Il agace, il s'agite, il remue, il escalade, il parle, il dénonce, il condamne, il stimule, il se bat. Il ne laisse rien passer, il est sur tous les fronts et rien ne le décourage. Trublion nécessaire, il donne mauvaise conscience à ceux qui demeurent immobiles, il ne prend pas le monde comme il va, il est un empêcheur, un gêneur, un révolutionnaire moderne.
Beaucoup ne l'aiment pas mais moi je l'aime beaucoup. Des êtres qui vivent ne sont pas si nombreux qu'on puisse se dispenser d'apprécier Robert Ménard. Nous manquons trop de personnes qui existent vraiment pour refuser une adhésion forte et sincère à celle-ci. On a le droit de ne pas épouser toutes ses luttes, de ne pas approuver forcément sa guérilla incessante pour le boycott de la cérémonie d'ouverture des Jeux olympiques. Je conçois que certains veuillent fermer les yeux, boucher leurs oreilles pour ne plus le voir, plus l'entendre mais heureusement on ne se débarrassera jamais de lui.
Donc je persiste. On a besoin de lui. Robert Ménard absent, il aurait fallu l'inventer.
Un très beau portrait de lui dans le Monde par Ariane Chemin. Les journalistes et les intellectuels feraient la fine bouche devant cet "absolutiste de la liberté d'expression". Robert Ménard serait un adepte de la bien-pensance et il devrait apprendre, paraît-il, à "négocier" la liberté de la presse, selon le conseil un tantinet condescendant de Philippe Val. Mais, au risque de déplaire à ses censeurs, je suis heureux que, dans notre société, nous ayons un absolutiste de la liberté, je suis ravi que nous partagions l'humanité avec un citoyen suffisamment fou et enthousiaste pour ne pas "négocier", je suis comblé parce que Robert Ménard est le seul qui ne s'enfermera jamais dans des frontières, celles du monde et les siennes. Ce n'est pas de sa bouche que sortira ce discours lassant sur les atteintes à la liberté qui seraient justifiables puisqu'elles préjudicient aux adversaires, à ceux qui pensent mal, à ceux qui écrivent incorrectement, à ceux qui parlent contre les canons de la bienséance. Ce n'est jamais dans les propos de Robert Ménard qu'on entendra ce sale petit bruit de la censure, cette médiocre ritournelle de la morale qui prétend étouffer l'intelligence, cette ennemie de toujours, imprévisible et spontanée. La bien-pensance, elle sévit chez ceux qui grignotent et qui brident, chez les prétendus sages qui nous invitent aux clientélismes quand le sort de la démocratie nous sollicite. Ménard, lui, est d'une formidable mal-pensance. L'anticonformiste, c'est lui.
Au lieu de lui jeter un verre d'eau au visage, faute de savoir lui répondre, comme ce pitoyable contradicteur qu'a été en face de lui Arno Klarsfeld, dans l'émission d'Ardisson il y a quelques années, je propose de suivre son exemple, pas seulement pour Reporters sans Frontières mais plus généralement pour le désenclavement des idées et des principes. L'exigence de la liberté doit être détachée de nos humeurs, de nos instincts, de nos préjugés. Même ceux qui se piquent de nous donner des leçons endossent des habits partisans et des costumes conjoncturels.
Robert Ménard, il ne s'est jamais tu pour personne. Aucune frontière ne l'a retenu dans son enclos, dans son camp, dans son pays. L'internationale de la terreur, ce n'est pas son genre. Lui, c'est celle de la liberté.
Alors, oui, déroutant, inventif, exaspérant. Mais vivant. De battre, son esprit ne s'arrête pas. Il ne choisit pas, il embrasse, il embrase. Il est maladroit parce que la prudence et la lâcheté imposent d'être adroit.
Là où Robert Ménard passe, le monde, la société ne peuvent plus dormir à poings, à scandales fermés.
A Catherine A.
Oui, les vertus du Peace and love... tout un poème !
Je voulais juste dire que cela ne change pas ma vie si Catherine Jacob souhaite m'entretenir du Japon ou que X ou Y suggère qu'elle ait pu m'assimiler à une oie (blanche ?)
Les vertus du peace and love n'ont pas fait leurs preuves à 100 % certes mais il faut savoir passer à autre chose.
Je suis persuadée que Catherine Jacob a très bien saisi votre avis sur le sujet du hors-sujet (!).
Mais je doute qu'elle ne récidivera pas.
