Bien sûr, le MRAP et la LICRA s'indignent, la classe politique s'émeut, le Parquet de Paris envisage des poursuites et on exige la plus grande fermeté du garde des Sceaux !
Devinez de qui il s'agit ? De Jean-Marie Le Pen, évidemment. Dans une interview donnée au magazine Bretons, il a, encore plus gravement que d'habitude, par une provocation sinistre, fait fort dans le négationnisme.
Il a obtenu ce qu'il désirait. L'émoi, la colère, le ressentiment, la haine. Il existe encore, il existe toujours.
Je n'irai pas, cette fois-ci, invoquer la liberté d'expression et les absurdités qu'elle permet de formuler. Nous ne sommes plus dans un registre classique, vigoureux, polémique, dérangeant, même choquant mais dans celui de la psychiatrie, de la mise sous tutelle. Je devine que les foudres judiciaires s'abattront sur lui mais elles se tromperont de cible et lui feront un amer plaisir, une sombre volupté. Elles ne rendront pas service à sa fille Marine qu'on peut ne pas aimer mais qui est heureusement obsédée par d'autres combats plus actuels.
Jean-Marie Le Pen monomaniaque radote, ressasse, enrage, se répète, s'englue dans un passé dont il ne sort pas. Il est malade à force de demeurer enfermé dans une tragédie historique qu'il nous remet sans cesse en mémoire, acharné qu'il est à vouloir nous la faire oublier. Il y a de la folie dans son âge, de l'âge dans sa folie.
Le remède n'est plus judiciaire. C'est devenu l'affaire de sa famille.
@Thucydide(Θουκυδίδης, Thoukudídēs)59
"Le négationnisme gouvernemental japonais"
Puis-je me permettre de vous renvoyer à un débat qui a déjà eu lieu sur ce blog dans la suite du billet intitulé "Leçons de morale" et en particulier à mon commentaire référencé : http://philippebilger.blogs.com/blog/2008/02/leon-de-morale.html#comment-102607316
"ce qui exonère presque les Japonais des 8 à 20 M de morts qu'on leur attribue en Asie"
Vous me paraissez vous situer là dans des zones d'évaluation concernant plutôt le côté de la mer du Japon (East see) opposé à Sapporo. Voir : http://www.ieeta.pt/~skl/Travel_not_protected/FormerUSSR/WhereIs
OnMap/Vladivostok.jpg
Rédigé par : Catherine JACOB | 27 avril 2008 à 09:14
Je partage totalement le commentaire de PB sur Le Pen.
Une observation toutefois:
Notre vision historique à nous autres européens est biaisée. Tout le monde a entendu parler d'Hiroshima ce qui exonère presque les Japonais des 8 à 20 M de morts qu'on leur attribue en Asie entre 1937 et 1945.
Le négationnisme gouvernemental japonais n'est-il pas plus ennuyeux que les délires négationnistes d'un vieux clown méchant dont personne ne parle à l'international ? Il est déjà mort parce qu'il n'a jamais pesé.
Et pourquoi n'interdirait-on pas de parole publique tous les extrémistes qui se réclament de Hitler, Mao, Staline, Lenine, Trotsky et Pol Pot ?
Parce que nous avons le bonheur de vivre dans une démocratie et petits gâtés que nous sommes, nous l'oublions.
Rédigé par : Thucidides59 | 26 avril 2008 à 19:47
Pourquoi Mme Dati ne proposerait-elle pas, dès mercredi prochain, un projet de loi réprimant plus sévèrement la récidive du chef de négationnisme ? Clin d'oeil mis à part, M. Le Pen s'autocondamne ainsi. Ainsi que vous le soulignez justement, c'est une mesure de tutelle qui s'impose. Ce fardeau sénile risque fort de devenir encombrant pour son parti déjà fort déliquescent !
Rédigé par : Thierry SAGARDOYTHO | 26 avril 2008 à 13:56
S'il y a un dossier que maîtrise à la perfection le Président de la République c'est celui de l'immigration. Dans la même interview il flatte la population en situation régulière avec son souhait d'autoriser le vote aux élections locales, pour poursuivre sur la masse salariale sans papiers. En faisant des amalgames douteux il distille ce qui fait son ciment idéologique : la crainte de l'étranger candidat à la naturalisation, confondant sciemment avec la régularisation pour effrayer les spectateurs sur les vocations cachées des étrangers.
Rédigé par : SR | 26 avril 2008 à 12:09
Il faut remarquer l'intelligence de M. Le Pen qui annonce avoir demandé, par courrier recommandé, la non publication de l'article. Le titre qui a publié cette déclaration, pour des raisons qui lui sont propres et qu'il justifiera sans doute, a pris sur lui une étrange responsabilité. "Le magazine 'Bretons' publie sous son nom un interview dont il a d'ailleurs diffusé avant parution des extraits qui se veulent provocateurs", déclare M. Le Pen dans un bref communiqué. Qui joue ou se joue des médias ? Qui joue ou croit se jouer de Le Pen ? Une chose est sûre, cette déclaration constitue en soi un délit. Sur le plan pénal, le délit n'ayant - peut-être - pas d'auteur - celui-ci se dégageant en établissant la preuve qu'il a demandé la non-publication de l'interview -, il n'y a pas de complice au délit. Les juges vont devoir interpréter, si cela va devant eux, une situation curieuse.
Rédigé par : sept ans en 1968 | 26 avril 2008 à 12:01
Finkielkraut doit donc être assimilé à Le Pen ? C'est la meilleure de l'année et, sans doute, l'une des perles de votre blog, cher M. Bilger.
