violence, de l'Espagne et des vestiges de l'obscurantisme
J'ai du mal à croire ce que je viens de lire...
Reste un noeud dans la gorge et une envie de pleurer.
Je n'imaginais pas le peuple espagnol aussi arriéré et cruel.
Rédigé par : Aude | 11 mai 2008 à 14:27
Du spectacle de la violence, de l'Espagne et des vestiges de l'obscurantisme :
http://www.protection-des-animaux.org/ipb/index.php?showtopic=24097&st=0
Rédigé par : Laurent Dingli | 11 mai 2008 à 12:03
Merci Aude pour votre appréciation si aimable. J'ai du malheureusement interrompre la rédaction de ce blog pour avancer mon prochain roman car je suis loin d'avoir la capacité de travail de notre hôte. Bien à vous.
Rédigé par : Laurent Dingli | 07 mai 2008 à 09:13
@Laurent Dingli
J'avais été très touchée par le portrait de Muriel Arnal que vous aviez écrit et à travers le texte de Philippe Bilger intitulé "De l'odieux à revendre", j’ai instantanément pensé à la cause animale que vous défendez si bien.
Je vous remercie aussi car votre blog et celui de notre hôte sont dans mes favoris.
Rédigé par : Aude @ Laurent Dingli | 06 mai 2008 à 19:18
Oui, Aude, vraiment, selon mon arithmétique à moi, votre équation ne permet aucun doute. A peine peut-on en déduire que j'ai le verbe fleuri lorsqu'on me chatouille sous les bras.
Laurent Dingli, chut, je dors. Je fais un rêve merveilleux où Aude se trouve et où vous n'êtes pas.
Le blog de Philippe serait-il la version littéraire de GTA IV ?
Rédigé par : Jean-Dominique Reffait | 06 mai 2008 à 14:47
@ Aude,
Vous mettez, vous aussi, Jean-Dominique Reffait devant ses contradictions. Attention, il pourrait vous traiter de sotte...
A propos, merci, car c'est grâce à vous, je crois, que j'ai découvert le blog de Philippe Bilger. Vous aviez eu en effet la gentillesse de mentionner le texte que j'avais écrit à cette époque sur la souffrance animale.
Rédigé par : Laurent Dingli | 06 mai 2008 à 14:29
@ JDReffait
"Il me plaît donc d'avoir mes têtes : têtes de lards ou têtes de cons."
plus
"Le mec qui se qualifie lui-même de sur-diplômé, ça me le classe direct dans le tiroir des incurables cons, navré de vous le dire !"
plus
"Tiens, j'ai envie de t'éclater la gueule, tu permets ? C'est pour jouer !"
égal
"La haine est un sentiment inconnu de moi, hélas. "
Vraiment ?
Rédigé par : Aude | 06 mai 2008 à 13:18
Jean-Dominique Reffait,
Le fait que j'aie pointé vos contradictions vous met en rage, je le conçois fort bien. Le silence méprisant dans lequel vous aviez un moment tenté de vous cantonner n'a pas duré longtemps. A vrai dire, je ne sais pas ce que je préfère chez vous, si c’est le caractère argumenté de votre indignation ou la grande subtilité de vos commentaires. Je vous avoue que je me délecte en les lisant. C’est un peu, pour moi, comme un divertissement quotidien.
Rédigé par : Laurent Dingli | 06 mai 2008 à 10:44
Catherine Jacob,
Envoyez-moi donc votre photo et je promets de la placer au centre d'un autel connu de moi seul où je lui vouerai un culte aussi secret que dévot.
Marcel, le vrai,
La haine est un sentiment inconnu de moi, hélas. Je réagis à des comportements ou à des propos ponctuels et j'oublie. Souvent je m'amuse, je chambre, en riant et des autres et de moi.