Je crois qu'on peut fermer cette parenthèse nippone : l'intéressée reste Catherine Jacob laquelle sait à mon avis, très bien défendre le bien-fondé ou non de ses interventions.
Sur ce coup-là, je suis comme Ponce Pilate !
Nét...
Bon we !
Rédigé par : Ktrin à Catherine A. | 18 avril 2008 à 07:50
@Ktrin
Ce que je voulais dire c'est que sur un blog il y a me semble-t-il des règles à observer : réagir au post du créateur du blog et si possible faire que le commentaire que l'on pose en suscite d'autres, sur le MÊME sujet. Faire naître la discussion, le véritable échange, en évitant les divagations ésotériques, philosophico-fumeuses. Si certains ont envie de se noyer dans leur nombril je ne suis pas sûre que ce blog soit l'endroit approprié pour le faire, pas plus que pour être assommé de japoniaiseries ou autres "leçons" ; je ne crois pas que les commentateurs aient la liberté de tout faire sur un blog. Quand vous êtes invité chez quelqu'un vous n'allez pas mettre les pieds sur la table de la salle à manger et le souk dans la maison pour montrer vos talents de décoratrice que personne ne vous demande. Et pour finir, permettez-moi de vous dire très amicalement que je ne crois pas non plus aux vertus "du peace and love", de la grande tolérance et du "il faut tous s'aimer, youplala". Même dans les contes de fées cela ne marche pas.
Rédigé par : catherine A. | 15 avril 2008 à 11:18
Aux deux autres Catherine (je trouve le cliché un peu comique, bref)
Sans faire de la solidarité à deux balles entre Alsaciennes, je n'avais pas pensé à l'idée d'être une oie (rires)
héhé... mais tout animal reste à mes yeux charmant.
Je ne suis pas "gavée" car je suis une grande fille qui en effet a la liberté de lire, d'écrire et de répondre ce qu'elle souhaite sur ce blog. Je trouve que le fait de parler de moi-même à la 3ème personne fait un peu prétentieux. Je ne voyais pas comment formuler l'idée.
Et les notes sur le Japon étaient destinées à tout le monde : il ne s'agissait pas de cours particuliers.
Donc, ne vous inquiétez pas, tout va bien ! :)
Continuons donc à nous entretenir toutes et tous dans la joie et la bonne humeur !
Je file...
Rédigé par : Ktrin aux deux autres Catherine | 14 avril 2008 à 22:59
@ catherine A.
Bien qu’il se dise chez les égyptologues que l’oie sacrée incarnerait l’âme du pharaon, il se dit également chez les gourmets que la paternité du foie gras proprement dit reviendrait aux alsaciens [http://demeuredelapierre.chez-alice.fr/html/hist-fg/histfoiegras.htm ].
Néanmoins, bien que l’alsacienne Ktrin ne se formaliserait probablement pas d’être assimilée à l’oie tant prophétique que culinaire, loin de moi l’idée de tout gavage vu que, comme déjà souligné, proposer n’est pas imposer et que nombre d’entre vous connaissent bien l’usage de la molette déjà décrit par M Reffait.
«je ne crois pas que le blog de M.Bilger - ou alors je n'ai rien compris - soit un divan de psy. »
N’exagérons rien. Nous sommes tout de même encore loin de idreamofhillary.blogspot.com et idreamofbarack.blogspot.com où les électeurs américains postent leurs rêves en rapport avec les candidats démocrates, lesquels y sont ensuite objet d’une analyse hebdomadaire.
Ex. sélectionné par le figaro magazine : «J’ai rêve qu’Hillary Clinton était abattue par des terroristes dans un avion au-dessus de l’océan. J’étais soulagée de voir que ce n’était pas vrai en me réveillant», raconte une femme de Bloomington.
Une autre écrit encore avoir rêvé qu’elle était devenue «la meilleure amie de Barack Obama: «Je suis allée dormir chez lui et on a joué à des jeux de société toute la nuit, comme si j’étais encore au lycée. Le lendemain matin, on a préparé des pancakes ensemble dans la cuisine.[…] »
Ce qui m’évoque le temps où un hospitalier, jeune psychiatre lacanien japonais faisait de même sur son propre blog où les participants s’analysaient eux-mêmes entre eux ! C’était totalement non pas Hillary, mais Hilarant comme dirait une vieille Oba(sa)ma = mémère japonaise !!
@daniel ciccia
I see.
Rédigé par : Catherine JACOB | 13 avril 2008 à 13:27
A Catherine Jacob exclusivement - autant que se peut
J'entends ce que vous me dites au sujet de l'inviolabilité du statut juridique du chef de l'Etat, mais ces choses-là se relativisent avec le temps, s'agissant du cas de M. Chirac.