Rédigé par : Noblesse Oblige | 26 avril 2008 à 11:39
Jean-Marie Le Pen nous refait sa stratégie habituelle, il provoque et attend d'être condamné par la justice pour se "victimiser". Dans un sens je suis assez rassuré de le voir se comporter ainsi car ce comportement montre finalement qu'il a besoin de ça pour qu'on parle de lui. Ses idées s'essoufflent, son parti aussi et le scandale est sa seule arme pour tenter de survivre.
Si la justice le condamne il faudra prendre les précautions en expliquant la condamnation avant que lui ne ressorte son traditionnel discours sur la censure.
@ SR
Je ne peux pas vous laisser dire ce que vous dites dans votre commentaire. Jamais l'immigré n'a été traité comme un envahisseur mais vous en conviendrez, la France ne peut accueillir toute la misère du monde or si on annonce une régularisation massive ce serait un véritable appel d'air. Etudier les dossiers au cas par cas est pour moi la solution la plus juste. Préférez-vous que le gouvernement annonce une régularisation massive, pour que de nombreux immigrés arrivent avec de l'espoir pour ensuite être déçus des conditions de vie en France lorsqu'on n'a pas d'argent ?
Rédigé par : Jean Philippe | 26 avril 2008 à 11:02
Distinguons la liberté de dégoiser en public sur tout et n’importe quoi, de façon rationnelle ou à la façon des bouffons du moyen-âge, de la liberté de penser à laquelle appartient certes la liberté de s’exprimer par des paroles mais aussi la liberté de se taire, celle qui permet notamment de ne pas soumettre à la torture qui ne souhaite pas s’exprimer sur tel ou tel sujet et exige de procéder par d’autres moyens pour savoir ce que l’on peut estimer nécessaire de savoir.
Or donc, la liberté de penser c’est aussi la liberté de procéder étape par étape pour se former une opinion, processus duquel ressort la liberté de refuser, pour soi, les vérités d’évangile, les dogmes ou plus généralement les pensées toutes faites.
Je ne suis pas certaine qu’il n’existe pas encore des gens pour penser que la terre est carrée. Du moment qu’il ne se trouve pas parmi eux d’inspecteurs généraux de l’Education qui pourraient avoir l’idée saugrenue de faire modifier de façon abusive et dictatoriale les programmes sur cette base, ces gens peuvent bien penser ce qu’ils veulent.
Il semblerait eu égard aux déclarations de Marine Le Pen, que la pensée (ou la marotte ?) de son père à cet égard, ne fasse heureusement pas partie des dogmes de son parti, heureusement pour lui et malheureusement pour ses opposants car ça permettrait notamment de l’interdire.
Il semblerait également que le bouffon de service se soit exprimé en privé avec interdiction de publication exprimée par RAR.
Donc, pour autant qu’il ne s’agissait pas d’une manipulation de la presse concernée destinée à remettre le fameux détail sur le tapis, ce qui resterait à prouver (pour quel motif médiatique en effet? vu que la Journée de la mémoire des génocides et de la prévention des crimes contre l’humanité se situe en France et en Allemagne le 27 janvier), ses propos (divagations) n’avaient pas à être portés à la connaissance du public.
Passer outre l’interdiction pourrait être une façon assez lâche de se cacher derrière un clown pour, sous le couvert abusif de la liberté d’informer, remettre la dite question à l’ordre du jour pour son propre compte, ce qui intéresserait dès lors non pas la famille du rédacteur en chef du magazine breton, mais bel et bien la justice et d’un double point de vue : celui, public, de la Licra et de la communauté internationale en général, et celui, privé, de la famille Le Pen.
Rappelons à toutes fins utiles la CIRCULAIRE N°2006-216 DU 27-12-2006 promulguée par le MEN et
consultable à cette adresse :
http://www.education.gouv.fr/bo/2007/1/MENE0603217C.htm
Elle institue la Journée de la mémoire de l’Holocauste et de la prévention des crimes contre l’humanité dans les établissements scolaires des États membres.
Rappelons également que le dimanche 27 avril, donc demain, est célébrée la Journée Nationale du Souvenir des victimes et des Héros de la déportation.
Voir notamment à toutes fins utiles : http://www.garnison-metz.terre.defense.gouv.fr/bg/ceremonies.htm
Ainsi que : http://inter-centres-lgbt.france.qrd.org/10R/10Rcp27deportation.html (pour vraie reconnaissance de toutes les déportations).
Rédigé par : Catherine JACOB | 26 avril 2008 à 10:59
La personne est âgée mais ses propos négationnistes restent d'actualité pour nombre de citoyens. Les profanations de cimetières sont l'oeuvre de jeunes gens en bonne santé qui reprennent les thèses frontistes. Jean-Marie Le Pen s'est fait happer son créneau sécuritaire englobant la maîtrise des flux migratoires, il ne lui reste donc que son interprétation de l'histoire. L'interview du Président de la République a encore une fois révélé la nécessité de flatter l'électorat d'extrême droite en assimilant un travailleur régularisé à un naturalisé, glissant ainsi volontairement sur l'idée largement répandu que les étrangers sont des envahisseurs.
Rédigé par : SR | 26 avril 2008 à 08:16
"monomaniaque radote, ressasse, enrage, se répète, s'englue dans un passé dont il ne sort pas. Il est malade à force de demeurer enfermé dans une tragédie historique qu'il nous remet sans cesse en mémoire"
Ce même diagnostic s'applique à votre cher Finkielkraut, mais vous êtes trop épris de lui pour le voir.
Rédigé par : Patrick | 26 avril 2008 à 00:26