Laurent Dingli,
"Vous êtes un sot en trois lettres, mon fils"
Rédigé par : Jean-Dominique Reffait | 05 mai 2008 à 13:57
@Marie,
Oui enfin, dans tous les domaines et en particulier les questions éducatives, je ne voudrais pas dire ni monopoliser à nouveau le débat mais les Japonais sont tout de même assez spéciaux !
Je vois que vous ne mentionnez pas le poker et son petit M1911 de derrière les fagots ? Ceci rappelé juste pour souligner que la violence naît plus de la passion, donc du caractère, ainsi que des enjeux qu'on y met que des cartes elles-même ou de la cartouche vidéo avec laquelle on charge la console.
Quant à «Mein Kampf » le problème n'est pas tant de le rééditer maintenant qu'on sait de quoi il retourne, que de ne pas l'avoir lu quand il était encore temps d'en tirer des prévisions utiles.
Rédigé par : Catherine JACOB | 05 mai 2008 à 08:02
@Marc, Laurent Dingli, Duval Uzan
Comme en tout domaine hormis celui des infractions pénales et autres crimes et délits condamnables par définition, ce qui est à éviter ce sont les excès. Excès de sommeil, excès de bonbons, excès de temps passé dans la plus mauvaise compagnie qui soit, à savoir seul avec soi-même, comme disait un auteur dont le nom m'échappe provisoirement, abus de sport (si on force trop, trop longtemps, trop jeune sur les articulations on se retrouve en effet vieux et rhumatisant à moins de trente ans), excès de mauvais cholestérol (bien qu'en la matière l'hérédité joue un rôle), excès de discipline (sinon on finit par marcher au pas de l'oie au propre et au figuré), excès de feria (pas de mise à mort) et excès de corrida (même si vus de loin les aficionados me paraissent moins excessifs que certains supporters du PSG !), et bien sûr excès de confrontation quotidienne à l'univers virtuel des jeux vidéos qui aident les mamies à mieux dormir cependant, un bon Super Mario Bross qui laisse vanné valant très largement un bon somnifère, tous les champignons récoltés étant en effet virtuels, pas de risque de ne pas se réveiller !
N'oublions pas de prescrire cependant une bonne petite hystérie collective de temps en temps !
Rédigé par : Catherine JACOB | 04 mai 2008 à 18:12
J'ai entendu, il y a deux jours, que l'Allemagne projetterait de rééditer : "Mein Kampf".
Rédigé par : Marie | 04 mai 2008 à 15:14
La série Grand Theft Auto, dont 70 millions de copies ont déjà été écoulées, est accusée régulièrement aux Etats-Unis d'avoir une influence néfaste sur les jeunes joueurs, d'inspirer de vrais criminels, GTA fabriquerait des « tueurs de flics »…
Le jeu invite à se glisser dans la peau d'un personnage à la morale douteuse effectuant des missions allant de l'assassinat au braquage de banque et au vol de voiture.
« Au Japon, en juin 2005, un jeune de 15 ans, fan de jeux vidéo, et particulièrement de Grand Theft Auto III a assassiné ses deux parents en les battant à mort. Le jeune adolescent a ensuite terminé sa funeste journée en faisant exploser l'appartement familial au moyen d'explosifs fabriqués par ses soins… ». Les autorités furent interpellées par nombres de débats sur la violence dans les jeux vidéo, particulièrement alimentés par GTA III depuis sa sortie en 2002 sur PlayStation 2.
En France, l’association Famille de France s'est battue contre ce titre, déjà à cette date.
Le héros de la version "GTA IV" est notamment amené à fréquenter des prostituées et à conduire en état d'ivresse... Les ventes pourraient atteindre neuf millions de copies avant la fin de la première semaine.
La police britannique recherchait mardi l’assaillant d’une personne qui a été poignardée alors qu’elle passait devant une file de consommateurs en attente d’acheter la toute dernière édition de ce jeu vidéo ultra violent… ??