Plus fondamentalement, je voulais vous dire mon point de vue.
C'est que l'ordre a un prix et le désordre un coût. Ce ne sont pas que des notions paradoxales. Ceci étant dans une démocratie, comme dans tout autre type de régime, il est naturel de veiller à ce qu'il n'y ait pas une inversion. En France, au cours des dernières années, je ne l'ai pas observé.
Vous dire car je vais, chose ardue, suspendre mes interventions ici, que je vous ai trouvée très stimulante et généreuse, et jamais imbue de vos connaissances. J'ignorais qu'il se puisse en deviner autant en une seule personne, mais parmi ceux qui enfreindront l'avertissement placé dans l'en-tête, certains me trouveront là ingénu. Parfois, ce n'est pas compromettant pour celui qui l'est.
Je m'efforce de faire et dire de mon mieux...
Nietszche : ayant commis une confusion entre lui et Goethe, j'ai profité d'internet pour lire un peu plus sur lui.
Je pense que Wagner a raison sur Nietszche, mais ça n'engage pour moi. Il faut probablement désormais tout préciser. Le règne du surhomme, particulièrement, ne vaudrait à mes yeux que si chacun devenait surhomme et le fait même que chacun pût devenir sur homme n'implique pas une surhumanité mais toujours la même humanité.
Quant à renverser les institutions, elles sont supérieures aux hommes. Supérieures tant qu'elles ne sont pas hermétiques.
Ce ne sont que des réflexions liminaires.
J'ai lu, au cours de vos interventions, que vous aussi aviez été profondément affectée par ce qui s'est produit le 11 septembre 2001. Je l'ai été très profondément et l'ai ressenti comme une attaque personnelle. Le reste, se relativise par rapport à cela.
Mais un instant, lorsque le projet architectural (5 tours) sur "Ground zero" a été entériné, j'ai régénéré la seule formule de Nietszche que j'ai en mémoire pour en faire un épitaphe aux plus de 3000 morts qui ont été fauchés à : "Ce qui ne nous a jamais tués nous a rendu invincibles".
Je sais, je ne doute de pas grand-chose.
Enfin, pour conclure cette intervention, quelques mots sur mon grand-père maternel. Républicain espagnol chassé par le franquisme jusqu'à une petite ville du sud de la France où il a fini ses jours.
Cet homme qui, s'il avait été comme ma mère une femme, aurait pu entendre sur lui qu'il parlait comme une vache espagnole (il écrivait de la même manière), cet homme, vigneron, un jour que nous discutions et que je lui disais, avec ingénuité, le fait que je venais d'apprendre que la lumière allait à 300000KM/s m'a répliqué, avec assurance, "quelque chose va plus vite: la pensée. Pense que tu es quelque part, sur une étoile et tu y es". Il n'avait même pas lu Saint-Ex et son petit prince.
Il m'avait dit autre chose : un jour qu'il décortiquait un grain de raisin et me montrait comme il était fichu. "Il est rare qu'un pépin dise de la chair qui l'entoure qu'elle est hors sujet.".
D'accord, celle-là je l'invente. Plus pour vous et les récriminations dont vous faites l'objet que pour moi pour la raison sus-indiquée.
Cet homme, Ramon, était naïf. Il espérait vivre jusqu'à l'an 2000. Sans doute se figurait-il que quelque chose allait changer comme la répartition des eaux au seuil de Naurouze.
Il est décédé avant d'atteindre l'âge qui lui aurait permis de voir cela.
Mais je lui ai fait une promesse, pas sur son lit de mort, le jour de ses funérailles lorsque j'ai demandé pendant l'office la parole et - c'était vraiment un moment solennel pour moi - j'ai déclaré devant ma famille que l'an 2000, il le verrait par mes yeux puisqu'ils étaient aussi les siens.
Il a dû être déçu de voir le monde altéré comme il l'a été à la date que j'ai déjà citée.
Voilà ce que je tenais à vous dire. Je me suis levé après avoir essayé de m'endormir.
Est-ce que c'est de la psychanalyse de bas étage ? Je ne sais pas. C'est sûr que ça démarre au sol, mais je ne veux pas savoir jusqu'à quel étage ça monte.
Je reviendrai lire notre hôte.
Je trouve que toute confrontation est enrichissante, y compris celle qu'on ne comprend pas. Peut-être même surtout celle qu'on ne comprend pas.
Il ne me viendrait pas à l'esprit de récuser quelqu'un comme vous et moi semblons l'être par, peut-être, une minorité.
Je ne vous souhaite pas bon vent tant rien ne semble pouvoir vous en priver.
Rédigé par : daniel ciccia | 13 avril 2008 à 01:17
Ainsi donc Ktrin aimerait apprendre. Sans doute. Mais je ne suis pas sûre qu'elle aime le gavage. Mais si c'est vraiment le cas, donnez-lui alors des cours particuliers. Quant à moi, et me semble-t-il si je lis bien, quelques autres, j'aime choisir le moment de le faire, les matières et surtout les profs. Je ne crois pas que le blog de M.Bilger - ou alors je n'ai rien compris - soit un divan de psy. Peut-être que ceux qui aiment les échanges à rallonge, les introspections complaisantes et l'étalage de leur narcissisme feraient bien de créer leur propre blog ou d'échanger leurs états d'âme à travers leurs mails respectifs. Certes cela nous priverait de quelques morceaux de bravoure mais nous devrions y survivre.
Je sais que ces propos sont peu amènes mais franchement il y a - en tout cas pour moi - un moment où je ne peux plus qu'appeler un chat un chat.
Rédigé par : catherine A. | 12 avril 2008 à 18:53
@daniel ciccia
Je me souviens avoir exprimé un avis contraire à celui que vous citez, l'attribuant au juge Alphen, sur l'un des forums de philo de l'époque, dans cette idée qu'un pays devenu ingouvernable de part la mise en examen du premier de ses magistrats, ce qu'est en effet le chef de l'Etat français, même présumé innocent, était susceptible de générer bien davantage d'injustices de tous ordres que le simple fait de surseoir à cette dernière jusqu'au terme de son mandat. Le fond de ma pensée était que les tentations de manipulations seraient en effet bien trop grandes tant dans la majorité que dans l'opposition. Je ne suis pas tellement pour «Viva La Revolución » dans un pays qui possède un bouton nucléaire. En revanche je ne serais pas contre le fait de doubler la peine dans ce cas particulier de figure, vu que les manquements du premier des magistrats me paraissent bien plus graves que ceux des marmitons des cuisines de l'Elysée, ceci étant dit juste pour citer un exemple.
Rédigé par : Catherine JACOB | 12 avril 2008 à 18:50
Ma note précédente est nulle et non avenue. C'était Goethe que le juge Alphen avait cité et non Nietszche.
Pardon.
Rédigé par : daniel ciccia | 12 avril 2008 à 17:04
@Ktrin qui aime apprendre de vous toutes et tous !
J’ai trouvé.
C’est donc dans le cadre de son stage en entreprise que la ministre de l’enseignement supérieur et de la recherche, et non pas de la culture comme je l’avais trop vite indiqué de façon erronée (contrairement au Japon, le ministre en charge de la culture est chez nous indépendant en effet. Autrement dit, M.TOKAI assume à lui tout seul la charge de Xavier Darcos, Valérie Pécresse, Christine Albanel, Bernard Laporte et Jean-Marie Bockel), a séjourné quelque temps au Pays du soleil levant:
« Alors qu'elle n'était encore qu'étudiante à HEC, Valérie Pécresse, la ministre de la Recherche, avait passé plusieurs mois au Japon pour y apprendre la langue et travailler pour des entreprises françaises. C'est donc dans la langue locale qu'elle a pu s'exprimer et vanter ‘la vraie francophilie au Japon.’ ?» explique Benjamin Bonneau (avec Reuters) sur le JDD.fr
C’est vrai que le ministère de la culture a connu toutes sortes d’avatars et de métamorphoses en ce que créé en 1959 sous l’intitulé « Affaires culturelles », il avait rétrogradé au rang de secrétariat d’état en 1974 puis avait été rétabli en 1976 en s’adjoignant l’environnement qu’il a échangé pour la communication en 1978, puis abandonné en 1981, récupéré en 1986, s’est vu phagocyté par l’éducation nationale en 1992, est redevenu indépendant en 1993 en s’adjoignant cette fois-ci la francophonie dont il s’est délesté en 1995 pour récupérer la communication en 1997, et qu'il est plus ancien que le ministère de l’enseignements supérieur et de la recherche créé par Décret n° 2007-1001 du 31 mai 2007 qui fait figurer parmi ses attributions : « la promotion et la diffusion des nouvelles technologies. », et dont on tout de même souligner qu’il ne l’y restreint pas !