C’était quand même plus tranquille au temps des jeux en famille, de famille : le jacquet, la belote, le tarot, la manille, la crapette….
Rédigé par : Marie | 04 mai 2008 à 14:58
@ laurent dingli,
Bonjour
D'accord avec tout ce que vous dites, la corrida c'est le comble de la cruauté. Je me suis toujours révoltée en voyant les quelques morceaux que la télé nous imposait plus ou moins sans nous donner le temps de tourner la tête. C'est vraiment l'horreur personnifiée que l'on applaudit.
En ce qui concerne le réel et le virtuel, comme il arrive que pour une raison ou une autre quelqu'un puisse souhaiter la mort de l'autre, et que ce sentiment puisse générer un sentiment de culpabilité etc... les psychologues et les psychanalystes insistent sur la différence entre le "vrai" et le "faux" c'est-à-dire entre le désir et sa réalisation, afin que l'enfant puisse justement les distinguer.
On aime ou en tue pour "de faux" c'est-à-dire sans passage à l'acte, seulement dans la pensée.
De là à en faire un jeu c'est une autre affaire je dirais même que c'est une préparation au vrai, un exercice, une simulation, alors que nous devons barrer le chemin de la réalisation.
Dire que la publicité n'a pas d'influence sur nos comportements est une inanité, quand on voit tout ce qu'elles coûtent aux demandeurs.
Maintenant que l'on a l'intention d'interdire la publicité à la télé, on va bien sûr chercher d'autres façon de nous bourrer le crâne.
J'ai le sentiment que cela n'est pas sans rapport avec la disparition de la névrose obsessionnelle et de l'hystérie, dont l'anorexie est en train de prendre la place.
Duval Uzan
Rédigé par : Duval Uzan | 04 mai 2008 à 09:19
Duval Uzan
«On veut tout : se marier avec une personne du même sexe alors que la définition du mariage est l’union d’un homme et une femme, être homosexuel et se marier, être mère et ne pas enfanter, être père tout en étant une femme, avoir le droit à l’égalité tout en criant sa différence etc…»
N'oublions pas mère tout en étant homme et jamais assez égaux vu que le désir d'égalité a ceci de commun avec le conte «Les souhaits» [http://users.swing.be/paroleactive/souhaits.htm ], que plus on en a plus on en veut.
Rédigé par : Catherine JACOB | 03 mai 2008 à 21:41
Bonjour
Il ne faut pas être stupéfait de ce qui se dit sur les plateaux des télévisions car on n’y invite que ceux dont les réponses coïncident avec ce que le journaliste attend et veut entendre. L’animateur des débat est déboussolé que l’on ne se plie pas à cette règle.
C’est ce que Charles Melman, qui lui est un psychanalyste , appelle la « communauté de pensée, qui n’est articulée nulle part qui ne se réfère à rien de saisissable, mais qui s’impose à chacun des participants à de tels débats.
Si vous n’y adhérez pas, si vous n’êtes pas en phase, vous êtes rejeté.
C’est que le libéralisme a des limites.
Si on avait invité Cherles Melman les réponses auraient été autres et il nous aurait parlé de cette fameuse N.E.P. (la nouvelle économie psychique) actuellement en vogue, voir son livre "L’homme sans gravité", l’émission réplique sur France Culture mériterait d’être rediffusée. Charles Melman nous dit :
"Il existe désormais un remarquable consensus au niveau des comportements, des conduites, des choix en faveur de l’adoption spontanée d’une morale nouvelle. Il y a une nouvelle façon de penser, de juger, de manger, de baiser, de se marier ou non, de vivre la famille, la patrie, les idéaux, de se vivre soi-même.
Depuis que Jacques Lacan a diffusé sa fameuse phrase « l’analyste ne s’autorise que de lui-même, beaucoup se la sont accaparé et en ont fait leur fond de commerce. Bernard Accoyer avait essayé d’y mettre un peu d’ordre mais n’a pas réussi.