Rédigé par : Catherine JACOB | 12 avril 2008 à 15:11
@ Mosquito
Quand je lis ou parcours un texte philosophique, c'est presque plus le type de pensée qui est à l'oeuvre que l'oeuvre - son affirmation, son doute, son interrogation - elle-même. Et je classe par conséquent un certain nombre d'auteurs en fonction de cet intercalaire tout à fait personnel.
De ce point de vue, et sans que je sois allé bien loin dans l'étude, Nietzsche et Spinoza ont quelque chose en commun.
Je suis très quelconque et me rapproche dans l'esprit beaucoup plus volontiers d'un cancre que d'un premier de classe, mais, j'étaye comme je peux.
Je me souviens donc du juge Alphen au moment où il a engagé le fer sur la question du statut juridique du chef de l'Etat d'alors, M. Chirac. Je me souviens que, dans un article du Monde, il avait cité Nietzsche à son renfort, en disant, en lui attribuant, en gros : "Je préfère le désordre à l'injustice".
Je vais vous dire à quel point je ne suis pas philosophe. J'ai été déçu parce que le cancre que je suis quand il entendait Nietszche et même 'Nieszche que dice" par Zucchero, avait installé Nietszche assez haut dans son Panthéon.
J'étais donc un peu déçu, quand quelque jours après, dans le courrier des lecteurs du même quotidien du soir, j'observais un lecteur - ô combien plus érudit que moi - observer que M.Alphen s'était trompé et avait inversé les termes de sa citation qui selon lui était : "Je préfère l'injustice au désordre".
Alors je veux bien reconnaître que ça ne fait pas un cours magistral, mais Spinoza et Nietzsche, en faisant abstraction de ce qui appartient à leurs temps respectifs, me semblent être d'une même lignée (?).
Enfin, je le soumets à Catherine Jacob, parce que pour ces choses elle me paraît tellement qualifiée.
C'est venu à mon esprit dans un fil quelconque à propos de la concomitance de la crise du Tibet et du rapprochement sino-taïwanais qui est historique. Et je soumettais - je ne suis pas aussi fluide que je le voudrais - aux intervenants débattant de la nature criminelle génocidaire de la Chine, la citation que m'a inspiré leur antagonisme.
"Ce qui obnubile prive de la vision". Je l'ai attribué à Lao-Tseu. Mais je me demande si ce n'est pas Luc Skywalker dans l'opus 1 de la Guerre des étoiles (avec Harrison Ford) quand il se dirige les yeux fermés jusqu'au centre de l'Etoile Noire.
Rédigé par : daniel ciccia | 12 avril 2008 à 15:01
@Ktrin qui aime apprendre de vous toutes et tous !
J’ai récupéré le début de la phrase qui est d’après « AFP-Toshifumi Kitamura » :
« Selon Mme Pécresse, qui connaît le Japon pour y avoir effectué une partie de ses études, » ainsi que la phrase précédente (ou suivante, vu que l’extrait était vraiment court) : « pour les Japonais, la France est encore trop souvent associée à la cuisine, à la mode, et pas aux sciences ni à l'industrie. »
Le directeur de la Maison franco-japonaise de Tokyo ayant été par un moment le mathématicien Pierre KAPLAN, dont l'Université de Tôkyô a publié : « Démonstration des lois de réciprocité quadratique et biquadratique », dans son Journal of the Faculty of Science, University of Tokyo. Sect. 1, Mathematics, astronomy, physics, chemistry, Vol.16(1969),No.1, dont l’épouse, Sakiko, est japonaise et expert près la Cour d’appel de Nancy, ainsi que l’un des fils polytechnicien, est-ce à dire qu’il aurait failli à défendre les couleurs de sa discipline ?
J’ai donc cherché, sur Wikipédia bien sûr, quelques précisions, car ça m’intéresse vu que l’un de mes anciens élèves de japonais a été par un moment le président de « HEC-JAPON », et diplômé du niveau le plus élevé de l’examen de japonais langue étrangère correspondant au TOEFL pour l’anglais et qui en comporte quatre, ce quelques mois avant d’avoir son diplôme d’HEC, et aussi que j’ai eu entre les mains les feuilles des examens de japonais propres à HEC à l’époque où notre ministre y était encore élève, mais je n’ai trouvé que ceci :
« Ces liens unissant Valérie Pécresse, la Corrèze et la famille Chirac lui vaudra d'être surnommée, comme elle le raconte elle-même, « la Corrézienne » par le président Jacques Chirac qui apprécie aussi qu'elle parle le russe et surtout le japonais. »
Ayant jeté un œil sur la page en japonais de la célèbre encyclopédie, j’ai noté son intitulé japonais : « フランソワ・フィヨン内閣の高等教育・研究大臣。: (François Fillon Naikaku-no) Kôtôkyôiku – Kenkyû-Daïjin » qui est une traduction littérale, son équivalent japonais du gouvernement de M.FUKUDA Yasuo est le ministre d’état TOKAI Kisaburo dont l’intitulé est en revanche « Monbu-Kagaku-Daïjin » correspondant en développé à « Minister of -Education, Culture, Sports-, -Science and Technology- », à savoir un organe d’état résultant de la fusion de deux fonctions réalisée en 2001, celle de « Monbu-Daïjin » et de « Kagaku-Gijustuchô-Chôkan ».
Rédigé par : Catherine JACOB | 12 avril 2008 à 10:25
@Ktrin qui aime apprendre de vous toutes et tous !
"Pour parler du Japon, notre Premier ministre y est (ou y était) d'après les news."
J'ai vu en effet, et par la même occasion j'ai entendu notre ministre de la culture répondre en japonais aux journalistes. J'ai pris la phrase en milieu de parcours mais on pouvait néanmoins comprendre qu'elle expliquait y avoir déjà séjourné.
Rédigé par : Catherine JACOB | 11 avril 2008 à 21:45
@Catherine, pour clore et ne pas indisposer, juste une précision : je ne me suis documenté ou si je l'ai fait ce n'est hors de moi. On est soi-même un livre, comme l'univers en est un et deux yeux qui le regardent, pour paraphraser Victor Hugo.
Quant aux Parques, j'ai entendu un jour un procureur/avocat général dévider en correctionnelle ou assises, à moins que ce ne fût lors d'une rentrée solennelle, le thème. C'était un joli petit morceau de bravoure... Pour rentrer dans le droit chemin et complaire à sbriglia notamment.
Rédigé par : daniel ciccia | 11 avril 2008 à 20:52
A tous,
Peace and love, les amis !
Comme pour le Tibet et la Chine.
Pour parler du Japon, notre Premier ministre y est (ou y était) d'après les news.
Moi, ça ne me dérange pas d'apprendre des trucs japonais par Catherine Jacob.
Ben oui, c'est toujours intéressant d'apprendre et de ne pas garder le nez dans le guidon.
Nein ? (sourire)
Je vous laisse parlementer entre vous quant au contenu et à la qualité des échanges de tout un chacun. ( re sourire)
J'aime donner mon avis sur les sujets proposés par Philippe. Il ouvre bien le débat : ne perdons pas ce dernier des yeux et de la pensée !
Bon week-end à tous.
Rédigé par : Ktrin qui aime apprendre de vous toutes et tous ! | 11 avril 2008 à 20:47
@daniel cicca
« J'aimais bien "De l'Ethique", aussi, de Spinoza. »
Je ne vois pas spécialement le lien avec le concept nietzschéen apparenté à « l’unité » via le « Non deux » précédemment évoqué, mais peut-être vous si !
@sbrigila
« Certains, des meilleurs, sont partis en silence, affligés par tant d'impudeur et de mépris de la communauté que le talent de notre hôte avait su regrouper... »
Ne vous inquiétez pas pour eux, certains sont toujours là, ils ont simplement changé de pseudo..
« Si la vie d'aucuns est passionnante au point de la diffuser urbi et orbi, qu'ils ne jouent pas en permanence les coucous profiteurs et qu'ils créent leur propre outil : »
Il vaut sans doute mieux que le coucou nous chante lui-même sa propre vie, plutôt que, branché sur une fréquence défectueuse, partisane, hoqueteuse et aux harmoniques parasites, nous en informe un micro s'identifiant à un coucou désoeuvré, ne trouvez-vous pas ?
Rédigé par : Mosquito | 11 avril 2008 à 20:06
@catherine A.
Merci pour la référence du bouquin de Fabre, je sais à qui je pourrais faire très plaisir avec votre livre de chevet.
J'ai jeté un oeil rapide sur les Aranéides, d'un nom qui sonne comme Néreides, de l'ouvrage conseillé et j'ai noté l'éloge d'une "filandière de haut talent "nommée d'après "la plus jeune des parques", "la Clotho mythologique, très avare de soie et prodigue de bourre grossière,[qui] nous file une rude vie ; [Tandis que ]la Clotho à huit pattes ne fait usage que de la soie exquise ; elle travaille pour elle, l'autre travaille pour nous, qui n'en valons guère la peine."