Alors il faut que les parents se protègent et protègent leurs enfants de toutes les âneries qui se disent sur ces plateaux au nom des psychanalystes et qu’ils accomplissent leur devoir et leur obligation d’éducation envers leurs enfants. Sinon ils vont se retrouver avec des enfants qui non seulement s’amuseraient à malmener les vieilles, mais aussi à les asperger d’essence dans les bus et y mettre le feu, à profaner les morts dans les cimetières, à foncer sur la Tour Eiffel par des avions suicides etc…
« Les arguments éducatifs ne sont actuellement que ceux qui sont bons pour la vente.
Notre journalisme soit-disant d’investigation se complaît dans le sensationnel, l’exhibitionnisme et le tout est permis qui se vend bien.
La grande philosophie morale aujourd’hui est celle que chaque être humain devrait trouver dans son environnement de quoi le satisfaire pleinement. Et si ce n’est pas le cas c’est un scandale, un déficit, un dol, un dommage. Ainsi dès que quelqu’un exprime une quelconque revendication, il est légitimement en droit - et à défaut, la législation est rapidement modifiée - et sa revendication satisfaite.
Le droit actuel stipule que toute revendication est légitime et doit être satisfaite, que si non il y a injustice et dol. Si quelqu’un reste en souffrance de satisfaction, ce n’est plus acceptable, il doit y être apporté remède et la justice s’en chargera…… »
Le droit me semble donc évoluer vers ce qui serait maintenant au même titre que la médecine dite de confort, un DROIT DE CONFORT….
Celui qui est susceptible d’éprouver une insatisfaction se trouve du même coup identifié à une victime puisqu’il va socialement souffrir de ce qui sera devenu un préjudice que le droit doit réparer » .
On veut tout : se marier avec une personne du même sexe alors que la définition du mariage est l’union d’un homme et une femme, être homosexuel et se marier, être mère et ne pas enfanter, être père tout en étant une femme, avoir le droit à l’égalité tout en criant sa différence etc…
C’est sans doute là l’effet de l’héritage (peut être empoisonné) de mai 68.
Rappelons-nous qu’à « l’interdit d’interdire » il faut toujours ajouter un autre interdire.. Il est donc interdit d’interdire, d’interdire…
Le enfants ont besoins de « NONS » c’est même leur premier MOT (cf Spitz « De la naissance à la parole), l’enfant rejette le biberon c’est ce qui constitue son identité, sa singularité.
Je constate que l’âge mental de « la choque » a sensiblement augmenté.
Les scènes choquantes étaient précédées d’un avertissement « risque de choquer les moins de 18 ans , puis les moins de 16 ans puis les moins de 12 ans j’ai vu même il n’y a pas très longtemps risque de choquer les moins de 6 ans ! Alors quand verra-t–on risque de choquer les plus de 60 ans ???
(Je vous signale de très bonnes émissions sur France Culture, les quatre derniers jeudis à 14 heures, sur la psychiatrie y est abordé le problème de la peine de précaution).
J’ajoute que je suis tout à fait d’accord avec ce que dit Laurent Dingli.
C’est très dur d’être obligé de tuer les bêtes pour vivre. C’est pour cela que la religion juive en a limité l’autorisation aux rabbins et ne permet pas à tout le monde de verser le sang, même celui des bêtes.
Duval Uzan
Rédigé par : duval uzan | 03 mai 2008 à 18:35
Jean-Dominique,
Pour ma part, je considère bien plus dangereux ceux sont qui sont capables d'haïr un autrui bien réel pour un désaccord de principe plutôt que ceux qui font du mal à des personnages dans des jeux.
Mike,
Avez-vous à tout hasard le commencement d'une analyse statistique pour appuyer vos constatations, ou devons-nous nous fier à vos présomptions bien à vous ?
Rédigé par : Marcel Patoulatchi (pas l'autre Marcel) | 02 mai 2008 à 17:38