@daniel ciccia
"sauf à considérer que l'esprit humain serait comme une toile (un world wide ???) dressée en hypothèse de capture."
Jolie expression ! Toile et Labyrinthe où se perdre, se chercher, se prendre et se déprendre soi-même, obéissant ainsi à l'injonction presque effacée du fronton de Delphes : « gnôti sauton » : «Sache qui tu es! »
"Peut-être était-il même purement vide,"
Je vois que vous vous êtes documenté entre temps. C'est bien.
@sbriglia, en fuite
Le coucou est l'oiseau du mois bon pour les semailles, y compris les graines d'idées à faire fructifier, j'ai nommé le mois d'avril !
Je vous suggère donc d'en profiter pour repiquer dans votre jardin cette pensée de notre hôte :
« L'exigence de la liberté doit être détachée de nos humeurs, de nos instincts, de nos préjugés.» qui me paraît inclure la liberté du coucou à planter sa petite pancarte dans une « résidence secondaire»...
Rédigé par : Catherine JACOB | 11 avril 2008 à 19:23
Comme les dames patronnesses avaient leurs pauvres, chaque organisation de défense des droits de l'homme me semble très marquée par son idéologie et ses origines.
Elle défend donc en priorité ses clients ; on peut même parler de fonds de commerce.
Le risque en est que certains seront complètement oubliés pendant que d'autres seront surmédiatisés.
Qui nous fera croire que seuls les tibétains sont pourchassés en Chine (ils représentent moins de 1% de la population chinoise) ?
Je rêve d'une organisation qui défende les droits (et les devoirs) de tout homme.
Rédigé par : Polochon | 11 avril 2008 à 16:36
@sbriglia
Bien vu, bien dit ; merci.
Rédigé par : mike | 11 avril 2008 à 15:54
@Catherine
Disons que je m'observe penser et même être. Or, je peux attester à l'instant n'avoir eu aucun mot à l'esprit. Peut-être était-il même purement vide, ou empli de la dynamique arachnéenne.
Rédigé par : daniel ciccia | 11 avril 2008 à 14:37
Je réclame cependant votre indulgence. Je viens de manger des huîtres coiffées d'un vin blanc bordelais (sic).
Rédigé par : daniel ciccia | 11 avril 2008 à 14:17
Par delà bien et mal, de Nietzsche.
J'aimais bien "De l'Ethique", aussi, de Spinoza. Mais nous voilà bien loin des mouches et des araignées. sauf à considérer que l'esprit humain serait comme une toile (un world wide ???) dressée en hypothèse de capture.
De quoi ? De mouches, perhaps.
Passez un bon week-end...
Rédigé par : daniel ciccia | 11 avril 2008 à 14:14
Je me répète, vous me sciez Catherine. Littéralement.
Rédigé par : daniel ciccia | 11 avril 2008 à 14:11
J'approuve Catherine A.
Il est navrant de constater que cet espace, mis à notre disposition pour commenter les post de notre hôte, abrite désormais les "squat", il n'y a pas d'autres mots, de commentateurs diarrhéïques, qui, ne tenant souvent aucun compte du sujet lancé, en profitent pour tartiner ad nauseam leur wikipedia personnel... qu'ils échangent leurs pensées profondes et leurs histoires de coléoptères japonais lacanisés par d'autres voies... Certains, des meilleurs, sont partis en silence, affligés par tant d'impudeur et de mépris de la communauté que le talent de notre hôte avait su regrouper...
Si la vie d'aucuns est passionnante au point de la diffuser urbi et orbi, qu'ils ne jouent pas en permanence les coucous profiteurs et qu'ils créent leur propre outil : je promets d'y aller parfois divaguer...
Le respect de l'autre c'est aussi, ici, le respect de cet espace précieux : aucun des intervenants de ce blog n'a nécessairement vocation à retourner sur les bancs de l'école et à se voir infliger de quotidiens pensums.
Rédigé par : sbriglia, en fuite | 11 avril 2008 à 14:09
@Daniel Ciccia
La poétique du Zohar (Eliane Amado Lévy-Valensi) dont la couverture a les couleurs du plumage de la pie au soleil sans le liseré blanc qui les délimite, ISBN : 2-84162-005-0, parution en 1996, 256 pages, vous aura donc coûté à lire 20€, puisque son prix est actuellement 25€.
Je ne l’ai pas lu et d’une façon générale je ne lis pas d’ouvrage en rapport avec la cabale et je ne lis pas la torah elle-même non plus, je me satisfais des commentaires du rabbin Josy Eisenberg à son propos le dimanche matin dans la foulée de Sagesses bouddhistes et de l’Islam et en prélude à Présence protestante, vu que depuis le fameux 11 septembre j'ai pris le parti de me mettre à l’écoute régulière des principales religions dans leur diversité, confrontant mentalement leurs points de vue pour, au départ, tenter de comprendre le phénomène du terrorisme sur son versant religieux et non plus seulement sur son versant politique laïque.
Josy Eisenberg a également produit une série d’émissions sur le sens secret des lettres qui semble-t-il appartient également au Zohar et qui étaient ma foi fort intéressantes. Ceci étant, bien évidemment, je l’ai écoutée depuis un autre savoir des lettres que celui de l’alphabet hébraïque à propos duquel je me garde soigneusement d’émettre une quelconque opinion. Sur le modèle de notre first lady, en la matière et « pour l’instant j’écoute ce qu’on me dit ».
En 1996, je me débattais pour ma part avec des textes bouddhistes des 12 et 13ème siècles en version originale sino-japonaise pour en rendre compte à mon directeur de thèse, un adepte du « Non agir » en matière de suivi de doctorant, aujourd’hui malheureusement décédé, et en particulier la pensée magique qui leur est inhérente, vu que c’était l’un des rares philosophes – tenant de la parole plus que de l’écrit – a y accorder un réel intérêt.
Pour revenir à votre anecdote, j’observe que vous dites ceci :
« un moment, mon livre étant ouvert, mon regard a vu une minuscule araignée accrochée à son fil descendre au-dessus des pages ouvertes.
Je l'ai regardée, en me disant comme c'était curieux un fil descendant à l'aplomb du ciel et encore plus curieusement, je me suis dit "Voyons où elle descend".
Le croirez-vous ? Elle s'est posée sur le mot "unité".
Cela n'a aucun sens. »
Je vois que vous pratiquez, sans le savoir ??, et sur le modèle de la divination par le moineau du vieil oiseleur chinois, une sorte de divination personnelle par l’araignée….
Plus loin que l’araignée, je pense, mais ce sont mes références à moi, je pense au « FUNI » (pniyin : Bùèr), le « Non deux », concept du bouddhisme du grand véhicule, et par ex. : « ZENAKU-FUNI » le « Non deux du Bien et du Mal », autrement dit encore le très nietzschéen, « Par delà le bien et le mal », à savoir ce lieu où ils se rejoignent toute distinction abolie, puisqu’il s'agit explicitement de dépasser « la croyance aux oppositions des valeurs » qui ne serait qu’un préjugé de métaphysicien.
Bien que se présentant sous la forme « Non Deux » et non pas « Non Trois », c’est là sans doute un problème Lacoue-Labarthien par excellence celui qui pose: « Étant admis que nous voulons le vrai, pourquoi pas plutôt le non-vrai ? Et l’incertitude ? Voire l’ignorance ? Le problème de la valeur de la vérité s’est dressé devant nous, — ou est-ce nous qui l’avons rencontré sur notre chemin ? Qui de nous est Œdipe, ici ? Qui est le sphinx ? » - « Il se pourrait même que ce qui constitue la valeur de ces choses bonnes et vénérées tînt précisément au fait qu’elles s’apparentent, se mêlent et se confondent insidieusement avec des choses mauvaises et en apparence opposées, au fait que les unes et les autres sont peut-être de même nature. Peut-être... Mais qui se soucie de ces dangereux " peut-être " ? Pour cela il faudra attendre la venue d’une nouvelle race de philosophes, de philosophes dont les goûts et les penchants s’orienteront en sens inverse de ceux de leurs devanciers — philosophes du dangereux peut-être, dans tous les sens du mot. » (extraits de Par delà le bien et le mal, 1ère partie, Des préjugés des philosophes §1 et 2)
De là j’augure que votre araignée s’est posée sur le mot ‘unité’ peut-être parce que c’est ce mot que vous aviez dans l’esprit et que sans cela vous l’auriez suivie jusqu'à l'homonyme japonais du mot "Cieux", le mot « plafond », avant de lui tricoter des bottes !
Rédigé par : Catherine JACOB | 11 avril 2008 à 12:44
@Catherine A
Quel malotru je fais. Bon week-end à vous, et à tous les membres et hôtes de ce salon.
Rédigé par : daniel ciccia | 11 avril 2008 à 12:38